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mercredi 20 décembre 2006

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Introduction

Internet des choses ou Internet des objets ?

Évolution ou ®évolution ?
EPC Global
ONS - Object Naming Service
Le processus RFID

Scoop...

Chapitres à paraître prochainement dans un billet qui s'intitulera L'Internet des choses : le Big Bang 2.0...

Étiquette ou éthiquette ?
"Get chipped" ou "get clipped" ?
Être pour ou contre ?
Conclusion


À noter que toutes les images, clicables, pointent vers des documents de référence, en général des PDF.

* * *

Introduction

En mars dernier, pour la mise en ligne de ma traduction sur la présentation de Google aux analystes financiers, je m'étais ingénûment mépris sur le sens de ces mots d'Eric Schmidt :
Its clear to us that we are just at the beginning of meeting our mission of "Organizing the worlds information and making it universally accessible and useful".
We believe that we have less than 5% of the information we should be able to get into our indexes, and we believe that the technologies we will develop will significantly expand the definition of search and the scope and scale of our worldwide business.
que j'avais rendus par :
Chez Google, nous avons conscience de n’être qu’au début du chemin vers la réalisation de notre mission, qui consiste « à organiser l'information mondiale et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable ».
Nous croyons que nous disposons aujourd’hui de moins de 5 % de toute l'information que nous serions en mesure d'indexer, et nous croyons que les technologies que nous sommes en passe de développer étendront de façon significative la définition de ce qu’est la recherche, impliquant une portée accrue et un changement d’échelle dans nos activités globales.
avant que Jérôme Charron ne commente pertinemment que :
Concernant les fameux 5% ... il ne faut pas s'arrêter au Web. Les gens de Google ne disent pas qu'ils n'indexent que 5% du Web... ils disent qu'ils n'indexent que 5% de l'information qu'ils peuvent indexer... ce n'est pas la même chose... ils parlent ici de l'information mondiale... et 5% me semble vraiment très largement surrestimé!
Or neuf mois plus tard, en associant cette information avec ces mots prononcés le 30 octobre 2003 par M. Philippe Lemoine devant la Commission nationale de l’informatique et des libertés, dans sa Communication relative à la Radio-Identification (Radio-Tags ou RFIds) :
il n’y a que 6 milliards d’êtres humains contre 50 000 milliards d’objets
(soit un rapport de 1 à plus de 8 000, comme si chaque être humain avait une productivité théorique dépassant 8 000 objets) je me dis qu'en effet, le taux de 5% annoncé par Google est largement surestimé, dès lors qu'on peut raisonnablement supposer qu'une bonne part de ces objets - communicants et communiquant - seront bientôt traçables, indexables, voire directement ou indirectement clicables sur Internet. Bien qu'ignorant quelles étaient les sources de M. Lemoine pour affirmer un tel chiffre à l'époque, je me garderai bien d'ergoter et le prendrai pour bon, même par défaut plutôt que par excès.

Donc, sommes-nous véritablement à la veille de l'avènement d'un Internet des objets, ou d'un Internet des choses, comme me le suggère la traduction française d'Internet of Things, même si la formulation communément (33 400 occurrences en ce moment, contre seulement 1 380 pour Internet des choses) et quasi-officiellement admise est celle d'Internet des objets ? [Début]

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Internet des choses ou Internet des objets ?

L'option d'un titre anglais pour ce billet n'a pour but que de m'obliger à m'interroger et prendre parti pour une traduction française, même si je sais que mon choix ne restera que ce qu'il est : une décision personnelle, sans aucune influence sur l'implantation terminologique probable d'Internet des objets vs. Internet des choses.

Pour autant, je trouve l'utilisation du terme « objets » trop restrictive dans ce contexte, et par conséquent inadéquate, inexacte même, « choses » ayant une portée plus ample et capable d'inclure - après les ajustements sémantiques nécessaires - non seulement les objets (produits et services), mais aussi les animaux, les plantes et surtout, last but not least, les humains réifiés...

C'est pourquoi je traduirai « Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is... » par « L'Internet des choses sera-t-il le prochain Big Bang ? Probablement... » ! À noter d'ailleurs que le Web anglo-saxon privilégie l'usage d'Internet of things (376 000 occurrences) contre celui d'Internet of objects (seuls 196 petits résultats).

- « Tu pinailles », me direz-vous, « Que nenni ! », rétorquerai-je, car vu l'importance et l'universalité qu'est destiné à prendre l'Internet des choses, le poids et l'impact des mots sont tout sauf anodins et insignifiants...

Nous sommes à l'aube d'une véritable révolution, déjà en cours qu'on le veuille ou non, les avis personnels importent peu face à la réalité des ... choses, sauf à fédérer ces avis en quantité suffisante pour qu'ils atteignent la taille critique et soient en mesure de donner voix aux préoccupations - légitimes - qui sont derrière. Évolution ou involution, révolution ou ®évolution, l'avenir se prépare aujourd'hui et nous dira si nous avons été capables de tirer les leçons du passé ou non... Perso, n'attendez de moi aucune réponse illuminée, je ne suis pas devin :-) [Début]

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Évolution ou ®évolution ?

Il est clair que le jeu de mot avec le ® (registered), témoin habituel d'une marque déposée, est à prendre au deuxième degré, autant comme 1) traduction d'un enregistrement (à savoir la consignation par écrit ou la transcription sur un support quelconque à des fins de stockage, d'utilisation et de reproduction, etc.), que comme 2) signe de protection juridique implicitement attaché à cette notion...

