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jeudi 2 octobre 2008

Sites parking et pollution

Sites parking et pollution

Dans le sillage de mon précédent billet sur les 17 millions de sites parking (calcul vraisemblable, mais calcul par défaut...), je voudrais continuer ma réflexion sur le système du parking tel qu'il est pratiqué aujourd'hui et sur son absence quasi-totale de valeur ajoutée pour l'internaute. Sauf pour celui qui met ses sites en parking, bien sûr. Et les régies publicitaires, il va sans dire (suivez mon regard ;-)...

Juste une parenthèse avant de commencer : je ne suis pas anti-parking a priori, j'ai moi-même un portefeuille d'environ 400 domaines mais ce sont tous des redirections. Et s'ils ne sont pas en parking, c'est juste parce que je n'ai pas trouvé de parking satisfaisant. Non pas que je sois difficile, mais tout simplement parce qu'il n'en existe pas, aujourd'hui.

Une situation dont j'espère qu'elle changera ... demain. :-) Fermer la parenthèse.

Donc, en reprenant ma liste des 226 domaines en .COM qui contiennent tous OBAMA + MCCAIN dans le nom, j'ai matché cette liste sur la base des parkings de Quensis, et j'en ai trouvé 122, soit 54% du total, dont 86 sont servis par Godaddy (70% des parkings à lui tout seul) !

Les 36 autres sites parking se partagent entre une quinzaine de « prestataires » divers, dont Yahoo!

Pour le reste, nous avons essentiellement : des pages blanches, des liens corrompus, quelques pages en chantier, d’autres inaccessibles, des redirections vers des sites qui font leur pub, des ventes de t-shirts, des pages de flux (actus, encore de la pub) : 68 sites, soit 30%.

Et enfin, la catégorie "homogène" la plus représentée, hormis les parkings : des pages sondages, y compris un comics, et des pages politiques (blogs, minisites, encarts). Il y a même un site en chinois !

Ces 36 sites (16%), seuls à avoir un « contenu » pertinent par rapport à la thématique, se répartissent ainsi : 21 pages ou encarts simples, 3 pages de sondage, 6 blogs et 6 minisites.

Et encore, ce noyau dur des 12 ressources ayant le plus de contenu est-il imputable à de l’événementiel, mais ne présente rien de très approfondi. Disons juste que c’est la partie moins superficielle de l’ensemble.

CONCLUSION

Sur les 226 sites examinés :
  • 122 sites parking = 54% (dont 70% pour Godaddy et ... Google ;-)
  • 68 sites à écarter = 30%
  • 36 sites "pertinents" = 16% (dont seuls 12 ont un contenu un peu plus étoffé)
C'est tout juste si, par le plus grand des hasards, quelque visiteur pourra trouver ce qu'il cherche parmi les 12 sites plus "sérieux" (5,3% du total, un dixième des parkings), mais disons que la valeur ajoutée de l'ensemble pour l'internaute est pratiquement négligeable, pour ne pas dire nulle.

Une dernière projection : si vous appliquez ces pourcentages aux 21 330 noms de domaines (14 622 .COM contenant OBAMA + 6 708 .COM contenant MCCAIN) créés de toute évidence à l'occasion des élections, le résultat n'est pas reluisant.

Quoique : 16% de "pertinence" donnerait un peu plus de 3 400 sites, voilà sûrement de quoi y trouver son bonheur ! Et même si l'on restreint au "noyau dur" de 5,3%, cela fait plus de 1 100 sites, enfin de quoi satisfaire les plus exigeants.

Quant à les trouver dans cette gigantesque cacophonie, ça reste un autre problème !


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P.S. Ce billet fait partie d'une réflexion plus approfondie sur les sites parkings, un thème sur lequel j'aurai l'occasion de revenir...

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mardi 30 septembre 2008

17 millions de sites parking

17 millions de sites parking

Analyse : sites parking et pollution

Il y a dans le dernier rapport trimestriel de Verisign une donnée sur laquelle on ne s'arrête jamais, ou si peu :


Ce sont les 22% des 87 millions de domaines en .COM (env. 76 millions) et .NET (env. 11 millions) qui n'ont qu'une page, les "one-page web sites", qu'on peut aisément définir, pour la plupart, comme des "sites parking". Quant aux 10% de domaines n'ayant aucun site associé, il s'agit généralement de redirections.

