mercredi 1 février 2006

Les IDN et Internet Explorer 7

Les IDN et Internet Explorer 7

Suite du billet d'avant-hier sur les IDN, ou domaines multilingues. Suite imposée par l'actualité, puisque j'ai posté « IDN : arnaque ou opportunité » la veille du jour où Microsoft annonce la sortie de la 2ème version beta d'IE7 :

La nouvelle a été postée hier sur le blog de Microsoft dédié à IE. Comme quoi c'est dans l'air du temps ! Ou alors c'est que je suis un peu en télépathie avec Bill ! :-)

Voyons donc quels sont les détails qui concernent la prise en charge des IDN et la navigation sécurisée pour faire face aux tentatives de phishing et de spoofing, autrement dit la pêche aux pigeons et les attaques homographes.
Concernant l'hameçonnage, tout en a déjà été dit ou presque, et on se demande encore comment tant de gens peuvent se faire appâter. Pour autant, IE7 prévoit un dispositif anti-phishing pour signaler automatiquement tout danger potentiel pour l'internaute :

Concernant les attaques homographes, c'est relativement plus récent puisque le boom de ce genre d'attaques remonte à début 2005. Observons par ailleurs que la plupart des infos disponibles en français sur les IDN s'arrêtent à cette époque et restent donc sous l'influence négative de ce phénomène d'usurpation d'adresse.

Or en un an, les choses bougent, surtout en informatique et sur Internet, et Microsoft explique dans le détail de quelle manière IE7 combat les lookalike attacks.
Je vais donc m'efforcer de décrire l'exemple en français, en prenant comme point de départ l'usurpation d'adresse de Paypal, dont le mécanisme est démontré sur le site de Secunia (en anglais), où il suffit de cliquer sur le lien ci-dessous

pour que s'ouvre une page avec l'adresse usurpée (si vous voyez apparaître http://www.xn--paypl-7ve.com/ dans la barre d'adresse, c'est que la fonction IDN de votre navigateur est désactivée).
Explication : le deuxième "a" est en alphabet cyrillique, valeur Unicode U+0430

et non pas en alphabet latin (valeur Unicode U+0061), comme nous l'avons vu dans mon précédent billet pour linéaires :

Copyright (c) Studio 92 Snc - 2006Différence parfaitement indétectable pour les navigateurs ignares que nous sommes ! Mais certes pas pour les machines :

Pourtant la parade à ce genre de problème est relativement simple, puisque lorsque vous enregistrez un IDN vous devez associer à chaque nom de domaine une langue, étiquetée comme langue d'enregistrement. Essayez d'enregister "linéaires" en l'étiquetant comme chinois, ça ne marchera pas. Donc dans le cas de Paypal, il suffit de rendre impossible l'enregistrement de caractères cyrilliques pour des noms ne comportant à l'origine que des caractères latins. CQFD !

La procédure est techniquement plus sophistiquée, c'est clair, mais cela donne déjà une idée de la façon dont le problème peut être géré. Et puisqu'on parle d'IE7, je terminerai ce billet en vous donnant un avant-goût de l'interface :

Seul "petit" souci pour l'installation, IE7 ne tourne que sur Windows XP SP2. Bonne navigation quand même (à ceux qui l'ont...) !


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lundi 30 janvier 2006

Les IDN : arnaque ou opportunité ?

Tout d’abord, de quoi parle-t-on ? C’est quoi les IDN ?

Un puriste exigeant (pléonasme ?) me dirait qu’IDN est un acronyme, et qu’en bon français le sigle serait NDI.
Peut-être. Mais en puriste moi-même, je rétorquerais qu’un sigle francisé doit traduire une implantation terminologique adoptée, au moins par consensus à défaut de l’être par l’usage.
Or dans le cas des IDN, on n’a ni l’un ni l’autre. Si vous êtes chercheurs d'OR, saisissez dans votre outil de recherche préféré NDI + noms de domaine internationalisés, ou NDI + noms de domaine internationaux, et dans un cas comme dans l’autre vous trouverez quelques résultats ici et là, autant d’OVNI (occurrences variées non identifiées) qu’on peut compter sur les doigts de la main.
Noms de domaine accentués semble plus utilisé, mais l’acception est incorrecte : outre les caractères accentués, les IDN prennent en compte les signes diacritiques, les idéogrammes, etc.
Donc, je préfère garder le sigle anglais et parler de noms de domaine multilingues ou internationalisés, voire localisés. Voilà pour la partie terminologique.

