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lundi 30 juillet 2007

Widgets business models (are widgets the next big thing?)

Widgets business models (are widgets the next big thing?)

Qu'est-ce qu'un widget ?
Les interactions entre les trois pôles
Les modèles économiques liés aux widgets

Suite à ma rencontre avec Tariq Krim, sa petite phrase sur les milliards de widgets devant servir de base à la rentabilisation de Netvibes n'a pas laissé de m'interpeler une seconde, et j'avoue avoir mis une dizaine de jours avant de la comprendre. Aujourd'hui, je pense y être parvenu et vais donc tenter de vous expliquer ma vision des modèles économiques (il n'y a pas de modèle unique, plusieurs dosages sont possibles) liés aux widgets, ces étranges bêtes virtuelles dont l'appellation fourre-tout n'aide franchement pas à la compréhension.

Qu'est-ce qu'un widget ?
(une définition parmi tant d'autres...)

Modules, gadgets, applis (API), extensions, mashups ou autres, les widgets sont avant tout des services, comme Feedburner, MyBlogLog, Sitemeter, Criteo, etc. pour citer des exemples connus et largement utilisés sur le Web, y compris francophone ou ... Adscriptor. Autant d'utilitaires s'intégrant dans votre environnement graphique en ligne ou hors ligne et servant généralement à personnaliser votre présence : ça vous donne l'heure en fonction des fuseaux horaires de votre choix, le temps qu'il fait chez vous ou à l'autre bout du monde, un dictionnaire ou un traducteur, l'agenda pour y noter vos rendez-vous et tout ce que vous pouvez souhaiter. Les applications possibles n'étant limitées que par l'imagination, autant dire qu'elles sont infinies...

L'Internet, en phase de widgétisation aiguë, est effectivement peuplé de milliards de widgets, ce n'est pas nouveau, par contre ce qui l'est, c'est comment les monétiser à grande échelle, à l'instar de ce qu'a réussi Google avec la publicité contextuelle, encore à l'origine de la plupart des revenus de l'ogre de Mountain View (je savais pas comment le nommer pour éviter la répétition :-), même si l'heure a sonné de trouver des modèles alternatifs après les nombreuses perversions et incohérences constatées. Ceci étant, rassurez-vous, la pub contextuelle a encore de beaux jours devant elle...

Ici je voudrais oser une dichotomie entre pub contextuelle et widgets, où en gros la première regroupe tout ce qui est TEXTE (les mots) et les seconds le RESTE (vidéos, photos, musique, achats, etc.). Ça fait des mois, voire des années, que les acteurs majeurs du Web tirent la langue et bavent pour tenter d'apprivoiser des modèles publicitaires applicables à toutes les situations de navigation, préalable indispensable pour que le réseau des réseaux puisse prétendre à la maturité de sixième grand média. Et générer les milliards et davantage que laisse espérer le gigantesque pactole du marché publicitaire sur Internet...

Le binôme Adwords/Adsense et les solutions similaires ont été une première réponse, les widgets sont probablement l'étape suivante. Essentiellement basée sur les interactions entre trois pôles, que j'appellerai :
  1. les développeurs ;
  2. les diffuseurs ;
  3. les utilisateurs.
Sans oublier la multiplicité des supports envisageables, ordinateurs de bureau, portables, téléphonie fixe et mobile, dispositifs itinérants, informatique embarquée et domotisée, etc., ce qui démultiplie les interactions possibles, dès lors que chacune peut être reproduite à l'infini sur les différents supports... [Début]

Les interactions entre les trois pôles

À chaque pôle une "entité" pouvant recouvrir plusieurs acteurs : par exemple, le "développeur" peut être un individu, un réseau de distribution, une régie, etc. La présence du trait haché de la flèche reliant le "développeur" à l' "utilisateur" indique que le premier peut parfois toucher le second sans passer par le "diffuseur", même si dans ce modèle tripartite, c'est ce dernier qui se taille la part du lion. Quelques diffuseurs : MySpace, Facebook, eBay ou ... Netvibes, GYMA, etc.

En effet, 99% des fois, seul le diffuseur garantit la visibilité et l'exposition suffisantes pour créer l'effet de taille nécessaire à la satisfaction de l'annonceur. Le diffuseur joue un rôle central en accueillant/affichant le widget sur sa plateforme. Or si vous imaginez le widget - à la fois contenant et contenu - comme une fonctionnalité créée par le développeur à destination de l'utilisateur, il est clair que plus la plateforme d'accueil est importante, plus le nombre d'utilisateurs touchés est élevé.

