Ce que les anglo-saxons nous enseignent(un enseignement que nous ne savons pas recueillir)
Dès fin août dernier j'annonçais sur mon blog le
départ de Danny Sullivan de Search Engine Watch (ils doivent le
regretter...), alors qu'il n'avait pas encore décidé de son futur, ou tout au moins il n'en avait pas encore parlé, même si c'était dans
l'air. Ce n'est qu'un peu plus tard, le 16 novembre, qu'il annonça
sa nouvelle aventure dans
SearchEngineLand, dont le PR est encore à 0, plus pour longtemps je suppose, vu l'
explosion du trafic en moins d'un mois (c'est-à-dire du 11 décembre,
jour du lancement officiel, au 8 janvier, date de publication des premières stats) !...

Après 30 000 pages vues pendant
les dix premiers jours (si vous voulez comparer avec mes propres
stats...), ce sont 135 000 pages vues dans le mois, soit environ 4 400 par jour, pour 85 000 visiteurs (2 700/jour). Une belle réussite pour un site à peine créé.
Donc, au-delà de la personnalité de son fondateur, comment expliquer cette énième success story ? Et qu'en apprendre ?Car c'est bien cela qui m'intéresse. Tout d'abord, ce qui est remarquable, c'est le groupe dont Danny a su s'entourer. Que des grands noms,
Barry Schwartz,
Chris Sherman,
Bill Slawski,
Jennifer Slegg,
Eric Ward (!), etc., par ailleurs tous très actifs sur leur blog perso.
Pour autant, constituer une équipe qui gagne ne signifie pas uniquement réunir des individualités particulièrement compétentes et talentueuses, mais
surtout réussir à les fédérer autour d'un projet commun. Ajoutez-y un travail acharné, j'ai compté
260 billets publiés entre le 1er décembre 2006 et ce jour, à l'heure où j'écris, soit une moyenne proche de 7 articles quotidiens si l'on tient compte des fêtes. Sans oublier la qualité et la réactivité, voir la réponse de
Bill à ma question...
Si je devais choisir parmi les qualités de cette équipe, outre le grand pragmatisme anglo-saxon qui n'est plus à démontrer, je dirais compétence, sérieux,
humilité, cette dernière étant probablement ce qui nous manque le plus en France pour faire quelque chose de similaire. Car parlons peu, parlons clair. Malheureusement, rien de semblable n'existe chez nous ! Ne peut exister ?
C'est ça qui me fait chier chez les francophones (étant français moi-même, a priori, je sais de quoi je cause...), c'est que les individualités les plus talentueuses ne savent pas travailler ensemble, comme si on n'était pas capables de voir plus loin que le bout de notre nez. Trop d'égo, de petites rancoeurs, de querelles de chapelles, c'est moi le meilleur et pas toi, na na na. De vrais gosses (d'ailleurs les canadiens doivent bien rigoler de nous...), et une impossibilité chronique de faire un travail COMMUN de qualité. Pas dans les mots, certes, il suffit de se balader dans la blogosphère franco-française (qui tourne plus souvent qu'à son tour à la blaguosphère) pour voir que ce ne sont pas les beaux discours qui manquent.
Mais côté réalisation, rien à ma connaissance, un beau zéro pointé.
Alors on a les incontournables, les deux Olivier,
Dupond &
Dupont du référencement français, qui
réseautent à tout va et vont de formations en publications, monopolisant la scène sans trop partager : au début de mon blog, O. Duffez signalait mes billets de temps en temps, puis il s'est arrêté brusquement, probablement par peur que je finisse par lui faire de l'ombre, mais enfin, qu'il se rassure, il suffit de comparer nos stats pour voir que c'est pas demain la veille (enfin, je le remercie encore d'avoir daigné se pencher sur mon cas).
Quant au second, O. Andrieu, qui sait fort bien faire sa
petite cuisine (il n'est pas
gaulois pour rien), malgré ses
stats mirobolantes et son savoir-saire ou savoir-dire et écrire, il est quand même impliqué dans deux échecs retentissants, le lancement avorté du blog de Ask fini aux oubliettes et le
désastre du SES Paris, lui qui est pourtant un
inconditionnel de Danny Sullivan.
Bon, après ça, ils vont peut-être m'en vouloir à mort, je m'en tape, je ne fais pas partie du microcosme, et ce n'est pas mon but. Ceci étant, si ce devait être leur seule réaction, c'est qu'ils n'ont rien compris, et ce serait fort dommage. Vivre de ses rentes, ça va un temps, mais sur le Web on devient vite un dinosaure, et comme chacun le sait, ces bêtes-là ont disparu. Seul
le coup de gueule de David a eu le mérite de soulever le problème, et ce n'est pas parce qu'il mentionne mon nom que j'écris ce billet, qu'on ne s'y trompe pas.
Non, ce billet est essentiellement pragmatique (j'essaie d'apprendre) :
d'un côté, une formidable réussite collective (et individuelle aussi, certes, puisque Danny est bien le moteur de tout ça),
à la hauteur de l'échec collectif du référencement français : proposer aux internautes francophones un site phare, ouvert et réactif, pour expliquer aux gens, dont la plupart n'y comprennent rien ou pas grand chose, ce qui se passe sur Internet. Et qu'on ne me dise pas qu'il ne s'en passe pas, des choses !
Donc je plaide pour davantage de partage et d'humilité de la part des acteurs historiques du référencement en France, c'est bien beau de se dissimuler derrière le manque de promotion d'une initiative ou autre, mais ça ne devrait pas servir d'alibi et dispenser de reconnaître ses torts. Et d'en tirer les leçons pour essayer de faire mieux la prochaine fois.
Enfin, pour conclure,
qui sera l'émule de Danny Sullivan dans le paysage SEO/SEM francophone ?Ce ne sera pas moi, c'est clair, je n'en ai ni la légitimité ni les compétences. Ni Loïc Le Meur, qui a certainement l'une et les autres, mais qui est trop politisé pour être crédible. Sur Internet, le combat Sarko/Ségo, ça gonfle et c'est relatif...
Moi je me contente de poser la question. Des réponses ?
P.S. Quand je vous parlais de la nécessité d'une
forte logique commerciale derrière une initiative de ce genre (dans ma réponse au premier commentaire de Serge)...
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