Ça n'apparaît sûrement pas dans mes billets, vu qu'à chaque fois que j'en ai parlé c'était plutôt sur le ton de la critique, mais critiquer quelqu'un ne veut sûrement pas dire qu'on ne l'apprécie pas.
Je l'aime bien parce que je pense que c'est un honnête homme. Je sais pertinemment qu'en 2007 dire de quelqu'un qu'il est honnête homme ça fait con ou ringard, au choix, mais ça veut bien dire ce que ça veut dire. Quelqu'un d'honnête, droit dans ses bottes disait Juppé si je me souviens bien, quelqu'un qui n'a pas peur de s'exposer ni de dire publiquement ce qu'il pense, ce qu'il croit et en quoi (ou en qui) il croit, etc.

Il m'énerve d'ailleurs assez depuis qu'il parsème son blog de billets parlant de Sarko, personnage pour qui j'ai à peu près autant d'estime que pour Berlusconi, c'est-à-dire aucune. Pour employer un euphémisme.
[Parenthèse] Même si je penche plutôt à gauche côté politique, c'est juste au niveau des idées, car je suis intimement convaincu que la politique telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui dans nos démocraties s'est tellement vidée de son sens qu'elle n'en a plus, de sens. Ni à droite, ni gauche, au centre, en haut ou en bas, car qu'ils ou elles se proclament d'une quelconque "famille" (laissez-moi rire :-), le résultat est le même sous toutes les latitudes, tous sont à la botte (droits dedans ?) de l'économie et des grands pouvoirs financiers qui se partagent le gâteau global. Mais c'est une autre histoire. [/Parenthèse]Tout comme j'aime, beaucoup, son slogan : « Les blogs démarrent des conversations. »
Donc quelle n'a pas été ma surprise de découvrir un de ses derniers billets, publié le 27 février, intitulé « Fermeture temporaire des commentaires de ce blog. »

Et d'expliquer qu'après 40 000 commentaires, une fantastique conversation, la situation est devenue ingérable, notamment à cause de :
- militants politiques et autres qui polluent toute la journée les commentaires juste pour nuire et tuer la conversation... ;
- commentaires publicitaires en tous genres ;
- insultes, caractère diffamatoire de beaucoup de commentaires pour moi ou pire, pour d'autres ;
- lettres d'avocat qui me demandent de supprimer tel ou tel commentaire de personne qui s'en prend à une autre ;
- commentateurs qui me demandent de modifier ou supprimer les commentaires une fois qu'ils les ont déposés ;
- etc., etc.
Et au-delà du cas particulier de Loïc, ça m'a fait penser à l'analyse (que je partage) faite par Chris Sherman de la recherche sociale, où il mentionne les "parfaits idiots", "les nuls et les spammeurs". Ajoutons-y les plagieurs, les trolls - pour employer un anglicisme - et les connards - pour employer un gallicisme (ou un idiotisme, si vous préférez, double-cliquez sur le mot pour obtenir sa définition).
C'est du reste l'une des raisons pour laquelle je ne lis pratiquement jamais les commentaires laissés sur AgoraVox, où tous les esprits chagrins et les pisse-froid vont déverser à torrents leur bile et leur mal-être. Souvent de quoi vous faire désespérer de la nature humaine...
Donc voilà, lorsque les conversations se taisent, c'est triste.
Remarquez-bien que je n'ai pas ce problème ! Malheureusement, dirais-je même de façon assez paradoxale ! Comme je l'avouais dans cette interview :
Êtes-vous satisfait de l’interaction de votre blog ?C'était il y a une trentaine de billets de cela, or la courbe n'a pas évolué depuis. Presque chaque matin, voici ce que je peux lire lorsque je contrôle mon tableau de bord :
- Pas vraiment. Trop de silence. À ce jour, 335 commentaires (dont les miens) pour 169 billets publiés, soit pratiquement 2 commentaires par billet, un rapport de 2 à 1, presque de 3 à 1 si l’on tient compte des 76 billets non commentés, près de 50% du total. Qu’il me soit permis au passage de remercier chaudement tous ces commentateurs et quelques rares commentatrices, qui me donnent leur avis épisodiquement ou plus régulièrement. Même si en vérité, je me fais souvent l’impression d’écrire pour les moteurs vu ce taux de participation plutôt bas. Pour autant, les commentaires font sens, comme on dit en anglais, de par leur qualité plutôt que de leur quantité.

Lorsque les conversations se taisent, c'est triste. Mais lorsqu'elles ne démarrent même pas, c'est encore plus triste. :-(
[MàJ - 5 mars 2007] Loïc Le Meur s'explique dans un podcast et annonce en parallèle la création d'un groupe Google.