* * *

Ça fait longtemps que je m’intéresse aux IDN, très exactement depuis le jour où j’ai découvert leur existence. J’ai alors cherché sur l’Internet francophone tout ce que je pouvais trouver sur la question, et j’ai vite dû déchanter : informations aussi négatives que dépassées, aucune analyse pertinente, tout au plus des anecdotes et une exploitation des angoisses de l’internaute lambda devant les risques du phishing, du spoofing et autres gentillesses, on dirait que les IDN suscitent la psychose collective ! En France du moins.
Mais il faudrait bien que l’on comprenne, dans notre cher pays, que la problématique des domaines multilingues dépasse largement le cadre de nos frontières, tant linguistiques que physiques. Les autres cultures ont d’ailleurs appréhendé la question dans toute sa mesure, des allemands aux chinois, des espagnols aux japonais, des russes aux coréens, etc., qui représentent des centaines de millions d'utilisateurs concernés par les IDN,

au même titre que les français, ceux-ci restant les seuls à faire de la résistance, comme Papy, comme toujours !
Or il suffirait d'examiner un instant notre taux de pénétration sur le Web pour comprendre qu’Astérix a vécu, et que l’exception culturelle à tort et à travers et a contrario, ça ne débouche sur rien d’autre que du vide.

L’Afnic, qui aimerait bien se présenter sous un beau jour en nous parlant de l’évolution des noms enregistrés sous .fr, soit 434.777 domaines au jour où j'écris ce billet (en prenant en compte tous les domaines et sous-domaines enregistrés, juste pour grossir un peu le chiffre…), nous montre une belle courbe :

Pourtant ils devraient aussi préciser que ça ne représente pas même 1% (et encore, en étant larges, disons qu’on est plus proches de 0,5% que de 1%) des quelque 63 millions de domaines actifs (chiffre qui ne comptabilise certainement pas les sous-domaines !).


Quant au taux de pénétration du nombre d’internautes par rapport à la population, nous ne sommes pas même dans la liste des 30 premiers pays !

Si là est l'évolution...

* * *

Passons maintenant au côté pratique.
Le seul centre d'enregistrement français agréé par l'ICANN pour enregistrer les IDN est Gandi. Or essayez d'aller y enregistrer un domaine multilingue, vous verrez que c'est pas gagné d'avance !

Et pourtant, ça va bientôt faire 3 ans que la première version des lignes directrices pour le déploiement des IDN a été approuvée, avant d'être publiée le 20 juin 2003. Pour information, voici une version traduite du projet de rédaction de la version 2.0, datée septembre 2005.

Donc, concrètement, en plus des caractères alphanumériques ASCII (A-Z, 0-9) et du tiret (-), qui sont pris en charge par le système actuel de nommage sur Internet (DNS - Domain Name System), nous avons essentiellement 14 caractères accentués pour le français (avec entre parenthèses la valeur hexadécimale ISO 646) :
  1. le a accent grave : à (00E0)
  2. le a accent circonflexe : â (00E2)
  3. le c cédille : ç (00E7)
  4. le e accent grave : è (00E8)
  5. le e accent aigu : é (00E9)
  6. le e accent circonflexe : ê (00EA)
  7. le e tréma : ë (00EB)
  8. le i accent circonflexe : î (00EE)
  9. le i tréma : ï (00EF)
  10. le o accent circonflexe : ô (00F4)
  11. le u accent grave : ù (00F9)
  12. le u accent circonflexe : û (00FB)
  13. le u tréma : ü (00FC)
  14. la ligature oe : œ (0153)
Maintenant, pour traduire un simple nom accentué en nom acceptable par le DNS, pas besoin de faire de savants calculs, il suffit de prendre un outil de conversion comme il y en a de nombreux sur Internet. Exemple avec Linéaires.com :

