dimanche 30 juin 2013

La mondialisation de la crise et le basculement géopolitique

Adaptation en français d'une analyse de M. Tiberio Graziani, Président de l’IsAG et directeur de la revue “Geopolitica.

2008 : la crise économique et financière explose. Un lustre s’est écoulé depuis, or en dépit des nombreuses analyses produites, des études dédiées et des suggestions proposées, les classes dirigeantes des pays concernés ne sont pas encore parvenues à identifier et mettre en œuvre des solutions satisfaisantes, ni pour contenir ni pour surmonter cette crise historique – qui met à nu toutes les contradictions du système néo-libéral –, dont la spécificité tient aux relations étroites entre sa nature-même et les bouleversements géopolitiques en cours au niveau mondial ; quant à l’impasse dans laquelle les décideurs politiques, économiques et financiers se sont enfermés, elle est l’expression particulière des tensions existantes entre les partisans d’un ancien ordre unipolaire et l’impulsion irréfrénable vers une évolution multipolaire sur la scène internationale.

Mots-clés : mondialisation de la crise • blocs géoéconomiques • néomultilatéralisme multipolaire
Keywords : Globalization of the Crisis • Geoeconomic Clusters • Multipolar Neomultilateralism
Parole chiave : globalizzazione della crisi • cluster geoeconomici • neomultilateralismo multipolare

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De la mondialisation des marchés à la mondialisation de la crise

Dans le sillage du séisme géopolitique engendré par l’effondrement de l’URSS, le processus de financiarisation(1) de l’économie mondiale a connu une accélération significative, réussissant en quelques années à s’imposer comme élément structurel de la mondialisation des marchés. En termes géoéconomiques, ce nouveau phénomène a accompagné la tentative du système occidental, emmené par les États-Unis, de s’affirmer au niveau mondial(2), et fortement marqué le « moment unipolaire »(3) annoncé dès 1990 par Charles Krauthammer.

Après une réussite initiale, dont ont fortement bénéficié les économies et les cercles financiers (banques, établissements de crédit et d’assurance) des pays industriels avancés, caractérisés par un développement significativement élevé et généralisé du secteur des services, la mondialisation des marchés et la financiarisation corrélée de l’économie ont subi une grave crise entre 2007 et 2008, en déchaînant des effets dévastateurs sur certaines régions du globe tout en révélant les profondes contradictions du néolibéralisme, déjà dénoncées par de nombreux observateurs, dont Edward N. Luttwak(4), chantre de la stratégie géoéconomique, et George Soros(5), financier américain et homme d’affaires controversé.

Cette crise donc, qui s’est pleinement manifestée sous sa forme la plus pernicieuse et caractérisée aux États-Unis, c’est-à-dire au cœur du système géopolitique occidental, a irradié ensuite vers les régions périphériques (Europe et Japon), avant de se propager à l’ensemble de la planète, en frappant avec une violence toute particulière certains pays d’Europe du Sud, déjà affaiblis par des failles structurelles spécifiques tant au niveau politique qu’économique. Or la réactivité limitée – voire nulle – de ces pays (Espagne, Grèce, Italie, Portugal) à la funeste contagion américaine, tient autant à leur affaiblissement systémique chronique qu’à leurs capacités d’intervention amoindries dans le domaine monétaire et financier ; ce dernier facteur limitant étant la conséquence directe de leur déficit de souveraineté en matière monétaire, qui dépend notoirement de leur adhésion à la zone euro et de leur pouvoir de négociation restreint dans le cadre européen et euro-atlantique.


Expansion de la crise et nouveaux agrégats géopolitiques

Or environ cinq ans après son explosion et le début de sa phase d’expansion vers d’autres contextes géoéconomiques, la crise n’est pas encore terminée, même si le processus de mondialisation qui la distingue semble probablement destiné à rester incomplet et, par conséquent, confiné à la sphère du système géopolitique occidental, en raison des dynamiques liées à l’apparition de nouveaux acteurs sur la scène mondiale.

En effet, dans cette fenêtre temporelle plutôt brève, des pays récemment encore considérés comme émergents, tels que le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud (BRICS), ont gagné de plus en plus d’importance à l’échelle mondiale en polarisant les intérêts économiques, financiers et politiques d’autres nations qui peuplent différents quadrants de la planète. Donc, en quelque sorte, si ce n’est établir à l’échelle mondiale un climat propice à la formation d’autres nouveaux regroupements, tels que l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR) et l’Eurasie, le bloc des BRICS a pour le moins contribué à faire prendre pleinement conscience aux classes dirigeantes des principaux pays d’Eurasie (Chine, Inde, Kazakhstan, Russie) et d’Amérique latine (Brésil, Argentine, Venezuela, Chili) du basculement géopolitique en cours. Ainsi la propagation de cette nouvelle mentalité « multipolaire » est porteuse d’initiatives innovantes, destinée à jouer un rôle clé dans la configuration du nouvel ordre mondial, autant en termes de nouvelles alliances et de partenariats stratégiques insolites (dont certains sont déjà à l’œuvre) qu’au plan économique et financier. C’est dans ce contexte qu’il y a lieu d’enregistrer et d’évaluer des propositions et des initiatives nées en dehors des sommets habituels (G8 ou G20) ou des centres de décision internationaux (Banque mondiale, Fonds monétaire international) comme, par exemple, la création d’une Banque BRICS, dont l’objectif (pour l’instant) se limite à cofinancer de grands projets d’infrastructure en vue de moderniser plus ou moins un tiers de la planète ; c’est dans ce même contexte que doivent être analysées les tentatives de l’Occident visant à maintenir sa primauté mondiale à ce stade particulier de la crise financière et politique.

Et parmi les efforts déployés par le système occidental pour surmonter la crise en la mondialisant ou en la faisant se propager à d’autres quadrants géoéconomiques, il y en a au moins deux sur lesquels l’analyste se penchera avec un intérêt particulier, d’autant qu’ils sont proposés ou reproposés à l’initiative des États-Unis, autrement dit le centre décisionnel de l’« Occident », qu’ils concernent deux domaines stratégiques surtout pour la projection économique et géopolitique de Washington, et qu’ils couvrent l’Europe et le Pacifique : il s’agit du projet de création d’un grand marché transatlantique via les négociations UE/États-Unis sur le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP, Transatlantic Trade and Investment Partnership), et de l’accord de partenariat transpacifique (TPP, Trans-Pacific Partnership).


Surmonter la crise : l’option bilatérale et le « néomultilatéralisme multipolaire »

Le bouleversement géopolitique en cours, à savoir la transition uni-multipolaire, semble vouloir déboucher sur la stabilisation des nouveaux acteurs, pris aussi bien individuellement dans leur dimension nationale que collectivement au niveau des blocs qui les agrègent. Une consolidation qui devrait offrir aux pays périphériques du système occidental – ceux qui souffrent le plus des effets de la crise économique, monétaire et financière –, la possibilité de créer de nouvelles formes de coopération avec les futurs protagonistes du nouvel ordre multipolaire.

