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jeudi 18 février 2010

Search Alliance entre Microsoft et Yahoo!


Après avoir traité en long en large et en travers, en 2008-2009, la fusion manquée Microsoft - Yahoo!, le partenariat sur la recherche entre les numéros 2 et 3 de l'Internet, annoncé en juillet dernier (voir les détails...), est sur le point d'être mis en œuvre, puisque les autorités américaine et européenne ne s'opposent plus à l'intégration entre les deux.

Donc, dans les semaines qui viennent, Yahoo serala régie exclusive des annonceurs achetant des liens sponsorisés premium aux deux sociétés” en intégrant ses pubs dans les pages de résultats fournis par Microsoft, comme l'explique la figure suivante :

avant d'affiner de plus en plus l'intégration.

Ceci étant, vu que la division des rôles entre les deux varie selon les infos, le mieux est d'aller puiser à la source officielle :
Lorsque la Search Alliance sera implémentée, Yahoo! et Microsoft continueront d'offrir à leurs visiteurs une recherche différenciée, mais Microsoft gérera la plateforme technologique qui fournit l'algorithme de recherche (propulsé par Bing) et les résultats payants (via adCenter).

Selon les segments d'appartenance des annonceurs, Yahoo! prendra en charge les grands comptes, les agences de référencement, les revendeurs et leurs clients, tandis que Microsoft s'occupera des annonceurs indépendants et utilisera adCenter comme plateforme de pub pour toutes les campagnes de recherche.

L'inventaire publicitaire sera commun à Microsoft, Yahoo! et leurs partenaires respectifs...


[Une version française est maintenant disponible]
Dont Facebook ! J'imagine aussi que Ballmer doit regarder Twitter d'un œil très intéressé...

Comme l'explique le communiqué de presse, la transition devrait s'achever avant la fin de l'année, avec essentiellement pour cible les annonceurs US...

En gros, l'idée derrière le deal peut être reprise dans les « quatre piliers » énoncés par Ballmer pour la fusion, rapportés au seul volet de la recherche :


avec des synergies pointant essentiellement vers les dollars des annonceurs (et, espérons-le aussi, sur la pertinence des résultats...) :


On pourra déjà faire un premier bilan en fin d'année, même si, d'ores et déjà, avec la progression constante de Bing, notamment grâce à son intégration récente dans Facebook (qui a fini par dépasser Yahoo!), Microsoft avance - lentement mais sûrement - dans la réalisation de son programme "10, 20, 30, 40"...

En tout cas, vu les chiffres actuels, il est clair désormais que la recherche sur Internet se limite à un duopole, Google vs. Microsoft : bloc contre bloc, l'internaute au centre...



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P.S. Quant à l'avenir de Yahoo! maintenant, c'est un autre problème...



Il est peut-être bon de citer in extenso le communiqué de la CE :
La Commission européenne a autorisé, en vertu du règlement européen sur les concentrations, le projet d’acquisition des activités de recherche en ligne de Yahoo! Inc. et des annonces liées à ces recherches par Microsoft. Elle a conclu que cette concentration n’entraverait pas de manière significative l’exercice d’une concurrence effective dans l’Espace économique européen (EEE) ou une partie substantielle de celui-ci.

Microsoft exerce des activités au niveau mondial dans la conception, le développement et la vente de logiciels informatiques et la prestation de services connexes.

Les activités de recherche de Yahoo faisant l'objet de la présente opération comprennent la recherche en ligne et les annonces liées à ces recherches, y compris la plateforme d'annonces liées aux recherches en ligne de Yahoo, Panama. En vertu des accords conclus entre Microsoft et Yahoo, Microsoft acquerra une licence exclusive de dix ans sur les technologies de recherche développées par Yahoo. Microsoft utilisera également le personnel travaillant pour le moteur de recherche en ligne et pour les annonces liées à ces recherches de Yahoo. Microsoft deviendra le fournisseur exclusif de résultats de recherche en ligne de Yahoo et d'annonces liées à ces recherches. En contrepartie, Microsoft conservera 12 % des recettes générées par les recherches effectuées sur les sites de Yahoo et de ses partenaires pendant les cinq premières années des accords et reversera 88 % de ces recettes à Yahoo au titre des coûts d’acquisition de trafic.

Dans l'EEE, les activités de recherche en ligne et des annonces liées à ces recherches de Microsoft et de Yahoo sont très limitées et leurs parts de marché cumulées demeurent généralement inférieures à 10 %. À l'inverse, Google détient généralement des parts de marché supérieures à 90 %.

Selon Microsoft, le fait d'acquérir les activités de recherche en ligne de Yahoo et d'augmenter ainsi sa taille dans le domaine des annonces liées à ces recherches lui permettra de concurrencer Google d'une manière plus crédible et d'apporter une plus grande valeur ajoutée aux annonceurs. L'enquête de marché de première phase menée par la Commission a montré que la taille est un élément important pour être un concurrent crédible en matière d'annonces liées aux recherches en ligne.

La Commission a également examiné l'incidence éventuelle de cette concentration sur les différents acteurs du marché, notamment les utilisateurs de moteurs de recherche en ligne, les annonceurs, les éditeurs en ligne et les fournisseurs de technologies de recherche. L'enquête de marché de première phase menée par la Commission a montré que non seulement ces opérateurs n'attendent pas d'effets négatifs de ce rachat sur la concurrence ou sur leurs activités, mais qu'ils en espèrent au contraire un renforcement de la concurrence dans le domaine de la recherche en ligne et des annonces liées à ces recherches en permettant à Microsoft de concurrencer plus efficacement Google.

L’opération a été notifiée à la Commission en vue de son autorisation le 15 janvier 2010.

De plus amples informations sur cette affaire sont disponibles à l’adresse suivante.


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jeudi 10 septembre 2009

Google vend des vieux journaux !