La conversion du nom s’effectue en 5 étapes :
  • Selon le protocole Nameprep (chargé de réduire les caractères au format Unicode à une forme canonique, cf. RFC 3491), la valeur Unicode (U+valeur hexadécimale ISO 646) du L majuscule (U+004C) est d’abord convertie en l minuscule (U+006C)
  • Une fois l’opération Nameprep terminée, on a la valeur Unicode du domaine, soit, dans le cas de linéaires, U+006C U+0069 U+006E U+00E9 U+0061 U+0069 U+0072 U+0065 U+0073 :
Copyright (c) Studio 92 Snc - 2006
  • Le nom en version Unicode est alors converti par le protocole Punycode : xn--linaires-d1a.com
  • Puis le nom ainsi codé en chaîne ACE (encodage compatible ASCII) est enregistré dans le système de nommage Internet (DNS – Domain Name System), qui peut désormais l’interpréter
  • Enfin, le nom de domaine est enregistré dans le Whois sous ses deux versions : xn--linaires-d1a.com + linéaires.com
Il ne vous reste plus qu’à développer un beau site (ou, encore mieux, un portail) pour exploiter à plein régime l’énorme potentiel du nom de domaine www.linéaires.com...


P.S. à votre avis, entre ces deux versions, www.lineaires.com et www.linéaires.com, quelle est celle qui aura la préférence de l’internaute francophone ?

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jeudi 26 janvier 2006

Qu'est-ce qu'une stratégie de liens

Les enjeux d’une stratégie de liens - Chapitre II

Avertissement : ce billet continue la série Stratégie de liens, qui est la traduction française du rapport « Linking Matters ». Pour ceux qui préfèrent, voir le chapitre original ; à noter qu'il peut y avoir quelques différences entre la version anglaise HTML, légèrement réaménagée par son auteur pour la mise en ligne, et la présente version française, qui traduit l'intégralité du rapport au format PDF.

II. Qu’est-ce qu’une stratégie de liens ?


Une stratégie de liens est une méthode permettant de faire pointer des liens entrants vers votre site pour vous aider à réaliser les objectifs commerciaux que vous vous êtes fixés.
La première condition pour bâtir une telle stratégie, c’est que votre site offre un contenu de qualité. Vous pouvez également proposer des liens sortants qui intéresseront vos visiteurs. En dernier lieu, élaborez une liste cible de sites extérieurs avec lesquels vous souhaitez établir un échange de liens.
En d’autres termes, vous devez capitaliser vos ressources dans trois banques différentes : une banque de contenu, une banque de liens sortants et une banque de liens entrants.

Stratégie de liens – Les trois banques

Pour pouvoir financer votre stratégie de liens, vous devez disposer d’un crédit de ressources dans chacune de ces trois banques :

Image © www.linkingmatters.com, 2003
  1. Banque de contenu – Vous disposez d’une source de contenu appropriée, présente et à venir
  2. Banque de liens sortants – Vous avez des liens sortants pas simplement pour échanger mais parce qu’ils sont vecteurs de valeur ajoutée
  3. Banque de liens entrants – Thésaurisez vos réserves de liens entrants, ils produiront durablement des intérêts
Toutefois, mettre en place une stratégie de liens n’est pas la panacée universelle, comme aimeraient faire croire les marchands de rêve qui vous font miroiter un enrichissement rapide.

Avoir des liens juste pour le plaisir d’en avoir ne vous sera d’aucune utilité. Cela pourrait même vous porter préjudice en diminuant votre indice de popularité. Oubliez par conséquent les solutions magiques du genre « fermes de liens » et autres inepties du même acabit. Quelques liens entrants provenant de sites éminents ont bien plus de valeur que de nombreux liens pointant de sites bas de gamme à très faible trafic.

Le principe élémentaire est le suivant :

« Créez du contenu de qualité, offrez des liens vers du contenu hautement qualitatif, et les sites à forte valeur ajoutée pointeront vers vous. »

Pour risquer une métaphore sportive, une stratégie de liens efficace permettra de promouvoir votre site d’une division inférieure à la série A et de vous faire jouer dans la cour des grands !

Cependant ne vous focalisez pas uniquement sur une stratégie de liens. Inscrivez-là plutôt dans le cadre global de votre politique d’e-marketing. Décidez à l’avance le temps à investir et les efforts que vous souhaitez déployer proportionnellement à l’ensemble de vos autres activités marketing, et, surtout, tenez-vous en à l’approche retenue. Implémentez enfin un suivi des résultats et, si nécessaire, sachez adapter votre stratégie en cours de route.

