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lundi 12 juin 2006

La dérive publicitaire sur Internet : les incohérences de Google (entre autres)...

La dérive publicitaire sur Internet : les incohérences de Google (entre autres)...

La dérive publicitaire sur Internet
Les incohérences de Google
(entre autres)...

(N.B. : 17 juin 2006 - J'ai noté ces jours-ci que ce billet ne s'affichait pas toujours en entier, probablement à cause du nombre d'images. Donc, si vous préférez, voici un PDF où il est groupé avec le précédent, vu que les deux sont liés. Bonne lecture.)

Tout commence par la lecture d'un article intitulé « Comment Google est-il en train de tuer l'Internet ? » (How Google Is Killing the Internet), où le journaliste, un analyste financier, s'inquiète de la médiocrité des résultats dans les moteurs de recherche, contaminés par une myriade de sites pollueurs, de para-sites, de sites-râteaux, de bourriels (on a bien les pourriels...), etc.

Je vous propose un extrait très librement traduit pour amener mon analyse.

La dérive publicitaire sur Internet
« Avez-vous déjà fait une recherche sur Internet ces derniers temps ? Alors vous aurez sans doute observé le manque de qualité des résultats, y compris chez les concurrents de Google tels que Yahoo! ou Ask.com ? Et leur nouveau design n'y change rien. J'en suis peiné autant que vous. Moi aussi je suis resté coincé des heures et des heures dans les portes-tambours de ces fermes de liens, de ces splogs et autres « scraper sites » : des sites qui ont l'air d'avoir du contenu, (...), alors qu'en réalité, le plus souvent c'est du matériel recyclé provenant à leur insu d'autres fournisseurs de contenu, assemblé par des processus automatisés.

Les hurluberlus qui créent ce genre de sites n'ont qu'un seul objectif : vous amener à cliquer sur les liens sponsorisés de Google AdSense.

Naturellement, ces sites ne respectent en rien les conditions commerciales prévues par Google, ce qui n'empêche qu'ils éclosent par millions. Faites juste une recherche sur « adsense ready web site » et vous aurez une idée de cette industrie miteuse, aussi discrète qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine, qui tire un maximum de profits du phénomène.

Comment Google est-il en train de tuer la poule aux oeufs d'or.

Les problèmes sont nombreux, et tous les éradiquer pourrait coûter cher à Google (quand bien même ce ne serait pas impossible). Le premier concerne le bon vieux plagiat.

La plupart de ces boîtes à spam n'ont pas que pour but d'attirer le chaland cliqueur, mais aussi de faciliter la fraude aux clics à grande échelle. (...) D'ailleurs le public n'a généralement aucune idée de ce qui se passe, même si les internautes un peu plus avertis sont au courant. Nous en ignorons seulement les véritables proportions. D'aucuns avancent un pourcentage de clics plutôt restreint ; d'autres disent carrément la moitié. En tout état de cause, Google, qui a tout à perdre si les choses vont aussi mal que le dénoncent certains journalistes citoyens, minimise considérablement les chiffres.

Un autre facteur facilitant cette explosion de contenu spammé et de fraude aux clics est la mainmise de Google au niveau de la recherche sur Internet, que l'on peut estimer grosso modo à 60%, de fait un quasi-monopole. Pour autant, l'argument consistant à dire que le marché est assez grand pour se corriger tout seul en la matière est quelque peu naïf. Sans compétition et sans information, les marchés ne corrigent rien du tout, et je ne pense pas qu'il y ait aujourd'hui des concurrents sérieux capables de faire le poids. Pour l'instant.

Prenez le cas des annonceurs d'AdWords qui croient que leurs résultats sont dilués à cause de la fraude aux clics. Soyez sûrs qu'ils savent que les enchères sur leurs mots clés devraient leur coûter moins, mais peuvent-ils se faire entendre ? Et peuvent-ils se le permettre lorsqu'il y en a des milliers et milliers d'autres prêts à payer plus parce que : (a) ils ignorent tout du problème ; (b) ils ne le savent que trop, mais sont capables grâce à la fraude aux clics de récupérer une partie de ce qu'ils déboursent de l'autre côté ?