En écrivant Google cherche dans les vieux journaux ! il y a une semaine, je n'imaginais pas que cette info allait sortir dans la foulée : Google va faire l'infomédiaire, ou le courtier d'infos, si vous préférez :


En clair :
  1. le courtier (Google) indexe le contenu du vendeur (le journal) ;
  2. l'acheteur (l'internaute) fait sa recherche et obtient dans les résultats un article payant ;
  3. l'internaute achète l'article payant ;
  4. le courtier (Google) met l'article payant à disposition de l'acheteur (vous et moi) ;
  5. Google enregistre sa commission et encaisse l'argent, via Checkout, puis crédite le compte du vendeur.
Dans la soumission présentée en réponse à l'appel d'offres de la Newspaper Association of America, Google souligne quelques passages clés :
Au-delà des dispositifs de micro-paiement, l'utilisateur doit savoir que le produit existe. Donc dans le cas du contenu payant, la découverte et la distribution de ce contenu sont des aspects encore plus importants que pour le contenu libre, vu l'audience de niche que représentent les abonnés potentiels d'un journal.

Beyond the mechanics of any payment system, users must know the product exists. Discovery and distribution are just as, if not more, important to premium content as they are to free content given the smaller audience of potential subscribers.
Sur la présentation des articles à l'internaute, Google prévoit :
  • Les journaux pourront fournir un aperçu ou une page de destination indexable, disponible à l'internaute via la recherche de Google ou via Google News. (Publishers can provide a preview or landing page for Google to crawl, consistent with what end-users see. This is available to users of Google Search and News.)
  • Les journaux pourront permettre à Google d'indexer leurs archives, y compris le contenu payant, accessible à l'internaute soit en prévisualisation soit après paiement. Un bouton "abonnement" signalera ce contenu dans Google News. (Publishers can allow Google's crawlers full access to their premium content, but maintain a paywall or preview mode for users. This content is marked as "subscription" in Google News.)
  • Les journaux pourront permettre un premier accès libre à l'intégralité de l'article, une sorte de produit d'appel pour inciter le lecteur à passer ensuite au contenu payant. (Publishers can provide free access to the first full article via our "First Click Free" program, which treats premium content as "free" in Google News and Search, but requires payment once users navigate away from the first article.)
L'autre modalité d'accès prévue est via flux RSS, à partir des quelque 25 000 sources auxquelles s'abreuve Google News partout dans le monde. L'habillage personnalisé des flux sera également possible :
News publishers can decide to package their content (or a rich preview thereof) with appropriate branding and advertising units and encourage third parties (e.g., other newspapers) to host the syndicated content package, exposing it to a broader audience. Publishers would derive revenue from advertisements embedded in the syndicated package, as well as traffic from the embedded links back to the publisher.
Des widgets permettront enfin de proposer les flux sur les sites et les blogs, y compris pour le contenu payant achetable directement depuis le widget :
In the case of premium content, the syndicated content would only contain a free preview, and would embed monetization units for micropayment and subscription. In addition to providing e-commerce and advertising platforms to support publishers' content, Google can provide the technology for convenient syndication and embedded hosting of the content-monetization components on third party sites.
Donc lorsque l'on voit les capacités de Google, non seulement d'indexer, mais surtout, de présenter les résultats, on comprend bien comment tout cela s'intègre parfaitement dans la stratégie, pardon : la mission de Google.

Comme ils le précisent dans le document, si besoin était :
Google's mission is to organize the world's information and make it universally accessible and useful. This applies to all information -- paid and free.
Pour rappel :
La mission de Google consiste à organiser l’information mondiale – toute l’information, et pas seulement une partie – et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable, dans toutes les langues, tous les pays, et sur tous les supports, en ligne et hors ligne : Internet, téléphonie mobile, presse, édition, vidéo, photo, cinéma, télévision, radio, affichage, annuaires papier, etc.
Toute l'information : gratuite ET payante...


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jeudi 3 septembre 2009

Google cherche dans les vieux journaux !


C'est une première ! Tout au moins pour moi, puisque j'en avais vaguement entendu parler mais je n'avais encore jamais vu comment ça marche, ni le résultat des archives de Google News intégré dans les pages de résultats normales.

En googlant (oui, je sais...) "Michio Watanabe" + lockheed, je clique sur ces deux liens :

qui sont respectivement en 12e et 13e position sur la page que j'obtiens (préférence fixée à 100 résultats et non pas 10).

Le moteur fouille donc dans les archives de Google News et permet la consultation d'articles qui seraient autrement introuvables.

Voyons le premier lien : -http://news.google.com/newspapers?nid=1370&dat=19890217&id=EpQVAAAAIBAJ&sjid=YgsEAAAAIBAJ&pg=4260,3318706

Les deux premières composantes de l'URL indiquent vraisemblablement le journal (nid=1370 : Manila Standard) et la date (dat=19890217 : 17 février 1989), et les autres l'ID de l'article et la page du journal sur laquelle il se trouve.

L'encadré violet de la vignette en haut à droite signale l'emplacement de la page que vous êtes en train de consulter (qu'on peut déplacer avec la souris, comme sur Google Maps), et sur la barre horizontale supérieure on trouve le lien clicable de l'édition (en cliquant vous arrivez sur la Une du journal), et à droite la possibilité de zoomer ainsi que le numéro de la page par rapport au nombre total de pages (p. 152 sur 288, dans ce cas).

Idem pour le second lien, The Age daté du 13 septembre 1982, page 20 sur 37.

Dans les deux cas aucun article connexe n'est signalé, et on peut éventuellement signaler si la page est illisible.

Avez-vous déjà fait cette expérience de recherche avec des journaux français ?

En visitant directement le site en français, j'ai fait un test avec "traduction" :

J'obtiens 55 300 résultats, et sur les trois décennies 1980-2009, on voit bien le volume de la requête par période.

En sélectionnant l'encadré bleu sur 1982, il suffit de cliquer pour obtenir les résultats de la requête "traduction" sur la période concernée :

Avec cette fois le volume mensuel des résultats...

Ah ! Google, si on t'avait pas, il faudrait t'inventer !


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vendredi 30 janvier 2009

Google : en attendant GDrive...

Qui risque d'arriver plus vite que Godot...