En dernier lieu, concentrez-vous sur les fondamentaux : faites de votre site un lieu convivial et publiez du contenu attractif pour vos visiteurs, autant actuels que potentiels, c’est-à-dire tous les nouveaux internautes que vous souhaitez capter grâce à la mise en place de ces « partenariats de liens ».

Une fois les fondamentaux acquis, l’expansion naturelle d’Internet prendra le dessus et votre indice de popularité augmentera de lui-même, physiologiquement.

Quel est l’indice de popularité des principaux sites marchands ?

Nous avons analysé certains secteurs spécifiques, en Angleterre et aux États-Unis : vente au détail, voyages, finances, santé et loisirs.

Voici les résultats des sites implantés aux États-Unis :


Sites implantés en Angleterre :

N.B. Bien qu’ils renvoient à un même site, les noms de domaine anglais ont souvent deux formes : www.easyjet.co.uk et www.easyjet.com, par exemple. Nous avons donc testé les deux extensions (.co.uk et .com) avant de faire la somme des résultats pour obtenir le score global.

(Parenthèse - Les exemples ci-dessus ont été créés pour un public anglo-saxon dans cinq domaines principaux, mais rien ne vous empêche de répéter ces recherches dans les thématiques - et les langues - les plus proches de vos centres d'intérêt. Note du Traducteur)

Quelle stratégie de liens souhaitez-vous mettre en œuvre ?

En tant que webmestre/propriétaire de site, parmi les options ci-après, laquelle choisissez-vous pour bâtir votre indice de popularité ?
  • Ne rien faire : le choix est catégorique et pourrait même s’avérer raisonnable si vous ne disposez que d’un « site-brochure ». Quoi qu’il en soit, si vous souhaitez que vos pages deviennent partie intégrante du Web et commencent à donner des fruits, ce n’est résolument pas l’option à prendre.
  • En apprendre davantage sur la stratégie de liens, en étudiant notre rapport, en explorant les liens vers d’autres ressources et en faisant des exercices pratiques. Après quoi vous devriez être suffisamment informé pour décider en connaissance de cause du chemin à parcourir.
  • Mener votre propre campagne, en procédant étape par étape et en suivant le processus que nous soumettons à votre attention : une option « éducative » qui vous permettra de vous former aux stratégies de liens et d’acquérir une vision d’ensemble de l’évolution de votre secteur sur Internet.
  • Confier la tâche à des spécialistes : la voie royale si vous disposez du budget adéquat, puisque ces experts mettront leur savoir-faire et leurs connaissances à votre profit. En termes d’impact, cela signifie obtenir beaucoup plus en beaucoup moins de temps.
  • Recruter quelqu’un pour le faire en interne. Là encore, si vous vous avez un budget suffisant, c’est une excellente option : le fait d’avoir sous la main les compétences nécessaires vous permettra de faire d’une pierre deux coups et d’ajuster l’ensemble de votre stratégie marketing.

À venir : III. Quelques légendes sur l’indice de popularité


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mercredi 25 janvier 2006

Les co-occurrences, ou l'avenir de la recherche sur le Web



Suite : Booster son blog : mots clés et optimisation


Au début des années 2000 (ça semble hier, et c'est déjà si loin, en années-Internet...), tous les référenceurs nous disaient qu'il fallait optimiser son site en mettant en valeur les bons mots clés.
Or aujourd'hui, on parle de moins en moins de mots-clés, et de plus en plus de phrases-clés, une dénomination qui nous vient directement de l'anglais (keywords vs. keyphrases), mais qui est peu satisfaisante (le terme "phrase" véhicule l'idée d'un sens achevé, or peut-on définir "une phrase" une phrase qui n'a aucun sens ? Non ! Tout au plus un amas de mots décousus. Idem pour ces blocs de mots parfois saisis dans les moteurs). Mais là n'est pas la question...

Voici des conseils d'Olivier Andrieu, expert s'il en est, qui datent de décembre 2001 :

  • Les internautes saisissent un mot (30 à 40 % des saisies) ou deux mots (pourcentage à peu près équivalent au précédent) dans leurs requêtes, rarement plus (chiffres qui semblent d'ailleurs en opposition avec un sondage effectué par Abondance l'année précédente) :


  • Sur les moteurs de recherche, vous devrez optimiser les pages - donc leur code HTML - en tenant compte de mots clés uniques ou d'expressions majoritairement sur deux mots.