Je ne connais pas les réponses, et ni même toutes les questions. Mais si le problème est aussi grave que le craignent certains, c'est tout le modèle de revenu mis sur pied par Google qui pourrait en pâtir, voire l'ensemble du business du pay-per-click. En attendant l'explosion des fermes de liens et des splogs montre clairement que la fraude aux clics est juteuse et florissante, aux dépens de tous les internautes. Sauf de Google. Pour l'instant, là encore.

Jamais plus !

On peut croire ou non que tous ces sites bourriels qui font commerce des AdSense sont honnêtes ou fraudeurs en masse, mais moi ce dont je suis sûr c'est qu'il faut remercier Google pour cette situation. Il n'y a en effet aucune raison de mettre en ligne ce genre de sites si l'on ne peut en tirer un revenu grâce au modèle de business mis en place par Google. Et avec Yahoo! et les autres prêts à entrer dans la danse, je ne crois pas qu'on verra la tendance s'inverser de sitôt.

J'espère seulement que tout cela présage d'un retour au bon vieux temps, maintenant que la blogosphère risque de perdre toujours plus de son importance, vu qu'elle commence à être cooptée par tous les trafiqueurs d'AdSense et à se diluer rapidement. Résultat : les fournisseurs d'info connus pour leur qualité/fiabilité - dont beaucoup sont indubitablement des blogs - vont y gagner en importance. Et dès qu'ils réaliseront le pouvoir de leur information, ils auront de moins en moins envie que Google les pille et fasse du fric sur le dos de la réputation qu'ils auront mis tant de labeur et d'énergie à bâtir.
[Début]
[MàJ - 15 juin 2006] Un peu hors sujet, mais pour celles et ceux qui s'intéressent aux problèmes de la traduction automatique sur Internet, voir le tableau comparatif entre l'extrait ci-dessus retraduit en anglais par un visiteur américain sur Babelfish (outil de TA de Yahoo) et le passage original écrit par Seth Jayson.

Les incohérences de Google

L'approche de Seth Jayson m'a frappé par sa perspicacité, en mettant au grand jour ce que je nommerais les incohérences de Google, même si « incohérences » est un doux euphémisme : la firme de Mountain View, en ne mettant aucun frein à l'utilisation indiscriminée et frauduleuse des AdSense, est en grande partie la cause de la situation qui se crée, mais pas seulement, puisqu'elle joue sur tous les tableaux à la fois, y compris sur les noms de domaine. Certes, vu l'importance du marché publicitaire sur Internet, comme j'ai tenté de l'expliquer dans mon billet d'hier pour préparer celui-ci, on peut chiffrer au bas mot à une grosse quinzaine de milliards $ les intérêts économiques de Google dans cette affaire uniquement pour 2006 (estimation par défaut), ce qui explique assez bien le pourquoi et le comment des agissements répréhensibles imputables à la société, dont le premier est sans aucun doute de tenir un double langage. Ce que je vais m'empresser d'essayer de démontrer.

J'ai donc fait la recherche conseillée par le journaliste de Motley Fool sur : « adsense ready web site » en anglais


et « sites prêts pour adsense » en français



Vous observerez que même avec la requête en français, Google est tout à fait capable d'en interpréter le sens et de proposer des liens sponsorisés identiques à ceux de la requête en anglais. Je vous propose une capture d'écran de ces « résultats » :

-www.adsensepackages.com


-www.InstantAdsenseEmpire.com


-www.AdSenseGold.com


-www.ecalogic.com/adsense.html


-www.AdSensePages.com


-www.AdsenseNiches.com


-www.adsense-contents.com


Et pour finir, une perle, découverte en soulevant une coquille (j'ai oublié le « s » du domaine précédent), qui m'a permis d'arriver sur un site « parqué » chez ... GoDaddy :