Concernant le 1), l'enregistrement des données, faisons d'abord le point sur l'architecture sous-jacente à l'Internet des choses, dont j'ai déjà anticipé quelques notions dans mon précédent billet sur l'Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !, à savoir le fonctionnement d'EPCGlobal, de l'ONS, des RFID et autres technologies connexes (SAW, RTLS, M2M, NFC, etc.). [Début]

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EPC Global


EPCglobal IncTM est le joint venture créé entre EAN International (European Article Numbering, ou code article européen) et Uniform Code Council (UCC, agence chargée de la normalisation des codes-barres standard utilisés en Amérique du Nord) [EAN et UCC ayant fusionné en 2005 pour donner le jour au consortium GS1 (Global Standard, « 1 » pour unique et universel), dont le slogan est « The global language of business » (système/langage unique pour le commerce mondial)], pour exploiter la licence d'utilisation de la technologie RFID (Radio Frequency Identification, les radio tags ou identification par radiofréquence), inventée en 2001 par l'Auto-ID Center du MIT (Massachusetts Institute of Technology), groupe de recherche créé en 1999 et transformé fin 2003 en Auto-ID Labs.

Voici les principaux sponsors de l'Auto-ID Center à l'origine :


EPC Global IncTM (ex AutoID Inc.), qui développe le Réseau EPC (Electronic Product Code) des codes produit électroniques, auquel n'ont accès que les membres d’EPCglobal (un millier à ce jour), a délégué en janvier 2004 à Verisign la gestion de l'ONS (Object Naming Service), le serveur racine des noms d'objet, confiée, selon un rapport gouvernemental de janvier 2005, « dans des conditions discrètes par le gouvernement américain à VeriSign sans, qu’apparemment les autres acteurs aient eu leur mot à dire. Il faut dire que depuis l’Executive Order américain du 16/10/2001 classant "Confidentiel Défense" les architectures essentielles de l’internet, il y a peu de chance que cette désignation soit jamais éclaircie. » (point 1.2.1 - La relation stratégique entre l’ONS et le DNS).

N.B. Je suppose que les rapporteurs font ici référence aux sections 11 (National Communications System) et 13 (Classification Authority) de l'Executive Order on Critical Infrastructure Protection, qui renvoient respectivement aux Executive Orders12472, du 3 avril 1984, et 12958, du 12 avril 1995.

Voici un schéma très explicite des différents passages, paru en mars 2005 sur le site Intelligence Online :


Et si ce même point 1.2.1 observe que « La symbiose entre internet et identification des objets physiques n’était pas obligée »..., il souligne par ailleurs « Les similitudes poussées de l’ONS et du DNS », d'où la reconnaissance par certaines parties prenantes du rôle de Verisign, « néanmoins incontournable car seul acteur vraiment "global" disposant de toute l'expertise nécessaire ». [Début]

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ONS

Voyons maintenant l'Object Naming Service selon Verisign, le fameux ONS (sigle pour lequel j'ai trouvé plusieurs autres libellés en anglais : Object Numbering System, Object Numbering Service, Object Name Service, etc.), que je traduirai dorénavant par système d’identification des objets, une formule qui a l’avantage de regrouper les concepts de dénomination (name, naming) et de numérotation (numbering), l’utilisation des mots n’étant jamais neutre et la dénomination des identifiants numériques encore moins…

Il s'agit en fait du système distribué de routage des requêtes d'information sur les identifiants uniques EPC qui est au cœur du réseau EPCGlobal :


En gros, les missions critiques du réseau englobent : 1) le repérage-traçage (discovery), qui comprend l'identification et la localisation ; 2) le stockage des informations (storage), et 3) l'accès sécurisé (secure access) :


Voir les spécifications. Verisign nous propose également un parallèle entre DNS et ONS, bien pratique pour y voir plus clair (source : EPC Network Starter Kit PDF, 6,5 Mo) :



Le dialogue entre les différents composants du réseau et l'échange des informations sont supportés par le langage PML (Physical Markup Language), basé sur XML. Concrètement, de l'étiquette RFID à son adressage sur Internet, le processus est le suivant :


Flux des données :

[Début]

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Le processus RFID

En gros, l'étiquette (tag) se compose d'une puce (chip) et d'une antenne, activable par signal radio à une fréquence variable, signal émis par un lecteur fixe ou mobile qui comprend une carte électronique et une antenne. Une fois activée, l'étiquette transmet un signal en retour, le lecteur capture l'identifiant unique correspondant, et l'échange des données a lieu selon un protocole normalisé de communication (cf. principes de fonctionnement, en français).

Les étiquettes peuvent être actives ou passives, etc.


et le codage à 96 bits permet dans l'absolu d'associer un identifiant unique à 268 millions de sociétés (EPC manager), 16 millions de produits pour chaque société (Object class), et 68 milliards de numéros de série pour chaque produit (Serial number) !


Ce qui devrait suffire pour donner une adresse unique aux 50 000 milliards d’objets mentionnés plus haut, d'autant plus qu'avec le déploiement prévu d'IPV6 (tutorial), le protocole de prochaine génération codant les adresses à 128 bits, cela nous permettra de disposer, selon Wikipedia (je renonce à vérifier :-), d'environ 3,4 × 1038 adresses, soit 340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456, soit encore, pour reprendre l'image usuelle, plus de 42,5 millions de milliards d'adresses par millimètre² de surface terrestre. En comparaison, le protocole actuel IPv4 permet l'identification d'à peine plus de 4 milliards de machines (ou d'adresses) !

Vous en voulez encore ? Selon Jean-Michel Cornu, le plus grand préfixe est le Yotta : 1 Yo = un million de milliards de milliards d’octets. Pourtant, le nombre d’adresses IPv6 est trois cent mille milliards de fois plus important ! Ou que dire de ce commentaire ?
Ben même si chaque être humain consomme un million d'adresses IP, que d'ici 20 ans on est 10 milliards sur terre, ça ne fera "que" 10 000 000 000 000 000 (10^16) adresses IP utilisées... Et avec un million d'IP par personne, les appareillages électriques ont tous la leur, et même s'il faut passer à un milliard d'IP par personne, on a encore pas mal de quoi voir venir : 10^19 contre 10^38 disponible, il y a une sacrée marge de manœuvre !
Que ne fera-t-on pas avec les bits... Tiens, vu que je commence à fatiguer un peu, je vous fais grâce des étapes suivantes et vous offre un petit graphique à la place, s'il est vrai qu'une image vaut mille mots, autant d'économisés :-)


Enfin, très officiellement (via ServiceDoc Info), l'étiquette radio, ou radio-étiquette, est un « Réémetteur permettant d'identifier et de suivre à distance la personne ou l'animal qui le porte, le véhicule ou l'objet sur lequel il est fixé. »

Une définition d'importance puisqu'elle identifie très explicitement les quatre "cibles" potentielles des RFID : PERSONNE, ANIMAL, VÉHICULE, OBJET, d'où mon préambule sur la formulation inadéquate et partielle d'Internet des objets...

