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vendredi 19 octobre 2007

Twine

Twine

Philosophie de Twine
Le Web 3.0 en question
Nova Spivack

* * *

Dans le cadre du sommet Web 2.0 que j'ai annoncé et commencé à suivre sur ce blog, hier Nova Spivack a annoncé Twine, que nous présentent Tim O'Reilly, Read/Write Web (les deux avec un luxe de détails et de captures d'écran) ou Nicholas Carr (service gratuit en version base), entre autres.

Philosophie de Twine

Le communiqué de presse de Radar Networks nous donne les détails suivants (je condense) :
Twine est une application révolutionnaire du Web sémantique de prochaine génération, qui met les personnes, les groupes et les équipes en condition d'exploiter au mieux l'intelligence collective.

Présenté comme la première véritable application estampillée Web sémantique, Twine propose aux utilisateurs une façon intelligente de rassembler, de partager, d'organiser et de trouver les informations qu'ils cherchent en s'appuyant sur les avis/recommandations des internautes à qui ils font confiance, sur les contributions de leurs relations au sein d'un réseau de connaissances, gravitant autour d'intérêts et d'objectifs communs.

Vous pourrez ainsi suivre l'information à la trace, indépendamment de là où elle se trouve, collaborer grâce à l' "intelligence de l'outil", unique, qui appréhende la signification des informations et des relations et vous aide de façon automatique à les structurer et les connecter entre elles.

Pour ce faire, Twine utilise les ressources du Web sémantique, le traitement du langage naturel et l'intelligence artificielle, pour enrichir les informations et les modéliser afin que les individus puissent se les approprier. Twine transforme ainsi les données en contenu sémantique, pour faire de la connaissance une ressource enrichie, utile et interopérable.

Tout est mixé, amalgamé, toutes les données sont connectées, réunies en un seul espace : résultats de recherche, contacts, courriels, favoris, flux, documents, photos, vidéos, actus, produits, discussions, notes, etc.

L'utilisateur met ensuite tout ça en forme, comme il publie sur un blog ou un wiki, Twine étant conçu pour tout centraliser et devenir le "hub" de votre vie numérique.

Nous assistons au lancement du Web 3.0, mieux définissable comme la nouvelle décennie du Web, durant laquelle les technologies sémantiques nous aideront à transformer le Web, qui évoluera d'un serveur où sont stockés nos fichiers en une base de données mondialisée.

En rendant l'information compréhensible par les machines, connectée et réutilisable, le Web sémantique deviendra toujours plus intelligent.
Le communiqué conclut sur cette citation de Nova Spivack :
Yahoo! aura été le leader du Web 1.0, Google est le leader du Web 2.0, nous ne savons pas encore qui sera le leader du Web 3.0. C’est un nouveau territoire à explorer, mais Twine représente un premier pas, un signe fort, nous sommes surexcités par toute cette aventure.
Alors, Twine, Web 3.0 ou Pipo 2.0 ? Une interrogation à laquelle je vais tenter de répondre. [Début]


Le Web 3.0 en question

Comme je le commente sur le blog de Pierre Chappaz :
En une grosse dizaine d'années, pratiquement on est passé d'un niveau d'utilisation 0 d'Internet à près d'un milliard d'internautes, à la création d'une nouvelle économie mondialisée qui connaît une croissance exponentielle et qui véhicule des sommes considérables, des emplois, etc. etc.

Je ne pense pas qu'il y ait d'exemple semblable d'une telle croissance, aussi rapide, dans toute l'histoire de l'humanité. Donc le fait de mettre des noms sur les choses, que ce soit Web 3.0 ou Pipo 2.0, correspond tout simplement à la nécessité de trouver de nouveaux mots, et de nouveaux concepts, pour les faire correspondre à des réalités nouvelles.

C'est quelque chose qu'on voit tous les jours en terminologie, où la néologie est une branche florissante de la création linguistique. Pas par désir d'inventer de nouveaux mots en soi, mais juste pour tenter de mettre des noms signifiants sur des choses qu'on ignorait hier encore, mais qui sont désormais là, et bien là. Pour durer.

Car si un tel processus n'était pas constamment en marche, on appellerait toujours l'ordinateur un boulier.

Pourquoi pas, me direz-vous ? Mais cela ne ferait guère avancer les sciences et techniques, qui bouillonnent pourtant de nouveautés : environ 3000 par an, et ça ne cesse d'augmenter. Donc faute de trouver de nouveaux mots et de se mettre d'accord sur un minimum de sens commun, nous ne saurions pas nommer les choses.

