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lundi 27 juillet 2015

La mission de Yahoo!

[Yahoo's Mission, version anglaise]

* * *
« La mission de Yahoo! est de divertir et d’inspirer le quotidien de chacun d'entre vous. En créant des expériences personnalisées, Yahoo! vous permet d’être connecté à ce qui est le plus important pour vous, à partir de n’importe quel support, partout dans le monde. »
Voici ce que dit d'elle la société sur sa page Facebook.

J'imagine que c'est une francisation partielle de la dernière "mission" en date de Yahoo, qui est apparue au début de ce mois, la 23e depuis la création du fameux Guide au World Wide Web de Jerry Yang et David Filo en 1994, soit plus d'un changement de mission par an :
Yahoo is a guide focused on informing, connecting, and entertaining our users. By creating highly personalized experiences for our users, we keep people connected to what matters most to them, across devices and around the world. In turn, we create value for advertisers by connecting them with the audiences that build their businesses.
J’ai été extrêment surpris de découvrir cette « nouveauté », d’autant plus que je venais juste de regrouper les 22 précédentes missions de Yahoo dans une infographie, publiée le 25 juin (mise à jour depuis), c’est-à-dire une semaine AVANT que Yahoo en change ENCORE une fois !

Or le hasard veut que le même jour, un mémo interne de Microsoft ait fuité, signé par Satya Nadella lui-même, dans lequel le CEO de Microsoft dévoilait le nouveau « mission statement » de la société. Je le cite :
Today, I want to share more on the overall context and connective tissue between our mission, worldview, strategy and culture. It is critical that we start the new fiscal year with this shared vision on what we can do and who we want to become. 
Mission. Every great company has an enduring mission. Our mission is to empower every person and every organization on the planet to achieve more. I’m proud to share that this is our new official mission statement. This mission is ambitious and at the core of what our customers deeply care about.
Et, de manière cohérente avec ce que le CEO de Microsoft avait déjà annoncé une semaine plus tôt, la signature officielle de la société est devenue :
Microsoft (Nasdaq “MSFT” @microsoft) is the leading platform and productivity company for the mobile-first, cloud-first world and is focused on empowering every person and every organization on the planet to achieve more.
Une mission, donc. Telle est la clé : « Toute grande société a une mission durable. » Sauf Yahoo, probablement !

Pourtant Marissa Mayer aussi est convaincue que les grandes sociétés ont de fortes cultures d'entreprise, et que Yahoo n'y fait pas exception (very strong companies have very strong cultures, and Yahoo is no exception). Elle a pronconcé ces mots en 2013, lors du forum économique mondial à Davos, dans une très intéressante interview donnée à Erik Schatzker, de Bloomberg TV, sur l'avenir des technologies et de la recherche sur Internet. (Source: Bloomberg)

Or cette affirmation me semble résolument en contradiction avec la réalité. Une société qui a une forte culture d’entreprise ne change pas de mission tous les ans : de 1994 à juillet 2012, 18 changements de mission en 18 ans d’existence. Puis du 16 juillet 2012 (date où Yahoo a recruté Marissa Mayer) à aujourd’hui, 5 nouveaux changements, soit une fréquence supérieure aux 18 années qui ont précédé !

Serait-ce une confirmation de la déception de Shar VanBoskirk, analyste chez Forrester, qui publia un billet intitulé « Marissa Mayer Doesn't Fit Yahoo!'s Needs » le jour même de la nomination de cette dernière : Yahoo! a besoin d'un stratège visionnaire, et non pas d'un ingénieur produit, d'une vision stratégique, et non pas d'une promotion de produits en particulier, de définir une vision claire de ce que devrait être la marque Yahoo!, etc.

Car 3 ans après la nomination de Mme Mayer, comment concilier le fait d’« avoir une forte culture d’entreprise » sans avoir en parallèle une mission clairement identifiée, qui permette à l’entreprise de se projeter dans l’avenir sur le long terme ? Et peut-on affirmer aujourd'hui que Marissa Mayer a été capable de définir une claire vision de ce qu'est Yahoo!...

Non ! Comme j’en avais conclu dans le premier billet consacré à ce sujet crucial pour une société (première version postée le 1er mars 2010, mise à jour le 24 juin 2011), having too much missions & visions just means get no mission, no vision at all!

Cinq ans déjà ! Résultat, le cœur de métier de Yahoo, hier un acteur dominant de l'Internet, pèse aujourd'hui environ 4 Mds $, soit à peine 1% de la capitalisation de Google.

Cherchez l'erreur. Yahoo! a même commis le tour de force de ne pas racheter Google pour 3 Mds $ en 2002, d'ailleurs Page & Brin peuvent sérieusement remercier Terry Semel...

Toutes proportions gardées, c’est un peu la même histoire que Blockbuster qui refusa d'acheter Netflix en 2000 pour la modique somme de 50 millions $. Quinze ans plus tard, Blockbuster n'existe plus et Netflix vaut plus ou moins 43 Mds $.

Mais puisque Yahoo existe encore, probablement plus pour des raisons historiques qu’économiques, je me suis demandé quelle pourrait être sa véritable mission pour l’avenir, qui soit unificatrice et, surtout, durable.

Or avant de proposer ma propre réponse à cette question, j’ai décidé d’analyser en profondeur les 23 missions déclarées par Yahoo depuis son introduction en bourse en 1996, qui devraient quand même nous dire quelque chose d’intéressant sur comment Yahoo considère … Yahoo!

Et rien de tel qu’une représentation graphique pour saisir d’un coup d’œil les grandes étapes de ce parcours :


Tout d’abord, le premier découpage qui se dégage est que nous avons 4 grandes étapes, qui correspondent chacune à une époque précise dans la gouvernance de Yahoo.
  • 1ère étape : 1996-2001, CEO Tim Koogle, 6 missions, un changement chaque année 
  • 2e étape : 2002-2009, CEOs Terry Semel + Jerry Yang, 6 missions
  • 3e étape : 2009-2012, 4 CEOs, Carol Bartz, Tim Morse [intérim], Scott Thompson & Ross Levinsohn [intérim], 6 missions
  • 4e étape : 2012-aujourd'hui, CEO Marissa Mayer, 5 missions

Un découpage qui est confirmé par l’analyse statistique et quantitative de ces 23 missions, qui totalisent 1291 mots, soit une moyenne globale de 56 mots par mission.

Les 6 premières (CEO Tim Koogle) totalisent 504 mots, soit 84 par mission. Les 6 suivantes (CEOs Terry Semel et Jerry Yang) comptent 211 mots, soit 35 par mission, les 6 qui vont de 2009 à 2012 ont un total de 320 mots, soit 53 mots en moyenne, et les 5 dernières (Marissa Mayer) 256 mots, soit 51 mots par mission.


Dans la première catégorie, le cœur du message est « Yahoo! Inc. (NASDAQ:YHOO) is a global Internet media company », « a global Internet communications, commerce and media company », et, pour celles et ceux qui n'auraient pas compris, « a leading global Internet communications, commerce and media company ».

Dans le second groupe, Yahoo! Inc. devient d’abord « a leading provider », puis « a leading global Internet brand ».