De même il est probable que ces éléments, plateformes et widgets, vont vite devenir deux des piliers sur lesquels se bâtira le futur écosystème de l'Internet, déjà en route. Avec des plateformes de plus en plus puissantes mais ouvertes, complètes mais faciles à prendre en main, sophistiquées mais gratuites, où l'utilisateur n'a plus qu'à créer/publier/diffuser son contenu (le fameux UGC) dans un environnement intégré, collaboratif.

En outre, comme le dit si bien Ryan Gahl :
The true web platform will transcend server-centric vs. client-centric programming models. Developers (or rather, idea implementers) on this new breed of platform will be doing web-centric development. Processing, storage, database, hosting and deployment concerns will all be abstracted away to a "pluggable provider model" that will be as easy to change as checking a box. The ideas and the communities that arise around those ideas are what will matter. The implementations will be largely interchangeable, and most certainly extensible.

The complete platform will provide an infrastructure on which to build upon. It will include a widget to widget communication system, and here's the catch: that communication system will work the same for widgets within the same page (or application space) as well as for widgets being used in completely different contexts, in different applications, on different computers, in different parts of the world, and across spans of time. This messaging will be orchestrated, secure and reliable.

Libre traduction : « Les véritables plateformes Web ont des modèles de programmation dont le centre de gravité se déplace du serveur vers le client. Les développeurs (ou, pour mieux dire, les implémenteurs d'idées) élaboreront sur ces plateformes des développements axés sur le Web. Les opérations liées au traitement, au stockage, aux bases de données, à l'hébergement et au déploiement évolueront vers des modèles de fournitures "plugables" d'applications et de services, aussi faciles à modifier qu'une case à cocher. Ce qui compte aujourd'hui, ce sont les idées et les communautés qui naissent autour de ces nouveaux concepts. Les implémentations seront largement interchangeables, et très certainement extensibles.

Une plateforme complète fournira une infrastructure où greffer fonctionnalités et services, qui comprendront des systèmes de communication de widget à widget. Et là est la nouveauté : ces systèmes fonctionneront aussi bien pour les widgets placés sur une même page (ou sur un espace applicatif) que pour ceux localisés dans des contextes totalement différents, des dimensions spatio-temporelles différentes, ou embarqués sur des applications différentes, des dispositifs différents. Le tout étant orchestré de façon sécurisée et fiabilisée. »
Et d'ajouter, à propos des widgets :
The content will be in the form of compelling functionality mixed with compelling data and wrapped in nice looking - and yes compelling - presentation. Moreover, these widgets will be like mutable little Lego(tm) blocks. You will be able to extend them, and plug them together to create new, larger, or specialized versions and re-publish as your own. The incredibly awesome platform will enable this re-authoring, and will be seamless.

Le contenu se présentera sous forme de fonctionnalités percutantes, conjuguées à des données pertinentes, encapsulées de façon attrayante. En outre, ces widgets seront aussi modulaires que des éléments de Lego(tm) : vous pourrez les étendre et les assembler pour en créer de nouveaux, plus grands et plus spécialisés, vous les approprier et les republier. Cette forme incroyable de plateforme permettra un versionning multi-auteurs transparent.
Mais le widget est tout autant contenant que contenu, le développeur créant le contenant n'en étant pas toujours l'auteur. C'est le principe de ClearSpring, qui permet au propriétaire du contenu de contrôler la façon dont il est utilisé et monétisé, d'assurer un suivi du trafic et des usages, et à l'utilisateur de copier-coller le widget où il le veut pour en favoriser la viralité (ClearSpring widgets let the content owner control the content, how it is used, how it is monetized, and monitors the traffic and usage. Users are still free to copy & paste the widget anywhere so it spreads in a viral manner.)

La construction même des sites Web va prendre un coup de jeune avec des solutions telles que Synthasite, de l'ami Vinny Lingham (dont l'avis sur l'avenir des moteurs de recherche vaut le détour), avec des bibliothèques de widgets prêts à l'emploi. [Début]


Les modèles économiques liés aux widgets

Ce sera l'objet d'un prochain billet, il est tard (presque deux heures du matin) et j'ai sommeil. Bonne nuit, à +. [Début]

[MàJ - 31 juillet 2007. Widgets et modèles économiques, troisième partie de ce billet.]




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