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lundi 11 septembre 2006

La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute

La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute...

Rappel des événements

I. Installer le doute
II. en s'appuyant sur la peur
III. au moyen d'informations non vérifiables (incertitude)

c'est ce qu'on appelle le FUD, une technique de désinformation ... qu'utiliserait Adscriptor, tel que l'a laissé entendre Patrick Mevzek entre les lignes. Voici mon droit de réponse.


* * *

Rappel des événements

Dans mon précédent billet, intitulé Noms de domaine à la carte : vacarme et silence, je mettais en cause le réalisme de Patrick Mevzek, en me basant sur les propos qu'il avait tenus quelques jours auparavant sur le forum de PWHinfo :
Il faudrait savoir : soit on critique l'ICANN parce qu'ils dépassent leur rôle de coordinateur technique qui était leur mandat et leur discours (plus ou moins) en touchant des points clairement non techniques (comme le prix des domaines), soit on ne peut que se féliciter de laisser au «marché» s'occuper de la politique des prix (on vit dans un monde capitaliste après tout, et une société de marché ; si on accepte ce postulat, les conséquences sont logiques).

Après tout, les clients ont le choix de l'extension de leur domaine, non ?

Bref, on reproche aujourd'hui à l'ICANN le contraire de ce qu'on lui reprochait hier. Je suis loin de les défendre, mais les attaquants manquent de cohérence. Ce qui se comprend assez, les bureaux d'enregistrement n'ayant pas trop envie de rogner leurs marges, eux qui ne brillent souvent déjà pas par des politiques tarifaires transparentes.

Quant à *l'interprétation* qui circule (des prix registre différents par domaine), ce n'est que ca : une *interprétation* des contrats qui, comme tous les contrats, ne sont pas écrit en langue que n'importe quelle poire ou quiche peut comprendre, mais en langue avocat.

Dommage donc, encore une fois, que le débât tombe à côté de la plaque. Il serait, en tout cas je pense personnellement, bien plus avisé de discuter de la section 3.1 (f) aka «Traffic Data». Là, il n'y a plus grand monde...
Mise en cause à laquelle Patrick Mevzek a répondu par deux commentaires. Permettez-moi de commencer par le second :
D'accord. Puisque vous souhaitez un débat, pourquoi ne pas débattre dans un lieu propice, là d'où vous avez repris mes premiers propos (où je soulevais d'ailleurs d'autres points), à savoir Usenet, et fr.reseaux.internet.hebergement en particulier ? Pour moi un blog, aussi intéressant qu'il puisse être n'est pas un lieu de débat, et un forum regroupe tout de même plus de visiteurs...
D'emblée, je remarque une double contradiction :
  • nulle part dans son message il n'est question d' « Usenet ou de fr.reseaux.internet.hebergement en particulier », je ne sais même pas de quoil il s'agit, moi je me limite à parler de la proposition scélérate de l'ICANN ;
  • « Il serait, en tout cas je pense personnellement, bien plus avisé de discuter de la section 3.1 (f) aka «Traffic Data». Là, il n'y a plus grand monde... » OK ! Je veux bien, puisque j'en parle dans mes deux précédents billets sur le sujet, en précisant noir sur blanc qu'il s'agit d'un autre coup bas, or là encore, en dépit de ses intentions proclamées, nulle part dans sa longue réponse il n'aborde le sujet. Voici son commentaire in extenso :
« Ce que moi je trouve particulièrement irréaliste c'est :

1) reprocher aujourd'hui à l'ICANN l'exact contraire de ce qu'on lui reprochait hier (la fixation des prix par une entité qui se veut uniquement un régulateur technique)

2) avoir une *interprétation* biaisée d'un document flou par essence, de l'ériger comme vérité universelle non discutable, et de la propager de blog en blog, ce qui s'apparente ni plus ni moins qu'à du FUD

3) croire un seul instant que les registres vont s'aventurer la-dedans : augmenter les prix, globablement, oui, certains pourront être tentés (mais si la concurrence entre registres continue de s'accroitre, ce ne sera pas nécessairement une bonne idée, à part pour .COM peut-être qui peut se le permettre, en s'appuyant sur les lois US contre le cyberterrorisme blah blah blah), mais différencier j'en doute très fortement.

4) par contre, l'idée de base n'est pas si crétine qu'elle mérite d'être balayée d'un revers de la main : compte-tenu des pratiques actuelles, un domaine que tout le monde veut acquérir, génère beaucoup de tentatives de création/vérification, et donc proportionnellement une charge plus grand pour le registre qu'un autre domaine qui n'intéresse personne.
Cela est donc à repositionner sur le débat général du sort des domaines après échéances, des pre-réservations (WLS), du second marché, etc...