Comme le souligne de façon si prégnante l'UIT dans son rapport 2005 sur l'Internet of Things (PDF, 18 Mo, ou résumé), « A new dimension has been added to the world of information and communication technologies (ICTs): from anytime, any place connectivity for anyone, we will now have connectivity for anything (Figure 1). »

Une nouvelle dimension s'ajoute à l'univers des technologies de l'information et de la communication (TIC) : en tout temps, en tout lieu, la connectivité pour tout le monde et pour toutes choses.
Ça promet... [Début]

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Quant au 2), la protection juridique des données, le traitement fera l'objet de la section suivante : Étiquette ou éthiquette ?, et du billet suivant par la même occasion, à paraître probablement en 2007, qui s'intitulera L'Internet des choses : le Big Bang 2.0...[Début]

Lien connexe : Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !


P.S. Je ne voudrais pas finir sans vous livrer un scoop de mon cru, enfin, je crois, découvert durant la préparation et la rédaction de ce long, très long article.

C'est en rapport avec la technique des pings, largement utilisée pour les blogs :
Le ping service est une méthode de notification de changements : votre blog expédie une commande ping (...) à un annuaire ou à un autre blog, associée à un fichier XML. Dans ce fichier sont notamment contenues les références de votre site et la date de sa dernière mise à jour.
L'annuaire ou le site récepteur de la commande Ping peut ainsi mettre à jour ses listes de liens pour indiquer aux internautes que votre site vient d'être mis à jour. Généralement, le ping service est entièrement automatisé.
Or il faut savoir que les pings trouvent une application particulière dans le cadre des systèmes RFID, puisque vous pouvez pinguer une étiquette (ping a tag) pour échanger des données et tenir constamment à jour un inventaire, par exemple.

Et bien je vous le donne en mille, ou en yotta si vous préférez, à la fin de l'année dernière (octobre 2005), Verisign a racheté Weblogs.com et semblait très « enthousiasmé par sa nouvelle acquisition. »
Elle constitue le résultat de plusieurs mois de négociation avec Dave Winer, le fondateur de ce service de ping, qui ne parvenait plus à en supporter les coûts. En l'espace de quelques mois, le nombre de pings traité par Weblogs.com a plus que doublé, pour avoisiner les 2 millions d'unités/jour, indique VeriSign. Selon le gestionnaire du .com, qui traite également des centaines de milliers de transactions par mois, effectuées via des sites de commerce ou à partir de téléphones mobiles, le ping a bel et bien un avenir.

Par ailleurs, « ce ne seront plus des dizaines mais des centaines de millions de pings qui seront générés chaque jour. Et ce à mesure que les serveur de pings ne seront plus seulement utilisés dans l'univers des blogs, mais dans les médias plus grand publics ou la distribution de données d'entreprise », ajoute la société américaine.
« La distribution de données d'entreprise », qu'en termes sybillins cela est dit...

Réaction de Loïc Le Meur :
Il n'y a pas de modèle économique derrière tout cela. Et je ne vois vraiment pas ce qu'un VeriSign peut faire d'un service comme Weblogs.com.
Comme quoi même le premier blogueur de France et de Navarre peut parfois aussi dire des conneries (sans aucune référence à l'actualité, puisque je considère le Web 3.0 comme une fameuse réussite, surtout si on compare l'événement au SES Paris, entre espoir et déception)... [Début]

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Sur ce, bonnes fêtes, joyeux Noël 2006 et meilleurs vœux pour une année 2007 exceptionnelle, Adscriptor se met en sommeil jusque vers la mi-janvier... sauf imprévus (je serai plus d'une quinzaine de jours sans connexion Internet, à moins que le café du coin n'en ait une :-) [Début]

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vendredi 15 décembre 2006

Digital Life : la mutation numérique

Digital Life : la mutation numérique

Digital.life est le huitième rapport que l'UIT consacre à Internet, présenté lors de la conférence ITU TELECOM WORLD 2006, intitulée "LIVING THE DIGITAL WORLD" (Vivre dans un monde numérique), qui s'est tenue du 4 au 8 décembre dernier en Chine, à Hong Kong.
Le rapport commence par examiner les facteurs technologiques sous-jacents qui impulsent les nouveaux styles de vie numériques, notamment les technologies mobiles, les réseaux haut débit, le contenu généré par l'utilisateur (UGC), la TV sur IP et ainsi de suite (chapitre II). Puis il analyse la façon dont l'économie s'adapte aux innovations rapides et constantes en matière numérique, comment l'accès numérique pourrait être étendu à toutes les zones qui ne sont pas encore desservies, et comment les décideurs politiques devraient tenir compte de la convergence accélérée entre les médias (chapitre III). Il explore enfin la nature évolutive et le rôle de l'individu et de l'identité numériques (tant au point de vue théorique que pratique), au fur et à mesure que la médiation technologique envahit toujours plus nos vies quotidiennes (chapitre IV). Le rapport conclut en tentant d'imaginer ce que sera le déroulement d'une journée dans nos vies numériques de demain (chapitre V).
Comme le remarque le Sénateur René Trégouët, dont l'excellente lettre mensuelle m'a fourni la source de cette info :
Ce rapport souligne que deux milliards de personnes dans le monde ont à présent un téléphone portable et révèle que les technologies numériques personnelles se développent à une vitesse croissante, bouleversant les structures économiques, sociales et culturelles.