Ces pays périphériques, dont l’Italie, devraient ainsi privilégier l’option bilatérale dans un premier temps, en vue de reconquérir une « physionomie » internationale qui leur permettra d’augmenter leurs degrés de liberté sur la scène internationale, et donc d’acquérir un pouvoir de négociation accru. Cependant, au fur et à mesure que la transition géopolitique progressera vers de nouveaux pôles d’agrégation, différents du passé, l’option bilatérale devra s’inscrire dans le cadre de ce que nous pouvons d’ores et déjà qualifier, par un syntagme inédit, de « néomultilatéralisme multipolaire ».


Notes

(1) Thomas I. Palley, Financialization: What It Is and Why It Matters, Document de travail, The Levy Economics Institute, Annandale-on-Hudson, NY, États-Unis, 2007

(2) Pour l’économiste français Jacques Sapir : « Ce que l’on appelle la "mondialisation" dans le langage courant est en réalité la combinaison de deux processus. Le premier est celui de l’extension mondiale du capitalisme dans sa forme industrielle dans des régions qu’il n’avait pas encore touchées. Le second, qui est dans une très large mesure l’application de la politique américaine, correspondant à une politique volontariste d’ouverture financière et commerciale » (Jacques Sapir, Le nouveau XXIe siècle, Paris, 2008, pp. 63-64). En d’autres termes, le processus de mondialisation a joué un rôle d’accompagnement et de soutien à la stratégie américaine d’hégémonisation du monde durant la phase de son « moment unipolaire ».

(3) Charles Krauthammer, Unipolar moment, Foreign Affairs, Vol. 70, n. 1, 1990/1991, p. 22-33. [NdT. Voir également la version "revisitée".]

(4) Edward N. Luttwak, Turbo-Capitalism: Winners And Losers In The Global Economy, Harper, 1999.

(5) George Soros, La bolla della supremazia americana. Gli abusi dell’American Power, Piemme, 2004.

lundi 18 mars 2013

Pourquoi Beppe Grillo fait peur ? Et à qui ? - III

Troisième et dernier billet consacré à l'ingrédient Transparence de la "recette Grillo" avec laquelle j'ai tenté d'expliquer pourquoi en l'espace de trois ans (à tout casser), son Mouvement est devenu le premier mouvement (il n'aime surtout pas qu'on le définisse un "parti") politique italien :


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Mais avant d'aborder ce troisième aspect (que j'avais initialement pensé conclure en répondant à la question posée en titre), je vais changer mon fusil d'épaule pour répondre d'abord à la seconde partie de la question, en faisant miens ces mots de Manuel Castells, publiés début mars dans le quotidien catalan La Vanguardia, dans un article intitulé : Qui a peur de Beppe Grillo ?
Respuesta: la clase política de toda Europa, italiana, alemana o española. Porque pese a la decadencia, corrupción y falta de representatividad del sistema político, mientras todo siga atado no hay necesidad de cambiar un orden de cosas que perpetúa su poder y su impunidad. (…) De ahí que cunda la alarma, desde los mercados financieros hasta los titulares de la prensa. Lo que se tomaba como broma se convierte en amenaza a la partitocracia. (…) 
[Et donc tout le monde s’en donne à cœur joie pour tirer sur le bouffon et démasquer ses contradictions à qui mieux-mieux.]
Pero esas contradicciones forman parte de la innovación política. Una innovación necesaria en una situación de profunda crisis económica, social e institucional donde los instrumentos de representación y gestión ya no funcionan. Innovar o morir. Porque de muerte de un sistema político se trata.
« Réponse : toute la classe politique européenne, en Italie, en Allemagne, en Espagne. Car là où la décadence, la corruption et le manque de représentativité caractérisent le système politique, celui-ci fait semblant de rien et ne songe pas le moins du monde à desserrer son emprise ni à modifier un ordre des choses qui lui sert à perpétuer son pouvoir et son impunité. D'où les marchés financiers et les grands patrons de presse en alarme, car celui qu'ils regardaient comme un comique troupier commence à devenir une menace pour la partitocratie... »

Tiens, ça me rappelle un autre grand comique troupier qui fit chier dans leur froc les politiques, en son temps, à la fin il les faisaient plus franchement rire ! On le voit ici dans sa dernière apparition au cinéma, au côté de ... Beppe Grillo, quelle coïncidence, non ? Contradictions, contradictions, est-ce que j'ai une gueule de contradictions, dirait Arletty...


Et Manuel Castells de poursuivre : « Pour autant ces contradictions font partie de l'innovation politique, une innovation vitale dans ce contexte de crise économique, sociale et institutionnelle profonde, où les moyens traditionnels de la représentation et de la gouvernance ne marchent plus. Innover ou mourir, donc. Car ce dont nous parlons ici, c'est bien de la mort du vieux système politique. »

Or l'innovation est sans aucun doute la caractéristique dominante de l'offre politique de Grillo. Une innovation tous azimuts qui investit toute la sphère politique et la société italiennes avec la force d'un ... tsunami, pour reprendre ses propres paroles. Et qui oblige donc les partis traditionnels à s'adapter (en innovant, justement), ou mourir (je ne parle pas ici du "parti des libertés", qui n'est pas un parti, mais un clan, à la botte d'un vieux fou qui fera avec acharnement tout ce qu'il peut pour détruire ce qu'il n'a pas encore réussi à détruire et à souiller dans ce pays).

Dans cette mouvance (j'allais écrire "jouvence"...) Pierluigi Bersani, vainqueur formel des élections, a été contraint de proposer deux personnalités importantes pour présider la Chambre des députés, et le Sénat. Laura Boldrini pour la première, et Pietro Grasso pour le second.

Donc le ballottage au Sénat se jouait entre Renato Schifani, ex-avocat de mafieux, et Grasso, ex-Procureur national anti-mafia, autant dire le jour et la nuit (quand bien même la carrière de Grasso n'est pas sans ombres non plus, j'y reviendrai peut-être un jour...). Et bien que le mot d'ordre des sénateurs de Grillo fût de voter blanc, 13 d'entre eux allergiques à Schifani et à tout ce qu'il représente, notamment en Sicile, ont préféré voter pour Grasso en contrevenant aux indications du Mouvement.

Patatrac ! Dans un mini-billet posté hier soir sur son blog (l'un des 20 premiers au monde en termes d'audience, quand même), qui s'intitule Transparence et vote secret et compte à l'heure où j'écris quelque 12400 commentaires (!!!), Grillo fustige les "traitres" en leur demandant de se nommer et de tirer les conséquences de leur geste en démissionnant...

Je vous dis pas le bordel ! Ce matin j'avais commencé à ébaucher une analyse des 3000 premiers commentaires, mais ça n'a pas arrêté toute la journée, et à la fin j'ai renoncé : trop, c'est trop :-)

Cela étant, certains des sénateurs "coupables" ont déjà réagi, il faudra voir dans les prochains jours la tournure que prendra l'affaire. Mais ce qui est intéressant par rapport aux habituelles magouilles des partis traditionnels, qui font leur cuisine dans le plus grand secret, là tout est public et objet de débat, et je peux vous dire que les commentaires ne vont pas que dans un sens...

