La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute...Rappel des événements
I. Installer le doute
II. en s'appuyant sur la peur
III. au moyen d'informations non vérifiables (incertitude)
c'est ce qu'on appelle le FUD, une technique de désinformation ... qu'utiliserait Adscriptor, tel que l'a laissé entendre Patrick Mevzek entre les lignes. Voici mon droit de réponse.* * *
Rappel des événementsDans mon précédent billet, intitulé
Noms de domaine à la carte : vacarme et silence, je mettais en cause le réalisme de
Patrick Mevzek, en me basant sur les propos qu'il avait tenus quelques jours auparavant sur le forum de
PWHinfo :
Il faudrait savoir : soit on critique l'ICANN parce qu'ils dépassent leur rôle de coordinateur technique qui était leur mandat et leur discours (plus ou moins) en touchant des points clairement non techniques (comme le prix des domaines), soit on ne peut que se féliciter de laisser au «marché» s'occuper de la politique des prix (on vit dans un monde capitaliste après tout, et une société de marché ; si on accepte ce postulat, les conséquences sont logiques).
Après tout, les clients ont le choix de l'extension de leur domaine, non ?
Bref, on reproche aujourd'hui à l'ICANN le contraire de ce qu'on lui reprochait hier. Je suis loin de les défendre, mais les attaquants manquent de cohérence. Ce qui se comprend assez, les bureaux d'enregistrement n'ayant pas trop envie de rogner leurs marges, eux qui ne brillent souvent déjà pas par des politiques tarifaires transparentes.
Quant à *l'interprétation* qui circule (des prix registre différents par domaine), ce n'est que ca : une *interprétation* des contrats qui, comme tous les contrats, ne sont pas écrit en langue que n'importe quelle poire ou quiche peut comprendre, mais en langue avocat.
Dommage donc, encore une fois, que le débât tombe à côté de la plaque. Il serait, en tout cas je pense personnellement, bien plus avisé de discuter de la section 3.1 (f) aka «Traffic Data». Là, il n'y a plus grand monde...
Mise en cause à laquelle Patrick Mevzek a répondu par deux commentaires. Permettez-moi de commencer par le second :
D'accord. Puisque vous souhaitez un débat, pourquoi ne pas débattre dans un lieu propice, là d'où vous avez repris mes premiers propos (où je soulevais d'ailleurs d'autres points), à savoir Usenet, et fr.reseaux.internet.hebergement en particulier ? Pour moi un blog, aussi intéressant qu'il puisse être n'est pas un lieu de débat, et un forum regroupe tout de même plus de visiteurs...
D'emblée, je remarque une double contradiction :
- nulle part dans son message il n'est question d' « Usenet ou de fr.reseaux.internet.hebergement en particulier », je ne sais même pas de quoil il s'agit, moi je me limite à parler de la proposition scélérate de l'ICANN ;
- « Il serait, en tout cas je pense personnellement, bien plus avisé de discuter de la section 3.1 (f) aka «Traffic Data». Là, il n'y a plus grand monde... » OK ! Je veux bien, puisque j'en parle dans mes deux précédents billets sur le sujet, en précisant noir sur blanc qu'il s'agit d'un autre coup bas, or là encore, en dépit de ses intentions proclamées, nulle part dans sa longue réponse il n'aborde le sujet. Voici son commentaire in extenso :
« Ce que moi je trouve particulièrement irréaliste c'est :
1) reprocher aujourd'hui à l'ICANN l'exact contraire de ce qu'on lui reprochait hier (la fixation des prix par une entité qui se veut uniquement un régulateur technique)
2) avoir une *interprétation* biaisée d'un document flou par essence, de l'ériger comme vérité universelle non discutable, et de la propager de blog en blog, ce qui s'apparente ni plus ni moins qu'à du FUD
3) croire un seul instant que les registres vont s'aventurer la-dedans : augmenter les prix, globablement, oui, certains pourront être tentés (mais si la concurrence entre registres continue de s'accroitre, ce ne sera pas nécessairement une bonne idée, à part pour .COM peut-être qui peut se le permettre, en s'appuyant sur les lois US contre le cyberterrorisme blah blah blah), mais différencier j'en doute très fortement.
4) par contre, l'idée de base n'est pas si crétine qu'elle mérite d'être balayée d'un revers de la main : compte-tenu des pratiques actuelles, un domaine que tout le monde veut acquérir, génère beaucoup de tentatives de création/vérification, et donc proportionnellement une charge plus grand pour le registre qu'un autre domaine qui n'intéresse personne.
Cela est donc à repositionner sur le débat général du sort des domaines après échéances, des pre-réservations (WLS), du second marché, etc...