-www.adsense-content.com


Le deuxième résultat n'est autre que ... le grand Google lui-même !Quand des millions de ces « scraper sites », ou « sites-râteaux » comme je les appelle (vu qu'ils râtissent le contenu de la Toile 24/7/365, et qu'ils râtissent large...), qui sont au Web ce que le prêt-à-porter est à la mode, ont pignon sur Internet et agissent avec toute la condescendance et l'approbation non voilée de Google, en violant à qui mieux-mieux toutes les règles proclamées à l'envi par la société pour se donner bonne conscience.

Vous voulez un exemple ? Regardez ici : -www.AdSenseReady.com


Version site-râteau pour les nuls :


À noter (ça m'avait échappé) le terme tout en haut à gauche de l'écran : Fishing. Je crois qu'ils ont fait une faute, lisez Phishing...

Et il y en a des centaines de milliers comme ça ! N'est-ce pas là tenir un double langage ?

Qui plus est, comment croyez-vous que tous les sites ci-dessus se positionnent sur la première page de résultats, sinon en payant - cher - les AdWords correspondants ? GG, je crois que tu nous prends tous pour des cons ! Si j'osais un parallèle, je dirais même que Google est aux sites-râteaux ce que l'ICANN est au domain kiting ! (j'ai osé ? Ah bon, vous êtes sûrs ?) GG, grand et gros bidonneur...

Le seul point sur lequel tous ces râtisseurs ne sont pas en contradiction avec les modalités d'utilisation des Marques de Google est celui-ci : « Votre utilisation des Marques de Google sera faite dans l'intérêt de Google. » Sûr que ça va dans son intérêt vu que GG encaisse de tous les côtés : sur les AdWords, sur les AdSense, et mieux encore, sur la fraude aux clics.

La version anglaise de Google Trademarks and Suggested Accepted Generic Terms est plus précise : NEVER modify a mark, for example, through hyphenation, combination or abbreviation, such as: Googliscious, Googlyoogly, GaGooglemania, etc. (Ne JAMAIS modifier une marque de Google - par exemple en ajoutant un trait d'union ou des abréviations, en combinant plusieurs noms tels que Googliscious, Googlyoogly, GaGooglemania, etc.)

Or AdWords™ et AdSense™ ne sont-elles pas des marques de Google ?

Alors que dire de tous les exemples ci-dessus, ou de celui-ci : -www.googleprofits.com


qui fait noir sur blanc l'apologie du râtissage pour engranger des profits grâce à Google ? [Début]

(entre autres)...

Oui, Google, entre autres, car comme le dit Seth Jayson dans son article, « ... avec Yahoo! et les autres prêts à entrer dans la danse, je ne crois pas qu'on verra la tendance s'inverser de sitôt. »

Les autres (via Affordance) :


Chez les concurrents majeurs, Microsoft, qui a lancé un concours de créativité pour Adcenter dont les résultats seront communiqués prochainement (concours clos le 5 juin), teste différentes fonctionnalités, et Yahoo annonce la mise en place de son Quality Index, un index qualité pour mettre une note de qualité aux liens. Mais tout cela suffira-t-il ? Quant à eBay, dernier arrivant sur ce créneau, nous verrons bien ce qu'il réussira à faire avec ses AdContext :


Ah ! Paul Verlaine pensait-il à la publicité en écrivant : « Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où ? »...

Mais il n'y a pas que les moteurs. Je voudrais vous donner juste un exemple, d'un magazine américain notoirement connu, Forbes, dont un article a inspiré l'un de mes derniers billets consacré en partie à la réputation sur Internet, puisqu'on en parle (thème riche et complexe sur lequel j'aurai l'occasion de revenir), où la présentation de l'information m'a particulièrement interpellé.