Or 22% de 87 millions, ça donne un peu plus de 19 millions de sites, desquels nous enlèverons de façon tout à fait arbitraire 10%, vu que tous les sites à une page ne sont pas des parkings. Exemple.

D'où une évaluation réaliste d'environ 17 millions de sites parking.

Est-ce un hasard ? C'est exactement le nombre de sites tracés au jour le jour par la société Quensis dans sa base dot-coms, composée à la fois de tous les domaines enregistrés en .COM (base actualisée gratuitement toutes les nuits par Verisign) et d'une sous-base de 17 millions de parkings :


Or, me direz-vous, quel est l'intérêt de suivre d'aussi près les parkings ?

Il est multiple : statistique, linguistique, sémantique, etc., tout dépend de l'angle d'approche sous lequel on souhaite les étudier.

Je vais vous donner un exemple simple : quel est le mot anglais de 4 lettres qui a le plus de trafic en parking ? En voilà une question. Surtout lorsque l'on sait que TOUS les mots anglais de 4 lettres sont pris en .COM depuis longtemps.

Réponse : vous extrayez de la base "parking" tous les mots de 4 lettres, puis vous les matchez avec les mots du vocabulaire anglais et vous regardez ce qu'il en reste. Après quoi vous évaluez les mots qui ont le plus de chances d'être saisis en type-in, et vous vérifiez le trafic, il y a plusieurs outils pour ça.

Premier sur le podium : sexy.com !

Quant aux autres, sur les 456 976 combinaisons possibles en 4 caractères, si on enlève les mélanges lettres-chiffres et les marques, la typologie la plus fréquente est celle des sigles.

Recommencez l'expérience en matchant les 4 lettres de la base avec un dictionnaire de sigles, et le premier qui sort, toujours en termes de trafic, c'est nasa.com, avec des pics dépassant 4 000 visiteurs/jour en fonction de l'actualité !

Le rêve de tout domainer !

Mais cet outil a un autre intérêt fondamental pour un créateur de noms !

Imaginez (la chose n'est pas rare) qu'un client souhaite avoir une marque qui soit aussi disponible en .COM (la chose est beaucoup plus rare). Une exigence de plus en plus présente au cahier des charges d'une création ! Or voilà que l'un des noms qu'il préfère est pris en .COM, oui mais c'est un parking, dont 99% de ces sites sont à vendre par définition.

Et bien cela permet de recommander au client une approche transversale, en faisant contacter le vendeur par un intermédiaire qui ne dévoilera rien du destinataire final ni de ses intentions (car si le vendeur devait découvrir qu'une grosse société se cache derrière l'acheteur, le prix de vente serait multiplié par 100, 1000 ou plus dans l'instant).

Mais bien d'autres recherches sont possibles : quels sont tous les adjectifs pris en parking (ou non, puisque les mêmes requêtes sont évidemment faisables sur la base des .COM), les verbes, les mots composés, etc.

Cela permet aussi d'observer des tendances. Exemple sur la base .COM avec le duel le plus chaud du moment, Obama - McCain :

- Il y a 14 848 noms de domaines en .COM qui mentionnent Obama, dont 226 incluent également McCain.

Résultats : OBAMA est utilisé seul dans 14 622 .COM.

- Il y a 6 934 noms de domaines en .COM qui mentionnent McCain, dont 226 incluent également Obama.

Résultats : MCCAIN est utilisé seul dans 6 708 .COM.

Conclusion, 120% de présence en plus pour Obama dans les .COM, qui l'emporte haut la main sur McCain...

Présage ?



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P.S. À titre de pure curiosité, voici la liste des 226 domaines en .COM (dont 54% de parkings...) qui incluent Obama+McCain :