Quant au bloc des 11 dernières missions, il se répartit presque équitablement en 6 + 5 : initialement le « leading global Internet brand » laisse la place au « leading global consumer brand, who attracts hundreds of millions of users every month ».

À signaler que les 6 premières missions de ce troisième groupe correspondent à la période la plus travaillée de Yahoo!, qui fait suite au refus de l’offre d’achat de Microsoft (une aventure que j'ai tenté de raconter sur ce blog dans plus de 80 billets...) et durant laquelle 4 CEOs vont s’alterner (dont deux par intérim), jusqu’à la nomination de Marissa Mayer le 16 juillet 2012.

C’est pourtant à cette époque que sont officiellement formalisées la « mission » (Mission 11) et la « vision » (Missions 14, 15, 16) de Yahoo, dont on n'entendra plus jamais parler par la suite :
  • Yahoo!'s mission is to connect people to their passions, their communities, and the world's knowledge.  
  • Yahoo!'s vision is to be the center of people's online lives by delivering personally relevant, meaningful Internet experiences. 
Puis le mois où Mme Mayer prend son poste de CEO, en juillet 2012, la mission de la société va encore changer à deux reprises. Le jour-même de sa nomination, après la « world class online media company » (missions 14,15,16), l’« innovative technology company » (mission 17) et « the premier digital media company » (mission 18) :
Yahoo! is a technology-powered media company… (mission 19) 
Enfin, le dernier jour du mois :
Yahoo! is focused on creating deeply personal digital experiences… (mission 20) 
Or changer de mission n’est pas innocent, et encore moins lorsqu’il s’agit de Yahoo!

C’est une décision stratégique, derrière laquelle on imagine une mûre réflexion. Donc si la mission change le jour-même de l’arrivée du nouveau CEO, on ne s’attend sûrement pas à une totale modification 15 jours après. À moins que cela n’ait été fait dans l’improvisation…

Il y aura encore un autre changement en novembre 2012, puis deux ans de répit, et les deux derniers changements en date remontent à janvier 2015 et à ce mois-ci.

Pour l’heure, nous en sommes donc à 5 changements de mission signés Marissa Mayer.

* * *

Hors Yahoo! et ses déclinaisons (Inc., NASDAQ:YHOO et www.yahoo.com), voici un tableau des 15 occurrences les plus fréquentes pour chacun des 4 groupes :


Desquels j’extrapole sous forme de nuage sémantique les 40 termes plus fréquemment cités :



Comme on peut le voir d’un seul coup d’œil, la « vision » est totalement perdue dans l’ensemble, qui ressemble davantage à une cacophonie d’où il semble illusoire de vouloir tirer une quelconque cohérence. C’est peut-être pour ça aussi que dans les deux dernières missions, Yahoo a perdu son point d’exclamation ! 

Shar VanBoskirk, que j’ai citée plus haut, observait déjà en septembre 2011 :
Yahoo! lacks vision and a focused corporate strategy. This is Yahoo!'s greatest challenge: it is everything... a content company, an email engine, a database marketer, a publisher network, an ad server, an ad management platform, but with no overarching vision of why all of these things and how they fit together. 
C’est exactement la photographie que renvoie le nuage !

Pourtant dans l’interview à Bloomberg, Marissa Mayer semble fournir des réponses intéressantes sur ce que devraient être la vision et la mission de Yahoo. Celle qui me convainc davantage est celle-ci : 
She said that the Web has become “vast” with content, and that what Yahoo can do is use all the contextual clues it has about its users – their “social context,” their specific location, their activity on Yahoo and elsewhere – “to make sense of the content.” In short, what Marissa Mayer’s Yahoo will do is present “The Internet, ordered for you.
Pour elle, cela signifie un retour aux sources pour la société :
That’s interesting, because it actually brings Yahoo back to its roots – that’s what Yahoo was – it took the internet and ordered it up. Now it’s so vast, you can’t just categorize it any more.
En même temps elle semble faire allusion à un retour de Yahoo! vers le Search, ce qui fut à l’époque le plus gros échec de la société face à Google : « You become the query, so Yahoo will take all daily habits and all signals and map them in the user’s interest graph, create an ontology of entities, relations between objects, and the Web ordered for you ».

Pourquoi pas ? Certes, cela me semble une belle et noble mission (et vision) pour une société comme Yahoo!, mais elle serait plus crédible si elle commençait d'abord à mettre Yahoo! en ordre, et le Web ensuite : juste à titre d'exemple, il y a encore une incohérence absolue entre la 23e mission officielle de Yahoo! et celle qui apparaît sur le compte Twitter de Yahoo! ou à l'international, puisque Yahoo France est encore différente de Yahoo Italia et ainsi de suite. Je n'ose imaginer les autres langues et pays...

Par conséquent, après 21 ans de réflexions et 23 tentatives non réussies de mettre au point un statement convaincant et unique partout dans le monde pour les utilisateurs autant que pour les actionnaires et les investisseurs de Yahoo!, l’heure serait peut-être venue pour la société et ses dirigeants de solutionner ce problème…

* * *

En conclusion, depuis le début de l’aventure de Yahoo, à commencer par la signification de son nom (Yet Another Hierarchical Officious Oracle), tout me rappelle le rêve des Encyclopédistes, qui se proposaient de faire une synthèse de toutes les connaissances du temps où ils vivaient, et qui choisirent de mettre en épigraphe ce vers de l'Art poétique d'Horace :

Tantùm series juncturaque pollet

dont l’on trouve différentes traductions en anglais sur le Web :
Est-ce que ça ne serait pas là une belle et vraie mission pour Yahoo ?




jeudi 25 juin 2015

What is Yahoo's main focus?

Updated / 2015, July 31 - Yahoo's Mission

* * *
Yesterday, in her post titled "Marissa Mayer: Yahoo still has the same core focus as it did back in 1994", Jillian D'Onfro asked this "surprisingly tricky question": What is Yahoo's main focus?

Well, on average Yahoo! modified its focus more than once a year: looking back to his creation in 1994 -21 years ago-, Yahoo! has already changed its “mission” 22 times, of which 4 times since Marissa Mayer was appointed!

Here is the infographic of all missions...


 * * * UPDATE! * * *

Mission 23 / 2015, July
Yahoo is a guide focused on informing, connecting, and entertaining our users. By creating highly personalized experiences for our users, we keep people connected to what matters most to them, across devices and around the world. In turn, we create value for advertisers by connecting them with the audiences that build their businesses.

* * *

Mission 1 / 1996, Jan.
Yahoo! Inc. (NASDAQ:YHOO) offers a globally-branded Internet navigational service to information and entertainment on the Web. As the first online guide to the Web, Yahoo! is one of the most visible and recognizable names associated with the Internet. Yahoo! provides a context-based directory structure for Internet resources, as well as integrated AltaVista Web-wide search capabilities. The Company is continuing to develop a global family of Yahoo!-branded media properties for targeted geographic areas (…); interests (…); and demographic audiences (…).
Mission 2 / 1997, Dec.
Yahoo! Inc. (NASDAQ:YHOO) is a global Internet media company that offers a network of branded Web programming that serves millions of users daily. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is the single largest guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach, and is one of the most recognized brands associated with the Internet. Yahoo! Inc. provides targeted Internet resources and communications services for a broad range of audiences, based on demographic, key-subject and geographic interests.
Mission 3 / 1998, Dec.
Yahoo! Inc. is a global Internet media company that offers a branded network of comprehensive information, communication and shopping services to millions of users daily. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is a leading guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach, and is one of the most recognized brands associated with the Internet.
Mission 4 / 1999, Dec.
Yahoo! Inc. (Nasdaq: YHOO) is a global Internet media company that offers a branded network of media, commerce, and communication services to more than 100 million users worldwide. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is the leading guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach, and is one of the most recognized brands associated with the Internet. The company also provides online business services designed to enhance Yahoo!'s clients' Web services, including audio and video streaming, store hosting and management, and Web site tools and services.
Mission 5 / 2000, Dec.
Yahoo! Inc. is a global Internet communications, commerce and media company that offers a comprehensive branded network of services to more than 166 million individuals each month worldwide. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is the leading guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach, and is one of the most recognized brands associated with the Internet. The company also provides online business services designed to enhance the Web presence of Yahoo!'s clients, including audio and video streaming, store hosting and management, and Web site tools and services.
Mission 6 / 2001, Dec.
Yahoo! Inc. is a leading global Internet communications, commerce and media company that offers a comprehensive branded network of services to more than 218 million individuals each month worldwide. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is the leading guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach. Yahoo! is the No. 1 Internet brand globally and reaches the largest audience worldwide. Through the Yahoo! Enterprise Solutions division, the company also provides online business and enterprise services designed to enhance the productivity and Web presence of Yahoo!'s clients.
Mission 7 / 2002, Nov.
Yahoo! Inc. is a leading provider of comprehensive online products and services to consumers and businesses worldwide. Yahoo! reaches more than 237 million individuals worldwide each month, and is the No. 1 Internet brand globally.
Mission 8 / 2002, Dec.
Yahoo! Inc. is a leading provider of comprehensive online products and services to consumers and businesses worldwide and is the No. 1 Internet brand globally.
Mission 9 / 2003, Dec.
Yahoo! Inc. is a leading provider of comprehensive online products and services to consumers and businesses worldwide. Yahoo! is the No. 1 Internet brand globally and the most trafficked Internet destination worldwide.
Mission 10 / 2005, Dec.
Yahoo! Inc. is a leading global Internet brand and one of the most trafficked Internet destinations worldwide. Yahoo! seeks to provide online products and services essential to users' lives, and offers a full range of tools and marketing solutions for businesses to connect with Internet users around the world.
Mission 11 / 2006, Dec.
Yahoo! Inc. is a leading global Internet brand and one of the most trafficked Internet destinations worldwide. Yahoo!'s mission is to connect people to their passions, their communities, and the world's knowledge.
More than a decade after the beginning, and for the first time in the Yahoo! history, appears the word "MISSION": in a move to re-organize the company, Yahoo! is finally to consider Mission as a strategy. Anyway, less than a year later, five month after this breaking news, the word mission disappeared!

Mission 12 / 2007, Oct.
Yahoo! Inc. is a leading global Internet brand and one of the most trafficked Internet destinations worldwide. Yahoo! is focused on powering its communities of users, advertisers, publishers, and developers by creating indispensable experiences built on trust.
Mission 13 / 2009, July
Yahoo! Inc. is a leading global consumer brand and one of the most trafficked Internet destinations worldwide. Yahoo! is where millions of people go every day to see what is happening with the people and things that matter to them most. Yahoo! helps marketers reach that audience with its unique and compelling advertiser proposition.
Mission 14 / 2009, Sept.
Yahoo! attracts hundreds of millions of users every month through its innovative technology and engaging content and services, making it one of the most trafficked Internet destinations and a world class online media company. Yahoo!'s vision is to be the center of people's online lives by delivering personally relevant, meaningful Internet experiences.
For the first time in the Yahoo! history appears the word "VISION", and then, a few months later, they put the vision first, till 2010, January 27th. In 2011, also the word vision disappeared!

Mission 15 / 2009, Dec.
Yahoo!'s vision is to be the center of people's online lives by delivering personally relevant, meaningful Internet experiences.Yahoo! attracts hundreds of millions of users every month through its engaging content and services and innovative technology, making it one of the most trafficked Internet destinations and a world-class online media company.
Mission 16 / 2010, Jan.
Yahoo! attracts hundreds of millions of users every month through its innovative technology and engaging content and services, making it one of the most trafficked Internet destinations and a world class online media company. Yahoo!'s vision is to be the center of people's online lives by delivering personally relevant, meaningful Internet experiences.
Mission 17 / 2010, Nov.
Yahoo! (NASDAQ:YHOO) is an innovative technology company that operates the largest digital media, content, and communications business in the world. Yahoo! keeps more than half a billion consumers worldwide connected to what matters to them most, and delivers powerful audience solutions to advertisers through its unique combination of Science + Art + Scale.
Mission 18 / 2011, Feb.
Yahoo! (NASDAQ:YHOO) is the premier digital media company, creating deeply personal digital experiences that keep more than half a billion people connected to what matters most to them, across devices and around the globe. That's how we deliver your world, your way. And Yahoo!'s unique combination of Science + Art + Scale connects advertisers to the consumers who build their businesses.
Mission 19 / Jul 16, 2012 (when, in a really surprising move, Yahoo! appointed Marissa Mayer Chief Executive Officer)
Yahoo! is a technology-powered media company, creating deeply personal digital experiences that keep more than half a billion people connected to what matters most to them, across devices and around the globe. Yahoo!'s unique combination of Science + Art + Scale connects advertisers to the consumers who build their businesses.
Two weeks later, another change!

Mission 20 / Jul 31, 2012
Yahoo! is focused on creating deeply personal digital experiences that keep more than half a billion people connected to what matters most to them, across devices and around the globe. Yahoo!'s unique combination of Science + Art + Scale connects advertisers to the consumers who build their businesses.
Mission 21 / 2012, Nov.
Yahoo! is focused on making the world's daily habits more inspiring and entertaining. By creating highly personalized experiences for our users, we keep people connected to what matters most to them, across devices and around the globe. In turn, we create value for advertisers by connecting them with the audiences that build their businesses.
Mission 22 / 2015, Jan.
Yahoo is a guide focused on making users' daily habits inspiring and entertaining. By creating highly personalized experiences for our users, we keep people connected to what matters most to them, across devices and around the world. In turn, we create value for advertisers by connecting them with the audiences that build their businesses.
Quite strangely, but not so much, all users can currently see on the Yahoo's home page not the last mission, but the penultimate one!!!


Consistency, did you said consistency?

So after having said that "her" Yahoo! would present "The Internet, ordered for us", Marissa Mayer is telling now that Yahoo still has the same core focus as it did back in 1994! Why not?

But maybe first she has to order Yahoo! for Yahoo! Because as I stated five years ago (since my first version on this post written on 2010, March 1st, Yahoo! changed its mission 6 times again...), "having too much missions & visions just means get no mission, no vision at all".

Wait and see for the next episode...


[P.S. No more than one week later!]

Mission 23 / 2015, July
Yahoo is a guide focused on informing, connecting, and entertaining our users. By creating highly personalized experiences for our users, we keep people connected to what matters most to them, across devices and around the world. In turn, we create value for advertisers by connecting them with the audiences that build their businesses.

jeudi 26 février 2015

Internet of Me, We Economy, oui...

Dans son récent rapport, intitulé Technology Vision 2015”, Accenture identifie parmi les grandes tendances en cours l'Internet of Me, que l'on pourrait résumer autour de la notion de personnalisation.

Personnellement, je définirais la chose ainsi :
« Internet of Me » : personnalisation poussée et capillaire de nos univers et de notre expérience numériques, où tous les dispositifs sont connectés (Internet of things, objets d’usage quotidien truffés de capteurs, de senseurs, etc.), où tout est intelligent et portable (montres, gadgets, vêtements, etc.), domotisé (des électroménagers aux téléviseurs, etc.), embarqué, géolocalisé (voitures, GPS, etc.) et ainsi de suite, ce qui offre aux entreprises digitales le terrain idéal pour développer des produits et services sur la base de notre profilage (algorithmes capables de tracer nos habitudes 24/7/365), mais surtout des applications de plus en plus ciblées pour capturer toujours davantage (plus que fidéliser) un consommateur ... captif, justement !

Or voilà déjà pratiquement une décennie que les acteurs majeurs du Web savent tout sur nous (ceci dit les états vont bien plus loin et depuis bien plus longtemps dans le profilage de leurs « citoyens », sans oublier la télésurveillance…), d'ailleurs à ce sujet permettez-moi d'évoquer un billet d’Adsciptor écrit il y a déjà 7 ans (intitulé : Bloc contre bloc, l'internaute au centre...), dans lequel j’expliquais le concept de « Data transmission events », à savoir les événements qui déclenchent la collecte de données « privées » sur les internautes :
Citons, à titre d'exemple, les données collectées :
  • lors des recherches de l'internaute ;
  • lors de ses achats ;
  • lorsqu'il clique sur une pub ;
  • lorsqu'il s'enregistre sur un service ;
  • grâce aux cookies, etc.
Tout ça permettant à qui les possède en bout de chaîne d'obtenir des informations précises sur nos habitudes, nos intérêts, et ainsi de suite. Le graal des publicitaires et des marketers de tout poil, en quelque sorte !
On pourra toujours s'interroger pour savoir si ces données sont collectées à notre insu ou non, bien que je me demande franchement quel internaute naviguant régulièrement sur Internet ne serait pas encore au courant !?
Par ailleurs, menée aux États-Unis en décembre 2007 sur le trafic imputable aux quinze plus gros acteurs américains de l'Internet, je ne doute pas que les résultats de l’étude puissent être extrapolés au Web mondial, puisque de toute façon la tendance est irréversible, autant le savoir...
Mais ce que je vois de véritablement nouveau dans cette étude quantitative, ce sont les proportions. Énormes...
Car à l'époque, il était déjà question de plus de 500 milliards d’événements de données collectées par mois sur le réseau global (sites propriétaires + régie publicitaire étendue) uniquement pour les couples Google-DoubleClick et Microsoft-Yahoo!, avec Yahoo! et Google totalisant respectivement 2 520 et 1 625 données uniques par visiteur (chiffres faisant référence au mois de décembre 2007, juste pour les États-Unis) :

Dans le même billet je rappelais aussi la personnalisation de la pub basée sur le ciblage comportemental :
Par conséquent dans cette logique, à terme plus ou moins rapproché, la prochaine étape consistera très probablement à s’éloigner de la catégorisation des annonces pour passer à leur individualisation. En bref : 
fini les AdSenses ciblés, vive les AdSenses personnalisés !

Une (r)évolution qui me semble inéluctable, vu les ambitions affichées par Google : à partir du moment où la firme possède une énorme quantité d’informations sur vous et peut en extraire un profilage systématique et significatif, qu’est-ce qui l'empêchera de vous proposer des AdSenses en fonction de vos préférences ?
Du reste, depuis Google, profileur en série, il me semble qu'on a parcouru bien du chemin... Pour vous donner un petit exemple, j'ai récemment posté sur mon blog pro un billet annonçant que je serai à Tunis du 16 au 18 avril prochains pour parler de Marketing & Branding pour Traducteurs & Interprètes. J'ai donc réservé mon billet d'avion, histoire de ne pas m'y prendre à la dernière minute. Or quelle n'a pas été ma surprise de voir dans les heures suivantes, en naviguant sur un de mes sites, les publicités bien visibles dans la colonne de droite :


« Vols Rome-Tunis », « Réserve avec Air France », etc., serait-ce un hasard ? Je vous le demande...

Et j'imagine que chacun(e) de vous pourrait me raconter tout un tas d'épisodes semblables.

Olivier Ertzscheid nous a déjà averti que désormais « L'homme est un document comme les autres », perso j'ajouterais qu'il est en passe de devenir un objet comme les autres !

Déjà en 2006 je m'interrogeais (Le client est ROI, certes, mais roi de quoi ?...), aujourd'hui que dire ? We Economy, oui, Internet of Me, le Web est mon ami, et Google, et Facebook, etc.

Nous n'en sommes qu'au début !



mercredi 18 février 2015

Kering : un nom, une marque, un chef-d'oeuvre de création !

2013, changement de dénomination sociale : PPR devient Kering !

Vraiment une belle manière de commémorer le cinquantenaire de la création du groupe Pinault par François Pinault en 1963, devenu Pinault-Printemps-Redoute - PPR - en 1994, et donc, Kering, en 2013.

Façon élégante, aussi, de se démarquer de LVMH, autre géant mondial du luxe qui partageait avec PPR, outre les racines françaises, le fait d'avoir une raison sociale composée par un sigle, un ensemble de lettres initiales.

Or, selon moi, se présenter avec un sigle au lieu d'un nom est peu intelligible et ne reflète pas les ambitions globales d'un groupe à vocation planétaire : LVMH ou PPR ne racontent rien en soi, ce sont des amas de lettres, pire, de consonnes, qui ne "parlent" pas, inexpressives au possible.

Certes, s'agissant de groupes multimarques par excellence, toutes les regrouper sous une seule dénomination est un véritable casse-tête !

Je serais d'ailleurs curieux de connaître le briefing qu'ont dû faire les responsables de PPR aux créatifs de l'agence retenue pour inventer le nouveau nom, cependant certaines lignes directrices ne sont pas difficiles à deviner, il suffit de lire les documents disponibles du groupe :

- Un nouveau nom pour une nouvelle identité
  • Un nouveau nom pour symboliser la manière unique dont le groupe souhaite se positionner désormais : ni changement de périmètre ou d’activité, mais recentrage stratégique autour des pôles Luxe et Sport & Lifestyle.
  • Mais aussi un nouveau nom pour réaffirmer la dimension internationale d'un groupe "intégré et cohérent", tout en faisant référence à ses origines françaises (bretonnes, plus précisément).
  • Et enfin, last but not least, un nouveau nom juridiquement disponible partout dans le monde et sur Internet, caractéristiques désormais impossibles à trouver avec les mots signifiants, ou même partiellement signifiants.
De plus nous parlons d'un groupe déjà connu et mondialement déployé, et non d'une start-up qui fait ses premiers pas. Donc trouver un nouveau nom, c'est dur, mais trouver en plus un nom DISPONIBLE en respectant les critères ci-dessus devient un véritable challenge !

Bien sûr, maintenant que nous savons comment la problématique a été brillamment résolue, ça peut sembler facile, mais essayez un instant de vous mettre dans la peau d'un créatif et de trouver un nouveau nom pour LVMH, vous verrez vite que la chose n'est pas si simple...

Personnellement, en travaillant sur les mots depuis 30 ans, quotidiennement, et en connaissant de près la création de noms de marque, je peux vous dire que je suis bluffé par la beauté et la pertinence de la solution "kering" :
Kering se prononce « caring » et s’interprète comme tel.
(...)
En breton, ker signifie « foyer » et « lieu de vie ». Kering, c’est en fait la maison de famille qui réunit nos marques et nos collaborateurs...
Mais laissez-moi pousser un peu plus loin l'analyse technique du nom, juste pour tenter de vous faire comprendre les défis cachés que dissimule un "simple" nom en apparence.

Mon ami Jean-Philippe Hermand, mathématicien, linguiste et grand inventeur de noms devant l'Éternel, qui compte autant d'années d'expérience en création de noms de marque que moi en traduction, identifie 4 méta-modèles de dénominations (regroupant à leur tour plus d'une vingtaine de modèles) : signifiantes, à composantes signifiantes, formelles, plus les logatomes.

Pour faire très simple, un logatome est une « séquence de lettres ou de phonèmes qui, n'ayant pas de signification, ne constitue pas un mot, mais respecte les séquences habituelles de la langue. »

Google ou Yahoo sont des logatomes, par exemple. C'est donc une piste créative de choix pour résoudre le problème des nouvelles marques, qui ne peuvent plus compter sur l'utilisation de mots signifiants (Apple...), car tout est déjà pris, aussi bien au plan légal que sur le Web, notamment dans près de 120 millions de domaines déjà déposés en .COM.

En ce sens, "kering" est un logatome pur, qui respecte les règles syntaxiques de la langue (de l'anglais plus que du français, du reste, or pour un groupe international, quoi de plus normal ?) mais n'a en lui-même aucune signification précise. Si ce n'est par homophonie : le mot se prononce « caring » et s’interprète comme tel. Un vrai coup de maître, puisque le renvoi à "caring" a des connotations positives aussi fortes que multiples, et pas uniquement sociales : prendre soin (de nos marques, de nos collaborateurs, de nos clients, de nos parties prenantes et de l’environnement)...

Mais il y a plus ! Comme dit Jean-Philippe, c'est également un "hybride", un néologisme à racine transparente à laquelle on accole un logatome court : ker est la racine, bretonne (!), aboutée à ing, suffixe anglais par excellence et signe du gérondif, exprimant « la simultanéité de deux actions, et mettant le verbe au gérondif en situation de complément circonstanciel, de manière, de cause, etc. », ce qui ouvre des possibilités infinies à la signifiance du nouveau terme !

On peut en outre y voir "ring", qui conjugue l'art du pugilat et celui de l'orfèvrerie : Luxe, Sport & Lifestyle !!!

Pour conclure, rien à dire, c'est du grand art ! Ce nom est un chef-d'œuvre de création, et je salue bien bas l'équipe qui en est à l'origine, qu'ils soient assurés de mon admiration.

Ceci étant, s'ils me lisent chez LVMH, j'espère qu'ils seront suffisamment jaloux pour désirer à leur tour "un nouveau nom pour une nouvelle identité" : qu'ils me contactent, Jean-Philippe Hermand, idéateur du plus puissant logiciel de création de noms de marque au monde (je ne crains pas de l'affirmer), est bien capable de les étonner, du genre Buzz l'éclair : vers l'infini et au-delà... 



P.S. Toutefois il faut faire attention au sens du mot dans des langues exotiques, il me semble par exemple qu'en indonésien ou en malaisien "kering" signifie ... sec (pour autant la marque finit "noyée" dans l'impétueux flux de Twitter), mais il y a des fois où, selon les termes et les langues, les résultats peuvent être bien pires (ce fut un tollé en italien :-)

jeudi 30 octobre 2014

30 ans de métier, ça se fête !

Après les 20 ans, me voici, déjà !, à la veille de franchir la barre des trente ans de métier, puisque j'ai fait mes premières traductions en 1985.

1985-2015 : 30 ans de métier et 25 ans de société, genèse et histoire d’une formidable aventure professionnelle ! En même temps que l'occasion de vous souhaiter mes meilleurs vœux pour une nouvelle année 2015 pleine de santé et riche en satisfactions :-)


Et pour fêter ça, rien de mieux que de récapituler le contenu que j'ai produit à ce jour sur le sujet (en tout presque une centaine de billets et documents éparpillés sur plusieurs sources), en commençant par l'actualisation de mon curriculum professionnel sous forme d'infographie :

      

Que de chemin parcouru depuis, de dizaines de milliers de pages traduites et de mois d'interprétation en France et en Italie !

En parallèle, voilà près de 10 ans que j'ai affiné ma connaissance et ma compréhension d'Internet, notamment grâce à ce blog, en commettant des centaines de billets sur les acteurs majeurs du Web.

Une double accumulation d'expérience que j'ai voulu partager dès 2011 en mettant au point des formations au branding / marketing plus particulièrement dédiées aux traducteurs - interprètes, étudiants ou professionnels, notamment en Italie, Mais j'ai en projet pour 2015 de dispenser ces formations aussi dans des universités françaises avec lesquelles je suis en contact :


Le grand saut, by Jean-Marie Le Ray

* * *

Je m'étais déjà livré à cet exercice en janvier 2011, avec le billet Ads & Marketing Translator, que je ne résiste pas à actualiser ici :
Ce blog est né il y a presque dix ans (déjà !), à l'enseigne de la traduction publicitaire et marketing, Adscriptor signifiant à l'origine Ads & Marketing Translator!
Un néologisme avec une double trace signifiante, où l'on a une superposition d'Ad - ou Ads - (Advertisement en anglais, l'équivalent de notre "pub") et de Scriptor, mot latin qui a la même racine que Scriptum (comme dans P.S., l'écrit) ou Scriptura (écriture) et a plusieurs sens en latin : secrétaire, copiste, écrivain, auteur, rédacteur, et même législateur, ou encore historien (celui qui rédige...). Ceci dit, le nom « Adscriptor » a encore d'autres caractéristiques, puisque c'est également un mot qui existe en espagnol (où il qualifie la fonction spécifique d'un professeur, malgré mes recherches je n'ai jamais très bien compris de quoi il s'agit vraiment), formé à partir de deux autres morphèmes existants, un mot et un préfixe latins.
Mais 830 billets plus tard, que d'eau a coulé sous les ponts...

Pour autant l'envie m'a pris de dépoussiérer un peu le filon "traduction" (ne pas confondre avec le tag "laboratoire de traduction", qui recouvre des billets traduits de l'anglais ou de l'italien vers le français), soit une trentaine de billets publiés sur le sujet, dans lesquels je m'efforce de faire un peu le tour de la situation, en évolution permanente.