J'ai reconstitué l'ensemble de l'article, représenté par la partie en jaune, dans son contexte :

Ajoutons que lorsque vous survolez avec la souris le bandeau supérieur (pub Xerox ou s'inscrit YOUR BUSINESS en noir et blanc), une fenêtre qui fait plus de la moitié de l'écran s'affiche et ça commence à clignoter de partout, on se croirait en boîte, avec projos et tout et tout (et encore j'ai coupé le son) !


Mais c'est quoi cette merde ? C'est de l'information, ça ? C'est du contexte informationnel, avec un « papier » d'à peine 700 mots, encastré, enserré, étouffé entre trois ou quatre colonnes (ça dépend des endroits) de pubs qui vous mangent la page et, disons-le, tout votre espace vital. Du genre sapin de Noël avec l'actu empaquetée au milieu des guirlandes, on n'a même plus envie de lire. Nul de chez nul.

Et c'est d'autant plus dommage que sur le fond l'article est excellent. Il rapporte d'ailleurs des propos de Ben Edelman d'une rare pertinence quant au sujet qui nous occupe, étroitement en rapport avec le parking de domaines :
« But there's always the risk that one day the pay-per-click engines like Google will get fed up of being in the business of supporting these parked pages, and they could simply flip the switch and cut off revenue to these currently profitable domains. »

(Il se pourrait bien qu'un jour ou l'autre les moteurs comme Google qui pratiquent le
pay-per-click se lassent de ce petit jeu et coupent le robinet, ce qui serait une perte sèche pour le business des domaines en parking, si profitables à l'heure actuelle.)
Utopique, croyez-vous ? Larry Page et Sergey Brin scieront-ils la branche sur laquelle ils sont assis ? L'avenir nous le dira.

Voilà, j'ai fini pour aujourd'hui, ouf ! [Début]

[ MàJ - 14 juin 2006 - Suite à différents commentaires concernant la fraude aux clics, j'ai commencé des recherches pour fouiller la question, durant lesquelles j'ai trouvé cet excellent billet, avec plusieurs liens utiles pour qui souhaite approfondir l'argument. ]


P.S. Vous y avez cru, pas vrai ? Et bien non, encore une ultime observation : ce n'est pas la publicité qui est condamnable en soi, si je propose un service ou un produit, il est tout à fait logique et normal que je veuille le faire savoir. Ce qui ne passe pas c'est de faire n'importe quoi, et les AdSense tel que décrit dans ce billet ça devient vraiment n'importe quoi.

J'ai exposé mon avis sur le rôle que pourraient jouer les blogs en commentaire à un article d'Agent-Influence :
... Je n'ai jamais mis d'AdSense sur mon blog car en dépit de leur ciblage je trouve ça mal adapté à un contenu de qualité : trop galvaudés, on en voit partout, notamment sur des myriades de sites dont le contenu laisse à désirer, si contenu il y a, et par conséquent le concept finit par être associé à du bas de gamme, avec une connotation de plus en plus négative. Et AMA ça ne va pas aller en s'arrangeant.
Depuis le début de l'année je travaille à la réputation de mon blog avec quelque succès, mais surtout sur ce que j'appelle le positionnement par le contenu, qui est selon moi totalement sous-exploité.
En gros ça consiste à concevoir un billet comme un publirédactionnel, ciblé de façon intelligente : pas d'accroche à la petite semaine, mais une véritable approche d'ensemble pour zoomer du contexte général vers les mots et concepts clés que le client potentiel voudrait faire passer.
En un mot, j'appellerais ça : l'influence !
Qu'en pensez-vous ?
Personne n'a encore daigné me répondre, mais bon, on va pas désespérer pour si peu, hein ?

Même Yahoo est de mon côté, qui proclame qu'en ce début de siècle la notion de contenu doit radicalement être repensée, alors c'est vous dire...