2008OBAMAVSMCCAIN
AVOTEFORMCCAINISAVOTEAGAINSTOBAMA
BARACKOBAMA-JOHNMCCAIN-POLL
BARACKOBAMAORJOHNMCCAIN
BARACKOBAMAVERSUSJOHNMCCAIN
BARACKOBAMAVSJOHNMCCAIN
BARACKOBAMA-VS-JOHNMCCAIN
BESTMCCAINOBAMADEBATES
BESTOBAMAMCCAINDEBATES
CHOOSEOBAMAORMCCAIN
COMPAREMCCAINOBAMA
COMPAREOBAMAMCCAIN
COMPAREOBAMAWITHMCCAIN
COMPARINGOBAMAWITHMCCAIN
DONTVOTECLINTONOBAMAMCCAIN
HILARYMCCAINOBAMA
HILARYOBAMAMCCAIN
HILARYOBAMAORMCCAIN
HOWBOUTMCCAINOBAMA
IAMSENATOROBAMAIWILLKICKSENATORMCCAINSOLDASSINTHEGENERAL
IFNOOBAMATHENMCCAIN
IVOTEMCCAINIFOBAMAISNOMINATED
JOHN-MCCAIN-SARAH-PALIN-VS-OBAMA-BIDEN
JOHNMCCAINVSBARACKOBAMA
KICKMCCAINSASSOBAMA
KIDS-CHALLENGE-OBAMA-MCCAIN-TO-SKATEBOARD
MCCAIN08OBAMA12
MCCAIN08OBAMA16
MCCAIN4OBAMA
MCCAINANDOBAMA
MCCAINANDOBAMATSHIRTS
MCCAINB4OBAMA
MCCAINBEATSOBAMA
MCCAINDIDNOTCALLOBAMAANIGGER
MCCAINFANSFOROBAMA
MCCAINFOROBAMA
MCCAINOBAMA
MCCAIN-OBAMA
MCCAINOBAMA08
MCCAIN-OBAMA08
MCCAINOBAMA2008
MCCAIN-OBAMA2008
MCCAIN-OBAMA-2008
MCCAINOBAMABLOG
MCCAINOBAMACENTRAL
MCCAINOBAMACHALLENGE
MCCAIN-OBAMA-COMPARED
MCCAINOBAMACOMPARISON
MCCAINOBAMADEBATE
MCCAIN-OBAMADEBATE
MCCAIN-OBAMA-DEBATE
MCCAINOBAMADEBATES
MCCAIN-OBAMA-DEBATES
MCCAINOBAMAELECTION
MCCAINOBAMAFACTS
MCCAINOBAMAFORPRESIDENT
MCCAINOBAMAFORUM
MCCAINOBAMALIVE
MCCAINOBAMAONLINE
MCCAINOBAMAORHILARY
MCCAINOBAMAPOLL
MCCAINOBAMAPOLLS
MCCAIN-OBAMA-PRESIDENT
MCCAINOBAMAROMETER
MCCAINOBAMATICKET
MCCAINOBAMATOWNHALL
MCCAINOBAMAUPDATES
MCCAINOBAMAWAR
MCCAINOROBAMA
MCCAIN-OR-OBAMA
MCCAINOROBAMA2008
MCCAINOROBAMAIN2008
MCCAINPALINOBAMA
MCCAINPALINOBAMABIDEN
MCCAIN-PALIN-OBAMA-BIDEN
MCCAIN-PALIN-OBAMA-BIDEN-BOOKS
MCCAINPALINVSOBAMABIDEN
MCCAIN-PALIN-VS-OBAMA-BIDEN
MCCAINQUOTESFOROBAMA
MCCAINROCKS-OBAMASUCKS
MCCAINSFOROBAMA
MCCAINVERSUSOBAMA
MCCAIN-VERSUS-OBAMA
MCCAINVOBAMA
MCCAINVSOBAMA
MCCAIN-VS-OBAMA
MCCAINVSOBAMA08
MCCAINVSOBAMA-08
MCCAINVSOBAMA2008
MCCAINVSOBAMA-2008
MCCAINVSOBAMABLOG
MCCAINVSOBAMASHOP
MCCAINVSOBAMASTORE
MCCAINYESOBAMANO
MYMAMASFOROBAMABUTMYDADDYSFORMCCAIN
NOBAMAMCCAINT
NOBAMAVOTEMCCAIN
NOBAMAYESMCCAIN
OBAMA08MCCAIN12
OBAMA08MCCAIN16
OBAMA08MCCAINEHASTOWAIT
OBAMA4MCCAIN
OBAMA4UNITYBEATSMCCAIN
OBAMAANDMCCAIN
OBAMAANDMCCAINTSHIRTS