Depuis bientôt 4 ans qu'on en parle (dès novembre 2005, ici, , ou encore), Google poursuit sa stratégie, imperturbable. Pour mémoire, rappelons que le leadership du moteur tournait (et tourne toujours...) autour de 4 grands thèmes :
  1. la rapidité de la recherche
  2. l'exhaustivité et la fraîcheur de l'information
  3. la pertinence
  4. l'interface utilisateur
Avec au cœur de la philosophie Google l'approche "Aucune contrainte" se déclinant initialement autour de 4 postulats :
  1. Pas de contrainte de puissance de traitement
  2. Pas de contrainte de capacités de stockage
  3. Pas de contrainte de bande passante
  4. Pas de contrainte liée à la monétisation des services...
Plus une offre de produits/services à l'internaute s'appuyant sur 3 piliers :
  1. la vitesse (un leitmotiv chez GG)
  2. le stockage intégral des données de l'utilisateur
  3. la transparence de la personnalisation

Le deuxième volet, Store 100% of User Data, expressément nommé GDrive par Google dans ses notes, était on ne peut plus explicite :
Stocker 100 % des données utilisateur

Le stockage illimité nous permettra d’héberger l’ensemble des fichiers des utilisateurs : courriels, historiques Web, images, signets, etc., pour les rendre accessibles depuis n'importe quelle application ou plate-forme.
Tous les efforts que nous avons déployés dans ce sens, avec des projets tels que GDrive, GDS ou Lighthouse, se sont heurtés jusqu’à présent aux contraintes imposées par des capacités de bande passante et de stockage limitées. À titre d’exemple, les développeurs de Firefox travaillent actuellement sur le stockage des données côté serveur, même s’ils n’envisagent d’emmagasiner que les URL et non pas l'intégralité des pages Web, pour des motifs de place.
Ce projet va nous permettre d’alléger le côté client pour concentrer toute la puissance côté serveur (thin client, thick server), un modèle qui renforce nos atouts vis-à-vis de Microsoft tout en offrant davantage de valeur ajoutée à l'utilisateur.
De plus, avec le 100 % stockage, la version en ligne de vos données va devenir votre copie de référence, votre original, alors que la version stockée sur votre ordinateur local fera plutôt fonction de cache, avec pour conséquence, et non des moindres, que les copies de vos données seront davantage sécurisées en ligne que sur votre propre ordinateur.
Une autre implication de ce projet est que 100 % des données utilisateur stockées sont mieux valorisées sur Internet, dès lors qu’elles sont accessibles et interopérables d’une application à l’autre. Exemple : un profil d'utilisateur Orkut devient plus intéressant s'il est accessible depuis Gmail (carnet d'adresses), depuis Lighthouse (liste d’accès), etc.
(À noter que j'avais traduit Golden copy par copie de référence en m'inspirant de ce billet, en anglais, particulièrement éclairant sur la question.)

Nous voyons donc aujourd'hui que Google ne change pas de cap, notamment à la lumière de récentes initiatives concernant la vitesse, GDrive ou la personnalisation "transparente", dont Alex Chitu nous dit en concluant :
Preferred Sites is an extension of Google SearchWiki, the feature that allowed you to make per-query changes. If the feature goes live to everyone, people will be able to pick a list of authoritative sites and influence all search results.
Or j'écrivais il y a 3 ans, dans mes commentaires aux diapositives 7 et 8 :
Quant à l'expérience Wiki appliquée à la recherche, si j'interprète bien le principe des Wikis, cela signifierait permettre à chaque internaute de modifier les pages à volonté pour rendre la recherche dynamique.
Ou comment la stratégie de Google se déploie sous nos yeux...

Je suis impressionné !


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P.S. À mettre en parallèle avec l'absence quasi-totale de stratégie cohérente chez Microsoft ou Yahoo!

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lundi 10 décembre 2007

Effet de levier des marques sur les recherches

Effet de levier des marques sur les recherches

Dans une étude commissionnée par Google, intitulée The Brand Lift of Search :


Enquiro Research, grâce à sa fameuse technique d'oculométrie (eye-tracking, qui consiste à capturer les mouvements de l'œil face à l'écran), dégage trois conclusions :
  1. Investir dans la publicité de marque augmente les performances de vos résultats sur les moteurs de recherche (Your investment in brand advertising increases with search)
  2. Annoncez sur les mots clés non connotés marque et connotés marque (Advertise on unbranded and branded keywords)
  3. Personnalisez et ciblez vos pubs en fonction des prospects qui n'ont aucune affinité établie avec la marque (Tailor your ad to prospects, those with no established brand affinity)

Autre chose qui m'a frappé : il est important de "fixer" la marque dès l'URL et dans le titre du résultat (plutôt que dans sa description, et, dans celle-ci, dès les premiers mots). Car dans la traçabilité du regard, on voit bien que l'œil se pose davantage sur la marque dans l'URL !


Cela explique pourquoi on a une augmentation de 16% de la sensibilisation à la marque si celle-ci est présente dans la publicité sponsorisée placée en haut des résultats, avec une progression de 8% sur les intentions d'achat vs. une réduction de 16% lorsque la marque n'apparaît pas dans les résultats.

Et même lorsque la marque est explicitement mentionnée dans la requête de l'internaute, sa présence dans la pub sponsorisée booste de 7% la propension à l'achat !


D'où la leçon essentielle que tire l'étude : Annoncez sur des mots clés connotés marque !

Un enseignement dont Google sera satisfait puisque, traduit en clair, ça veut dire "investissez davantage dans les AdWords (et enchérissez ;-)".

Ce que vous confirmera tout bon référenceur : le positionnement contextuel dans les moteurs dépend toujours du binôme liens sponsorisés + liens organiques. Juste une autre manière de pousser un peu le marketing viral...


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vendredi 28 juillet 2006

Internet media à part entière : comparatif et mise en perspective


Après le billet écrit il y a une dizaine de jours sur Internet 2010 : prospective et mise en perspective, un article récemment publié sur BrandWeek, signé Mike Shields, me donne l'occasion de revenir sur certaines perspectives d'Internet à l'horizon ... 2011, c'est-à-dire dans un tout petit lustre.