Dernier mot, promis, juré, craché : « Si vous voulez un publirédactionnel pour votre site, votre produit/service ou autre, il n'y a qu'à demander, je mords pas. » :-) [Début]

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15 commentaires:

JB Boisseau a dit…

Un article qui critique Google de la bonne manière, enfin !
Cet article est pour moi une référence, bravo.

Jean-Marie Le Ray a dit…

JB, merci :-) J-M

Anonyme a dit…

Article très complet et très intéressant.

Cela fait déjà plus de deux ans (avant leur entrée en bourse) que Google a fait la grande révolution dans ses algorithmes en attachant plus d'importance au sites à fort traffic qu'au sites avec du bon contenu. Certaines mauvaises langues disent même que c'était un moyen de pousser la vente des Adwords ;-)

Et aujourd'hui on constate le détounement de ces mêmes Adwords dans les programmes Adsense qui finissent par polluer les résultats organiques. C'est le serpent qui se mord la queue...

J'ai même cliqué sur des liens Adwords Google payants qui m'ont amené sur des pages qui ne proposait rien d'autre que des liens Adwords à travers des programmes Adsense. Google a effectivement du ménage à faire chez ses soi disant "partenaires".

A bientôt,
Andreas, propulseur.net

Paul-Arnaud a dit…

Bonjour,

Je suis consultant indépendant en SEM et SEO et j’ai trouvé votre article intéressant mais en partie juste sur les AdSense.

Je gère actuellement plus de 30 comptes AdWords dont la diffusion des annonces est surtout liée à la recherche Google (faible % sur les réseaux de contenu via les enchères de contenu).
Toutefois, j'ai remarqué depuis 3-4 mois que les taux de transformations (et non de clics) depuis "les réseaux éditoriaux" équivalaient ceux de Google pour certains types de sites Internet.
Pour moi, l'essentiel est d'obtenir pour mes clients un coût d'acquisition client le plus faible possible avec, pour les sites d'e-commerce, un fort panier moyen.
Entre les programmes d'affiliation générique et ceux liés aux moteurs de recherche, c'est toujours Google qui arrive en tête et de loin au regard d'AdCenter et de Yahoo! Search Marketing (j’y ai quelques campagnes).
Je pense que le problème n’est pas lié uniquement à Google mais à la logique même des liens sponsorisés qui, plus vous ciblez large plus vous avez de chance de tomber dans les filets de gens peu scrupuleux.
Enfin, je ne sais pas si c’est l’effet du jeune Orion, mais les résultats des requêtes sont de plus en plus pertinents ; ceux qui a pour conséquence de meilleurs taux de transformations sur les AdSense.

A bientôt,

Paul-Arnaud

Jean-Marie Le Ray a dit…

@ Andreas,

D'après moi Google a un gros conflit d'intérêts à résoudre, et même plusieurs, et ça ne va pas aller en s'améliorant. Outre les liens sponsorisés, il y a toutes les annonces GBase qui remontent bien dans les résultats, mais surtout aux US, on ne perçoit pas encore le phénomène en France.

@ Paul-Arnaud,

Bonjour, pourriez-vous préciser ce que vous entendez par « j’ai trouvé votre article intéressant mais en partie juste sur les AdSense » ?
Cordialement,
Jean-Marie

Bruno a dit…

Le é de la dérive n'est pas pris en compte et est remplacé par rien. Le titre de l'url est important.
la-drive-publicitaire-sur-internet-les.html