En mars 2002, une étude d'eStat et d'@position nous donne les chiffres suivants :

  • 28 % des requêtes n'ont qu’un seul mot
  • 34 % 2 mots
  • 37 % 3 mots ou plus.

En novembre 2003, selon Ad'oc, la répartition était la suivante :

  • 39% des requêtes sur 1 mot
  • 28% sur 2 mots
  • 15,4% sur 3 mots

En août 2004, d'après Onestat :

  • 19% des recherches sur 1 mot
  • 33% sur 2 mots clés
  • 25% sur 3 mots
  • 13% sur 4 mots
Enfin, plus récemment, en juillet 2005, selon Mediametrie :
  • 39 % des requêtes ont un mot clé
  • 33 % 2 mots clés
  • 17 % 3 mots clés
  • 11% plus de 3 mots clés


Donc, en gros, selon ces chiffres, dans près de 3/4 des requêtes la moyenne du nombre de mots saisis dans les moteurs iraient de 1 à 3.

Pourtant, avec l'accroissement exponentiel du Web, il semble bien que les requêtes sur 1 ou 2 mots clés diminuent fortement et laissent la place aux recherches sur 3, 4 mots et plus.

Pour en avoir le coeur net, puisque je dispose maintenant d'un échantillon représentatif, je me suis livré à quelques statistiques. Voici les résultats :

  • sur 1032 requêtes, j'obtiens un total de 5142 mots, soit une moyenne de 4,98 mots, arrondie à 5 mots par requête, bien plus que les chiffres cités plus haut !
  • en décomposant ces 1032 requêtes par mots réellement saisis, voici le détail :
  1. mot clé : 5 requêtes (0,5%)
  2. mots clés : 84 requêtes (8%)
  3. mots clés : 181 requêtes (18%)
  4. mots clés : 210 requêtes (21%)
  5. mots clés : 197 requêtes (19%)
  6. mots clés : 148 requêtes (14%)
  7. mots clés : 92 requêtes (9%)
  8. mots clés : 46 requêtes (4%)
  9. mots clés : 30 requêtes (3%)
  10. mots clés : 17 requêtes (1,5%)
  11. mots clés et plus : 21 requêtes (2%)
  • --> 72% des requêtes saisissent entre 3 et 6 mots, avec par ordre d'importance : 4 mots, 5 mots, 3 mots et 6 mots !
En conclusion, ces statistiques obtenues de façon empirique s'éloignent significativement de ce que j'ai pu lire ici et là sur le Web, puisque sur 1032 requêtes, le nombre de mots saisis va de 1 (dans 5 cas seulement) à 17 (!), avec une prépondérance (40%) des requêtes à 4 et 5 mots. Fini le temps où les requêtes sur 2 et 3 mots clés étaient majoritaires. Il y a même plus de requêtes sur 7 mots clés que sur 2 !

Ce qui voudrait dire, en reprenant le conseil d'Olivier Andrieu, que l'optimisation des pages d'un site doit maintenant prendre en compte les mots associés, ou, si l'on préfère, les co-occurrences clés.

J'ai donc fait quelques recherches pour voir si ce sujet était traité quelque part, et je n'ai trouvé qu'une source (mais si quelqu'un me lit et peut m'en signaler d'autres, je suis preneur), un billet de WebRankInfo intitulé : « Calculer l'indice de co-occurrence et le ratio E/F »

Je n'ai pas vraiment compris la signification du ratio E/F (Exposure/Frequency ?), mais j'ai voulu tester l'outil avec la co-occurrence "traduction anglais français" :

Donc, si j'en crois les explications données pour l'indice de co-occurrence, qui « mesure le relation entre les termes : plus cet indice est élevé, plus les termes sont reliés. Concrètement, plus l'indice est élevé, plus il est fréquent de trouver des documents qui contiennent les différents termes. », je ne devrais pratiquement jamais rencontrer "traduction anglais français", mais très souvent "traduction anglais" et "anglais traduction".

Vérification pratique sur Google :


Et encore, uniquement sur le Web francophone. J'ai essayé l'outil Suggest de Google (malheureusement, l'interface n'est disponible qu'en anglais pour le moment), qui vous suggère le nombre d'occurrences trouvées au fur et à mesure que vous tapez le mot dans l'onglet de recherche, et sur "traduction anglais français" les résultats (1 150 000) sont multipliés par plus de 20 :

traduction anglais français : 1150000 résultats

Donc, même si la pertinence de l'outil français présenté ci-dessus n'est pas au rendez-vous, ça va dans le bon sens !