Bref c'est une problématique avec des enjeux et un contexte complexes, comme tout ce qui touche à l'ICANN, et les jugements à l'emporte pièce ne servent à rien.

Je rappelle que les clients ont le choix de leurs domaines et extensions, et qu'il n'y a pas que .COM dans la vie.

Basé sur ces faits, et notamment à cause du FUD, je doute qu'un *débât* soit possible. Il ne faut pas se leurrer non plus, il n'y a que les bureaux qui seraient réellement impactés par toute augmentation de prix (réduction de leur marge, car pour le reste ils répercuteront aux clients, en faisant passer les registres pour les méchants, chose facile à faire, en oubliant au passage, quand ledit méchant fait une promotion de la répercuter aux clients, ou de la répercuter en faisant croire à une largesse interne du bureau), et d'ailleurs il n'y a bien que les bureaux qu'on entende à ce sujet.

Quant au cas français, sauf erreur de ma part, aucun bureau national ne siège à l'assemblée des bureaux au sein de l'ICANN ni ne participe à l'ICANN de loin ou de près. Sauf à inclure Namebay, je sais que c'était le cas à une époque, ca doit probablement l'être encore aujourd'hui.

Et pas d'erreurs d'interprétation dans ce qui précède : je ne travaille/supporte ni l'ICANN, ni les registres, je suis plutôt à ranger dans la case bureaux s'il faut me ranger quelque part, c'est juste que je suis souvent un trublion avec des idées différentes et que je suis probablement moins hypocrite que la moyenne.

PS: question réalisme, pétionner contre l'ICANN de cette façon, n'a AUCUNE chance de servir à quoi que ce soit ! C'est déjà à peine si les commentaires reçus par l'ICANN sont lus et pris en compte. »
Donc, tout en lui laissant la responsabilité de son affirmation (Pour moi un blog, aussi intéressant qu'il puisse être n'est pas un lieu de débat, et un forum regroupe tout de même plus de visiteurs...), je voudrais utiliser mon droit de réponse pour rétorquer de façon argumentée au tissu d'incohérences qui précède. Et je le fais à dessein sur mon blog car venir « chez moi » m'accuser de « désinformation », c'est quelque chose qui dépasse le seul cadre de l'éventuel débat sur l'ICANN (j'aurais volontiers répondu sur le forum si le dialogue était resté dans les limites du débat), et surtout un propos intolérable que je n'autorise personne - je répète : personne -, à tenir sans étayer une telle accusation.

C'est en outre une injustice que je supporte d'autant plus difficilement que depuis janvier 2006, date à laquelle j'ai repris ce blog, je m'efforce de distiller une information de qualité, documentée et recoupée, en mentionnant toujours mes sources, ce qui exige beaucoup de temps et d'énergie. Donc qu'on vienne liquider d'un sigle abscons tout ce travail, en osant affirmer qu'il « s'apparente ni plus ni moins à du FUD » (concept repris par deux fois : « Basé sur ces faits, et notamment à cause du FUD, je doute qu'un *débât* soit possible. »), non, décidément, ça ne passe pas !

Mais de quoi parle-t-on ?
Un FUD (de l'anglais Fear, Uncertainty and Doubt, c'est-à-dire Peur, Incertitude et Doute) est une technique classique de désinformation basée sur le schéma suivant :
  • Installer le doute,
  • en s'appuyant sur la peur
  • au moyen d'informations non vérifiables (incertitude).
Source : Wikipedia

Exactement tout le contraire de ce que j'essaie de faire avec mon blog. Donc, que le premier venu vienne accuser Adscriptor de pratiquer la désinformation de cette manière, ça me gonfle. Pour rester poli. Ça me gonfle beaucoup, même. Comme disait Coluche, « ça se voit pas, c'est intérieur... »

Surtout venant de la part de quelqu'un qui voudrait donner des leçons en appuyant ses propos sur rien d'autre que ... ces mêmes propos. Ce qui est un peu fort, convenons-en. Être « un trublion avec des idées différentes et (...) probablement moins hypocrite que la moyenne » ne saurait empêcher le respect du labeur des autres.