Bref c'est une problématique avec des enjeux et un contexte complexes, comme tout ce qui touche à l'ICANN, et les jugements à l'emporte pièce ne servent à rien.
Je rappelle que les clients ont le choix de leurs domaines et extensions, et qu'il n'y a pas que .COM dans la vie.
Basé sur ces faits, et notamment à cause du FUD, je doute qu'un *débât* soit possible. Il ne faut pas se leurrer non plus, il n'y a que les bureaux qui seraient réellement impactés par toute augmentation de prix (réduction de leur marge, car pour le reste ils répercuteront aux clients, en faisant passer les registres pour les méchants, chose facile à faire, en oubliant au passage, quand ledit méchant fait une promotion de la répercuter aux clients, ou de la répercuter en faisant croire à une largesse interne du bureau), et d'ailleurs il n'y a bien que les bureaux qu'on entende à ce sujet.
Quant au cas français, sauf erreur de ma part, aucun bureau national ne siège à l'assemblée des bureaux au sein de l'ICANN ni ne participe à l'ICANN de loin ou de près. Sauf à inclure Namebay, je sais que c'était le cas à une époque, ca doit probablement l'être encore aujourd'hui.
Et pas d'erreurs d'interprétation dans ce qui précède : je ne travaille/supporte ni l'ICANN, ni les registres, je suis plutôt à ranger dans la case bureaux s'il faut me ranger quelque part, c'est juste que je suis souvent un trublion avec des idées différentes et que je suis probablement moins hypocrite que la moyenne.
PS: question réalisme, pétionner contre l'ICANN de cette façon, n'a AUCUNE chance de servir à quoi que ce soit ! C'est déjà à peine si les commentaires reçus par l'ICANN sont lus et pris en compte. »
Donc, tout en lui laissant la responsabilité de son affirmation (
Pour moi un blog, aussi intéressant qu'il puisse être n'est pas un lieu de débat, et un forum regroupe tout de même plus de visiteurs...), je voudrais utiliser mon droit de réponse pour rétorquer de façon argumentée au tissu d'incohérences qui précède. Et je le fais à dessein sur mon blog car venir « chez moi » m'accuser de « désinformation », c'est quelque chose qui dépasse le seul cadre de l'éventuel débat sur l'ICANN (j'aurais volontiers répondu sur le forum si le dialogue était resté dans les limites du débat), et surtout
un propos intolérable que je n'autorise personne - je répète : personne -, à tenir sans étayer une telle accusation.
C'est en outre une injustice que je supporte d'autant plus difficilement que depuis janvier 2006, date à laquelle j'ai repris ce blog, je m'efforce de distiller une information de qualité, documentée et recoupée, en mentionnant toujours mes sources, ce qui exige beaucoup de temps et d'énergie. Donc qu'on vienne liquider d'un sigle abscons tout ce travail, en osant affirmer qu'il «
s'apparente ni plus ni moins à du FUD » (concept repris par deux fois : «
Basé sur ces faits, et notamment à cause du FUD, je doute qu'un *débât* soit possible. »), non, décidément, ça ne passe pas !
Mais de quoi parle-t-on ?
Un FUD (de l'anglais Fear, Uncertainty and Doubt, c'est-à-dire Peur, Incertitude et Doute) est une technique classique de désinformation basée sur le schéma suivant : - Installer le doute,
- en s'appuyant sur la peur
- au moyen d'informations non vérifiables (incertitude).
Source :
WikipediaExactement tout le contraire de ce que j'essaie de faire avec mon blog. Donc, que le premier venu vienne accuser Adscriptor de pratiquer la désinformation de cette manière, ça me gonfle. Pour rester poli. Ça me gonfle beaucoup, même. Comme disait Coluche, «
ça se voit pas, c'est intérieur... »
Surtout venant de la part de quelqu'un qui voudrait donner des leçons en appuyant ses propos sur rien d'autre que ... ces mêmes propos. Ce qui est un peu fort, convenons-en. Être «
un trublion avec des idées différentes et (...) probablement moins hypocrite que la moyenne » ne saurait empêcher le respect du labeur des autres.
Aussi m'en vais-je les décortiquer, lesdits propos, en faisant le même travail que je fais pour tous mes billets, c'est-à-dire en cherchant, en me documentant, en recoupant les infos et en citant mes sources (qui me lit aura sûrement observé que mes « articles » sont truffés de liens). Certes, je ne suis pas journaliste, je ne suis que blogueur, et ne suis très certainement pas à l'abri des erreurs. Mais j'assume. Qu'on me les montre, et qu'on me dise pourquoi, je répondrai. Le propre d'une erreur, en général, c'est qu'elle n'est pas intentionnelle. Alors qu'on me l'explique, qu'on me le prouve, j'accepterai le jugement. Pour autant, en traducteur de métier, je suis habitué à peser chaque mot, à pondérer mes formules, donc il va falloir autre chose que des paroles en l'air pour me convaincre...
