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samedi 31 mai 2008

Web 2.0, contenu et partage des revenus - II

Introduction
1. Quelles valeurs porte le Web ?

2. Les réseaux sociaux
3. Les réseaux tout court
4. Les agrégateurs verticaux : de l'agrégation quantitative à l'agrégation qualitative
5. Où sont les outils qui nous aideront à prendre les chemins de traverse ?
Conclusion

* * *

2. Les réseaux sociaux

Dans le sillage de ma série sur Web 2.0, contenu et partage des revenus, voici la deuxième étape sur les réseaux sociaux.

Mis à part GYM, les premiers sites au monde en termes de fréquentation sont Wikipédia, MySpace, Facebook, YouTube, eBay, etc., dont le point commun est d'être des sites UGC, c'est-à-dire alimentés en contenu par l'utilisateur. En faisant ici abstraction de toute « maturité "critique" de ces "données 2.0". »

D'autres, qui suivent la même logique, deviennent de plus en plus populaires : Flickr, Twitter, ..., l'élément charnière de ces sites étant bien la contribution volontaire des internautes adhérant au service, qui le font généralement pour partager, mais aussi pour étendre leur empreinte sur le Web, en échangeant contribution contre service + visibilité.

Le problème aujourd'hui, c'est que de moins en moins de ces contributeurs vont continuer à se satisfaire longtemps que des parties tierces s'approprient de leur contenu et en retirent des avantages financiers sans leur reverser la moindre partie de leurs gains, parfois faramineux.

Donc à l'instar d'un capitalisme avisé où la socialisation des pertes va de pair avec la privatisation des bénéfices, au plan strict de la monétisation, l'UGC semble avoir pris le même chemin de la socialisation des contenus couplée à la privatisation d'énormes bénéfices par certains grands prédateurs distributeurs, en faisant des contributeurs les nouveaux métayers 2.0 selon Nicholas Carr.

Cependant les choses ne sont pas si simples : peut-on dire de Wikipédia qu'ils naviguent sur l'or ? Non, n'est-ce pas ? Et par ailleurs, si un service prend de telles dimensions qu'on peut lui reconnaître une certaine "utilité publique", quoi de plus normal qu'il gagne de l'argent ? Chose d'ailleurs plus difficile qu'il n'y paraît...

Comme le constate Emmanuel avec son habituelle rudesse concise :
Messieurs il y a un moment où il faut bien faire parler les chiffres et comprendre que ce n'est plus un débat d'opinion. On peut être optimiste sur le long terme mais croire qu'Adsense paye les contenus c'est une plaisanterie. Donc rien de tel qu'un économiste pour nous dire en effet un peu brutalement que la force de travail n'est pas rémunérée. Parce que c'est un fait.
Donc, le problème étant posé, et fort bien, comment le résoudre ?

Je vous rassure de suite : je n'ai pas la réponse miracle. Et à part Google pour lui-même, je crois que personne ne l'a encore trouvée. Pas plus que les différents modèles existants, à des dosages différents, ne sont satisfaisants. Et même si certains commencent à mettre en pratique une politique de revsharing (partage des revenus), ça tourne encore et toujours autour de Google Adsense :
- Create a profile with a picture - 100% of the Google ad rotations
- Build a Weblist - 50% of the Google ad rotations
- Add a listing to an existing ratings list - 50% of the Google ad rotations
- Refer a friend - 10% of the Google ad rotations on their qualifying pages
- Write a review - 50% of the Google ad rotations
Or Emmanuel le dit clair et net : croire qu'Adsense paye les contenus c'est une plaisanterie...

Oui mais voilà. Aucune alternative digne de ce nom n'existe encore. Les widgets sont prometteurs, mais s'ils prennent le même chemin que les bannières et la pub contextuelles telles qu'on les connaît aujourd'hui, cela ne fera que perpétuer l'esclavage 2.0 ou le modèle économique du rémora selon Don Dodge !