Aussi m'en vais-je les décortiquer, lesdits propos, en faisant le même travail que je fais pour tous mes billets, c'est-à-dire en cherchant, en me documentant, en recoupant les infos et en citant mes sources (qui me lit aura sûrement observé que mes « articles » sont truffés de liens). Certes, je ne suis pas journaliste, je ne suis que blogueur, et ne suis très certainement pas à l'abri des erreurs. Mais j'assume. Qu'on me les montre, et qu'on me dise pourquoi, je répondrai. Le propre d'une erreur, en général, c'est qu'elle n'est pas intentionnelle. Alors qu'on me l'explique, qu'on me le prouve, j'accepterai le jugement. Pour autant, en traducteur de métier, je suis habitué à peser chaque mot, à pondérer mes formules, donc il va falloir autre chose que des paroles en l'air pour me convaincre... [Début]

* * *

I. Installer le doute

Il faudrait quand même rappeler que, dans cette histoire, l'élément déclencheur qui a contribué à « installer le doute » dans les esprits, n'est autre que la proposition de l'ICANN, que je qualifie à l'envi de « scélérate » pour plusieurs raisons. D'abord, les faits :
  1. elle introduit la tarification par paliers (tiered pricing) des noms de domaine, soit en germe « la libéralisation totale et la dérégulation sauvage de la politique de prix qui a permis jusqu'à présent à tout internaute qui le souhaite d'entregistrer son propre nom de domaine pour un coût acceptable. »
  2. elle réintroduit, sous l'appellation anodine de “Traffic Data” le concept de SiteFinder, qui a soulevé un tollé mondial lors de sa mise en place initiale par Verisign (un événement dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences, comme je le montrerai plus loin...), en énonçant que « Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON... ».
  3. elle introduit en outre la notion de “Presumptive Renewal”, soit le renouvellement tacite des contrats ICANN-Registre, sauf cas de violations majeures qui ont tellement peu de chances de se produire que ça revient à signer un chèque en blanc aux actuels registres monopolistes de voir leur contrat renouvelé à l'infini.
Donc, s'agit-il là de TROIS changements majeurs introduits à la sauvette (cf. Procedural Concerns), en contradiction totale avec les procédures à suivre par l'ICANN pour introduire des changements dans les contrats passés avec les registres, ou est-ce moi seul qui dis ça, juste pour installer le doute ?

N'en déplaise à Patrick Mevzek, il y a plus de 900 commentaires négatifs qui sont loin de tous provenir des bureaux d'enregistrement (registreurs), une opposition que l'on peut aisément résumer par la formule suivante : « NO to variable pricing! »

Les seuls avis positifs, qu'on peut compter sur les doigts d'une main, sont ceux des Registres, Verisign en tête, et de Monsieur Mevzek en personne...

Donc, je vais reprendre en vrac les positions qu'il expose dans ses commentaires, rappelées en début de ce billet, en montrant de façon argumentée pourquoi elles sont incohérentes et assénées « à l'emporte-pièce », en contradiction totale avec ses intentions affichées : « les jugements à l'emporte pièce ne servent à rien », au moins un point sur lequel nous sommes d'accord ! [Début]

* * *

II. en s'appuyant sur la peur

Oui, la peur est bien réelle, ou la crainte, si l'on préfère, de voir que l'ICANN pourrait faire passer « en force » les trois changements majeurs évoqués au point précédent, en révolutionnant la base même de ce qu'est la présence Internet pour des centaines de millions d'utilisateurs : les noms de domaine.

Lorsque M. Mevzek proclame : « ...soit on ne peut que se féliciter de laisser au "marché" s'occuper de la politique des prix (on vit dans un monde capitaliste après tout, et une société de marché ; si on accepte ce postulat, les conséquences sont logiques) », il semble toutefois oublier un détail : faire jouer la concurrence entre les registres ne peut consister EN AUCUN CAS à donner le pouvoir aux registres d'augmenter de façon unilatérale le prix des noms de domaine, ce qui leur confère un monopole de fait, mais DEVRAIT signifier faire jouer la concurrence entre des « candidats registres » potentiels. À l'heure actuelle, au niveau registre, les noms de domaines sont loués entre 4,5 et 6$ à l'année.

Or dans un commentaire du Comité At Large, une instance qui permettait initialement aux internautes élus en ligne de siéger au conseil d'administration de l'Icann, principe très démocratiquement foulé aux pieds par l'ICANN en 2002, celui-ci affirme que, selon tous les rapports disponibles sur la question, la situation des registres est d'ores et déjà fort rentable aux prix actuels, et que même en descendant à 3$ par domaine, on aurait encore des candidats qualifiés pour s'adjuger le rôle de registre :
Registries are, by all reports, profitable at the current capped price and can and do make needed investments in infrastructure. Indeed, the experience of the .net renewal strongly suggests that even at $3 there would be multiple well qualified candidates to run these three registries.
Donc il faudrait peut-être voir à ne pas se tromper de cible, et les registres supportent très bien leur charge (point 4 du commentaire de M. Mevzek)...