D'ailleurs l'une des principales menaces pour l'establishment politique dont Grillo n'a jamais fait mystère, c'est justement d'être fermement décidé à "ouvrir le parlement comme une boîte de thon" et à tout balancer en public. Imaginez la terreur des pouvoirs en place lorsqu'il faudra voter la présidence de la commission sur les services secrets, qui conservent dans leurs archives près de 70 ans de sanglants massacres JAMAIS résolus, et dans lesquels l'état italien a toujours joué un rôle de premier plan...

Ça nous donnerait un gigantesque Italeaks à faire pâlir d'envie Assange !

Donc, sur ce point, il est évident que ceux qui tirent les ficelles depuis tous temps feront le nécessaire pour tuer dans l'oeuf les velléités de transparence de Grillo, mais ceci dit leur tâche devient beaucoup plus complexe qu'auparavant pour continuer à tromper le gentil troupeau du "peuple souverain".

Nous verrons...

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De cet activisme utopique, Manuel Castells disait :
Toutes les grandes idéologies et mouvements de l’Histoire seraient ainsi parties de l’utopie : le libéralisme, le communisme, le socialisme sont des utopies. Les pratiques matérielles s’organisent toujours autour de systèmes de références et apparaissent comme irréalisables pour un certain nombre d’acteurs de la société. La réponse des acteurs de ces utopies (dans le cas de ces réseaux de solidarité), c’est que c’est le système actuel qui ne peut pas fonctionner et ne fonctionne plus, un système politique qui n’est pas légitime et contesté par l’ensemble des gens et rejeté par des secteurs de plus en plus large de la société.
Oui mais voilà, si l'utopie qualifie a priori un militantisme qui refuse toute institutionnalisation, alors le Mouvement 5 Étoiles de Grillo vient de franchir un pas de plus dans la réalité en pénétrant dans les institutions, justement pour montrer que c'est possible de changer la société, de l'intérieur de ses institutions.

Dans une réflexion de Manuel Castells, toujours lui, intitulée « Ni dieu ni maître : les réseaux » (que je vous invite chaudement à lire, février 2012), l'auteur annonce :
Un nouveau système de communication a émergé : une auto-communication de masse à travers les sites de réseaux sociaux, les blogs... Ce nouvel environnement communicationnel modifie profondément les relations de pouvoir. À travers plusieurs analyses de cas, dont les récents événements du « printemps arabe » et le mouvement des « Indignados », M. Castells montre dans sa conférence les conséquences de cette évolution sur les processus politiques et les mouvements sociaux.
Ce qui se passe à présent en Italie en est le parfait paradigme, et pourrait fort bien s'étendre à l'Europe bien plus vite qu'on ne le croie (trois ans pour l'Italie, combien de temps pour l'Europe ?). Ça c'était la réponse au "pourquoi" ! La crise chypriote enseigne, ou devrait enseigner...

Jean-Marie Le Ray


lundi 4 mars 2013

Pourquoi Beppe Grillo fait peur ? Et à qui ? - II

Nous avons survolé dans un premier billet la "démocratie directe" annoncée par Enrico Letta, vice-secrétaire du Parti démocrate, le jour du dépouillement des votes (25 février 2013), dont je ne me rappelle pas les mots exacts, mais qui disait à peu près :
Ce que signifient les résultats des élections d'aujourd'hui en Italie, qui sont une grande première mondiale, ne concerne pas seulement notre pays, mais toute l'Europe. Car au-delà du succès de Grillo, la vraie question désormais posée par son Mouvement, c'est celle du choc entre démocratie directe et démocratie représentative. Le débat est ouvert...
Aujourd'hui, la démocratie représentative en Italie, ça donne plus ou moins ceci : les représentants du peuple "souverain", élus par ce même peuple "souverain", oublient complètement la souveraineté du peuple qui les a élus dès l'instant même où ils pénètrent dans les palais du pouvoir, car de fait, juridiquement, leur mandat électif ne les engage à rien !!!

Voici pourquoi sur son blog, Beppe Grillo s'est élevé contre l'article 67 de la Constitution de la République italienne :
Chaque membre du Parlement représente la Nation et remplit ses fonctions sans mandat impératif.
Le problème, c'est le "sans", qui permet ainsi aux élus de faire tout et n'importe quoi sans jamais devoir répondre de rien à leurs électeurs, abusés par de mirobolantes promesses n'ayant pas plus de valeur que la conscience de qui les a prononcées en mentant sciemment !

Une étude comparative mondiale de Marc Van der Hulst sur le mandat parlementaire (2000) définit le "mandat impératif" comme suit :
Si le mandat impératif est de nos jours devenu l'exception, il n'en reste pas moins qu'il a été la règle, jusqu'à la fin des années 80, dans les pays socialistes. Dans ces pays, la loi établissait non seulement que le parlementaire était responsable devant les électeurs, mais elle contenait également deux dispositions garantissant l'exercice effectif de cette responsabilité. 
Tout d'abord, le député était tenu de rendre compte régulièrement à ses électeurs de son action personnelle et des activités de son assemblée. La loi établissait quelquefois les mesures minimales que le parlementaire devait prendre pour s'acquitter de cette obligation. Ensuite, le député pouvait être rappelé [voire révoqué] par ses électeurs s'il avait trahi leur confiance ou s'il avait commis un acte 'indigne' de sa fonction.
Cet "indigne" évoque inéluctablement en moi un autre article de la Constitution italienne, l'article 54 :
Tous les citoyens ont le devoir d’être fidèles à la République et d’en observer la Constitution et les lois. 
Les citoyens auxquels des fonctions publiques sont confiées ont le devoir de les remplir avec discipline et honneur, en prêtant serment dans les cas fixés par la loi.
Dans le cas de Berlusconi, juste pour citer un nom au hasard, imaginez combien de fois par jour il viole la Constitution...

Et bien non, c'est Grillo qui violerait la Constitution, puisqu'un certain Matteo Mecacci, membre du parti radical, a menacé de dénoncer le Mouvement au motif qu'il voulait justement redonner tout son sens au "mandat impératif"...

Tout l'absurde du théâtre de la politique politicienne en Italie ! Vous comprenez pourquoi par son vote, le "peuple souverain" (Article premier de la Constitution italienne) a enfin décidé de reprendre ses droits, confisqués depuis des lustres par des instances politiques sans plus aucune légitimité ?

Donc en récapitulant, après la démocratie directe, premier des trois ingrédients de ce que j'ai défini la "recette Grillo", afin d'expliquer pourquoi en l'espace de trois ans (à tout casser), son Mouvement 5 Étoiles est devenu le premier mouvement (il n'aime surtout pas qu'on le définisse un "parti") politique italien :

Démocratie directe + Sagesse des foules (Intelligence collective) + Transparence (mode Wikileaks)

passons à présent au second.

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2. Sagesse des foules (Intelligence collective)

Nous avons vu en conclusion de mon premier billet, que la sagesse des foules s'est exprimée - quand bien même partiellement - par les résultats du suffrage universel italien, une idée ainsi rendue par Arnaud Montebourg : « (L)es peuples ne sont pas prêts à passer sous la table, et c'est la démonstration italienne. (…) Les Italiens ont dit qu'ils n'étaient pas d'accord avec la politique imposée par les marchés ».