Et d'ajouter :
L’UIT souligne également que les lignes de téléphone fixes ont mis 125 ans pour dépasser le milliard d’unités, en 2001, et que la radio, la télévision et l’ordinateur ont mis presque 50 ans à se généraliser dans nos foyers alors qu’il n’a fallu que 21 ans au téléphone portable et qu’il faudra moins de 20 ans à l’Internet pour atteindre le même niveau. Depuis, les connexions fixes ont évolué à un taux beaucoup plus lent pour atteindre 1,2 milliard d’utilisateurs, tandis que le téléphone portable a poursuivi son expansion rapide.

Maintenant je comprends mieux les prévisions de Google qui anticipe depuis un an déjà son prochain milliard d'utilisateurs dans la téléphonie mobile... Car si le marché des TIC pèse dès à présent 3 130 milliards de dollars (soit près d'un tiers de plus que le PIB français), imaginez l'explosion lorsque la téléphonie mobile haut débit arrivera à maturité !


René Trégouët reprend également les propos de Lara Srivastava, co-auteure, selon qui « la montée en puissance des nouveaux modes d’expression et de communication numériques, "chats", blogs, forums, est en train de brouiller les frontières entre la vie publique et privée, temps de travail et temps personnel, monde réel et monde virtuel, comme le montre l’incroyable succès du "Monde 2", un univers virtuel si attractif que certains y passent plus de 80 heures par semaine ! »

C'est moi qui souligne, mais cela explique aussi pourquoi le rapport fait une distinction et met en évidence la transition nette entre identité humaine et identité numérique :


Identité numérique inévitable, même si apparamment une majorité d'inconscients trouve encore ça totalement inintéressant !!!

Et le sénateur de conclure :
Il ne fait aucun doute que cette mutation numérique mondiale va continuer à s’accélérer et va conduire, d’ici 10 ans, à l’émergence d’un monde radicalement nouveau, multidimensionnel, polycentrique et profondément déstabilisant, sur le plan psychologique, culturel et social, pour tous ceux qui n’auront pas pu ou pas voulu s’y préparer. Le grand défi de cette prochaine décennie va donc être de donner un sens social, culturel, cognitif et éthique à cette prodigieuse révolution technologique afin de l’humaniser et de la mettre au service du plus grand nombre. Si nous ne parvenons pas à relever ce défi de civilisation, nous risquons d’avoir à faire face à des fragmentations et des replis communautaires et culturels de plus en plus dangereux et un accroissement des inégalités sociales et cognitives qui ne pourront qu’alimenter la violence et l’instabilité du monde.
Je ne peux que souscrire à ce point de vue et engager qui me lit à toujours s'interroger sur le sens et les modalités de sa présence sur Internet. D'autant plus que dans dix ans l'Internet des choses (ou Internet des objets, si vous préférez) sera bel et bien réalité, ce qui risque d'ajouter grandement à la confusion (ce n'est pas un hasard si le rapport 2005 de l'UIT était consacré à l'Internet of Things)...


[MàJ - 17 décembre 2006] Jean-Michel Salaün relaie l'information, billet dans lequel j'apprends que l'intégralité du rapport de l'UIT est librement téléchargeable (PDF, 3 Mo, merci à Jean-Michel et Nicolas).

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jeudi 14 décembre 2006

Google WebOffice : pourparlers avec ThinkFree

Google WebOffice : pourparlers avec ThinkFree


Dans la bataille qui oppose Google à Microsoft pour la suprématie des suites bureautiques en ligne (outsider : Zoho), la probabilité que Google associe un outil de création de présentations à son traitement de texte et son tableur actuels n'est pas nouvelle, et j'en avais parlé il y a quelques mois.

Or Google négocierait l'acquisition de ThinkFree Office avec le coréen Haansoft (même si ce dernier préférerait une alliance), ce qui permettrait à Google de faire d'une pierre deux coups :
  1. se débarrasser d'un concurrent potentiel ;
  2. élaborer une suite homogène en y adjoignant d'autres fonctionnalités intéressantes.
En effet, outre ThinkFree Show, qui s'ajouterait à l'offre Google existante, la fonctionnalité Dossiers (ThinkFree Folders) permet d'assurer la gestion des répertoires entre votre PC ou votre réseau local et votre espace disque sur Internet, ce qui complèterait parfaitement la solution de stockage prévue par Google, à savoir GDrive, qui finira un jour ou l'autre par ne plus être réservée qu'à l'Intranet de Google...

Choix de modèles de transparents

Quant à la synchronisation Desk Office / Web Office, sans aucun doute l'aspect le plus important pour pouvoir concurrencer Microsoft, les applets Java de ThinkFree peuvent être téléchargés et mis en cache sur votre PC pour permettre une utilisation indépendante.

Autres nouveautés :
  • Doc Exchange, qui permet de publier sous Creative Commons et d'associer des flux RSS à tous les documents (aux siens ou à ceux des autres) qu'on juge pertinents ;
  • ThinkFree Viewer, qui « se compose d’interfaces de programmation, d’un générateur de code pour les opérations de copier/coller et des greffons à destination de la publication sur blog. Pour les utilisateurs, ThinkFree lance des "Widgets" (permettant par exemple d’ouvrir un document depuis un bureau) et des "Extensions" permettant par exemple d’ouvrir un document depuis son navigateur web. Plusieurs widgets sont déjà disponibles, pour le Dashboard de Mac OS X, pour Yahoo (Mac/Win) et pour Google (module). Quant aux extensions, elles sont déjà disponibles pour Firefox et Internet Explorer. Un menu contextuel s’affiche, permettant de lire un document de productivité depuis la suite Thinkfree. » Source : ToolLinux.
À noter enfin que les documents de ThinkFree peuvent être visualisés aussi sur un iPod, que le logiciel est déjà localisé, que ce genre d'application est développée en AJAX, et que Google vient d'ouvrir le développement de son Google Web Toolkit (GWT)... Ça fait pas mal de grain à moudre en perspective, tout ça !