Or vu que je suis en train de préparer une journée de formation sur le marketing pour des traducteurs-interprètes italiens, j'avais besoin de me replonger dans le bain en relisant ce que j'ai écrit, et notamment sur le binôme Google-Traduction (PDF complet, 4Mo):
mais également sur la traduction en général, et sur la communication multilingue en particulier :
En parallèle j’ai traité de la « foule-traitance », (crowdsourcing) de Facebook (7 janvier 2008), en approfondissant sa localisation quelques mois plus tard dans le cadre de mes quelque 90 billets sur le phénomène Facebook, ou encore, dans le genre « boutade », relaté l’épisode sur le traducteur facétieux et l'ego de Sarko (30 avril 2007) (ego bien connu, par ailleurs…), et même les traductions du Petit Prince !

Question terminologie, je me suis essayé à la création d’un moteur de terminologie, Translation 2.0, mis en ligne le 28 mars 2007, et d’un glossaire comptable multilingue : XBRL.name.

Sans oublier une « Réflexion quasi-philosophique poétique sur la terminologie et son évolution souhaitable » (3 juillet 2007) qui vaut ce qu’elle vaut, ainsi que la suite : « Welcome to the Word Century ».

Idem pour mes conseils sur le déploiement de la traduction automatique en entreprise (août 2008) (version italienne), qui m’ont valu d’être contacté il y a quelques mois pour occuper un poste de Directeur en charge du département linguistique d’une grande banque tunisienne : « The Director, Language Services Department (CLSD) will perform under the general supervision of the Vice-President, Corporate Services (CSVP) and will be based in Tunis, Tunisia. »

J’ai décliné pour ne pas imposer un changement de pays à ma femme et mon fils, même si j’étais loin de penser à l’actualité de ces dernières semaines…

Terminons ce récapitulatif par un passage en revue des principales places de marché dédiées aux traducteurs et à la traduction sur le Web : Top 20 of main Translators & Translation Workplaces & Marketplaces (12 novembre 2008).

En conclusion, après avoir annoncé il y a presque 3 ans le compte à rebours (25 février 2008) de Translation 2.0 Open Project - TOP², basé sur une vieille idée d’ontologie de la traduction dans le monde, un projet qui s'est plutôt avéré être un triste poisson d'avril, et après avoir fêté les 20 ans de bons et loyaux services du Studio 92 Snc (27 février 2009), l’été dernier j’ai finalement changé la raison sociale de ma société, aujourd’hui : Translation 2.0 S.a.s.

L’aventure continue dans la traduction, belle
infidèleinconnue !
* * *

Un contenu que j'ai étoffé depuis, de la landing page dédiée (version italienne) aux neuf parcours possibles de création d'une « accroche », en passant par toute une série de billets, dont un triptyque intitulé « Moi et les autres » :
  1. Se (faire) connaître comme traducteur
  2. Le marché mondial de la traduction et les 5 forces de Porter
  3. Identifier MON propre marché de la traduction pour me positionner par rapport à la concurrence
Jusqu'aux récentes pistes de business plan pour traducteurs - interprètes :

Business plan pour traducteurs - interprètes from Jean-Marie Le Ray

Un contenu plutôt riche, donc, agrémenté de deux interviews, l'une en italien avec Massimo Marchiori sur le regretté Volunia (voir en français ici, et là encore), et l'autre avec Dominique Cozette sur le poldo-moldave (a must read !), sans oublier mes digressions sur l'univers conceptuel de la gamification (en anglais) ou sur la sémantique événementielle et sociale ..., qui m'offre une transition toute trouvée pour conclure, puisque je vais tenter d'analyser cette masse de contenus afin d'en extraire le nuage sémantique, à savoir quels sont les concepts les plus fréquemment traités au plan statistique. Naturellement, pour des raisons pratiques, je me limiterai aux articles et documents rédigés en français et dont les liens sont présents dans ce billet. Que je publie en attendant, car l'analyse va me demander du temps, et je l'ajouterai en P.S. lorsqu'elle sera terminée.



P.S. J'ai donc formé un corpus à partir des liens en français du billet, pour un total de 90.968 mots, que j'ai traités statistiquement pour en extraire les 54 termes significatifs ayant plus de 50 occurrences, dont voici le nuage sémantique pondéré :


Et pour être plus clair, je joins le tableau correspondant (dont j'ai éliminé les mots vides) avec le nombre exact d'occurrences :


Tels sont les concepts que j'ai traités le plus souvent dans mes billets dédiés à la traduction. [Début]


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lundi 20 octobre 2014

Roberto Scarpinato : "Corruption, ça suffit"

Dans le cadre de la très belle soirée organisée par Mediapart au théâtre de la Ville, intitulée « Corruption, ça suffit », l'invité d'honneur était Roberto Scarpinato, procureur général auprès du parquet de Palerme, dont j'ai déjà parlé sur ce blog à propos de ce qu'est la mafia ou pour citer le « Retour du Prince » lors de sa publication en Italie. Voici donc la transcription de son discours (celle de l'original en italien est ici), tel qu'il a été traduit par l'interprète, Anna Rizzello. J'ai juste fait deux ou trois modifications pour mieux respecter l'écrit par rapport au parlé, mais laissons-lui la parole :
Je suis heureux d’être ici ce soir avec vous et d’avoir la possibilité de participer à une grande manifestation populaire pour la défense de la démocratie et de la légalité républicaine contre le cancer de la corruption. 
Depuis environ 25 ans je m’occupe d’enquêtes et de procès concernant la corruption, la mafia, les assassinats et les massacres politiques. Cette expérience professionnelle est devenue pour moi un véritable parcours de guerre. Au cours des années, j’ai vu en effet mourir assassinés plusieurs amis chers et compagnons de travail. Les derniers à mourir ont été les juges Giovanni Falcone et Paolo Borsellino, qui ont été déchiquetés avec les hommes de leurs escortes par des centaines de kilos d’explosif en mai et juillet 1992. En quelque sorte je me considère comme un survivant. 
Mon expérience professionnelle m’a beaucoup pris, mais en même temps elle m’a beaucoup donné. Elle m’a pris mon innocence culturelle, c’est-à-dire la possibilité de regarder la vie et l’humanité avec un regard simple. Mais en échange elle m’a fait comprendre les règles de fonctionnement de la machine du pouvoir et sa secrète dégénérescence qui peuvent conditionner la vie de tout un peuple lorsqu’il est laissé dans l’ignorance. 
Quand j’étais un jeune magistrat en début de carrière, je croyais qu’il existait une ligne de démarcation précise entre le monde des criminels et celui des honnêtes gens. Mais année après année, au contraire j’ai dû me rendre compte que les deux mondes communiquaient entre eux par des milliers de chemins secrets qui traversent les terrains de la politique et de l’économie. En effet, en suivant les traces des assassins aux mains tâchées de sang, et en suivant les traces des capitaux de la corruption et de la mafia blanchis dans le monde entier, je me suis retrouvé à juger plusieurs insoupçonnables hommes au sommet des institutions, de la politique et de la haute finance. 
Pour des raisons de temps, je me bornerai à titre d’exemple à ne rappeler que certains cas parmi ceux dont je me suis occupé. Comme il a été dit tout à l’heure, j’ai jugé le sénateur Giulio Andreotti, qui a été 7 fois Président du Conseil des Ministres, 22 fois Ministre, et qui a été reconnu coupable de complicité avec la mafia jusqu’en 1980. En avril de cette année, j’ai fait appréhender au Liban où il s’était échappé, le sénateur Marcello Dell’Utri, fondateur du parti Forza Italia et bras droit de l’ex-Président du Conseil, Silvio Berlusconi, condamné en dernière instance à 7 ans de prison. Je me suis occupé des enquêtes qui ont amené à la condamnation à 7 ans de prison du Président de la Région Sicile, Salvatore Cuffaro. J’ai obtenu l’arrestation d’un des chefs des services secrets italiens, Bruno Contrada, qui a été condamné ensuite à 10 ans de prison, et encore la condamnation d’un des chefs de la police, Ignazio D’Antone. Je me suis aussi occupé d’enquêtes sur des archevêques de l’église catholique. Des ecclésiastiques haut placés qui ont été accusés d’avoir utilisé la banque du Vatican pour blanchir l’argent de la corruption et de la mafia. Je pourrais continuer la liste avec des centaines d’autres noms d’hommes qui sont au sommet de multinationales importantes, de banques et d’empires économiques en Italie et à l’étranger. Mais ce serait une liste trop longue qui prendrait environ 1 heure. 
Les procès tenus en Italie par la magistrature au cours de ces vingt dernières années, impliquant plusieurs hommes des institutions, de la politique et de l’économie, accusés de corruption et de complicité avec la mafia, ont mis à nu une grave pathologie du pouvoir public qui peut tuer la démocratie. Ces procès ont en effet joué un rôle de dévoilement public du réel fonctionnement de la machine du pouvoir. Ils ont révélé les mensonges et les secrets grâce auxquels de petits groupes d’hommes puissants ont abusé de la confiance et de l’ignorance d’un peuple, de même qu’ils ont révélé, en substance, que ces hommes ont essayé de transformer la démocratie en une oligarchie, en concentrant les leviers du pouvoir et les richesses de la nation aux mains de quelques-uns et aux dépens de tout le monde. 
C’est aussi pour cette raison que la classe politique italienne a souvent accusé la magistrature de vouloir juger non pas des prévenus isolés, mais l’histoire italienne toute entière. En réalité, c’est l’histoire, qui dans son accomplissement, à travers la corruption et les massacres politiques, est rentrée dans les procès. Or cela s’est produit au-delà des intentions des magistrats, qui se sont limités à mener leurs enquêtes sur les affaires, mais qui à chaque fois se sont retrouvés dans les labyrinthes du pouvoir. 
À propos de cette nécessité qu’a le pouvoir anti-démocratique d’œuvrer dans les secrets et le mensonge, permettez-moi de vous rappeler une phrase que le Cardinal Mazarin, conseiller politique de Louis XIV, avait l’habitude de répéter au Roi : « Sire, le trône se conquiert par l’épée et les canons, mais il se conserve par le dogme et la superstition. » C’est-à-dire, ajouterais-je pour être plus clair, en pratiquant l’art du mensonge et du secret. Si les secrets du pouvoir sont l’instrument de la corruption et le poison de la démocratie, alors les principaux anticorps pour sauver la démocratie de ce poison sont une magistrature indépendante du pouvoir politique et une presse libre et démocratique. 
Dans ce sens, l’Italie est le pays des extrêmes et des opposés. D’un côté, nous avons une corruption parmi les plus graves en Europe et avons été la patrie des mafias, mais de l’autre il est aussi vrai que nous détenons le record de la magistrature et des forces de police les plus fortes en Europe dans le contraste à la corruption et à la mafia. Nous pouvons aussi compter sur une presse qui reste en partie libre et indépendante, et qui encourage la prise de conscience populaire et la vigilance démocratique sur la dégénérescence du pouvoir. Nous pouvons dire que l’Italie est l’un des laboratoires mondiaux les plus intéressants et les plus vivants dans la lutte entre la légalité démocratique et l’illégalité du pouvoir sous ses différentes formes. Il s’agit d’une lutte sans relâche et sanglante qui a laissé sur le terrain des centaines de victimes. Des magistrats, des policiers, des hommes politiques honnêtes, des témoins, des collaborateurs de justice ont été assassinés, mais également des journalistes qui ont payé de leur vie le courage de révéler à l’opinion publique les secrets du pouvoir. À cette longue liste de celles et ceux qui sont tombés sur le champ de bataille, il faut ajouter celles et ceux qui sont restés vivants, mais qui ont tout de même payé un prix très élevé, en voyant leur carrière subitement brisée ou en restant marginalisés. 
De mon point de vue, l’une des forces de l’Italie par rapport à d’autres pays européens dans la lutte contre la corruption et d’autres formes d’illégalité du pouvoir, est représentée par la Constitution anti-fasciste de 1948. Cette Constitution garantit l’indépendance et l’autonomie de la magistrature du pouvoir politique, et donne à la magistrature la faculté de pouvoir disposer directement de la police pour ses enquêtes. À la différence des autres pays européens, la Constitution établit l’indépendance du pouvoir politique pour les magistrats du siège et pour le Parquet. C’est là un point essentiel. En effet, seul le Parquet décide de quelles enquêtes ouvrir et comment les mener. Si le pouvoir politique peut influencer l’action du Parquet, en réalité il peut aussi conditionner directement l’administration de la justice toute entière. En fait, les magistrats du siège ne s’occupent que des affaires sélectionnées par le Parquet. C’est donc grâce à cette garantie de l’indépendance assurée par la Constitution de 1948 que la magistrature italienne a eu la possibilité de juger des milliers de représentants du monde politique et économique accusés de corruption et de complicité avec la mafia. 
Face à cette activité de la magistrature, une violente réaction d’amples secteurs de la classe dirigeante nationale s’est développée, et il s’est créé un conflit entre politique et magistrature qui dure de façon ininterrompue aujourd’hui encore. L’offensive contre la magistrature d’une grande partie de la classe politique a été menée en même temps sur trois fronts. 