Jupiter Research prévoit une forte croissance des dépenses publicitaires en ligne aux États-Unis dans les 5 ans à venir, pour atteindre 25,9 milliards $ en 2011, soit environ 9% de l'ensemble du marché publicitaire du pays. Quant aux dépenses consacrées par les acteurs économiques pour promotionner leurs produits/services sur les résultats des moteurs de recherche, elles vont passer de 41% à 43% des sommes investies en ligne sur la même période, la recherche se plaçant au premier rang des sources de revenus.

Des chiffres à rapprocher des statistiques que j'ai données dans mon précédent billet (tout en veillant à ne pas confondre e-commerce au sens large et dépenses publicitaires en ligne, celles-ci n'étant qu'une partie de celui-là), et à comparer à ceux de Yahoo, qui prévoit au niveau mondial 54,9 milliards $ en 2010 !

* * *

Bien qu'il soit difficile de faire un parallèle en prenant pour référence des pays différents, une étude récente conjointe TNS Media Intelligence et IAB (Internet Advertising Bureau), qui analyse la pub online en France, publie des chiffres qui donnent à réfléchir : près d'1 milliard d'euros d'investissements publicitaires sur le Web durant les premiers mois de 2006, soit une croissance de 57 % par rapport au même semestre 2005, avec la répartition sectorielle suivante :
  • voyage + tourisme : 29,7 %
  • informatique : 29,3 %
  • équipements sportifs : 25,2 %
  • télécommunications : 18,6 %
  • audiovisuel, photo, cinéma : 14,9 %
  • services : 11,8 %
  • distribution GMS (grandes et moyennes surfaces) : 7,6 %
Sources : données compilées à partir des différentes dépêches qui circulent, dont la plupart, soit dit en passant, se contentent de répéter ce que dit le voisin sans un minimum d'analyse. Ce n'est pas le cas d'Adscriptor, merci bien, qui souffre cependant d'une asymétrie de crédibilité dans l'information...

À comparer avec le tableau suivant, publié dans le baromètre du Journal du Net en juin 2006 :


Source : AdNetTrack / TNS Media Intelligence

Côté sites supports publicitaires, les trois premiers seraient Orange, Yahoo et MSN. Ceci étant, l'étude ne prend pas en compte les liens sponsorisés, et, donc, Google, qui est premier, selon Médiamétrie (audience de l'Internet en France en juin 2006), loin, loin devant Orange, avec près de 4 millions de visiteurs uniques en plus sur juin, une paille :


Pour la rime, une lacune de taille...

Côté comparatif avec l'étude américaine, en France aussi Internet s'accapare 9 % du marché publicitaire tous médias confondus, et aux États-Unis comme ici, le marché de la vidéo en ligne explose, puisque selon Forrester, les investissements dans le « rich media » vont connaître des taux de croissance annuels compris entre 21 et 27% au cours des cinq prochaines années, un « épanouissement » total, pour reprendre le terme de M. Jérôme de Labriffe, Président d'IAB France.

* * *

Conclusion

Parenthèse de paléontologie numérique :

Durant mes recherches pour rédiger ce billet, je suis tombé sur cette déclaration, qui remonte à un peu plus ... d'un lustre :
En 2000, l'Internet serait devenu le sixième grand média.
Toutefois, la publicité en ligne est-elle, dès aujourd'hui, une véritable source de chiffre d'affaires, tant en France que dans le reste du monde ? N'y a t-il pas pour l'heure un engouement spéculatif entretenu autour du Réseau des réseaux ?
L'étude de marché (Octobre 2000), intitulée La publicité sur internet, semble encore disponible pour la modique somme de 442 €, si ça vous intéresse...

Et cette autre :


Si vous vous demandez quels sont les 5 grands médias traditionnels :

1. Presse
2. Cinéma
3. Radio
4. Télévision
5. Affichage


Au moins, à présent nous connaissons la réponse ! Toutefois, la chose qui me rend perplexe, c'est qu'aujourd'hui on entend les mêmes propos circonspects sur les blogs (je vous prépare d'ailleurs un petit billet de derrière les fagots sur la question), qui ne laissent de me faire sourire. J'ai lu quelque part que pour ses études futures, le IAB a prévu de mieux segmenter les catégories de sites supports. Si vous voulez l'avis du soussigné, cher Monsieur de Labriffe, prenez en compte les blogs, ils sont appelés à un bel avenir, pérenne et prometteur :-)

Lien connexe : Internet 2010 : prospective et mise en perspective



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samedi 15 juillet 2006

Internet 2010 : prospective et mise en perspective


Stats

Internet, c'est la loi des grands nombres, le pays des merveilles du statisticien, l'Himalaya des sondages, ça grimpe et ça descend, un pic à droite, une chute à gauche, aïe, le sondé s'est fait mal, heureusement qu'il avait son assurance, des chiffres et des courbes, vous prenez les mêmes et vous leur faites dire noir ou blanc, parfois gris, c'est selon, toujours la vieille histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein...

Exemple récent : suite au billet de Hitwise, annonçant que MySpace devient le n° 1 mondial des sites Internet (MySpace Moves Into #1 Position for all Internet Sites), Yahoo rétorque informellement et immédiatement qu'il n'est pas question de mélanger les torchons et les serviettes (ce dont Hitwise se défend), que tout cela est faux, MySpace ne réalisant QUE 52 millions de visiteurs uniques par mois, alors que Yahoo! en engrange 129 millions tous sites propriétaires confondus. C'est le monde à l'envers, un peu comme si Eric Schmidt vous disait qu'il est numéro 1 de Yahoo! Et d'ailleurs il le dit, puisque son adresse de courriel n'est autre que EricSchmidt1@yahoo.com, ce qu'on appelle avoir le sens de l'humour...