Par conséquent je trouve que toute la réflexion autour de ce qu'est le Web et ses différentes déclinaisons, 1.0, 2.0, 3.0 ou n.0, peu importe, est extrêmement enrichissante et nécessaire.
Pour autant le concept de Web 3.0 selon Nova Spivack est très élaboré (j'y reviendrai), et Twine s'appuie sur un certain nombre de technologies de pointe qui en font une plateforme ouverte - API SPARQL et REST, RDF, OWL, XSL, probablement à terme GRDDL (Gleaning Resource Descriptions from Dialects of Languages) - et semblent justifier le terme d'application Web 3.0. Si vous voulez en savoir plus...

Ontologies extensibles, taguables, widgetisables, graphe sémantique (après le graphe social, qu'il intègre, et différemment de ce graphe sémantique-là) pour modéliser / cartographier les relations entre les gens et les choses, entre les arguments et les documents, et intégration d'une dimension sociale (wisdom of crowds plus the wisdom of computers working together) au sein d'une base de données mondiale. Spivack a d'ailleurs déposé un brevet intitulé Semantic web portal and platform.

Terriblement ambitieux et passionnant. En tout état de cause Twine est un produit innovant dont la prise en main demandera probablement du temps et de la patience. À tester donc, avant de déclarer trop péremptoirement que c'est une connerie Web 3.0 de plus. D'autant que Nova Spivack n'est pas à proprement parler n'importe qui. [Début]

Nova Spivack

Je l'ai découvert lors de la publication de Web 2.0 vs. Web 3.0 et de l'échange qui s'en est suivi avec Didier Durand, où un commentateur pointait vers un document de 25 pages intitulé Minding The Planet - The Meaning and Future of the Semantic Web, dont la lecture m'a captivé et que j'ai commencé à traduire (mais c'est long, j'ai été trop optimiste...), avec l'autorisation de Nova. Un article brillant, objet de ce qui fut probablement aussi l'une des premières expériences de propagation d'un mème à travers la blogosphère...

Pour celles et ceux qui comprennent l'anglais, Nova Spivack y explique fort bien la vision qu'il a du Web 3.0, dont le déploiement optimal arrivera, selon lui, vers 2010.


Une approche/vision réaffirmée à Richard MacManus, ainsi présentée par Francis Pisani :
Alors que web 3.0 n’est pas synonyme du web sémantique (il y aura plusieurs autres déplacements technologiques importants au cours de cette période), il sera largement caractérisé par la sémantique en générale. Le web 3.0 caractérise une époque au cours de la quelle nous améliorerons (upgrade) les couches profondes (back-end) du web après une décennie de concentration sur le devant visible (front-end) (web 2.0 a essentiellement tourné autour de AJAX, du tagging et d’autres innovations portant sur l’expérience des usagers dans le front-end du web.
Dans son billet, Francis s'interroge aussi sur la traduction en contexte de "back-end" et "front-end", je le comprends car je me tâte encore pour la meilleure traduction possible de Minding The Planet. Donc, déjà, si je bute sur le titre, je vous dis pas le reste... :-) [Début]


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dimanche 6 mars 2005

Les travailleurs de la connaissance

French translation of a column in Connect Magazine, by Paul Allen

Investir dans ses employés : élaborer un cursus professionnel pour ses cadres supérieurs

Mon ami Steve Jenkins a déjà créé et vendu deux sociétés, et travaille actuellement au développement de la troisième.
Il fonda sa première start-up, Windows95.com, alors qu’il faisait un MBA à l’Université de Brigham, et finit par la vendre à CNET Networks, Inc. pour 12 millions de dollars.

Il m’a dit un jour que différents professeurs l’avaient formé, et qu’il avait appliqué ce qu’il avait appris en classe pour noter chaque professeur en fonction de ce qu’il lui aurait fait récolter. Ayant mis en pratique les connaissances qu’il avait acquises, il a vraiment gagné de l’argent.

L’un de mes livres favoris est « Intellectual Capital: the New Wealth of Organizations » (Le capital Intelligence : la nouvelle richesse des organisations), par Thomas Stewart, éditeur de la revue en ligne Harvard Business.

Stewart écrit ceci : « Si la connaissance est la plus grande source de richesse, alors les individus, les sociétés et les nations devraient investir dans les actifs qui produisent et traitent la connaissance ».

Et vous, que faites-vous à ce sujet ? Votre entreprise investit-elle de façon scrupuleuse et systématique dans les actifs qui produisent et traitent la connaissance ?

J’ai plus de 2000 livres dans ma bibliothèque personnelle, quelque 3000 textes électroniques d’études religieuses dans ma bibliothèque Infobase, l’accès à 32 millions de documents fournis par 2800 sources de publication grâce à mon abonnement au site de recherche High Beam, et ma boîte à courriels quotidiennement remplie de lettres d’informations provenant de personnalités parmi les plus brillantes de la planète.

