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mardi 14 décembre 2010

Les chiffres de Twitter

[MàJ - 16 décembre 2010] J'ai lu hier que Twitter avait levé 200 millions $ supplémentaires, ce qui valorise l'entreprise à 3,7 milliards $.

Il semble également qu'avec l'arrivée au directoire de Twitter de nouvelles pointures comme Mike McCue et David Rosenblatt, la société veuille booster la pub du site (Twitter Analytics est déjà disponible pour tous les annonceurs), et développer d'autres modèles économiques, comme la vente de ses données : 360 000 $ pour 50% de ses tweets via un partenariat avec GNIP, la société se réservant le droit de commercialiser en direct 100% des données, qu'elle évalue à environ 1 000 tweets par seconde !

Il semble donc que mes prévisions de 1 200 tweets par seconde (voir plus bas) étaient bien par défaut, puisque si l'on se base sur ces chiffres de Twitter, nous en serions déjà à plus de 31,5 milliards de tweets à l'année, soit une valorisation à 12 cents le tweet (31,5 milliards x 0,12 = +3,7 milliards $) !

Quant à analyser entre 15 et 16 milliards de tweets pour 360 000 $, cela fait moins de 1 000 $ par jour pour environ 1 500-1 600 milliards de caractères (en prenant une moyenne de 100 caractères par tweet), ce qui représente en gros 1 milliard de pages de texte (standard en traduction : 1 page = 1 500 caractères), un beau corpus !

* * *
Mon dernier billet est né en m'interrogeant sur les stats de Twitter, et notamment sur la faible proportion de tweets francophones, évalués à 0,64% de l'ensemble des messages par une étude que cite Lionel en commentaire.

L'étude originale, qui a exploré 13 millions de comptes en janvier 2010, montre une répartition fortement déséquilibrée, avec les États-Unis qui se taillent la part du lion (plus de la moitié), et les autres pays se partageant le reste.


Les comptes francophones seraient autour de 1%, pour une proportion équivalente de messages FR twittés chaque jour début 2010, selon ces autres chiffres : 500 000 sur près de 50 millions. Posons donc l'hypothèse de 1% de comptes et de messages FR, nous ne devrions pas être loin de la réalité.

Voyons maintenant quelques données fournies sur le blog de Twitter. En février 2010, la barre de 45 millions de tweets par jour était franchie :


mais en décembre nous en sommes à plus de 95 millions/jour (vs. 90 millions deux mois plus tôt), pour un total dépassant ... 25 milliards de tweets en 2010 !!!

La production journalière de tweets a donc plus que doublé depuis le début de l'année, en hausse constante, puisque si l'on divise 25 milliards par 365 jours, ça ne fait qu'une moyenne de 68,5 millions/jour, pratiquement à mi-chemin entre les 45 millions de février dernier et les 95 millions de ce mois-ci.

De ce pas on devrait donc largement dépasser 40 milliards de tweets en 2011, soit plus de 1 200 tweets par seconde, c'est-à-dire plus du double des performances enregistrées en février, et un quart des messages qui contiennent un lien !

Mais en rapportant ce chiffre au nombre de comptes, qui était de 175 millions en novembre, dont plus de 100 millions ouverts cette année et une moyenne actuelle de 370 000 nouveaux comptes chaque jour, si cette tendance se maintient, ça nous donnerait environ 200 millions de comptes ouverts dès janvier 2011 et probablement plus de 300 millions à la fin de l'année prochaine.

Or 40 milliards de tweets pour 300 millions de comptes, ça ne fait jamais que 133 tweets par compte sur l'année, disons 1 tous les trois jours ! Ce qui est totalement invraisemblable, et laisserait plutôt penser que la production annuelle de tweets fin 2011 sera plus proche de 60 milliards que de 40.

Certes, ce ne sont que des projections, probablement par défaut, mais qui donnent pourtant une idée de la croissance phénoménale de Twitter, dont le CEO, Dick Costolo, a déjeuné la semaine dernière avec ... Steve Ballmer !

Ça vous dit quelque chose ?

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mardi 21 novembre 2006

Les errances de Microsoft

Après m'être intéressé à Yahoo et Google dans mes derniers billets, il m'a semblé bon de consacrer un article au dernier compère de la trilogie GYM. D'autant plus qu'il y a matière...

Microsoft, l'éternel second du Web, est en train d'accumuler les revers, les maladresses, les outrecuidances, et j'en passe...