Bon, après tout, que représente vraiment une différence de 77 millions de visiteurs ? Adscriptor les fait en un jour (j'en profite pour tous vous remercier chaleureusement), probablement Loïc Le Meur en une heure, et Google à la seconde, on va pas se chamailler pour si peu :-)


Ce qu'on appelle l'effet Zidane, ou les inédits de Zinedine : après la Google Dance, voilà la danse du coup d'boule (l'original), et ne vous inquiétez ni pour Materazzi ni pour les maux de tête, Google pense même à l'aspirine :-)
S'il est vrai que Page & Brin cherchent toujours à recruter les meilleurs, là ils tiennent une recrue de choix ! Libre, qui plus est...

* * *

Pour en revenir à nos moutons, puisqu'il s'agit de compter, les chiffres ont leur importance, dès lors qu'ils finissent toujours par se traduire en espèces sonnantes et trébuchantes. Or que nous disent-ils, ces chiffres ?

Parmi les sources de première main que j'ai consultées, il y en a une qui m'impressionne particulièrement, c'est le prospectus mis au point par Go Daddy pour son introduction en bourse. Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire à maintes reprises, les documents rédigés à l'intention des analystes financiers et des investisseurs ou acheteurs potentiels sont les plus pointus, et pour cause : il s'agit de convaincre et convaincre encore, en se basant sur des faits et, donc, des chiffres. C'est ainsi que le document de GoDaddy nous réserve quelques surprises, notamment sur la croissance d'Internet à l'horizon 2010 :
Selon Euromonitor International, le nombre d'internautes, estimé à 1,2 milliard dans le monde en 2005, devrait toucher près de 2,2 milliards en 2010 (prévisions supérieures à celles de Yahoo), soit une croissance annuelle d'environ 13%. Par ailleurs, notamment du fait de la montée en puissance du haut débit, ces mêmes internautes passent de plus en plus de temps en ligne, un temps dont la durée a presque doublé entre 2000 et 2005 aux États-Unis (U.S. Census Bureau).
(...)
Selon Zooknic, l'Internet comptait à peu près 94 millions de domaines enregistrés dans le monde au 31 décembre 2005, un chiffre qui, en 2010, devrait atteindre 240 millions de noms de domaine (taux de croissance annuelle de 21%).
Or aux États-Unis, selon IDC
(qui est tout de même l’un des pays les plus informatisés, et sans aucun doute le continent le plus informatisé de la planète - NdT), sur 8,1 millions d'entreprises de moins de 100 salariés (hors secteur SOHO), moins de 60% d'entre elles ont un site Web, ce qui signifie que 3,3 millions de sociétés U.S. n'ont pas encore de site ! Quant aux TPE-microentreprises (secteur SOHO), IDC estime leur nombre à 14,7 millions en 2005, dont moins de 30% seulement ont un site Internet.
(...)
Et toujours selon IDC l'e-commerce, dont le volume économique est évalué à 3 800 milliards $ en 2005, devrait globalement générer 8 500 milliards de dollars en 2009, soit un taux annuel soutenu de 22%.
Ajoutons à cela deux chiffres communiqués par Gilles : 12% du temps d'un internaute est passé à faire des recherches (400 milliards de recherches par an...), et 50% de la publicité sur internet est sur les moteurs de recherche, ce qui nous donne un marché publicitaire énorme, en pleine évolution, et des dérives qui ne le sont pas moins...

Cap vers 2010, donc, nous verrons bien si perspectives et réalité font bon ménage, puisque sur Internet il arrive parfois que la prospective soit largement dépassée par les faits ! [Début]

Lien connexe : Internet média à part entière : comparatif et mise en perspective


[MàJ - 16 juillet 2006] À propos des quelque 14 millions de petites et microentreprises nord-américaines n'ayant pas encore de présence Web (secteurs SOHO et hors SOHO), ne pas oublier que ça représente un marché considérable pour tous les ténors de la recherche et de la pub. C'est dans ce sens que doit être interprétée la décision récente de Verizon de créer une spin-off à partir de sa branche Pages Jaunes U.S. sur papier et Internet pour permettre l'accès gratuit à ses annuaires, en vue de les monétiser dans un deuxième temps, il va sans dire :
Verizon Communications Inc. (NYSE:VZ) today announced the filing of a Form 10 registration statement with the Securities and Exchange Commission in a step toward a proposed spin-off of Verizon’s domestic print and Internet yellow pages directories to its stockholders.
Source : ZDnet. Comme conclut l'article : les intérêts stratégiques de Google (déjà partenaire de Verizon pour mettre ses AdWords sur Superpages.com), amèneront-ils la firme de Mountain View à participer à l'affaire ? On peut penser que oui...

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jeudi 18 mai 2006

Le marché de la recherche sur Internet estimé à près de 400 milliards de requêtes par an !


Analyse du marché de la recherche sur Internet
Volet monétisation de ce même marché

Après m'être longuement exprimé sur le Google Analyst Day 2006, je voudrais aujourd'hui aborder le Yahoo! Analyst Day 2006, qui s'est tenu hier.



De plus, des trois géants de l'Internet que sont Google, Yahoo et Microsoft (GYM pour les intimes, ça rime !), je parle très souvent du premier, un peu moins souvent du dernier, et jamais de Yahoo!
Or voilà plusieurs jours que les actualités que je vois ici et là me suggèrent de consacrer un long billet au portail, mais je n'ai pas encore réuni toutes les infos que je souhaite.

Cependant deux articles publiés sur le blog de SearchEngineWatch.com, l'un consacré à la présentation de Jeff Weiner, vice-président senior en charge du secteur Recherches et Places de marché, et l'autre à celle de Tim Cadogan, vice-président Recherches, me donnent déjà du grain à moudre.

Le premier avec son analyse du marché de la recherche sur Internet, le second avec le volet monétisation de ce même marché.

Les chiffres cités sont extraits du premier article, qui est lui-même un compte-rendu de la présentation. [Début]

* * *

Selon Jeff Weiner, les estimations concernant la taille et les spécificités du marché de la recherche sur le Web sont les suivantes :
  • 1 milliard de requêtes par jour dans le monde, soit près de 400 milliards par an si l'on compte l'évolution exponentielle du marché
  • plus fort taux de croissance en Asie
  • volume d'affaires estimé de 15 milliards de dollards pour 2006 dans les liens sponsorisés
Quant aux facteurs de différenciation du marché, outre le facteur qualitatif, l'expérience utilisateur, la verticalisation de la recherche et les recherches multimédias, ce qui caractérise davantage Yahoo est son engagement dans la recherche sociale, ou recherche communautaire, comme on voudra bien l'appeler.