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mardi 12 décembre 2006

Spam, scam et autres pourriels : l'explosion !

Spam, scam et autres pourriels : l'explosion !


J'ai assisté au cours des deux derniers mois à une explosion du spam dans ma boîte aux lettres. Heureusement que le filtre anti-spam de GMail tient ses promesses et se révèle extrêmement puissant. Exemple pratique :


Or en sachant que GMail évacue tous les spams de plus de 30 jours, cela signifie que les 15 000 spams affichés (et presque autant de virus attachés) ne représentent qu'un mois de « messages non sollicités », pour employer un doux euphémisme.

Comme vous pouvez le remarquer, par rapport à plus de 30 mille courriels reçus, ça fait un bon 50% de spam, la différence étant que j'ai reçu les courriels normaux sur plus de deux ans et les 15 mille pourriels (ou bourriels, j'aime bien aussi) en un mois !!!

En outre, il n'y a que quelques semaines, j'étais à environ 6 000 pourriels, soit une moyenne de 200 par jour, alors que ces derniers temps je suis en train de passer à 500 quotidiennement, soit une augmentation de 250% en l'espace de deux mois, signe tangible que les canons à spam fonctionnent à plein rythme !

[MàJ - 13-12-06, 12h] Juste pour confirmer la quantité de spams, voici la situation environ 24h après la mise en ligne de ce billet  :


J'avoue enfin que j'ai d'autres comptes que GMail, mais aucun n'a l'efficacité de Google. Je vous recommande chaudement l'usage de GMail, un produit qui touche à la perfection, et si vous le souhaitez j'ai des invitations disponibles...

Ceci étant, les dangers n'arrivent pas que par mail, ils se cachent aussi lorsque vous naviguez sur le Web. Le dernier rapport de McAfee SiteAdvisor montre bien que les résultats des cinq principaux moteurs sont aussi à risque (en dépit de certaines précautions) :


Comme quoi il n'y a pas que les IDN qui présentent des risques, et Microsoft l'a bien compris en soignant particulièrement la nouvelle mouture d'Internet Explorer : IE7.

Transition toute faite pour parler de l'initiative (conjointe ?) de Google et Yahoo!, qui ont choisi de personnaliser IE7, ou selon leur propre terme, de l'optimiser :



Une bonne façon d'utiliser les armes de l'adversaire quand on ne peut pas le terrasser. Via Blogoscoped.

Permettez-moi enfin de conclure en observant qu'Adscriptor compte aujourd'hui 200 abonnés, presque six mois jour pour jour après avoir franchi la barre des 100 (Blog Teflon® ou blog addictif : longue traîne et valeur ajoutée), ce qui me vaut d'être au 48e rang du classement de BlogHorizon, c'est bien la première fois que je suis classé quelque part ! Merci Didier :-)


Et, surtout, merci à mes fidèles lectrices et lecteurs !


P.S. Je sais bien qu'il suffit que je n'alimente plus le blog pendant quelques jours (ce qui pourrait bien se produire à l'occasion des fêtes) pour que le nombre d'abonnés tombe au ras des pâquerettes, mais en attendant, ça fait toujours plaisir !

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mardi 5 décembre 2006

Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !

Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Croyez-vous au hasard des dates ?

Du 27 au 29 novembre dernier s'est déroulé à Paris le 20ème congrès DNAC - De Nouvelles Architectures pour les Communications, avec une journée de synthèse ayant pour thème : « Quid de l'Internet en 2010 », une présentation de Guy Pujolle. Parmi les autres exposés prospectifs : les enjeux économiques, Introduction à l'Internet des « choses », l'Internet hertzien, l'Internet autopiloté, l'Internet de domicile, l'Internet coopératif ; les transformations à attendre et les révolutions à venir.


Pendant ce temps, Outre-Atlantique, ce même 29 novembre, le Département du Commerce des États-Unis approuvait définitivement l'accord conclu entre l'ICANN et Verisign pour mettre fin au procès qui les opposait :


Un accord accompagné d'un avenant de 95 pages (PDF), qui laisse à VeriSign la gestion du .COM au moins jusqu'en 2012, dont les implications nous échappent encore totalement, mais qui ne manque pas de sel, puisque l'administration US, via la NTIA, bypasse (qu'on m'excuse l'anglicisme) désormais totalement l'ICANN, ainsi reléguée au rang de marionnette, et encore... :
...Based on the consultations undertaken and advice received, the Department negotiated Amendment 30 to its Cooperative Agreement with VeriSign to address competition issues, including pricing and renewal, and Internet security and stability concerns.
(...)
Pricing
VeriSign must obtain prior written approval from the Department of Commerce before any amendments can be made to the pricing provisions of the agreement or execution of a renewal or substitution of a future .com Registry Agreement.
(...)
Renewal
VeriSign must obtain prior written approval from the Department of Commerce before execution of a renewal or substitution of a future .com Registry Agreement.
(...)
Internet Security and Stability
VeriSign must obtain prior written approval from the Department of Commerce before execution of a renewal or substitution of a future .com Registry Agreement.
(...)
En gros, à chaque fois, autant en matière de tarification que de renouvellement de l'accord afin de garantir la sécurité et la stabilité de l'Internet, « Verisign devra obtenir l'accord écrit préalable du Département du Commerce avant de... », ce qu'on appelle une politique d'ouverture bien comprise, chose que j'ai déjà eu l'occasion d'observer dans L'ICANN et la gouvernance d'Internet : certifiés DoC !.