Venons-en maintenant au point le plus grave, à mon avis, qui est celui dont M. Mevzek voulait apparemment parler et dont il n'a touché mot :
Dommage donc, encore une fois, que le débât tombe à côté de la plaque. Il serait, en tout cas je pense personnellement, bien plus avisé de discuter de la section 3.1 (f) aka «Traffic Data». Là, il n'y a plus grand monde...
Et bien parlons-en.

Au risque d'interpréter comme une poire ou une quiche, je n'ai pas vraiment de préférence (une *interprétation* des contrats qui, comme tous les contrats, ne sont pas écrit en langue que n'importe quelle poire ou quiche peut comprendre, mais en langue avocat), voici ce que dit le contrat, sauf erreur de traduction de ma part :
« Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON... »

(3. 1(f) Traffic Data. Nothing in this Agreement shall preclude Registry Operator from making commercial use of, or collecting, traffic data regarding domain names or nonexistent domain names...
Donc, tel que le contrat est libellé, c'est le OU NON (nonexistent domain names) qui pose problème, puisque c'est très exactement le concept de SiteFinder qui repasse par la fenêtre après avoir été chassé par la porte. Voir l'article du Journal du Net pour les détails. Il faut quand même savoir que les saisies directes qui aboutissent à des noms de domaine inexistants représentent quelque 900 millions de requêtes par mois (soit à peu près 3% du total, globalement supérieur à 300 milliards de requêtes mensuelles en 2003, ou environ 140 000 à la seconde !). Même si VeriSign ne parle vraisemblablement que des .COM et des .NET, on peut facilement imaginer les enjeux commerciaux derrière de tels chiffres, ÉNORMES, dès lors que ces requêtes arriveraient sur des landing pages optimisées pour la monétisation ou serviraient à d'autres usages commerciaux...

Et qu'on appelle ça SiteFinder, Traffic Data ou Dead Domains Handling ne change rien à l'affaire : tout ça manque tellement de transparence que faute d'une règlementation claire, informée et consensuelle, ce genre de service ne débouchera jamais sur rien d'autre que sur des critiques et des interrogations légitimes (notamment en matière de protection des données personnelles...).

Dans un rapport de 85 pages publié en juillet 2004 par le Comité consultatif de l'ICANN pour la Sécurité et la stabilité, les conclusions sur SiteFinder étaient sans équivoques et avaient abouti à des recommandations (pages 23-25, 3. Findings and Recommendations), dont j'extrais les suivantes :
Finding (1): VeriSign introduced changes to the NET and COM registries that disturbed a set of existing services that had been functioning satisfactorily. Names that were mistyped, had lapsed, had been registered but not delegated, or had never been registered in DNS were resolved as if they existed. As a consequence, certain e-mail systems, spam filters and other services failed resulting in direct and indirect costs to third parties, either in the form of increased network charges for some classes of users, a reduction in performance, or the creation of work required to compensate for the consequent failure.

Finding (2): The changes violated fundamental Internet engineering principles by blurring the well-defined boundary between architectural layers. VeriSign targeted the Site Finder service at Web browsers, using the HTTP protocol, whereas the DNS protocol, in fact, makes no assumptions – and is neutral – regarding the protocols of the queries to it. As a consequence, VeriSign directed traffic operating under many protocols to the Site Finder service for further action, and thus, more control was moved toward the center and away from the periphery, violating the long-held end-to-end design principle.

Recommendation (4): Changes in registry services should take place only after a substantial period of notice, comment and consensus involving both the technical community and the larger user community. This process must (i) consider issues of security and stability, (ii) afford ample time for testing and refinement and (iii) allow for adequate notice and coordination with affected and potentially affected system managers and end users. Thirty years of experience show that this strategy ensures robust engineering and engenders trust in the systems and the processes surrounding their maintenance and development.
En gros, Verisign a introduit des changements aux registres .NET et .COM qui gênent le fonctionnement, jusqu'alors satisfaisant, de services existants (point 1), des changements qui violent les principes fondamentaux qui régissent l'architecture de l'Internet (point 2), pour en arriver, entre autres, à la recommandation suivante (n° 4) :
Les changements dans les services des registres ne devront avoir lieu qu'après une période préalable suffisante d'information, de commentaires et de consensus impliquant à la fois la communauté technique et la grande communauté des utilisateurs. Un processus qui doit (i) tenir compte des problèmes liés à la sécurité et à la stabilité, (ii) accorder tout le temps nécessaire pour tester et parfaire et (iii) permettre une information et une coordination adéquates vis-à-vis des gestionnaires et des utilisateurs finaux des systèmes réellement ou potentiellement affectés. Trente ans d'expérience montrent qu'une telle stratégie garantit une architecture robuste et génère la confiance dans l'ensemble du système et dans les processus connexes de maintenance et de développement.
Que de belles paroles ! La sécurité et la stabilité, deux éléments centraux de la politique d'évaluation des services des registres (points 1.2 et 1.3), à peine réaffirmés (point ii. Ensuring stability and security in an environment of increased threats) dans un document publié par l'ICANN sur sa planification stratégique 2007-2010 il y a ... 3 jours !!!