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lundi 23 janvier 2006

Importance d'une stratégie de liens

Les enjeux d’une stratégie de liens - Chapitre I

Avertissement : ce billet fait suite au précédent de la série, intitulé Stratégie de liens, qui est la traduction française du rapport « Linking Matters ». Pour ceux qui préfèrent, voir le chapitre original ; à noter qu'il peut y avoir quelques différences entre la version anglaise HTML, légèrement réaménagée par son auteur pour la mise en ligne, et la présente version française, qui traduit l'intégralité du rapport au format PDF.

I. Importance d'une stratégie de liens


Les hyperliens sont au cœur du Réseau des réseaux, en ce sens qu’ils permettent aux internautes de passer rapidement d’un document et/ou d’un site à l’autre : ce simple concept suffit à créer un outil de communication puissant, susceptible d’être adapté et personnalisé au profit de la réalisation de vos objectifs commerciaux et du développement de votre organisation.

L’importance des liens a été mise en exergue dans une recherche menée en 2000 par Altavista, Compaq et IBM, d’où il résulte que les sites peuvent être classifiés de la façon suivante :

* le cœur du réseau : environ 30% des sites les plus interconnectés qui se partagent et où convergent un maximum de liens et de trafic ;
* les sites d’origine : environ 20% des sites d’où les internautes sont dirigés vers le cœur du réseau, avec très peu de liens qui pointent en sens inverse ;
* les sites de destination : environ 20% de pages accessibles depuis le cœur mais n’y renvoyant que très peu ;
* les sites déconnectés : environ 30% d’îlots épars n’ayant que peu de liens et générant peu de trafic.

La topographie d’Internet qui s’en dégage a été dénommée la Théorie du nœud papillon :

INTERNET ET LA THÉORIE DU NŒUD PAPILLON


Source : Altavista, Compaq et IBM, 2000
Image © www.linkingmatters.com, 2003

Par conséquent, apprendre à connaître le fonctionnement des liens et savoir comment créer une stratégie de liens efficace – partie intégrante de votre politique globale d’e-marketing – vous aidera à positionner votre site dans le cœur du réseau.
Pour autant, ce rapport vous fournit une méthode pour planifier et mettre en place votre propre stratégie de liens : vous pouvez décider de faire le projet vous-même ou, si vous disposez d’un budget, en confier la tâche à des experts qui vous aideront à le réaliser.
Nous vous indiquons également des liens vers d’autres ressources dédiées : articles, outils gratuits en ligne, logiciels spécialisés et/ou sociétés et prestataires de services.

« Créer une stratégie de liens efficace fait partie intégrante de votre politique globale d’e-marketing. »

Nous vous proposerons enfin un résumé de la stratégie de liens que nous avons adoptée, et nous vous tiendrons informés d’un mois sur l’autre du pourcentage de liens que nous aurons réussi à créer.

Attention ! Il ne suffit pas de générer quantité de liens vers votre site, encore faut-il que ce soient des liens entrants de qualité ! Et pour faire cela, point de baguette magique : prévoyez un travail assidu et systématique, qui vous prendra du temps, certes, mais dont les résultats seront à la hauteur des efforts que vous aurez consentis. Si vous êtes prêts à relever le défi, ce rapport et ce site vous aideront dans votre tâche.

Quels sont les avantages d’une stratégie de liens performante ?

Nous énumérons ici quelques-uns des principaux atouts :
  1. Suivre un lien est l’une des tendances majeures chez les internautes pour trouver de nouveaux sites. Si le site qui vous intéresse ou l’auteur que vous respectez propose un lien vers une ressource qu’il juge intéressante, vous serez naturellement enclin à l’activer pour découvrir ce qui se cache au bout du clic. Par conséquent, plus votre site aura de liens sortants, plus vous fournirez d’occasions à vos visiteurs de s’orienter vers des contenus de qualité.

  2. Les moteurs de recherche attribuent un meilleur indice de popularité aux sites qui ont de bons liens entrants et sortants. La logique veut qu’en proposant des liens vers d’autres ressources vous contribuez à fournir un service digne d’intérêt ; réciproquement, si d’autres sites pointent vers le vôtre, c’est vraisemblablement qu’il offre aussi une bonne valeur ajoutée.