Jean-Marie Le Ray a dit…

Bonjour Bruno,

Franchement, que voulez-vous que j'y fasse ? L'URL est attribuée automatiquement par Blogger qui, comme chacun le sait, ne prend en compte que le code ASCII et fait sauter tous les caractères accentués.
Donc, sauf à faire une faute dans le titre en écrivant "derive" pour que le mot soit pris en compte dans l'adresse, je ne vois pas trop ce que je peux y faire. Si quelqu'un a des idées, je suis preneur.
Cordialement,
Jean-Marie

paul-arnaud a dit…

@Jean-Marie

J’entends simplement le fait que votre article, très bien documenté, m'a donné le sentiment d'une généralité du détournement des AdSense.
En ce qui concerne les détournements, j'ai constaté qu'entre mai 2005 et mai 2006, mon volume de PAP avait augmenté ainsi que les clics avec un meilleur taux de transformation des sites éditoriaux.
J’en déduis que Google a fait le ménage auprès des sites qui jouaient au pivert et j’espère que cela va continuer.

Jean-Marie Le Ray a dit…

@ Paul-Arnaud,

OK, je cromprends mieux. Ceci étant, je ne partage pas votre optimisme (J’en déduis que Google a fait le ménage auprès des sites qui jouaient au pivert et j’espère que cela va continuer.), même si le phénomène touche certainement beaucoup plus les marchés anglophones que francophones. On le voit d'ailleurs sur le nombre de résultats des requêtes : presque 2 millions en anglais, contre à peine plus de 50 000 en français.
J-M

manu a dit…

En ce qui me concerne, je fais plusieurs dizaines de recherches sur Google par jour, et je ne me suis pas perdu dans des dédales de sites commerciaux qui n'offraient pas de contenu intéressant à mon besoin d'information. Il ne faut quand même pas oublier que Google est un moteur de recherche, et que les résultats qu'ils affichent sont avant tout le résultat de notre interaction avec lui. Le blâmer, lui et lui seul, des mauvais résultats obtenus est une erreur de débutant en recherche d'information.

Maintenant, concernant la position de Google sur la fraude associée à la publicité, je crois que Google s'en occupe. Peut-être pas de manière assez efficace, mais je sais qu'il est bien plus facile de créer un robot générant du spam qu'un robot reconnaissant le spam. Et donc, dans le combat auquel se livre les spammeurs et Google, ce dernier part avec un handicap certain. Maintenant, je suis dans l'incapacité de dire si c'est vraiment dans l'intérêt de Google se supprimer le spam.

Ne pas oublier non plus que ce qui finance Google, ce sont les publicités. Si Google coupe le pay-per-click, il lui faudra trouver une autre source de revenu ! C'est peut-être sous cet éclairage-là qu'il faut voir les nombreux projets financés par Google (GMail, GCalendar, Google Spreadsheet, etc) ?

J'ai du mal à saisir la thèse derrière votre exemple avec Forbes. Effectivement, ce genre de site ont une structure de page catastrophique. Mais si cela vous gêne de trop, des solutions existent (aucune de ces solutions ne sont parfaites bien entendu).

Je trouve également votre analogie entre les sites scrapers et le prêt-à-porter fort maladroite. Ou alors, je ne la comprend pas !

Bonne continuation

Jean-Marie Le Ray a dit…

@ Manu : « J'ai du mal à saisir la thèse derrière votre exemple avec Forbes. Effectivement, ce genre de site ont une structure de page catastrophique. Mais si cela vous gêne de trop, des solutions existent (aucune de ces solutions ne sont parfaites bien entendu).

Je trouve également votre analogie entre les sites scrapers et le prêt-à-porter fort maladroite. Ou alors, je ne la comprend pas ! »

Bonjour,

1. Concernant Forbes, j'y vais pour lire un article. Or ce que me dit implicitement Forbes par sa structure de mise en page catastrophique, comme vous dites, c'est que l'info arrive au dernier rang de ses priorités. Ce qui compte, c'est d'abord la pub, ensuite la pub, et enfin peut-être, toujours la pub. Je trouve ça déplorable et, oui, ça me gêne profondément. Quand aux solutions, moi j'ai trouvé la mienne, très personnelle, je vous l'accorde, ja vais voir ailleurs. One click away, comme disent les anglo-saxons.