Depuis longtemps déjà je parle sur ce blog de sagesse des foules, que Beppe Grillo et Gianroberto Casaleggio déclinent dans leur livre comme "intelligence collective" (pp. 145-146). Mais c'est l'application  de ce concept aux programmes régionaux et national, "fruits du partage d'idées et de compétences qui sont la lymphe vitale de toute intelligence collective", qui m'intéresse plus particulièrement, et notamment la "navigation aux étoiles" de Grillo, dont les fameuses "5 étoiles" sont à l'origine :
  1. Régions, citoyens
  2. Environnement, énergie
  3. Santé, économie, services sociaux
  4. Transports, infrastructures
  5. Instruction, information


Avec pour chaque programme et sous-programme la mise en commun - essentiellement via le Réseau - des meilleures compétences et expertises disponibles à participer. Les décisions et actions qui s'en suivront seront sous les yeux de tous. Le comportement de Grillo et des 163 nouveaux élus au Parlement fera donc l'objet d'une surveillance particulière de la part de leurs électeurs en premier lieu, et de tous ceux qui sont prêts à les descendre en flèche en second. Laissons du temps au temps, disait quelqu'un (traduction littérale de l'italien "dare tempo al tempo")...

Le tout avec un maximum de transparence (annoncée, souhaitable et à vérifier en permanence), naturellement, qui fera l'objet de mon prochain billet...

Jean-Marie Le Ray

Pourquoi Beppe Grillo fait peur ? Et à qui ?

Italie, lundi 25 février 2013, 15h. Heure officielle de fermeture des bureaux de vote. Les premiers sondages commencent à tomber, donnant apparemment Pierluigi Bersani (Parti démocrate italien) vainqueur. Bon, ce n'était qu'une apparence...

Je suis resté pratiquement non-stop devant la télé jusqu'à 4h du matin, heure vers laquelle on a eu une projection plutôt fiable de la victoire électorale (mais défaite politique) de la gauche, car jusqu'au dernier moment les craintes étaient que Berlusconi l'emporte une fois de plus. On est vraiment passés à deux doigts de la catastrophe !

Or ces presque 13 heures de direct n'ont été qu'une succession haletante de coups de théâtre, tantôt la gauche gagnait, tantôt la droite, avec toutefois quelques constantes : la mise à l'écart définitive de Rivoluzione civile, d'Antonio Ingroia, à mon grand regret, et donc la sortie d'Antonio Di Pietro, le flop de Mario Monti (entraînant dans sa chute l'UDC de Casini, et Gianfranco Fini, perdant sur tous les tableaux), et, surtout, la percée fantastique du Mouvement 5 Étoiles, de Beppe Grillo.

En zappant d'une chaîne à l'autre pour essayer d'engranger les opinions des uns et des autres, j'ai eu l'occasion d'entendre Enrico Letta, vice-secrétaire du Parti démocrate, commenter la réussite surprenante de Grillo. Je ne me rappelle pas les mots exacts, mais la teneur était la suivante :
Ce que signifient les résultats des élections d'aujourd'hui en Italie, qui sont une grande première mondiale, ne concerne pas seulement notre pays, mais toute l'Europe. Car au-delà du succès de Grillo, la vraie question désormais posée par son Mouvement, c'est celle du choc entre démocratie directe et démocratie représentative. Le débat est ouvert...
Donc s'il me fallait trouver une "recette Grillo" afin d'expliquer pourquoi en l'espace de trois ans (à tout casser), son Mouvement est devenu le premier mouvement (il n'aime surtout pas qu'on le définisse un "parti") politique italien, je dirais :

Démocratie directe + Sagesse des foules (Intelligence collective) + Transparence (mode Wikileaks)

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1. Démocratie directe

En novembre 2011, Beppe Grillo et Gianroberto Casaleggio (son alter ego dans cette aventure politique) ont publié aux éditions Chiarelettere un essai intitulé : Nous sommes en guerre (pour une nouvelle politique)... Ça dit bien ce que ça veut dire (d'où aussi les "mots guerriers"...) !

Le livre commence ainsi (extraits) :
Nous sommes en guerre : une guerre entre deux mondes, entre deux conceptions différentes de la réalité. Elle peut nous sembler lente, presque imperceptible, mais non, elle est féroce et va toujours plus vite, caractérisée en permanence par une alternance d’embuscades et d’avancées soudaines. Les médias tentent de la dissimuler, les politiques la craignent, les organisations internationales la combattent, les multinationales la haïssent. 
Cette guerre totale, qui a des répercussions dans notre vie à tous les niveaux et remet en question des structures économiques et sociales données pour acquises depuis des siècles, est due à la propagation d’Internet. 
Les journaux sont en train de disparaître, après ce sera le tour des télévisions, puis des livres. Dans dix ou vingt ans, tout cela sera considéré comme des espèces disparues, à l’instar des dinosaures. Toute l’information convergera sur le Réseau et nous serons tous des Produconsommacteurs, à la fois producteurs et consommateurs d'information. 
Partout émergent des mouvements spontanés pour remplacer les partis : le Parti des pirates en Islande, en Suède et en Allemagne, les indignados espagnols, les jeunes d’Afrique du Nord qui donnent naissance au printemps arabe, et jusqu'au Mouvement 5 Etoiles en Italie, ignoré par les médias…La participation directe des citoyens aux affaires publiques prend la place de la délégation des pouvoirs en blanc. 
De nouvelles valeurs économiques telles que la réputation et les idées gagnent de plus en plus d’importance face à l'argent. À l’avenir les ressources primaires telles que l'eau ou l'électricité seront gérées par des réseaux de citoyens pour satisfaire leurs besoins, puis redistribuées. 
Le Réseau a ses propres lois, qui se manifestent constamment. L'une d'entre elles est l'élimination des activités sans valeur ajoutéeLe Réseau est partout, il suffit de s’arrêter un instant pour l'observer. 
Donc dans cette guerre le vieux monde périra, mais avant de quitter la scène il usera de TOUTES les ressources à sa disposition pour conserver ses anciens privilèges et ses rentes de situation. La guerre durera longtemps. En Italie, les partis contrôlent la société, l'économie, l'information, le commerce, les transports, les lois et leur application : TOUT. Ils sont la quintessence du vieux monde. Pour tenter de se défendre, ils ont rédigé des quantités industrielles de lois contre le Réseau. Ils se croient invulnérables, mais grâce à Internet, les citoyens sont sur le point de pénétrer dans les palais du pouvoir. 
Or notre premier projet de loi, qui puise son origine directement sur Internet, s’intitule pour un « Parlement propre »…
Voilà, j’arrête ici, mais beaucoup des grandes idées qui font le succès du Mouvement y sont. Dans cette citation, j'ai mis en gras les concepts clés : la participation directe aux affaires publiques des citoyens (qui ont désormais pénétré les palais du pouvoir avec ces élections, puisqu'ils sont 163 élus entre Chambre des Députés et Sénat) prend la place de la délégation des pouvoirs en blanc (à éliminer puisque n'ayant plus la moindre valeur ajoutée) (cf. ma précédente - et partielle - tentative d'explication), d'où l'impératif "improcrastinable" de donner enfin un "Parlement propre" à l'Italie.