[Début]* * *
I. Installer le douteIl faudrait quand même rappeler que, dans cette histoire, l'élément déclencheur qui a contribué à « installer le doute » dans les esprits, n'est autre que la
proposition de l'ICANN, que je qualifie à l'envi de « scélérate » pour plusieurs raisons. D'abord, les faits :
- elle introduit la tarification par paliers (tiered pricing) des noms de domaine, soit en germe « la libéralisation totale et la dérégulation sauvage de la politique de prix qui a permis jusqu'à présent à tout internaute qui le souhaite d'entregistrer son propre nom de domaine pour un coût acceptable. »
- elle réintroduit, sous l'appellation anodine de “Traffic Data” le concept de SiteFinder, qui a soulevé un tollé mondial lors de sa mise en place initiale par Verisign (un événement dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences, comme je le montrerai plus loin...), en énonçant que « Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON... ».
- elle introduit en outre la notion de “Presumptive Renewal”, soit le renouvellement tacite des contrats ICANN-Registre, sauf cas de violations majeures qui ont tellement peu de chances de se produire que ça revient à signer un chèque en blanc aux actuels registres monopolistes de voir leur contrat renouvelé à l'infini.
Donc, s'agit-il là de TROIS changements majeurs introduits à la sauvette (cf.
Procedural Concerns), en contradiction totale avec les
procédures à suivre par l'ICANN pour introduire des changements dans les contrats passés avec les registres, ou est-ce moi seul qui dis ça, juste pour installer le doute ?
N'en déplaise à Patrick Mevzek, il y a plus de
900 commentaires négatifs qui sont loin de tous provenir des bureaux d'enregistrement (registreurs), une opposition que l'on peut aisément résumer par la formule suivante : «
NO to variable pricing! »
Les seuls avis positifs, qu'on peut compter sur les doigts d'une main, sont ceux des Registres, Verisign en tête, et de Monsieur Mevzek en personne...
Donc, je vais reprendre en vrac les positions qu'il expose dans ses commentaires, rappelées en début de ce billet, en montrant de façon argumentée pourquoi elles sont incohérentes et assénées « à l'emporte-pièce », en contradiction totale avec ses intentions affichées : «
les jugements à l'emporte pièce ne servent à rien », au moins un point sur lequel nous sommes d'accord !
[Début]* * *
II. en s'appuyant sur la peurOui, la peur est bien réelle, ou la crainte, si l'on préfère, de voir que l'ICANN pourrait faire passer « en force » les trois changements majeurs évoqués au point précédent, en révolutionnant la base même de ce qu'est la
présence Internet pour des centaines de millions d'utilisateurs :
les noms de domaine.
Lorsque M. Mevzek proclame : «
...soit on ne peut que se féliciter de laisser au "marché" s'occuper de la politique des prix (on vit dans un monde capitaliste après tout, et une société de marché ; si on accepte ce postulat, les conséquences sont logiques) », il semble toutefois oublier un détail : faire jouer la concurrence entre les registres ne peut consister EN AUCUN CAS à donner le pouvoir aux registres d'augmenter de façon unilatérale le prix des noms de domaine, ce qui leur confère un monopole de fait, mais DEVRAIT signifier faire jouer la concurrence entre des « candidats registres » potentiels. À l'heure actuelle, au niveau registre, les noms de domaines sont loués entre 4,5 et 6$ à l'année.
Or dans un
commentaire du Comité At Large, une instance qui permettait initialement aux internautes élus en ligne de siéger au conseil d'administration de l'Icann, principe très démocratiquement foulé aux pieds par l'ICANN
en 2002, celui-ci affirme que, selon tous les rapports disponibles sur la question, la situation des registres est d'ores et déjà fort rentable aux prix actuels, et que même en descendant à 3$ par domaine, on aurait encore des candidats qualifiés pour s'adjuger le rôle de registre :
Registries are, by all reports, profitable at the current capped price and can and do make needed investments in infrastructure. Indeed, the experience of the .net renewal strongly suggests that even at $3 there would be multiple well qualified candidates to run these three registries.
Donc il faudrait peut-être voir à ne pas se tromper de cible, et les registres supportent très bien leur charge (point 4 du commentaire de M. Mevzek)...