  3. Fournir des liens vers d’autres sites ne signifie pas que vous deviez réinventer la roue ou la créer de toutes pièces. Le présent rapport prévoit d’ailleurs bon nombre de liens vers des ressources externes, ce qui signifie à la fois un plus pour nos lecteurs, et faire bon usage de tout le matériel que nous avons collecté avant et pendant sa rédaction.

  4. La mise en place d’une stratégie de liens vous oblige à vous poser une question fondamentale : « Pourquoi quelqu’un voudrait-il pointer un lien vers mon site ? ». La première réponse est évidemment que vous fournissez un contenu de qualité. Pour autant vous devez précisez avec le plus de clarté possible en quoi consiste exactement cette qualité.

  5. Les liens entrants aident à bâtir une relation de confiance. Lorsque les internautes voient qu’un site reconnu et respecté propose des liens vers le vôtre, il est clair que leur niveau de confiance augmente en conséquence vis-à-vis de ce que vous dites ou que vous offrez.

  6. Un dernier point, le plus important peut-être : mettre en œuvre une telle stratégie vous amène à faire partie d’une communauté. Tous les secteurs, toutes les activités sur Internet se distinguent par un certain nombre de ressources clés. Échanger des liens avec ces ressources et pointer mutuellement vers des contenus à forte valeur ajoutée vous permet d’intégrer toute la puissance d’un réseau virtuel de qualité.
À venir : II. Qu’est-ce qu’une stratégie de liens ?


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dimanche 22 janvier 2006

La connaissance inutile

Le titre de ce billet est emprunté à un essai homographe de Jean-François Revel, paru chez Grasset en 1988.

Je cite la quatrième de couverture pour cadrer mon propos :

« Nous vivons et allons vivre toujours plus dans l'ère de l'information, répète-t-on chaque jour. Il est vrai. Jamais autant d'hommes n'ont eu accès à une telle masse d'informations et, plus généralement, de connaissances. Jamais la communication n'a été aussi abondante, aussi rapide, aussi présente partout. Jamais donc, en théorie, les décideurs politiques, économique, sociaux, culturels n'ont travaillé dans de meilleures conditions, depuis les origines de l'humanité. Les opinions publiques disposent de tous les éléments nécessaires pour bien juger les dirigeants et pour s'orienter. Le monde devrait, par conséquent, ne s'être jamais mieux porté qu'aujourd'hui. Or chacun sait qu'à bien des égards il n'en est rien. Pourquoi ? »

- Oui, pourquoi ? !

La connaissance inutile
- Et pourquoi avoir pensé à ce livre quelque 18 ans après l'avoir lu ?

- Parce que j'ai entendu cette semaine, prononcée par Silvio Berlusconi, Président du Conseil des Ministres italien (sorte d'équivalent du Premier Ministre en France), la phrase suivante :

« Le Président du Conseil, par définition, ne peut pas mentir » !!!

Ça fait des jours que je mâche et remâche ces mots en moi, que je me demande quoi en faire ? Étant moi-même traducteur par métier et poète par passion, j'attache une importance viscérale au choix des mots, à leur poids, ou, pour mieux dire, en paraphrasant un fameux slogan, « au choix des mots, au poids du sens ».

Valery Larbaud me revient à l'esprit, dans Sous l'invocation de Saint-Jérôme, qui disait des traducteurs : (chacun de nous a) « près de soi, sur sa table ou son bureau, un jeu d'invisibles, d'intellectuelles balances aux plateaux d'argent, au fléau d'or, à l'arbre de platine, à l'aiguille de diamant, capables de marquer des écarts de fractions de milligrammes, capables de peser les impondérables » !