Juste quelques perles pour vous donner une idée, en commençant par le joyau Zune, lancé avec toute la puissance économique et médiatique de M$ avec l'ambition déclarée de détroner l'iPod :


Y a pas photo ! J'ai pris cette capture d'écran hier sur la liste des produits technologiques les plus vendus par Amazon, et Zune se classait 49e. Il est 47e aujourd'hui, mais il est quand même précédé par ... 12 (j'ai bien dit : douze) modèles différents de l'iPod. Steve Jobs doit bien rigoler :-)

Et comme si cela ne suffisait pas, M$ multiplie les problèmes d'incompatibilité entre ses propres produits (avec ceux de ses concurrents, on est habitués), voulus (comme dans le cas des DRM ou d'Office) ou non, car je ne crois pas que la non-compatibilité de Zune avec Vista soit délibérée, ce serait le comble, ils affirment d'ailleurs sur le site officiel de la bête que ce sera bientôt réglé.


Enfin, même temporaire, ça la fout mal...

Tout cela ne m'inspire qu'une chose : avec la manie de M$ de vouloir être partout (Microsoft se situe presque toujours dans l'un des quatre carrés des Magic Quadrants© de Gartner, graphiques représentant les performances des fournisseurs d'un segment de marché donné, regroupant les catégories suivantes : Leaders, Challengers [compétiteurs], Visionaries [visionnaires] et Niche players [acteurs de niche]), première si possible, la société de Redmond commence par être deuxième sur le Web et va vite se retrouver troisième, quatrième, etc. dans d'autres domaines, voire bonne dernière dans l'estime du peuple des internautes, comme en témoignent les déclarations de Ballmer sur Linux qui soulèvent un peu partout un tollé général.

Petit rappel des faits pour celles et ceux qui ne sont pas au courant. Début novembre, Microsoft annonce la signature d'un accord avec Novell (fortement désapprouvé en son temps par la communauté du logiciel libre), pour le « bien des consommateurs », selon Steve Ballmer :
Cet accord va réellement contribuer à réduire la division entre les logiciels libres et ceux dont le code est une propriété intellectuelle. Je reconnais volontiers que Linux joue un rôle important dans le mélange de technologies que nos consommateurs utilisent.
Un accord auquel Ray Ozzie, nouveau boss potentiel de M$ n'est probablement pas étranger...

Au point que certains observateurs ont pu titrer : Windows et Linux main dans la main ?

Il faut dire que Ballmer y a mis du sien, en disant de cet accord que « tout le monde pensait que c'était impossible. Il s'agit d'un nouveau modèle et d'une véritable évolution dans nos relations. »

Avant de se reprendre ces jours-ci et de souffler le chaud et le froid, enfin, plutôt le froid, en accusant le monde du libre d'utiliser (sans payer, bien sûr, mais ça va changer, selon le bon Steve) la propriété intellectuelle de M$ :
Novell nous verse de l’argent pour avoir le droit de dire aux clients qu’ils peuvent utiliser SUSE Linux en étant protégés de manière appropriée.
Autant dire que ce n'est pas franchement du goût de Novell, qui vient de s'empresser d'adresser une lettre ouverte à la communauté du libre :
We disagree with the recent statements made by Microsoft on the topic of Linux and patents.

Nous sommes en désaccord avec les récentes déclarations de Microsoft sur la question de Linux et des brevets.
À quoi M$ rétorque :
Microsoft and Novell have agreed to disagree...

Microsoft et Novell sont d'accord sur le fait de ne pas être d'accord...
Comprenne qui pourra ! Enfin, Ballmer avait raison, les relations évoluent... Tout cela au moment même où Sun, par la voix de son Président, Jonathan Schwartz, annonce un futur Java open source :
By admitting that one of the strongest motivations to select the GPL was the announcement made last week by Novell and Microsoft, suggesting that free and open source software wasn't safe unless a royalty was being paid. As an executive from one of those companies said, "free has to have a price."

That's nonsense.

Free software can be free of royalties, and free of impediments to broadscale, global adoption and deployment. Witness what we've done with Solaris, and now, what we've done with Java. Developers are free to pick up the code, and create derivatives. Without royalty or obligation.
Je ne saurais trop conseiller à l'arrogant Steve Ballmer de méditer le manifeste du beurre d'arachide (je ne suis pas seul à le penser), lui que j'imagine déjà main dans la main avec Terry Semel se dirigeant vers la sortie...


P.S. À propos, il y a environ un an, qui est-ce qui a déclaré vouloir développer un effort de collaboration avec Sun Microsystems, ah, la mémoire me trahit, c'est qui déjà ? Ah, oui, un certain Google...

Tiens, Steve, si ça peut te consoler, enfin une bonne nouvelle, qui ne vient jamais seule :-)

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