2. Il se peut que mon analogie avec le prêt-à-porter ne soit pas des plus heureuses. J'aurais dû dire prêt-à-publier, mais fini la métaphore...
Le prêt-à-porter est né pour satisfaire un marché de masse. Donc, lorsque vous visitez certains des sites que j'ai mentionnés, ils vous proposent des sites tout faits (j'ai pas vérifié, mais bon...), prêts-à-publier, très vraisemblablement "assemblés par des processus automatisés recyclant du matériel qui provient à leur insu d'autres fournisseurs de contenu".

Exemples :
-ecalogic.com/adsense propose 155 sites représentant plus de 16 500 pages prêtes à accueillir 132 000 Adsense
-AdSensePages.com, ce sont 300 sites listés, dont le premier "compile" pas moins de 937 pages sur l'acné, faut vraiment que ça les démange
-www.AdSenseReady.com, 150 sites "riches en contenu", dont 215 pages sur la pêche, mais la pêche à quoi, ou à qui, je vous laisse la réponse.

Tel était le sens de l'image, si j'ai loupé mon coup, j'essaierai de faire mieux la prochaine fois.

Dernier point : je le répète, le phénomène concerne beaucoup plus les marchés de langue anglaise, même si certaines statistiques disent que, hors États-Unis, le deuxième pays d'où vient la menace la plus sérieuse de fraude aux clics est, après la Chine, la ... France !
J-M

manu a dit…

Je comprend mieux votre analogie avec vos explications. Mais ce marché de masse existe-t-il sur Internet ? L'usage du spam par une compagnie risque de se retourner contre elle, et contre son image. Ce qui est un risque suffisant pour ne pas jouer avec le feu dans la majorité des cas.

Concernant la mise en page des sites comme Forbes, c'est un problème qui existe depuis fort longtemps. Je me souviens qu'une revue, Dr Dobb's Journal, était (et l'est probablement toujours) un spécialiste pour découper les articles en dépit du bon sens, et à placer entre ces morceaux d'articles, des publicités. Cette méthode rend la lecture franchement sportive. Un avantage du web, à condition d'en maîtriser les rouages, est que l'on peut évincer les publicités. Par exemple en utilisant des extensions pour les navigateurs (Adblock pour Firefox, il en existe peut-être pour d'autres navigateurs), ou écrire son propre outil.

Jean-Marie Le Ray a dit…

@ Manu : « Mais ce marché de masse existe-t-il sur Internet ? L'usage du spam par une compagnie risque de se retourner contre elle, et contre son image. Ce qui est un risque suffisant pour ne pas jouer avec le feu dans la majorité des cas. »

1. Oui, il existe, et ça fera sûrement l'objet d'un prochain billet, je suis en train de monter le dossier, mais j'ai besoin de temps.

2. Généralement les entreprises ou les acteurs qui ont intérêt à jouer ce petit jeu ne le font pas eux-mêmes mais le font faire à d'autre pour protéger leurs arrières. En quelque sorte, ils délocalisent :-)

J-M

manu a dit…

Je me réjouis de lire ce futur billet ;-)

Je me souviens de quelques histoires d'attaque informationnelle qui se faisaient via des sociétés spécialisées, mais si le danger est amoindri, il n'est pas effacé pour autant. Et donc, le jeu en vaut-il la chandelle (question rhétorique bien entendu, et les réponses viennent des comités de direction des entreprises tentées par ce moyen).

Gilles a dit…

Tres bon article. Pour aller dans ton sens, il y a une statistique simple: 12% du temps d'un internaute est passé à faire des recherches
50% de la publicité sur internet est sur les moteurs de recherche.

Il y a donc de la place pour d'autres supports...privilégiant le contenu.

Quant aux tricheurs et autres petits malins, à mon avis ils vont s'auto-détruire, les annonceurs ne pouvant supporter cette sur-enchère artificielle.