Pages

vendredi 10 février 2012

Le pape doit mourir !

D'ici la fin de l'année...


On le doit tous, vous me direz. Tôt ou tard. Mais le scoop publié aujourd'hui par le journal Il Fatto Quotidiano (un peu l'équivalent italien de ce que serait un Mediapart version papier, pour vous situer) est de ceux qui secouent l'actualité : un complot pour assassiner Benoît XVI serait révélé dans une note datée du 31 décembre 2011, signée par le cardinal Castrillón qui relate des confidences de l’archevêque de Palerme, Paolo Romeo, recueillies à son insu en marge de la visite effectuée par le pape en Chine, en novembre l'année dernière, et annonce même le nom du successeur : le cardinal Scola !


Cela remet immédiatement en mémoire la thèse de l'assassinat d'un pape précédent, Jean-Paul Ier, voire la tentative de meurtre sur Jean-Paul II par Mehmet Ali Ağca en mai 1981, et à celles et ceux qui taxeraient ça un peu trop superficiellement de "complotisme" sans bien comprendre le terme utilisé, je conseillerais de venir vivre une trentaine d'années en Italie, après quoi leur regard sur l'église ne sera jamais plus le même qu'auparavant...

D'ailleurs ça bouge en ce moment du côté de place Saint-Pierre, dans le droit fil de Vatican SA, si l'on en croit les récentes enquêtes de l'auteur du livre, Gianluigi Nuzzi, qui vient de consacrer deux émissions de sa série, “Les Intouchables” aux opérations peu catholiques du IOR, la banque du Vatican, après que l'actuel nonce apostolique aux États-Unis, ex-numéro 2 du Gouvernorat de la Cité du Vatican, Monseigneur Carlo Maria Viganò, ait adressé une lettre au pape en personne, dans laquelle il dénonçait des malversations et de la corruption dans la gestion du patrimoine du Saint-Siège, suite à quoi il fut immédiatement nommé à Washington fin 2011.

Or on ne peut qu'observer la coïncidence temporelle entre la note "strictement confidentielle" et la promotion-punition de Monseigneur Carlo Maria Viganò : dernier trimestre 2011.

Quant aux dénégations véhémentes du Saint-Siège, elles sont à peu près aussi convaincantes que celles d'un prêtre pédophile jurant ses grands dieux qu'il n'aime les gosses que pour leurs beaux yeux...

Ça fait plus de 30 ans que la banque du Vatican lave plus blanc que blanc l'argent sale de la mafia et de la corruption politique, c'est historiquement et judiciairement prouvé avec une littérature à n'en plus finir, d'abord sous la gestion Marcinkus, puis De Bonis, et jamais elle n'a collaboré avec les autorités italiennes, au point qu'Antonio Di Pietro, juge symbole de l'opération mains propres, avait laissé échappé toute son amertume à la lecture du livre de Nuzzi, en déclarant que toute l'opération s'était arrêtée lorsqu'il avait commencé à frapper aux portes du Vatican :
Si j'avais eu ces documents dans les années 1990, aujourd'hui nous aurions une autre République...

Se avessi avuto questi carteggi negli anni '90 oggi ci sarebbe un'altra Repubblica.
Aujourd'hui, c'est un autre juge, Luca Tescaroli, qui renchérit :
Le IOR a une grande responsabilité vis-à-vis de certains événements, et notamment dans le meurtre de Roberto Calvi...

Lo Ior ha un grande debito nei confronti di determinati eventi e fra questi anche l’omicidio del banchiere Roberto Calvi.
Calvi qu'il fallait d'urgence réduire au silence...

Avec au centre de ces nouvelles affaires, en point de mire, l'actuel Secrétaire d'État, le cardinal Tarcisio Bertone, dont la relation avec le pape est jugée "conflictuelle" : sous le sceau de la confidentialité, le cardinal Romeo aurait avoué que Benoît XVI "hait littéralement" l'ami Tarcisio et qu'il le virerait volontiers...

Ambiance à Saint-Pierre !

Crédit photo : mon fils :-)

P.S. Je pense que j'aurai l'occasion de revenir sur cette histoire...

Aucun commentaire: