dimanche 8 novembre 2020

Exister professionnellement sur Internet

Exister professionnellement sur Internet signifie : 1) soit vendre des produits, 2) soit vendre des services (voire les deux, mais bon, ce n'est pas l'objet de ce billet). 

* * *

1) Vendre des produits

Par ces temps de doutes et de très grande incertitude, ce deuxième confinement va faire mettre la clé sous la porte à des milliers d'artisans et de commerçants, déjà profondément mis à mal par le premier confinement. 

D'autant qu'entre les deux confinements il leur a été demandé d'investir dans des mesures d'aménagement de leurs locaux et de leurs activités (protocoles sanitaires, mesures de distanciation sociale, etc.), donc non seulement après deux mois passés pratiquement sans aucune rentrée d'argent ils ont dû dépenser ce qu'ils n'avaient pas - en puisant dans leurs économies et en se débrouillant pour emprunter auprès de leurs proches ou d'établissements de crédit -, mais de plus, juste après les avoir obligés à faire tous ces efforts on leur dit : maintenant vous refermez tout !  

Ce sera le coup de grâce pour beaucoup, et il est probable que début 2021 verra une augmentation en flèche de la courbe des dépôts de bilan et des mises en liquidation, voire un peu plus tard lorsque les entreprises maintenues artificiellement en vie ne bénéficieront plus du chômage partiel, des PGE ni d'autres mesures d'aide. Avec un coût humain et social énorme, incalculable, des milliers de nouvelles familles dans le désarroi et l'impuissance, etc.

Je reprends ici ce que dit Marc Fiorentino dans sa lettre financière du 6 novembre :

LA CATA
C'est le commerce.
Un vrai désastre.
Pire que la première vague, car c'est bientôt Noël.
Et que Noël dans la distribution c'est... Noël.
Une partie importante du chiffre d'affaires.
Et surtout tout ou partie du bénéfice de l'année.
Or, s'il n'y a pas déconfinement début décembre, les commerces seront cuits pour Noël.
Surtout qu'ils ont stocké pour...
Conséquence : des milliers de commerçants, petits et grands, en cessation de paiement en début d'année qui iront directement en liquidation sans passer par la case plan de continuation.
C'est triste.

Oui, c'est triste, très triste...

Or dans ce marasme général, le gouvernement multiplie les annonces et les mesures de soutien aux entreprises. Exemple :

Commerçants : de quelles aides pouvez-vous bénéficier ?

En m'intéressant à "poursuivre son activité autrement", sous-entendu "vendre en ligne", le ministère de l'Économie vous propose une fiche conseil :

En mettant en exergue : « comment le numérique peut-il vous aider à maintenir votre activité économique pendant la crise sanitaire ? », et en proposant une série d'"offres préférentielles" destinées aux commerçants...

Voir aussi, entre autres, ce PDF de presque 110 pages sur les mesures de soutien économiques.

Certes, tout cet existant est très bien, et, si l'on se contente des effets d'annonce, cela semble même facile !

Mais la réalité est tout autre, bien plus délicate : exister en ligne ne s'improvise pas du jour au lendemain, cela exige du temps et un travail assidu, beaucoup de réflexion et de préparation en amont, une action constante au jour le jour, ainsi que des activités de suivi et de mise à jour permanentes en aval. 

J'imagine combien doivent se sentir désemparés et impuissants, parmi les milliers de gérants de commerce de proximité à qui l'on a dit, après leur avoir imposé de fermer, maintenant vous n'avez plus qu'à transférer vos commerces en ligne ! Il me semble qu'à l'université ils appellent ça le #démerdentiel...

Car cela n'est pas forcément à la portée de tout le monde, c'est un peu la chasse gardée du SEO et de ses officiants, et la première chose à faire est de chercher conseil auprès d'un consultant pour analyser ensemble vos besoins réels, adaptés à votre situation, personnelle, professionnelle, sectorielle, géographique, votre budget, etc. Il n'y a pas plus personnalisé qu'une activité en ligne, et bâtir une présence à la va-vite sans avoir la certitude de pouvoir être trouvé derrière revient à être absent !