Le paradoxe du travailleur de la connaissance est bien celui-ci : plus vous passez de temps à emmagasiner de la connaissance, moins vous en avez pour appliquer ce que vous savez. La réciproque est également vraie. Il s’agit donc de trouver le juste équilibre entre apprendre et faire, entre la formation et l’action. Beaucoup de gens n’ont aucun répit, et très peu consacrent assez de temps, d’énergie et d’argent pour thésauriser et exploiter leurs connaissances. Peut-être le Web pourra-t-il changer cela, puisque, grâce à l’Internet, chacun de nous peut aujourd’hui dresser une liste d’experts dans son ou ses domaines et suivre à la trace chacune de leurs paroles et actions.

De fait, avec les outils modernes de la connaissance, chacun de nous peut désormais se former un cursus sur mesure, tout au long de sa vie, et y mettre pêle-mêle livres, articles, messages d’alerte de Google ou autres, programmes télé ou radio, etc., pour devenir à son tour expert dans son secteur ou son activité.

Mes deux premières fonctions ayant été PDG et Vice-Président Marketing, j’ai développé à l’intention des gens avec qui je travaille deux « parcours » spécifiques à ces fonctions, en y englobant des recommandations de lecture, des enregistrements de conférence ou des articles clés, autant de matériel documentaire qui évolue avec le temps mais que j’ai lu et dont j’estime qu’il leur permettra de progresser.

En fin de compte, j’espère pouvoir élaborer un « parcours » propre à chaque position clé au sein de l’entreprise, et trouver la façon de récompenser les employés qui prendront constamment le temps d’apprendre pour acquérir la vision d’ensemble dont nous avons tous besoin.

J’espère aussi pouvoir convaincre les entreprises avec qui je collabore à investir dans leurs employés. Je ne parle pas de formations de groupe ni de séminaires coûteux, mais plutôt d’aider chaque employé à développer une stratégie d’apprentissage tout au long de la vie en y consacrant un budget minimum.
En effet, pourquoi payer quelqu’un 50000 $ par an si l’on n’est pas prêt à dépenser 3 ou 4% de cette somme à sa formation ?

Je leur conseille donc de doter leurs salariés de dispositifs portables pour se former, d’un gros budget livres, de les laisser participer aux meilleures conférences ou s’abonner aux publications de leur choix et bases de données inhérentes à leur domaine.

Je leur dis « Récompensez-les pour leurs bonnes idées et leurs connaissances, pas seulement pour le nombre d’heures qu’ils passent en réunion ou assis devant l’écran de leur ordinateur.

Rappelez-vous qu’une seule info clé peut faire toute la différence entre l’échec et la réussite.

Dans son spectacle TV, “The Apprentice,” Donald Trump a mis pendant quelques mois deux équipes en compétition pour organiser un Salon du mariage et voir laquelle serait capable de vendre le plus de robes de mariée en une seule soirée.

L’équipe Mosaic a envoyé un courriel en masse à 23000 futures mariées de la ville de New York à partir du site theKnot.com. Résultat : un groupe de 40 à 50 personnes attendaient l’ouverture des portes du magasin pour s’y précipiter et ont généré 12000 $ d’achats.

L’équipe Apex a distribué des dépliants à Penn Station, une gare de la ville, pour n’obtenir que 1000 $ de ventes. Donald Trump a licencié le responsable Apex du projet parce qu’il avait perdu : il ne connaissait pas le site theKnot.com.

Mosaic a donc fait 12 fois plus de ventes qu’Apex pour un seul détail : ils savaient que theKnot.com disposait d’une base de données d’e-mailing incluant les futures mariées.

Dans une entreprise, chaque échec peut avoir comme origine, tout simplement, le fait de ne pas savoir : ne pas savoir poser les bonnes questions pour augmenter vos ventes en fin de journée ; ne pas savoir trouver de nouveaux clients grâce aux moteurs de recherche ; ne pas savoir diminuer de 25 % les coûts de votre centre d’appels grâce aux nouvelles technologies ; ne pas savoir utiliser les logiciels libres pour économiser des millions en coûts de développement ; ne pas savoir générer un bouche-à-oreille efficace ; ne pas savoir fabriquer moins cher, et ainsi de suite.

Augmentez donc vos chances de ne pas faillir en aidant vos salariés à faire fructifier leur actif le plus précieux : leur esprit.

© Paul Allen, February 2005
Translation © Jean-Marie Le Ray, March 2005


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