Or depuis plusieurs mois que je pense intensément à ces problématiques, j'ai eu le temps d'élaborer ma petite idée, résumée en partie dans ces mots de Jeff Mignon (c'est moi qui graisse) :
J'appelle de mes voeux, depuis un moment et avec d'autres, la création d'une plateforme publicitaire open source pour ESSAYER de contrer Google... et les autres géants. Et permettre aux médias d'avoir un outil de conquête des petits (très petits) budgets publicitaires. Tous ces annonceurs qui n'ont ni besoin de parler à 150 000 personnes, ni les moyens d'annoncer dans les médias traditionnels. Et aussi un outil pour diffuser de la pub géociblée. Dans la majorité des sites locaux, dont je connais les chiffres de trafic, les visiteurs sont extérieurs à la zone de diffusion du journal. Google, lui, a bien tout ça en tête.
Il y avait selon moi quatre acteurs français ayant les moyens - humains, techniques et financiers - de faire quelque chose :
  1. Exalead
  2. Skyrock
  3. Netvibes
  4. Wikio
Exalead va désormais s'empêtrer dans Quaero et me semble plutôt hors jeu malgré quelques velléités à la limite du ridicule. Restent Skyrock, qui continue sa très forte croissance (plus d'1 million de nouveaux blogs créés depuis le 14 avril, soit plus de 20 000/jour !), Netvibes et Wikio. C'était pourtant bien parti puisque ces deux-là collaboraient et avaient un potentiel de pénétration d'Internet extraordinaire.

Et puis voilà que chacun a pris son chemin de son côté, disons pour simplifier Wikio côté commercial et Netvibes côté social. Or certains signes donnent à penser qu'on assiste maintenant à un chassé-croisé, où Wikio prendrait bien un virage social et Netvibes se recentrerait volontiers sur le commercial !

Ce qui est logique : le social, c'est l'audience, la taille critique. Voir l'introduction du billet : le point commun des sites plus fréquentés au monde est d'être des réseaux sociaux, des sites où l'UGC s'exprime à plein. Les stats de Youtube en sont l'illustration manifeste. Et dans ce sens l'ouverture jouée par Netvibes devrait lui donner un avantage concurrentiel formidable, alors que la politique actuelle de Wikio a des points de faiblesse, puisque qu'après avoir fort heureusement abandonné le framing, la réticence actuelle à mettre des liens en dur continue de faire grincer des dents :
... si ce n'est qu'un lien direct serait plus appréciable pour les personnes qui vous fournissent votre fond de commerce : leur contenu.

Mais si il y a bien une chose que j'apprécierai, et je ne pense pas être le seul, c'est que dans les flux thématiques que vous diffusez, vous intégriez un lien
(en dur de préférence bien sur) vers l'article d'origine en plus du lien vers la source Wikio, parce-que, franchement entre nous, j'en ai ras la patate des milliers de sites parasites qui reprennent vos flux, avec nos articles sans qu'il n'y ait rien de plus qu'une vague citation de la source d'origine.
Car même si Wikio est une plateforme technique magnifique, je trouve les ambitions de Pierre Chappaz trop limitées par rapport à ses capacités de déploiement potentiel et aux nécessités.

Dont la nécessité première est de créer des modèles économiques alternatifs aux orientations actuelles, ce qui exige, pour pouvoir faire face aux besoins et répondre aux enjeux, la mise en œuvre d'énormes ressources - humaines, techniques et financières.

Les acteurs que j'ai nommés en disposent, mais tant que chacun continuera à faire sa cuisine dans son coin sans concertation collective apte à fédérer et mobiliser les ressources en question derrière un projet commun ambitieux, les américains resteront maîtres du jeu.

Et par projet commun ambitieux j'entends la réalisation d'une régie publicitaire globale, alternative à l'hégémonie de GYM (voir ici comment se traduit cette hégémonie, entre autres), capable d'exploiter la longue traîne en innovant sur le partage des revenus.

Comme l'observe fort à propos Scott Karp dans Why Traditional Advertising Formats Fail On The Web :
Online advertising must create value for users or it will create little or no value for advertisers.
Or comment créer de la valeur pour l’utilisateur et l'annonceur mieux qu’en valorisant l’apport du contenu des utilisateurs pour offrir un inventaire plus pertinent et varié aux annonceurs ?

Par conséquent, il ne s'agirait pas d'un projet commun où les acteurs en présence seraient des concurrents ne pensant qu'à se tirer dans les pattes, mais d'un projet transversal où chacun amènerait son expertise propre à la création de nouveaux modèles, ce que le monde entier cherche à faire. Et tôt ou tard, quelqu'un finira bien par y réussir. Surtout que le mobile frappe aux portes...