Autant de raisons pour lesquelles Paul Twomey, président de l'ICANN, avait envoyé le 3 octobre 2003 une lettre à Verisign pour enjoindre la société de cesser le déploiement de son service. Une position de l'ICANN qui est à l'origine du procès que lui a intenté Verisign le 26 février 2004, procès qui, en dépit du fait que Verisign ait initialement perdu, fut suivi par d'autres affaires, le tout s'étant terminé le 24 octobre 2005 par un règlement « à l'amiable » qui énonce : « Whereas, the proposed settlement agreement enters ICANN and VeriSign into a new .COM Registry agreement intended to balance innovation and business certainty with the need to ensure competition, security and stability in the domain name system. »

Voilà donc comment SiteFinder est la cause indirecte du renouvellement du contrat de Verisign comme registre des .COM et .NET... Où l'on notera également que la notion de "compétition" vient s'adjoindre, sans tambour ni trompette, à celles de sécurité et de stabilité... De là à penser que les changements proposés aujourd'hui avec les registres .ORG, .INFO et .BIZ ne sont que les préalables pour faire un nouveau pont d'or à Verisign à l'échéance de l'actuel contrat (sur quels motifs en effet refuser à Verisign ce qui a été si gentiment accordé aux autres registres), il n'y a qu'un pas...

Ceci étant, c'est probablement là où l'ICANN rejoint l'avis de M. Mevzek, en positionnant la compétition ... à côté de la plaque. CQFD ! [Début]

* * *

III. au moyen d'informations non vérifiables (incertitude)

Cet article naît en réponse à cette allégation stupide de M. Mevzek : « 2) avoir une *interprétation* biaisée d'un document flou par essence, de l'ériger comme vérité universelle non discutable, et de la propager de blog en blog, ce qui s'apparente ni plus ni moins qu'à du FUD »

Comme je viens de le montrer, je l'espère, au moyen d'informations parfaitement vérifiables, je l'espère aussi, le contrat *proposé* par l'ICANN n'est pas flou du tout, il n'y a pas besoin d'être avocat pour l'interpréter, et si quelqu'un l'a érigé comme « vérité universelle non discutable » c'est moins du côté du soussigné que de l'ICANN qu'il faut chercher.

Je ne suis pas à court d'arguments (affirmer par exemple que « les clients ont le choix de l'extension de leur domaine » est tout à fait partiel et contestable) (affirmer encore « augmenter les prix, globablement, oui, certains pourront être tentés..., mais différencier j'en doute très fortement. », pourquoi le leur permettre, alors ?), mais inutile de poursuivre au risque de fatiguer davantage mon lectorat, qui se fout des querelles de chapelle. Je crois juste avoir réuni « un faisceau documentaire » suffisamment étoffé pour tracer les contours de ce qui se prépare si l'opposition à l'ICANN ne réussit ni à faire entendre sa voix ni à faire valoir ses droits. J'accepte certes qu'on me contredise, il ne manquerait plus que ça, mais sûrement pas avec des paroles en l'air qui ne s'appuient que sur ... du vent.

Quant à ma tentative de diffuser l'information, mon but n'a jamais été de « la propager de blog en blog », comme il m'en prête faussement l'intention, à moins qu'on ne puisse qualifier de blogs le Monde, l'Expansion, l'Express, le Nouvel Obs, 01.net (qui se plaint pourtant de ce que l'Europe est peu concernée par la gestion de l'Internet...), Netéco, Branchez-vous.com, le Journal du Net, etc., autant d'organes de presse que j'ai contactés directement sans recevoir la moindre réponse.

Je pense seulement qu'il s'agit d'une information cruciale, aux implications gigantesques et incalculables, en l'état actuel de la proposition, et je le répète, je trouve incompréhensible et coupable qu'elle ne trouve pas plus d'écho sur le Web francophone. Je remercie donc toutes les personnes qui l'ont relayée. Quant aux autres, loin de moi l'idée d'être plus royaliste que le roi. Après tout, chacun est assez grand pour se faire sa propre opinion. [Début]

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2 commentaires:

Patrick Mevzek a dit…

Je suis désolé que vous preniez mes commentaires sur ce ton. Ils n'étaient en rien une attaque personnelle ou une remise en cause de votre travail. Et je trouve dommage que vous répondiez justement sur le ton de l'attaque personnelle et de la remise en cause du travail de votre interlocuteur (mes arguments sont du vent, juste parce que je ne fais pas 15 liens externes dans mes propos ?).