Il y a 20 ans, lors de la terrible saison 1992-1993, l'opération "Mains propres" avait redonné un peu d'espérance aux citoyens honnêtes de ce pays de voir enfin moins de corruption et d'inégalités, mais l'espoir fut bref puisque l'arrivée de Berlusconi allait tuer toutes les illusions dans l'œuf. Deux décennies plus tard, nous voici face à un deuxième tournant historique pour l'Italie (certes, il peut arriver que certains trains passent deux fois, mais jamais trois...), donc si le pays veut garder espoir que celui-ci puisse être le bon, il faut d'abord qu'il se débarrasse de ce maudit.

Berlusconi personnalise à merveille l'achétype du politicien ripoux, compromis avec toutes les mafias, corrompu et corrupteur (l'un ne va pas sans l'autre...), qui a su mettre en œuvre avec une assiduité et un entêtement qu'on doit lui reconnaître une mise à sac programmée et systématique de son pays, absolument digne des plus grands prédateurs de l'Histoire. Il traîne tant de casseroles au cul que lorsqu'il se déplace on croirait entendre passer une brinquebalante "just married". D'ailleurs il vient tout juste d'être dénoncé par un sénateur l'accusant de l'avoir corrompu avec 3 millions € pour faire tomber le gouvernement Prodi, affaire à suivre...

Alors voilà, les gens n'en peuvent plus de donner un mandat de représentation à des énergumènes qui le bafoueront avec acharnement, ils n'en peuvent plus de cette alternance infinie droite-gauche qui a dédaigneusement saccagé le pays en parfaite harmonie, et qui continuerait volontiers si personne n'était là pour les arrêter. Or la justice italienne s'étant révélée impuissante face à la politique, les seules étoiles qui se font jour dans cet océan de merde sont celles du Mouvement de Grillo.

Que les pouvoirs constitués accusent par conséquent d'anti-politique et de populisme, il faut bien qu'ils trouvent quelque justificatif à bonimenter, en lui opposant les deux arguments massue :
  • Où va-t-il trouver les ressources suffisantes pour financer son programme (car il en a un, sérieux, aussi étonnant que cela puisse paraître), et notamment son "revenu de citoyenneté" ?
  • Dans quel gouffre son anti-européanisme va-t-il entraîner l'Italie (et l'Europe par la même occasion) ?
Loin de se démonter, Grillo répond point par point :
  • Par exemple en récupérant les 98 milliards d'euros (soit l'équivalent d'environ cinq plans de rigueur...) que les derniers gouvernements ont préféré laisser dans les poches des gérants des casinos en ligne (!), nouvelle voie royale pour blanchir la finance mafieuse (d'ailleurs le fait que Berlusconi soit aussi impliqué là-dedans n'est que pure coïncidence...), ou les 60 milliards d'euros que coûte chaque année la corruption au pays, les 159 millions d'euros que les partis politiques devraient récupérer pour ces dernières élections (qui ont duré un mois en gros), un bottin multiplié par 10 ces 14 dernières années que le Mouvement de Grillo refuse d'encaisser, comme il l'a déjà fait en Sicile avec d'autres "remboursements", en utilisant cet argent pour créer un fonds destiné à financer les PME en difficulté, ou encore en annulant l'achat de 90 F35 (env. 12 milliards €), dont on sait déjà qu'ils ne marchent pas et qu'ils ne serviront à rien si ce n'est remplir certaines poches, etc. Mais aussi en réduisant considérablement les "salaires" des politiques et administrateurs de la "chose publique" de tous bords, puisqu'il faut quand même savoir que l'appareil des pouvoirs publics (nationaux, régionaux, provinciaux, etc.) en Italie est celui qui coûte le plus cher au monde : des présidents de région qui prennent 2 ou 3 fois plus qu'Obama, un gouverneur de la banque d'Italie qui prend 900 mille € et des poussières (contre env. 350 mille pour son homologue de la Bundesbank), un chef de la police qui émarge à 600 mille €, etc. etc. Et je pourrais vous en tartiner comme ça des pages et des pages...
  • Par exemple en renégociant la dette "souveraine", d'environ 100 milliards € à l'année, non sans avoir d'abord racheté les bons du Trésor italien qui sont dans les coffres des banques françaises et allemandes...
  • Concernant l'Europe, il est évident que le fiscal compact est une gigantesque arnaque, au sens où JAMAIS il ne pourra être mis en oeuvre, et encore moins dans la situation actuelle, et inutile de parler de la règle d'or, etc. etc. 
Je crois donc, personnellement, comme l'observe fort justement François Bonnet dans "Pourquoi les élections italiennes sont une excellente nouvelle ?", que « (l)es tenants d’une Europe libérale, où ont été engagés quarante plans d’austérité en cinq ans, voient à nouveau le suffrage universel déjouer leurs plans », ou encore, pour le dire avec Arnaud Montebourg, que « les peuples ne sont pas prêts à passer sous la table, et c'est la démonstration italienne. (…) Les Italiens ont dit qu'ils n'étaient pas d'accord avec la politique imposée par les marchés ».

C'est ça aussi, la sagesse des foules !

Jean-Marie Le Ray

P.S. J'aborderais les ingrédients Sagesse des foules (Intelligence collective) + Transparence (mode Wikileaks) dans de prochains billets...

mercredi 27 février 2013

Les mots guerriers de Beppe Grillo

Je suis en train de préparer un long billet sur Grillo, pour tenter de faire comprendre ce que lui et son mouvement représentent, vu que cela pourrait bien finir par avoir de fortes répercussions hors des frontières italiennes. En attendant, plus qu'une traduction, voici mon adaptation personnelle de ces "mots guerriers" de Beppe Grillo, qui font partie d'une lettre ouverte aux italiens :
Prisonniers de la nuit, nous cherchions à tâtons une sortie de secours, pensant ne plus pouvoir y échapper. On nous avait dit que portes et fenêtres étaient condamnées, qu’il n’y avait aucune autre issue. C’est alors qu’un flot de paroles et de pensées nous a frappé, provenant d’on ne sait où. De dehors. De dedans. Du Web, de la rue. Paroles de paix. Paroles de paix et mots guerriers en même temps. On s’en est servis comme torches dans la nuit, clés pour ouvrir des verrous et partir, ailleurs, vers des lieux inconnus, vers nous-mêmes. Maintenant nous voici à lair libre, en pleine lumière, pas encore pleinement habitués. On cligne les yeux avec la peur au ventre, rien de plus normal, en sachant toutefois que c’est l’unique voie possible, la seule à parcourir. Jamais dans toute l’histoire des démocraties modernes, ce qui se passe aujourd’hui en Italie ne s’est produit auparavant. Une révolution démocratique non-violente qui déracine les pouvoirs établis, renverse les pyramides. Il a suffi de trois ans pour que le citoyen se fasse État et entre au Parlement. Finalement nous réalisons que les portes fermées c’était nous, que les mots guerriers nous habitaient depuis longtemps mais qu’ils restaient dans nos gorges et nos cœurs, qu’on croyait être seuls alors que nous étions une multitude. À présent nous sommes surpris de voir tant de gens, tant d’inconnus, pleins des mêmes pensées, des mêmes espoirs, des mêmes peurs, à présent nous nous reconnaissons et partageons les mêmes mots guerriers. Ces mots belliqueux, abandonnés depuis longtemps, qui avaient fini par perdre tout leur sens, deviennent aujourd’hui des armes puissantes dont on se sert pour tout changer, pour bouleverser une réalité artificielle où la finance est l’économie, le mensonge est la vérité, la guerre est la paix, la dictature est la démocratie. Des mots guerriers, à la fois neufs et vieux, tels que communauté, honnêteté, participation, solidarité, soutenabilité, qui résonnent comme un coup de tonnerre et partout se propagent pour anéantir une politique dépassée. Nous avons enfin pris conscience de la réalité, conscients qu’il ne nous faudra plus compter que sur nos propres forces, que le pays est en ruines, et que des moments difficiles, très difficiles, nous attendent, qu’il y aura des tensions, des problèmes, des conflits, mais le chemin est tracé. Finalement nous l’avons trouvé et il nous conduit vers l’avenir, un avenir probablement plus pauvre, mais sûrement plus vrai, plus concret, solidaire et heureux. Une nouvelle Italie nous attend. C’est beau d’en faire partie.
Si vous voulez l'entendre de sa voix, je vous propose la vidéo, et le texte original à suivre.