Les retombées seront phénoménales, donc point d'utopie là-dedans, c'est juste une question de volonté : nos champions du Web auront-ils cette volonté ? Je l'espère ! Et vous, qu'en pensez-vous ?


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lundi 14 avril 2008

Blogs de Skyrock : +100% de croissance en un an

Blogs de Skyrock : +100% de croissance en un an !

En septembre 2007, j'ai commencé à m'intéresser à Skyrock, premier réseau social de France et deuxième d'Europe !

Or, dès le mois de mars 2007, dans le cadre d'un billet analysant les chiffres de Technorati sur la blogosphère, je m'intéressais au différentiel de 6 millions de blogs francophones entre les stats de Technorati (1,5 million de blogs, soit à peine 2% des 70 millions de blogs recensés), et les chiffres de Skyblog : plus de 7,5 millions de blogs à l'instant de la capture d'écran...


Et j'enregistrais entre le 6 mars et le 23 mars, soit en l'espace de 17 jours :

  • + 250 000 nouveaux skyblogs
  • + 7 millions d'articles écrits
  • presque 30 millions de commentaires en plus
Et 13 mois plus tard, nous sommes passés de 7 503 742 à 15 097 025 blogs (à l'instant de la capture), soit un taux de croissance supérieur à 100% en 13 mois !


Pourtant, une info circulant depuis plusieurs mois est ressortie la semaine dernière, à savoir que ce "patrimoine blogosphérique" serait mis en vente 300 millions d'euros - soit un peu moins que John Cow 20 € le blog ! -, par Pierre Bellanger, qui déclare :
À terme, il y aura une dizaine d'acteurs majeurs sur le marché mondial du réseau social, nous sommes déjà le neuvième.
En décembre 2006, il déclarait :
Nous pensons qu'une demi-douzaine de réseaux sociaux vont s'affirmer au niveau mondial et nous serons l'un d'entre eux, leader sur la nouvelle génération.
Ambition réussie, puisque Skyblog, créé fin 2002, est d'ores et déjà 17e site web mondial, même si la chose n'est pas vraiment reconnue à sa juste valeur, c'est le moins qu'on puisse dire !

En passant, je vous recommande vivement cette longue interview réalisée il y a deux mois par Jérôme Bouteiller pour NetEco :


On y découvre un éclairage fort intéressant sur bien des choses, notamment sur la vision de Pierre Bellanger (dont je partage beaucoup de points de vue...), et qui nous livre quelques chiffres sur Skyrock/blogs (il y a deux mois) :
  • Premier réseau social au monde d'expression francophone (90% de l'audience du réseau est francophone vs. 10% hors francophonie)
  • +21 millions de membres
  • chaque jour:
    • 50 000 blogs/profils créés
    • +1,5 million d'articles publiés
En revanche, l'info selon laquelle il mettrait en vente SkyBlog pour prendre le contrôle de la radio SkyRock ne trouve aucune confirmation. À l'en croire, ce serait même plutôt le contraire, puisqu'il n'est pas question de vente mais d'alliances !

Personnellement, le montant de 300 millions € me semble largement sous-estimé, nous verrons. Quoique, à l'aune française...

Ce qui est sûr, par contre, c'est qu'aujourd'hui, à la lumière des faits, le groupe Lagardère a singulièrement manqué de clairvoyance fin 1998 lorsqu'ils ont décidé de vendre Skyrock, cédée 250 millions de FF (environ 50 millions €) à Morgan Grenfell en mars 1999, puis rachetée par Axa Private Equity en 2006.

Car d'un côté ils voudraient s'allier à Richard Branson pour ringardiser Skyrock et NRJ, et de l'autre ils ont décidé de lancer une grande offensive sur Internet où leur présence est loin de ce que pourrait espérer occuper un groupe de cette envergure.

Conclusion, s'ils avaient gardé Skyrock à l'époque et soutenu son créateur dans sa croissance, à présent ils auraient l'un et l'autre sans rien débourser.

Mais comme le dit Pierre Bellanger dans l'interview en parlant d'Internet :
Jérôme Bouteiller : « Est-ce que vos concurrents dans les médias, à la radio, est-ce que les politiques ont conscience de ce que vous construisez dans l'Internet ? »

Pierre Bellanger : « Absolument pas. Je crois qu'on est véritablement considérés comme des sous-merdes... Le corps politique en général, le corps social, la société française, n'ont absolument pas conscience de ce qu'est un réseau social... »
Aujourd'hui ! Alors imaginez il y a 10 ans...