Si quelqu'un parmi vous pense que cet état des lieux correspond à sa situation actuelle, n'hésitez pas à me contacter pour en parler ensemble. [Début]

Contre le confinement, des professionnels sinistrés ont manifesté à Toulouse (6 nov. 2020)

* * *

2) Vendre des services

À la différence des produits, tangibles, les services sont intangibles : vendre un service signifie vendre un savoir-faire, une compétence, qui vous sont propres. 

Bienvenus dans l'économie de la gigue (je rigole, mais pas tant que ça !). Cela fait des années que je réfléchis à cette question, à titre d'exemple voir ici, ou ...

Donc la condition sine qua non est d'avoir un savoir-faire, une compétence, un expertise spécifiques à vendre. Quelle est la vôtre ? Si vous avez une réponse affirmative claire à cette question, OK. Dans le cas contraire, passez votre chemin, vendre des services en ligne n'est pas pour vous. Si je ne sais pas conduire, je ne vais pas me proposer comme chauffeur de taxi, Uber ou autre...

Par ailleurs, vendre un service est plus difficile que vendre un produit. Tout client potentiel peut voir immédiatement le produit et juger sur pièce, en quelque sorte. C'est très différent pour juger de la Qualité d'un service, que le client ne découvre en général qu'au terme de la prestation :


Donc toute présence en ligne part de ce prérequis : quel est le savoir-faire que je propose, la compétence, l'expertise ? Et à qui ? Quels sont les destinataires de mes prestations de services ? Car de la réponse à ces questions découle le mode de présence et comment la construire.

Les solutions sont infinies, et la concurrence aussi. Si quelqu'un parmi vous pense que cet état des lieux correspond à sa situation actuelle, n'hésitez pas à me contacter pour en parler ensemble. [Début]

* * *

Conclusion

Proposer mes produits ou mes services sur Internet n'échappe pas à une réalité : j'ai des millions de concurrents sur Internet, de toutes tailles, du plus petit commerçant au plus grand (Amazon, pour n'en citer qu'un). Donc comment me démarquer et me rendre visible, comment susciter la confiance auprès des prospects, etc.

Si quelqu'un parmi vous pense que ces sujets correspondent à ses préoccupations actuelles, n'hésitez pas à me contacter pour en parler ensemble. [Début]


P.S. J'ajouterais une brève réflexion autour du télétravail, corolaire du confinement, dont le gouvernement a imposé la généralisation à l'ensemble des activités qui le permettent, au sein des établissements publics de l'État, dans ce contexte de dégradation de la situation sanitaire :
À compter de vendredi 30 octobre, les agents dont les fonctions peuvent être exercées totalement ou principalement à distance doivent impérativement être placés en télétravail cinq jours par semaine.
Pratiquer son activité à la maison, lorsque l'on n'y est pas préparé, peut être source de crispations et de crises pour la famille, dans des logements souvent mal conçus pour gérer simultanément activités domestiques et professionnelles, surtout si femme et mari sont tous deux en télétravail, sans oublier les enfants, etc. etc.

Quant aux acteurs privés, j'ai traduit récemment le verbatim d'une enquête interne d'une banque ayant interrogé ses employés à l'issue du premier confinement, pour collecter leurs avis et réactions sur cette première période forcée de télétravail, et les résultats ne sont pas forcément positifs, loin de là, avec des problèmes à tous les niveaux...

Donc sans préparation de toutes les parties prenantes en amont, le télétravail - qui suppose d'être familiarisé avec tout ce qui est "activités en ligne" - est loin d'être la panacée.

Parole de quelqu'un qui télétravaille depuis 35 ans, dont pratiquement 10 ans avant Internet (1985-1995) ! [Début]