 

Cercavamo una porta per uscire. Eravamo prigionieri del buio. Pensavamo di non farcela. Ci avevano detto che le finestre e le porte erano murate. Che non esisteva un’uscita. Poi abbiamo sentito un flusso di parole e di pensieri che veniva da chissà dove. Da fuori. Da dentro. Dalla Rete, dalle piazze. Erano parole di pace, ma allo stesso tempo parole guerriere. Le abbiamo usate come torce nel buio, come chiavi da girare nella serratura per andare altrove, in posti sconosciuti, verso noi stessi. E ora siamo fuori, siamo usciti nella luce e non ci siamo ancora del tutto abituati. Stringiamo gli occhi e, anche se sappiamo che stiamo percorrendo l’unica via possibile, abbiamo qualche timore, ed è normale. Quello che sta succedendo ora in Italia non è mai successo prima nella storia delle democrazie moderne. Una rivoluzione democratica, non violenta, che sradica i poteri, che rovescia le piramidi. Il cittadino che si fa Stato ed entra in Parlamento in soli tre anni. Abbiamo capito che eravamo noi quella porta chiusa, che le parole guerriere erano da tempo dentro di noi, ma non volevano venire fuori, pensavamo di essere soli e invece eravamo moltitudine. E adesso siamo sorpresi che così tante persone a noi del tutto sconosciute avessero i nostri stessi pensieri, le nostre speranze, le nostre angosce. Ci siamo finalmente riconosciuti uno nell’altro e abbiamo condiviso parole guerriere. Parole che erano state abbandonate da tempo, di cui si era perso il significato, sono diventate delle armi potenti che abbiamo usato per cambiare tutto, per ribaltare una realtà artificiale dove la finanza era economia, la menzogna era verità, la guerra era pace, la dittatura era democrazia. Parole guerriere dal suono nuovo e allo stesso tempo antichissimo, come comunità, onestà, partecipazione, solidarietà, sostenibilità si sono propagate come un’onda di tuono e sono arrivate ovunque annientando la vecchia politica. Siamo diventati consapevoli della realtà. Sappiamo che possiamo contare solo sulle nostre forze, che il Paese è in macerie e che quello che ci aspetta sarà un periodo molto difficile, ci saranno tensioni, problemi, conflitti, ma la via è tracciata. L’abbiamo trovata questa via e ci porta verso il futuro, un futuro forse più povero, ma vero, concreto, solidale e felice. C’è una nuova Italia che ci aspetta. Sarà bellissimo farne parte.
Beppe Grillo 

mardi 26 février 2013

L'Italie de Grillo et de son mouvement, premier parti politique italien !

Comme j'ai déjà eu l'occasion de le dire en citant Olivier Duhamel :
« Peu de pays sont aussi intéressants à étudier que l’Italie. Peu de pays sont aussi difficiles à comprendre pour un étranger que l’Italie. »
Au lendemain d'un énième retour sur la scène de Berlusconi, je me rappelle avoir lu un vieux tweet qui disait à peu près ceci : « Mais c'est quoi leur problème aux italiens » ?

Aujourd'hui, au-delà de la situation de crise généralisée commune à beaucoup de pays, sinon tous, je dirais que le principal problème des italiens, c'est qu'ils en ont marre de se faire voler depuis des décennies même ce qu'ils n'ont plus, par la plupart des partis politiques, sinon tous, qui se sont succédés au pouvoir depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Car de la démocratie chrétienne au parti socialiste de Craxi, puis des différents partis de Berlusconi aux différents partis de "gauche" qui s'alternent depuis maintenant 20 ans en passant par la Ligue du Nord, ce n'est qu'un saccage permanent de toutes les richesses du pays (et notamment des richesses économiques produites par le bon peuple) par une classe politique famélique corrompue jusqu'à la moelle, qui privatise les bénéfices à l'avantage de quelques-uns (des politiques et de leurs tribus aux clans et mafias de toutes sortes, en passant par les cols blancs au service de cette faune interlope et criminelle) et pour compenser socialise les pertes sur le dos des citoyens subjugués (étymologiquement : sous le joug, totalement soumis...), gentil troupeau taillable et corvéable à l'infini...

Hier la notion magique c'était "lottizzazione", "lottizzare", termes qui se traduisent littéralement en français par "lotissement", "lotir", autrement dit "répartir par lots" en matière d'urbanisme, et se "partager le gâteau" lorsqu'on transfère le concept à la politique ; de nos jours c'est plus prosaïquement s'accaparer, tout et partout, autant que faire se peut ! Hier nous avions à faire à des "idéalistes" qui volaient pour financer les partis (même si je nourris de sérieux doutes sur cette explication "officielle", Craxi était tout simplement un voleur, point barre), à présent ils sont beaucoup plus cruellement "réalistes" et surtout les techniques du vol et de la corruption se sont considérablement améliorées, en passant de la phase grossièrement artisanale à l'industrie scientifiquement organisée du pot-de-vin, pratiquement impossible à prouver grâce à la complicité de lois expressément rédigées pour ces taons assoiffés de sang.

Balzac avait vu juste :
« Les lois sont des toiles d’araignée à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites. »
Donc pour en revenir à notre taon préféré, j'annonçais la couleur dans mon dernier billet (publié le 10 décembre dernier...) :
Ne vous y trompez pas, Berlusconi sait pertinemment que cette fois il n'a aucune chance d'être élu prochain chef du gouvernement italien, et d'ailleurs il s'en fout complètement, ce qui l'intéresse c'est de réussir à nommer le plus possible de ses complices au parlement, notamment au sénat, et être ainsi en position de force pour que tout passe par lui : car sans lui, pas de majorité possible, et donc il pourra faire chanter les gouvernants élus en marchandant au cas par cas ses votes contre ce qui l'intéresse vraiment : sa "justice" et ses affaires.
Et bien voilà, nous y sommes ! Au Sénat, avec 117 sénateurs, Berlusconi devance talonne Bersani (123) pour la gauche, majorité fixée à 158... Or Monti n'ayant obtenu que 19 sièges, ce sont les 54 sénateurs de Grillo qui peuvent faire pencher le plateau de la balance, et donc la probabilité de l'ingouvernabilité totale est plus réelle que jamais, ce qui est très exactement l'objectif que s'était fixé Berlusconi, qui remporte ainsi son énième victoire électorale grâce à l'ineptie chronique des partis de gauche en lice et à la couardise atavique de millions d'électeurs italiens.