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mercredi 19 septembre 2007

Skyrock, premier réseau social de France, deuxième d'Europe !

Skyrock, premier réseau social de France, deuxième d'Europe !

Pierre Bellanger, président-fondateur de Skyrock, sur les réseaux sociaux

Les chiffres de comScore sont formels : en juillet, les réseaux sociaux ont totalisé 13 millions 185 mille visiteurs uniques (VU), soit 50% de la population française des internautes, et Skyrock occupe sans conteste la première place avec + 9 millions VU, loin devant le second, Myspace, qui en compte moins de 3 millions.


En Europe, avec une hausse de 22% depuis le début de l'année, Skyrock Network se retrouve entre MySpace et Bebo, talonnés par Facebook qui enregistre quand même une progression de 422% (!) et dépasse 10 millions de VU, sans toutefois réussir à percer en France, où ses parts de marché ne dépassent pas 3% !


Voilà peut-être une bonne raison d'envisager une optimisation pour les médias sociaux... [Début]

* * *

Et puisque j'en parle, j'en profite pour signaler à votre attention cet article de Pierre Bellanger, intitulé « Le réseau social  : avenir des télécoms » (trouvé via Loïc Le Meur).

Car si le président et fondateur du premier réseau social de France (et deuxième d'Europe) s'exprime sur ... les réseaux sociaux, son discours vaut peut-être qu'on s'y arrête, qu'en pensez-vous ?

Voici donc quelques extraits pour nourrir la réflexion.

Sur Internet :
La première étape d'une révolution technologique consiste à employer le nouveau moyen mis à notre disposition pour accomplir ce que l'on faisait déjà. Paradoxalement, le changement est d'abord le support ultime de la continuité. C'est ensuite qu'apparaissent, souvent à la marge, ou issus du public, des usages nouveaux qui expriment la modernité et les possibilités propres de la nouvelle technologie.

L'Internet a d'abord été considéré par beaucoup comme un nouveau moyen de diffusion, simple extension, diversification exotique ou département futuriste des entreprises de presse, de radio, d'édition, de disques ou de cinéma.

C'est ensuite que sont apparues les vraies forces du réseau.

  • L'Internet crée une nouvelle ressource : l'intelligence collective de ses utilisateurs
  • L'Internet crée une nouvelle forme de distribution : le réseau de pairs
  • L'Internet, multiplicateur d'émancipation individuelle
  • Avec Internet le code devient un média
  • Avec Internet la publicité se démassifie
  • Avec Internet la publicité interruptive est remplacée par la publicité intégrée ou périphérique à la source
  • Avec Internet ce qui n'est pas local est mondial

Sur les réseaux sociaux :
Cette vision du réseau social comme prolongement du mail et de l'identité numérique intégrée au réseau social comme centre de gravité de tous les échanges électroniques d'un individu conduit à l'affirmation suivante : le réseau social est l'avenir des télécoms.

Des propos (certes parfois techniques, mais accessibles) qui me rappellent ces mots du sénateur René Trégouët sur la mutation numérique :
Il ne fait aucun doute que cette mutation numérique mondiale va continuer à s’accélérer et va conduire, d’ici 10 ans, à l’émergence d’un monde radicalement nouveau, multidimensionnel, polycentrique et profondément déstabilisant, sur le plan psychologique, culturel et social, pour tous ceux qui n’auront pas pu ou pas voulu s’y préparer. Le grand défi de cette prochaine décennie va donc être de donner un sens social, culturel, cognitif et éthique à cette prodigieuse révolution technologique afin de l’humaniser et de la mettre au service du plus grand nombre...

Les réseaux sociaux sont indubitablement l'une des grandes forces - encore largement méconnues et sous-estimées - de l'Internet. Autant essayer de les mettre de son côté... [Début]



Liens connexes

Skyblogscope : Observation du Phénomène Skyblog
Skyrock.com lance sa V4 : nouvelle orientation communautaire
Mon réseau social c'est mon blog (ce billet n'aborde pas explicitement Skyrock mais élargit le débat sur la question des réseaux sociaux et exprime une réalité dont je me sens très proche)


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