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lundi 6 mars 2006

Google est bien plus qu'un simple moteur de recherche...



Google : en attendant GDrive... (31 janvier 2009)

(GDrive se profile à l'horizon)
(GDrive : mise à jour - 11/07/2006)

Il y a tout juste une semaine, George Reyes, Directeur financier de Google, a fait une frayeur aux analystes financiers, les pauvres, juste parce qu'il a osé prononcer l'hérésie suivante :
« Il est clair que nos rythmes de croissance ralentissent. Nous allons devoir trouver d'autres moyens pour monétiser l'activité. »
Déclaration qui a fait boule de neige à Wall Street et déclenché l'avalanche sur l'action Google, qui aurait perdu près de 8% dans la journée.
Bon, les petits porteurs devront cependant se consoler, même si ce sera dur, vu qu'elle avait gagné près de 400% depuis l'introduction en bourse au mois d'août 2004.

Comme quoi, il en faut peu pour faire peur aux financiers !
Pourtant Eric Schmidt, PDG, a dû mettre la main à la pâte et rassurer ces braves gens en leur laissant entendre que Google était prêt à atteindre le cap des 100 milliards de dollars, et de leur distiller une phrase comme ils aiment, du genre :
« Je vous laisse juger s'il s'agit de 100 milliards de dollars de capitalisation ou de chiffre d'affaires. »
Une dépêche de Reuters immédiatement reprise en boucle un peu partout, à peu près la seule info qu'on trouve sur le Web francophone. AMHA, si ça intéresse quelqu'un, il se référait tout simplement à la capitalisation de la société, pour laquelle le challenge est de bâtir l'infrastructure correspondant à la valeur de l'entreprise, un enjeu inscrit au point 5. des priorités stratégiques pour 2006.

Or attention ! une info peut en cacher une autre, qu'apparemment Google a laissé filtrer de façon involontaire dans un premier temps, avant de faire marche arrière pour tenter de dissimuler l'affaire. J'ai nommé G:Drive. Comme souvent sur Internet, difficile de rattraper les erreurs, même pour Google.

Tout tourne autour de la communication faite lors du Google Analyst Day, dont une première version au format PPT a été mise en ligne, vite retirée de la circulation et remplacée par la même présentation en PDF, la différence étant que dans cette dernière les notes ont disparu. Or même si la version disponible garde tout son intérêt, les notes valent leur pesant d'or. Heureusement, grâce à la vigilance de Greg Linden, il est encore possible de reconstituer la petite histoire dans la grande !

Avec d'abord le positionnement de la marque, qui a construit - et continue - son leadership dans la recherche autour de 4 grands thèmes :
  1. la rapidité de la recherche
  2. l'exhaustivité et la fraîcheur de l'information
  3. la pertinence
  4. l'interface utilisateur

Avec ensuite, au coeur de la philosophie Google, l'approche "Aucune contrainte", qui se décline initialement autour de 4 postulats :
  1. Pas de contrainte de puissance de traitement
  2. Pas de contrainte de capacités de stockage
  3. Pas de contrainte de bande passante
  4. Pas de contrainte liée à la monétisation des services...
Avec enfin les produits/services offerts au consommacteur (un peu d'interactivité sied bien en la circonstance...), qui s'appuient sur 3 piliers :
  1. la vitesse (un leitmotiv chez GG)
  2. le stockage intégral des données de l'utilisateur
  3. la transparence de la personnalisation

Le deuxième volet, Store 100% of User Data, que Google nomme expressément GDrive dans ses notes, retiendra plus particulièrement notre attention, un concept qui n'est pas nouveau, puisqu'on en retrouve trace dès novembre 2005, ici, , ou encore, mais qui pourrait bien prendre une nouvelle dimension sous peu :
Stocker 100 % des données utilisateur

Le stockage illimité nous permettra d’héberger l’ensemble des fichiers des utilisateurs : courriels, historiques Web, images, signets, etc., pour les rendre accessibles depuis n'importe quelle application ou plate-forme.
Tous les efforts que nous avons déployés dans ce sens, avec des projets tels que GDrive, GDS ou Lighthouse, se sont heurtés jusqu’à présent aux contraintes imposées par des capacités de bande passante et de stockage limitées. À titre d’exemple, les développeurs de Firefox travaillent actuellement sur le stockage des données côté serveur, même s’ils n’envisagent d’emmagasiner que les URL et non pas l'intégralité des pages Web, pour des motifs de place.
Ce projet va nous permettre d’alléger le côté client pour concentrer toute la puissance côté serveur (thin client, thick server), un modèle qui renforce nos atouts vis-à-vis de Microsoft tout en offrant davantage de valeur ajoutée à l'utilisateur.
De plus, avec le 100 % stockage, la version en ligne de vos données va devenir votre copie de référence, votre original, alors que la version stockée sur votre ordinateur local fera plutôt fonction de cache, avec pour conséquence, et non des moindres, que les copies de vos données seront davantage sécurisées en ligne que sur votre propre ordinateur.
Une autre implication de ce projet est que 100 % des données utilisateur stockées sont mieux valorisées sur Internet, dès lors qu’elles sont accessibles et interopérables d’une application à l’autre. Exemple : un profil d'utilisateur Orkut devient plus intéressant s'il est accessible depuis Gmail (carnet d'adresses), depuis Lighthouse (liste d’accès), etc.
À noter que j'ai traduit Golden copy par copie de référence en m'inspirant de ce billet, en anglais, que je trouve particulièrement éclairant sur la question.
À propos de Lighthouse, il se pourrait qu'il s'agisse d'une interface en ligne mettant à disposition de l'utilisateur un système de récupération de l'information basée sur le Web, tel que décrit en 2000 par Anton Leuski et James Allan dans une étude intitulée « Lighthouse: Showing the Way to Relevant Information » (PDF téléchargeable). Simple supputation. [Début]

Un dernier point intéressant concerne l'évolution de Google selon ... Google :


Observez le petit carré noir, en bas à droite : SOFTWARE ! Car comme le dit justement Philipp Lenssen, une fois que cette solution de stockage aura été mise en oeuvre, l'étape successive sera la suite logicielle sur le Web, comme qui dirait un Web Word, Web Excel, Web Power Point et ainsi de suite, mais sans Microsoft...

Enfin, heureusement que Bill comprend l'anglais ! :-)

* * *

Conclusion provisoire : tout cela va dans le sens de l'histoire et du Web 2.0 (voir aussi ce billet en français), puisque « demain (pour ne pas dire aujourd'hui) le fonctionnement de tous les ordinateurs sera basé sur le Web, sans lequel ils n'auraient plus vraiment leur raison d'être » (mon commentaire à un billet d'Olivier Andrieu). La seule chose dont on est sûrs, c'est que dans 3 ans, Google sera encore là, et bien là. Il suffit de voir le dernier épisode en date de la saga pour s'en faire une idée...


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