[MàJ - 26 fév. 2013] Quoiqu'incomplet, je laisse le graphique en témoignage de la journée du dépouillement des scrutins, haletante, une véritable succession de coups de théâtre, et les chiffres ci-dessus sont à présent les résultats définitifs du Ministère de l'Intérieur...

* * *

Ceci dit, cela ne change rien sur l'ingouvernabilité du pays, et je partage totalement l'analyse de Grillo : « Que ce soit pour six mois ou un an, avoir remis une fois encore le pays aux mains de Berlusconi est un crime contre la galaxie » (riconsegnare a Berlusconi il Paese per sei mesi o un anno credo che sia un crimine contro la galassia)...

Ça me rappelle cette phrase terrible prononcée par Umberto Eco : « Faudra-t-il attendre que Silvio Berlusconi fasse un million de morts avant que les italiens ne cessent de le soutenir ? »

* * *
Donc autant je suis triste et déçu par ce dernier (!?) coup de queue de Berlusconi, autant je suis heureux et me console en pensant qu'un parti hier quasiment inexistant devient aujourd'hui le premier parti politique italien !

C'est un résultat aussi exceptionnel qu'inattendu (j'étais sûr d'une grande victoire du mouvement de Grillo, mais pas dans ces proportions : plus de 7 millions de votes au Sénat, et près de 9 millions à la Chambre des Députés), sur lequel il convient d'apporter un éclairage en cherchant de sortir un peu des sentiers battus. Donc étant trop fatigué pour penser à une analyse en français, je vais me contenter de traduire le dernier billet de mon blog italien (je vous préviens, c'est pas particulièrement "politically correct", ni sur le fond ni sur la forme), rédigé samedi en pensant déjà au tournant historique que représente l'avènement du "Mouvement 5 étoiles" de Beppe Grillo qui rentre au parlement italien, démocratiquement élu. Une véritable révolution, la révolution de Grillo :
Grillo dit et fait beaucoup de conneries, c'est évident.
Mais il dit et fait aussi beaucoup de choses justes. Et à dire le vrai, si on met les conneries et les choses justes sur les deux plateaux de la balance, je crois que celle-ci penchera sans hésiter du côté des choses justes. 
Donc à la question « Les choses que dit ou fait Beppe Grillo sont-elles admissibles et tolérables », ma réponse est oui ! 
Un oui convaincu, qui ne craint pas le contradictoire. Surtout lorsqu'il provient de gens qui ont toujours voté à droite, à gauche ou au centre pour obtenir les résultats qui sont aujourd'hui sous les yeux de tous : une Italie en pleine détresse dont tous les indicateurs sont dans le rouge profond, un pays du quart-monde sous l'emprise de corrompus / corrupteurs / charlatans comme Berlusconi, qui traite les italiens comme des putains, les italiennes comme des putes : tu me donnes ton vote (phrase à double sens en italien, impossible à rendre ici), et moi en échange je te paierai ceci et cela... 
Ils voudraient même nous faire croire qu'il serait "prêt à retirer le pain de la bouche de ses enfants" pour tenir ses promesses ! 
En outre, lorsque j'entends quelqu'un comme Berlusconi raconter que Grillo est une menace pour la démocratie, alors je me dis que Grillo a forcément fait mouche. Et que pour le moins personne ne pourra lui ôter le grand, l'immense mérite, historique, d'avoir éveillé la conscience des italiens, et d'avoir redonné de l'espoir à énormément de gens dans ce pays lobotomisé / sodomisé qu'on appelle l'Italie. 
Mais il y a plus encore : Grillo c'est une chose, son Mouvement c'en est une autre. Car ce sont les militants - les représentants des millions de gens qui auront voté pour le Mouvement 5 étoiles - qui siègeront après-demain au parlement italien, pas Grillo. Ou peut-être aussi Grillo, qui sait ? 
Or voulons-nous vraiment mettre tous ces politiciens corrompus qui ont pillé et affamé le pays pendant des décennies et Grillo sur les plateaux d'une même balance ? OK, faisons-le, mais une fois de plus la balance penchera sans hésiter du côté de Grillo. 
L'anti-politique, comme ils l'appellent ! Mais qui sont-ils celles et ceux qui l'appellent ainsi : ce sont tous les politiciens de métier, menteurs, voleurs et corrompus morts de faim qui ont dévoré l'Italie, l'ont gangrenée jusqu'à la mort... Eux, pour sûr que ce sont de véritables politiques ! 
Donc, au point où en sont les choses, perso je suis pour la nouveauté, l'expérimentation : Grillo, Ingroia, Giannino, tous d'honnêtes gens qui ne sont pas des politiciens de métier, qui ne réussiront jamais à faire pire que leurs prédécesseurs quand bien même ils le voudraient. Ou tout le monde a déjà oublié que l'ultime Parlement italien (totalement vendu, et donc acheté) a voté que Ruby était la nièce de Moubarak ? Eux, pour sûr que ce sont de véritables politiques !  
Alors avant de dire n'importe quoi, tous les détracteurs de Grillo ne méritent qu'un gigantesque pied de nez. Car il est certain que la manifestation que nous avons vue l'autre soir à Place San Giovanni (800 000 manifestants), ne pourra pas être abattue à coups de sarcasmes. 
Après, nous verrons ce qu'ils feront au Parlement, mais ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui mieux vaut donner son vote au Mouvement 5 étoiles (ou à Ingroia, à Giannino) et faire un saut dans l'inconnu avec honnêteté , plutôt que de commettre un suicide assisté avec des politiciens de métier, eux, pour sûr que ce sont de véritables politiques ! 
Votés depuis toujours par des millions de gens aussi cons que modérés, pour obtenir les résultats que l'on découvre tous les jours dans les médias... 
Demain et après-demain l'Italie sera face à un tournant, exactement comme en 92. Le choix est simple : votez soit pour les "véritables" représentants de la politique politicienne (PDL, PD-L, Monti, etc.), soit pour les « populistes de l'anti-politique » (Grillo, Ingroia, Giannino, etc.), mais votez en conscience, pour celles et ceux qui en ont une. Et après ne venez surtout pas vous plaindre !
Jean-Marie Le Ray


P.S. Quelques liens pour approfondir :

En français

lundi 10 décembre 2012

Berlusconi V, le retour !