Donc, pour en revenir à mon sujet, j'ai repensé à l'ouvrage de Revel (ouvrage qui ne prend pas une ride...) parce que, dès l'instant où je l'ai lue, la phrase qui ouvre le livre s'est imprimée en moi de façon indélébile : « La première de toutes les forces qui mènent le monde est le mensonge. »

Oui, voilà l'association qu'ont suscitée en moi les mots de Berlusconi : « Le Président du Conseil, par définition, ne peut pas mentir » = « La première de toutes les forces qui mènent le monde est le mensonge. »

D'où l'inférence, évidente : « La première de toutes les forces qui mènent l'Italie est le mensonge. »

J'aurais beaucoup d'autres choses à dire sur ces mots, sur la démagogie populiste et sur l'irresponsabilité du « bon peuple », or je me limiterai à une citation de mon cru, inspirée d'une phrase dont j'ai oublié l'auteur, mais qui remonte à la Révolution, et plus exactement à la Terreur (si mes souvenirs sont bons, car je cite de mémoire) : « Quand un peuple peut être terrorisé, il l'est ! »

Qui nous donne, appliquée à la réalité d'aujourd'hui :

« Quand un peuple peut être mené en bateau, il l'est ! »





« ... la véritable autonomie que l’homme démocratique peut conquérir, c’est celle qui consiste à comprendre que c’est lui qui, grâce à la liberté et à l’exactitude de l’information, fait l’histoire. » JEAN-FRANÇOIS REVEL


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jeudi 19 janvier 2006

Million Dollar Homepage is OK!

Million Dollar Homepage is OK !

Je voudrais revenir sur une idée que tout le monde (ou presque) connaît maintenant, à savoir celle d'Alex Tew et de sa célébrissime « The Million Dollar Homepage » :


Il y a eu tellement d'articles qui en ont parlé et de billets qui ont été publiés qu'il est impossible d'en dresser l'inventaire. Juste celui-ci, et celui-là, pour le plaisir.
Le principe est génial dans sa simplicité : prendre une page de 1 million de pixels et vendre chaque pixel un dollar (par bloc de 100 comme seuil plancher pour avoir un minimum de visibilité).
Le slogan aussi a été bien fignolé : « Own a piece of internet history! » (Offrez-vous un morceau de l'histoire d'Internet).

Voir, pour l'anecdote, la page au 30/10/2005, ça aide à mesurer le chemin parcouru en 3 mois à peine !

Fort de son succès, il a vendu les 1000 derniers pixels sur eBay pour la modique somme de 38 100 dollars, soit un gain total de 1 037 100 dollars en cinq mois de "travail". Et je ne parle pas de ce qu'il a gagné en termes d'image et de popularité...
De leur côté, les acheteurs semblent satisfaits de leur investissement, beaucoup déclarant que leur pub sur la page d'Alex génère plusieurs milliers de visites par jour sur leur site. A comparer avec les 1000 visites que le mien reçoit ... par mois ! (et c'est déjà pas si mal)

Donc, s'il a été le premier, il n'est pas dit qu'il sera le dernier...
Pour autant, il ne suffit pas d'inventer la même en euros pour un public européen ou français, non, ce qu'il faut savoir créer et susciter, c'est le buzz indispensable à la réussite d'une telle initiative : pas d'audience, pas de pub, pas de visibilité, pas d'investisseurs, c'est le chien qui se mord la queue.
Juste pour l'anectode, il semble bien que les asiatiques sont plus forts que les européens pour le buzz ;-)


Confirmation de l'importance du buzz : en janvier 2006, Alex Tew conclut la vente de son million de pixels, et tout le monde en parle comme s'il était le premier, alors qu'en réalité, il est ... le second !

En effet, un mois plutôt, il semble qu'un certain James Thomson ait réussi à faire de même, à la seule différence que nul n'en a parlé !


Avis aux suiveurs, donc, qui pourront toujours s'inspirer de ce qui se fait de mieux en la matière : voir ici la critique d'un client éclairé (en anglais, bien sûr).

Parmi tant d'autres, la palme revient au plus original, « The Six Million Dollar Cube » :


Et ça tourne !

Dans différents registres, à signaler aussi 1) le gratte-ciel taiwanais, plutôt déserté pour l'instant :


2) La cité virtuelle :


3) Le cruciverbiste :


et 4) son équivalent en tags (?!) :

etc.

Et juste pour ajouter une note colorée, terminons cette panoramique par un commentaire exotique :

Si quelqu'un connaît la traduction, je suis preneur !

Quant à celui qu'on nommera le précurseur, à tort ou à raison, ce qui m'a supris en recevant sa dernière lettre d'info, c'est que le site a été bloqué pendant pratiquement 6 jours après avoir subi une attaque et un chantage en règle : les hackers voulaient lui extorquer 50 000 dollars !

Le FBI enquête. Comme quoi, le succès fait toujours des envieux...

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P.S. De la terre à la lune, il n'y a qu'un pas...