Mais qu'on se rassure, l'acharnement du DoC à vouloir contrôler exclusivement tout ce qui touche de près ou de loin à Verisign n'a pas grand chose à voir avec le Registre du fameux .COM, ou si peu, mais plutôt avec la gestion du système universel d'adressage d'Internet, le DNS, et, à terme, avec celle de son petit frère, destiné à grandir et grandir encore : l'ONS. On n'en parle pas encore, ou très peu, mais croyez-moi, ça ne vas pas tarder, au point qu'on pourrait bientôt davantage évoquer l'ONS que le DNS... Sans compter la relation stratégique étroite et les similitudes poussées entre les deux :
« Longtemps reconnue pour le rôle qu’elle a joué dans le fonctionnement de l’infrastructure critique sous-jacente au DNS et à internet, la société VeriSign développe son infrastructure et son expertise pour soutenir le serveur racine du service de nommage d’objet d’EPCglobal Network (ONS Object Numbering System). »
Source : Rapport du GTI sur les technologies de radio-identification (RFID).

Voici donc la relation entre l'Internet des objets, ou des choses, et Verisign, puisque c'est cette dernière qui gère depuis janvier 2004 l'ONS (Object Name System), le système des noms d’'objets qui sert à identifier les objets physiques sur le réseau grâce à l'’Electronic Product Code, ou code EPC.

Un peu en réponse à l'interrogation inscrite à l'encre rouge dans la présentation (PDF) de SIAIGE : « Le contrat avec Verisign concerne la racine onsepc.com, quid du .COM » ? La réponse est désormais claire, et même si, selon Philippe Gautier, « ce choix est indiscutable d'un point de vue technique, il est pourtant légitime de s'interroger sur la nature du lien qui lie cette société de droit privé à un organisme paritaire comme EPCglobal (héritage de GS1). »


Ce qui pousse probablement le groupe Bénédicta à ne pas être passif et à préparer un projet de pilote EPCglobal, qui se traduit en quelque sorte par la mise en place d'un ONS parallèle à celui de Verisign pour opérer une root française et européenne, l'objet étant de cloisonner le système ONS pour en partager la gouvernance et limiter d'autant les risques.

En réplique à un courriel que je lui ai adressé, M. Philippe Gautier, que je remercie d'avoir bien voulu me répondre, précise :
Nous sommes actuellement en discussion pour transférer l'autorité sur la racine française à GS1 France.
J'ajoute que cet ONS fonctionne AVEC celui de Verisign (en parallèle) et non pas CONTRE.


Mais de quoi parle-t-on exactement, et qu'est-ce que l'Internet des choses, ou l'Internet des objets, au choix, cela fera l'objet d'un prochain billet où il sera question d'ONS, d'EPCGlobal, de RFID, de SAW, d'étiquettes intelligentes, de RTLS, de M2M, NFC, etc., qui s'intitulera Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

And it'll be a next post too :-)

Tiens, et puisqu'il est question de Machine-to-Machine, sachez que le 1er forum européen ouvre à Paris, au Palais des Congrès de Porte Maillot ... aujourd'hui !

Le hasard des dates, vous disais-je ! Si vous êtes dans le coin...


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vendredi 1 décembre 2006

Localisation et autres publications de mon cru

Localisation et autres publications de mon cru

En traduction, lorsqu'on parle de localisation, cela sous-entend l'adaptation du contenu à un pays, une culture, soit par traduction - c'est malheureusement le cas le plus fréquent -, soit par rédaction directe dans la langue cible, ce que Monsieur Daniel Gouadec nommait fort justement, il y a déjà quelques années, « naturalisation », en la définissant de la façon suivante :
La meilleure façon de traduire est peut-être bien de rédiger d’abord et même de rédiger seulement.
J'ai déjà eu l'occasion d'en parler dans un billet intitulé Pour une nouvelle pratique contrastive de la traduction technique professionnelle, qui présente ma vision de ce que devrait devenir la traduction technique professionnelle aujourd'hui, même si nous en sommes encore loin...

Il y a donc un peu plus d'un an, je me suis lancé dans une aventure à la faveur des derniers jours de vacances (nous étions fin août 2005) que j'intitulais « Présence en français sur Internet de 100 groupes US d’envergure mondiale ».

Avec comme point de départ l'idée d'identifier et d'analyser la localisation de ces mastodontes en français, juste pour tenter de dresser un bref inventaire de la situation. J'ai donc réfléchi à l'angle d'approche et à la manière de traiter le sujet.

Or début septembre, le travail a repris à plein régime, et c'est contre mon gré que j'ai dû abandonner mon projet, plutôt chronophage. Ceci étant, je continue de trouver le concept séduisant, bien qu'ignorant totalement si j'aurai l'occasion de le reprendre un jour.

J'ai donc réuni dans un seul document les résultats de mon travail, qui sait ?, ça pourra peut-être inspirer quelqu'un d'autre, à qui je passe volontiers le relais.

Sur les 100 groupes retenus, je n'ai rédigé que 18 fiches, dans lesquelles j'analyse le site institutionnel des multinationales suivantes :
  1. 3M
  2. Abbott Laboratories
  3. Accenture Ltd
  4. AIG - American Intern. Group
  5. Alcoa
  6. Allstate
  7. Altria Group
  8. American Express
  9. Amgen
  10. Anheuser-Busch
  11. Apple Computer
  12. Archer Daniels Midland
  13. Avon
  14. Bank of America Corp.
  15. Berkshire Hathaway
  16. Best Buy
  17. Boeing
  18. Honeywell Intern.
En dispensant à chaque fois des notes allant de 0 à 4 avec les équivalences suivantes :
  • 0 = Cancre
  • 1 = Mauvais élève
  • 2 = Élève moyen
  • 3 = Bon élève
  • 4 = Promu avec mention
J'ai pu ainsi décerner quelques bonnets d'âne, il faut dire qu'il y en a qui méritent. La méthodologie suivie est expliquée en fin de document, Localisation_fr.pdf (4,56 Mo). Bonne lecture !

* * *

Celles et ceux qui ont la patience de suivre l'évolution d'Adscriptor savent peut-être (j'en parle de temps en temps) que j'essaie de tenir d'autres blogs, même si c'est davantage un vœu pieu qu'une réalité.