Ce qu'il y a de bien avec Berlusconi, c'est qu'au moins on est sûr de pas se tromper dans les prévisions !
  1. Le jour-même de la création en grandes pompes du dernier parti de Berlusconi, j'annonçais sur mon blog italien l'avortement d'un parti mort-né.
  2. Le jour-même de la démission forcée de Berlusconi, qui s'est enfui comme un voleur il y a un an, je prévenais sur ce blog
Et ils ont raison de s'inquiéter, l'Europe et les grands de ce monde, car la partie n'est pas encore jouée ! Ce n'est pas le genre de personnage à tomber sans réagir, et surtout à tomber tout seul. Car s'il peut entraîner le pays dans sa chute, il le fera volontiers, sans remords ni scrupules et sans l'ombre d'une hésitation. D'autant plus qu'il est aux abois à présent, lui aussi sait qu'il est au bord du gouffre, et par conséquent prêt à faire n'importe quoi dans l'espoir indécent de sauver ce qui peut encore l'être... 
Donc si l'Italie veut regagner sa crédibilité irrémédiablement compromise, et moins encore au plan international qu'en tant que nation, elle a une voie toute tracée : mettre enfin Berlusconi hors d'état de nuire en le frappant d'ostracisme pour l'empêcher de décider quoi que ce soit à quelque niveau que ce soit ! Seules les oubliettes conviennent à un tel énergumène.
D'ailleurs j'avais anticipé depuis longtemps les dangers d'une Italie berlusconienne pour l'Europe, et entendre aujourd'hui (comme hier) que Berlusconi et l'instabilité chronique dont il est porteur menacent autant l'Italie que la construction européenne (c'est M. Schultz, actuel président du parlement européen, qui le dit) ne fait que confirmer la clairvoyance de mon analyse.

Et pendant ces derniers mois de répit, chaque fois qu'un ami français me disait : « Alors, t'es tranquille maintenant, il est bien fini le Berlu », je répondais par une mise en garde : « Ne surtout pas croire cela, parce que dans les coulisses, c'est toujours lui qui tire les ficelles... », et ce pour différentes raisons.

Car même lorsqu'il remporta d'un souffle le vote de confiance (après avoir corrompu je sais plus combien de parlementaires...) du 14 octobre 2011, dans un billet intitulé « Et maintenant, que fera Berlusconi ? », je me lançais « dans un petit exercice de prospective, en essayant de dessiner le tableau de ce qui pourrait se passer dans les semaines et les mois à venir » :
Pour conclure en résumant, voici le programme que planifie probablement Berlusconi dans les mois à venir :

  1. d'abord se blinder au niveau judiciaire en faisant passer en force des lois en sa faveur et pour censurer les voix dissidentes, et
  2. une fois tranquille de ce côté, lancer sa campagne politique destinée à retourner l'opinion publique, une fois de plus, en vue des élections au printemps prochain.
Sauf imprévus d'ici là, et notamment un sursaut de dignité soit des forces qui ne sont pas encore totalement corrompues, soit d'une opinion publique réveillée, soit des deux...

Revivre le cauchemar de 1994 en 2012 serait fatal pour l'Italie, et pour l'Europe, qu'on se le dise !
Je me suis juste trompé d'un an pour n'avoir pas prévu la parenthèse Monti, mais sur le fond de l'analyse ça ne change rien. Au contraire, c'est même pire maintenant, car désormais il est fin prêt à jouer ses dernières cartes en entraînant le pays dans sa chute sans remords ni scrupules, et sans l'ombre d'une hésitation...

* * *

Ne vous y trompez pas, Berlusconi sait pertinemment que cette fois il n'a aucune chance d'être élu prochain chef du gouvernement italien, et d'ailleurs il s'en fout complètement, ce qui l'intéresse c'est de réussir à nommer le plus possible de ses complices au parlement, notamment au sénat, et être ainsi en position de force pour que tout passe par lui : car sans lui, pas de majorité possible, et donc il pourra faire chanter les gouvernants élus en marchandant au cas par cas ses votes contre ce qui l'intéresse vraiment : sa "justice" et ses affaires.

Sa "justice"

Berlusconi traîne tant de casseroles au cul qu'il est le premier à savoir que tôt ou tard, il finira par être condamné. Jusqu'à présent il a toujours réussi à s'en sortir en pliant le pays à ses intérêts, mais l'Histoire enseigne que même les peuples plus soumis finissent un jour par se réveiller, voire se rebeller...

En attendant sa décision de faire chuter le gouvernement Monti a des retombées immédiates fortement positives - pour lui, ça va sans dire.

À commencer par la mise au placard d'une loi anti-corruption tellement permissive que même un délinquant comme Dell'Utri aurait quand même pu continuer d'être sénateur, mais en vertu de laquelle Berlusconi risquait toutefois de ne plus pouvoir occuper de fonctions "publiques" en cas de condamnation, ce qui serait désastreux pour lui car il perdrait ainsi toutes les immunités dont il jouit encore.

Deuxièmement la campagne électorale des prochaines semaines lui permettra d'invoquer à chaque fois des "empêchements légitimes" (en vertu d'une loi de plus qu'il s'est fait voter) pour ne pas se présenter aux audiences des procès actuellement pendants - celui du Bunga-Bunga et un second où il est question d'écoutes téléphoniques, autre cheval de bataille de sa croisade contre les juges "communistes"... -, en lui permettant ainsi de les retarder sine die, chaque audience qu'il saute étant toujours ça de gagné, en vue de nouvelles prescriptions à l'horizon !

Troisièmement, la mise aux enchères des fréquences télé n'aura pas lieu, ce qui fera probablement perdre un petit milliard d'euros à l'état italien d'une part, et faire faire des économies à Mediaset de l'autre...

Sans compter l'ouverture possible d'une procédure d'infraction contre l'Italie par la Commission européenne, pour n'avoir jamais été capable de libéraliser le secteur télévisé ! En outre, comme l'indique l'actuel ministre du développement économique, une partie des actuelles fréquences TV deviendront des fréquences télécom dès 2015-2016, et la libération de ces fréquences serait un autre atout considérable pour les caisses de l'état.

Donc comme toujours, les décisions de Berlusconi pénalisent fortement le pays, et, de façon inversement proportionnelle, favorisent tout aussi fortement ses intérêts.

Ses affaires

Je pense avoir été l'un des seuls à (ou pour le moins à tenter d') expliquer en quoi la réussite des affaires de Berlusconi est étroitement liée à sa capacité d'influencer les décisions législatives, notamment dans deux billets publiés sur l'Observatoire des médias, dès novembre 2010 et 2011 :


Mais il faudrait aussi mentionner les "liens directs" entre Berlusconi et Vladimir Poutine sur le gaz russe, ce qui alarme les américains depuis un certain temps déjà, autre affaire dont une journaliste italienne de choc, Milena Gabanelli, s'occupera dimanche prochain, émission que je ne manquerai pas de suivre.

* * *

Voilà, je termine ici pour l'instant, il y aurait certainement beaucoup d'autres choses à dire, mais je pense vous avoir fourni assez d'indices pour mieux comprendre quels sont les enjeux qui motivent vraiment Berlusconi, au-delà de ses discours officiels démagogiques et populistes, que les médias toutes tendances confondues se feront un plaisir de relayer.

Toutefois, si vous souhaitez approfondir la situation italienne sans vous contenter des superficialités mainstream, Adscriptor essaiera de reprendre la plume tant que Berlusconi continuera de représenter un danger pour la démocratie. Il joue son va-tout dans les semaines qui viennent, que ça passe ou ça casse. Mais pour l'instant, il nous les casse bien !

Jean-Marie Le Ray