Venons-en maintenant au point le plus grave, à mon avis, qui est celui dont M. Mevzek voulait apparemment parler et dont il n'a touché mot :
Dommage donc, encore une fois, que le débât tombe à côté de la plaque. Il serait, en tout cas je pense personnellement, bien plus avisé de discuter de la section 3.1 (f) aka «Traffic Data». Là, il n'y a plus grand monde...
Et bien parlons-en.
Au risque d'interpréter comme une poire ou une quiche, je n'ai pas vraiment de préférence (
une *interprétation* des contrats qui, comme tous les contrats, ne sont pas écrit en langue que n'importe quelle poire ou quiche peut comprendre, mais en langue avocat), voici ce que dit le contrat, sauf erreur de traduction de ma part :
« Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON... »
(3. 1(f) Traffic Data. Nothing in this Agreement shall preclude Registry Operator from making commercial use of, or collecting, traffic data regarding domain names or nonexistent domain names...
Donc, tel que le contrat est libellé, c'est le OU NON (nonexistent domain names) qui pose problème, puisque c'est très exactement le concept de SiteFinder qui repasse par la fenêtre après avoir été chassé par la porte. Voir l'article du
Journal du Net pour les détails. Il faut quand même savoir que
les saisies directes qui aboutissent à des noms de domaine inexistants représentent quelque 900 millions de requêtes par mois (soit à peu près 3% du total, globalement supérieur à 300 milliards de requêtes mensuelles en 2003, ou environ
140 000 à la seconde !). Même si VeriSign ne parle vraisemblablement que des .COM et des .NET, on peut facilement imaginer les enjeux commerciaux derrière de tels chiffres, ÉNORMES, dès lors que ces requêtes arriveraient sur des
landing pages optimisées pour la
monétisation ou serviraient à d'autres usages commerciaux...
Et qu'on appelle ça SiteFinder, Traffic Data ou
Dead Domains Handling ne change rien à l'affaire : tout ça manque tellement de transparence que faute d'une règlementation claire, informée et consensuelle, ce genre de service ne débouchera jamais sur rien d'autre que sur des critiques et des interrogations légitimes (notamment en matière de protection des données personnelles...).
Dans un
rapport de 85 pages publié en juillet 2004 par le Comité consultatif de l'ICANN pour la Sécurité et la stabilité, les conclusions sur SiteFinder étaient sans équivoques et avaient abouti à des recommandations (pages 23-25,
3. Findings and Recommendations), dont j'extrais les suivantes :
Finding (1): VeriSign introduced changes to the NET and COM registries that disturbed a set of existing services that had been functioning satisfactorily. Names that were mistyped, had lapsed, had been registered but not delegated, or had never been registered in DNS were resolved as if they existed. As a consequence, certain e-mail systems, spam filters and other services failed resulting in direct and indirect costs to third parties, either in the form of increased network charges for some classes of users, a reduction in performance, or the creation of work required to compensate for the consequent failure.
Finding (2): The changes violated fundamental Internet engineering principles by blurring the well-defined boundary between architectural layers. VeriSign targeted the Site Finder service at Web browsers, using the HTTP protocol, whereas the DNS protocol, in fact, makes no assumptions – and is neutral – regarding the protocols of the queries to it. As a consequence, VeriSign directed traffic operating under many protocols to the Site Finder service for further action, and thus, more control was moved toward the center and away from the periphery, violating the long-held end-to-end design principle.
Recommendation (4): Changes in registry services should take place only after a substantial period of notice, comment and consensus involving both the technical community and the larger user community. This process must (i) consider issues of security and stability, (ii) afford ample time for testing and refinement and (iii) allow for adequate notice and coordination with affected and potentially affected system managers and end users. Thirty years of experience show that this strategy ensures robust engineering and engenders trust in the systems and the processes surrounding their maintenance and development.
En gros, Verisign a introduit des changements aux registres .NET et .COM qui gênent le fonctionnement, jusqu'alors satisfaisant, de services existants (point 1), des changements qui violent les principes fondamentaux qui régissent l'architecture de l'Internet (point 2), pour en arriver, entre autres, à la recommandation suivante (n° 4) :
Les changements dans les services des registres ne devront avoir lieu qu'après une période préalable suffisante d'information, de commentaires et de consensus impliquant à la fois la communauté technique et la grande communauté des utilisateurs. Un processus qui doit (i) tenir compte des problèmes liés à la sécurité et à la stabilité, (ii) accorder tout le temps nécessaire pour tester et parfaire et (iii) permettre une information et une coordination adéquates vis-à-vis des gestionnaires et des utilisateurs finaux des systèmes réellement ou potentiellement affectés. Trente ans d'expérience montrent qu'une telle stratégie garantit une architecture robuste et génère la confiance dans l'ensemble du système et dans les processus connexes de maintenance et de développement.