Puisque l'un des éléments majeurs de distinction entre la recherche d'hier et celle d'aujourd'hui, ce sont les connaissances inutilisées des internautes, d'où la stratégie mise en place par Yahoo! dans la recherche sociale, pour parvenir à une masse critique de contenu hautement qualitatif en faisant levier sur ce qu'on pourrait appeler la « navigation communautaire cognitive », notamment grâce aux groupes Yahoo, soit 6 millions de groupes pour 90 millions de membres, ce qui représente un gisement de connaissance énorme et largement inexploité : « Better search through people... »

La recherche cognitive, donc, avec Yahoo Answers et ses 10 premiers millions de réponses, mais encore avec la gestion communautaire des signets (sur les modèles bien connus de Delicious, Technorati, Digg, Flickr pour les photos, etc., sans oublier le dernier arrivant avec lequel il faudra compter : Google co-op...).

Jeff Weiner évalue la part de la recherche sociale à 30% du total, ce qui représenterait près de 300 millions de requêtes quotidiennes si l'on s'en tient aux chiffres qu'il nous fournit. À noter quand même que la source est de première main ! [Début]

* * *

Passons maintenant au volet monétisation de ce marché.

Jeff Weiner avait déjà abordé le sujet en précisant que certaines formes de monétisation, parmi les liens sponsorisés, les campagnes médias graphiques, les parrainages, les abonnements, les places de marché dédiées à la vente, etc., seraient associées à de nouveaux produits / services liés aux recherches sur le Web.

Tim Cadogan identifie 5 priorités pour développer la rentabilité de la publicité en ligne :
  1. une plate-forme centralisée
  2. l'expérience des annonceurs
  3. la conception des places de marché
  4. l'expérience des utilisateurs
  5. la largeur et la profondeur de l'expérience annonceurs
1. Une plate-forme centralisée

Optimisation des performances en réduisant le coût des transactions, et montée en puissance du système : des millions d'annonceurs proposant des milliards d'offres pour des dizaines de milliards de pages vues par jour ! Innovation rapide et plate-forme évolutive. Nécessité d'aider les partenaires tiers qui sont aussi des acteurs de l'écosystème du monde de la recherche sur Internet.

2. L'expérience des annonceurs

Faciliter la tâche des annonceurs en personnalisant le niveau de sophistication du système proportionnellement à leur niveau d'expertise : simple pour les annonceurs moins experts, avancé pour les autres.
Deux autres éléments clés : efficacité (permettre la créativité et l'intégration transparente des pubs aux sites/pages Web des annonceurs, sur le modèle des AdWords) et géociblage.
Optimisation en fonction des objectifs, traçabilité des taux de conversion, et par conséquent optimisation des enchères et du système de budgétisation.

3. La conception des places de marché

Nouveau système de classement centré sur l'amélioration de l'expérience utilisateurs, essentiellement au niveau de la pertinence des pubs contextuelles.
Visualisation de diagrammes de qualité et d'adéquation des annonces, pour vérifier le score de chaque annonce d'après son taux de clic, et l'ajuster le cas échéant.

4. L'expérience des utilisateurs

Essentiellement la géolocalisation des pubs pour des annonces de proximité.

5. La largeur et la profondeur de l'expérience annonceurs

Offrir un service individualisé, ciblé sur chaque particulier ou chaque TPE qui veut faire des affaires sur Internet. Classement basé sur la pertinence, possibilité de tester les annonces, capacités d'édition plus rapides et conviviales, fonctionnalités statistiques et d'analyse intégrées, de prévision, de géociblage, d'aides personnalisées, etc.

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Échéancier :

Essais menés sur la plate-forme dès le troisième trimestre 2006, puis déploiement aux États-Unis et internationalisation prévue au premier trimestre 2007. [Début]



P.S. Juste une réflexion que m'inspire l'énormité des données relatives à la recherche sur Internet : c'est vraiment la loi des grands nombres qui règne sur le Web. En outre, s'il est admis que Google cumule au niveau mondial à peu près 50% des parts de marché sur la recherche, ça nous donne près de 200 milliards de requêtes qui vont transiter par Google sur l'année en cours, plus quelques autres menus détails...

Il y a vraiment de quoi méditer !


[MàJ - 19 mai 2006] Un autre chiffre mentionné dans cet article, indique que selon Yahoo, le nombre moyen de mots par requête atteindra 3,3 en moyenne sur l'année 2006 :
« Yahoo said the typical search query will increase to 3.3 words on average in 2006 »

Donc, apparemment, on se rapproche lentement mais sûrement de mes prévisions sur les co-occurrences clés ! Si cette tendance se maintient, dans 2 ans on y est... [Début]

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lundi 10 avril 2006

La pertinence des moteurs de recherche : Google vs. Exalead

Une dépêche étonnante circule depuis hier dans l'univers Internet : Google, arrivant une fois encore devant ses deux principaux concurrents, Yahoo et MSN, vient de négocier l'achat d'Orion, un nouvel algorithme de recherche sophistiqué inventé par Ori Allon, un étudiant israëlien, destiné à donner plus de pertinence textuelle aux résultats du moteur. Un signal fort !

Sur son Blog à part, Franck Poisson, ex-DG de Google France actuellement chez Exalead, y consacre deux phrases, laconique et un rien suffisant, en précisant :
La dernière acquisition de Google: un étudiant... ou plutôt ses algorithmes. Ouri Elon (sic!) programmateur d'Orion -ne cherchez pas il n'existe pas de site- a conçu un complément aux résultats par le biais d'une liste de sujets liés au mot recherché.
On avait le même en France depuis 6 ans...ça s'appelle la fonction REFINE sur Exalead
.
Je n'ai a priori aucune raison de douter de la bonne foi de M. Poisson, mais enfin, je me dis que si Google, Yahoo et MSN, les trois principaux moteurs de recherche planétaires, s'y sont intéressés, c'est quand même qu'il doit avoir du répondant l'algo de l'ami Ori ! Même s'il suscite déjà quelques interrogations légitimes...