Ils visaient principalement à juste essayer de faire comprendre que ce que vous êtes en train de relayer comme propos c'est une *interprétation* des contrats, pas les contrats en eux-mêmes.
Vous pouvez en être fermement convaincu vous-même, cela ne change pas le fait que cela ne soit qu'une interprétation.

Maintenant, si la moindre critique de vos propos dans VOS commentaires de VOTRE blog vous gêne et entraîne une vraie affaire d'état apparemment, à ce moment là, il ne faut pas faire de blog ou ne pas mettre en place de commentaires. Bref parler sans supporter la critique.

Point à point :
- mes propos initiaux n'étaient pas sur un quelconque forum web, mais dans fr.reseaux.internet.hebergement. Peu importe où vous les repechez, il faut retrouver la vraie source (plein de sites web reprennent usenet). D'où ma proposition de débat sur fr.reseaux.internet.hebergement, que vous n'avez pas suivie, pour des raisons qui m'échappe. Pour moi un blog n'est pas un lieu de débat, je trouve ca donc très étrange de se plaindre qu'il n'y ait pas débat de votre part. Vous semblez dire que vous ne connaissez pas Usenet et fr.reseaux.internet.hebergement : là je suis étonné pour quelqu'un qui dit chercher et se documenter.
- vous pensez que votre avis est forcément juste parce qu'il y a 900 autres commentaires dans le même sens que le votre. Désolé, je fais partie des gens qui pensent que ce n'est pas parce qu'on répète un mensonge qu'il devient une vérité. Surtout quand il y a en fait un ou deux avis derrière tout ca, que tout le monde reprend après, syndrome de la pétition... Donc vous pouvez me critiquer sur le fait que je me base sur mes propres propos, mais je peux en dire autant pour vous (le supposé nombre de votre côté, ne fait pas plus peser la balance pour moi)
- votre réponse s'écarte du coeur du sujet : vous n'expliquez pas, par exemple, pourquoi aujourd'hui la libéralisation des prix c'est mal, alors que hier on critiquait l'ICANN parce que les prix étaient fixés. Alors que veut-on ?
- le presumptive renewal n'est pas nouveau, au passage. Et mériterait une discussion à part entière, car c'est aussi un point délicat à trancher, qu'on ne peut pas balayer d'un revers de la main
- surtout, vous ne souhaitez toujours pas voir que le coût de payer un prix différent par domaine n'est PAS écrit noir sur blanc dans le contrat, c'est une INTERPRETATION qui en est faite !
- d'ailleur question interprétation, vous interprétez bien mal mes propos. Je n'ai jamais dit être favorable a ces nouveaux contrats. Je n'ai jamais dit le contraire non plus, en fait je ne me suis PAS exprimé sur ce point. J'ai juste dit qu'il y a beaucoup de FUD autour de ca, et beaucoup de propos relayés de blog en blog, et je ne pensais pas spécifiquement à votre blog. J'ai donc juste essayé de préciser certains points pour proposer une autre vision, afin que les gens puissent réfléchir et ne pas juste répéter ce qu'ils entendent ailleurs.
Je fais partie de ceux qui pensent qu'il est difficile d'avoir un *débat* quand tout le monde dit la même chose.
- je pense que vous faites un immense amalgame sur l'histoire de la concurrence des registres. D'abord vous parlez du .NET donc quelque chose d'existant, donc un flux monétaire quasi garanti (d'autant que sur cet exemple précis les étudent montrent bien que l'infrastructure d'internet - serveurs de nom, de mail, etc...- sont majoritairement sur des .NET). Cela n'aurait rien à voir avec un nouveau gTLD. D'autre part il ne peut évidemment, vu l'architecture technique actuelle, y avoir de concurrence sur un TLD donné.
- vous semblez essayer de retomber sur vos pieds en faisant maintenant un long discours sur le «traffic data», sujet quasi absent de vos propos initiaux et du débat, et c'est ce que je déplorais. Désolé, cependant, c'est trop tard !
- comme par hasard (?), vous n'essayez même pas de trouver un contre point à mon affirmation comme quoi si cela existait (les prix par nom) cela *pourrait* avoir une base technique logique. Et là ce n'est plus de l'interprétation, mais du factuel. Dois-je en déduire que le factuel intéresse moins que l'interprétation ?
De même sur le fait que cela serait suicidaire pour un registre (surtout quand on voit les exemples que vous et d'autres avez donnés avec des nombres de 5 ou 6 chiffres, question réalisme ca se pose là ....) de partir dans cette voie. A moins que tout se résume à votre avis donné sur Vint Cerf : naif et/ou de mauvaise foi ?! Un peu court, je trouve.
Et pareil quand j'essayais d'expliquer que c'était à recouper avec le débat sur WLS, le second marché, les enchères...
Là, pareil, aucune réflexion de fond (encore une fois je ne parle pas spécifiquement de vous) pour remettre les choses en perspective.
- je maintiens que vous ne parlez que d'une interprétation floue. Citez donc, en anglais, la partie du contrat qui dit que le registre est libre de fixer un prix *différent* par domaine. J'attends cette *citation* pas cette *interprétation*.
Bien sûr, comme ce n'est pas écrit, ni le contraire, eh bien on ne sait réellement ce qu'il en est, tout est possible, et on est donc bien dans le monde de l'interprétation, ou de la divination façon Nostradamus avec prédictions de catastrophes.
Donc peut-être que cela arrivera... ou peut-être pas. L'erreur logique c'est de vouloir faire croire que cela arrivera obligatoirement parce que c'est écrit noir sur blanc. Ce qui est simplement FAUX (que cela soit écrit noir sur blanc et que cela arrivera nécessairement).
- les clients ont le choix de leur domaine. Je maintiens. Je n'ai pas compris l'essence de votre contradiction sur ce point. Ou plutôt je ne l'ai pas lu, à part une attaque facile (partiel et contestable). Il serait d'ailleurs bon qu'ils (les clients) s'en rendent davantage compte, ca éviterait plein de perte d'énergie sur les litiges de droits des marques, les récupérations de domaine détruits, et compagnie.
- pour tous les sites que vous trouvez respectables mais qui n'ont pas daigné bon de reprendre vos propos : je corrige donc (dommage de perdre autant de temps à jouer sur les mots...), si cela peut vous rassurer : non plus seulement de blog en blog, mais de site en site, et je ne parlais pas nécessairement de vous comme source, vous êtes loin d'être le premier à relayer cette «information»
Encore une fois, j'ai l'impression que vous avez pris pour vous des critiques qui sont générales, ne soyez pas si nombriliste :-) !
Je pourrais, pour ma part, avec votre logique précédente, aisément dire que si personne ne relaye cette information, c'est que justement il n'y a peut-être rien de réel et de tangible à relayer, et que quand on est sérieux, on ne mord pas dans n'importe quel ... FUD !
(dont vous n'êtes pas nécessairement la source, encore une fois, ne prenez pas tout pour vous)