Ce dont je parle plus haut devrait en théorie être publié sur Localizator, créé à cette fin, mais à ce jour c'est plutôt une coquille vide que personne ne lit...

Le problème, c'est que faire vivre un blog demande de l'énergie, du temps et de la constance, donc c'est déjà difficile pour un, alors imaginez deux, trois ou quatre ! C'était pourtant l'intention que j'avais en créant Emantics et Les éditions de moi-même, ce dernier étant plus spécialement destiné à publier trente ans de poésie.

Or j'ai vite dû me rendre à l'évidence, je n'ai pas le temps. Ainsi, au lieu de publier un poème par billet, j'ai fait un billet regroupant 140 poèmes...

En fait, ce sont deux recueils composés de 70 sonnets chacun, Du Travail... et L'Île, que j'ai aussi réunis en un seul pour les pressés, An 2000. Et bien, croyez-moi si vous voulez, mais après 8 mois qu'ils sont en ligne, j'ai consulté les statistiques, pour la première fois aujourd'hui : et là, surprise, globalement, ils ont été téléchargés 1 130 fois !


Mais pourquoi t'étonner, me direz-vous ? C'est simple, sur ce millier de lecteurs potentiels, je n'ai jamais eu un seul retour ! Jamais reçu un courriel pour me dire, c'est de la merde, c'est gentillet, c'est couillu, c'est du pur chef-d'œuvre (mon avis, et je le partage...), que sais-je encore ? La proposition d'un éditeur en vadrouille...

Il est vrai que commentaires et trackbacks sont fermés sur ces blogs pour cause de spam, mais quand même, un petit message de temps en temps, ça va pas vous fouler le poignet :-)


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jeudi 30 novembre 2006

Zoom sur images et autres vues

Zoom sur images et autres vues

Découvert à deux jours d'intervalle la possibilité de zoomer sur les images, je trouve ça fascinant. D'autant que les exemples sont exceptionnels :

1. Commençons par le Google's Master Plan, le grand tableau blanc récemment effacé où les employés de Google inscrivaient pêle-mêle toutes leurs idées de développement de nouvelles fonctionnalités :

et où l'on trouve notamment mention du fameux Google OS, l'hypothétique système d'exploitation selon Google (essentiellement par opposition à Microsoft) qui fait couler tant d'encre et mobilise tant de commentateurs...

So click and drill-down the Google's Master Plan! (via Blogoscoped)

2. Passons de cette fresque moderne à une autre, d'une richesse iconographique inouïe, réalisée il y a ... près de cinq siècles ! Une paroi entière peinte par Gaudenzio Ferrari en l'église Santa Maria delle Grazie.

Attendez la fin de la présentation flash puis cliquez le lien juste sous l'image (de 8,6 Go, quand même !), votre patience sera récompensée (via Docteur Web) :
Rapport secret entre ces deux images ? Juste une coïncidence...

* * *

Toujours dans le domaine des images, deux nouveautés étonnantes.

1. Sans commentaires, pour la première, regardez :
(via Webware)

2. Affichage e-paper sur le mobilier urbain :
Via le blog papier électronique, qui nous annonce la sortie du Motorola Motofone F3, « le premier téléphone au monde à intégrer du papier électronique », grâce à son écran EPD (ElectroPhoretic Display, ou affichage à électrophorèse).

Un e-paper également destiné à révolutionner l'enseignement si l'on en croit Jean Hughes Lauret, encore un autre usage du papier...

* * *

Pour conclure, il ne sera plus question d'image, mais de vision. Suite à mon dernier billet sur l'identité 2.0, un peu déçu de l'absence presque totale de commentaires (merci Leafar), j'ai décidé de publier un article sur Agoravox, qui a quand même une autre audience qu'Adscriptor, pour susciter davantage de réactions sur ce qui va devenir selon moi un phénomène de société majeur : l'identité numérique et la gestion de sa réputation sur Internet.


Résultats des courses, sur 20 votants, 70% juge l'info totalement inintéressante. De quoi se demander si c'est moi qui suis con, ou les autres ? Parfois j'ai des doutes...


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lundi 27 novembre 2006

Identity 2.0 is inevitable

L'identité 2.0 est inévitable, titre tiré d'une présentation phare, qui pourrait bien devenir culte :-), véritablement exceptionnelle par sa clarté, son humour et sa pertinence, œuvre de Dick Hardt, créateur de Sxip Identity.

Il y a maintenant plusieurs semaines que je réfléchis à un billet sur l'identité 2.0, ou identité numérique, ou identité virtuelle, ou Webidentité, etc., comme on voudra bien l'appeler, et que l'on pense ou non qu'il s'agit uniquement d'une déclinaison 2.0 de plus, il n'en reste pas moins que la réalité est là.

Même si on est encore bien loin d'en saisir les tenants, les aboutissants et les implications pour les internautes.

J'ai donc commencé par nourrir ma réflexion avec d'excellents articles qui essaient d'aborder le problème, dont la complexité rend difficile la tâche de l'appréhender dans sa globalité.

Je commencerai par citer l'approche puzzle de Leafar et Fred Cavazza, une approche que j'aime bien car nos "moi virtuels" (dixit Carlos Diaz) sont effectivement des puzzles dont les tesselles sont éparpillées un peu partout sur Internet, des « petits cailloux que nous semons derrière nous sans bien le réaliser, mais qui sont autant de traces conservées par la mémoire du Net (ou les services de renseignement, au choix), les moteurs de recherche. », comme l'observe très finement Laurent Campagnolle.


Sources : Fred Cavazza - Leafar

Pour Frédéric Cavazza, « ces petits bouts d’identité fonctionnent comme des gènes : ils composent l'ADN numérique d'un individu. »

Nous voilà donc ramenés à notre intimité identitaire la plus profonde, celle que l'on expose plus ou moins sur Internet, mais, disons-le franchement, plutôt plus que moins, et que ce soit volontaire ou non.