Donc, dans cette course à la pertinence, déjà fort pertinemment (ce qui est la moindre des choses) analysée par Jean Véronis et ses élèves, ici et , je baserai ma réflexion sur la conclusion qu'en tire Jean :
« ...rien dans cette étude ne permet d’expliquer la préférence massive des internautes pour le moteur Google, puisque, globalement Google et Yahoo ont des performances à peu près équivalentes, et se détachent de leurs concurrents. Il faut donc supposer que les raisons en sont autres que des critères de pure pertinence des résultats. »
Je vais donc essayer de fournir ma propre réponse, perso, suggérée par mon « expérience utilisateur », elle-même basée sur ma seule intuition. Rien de scientifique là-dedans.

Examinons maintenant les pages d'accueil respectives et la première page de résultats des deux moteurs. Google :


Chez Google, la première chose qui me saute aux yeux c'est la simplicité, la sobriété, voire l'élégance. Un dépouillement d'autant mieux perçu que l'on connaît l'excellence qu'il y a derrière. Une qualité de l'offre servie par une image de modestie, en quelque sorte.

Exalead :


Chez Exalead, en revanche, une couleur dominante peu engageante et indéfinissable, on ne sait si c'est du vert, du bleu ou du turquoise, de la viande ou du poisson (sans mauvais jeu de mots). Avec juste en dessous quatre encadrés où s'inscrit le message suivant : « Ajouter un raccourci », d'emblée difficilement compréhensible, même si l'idée peut paraître séduisante à l'usage.
Et dessous encore des encarts publicitaires, faute de goût autant au plan graphique (apparente dissymétrie de la page) que du contenu.

Google 1 - Exalead 0

Ce que je veux en arrivant sur la page d'accueil d'un moteur de recherche, c'est un champ où saisir ma requête. Un point, c'est tout. Le reste n'est que superflu, un détournement forcé qui me déconcentre : quand j'arrive sur la page d'Exalead, mon attention est immédiatement sollicitée par ce « Ajouter un raccourci », qui me fait perdre de vue mon intention première, et je n'aime pas ça.

* * *

Passons aux pages de résultats. Google :

Version traditionnelle


Nouvelle mouture


Si vous voulez tenter l'expérience, placez-vous sur la page Google.com, copiez-collez en une seule ligne le code ci-dessous
javascript:alert(document.cookie="PREF=ID=
fb7740f107311e46:TM=1142683332:LM=1142683332:S=
fNSw6ljXTzvL3dWu;path=/;domain=.google.com")
dans la barre d'adresse de votre navigateur, tel quel, cliquez sur Entrée puis sur OK et refaites la recherche.
Chez Google, que vous visualisiez l'ancienne ou la nouvelle version, aucune discontinuité avec la page d'accueil, toujours le même amalgame de sobriété et de qualité, on s'y sent chez soi, rassuré, en terrain familier, pas d'envahisseur à l'horizon...

Exalead :


Chez Exalead, en dépit d'un effort poussé de rationalisation, c'est évident, une page-fouillis où le visiteur se sent bombardé par une multitude de messages. Pour faire un parallèle paysager, je dirais qu'il n'y a aucun espace vert (correspondance avec le blanc de Google), mais à l'opposé une nuisance visuelle qui impacte directement, en négatif, sur mon expérience de navigation.

Google 1 - Exalead 0


* * *

Conclusion

Chez Google on respire, c'est la campagne et le plein air, chez Exalead on étouffe, égaré en plein centre ville au milieu du trafic.

De plus Exalead, qui se présente volontiers comme un moteur d'avant-garde au plan technologique, souffre probablement d'être perçu par les internautes comme un moteur confidentiel, à la limite franco-français, or je doute que le slogan « small is better » soit très porteur pour un moteur de recherche qui ambitionne de jouer dans la cour des grands.

Il lui manque sûrement d'atteindre la taille critique, tant en termes d'index (même si François Bourdoncle vient d'annoncer le doublement de son index pour bientôt) que de pénétration auprès du grand public.

En outre, à l'heure où Google se diversifie à tout-va et souhaite toucher les PME en première ligne (exploiter la longue traîne), il serait peut-être bon qu'Exalead mette de côté cette image de moteur d'élite et se fasse un peu plus « peuple ».

Voilà. Mais ce n'est que le sentiment d'un internaute lambda.



P.S. Si j'avais un conseil à donner à Exalead, ce serait d'ajouter à leur fonction REFINE une nouvelle fonction AFFINER.

Affiner, selon le petit Robert : purifier, assurer le finissage, rendre plus fin, plus délicat. Contraire : alourdir, épaissir.

Google gagne le match, par 2 à 0. ;-)


Source : Philipp Lenssen

[MàJ - 12 octobre 2006] Pour être tout à fait honnête, Exalead vient de sortir une nouvelle interface tout à fait Web 2.0, simple, épurée, très agréable. Bravo !

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lundi 6 mars 2006

Google est bien plus qu'un simple moteur de recherche...



Google : en attendant GDrive... (31 janvier 2009)

(GDrive se profile à l'horizon)
(GDrive : mise à jour - 11/07/2006)

Il y a tout juste une semaine, George Reyes, Directeur financier de Google, a fait une frayeur aux analystes financiers, les pauvres, juste parce qu'il a osé prononcer l'hérésie suivante :
« Il est clair que nos rythmes de croissance ralentissent. Nous allons devoir trouver d'autres moyens pour monétiser l'activité. »
Déclaration qui a fait boule de neige à Wall Street et déclenché l'avalanche sur l'action Google, qui aurait perdu près de 8% dans la journée.
Bon, les petits porteurs devront cependant se consoler, même si ce sera dur, vu qu'elle avait gagné près de 400% depuis l'introduction en bourse au mois d'août 2004.