Au final, merci de l'attention que vous portez à mes commentaires, mais si je puis me permettre un conseil, passez plus de temps sur le fond (par exemple ici les nouveaux contrats de l'ICANN) que de s'offusquer dès qu'un visiteur de votre blog se permet de ne pas penser comme vous. Et si ce sont mes commentaires qui vous gênent tant (normal je suis un trublion :-)), je n'en ferais plus au-delà du présent, et d'éventuels droits de réponse si je suis attaqué nominativement.

Je n'en continuerai pas moins de lire votre blog, qui véhicule des informations intéressantes. Il faut juste, comme absolument partout ailleurs, garder un esprit critique et ouvert aux arguments opposés.

PS: me traiter de nouveau venu (sur votre blog peut-être ?) est assez comique... Si vous vous documentez et faites des recherches, vous devriez trouver que je travaille dans le monde des noms de domaine depuis 1999, et que je me suis beaucoup exprimé depuis, y compris au sein de l'ICANN quand j'y ai participé. Vous dites vous même que votre blog a repris en janvier 2006. Qui est le nouveau venu alors ?
Il faut toujours faire attention à cet argument paternaliste... il peut se retourner contre soi :-)

Anonyme a dit…

Je voudrai répondre aux propos de patrick.

Je tiens à préciser que je ne connais ni l'auteur de ce blog, ni l'auteur des commentaires, aussi c'est juste mon avis personnel que j'exprime.

J'ai découvert ce blog depuis peu et je le suis régulierement car son auteur écrit des articles intéressants et documentés.

Patrick, vous dites ques vous êtes désolé que Jean marie ait pris vos commentaires sur ce ton. Je veux bien reconnaitre qu'il s'est peut être un peu emballé mais c'est parce que c'est un passionné ! A sa défense, je dirai que ce blog, c'est son "chez lui" et que votre commentaire pouvait paraître aggressif à son encontre. Personnellement, c'est également comme ça que je l'ai perçu à ma première lecture (effectivement, avec vos nouvelles précisions, une lecture différente est possible).

