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vendredi 28 mai 2010

Roger Waters and The Wall - Poems, everybody!


Les groupes qui ont accompagné mon adolescence furent essentiellement The Doors, The Who, The Beatles, Led Zeppelin, Jimi Hendrix, Janis Joplin & Rory Gallagher, entre les années 1970 (j'avais 13 ans) et 1975, année où je me suis retrouvé orphelin. C'était il y a 35 ans aujourd'hui, et ma mère entrait dans le coma après un accident de voiture auquel elle survécut moins de 24 heures. Mon père nous avait déjà quittés trois ans plus tôt.

Donc en 70 je faisais mes devoirs en écoutant tous les après-midi Here comes the sun et le reste de l'album, sans me douter que quelques années plus tard je serais passé tous les jours sur ces fameux passages cloutés, puisque du restaurant français où je travaillais, à St John's Wood, à la chambre où j'habitais je devais passer par Abbey Road.



Je n'ai jamais trop flashé sur Jagger & Co, mais les Beatles finirent par être trop sages (même si le double album blanc est un chef d'oeuvre absolu), alors je suis passé aux Who de My Generation, au sound avant-gardiste de Led Zep (surtout le III) et de Hendrix (écouter Electric Ladyland à fond la caisse avec la guitare qui te pénètre de tous les côtés est véritablement ... une expérience), à la voix en colère de Janis Joplin et, surtout, surtout, au blues de Gallagher et aux cris de bête de Jim Morrison dont le "We want the world and we want it NOOOOOOOOOOOOOW" dans Absolutely Live me transperce toujours les tripes 40 ans plus tard.



Je n'étais pas trop branché Genesis ou Pink Floyd, jusqu'à la sortie de The Wall : autre chef d'oeuvre absolu. Avec une adéquation parfaite entre le fond et la forme, le texte et la musique, le contenant et le contenu, y compris pour le film d'Alan Parker avec un Bob Geldof plus vrai que nature.

Mais ce matin, en lisant cette interview de Roger Waters dans un journal italien, j'ai eu un choc en apprenant que son père avait été tué lors du débarquement sur les plages d'Anzio (qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de chez moi), alors que lui n'était âgé que de 5 mois !

J'ai toujours ignoré cet épisode de la vie de Waters (Wikipédia en parle), mais ça change considérablement ma compréhension de The Wall !

Surtout au niveau des textes et de la progression de l'oeuvre.
Daddy's gone across the ocean,
Leaving just a memory,
A snapshot in the family album.
Daddy, what else did you leave for me?
Daddy, whatcha leave behind for me?
All in all it was just a brick in the wall.
All in all it was just the bricks in the wall.



Roger Waters précise dans l'interview :
« La peur dresse des murs », ai-je vu tagué sur un mur de Jérusalem...

« Le monde est encore plein de murs dressés : un mur pour séparer les riches des pauvres, un autre pour diviser le premier du deuxième et du tiers monde, d'autres pour dresser des divisions entre les gens à cause de leur foi ou de leur idéologie. Le moteur derrière The Wall a été la mémoire de mon père mort à la guerre, mais aujourd'hui encore de nombreux pères sont impliqués dans des conflits, beaucoup de familles, surtout aux États-Unis, ont perdu des proches au Moyen-Orient et nombre d'autres pleurent des victimes civiles... »
Il y annonce également sa dernière tournée mondiale (avec deux dates à Milan en 2011), durant laquelle il reconstituera le mur comme à Berlin en 1990 !



Pour le démolir une nouvelle fois. J'essaierai d'y être...


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