Comme quoi, il en faut peu pour faire peur aux financiers !
Pourtant Eric Schmidt, PDG, a dû mettre la main à la pâte et rassurer ces braves gens en leur laissant entendre que Google était prêt à atteindre le cap des 100 milliards de dollars, et de leur distiller une phrase comme ils aiment, du genre :
« Je vous laisse juger s'il s'agit de 100 milliards de dollars de capitalisation ou de chiffre d'affaires. »
Une dépêche de Reuters immédiatement reprise en boucle un peu partout, à peu près la seule info qu'on trouve sur le Web francophone. AMHA, si ça intéresse quelqu'un, il se référait tout simplement à la capitalisation de la société, pour laquelle le challenge est de bâtir l'infrastructure correspondant à la valeur de l'entreprise, un enjeu inscrit au point 5. des priorités stratégiques pour 2006.

Or attention ! une info peut en cacher une autre, qu'apparemment Google a laissé filtrer de façon involontaire dans un premier temps, avant de faire marche arrière pour tenter de dissimuler l'affaire. J'ai nommé G:Drive. Comme souvent sur Internet, difficile de rattraper les erreurs, même pour Google.

Tout tourne autour de la communication faite lors du Google Analyst Day, dont une première version au format PPT a été mise en ligne, vite retirée de la circulation et remplacée par la même présentation en PDF, la différence étant que dans cette dernière les notes ont disparu. Or même si la version disponible garde tout son intérêt, les notes valent leur pesant d'or. Heureusement, grâce à la vigilance de Greg Linden, il est encore possible de reconstituer la petite histoire dans la grande !

Avec d'abord le positionnement de la marque, qui a construit - et continue - son leadership dans la recherche autour de 4 grands thèmes :
  1. la rapidité de la recherche
  2. l'exhaustivité et la fraîcheur de l'information
  3. la pertinence
  4. l'interface utilisateur

Avec ensuite, au coeur de la philosophie Google, l'approche "Aucune contrainte", qui se décline initialement autour de 4 postulats :
  1. Pas de contrainte de puissance de traitement
  2. Pas de contrainte de capacités de stockage
  3. Pas de contrainte de bande passante
  4. Pas de contrainte liée à la monétisation des services...
Avec enfin les produits/services offerts au consommacteur (un peu d'interactivité sied bien en la circonstance...), qui s'appuient sur 3 piliers :
  1. la vitesse (un leitmotiv chez GG)
  2. le stockage intégral des données de l'utilisateur
  3. la transparence de la personnalisation

Le deuxième volet, Store 100% of User Data, que Google nomme expressément GDrive dans ses notes, retiendra plus particulièrement notre attention, un concept qui n'est pas nouveau, puisqu'on en retrouve trace dès novembre 2005, ici, , ou encore, mais qui pourrait bien prendre une nouvelle dimension sous peu :
Stocker 100 % des données utilisateur

Le stockage illimité nous permettra d’héberger l’ensemble des fichiers des utilisateurs : courriels, historiques Web, images, signets, etc., pour les rendre accessibles depuis n'importe quelle application ou plate-forme.
Tous les efforts que nous avons déployés dans ce sens, avec des projets tels que GDrive, GDS ou Lighthouse, se sont heurtés jusqu’à présent aux contraintes imposées par des capacités de bande passante et de stockage limitées. À titre d’exemple, les développeurs de Firefox travaillent actuellement sur le stockage des données côté serveur, même s’ils n’envisagent d’emmagasiner que les URL et non pas l'intégralité des pages Web, pour des motifs de place.
Ce projet va nous permettre d’alléger le côté client pour concentrer toute la puissance côté serveur (thin client, thick server), un modèle qui renforce nos atouts vis-à-vis de Microsoft tout en offrant davantage de valeur ajoutée à l'utilisateur.
De plus, avec le 100 % stockage, la version en ligne de vos données va devenir votre copie de référence, votre original, alors que la version stockée sur votre ordinateur local fera plutôt fonction de cache, avec pour conséquence, et non des moindres, que les copies de vos données seront davantage sécurisées en ligne que sur votre propre ordinateur.
Une autre implication de ce projet est que 100 % des données utilisateur stockées sont mieux valorisées sur Internet, dès lors qu’elles sont accessibles et interopérables d’une application à l’autre. Exemple : un profil d'utilisateur Orkut devient plus intéressant s'il est accessible depuis Gmail (carnet d'adresses), depuis Lighthouse (liste d’accès), etc.
À noter que j'ai traduit Golden copy par copie de référence en m'inspirant de ce billet, en anglais, que je trouve particulièrement éclairant sur la question.
À propos de Lighthouse, il se pourrait qu'il s'agisse d'une interface en ligne mettant à disposition de l'utilisateur un système de récupération de l'information basée sur le Web, tel que décrit en 2000 par Anton Leuski et James Allan dans une étude intitulée « Lighthouse: Showing the Way to Relevant Information » (PDF téléchargeable). Simple supputation. [Début]

Un dernier point intéressant concerne l'évolution de Google selon ... Google :


Observez le petit carré noir, en bas à droite : SOFTWARE ! Car comme le dit justement Philipp Lenssen, une fois que cette solution de stockage aura été mise en oeuvre, l'étape successive sera la suite logicielle sur le Web, comme qui dirait un Web Word, Web Excel, Web Power Point et ainsi de suite, mais sans Microsoft...

Enfin, heureusement que Bill comprend l'anglais ! :-)

* * *

Conclusion provisoire : tout cela va dans le sens de l'histoire et du Web 2.0 (voir aussi ce billet en français), puisque « demain (pour ne pas dire aujourd'hui) le fonctionnement de tous les ordinateurs sera basé sur le Web, sans lequel ils n'auraient plus vraiment leur raison d'être » (mon commentaire à un billet d'Olivier Andrieu). La seule chose dont on est sûrs, c'est que dans 3 ans, Google sera encore là, et bien là. Il suffit de voir le dernier épisode en date de la saga pour s'en faire une idée...


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