jeudi 9 avril 2026

J'utilise l'IA ... et je l'assume

J'emprunte cette citation à Monsieur Philippe Silberzahn
J'utilise l'IA pour rédiger mes articles et je l'assume.
J'ai découvert les LLM il y a précisément un an, en publiant le 13 avril 2025 mon premier billet sur la question. Une heureuse découverte associée à une malheureuse constatation : l'apparition des grands modèles de langage est allée de pair avec la quasi-disparition de mon métier !

Traducteur-interprète professionnel depuis 1985, tout d'un coup c'était comme si ces 40 années de formation continue plurilingue dans une quarantaine de domaines étaient réduites à zéro par l'arrivée des LLM. J'avais besoin de comprendre. Comment était-ce possible ?

Je me suis donc mis à les étudier de près pour déchiffrer le mystère. Et j'ai découvert une "chose" infinement plus calée que moi dans à peu près tout, tous les secteurs et toutes les langues ! Et pratiquement gratuite, ce qui ne gâche rien, avec une capacité de production quasiment illimitée et extrêmement rapide. Comment voulez-vous concurrencer ça ?

J'ai appelé la chose "le rêve impensé de Diderot et d'Alembert"... Et puisque la "chose" m'avait volé mon travail (c'était la perception que j'avais), j'ai décidé de m'en servir. Car la "chose" a beau tout savoir, il lui manque encore quelque chose d'essentiel : la finition.

Un concept éminemment humain, associé à un autre concept, tout aussi crucial, appris des LLM : la répondabilité, à savoir le binôme répondre à / répondre de.

Autrement dit, organiser la finition d'un texte signifie en répondre. Un LLM ne répond jamais de rien à personne, moi si. C'est d'ailleurs pour ça que je signe chacun de mes billets : pour bien indiquer que tous les mots précédant la signature sont miens. On me dira : « Oui, mais ils ont été écrits par la "chose" ».

Et alors ? Une réaction bête m'a récemment mis en colère, aussi dis-je à celles et ceux qui ont des œillères que le problème ne consiste pas à refuser de lire quelque chose qui n'aurait "pas été écrit", mais plus simplement à ne pas lire quelque chose qui "a bien été écrit" : on juge et on critique sur le fond, pas sur la forme !

J'ai "écrit" (ou "produit", comme vous préférez) plus d'un demi million de mots en six mois, chose que je n'aurais jamais pu faire sans l'IA, et encore moins avec ce niveau de compétence et de compréhension, et j'ai fait miens tous ces mots, réunis ici.

J'accepte toutes les critiques, mais pas "t'as écrit ça avec l'IA". Ça veut disqualifier mon texte d'emblée, sans le moindre raisonnement derrière, ce ne sont que préjugés nuls, idées préconçues négatives, etc. Or je veux qu'on me dise ce qui ne va pas dans mon texte, et pourquoi ! Pourquoi il serait faux, incohérent ou sans aucun intérêt. J'ai lu sur LinkedIn un commentaire à ce billet, qui a fait mouche immédiatement :

Un LLM est « un excellent burin pour tout sculpteur des mots et des idées ».

Voilà l'idée, modestement : je suis le sculpteur, le LLM est le burin. Et ce qui sort est juste le produit du travail de l'artisan avec son outil...




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