Dire que vos arguments sont du vent parce que vous ne faites pas quinze liens, c'est tomber dans l'excès inverse ! N'avez vous aucun document pour étayer votre point de vue ? Même un seul ? A moins que vous ne pensiez que votre seul avis se suffise à lui-même ? Vous tomberiez alors dans le "nombrilisme" que vous reprochez à jean marie...

Je suis d'accord avec vous pour dire que jean marie fait une interprétation des contrats. Mais son interprétation me paraît plûtot bien ettayé ... On peut connaitre la vôtre ?

Concernant les commentaires sur son blog, vous lui faites à mon avis un mauvais procès car s'il ne supportait pas la critique, il aurait bloquer votre commentaire. Ce qu'il vous reproche si j'ai bien compris, ce sont des critiques infondées ou insuffisamment argumentées.

Pour vous, un blog n'est peut être pas un lieu de débat. Je vous donnerai raison si l'auteur du blog n'acceptait aucunes critiques mais je ne pense pas que ce soit le cas ici.

Comme vous, je fais également parti des gens qui pensent que le nombre ne fait pas "forcément" force de loi mais l'attitude inverse ne vaut à mes yeux pas mieux. On ne peut pas dire que les 900 autres commentaires sont ceux de 900 moutons.

Je ne suis pas non plus pour toutes les pétitions car je doute de leur effets mais je les comprends.

Quand vous dites "reprocher aujourd'hui à l'ICANN l'exact contraire de ce qu'on lui reprochait hier ", ce n'est en rien contradictoire avec un peu de réflexion : ceux qui reprochait la fixation des prix ne sont peut être pas les mêmes que ceux qui reprochent leur libérisation ?
Là encore, on aurait aimé des examples pour abonder dans votre sens.

Quand vous dites "un prix différent par domaine n'est PAS écrit noir sur blanc dans le contrat, c'est une INTERPRETATION qui en est faite"
Il faudrait être bien naïf ou partial pour ne pas remarquer la justesse de son interprétation. Il a bien le droit de nous mettre en garde.

Quand vous dites "sur le «traffic data», sujet quasi absent de vos propos initiaux et du débat, et c'est ce que je déplorais. Désolé, cependant, c'est trop tard !"
Là encore, vous êtes dans l'erreur, relisez son article précédent en date du 27 aout "Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?" : il en parle !!! Et ce "c'est trop tard", je trouve ça un peu gamin.

Surtout, ne vous m'éprenez pas, je ne vous attaque pas Patrick, je vous donne seulement mon point de vue. Pour preuve, je reconnais volontier que Jean marie a un peu exagéré avec "des nombres de 5 ou 6 chiffres".
Néanmoins je pense qu'il fallait y voir plus une figure de style pour marquer ses craintes que "d'un réalisme qui se pose là".

Quand vous dites "Donc peut-être que cela arrivera... ou peut-être pas. L'erreur logique c'est de vouloir faire croire que cela arrivera obligatoirement."
En lisant ses articles, j'ai vu plus une mise en garde qu'une prédiction de "Nostradamus". L'erreur naive serait de croire que cela n'arrivera pas parce que ce n'est pas écrit. Vous parlez de contrats d'avocats. Ils ne disent pas "Attention, vous allez vous faire avoir !!! " Ils disent : "Pour vous, rien de change mais on se réserve quand même le droit de tout changer"

Quand vous dites "les clients ont le choix de leur domaine. Je maintiens. Je n'ai pas compris l'essence de votre contradiction sur ce point. Ou plutôt je ne l'ai pas lu"
Oui, vous avez raison, le client a le choix de son domaine : Au début !!! Une fois que son business se sera développé, que ses propres clients seront habitués à son adresse, une augmentation des prix en fonction du succès n'en devient pas moins du raquête car un changement d'adresse lui serai alors dommageable. Certes, c'est peut être spéculer que d'imaginer cette direction mais un homme averti en vaut deux.

Cela ne parait peut être pas mais je n'ai aucun parti pris. Pour preuve, j'ai bien aimé votre point n°4 "par contre, l'idée de base n'est pas si crétine qu'elle mérite d'être balayée d'un revers de la main : compte-tenu des pratiques actuelles, un domaine que tout le monde veut acquérir, génère beaucoup de tentatives de création/vérification, et donc proportionnellement une charge plus grand pour le registre qu'un autre domaine qui n'intéresse personne."

Même si je pense que les registres ne sont pas à plaindre sur les questions de coût, je ne suis pas contre l'idée que certains sites "aux noms génériques" que plusieurs veulent soient loués plus cher mais que ce soit au démarrage et pas fonction du succès ou non du dit site.


Ps : supprimer ces commentaires s'ils apparaissent plusieurs fois, j'ai l'impression que ca ne marche pas ... je fais une dernière tentative.