Que de belles paroles ! La sécurité et la stabilité, deux éléments centraux de la politique d'
évaluation des services des registres (points 1.2 et 1.3), à peine réaffirmés (point
ii. Ensuring stability and security in an environment of increased threats) dans un document publié par l'
ICANN sur sa planification stratégique 2007-2010 il y a ... 3 jours !!!
Autant de raisons pour lesquelles Paul Twomey, président de l'ICANN, avait envoyé le 3 octobre 2003 une lettre à Verisign pour enjoindre la société de
cesser le déploiement de son service. Une position de l'ICANN qui est à l'origine du procès que lui a intenté
Verisign le 26 février 2004, procès qui, en dépit du fait que
Verisign ait initialement perdu, fut suivi par d'autres affaires, le tout s'étant terminé le
24 octobre 2005 par un règlement « à l'amiable » qui énonce : «
Whereas, the proposed settlement agreement enters ICANN and VeriSign into a new .COM Registry agreement intended to balance innovation and business certainty with the need to ensure competition, security and stability in the domain name system. »
Voilà donc comment SiteFinder est la cause indirecte du renouvellement du contrat de Verisign comme registre des .COM et .NET... Où l'on notera également que la notion de "compétition" vient s'adjoindre, sans tambour ni trompette, à celles de sécurité et de stabilité... De là à penser que les changements proposés aujourd'hui avec les registres .ORG, .INFO et .BIZ ne sont que les préalables pour faire un nouveau pont d'or à Verisign à l'échéance de l'actuel contrat (sur quels motifs en effet refuser à Verisign ce qui a été si gentiment accordé aux autres registres), il n'y a qu'un pas...
Ceci étant, c'est probablement là où l'ICANN rejoint l'avis de M. Mevzek, en positionnant la compétition ... à côté de la plaque. CQFD !
[Début]* * *
III. au moyen d'informations non vérifiables (incertitude)
Cet article naît en réponse à cette allégation stupide de M. Mevzek : «
2) avoir une *interprétation* biaisée d'un document flou par essence, de l'ériger comme vérité universelle non discutable, et de la propager de blog en blog, ce qui s'apparente ni plus ni moins qu'à du FUD »
Comme je viens de le montrer, je l'espère, au moyen d'informations parfaitement vérifiables, je l'espère aussi, le contrat *proposé* par l'ICANN n'est pas flou du tout, il n'y a pas besoin d'être avocat pour l'interpréter, et si quelqu'un l'a érigé comme «
vérité universelle non discutable » c'est moins du côté du soussigné que de l'ICANN qu'il faut chercher.
Je ne suis pas à court d'arguments (affirmer par exemple que «
les clients ont le choix de l'extension de leur domaine » est tout à fait partiel et contestable) (affirmer encore «
augmenter les prix, globablement, oui, certains pourront être tentés..., mais différencier j'en doute très fortement. », pourquoi le leur permettre, alors ?), mais inutile de poursuivre au risque de fatiguer davantage mon lectorat, qui se fout des querelles de chapelle. Je crois juste avoir réuni « un faisceau documentaire » suffisamment étoffé pour tracer les contours de ce qui se prépare si l'opposition à l'ICANN ne réussit ni à faire entendre sa voix ni à faire valoir ses droits. J'accepte certes qu'on me contredise, il ne manquerait plus que ça, mais sûrement pas avec des paroles en l'air qui ne s'appuient que sur ... du vent.
Quant à ma tentative de diffuser l'information, mon but n'a jamais été de «
la propager de blog en blog », comme il m'en prête faussement l'intention, à moins qu'on ne puisse qualifier de blogs le Monde, l'Expansion, l'Express, le Nouvel Obs, 01.net (qui se plaint pourtant de ce que l'
Europe est peu concernée par la gestion de l'Internet...), Netéco, Branchez-vous.com, le Journal du Net, etc., autant d'organes de presse que j'ai contactés directement sans recevoir la moindre réponse.
Je pense seulement qu'il s'agit d'une information cruciale, aux implications gigantesques et incalculables, en l'état actuel de la proposition, et je le répète, je trouve incompréhensible et coupable qu'elle ne trouve pas plus d'écho sur le Web francophone. Je remercie donc toutes les personnes qui l'ont relayée. Quant aux autres, loin de moi l'idée d'être plus royaliste que le roi. Après tout, chacun est assez grand pour se faire sa propre opinion.
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