Comme tout traducteur qui se respecte, voyons les définitions traditionnelles du terme IDENTITÉ selon le dictionnaire, le Petit Robert dans ce cas :
  1. Caractère de deux objets de pensée identiques (similitude)
  2. Caractère de ce qui est un (unité)
  3. Identité personnelle, caractère de ce qui demeure identique à soi-même. - Identité culturelle, ensemble de traits culturels propres à un groupe ethnique (langue, religion, art, etc.) qui lui confèrent son individualité ; sentiment d'appartenance d'un individu à ce groupe. * Le fait pour une personne d'être tel individu et de pouvoir être légalement reconnue pour tel sans nulle confusion grâce aux éléments (état civil, signalement) qui l'individualisent... * Usurpation d'identité. Pièce d'identité, pièce officielle prouvant l'identité d'une personne. Relevé d'identité bancaire. Identité judiciaire : service de la police judiciaire chargé spécialement de la recherche et de l'établissement de l'identité des (personnes)...
Le sens des mots est vraiment fascinant !

* * *

Donc, remarquons d'emblée que l'identité 2.0 n'est autre qu'une extension de l'identité 1.0 appliquée à Internet, avec les problématiques et les spécificités propres à ce média (les facettes fort bien analysées par Fred Cavazza ici et ).

Or mon but n'étant pas de répéter ce qui a déjà été dit, je vais m'aventurer dans une analyse tout à fait personnelle de ce que représente d'après moi l'identité 2.0, l'identité numérique, l'identité virtuelle, la Webidentité, etc., comme vous voudrez bien la nommer.

En observant tout d'abord que la question fondamentale qui caractérise l'identité, Qui suis-je ?, est plus que jamais duale sur Internet. En effet, de même que lorsque vous vous la posez face à la glace, la question que vous renvoie le miroir n'est plus Qui suis-je ?, mais Qui es-tu ?, sur le Web c'est le Qui êtes-vous ? qu'on retrouve en permanence dans le regard des autres, l'une faisant pendant à l'autre.

Deux dimensions, les autres (Qui êtes-vous ?) et moi (Qui suis-je ?), qui reprennent à la perfection les deux premières acceptions du terme : la similitude (le moi - qui est par excellence identique à moi-même - vu dans le regard des autres) et l'unité (le moi vu par moi-même). Un distinguo fondamental qui me permet de séparer clairement la réputation (le moi vu dans le regard des autres) de l'identité (le moi vu par moi-même). Avec un concept tout aussi fondamental qui fait la navette entre les deux : la crédibilité.

Le concept identitaire en 3D, si vous préférez :

Identité - (Crédibilité) - Réputation

Le graphisme n'est pas mon fort, c'est clair, mais l'idée y est :-)

La réputation, qui fait d'ores et déjà l'objet de dépôt de brevets, et il y a fort à parier que l'identité suivra bientôt le même chemin, si ce n'est déjà fait...

Deuxième constatation, qu'elle soit 1.0 ou 2.0, l'identité ça se construit, ça se forge, autre similitude entre vie réelle et virtuelle, et c'est étroitement lié au sens que chacun/e donne à sa présence sur Internet et aux propres réponses qu'il ou elle apporte à ces deux interrogations, spéculaires : « pourquoi et comment être sur Internet ? » : « pourquoi » renvoyant au sens de ma présence, « comment » évoquant autant le contenant (volet technique) que le contenu (volet qualité) de ma présence.

Idem pour l'identité 2.0, donc, où le volet technique est indissociable du volet contenu, la forme indissociable du fond.

* * *

Une dualité - moi et les autres - que l'on retrouve à tout instant sur Internet, exactement comme les deux faces de la même médaille.

Avec à chaque fois le va-et-vient entre la sphère personnelle (ce que je fais/dis de moi, ce que je montre / cache [essaie de cacher] de moi) et la sphère collective (ce que les autres font/disent de moi, ce que les autres savent de moi [ce que je sais qu’ils savent - ce que j’ignore qu’ils savent]) et l'arbitrage, voire le compromis, de la crédibilité, avec une échelle à curseur prenant les différents degrés entre le vrai et le faux suivant les moments, les circonstances, les personnes, etc.

Ça peut aller du mensonge caractérisé à l'asymétrie de crédibilité, de la rumeur construite ou carrément fausse à la désinformation, en passant selon les situations dans lesquelles se trouve un même individu par le choix du pseudonymat (utilisation d’un pseudo, qui peut-être reconnaissable ou non), de l’anonymat (utilisation d’un nom de fantaisie pour anonymiser son passage) ou du patronymat (utilisation de son nom de famille), sans oublier les profils laissés un peu partout, la géolocalisation, les commentaires, les confessions, les articles, etc. etc., avec tous les problèmes que ça soulève au niveau de la confidentialité et du droit au respect de la vie privée, outre l'écosystème technique existant et à mettre place, mais ce n'est pas le propos de cet article, d'ailleurs je suis techniquement incompétent pour en parler. D'autres le font et le feront bien mieux que moi, ici, ou , et encore :


Vous noterez enfin que j'ai apparemment fait l'impasse sur l'identité professionnelle, mais dans mon esprit c'est étroitement lié au sens de ma présence et à mon identité personnelle sur Internet, l'une n'allant pas sans l'autre. Comme le remarque avec pertinence Brigitte Roujol :
Nous voyons sur les blogs et sur certains sites, la volonté de leurs auteurs de se laisser découvrir dans leurs différents aspects, là où la sphère personnelle et la sphère professionnelle se rencontrent et s'enrichissent l'une l'autre...

C'est l'Identité version 2.0 qui apparaît peu à peu... Lentement mais sûrement.
Non, décidément, gérer son identité numérique, ce n'est pas simple, et ça le sera de moins en moins. Or comme dit l'autre, mieux vaut prévenir que guérir. Donc autant y réfléchir le plus tôt possible ! Qu'en dites-vous ?

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Liens connexes (en anglais) :

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