Le premier front est celui de la communication médiatique. Plusieurs représentants de la classe politique, parmi lesquels l’ancien Président du Conseil, Silvio Berlusconi, ont systématiquement accusé les magistrats enquêtant sur des affaires de corruption et mafia d’être des magistrats politisés, qui abusent de leur pouvoir à des fins politiques. Voici une courte liste des expressions de mépris utilisées par plusieurs représentants de la classe politique dans les médias pendant toutes ces années pour définir les magistrats italiens : « assassins, terroristes, délinquants, brigadistes, sectaires, sadiques, tortionnaires, pervertis, vendus, esprits mal tournés, fous, prêcheurs de monstruosités, menteurs, usurpateurs de procès, criminels en robe de juge, obstacles sur la route de la démocratie, petits individus qui ont besoin d’un suivi psychiatrique, etc. » 
Le deuxième front sur lequel s’est déroulée cette offensive d’une partie de la classe politique contre la magistrature a été la proposition d’une série de réformes législatives visant à reconduire le Parquet sous le contrôle du Gouvernement. Parmi les nombreuses propositions de lois faites ces dernières années, il y a eu par exemple celle qui voulait enlever au Parquet italien la possibilité d’ouvrir des enquêtes de façon autonome, en réservant ainsi cette possibilité de façon exclusive à la police, qui est soumise au pouvoir exécutif, et en particulier aux Ministres de l’Intérieur et de la Défense. Jusqu’ici, ces projets de réforme n’ont jamais abouti, et cela grâce à la résistance opposée par certains membres du Parlement, et grâce à la mobilisation de milliers de citoyens qui, encouragés par une presse libre, sont descendus plusieurs fois dans la rue pour défendre l’indépendance de la magistrature. Grâce à l’action commune de la magistrature, qui applique une même loi pour tous, d’une presse indépendante et de la vigilance populaire, en Italie il a été possible de construire jusqu’à présent une ligne Maginot pour défendre la démocratie et l’état républicain contre l’expansion de la corruption et du pouvoir mafieux. 
Le troisième front sur lequel s’est développée l’action d’une partie de la classe politique afin de garantir une impunité de fond à ses représentants vis-à-vis des enquêtes et des condamnations de la magistrature a été de modifier le code pénal, le code de procédure pénale et de promulguer des amnisties et des remises de peine. À partir de 1990, toute une série de lois ont été approuvées qui, même si ce serait trop compliqué de l’expliquer ici, ont évité et soustrait à la prison de nombreux hommes politiques corrompus. En 2012, une nouvelle loi a réduit de 12 à 8 ans la peine pour le délit de concussion, qui se produit lorsqu’un politique ou un fonctionnaire public demande le paiement d’un pot-de-vin. Cette même loi a prévu que le citoyen qui dénonce un homme politique ou un fonctionnaire corrompu à qui il aurait versé un pot-de-vin, au lieu d’être récompensé il devrait être puni d’une peine allant jusqu’à trois ans ! Donc c’est une nouvelle loi qui, au lieu d’alimenter la culture de la légalité en encourageant les citoyens à dénoncer les corrompus, d’alimente la culture de l’omertà en encourageant le silence et la résignation. Et encore ont été introduits dans le système italien toute une série d’avantages selon lesquels les corrompus condamnés à des peines allant jusqu’à 4 ans d’emprisonnement peuvent éviter la prison et être confiés à des éducateurs et des assistants sociaux pour leur rééducation à la légalité. Ces dernières années, nous avons donc vu des députés importants, condamnés pour corruption, qui le matin font les lois au Parlement et jouent aux Pères de la Patrie, et qui l’après-midi se rendent chez des éducateurs sociaux embarrassés qui devraient les rééduquer à la légalité. 
Malgré cela, la lutte nationale contre la corruption continue de se dérouler. Chaque année des centaines d’hommes politiques et de fonctionnaires sont arrêtés, et parmi eux se trouvent aussi d’anciens ministres et députés. Certains d’entre eux ont été contraints d’abandonner la vie politique et sont actuellement en prison. Grâce aux lois italiennes sur la confiscation des patrimoines des corrompus et des mafieux, l’état italien a pu saisir des dizaines de milliards d’euros pour les restituer à la collectivité. Et c’est justement grâce à ces lois, dont j’espère qu’elles pourront aussi être introduites en France, que j’ai personnellement pu confisquer, entre 2006 et 2010, 3,5 milliards d’euros. Cela a pu aussi avoir lieu grâce à la collaboration avec la Banque d’Italie, qui a créé en interne un service spécial pour aider la magistrature dans ses enquêtes sur le blanchiment de l’argent sale. 
Donc, comme vous pouvez le voir, il y a en ce moment en Italie une bataille entre le pays légal, et le pays illégal. Il s’agit d’une guerre totale ayant pour enjeu le futur même de la démocratie et de la nation. La Cour des comptes italienne, l’organe de justice comptable, a calculé en effet que la corruption provoque chaque année des dommages aux caisses de l’état à hauteur de 60 milliards d’euros, un chiffre énorme ! La corruption est en train de détruire en Italie le service public, d’appauvrir la population et d’accélérer le déclin de la nation. À cause des contraintes budgétaires imposées par l’Union européenne, à présent il n’est plus possible de soutenir les coûts de la corruption en augmentant la dette publique, comme cela se faisait durant la 1ère République, et donc, aujourd’hui, les coûts de la corruption sont payés en détournant les fonds et l’argent de l’état destinés aux services publics. En d’autres termes, les 60 milliards d’euros qui servent à couvrir les coûts de la corruption sont soustraits aux dépenses de la santé, l’école, les transports, l’assistance aux personnes âgées, les crèches et ainsi de suite. Ainsi, après avoir épuisé le gras des finances publiques, la corruption s’attaque désormais au tissu connectif de la nation, c’est-à-dire au réseau de solidarité collectif garanti par les services assurés par l’état. La décomposition progressive du versant social de l’état qui appauvrit la population, se révèle être une affaire extrêmement juteuse, aussi bien pour la vieille école des prédateurs de la corruption que pour une nouvelle et dangereuse race de prédateurs, à savoir ceux qui sont au sommet du capitalisme financier international. 
Ces deux types de prédateurs ont un intérêt commun, à savoir celui de démanteler l’état et de privatiser le service public. La même classe politique qui, à cause de la corruption et du clientélisme, a ruiné les entreprises et les services publics, prêche aujourd’hui la croyance néolibérale selon laquelle tout ce qui est public est inefficace et source de gâchis, tandis que tout ce qui est privé est efficace et rentable pour les citoyens. En réalité, l’expérience italienne a démontré à quel point la privatisation des services et des entreprises publics n’ont généralement apporté aucun avantage à la collectivité, mais exclusivement aux finances personnelles de quelques capitalistes haut placés et d’hommes politiques rusés. De nombreux procès ont permis d’établir que les sociétés privées auxquelles avaient été attribués des marchés publics comptaient parmi leurs associés occultes des représentants de la classe politique ou leurs hommes de confiance. Ce serait une erreur de penser qu’il ne s’agit là que d’une histoire italienne ! 
L’Italie est en réalité un laboratoire national où, grâce à l’action de la magistrature, de la police, de la vigilance d’une presse indépendante, est rendu visible un processus complexe et global de transformation et de restructuration du pouvoir, qui est aussi en train de se réaliser dans d’autres pays européens, mais de façon invisible. Ce que je souhaite et que j’espère ce soir, c’est que la lutte italienne contre la corruption et contre les dégénérations oligarchiques du pouvoir ne reste pas une expérience isolée, mais qu’elle devienne une expérience partagée aussi en France et dans d’autres pays, pour construire ensemble une Europe démocratique. 
Nos pères et nos ancêtres ont lutté ensemble pour défendre l’Europe contre les monstres fascistes et nazis, en mourant par millions sur les champs de bataille, et ils nous ont laissé en héritage le bien de l’état démocratique de droit. Aujourd’hui c’est à nous qu’il incombe de défendre ce précieux patrimoine de civilisation, et de le transmettre à nos enfants en défendant, de nouveau ensemble, la démocratie contre les nouveaux monstres de la corruption, des mafias, de la spéculation financière et du pouvoir oligarchique qui se déguise en pouvoir démocratique. Merci.
Et pour finir en beauté, voici la vidéo (son discours commence à 1h) :

 

Jean-Marie Le Ray