OBAMABEATMCCAIN
OBAMABEATSMCCAIN
OBAMABIDENMCCAINPALIN
OBAMA-BIDEN-MCCAIN-PALIN
OBAMABIDENMCCAINPALIN08
OBAMABIDENMCCAINPALIN2008
OBAMABIDENVSMCCAINPALIN
OBAMA-BIDEN-VS-MCCAIN-ROMNEY
OBAMABIDEN-VS-MCCAINROMNEY
OBAMABIDENVSPALINMCCAIN
OBAMADEFEATSMCCAIN
OBAMADEMOCRATSFORMCCAIN
OBAMADEMSFORMCCAIN
OBAMAFIGHTSMCCAIN
OBAMAFORMCCAIN
OBAMAHILARYMCCAIN
OBAMAHILARYORMCCAIN
OBAMA-HILLARY-MCCAIN-METAL-ART-FACES
OBAMAITESFORMCCAIN
OBAMAMCCAIN
OBAMA-MCCAIN
OBAMA--MCCAIN
OBAMAMCCAIN08
OBAMAMCCAIN2008
OBAMA-MCCAIN2008
OBAMAMCCAIN269
OBAMAMCCAINANDJESUS
OBAMA-MCCAIN-BIDEN-PALIN
OBAMAMCCAINBLOG
OBAMAMCCAINCAMPAIGN
OBAMAMCCAINCENTRAL
OBAMAMCCAINCHALLENGE
OBAMAMCCAINCOMPARISON
OBAMAMCCAINDEBATE
OBAMA-MCCAINDEBATE
OBAMA-MCCAIN-DEBATE
OBAMAMCCAINDEBATEONLINE
OBAMAMCCAINDEBATES
OBAMA-MCCAIN-DEBATES
OBAMAMCCAINDOLLS
OBAMAMCCAINELECTION
OBAMAMCCAINFACTS
OBAMAMCCAINFORUM
OBAMAMCCAINHAPPINESSQUIZ
OBAMAMCCAININFO
OBAMAMCCAINLIVE
OBAMAMCCAINNEWS
OBAMAMCCAINOHIO
OBAMAMCCAINONLINE
OBAMA-MCCAIN-PENNSYLVANIA
OBAMAMCCAINPOLL
OBAMAMCCAINPOLLS
OBAMA-MCCAIN-POLLS
OBAMAMCCAINPRAY4RAIN
OBAMAMCCAINSHAKERS
OBAMAMCCAINSHOW
OBAMA-MCCAIN-SKATEBOARD
OBAMA-MCCAIN-SMACKDOWN
OBAMAMCCAINSPEECH
OBAMAMCCAINTOWNHALL
OBAMAMCCAINUPDATES
OBAMAMCCAINWAR
OBAMAMCCAINWARREN
OBAMANOTMCCAIN
OBAMANSFORMCCAIN
OBAMAONMCCAIN
OBAMAORMCCAIN
OBAMA-OR-MCCAIN
OBAMAORMCCAIN08
OBAMAORMCCAIN2008
OBAMAORMCCAINFORPRESIDENT
OBAMAORMCCAINPOLL
OBAMAROCKS-MCCAINSUCKS
OBAMASUPPORTERS4MCCAIN
OBAMASUPPORTERSFORMCCAIN
OBAMATHENMCCAIN
OBAMAVERSUSMCCAIN
OBAMA-VERSUS-MCCAIN
OBAMAVMCCAIN
OBAMAVOTERSFORMCCAIN
OBAMAVSMCCAIN
OBAMAVSMCCAIN08
OBAMAVSMCCAIN-08
OBAMAVSMCCAIN08POLITICS
OBAMAVSMCCAIN2008
OBAMAVSMCCAIN-2008
OBAMAVSMCCAIN2008ELECTION
OBAMAVSMCCAIN2012
OBAMAVSMCCAIN4YEARSLATER
OBAMAVSMCCAIN-4YEARSLATER
OBAMAVSMCCAINBLOG
OBAMA-VS-MCCAINE
OBAMAVSMCCAINFORPREZ
OBAMAVSMCCAINFOURYEARSLATER
OBAMAVSMCCAIN-FOURYEARSLATER
OBAMAVSMCCAINSHOP
OBAMAVSMCCAINSTORE
OBAMAWASRIGHTMCCAINWISWRONG
OBAMAWILLBEATMCCAIN
PALINMCCAINVSOBAMABIDEN
POLLOBAMAMCCAIN
PRESIDENTMCCAINVPOBAMA
RACISM-OBAMA-MCCAIN
RICKWARRENOBAMAMCCAIN
SENATOROBAMAVSSENATORMCCAIN
THEMCCAINOBAMABLOG
THEMCCAINOBAMACHATROOM
THEMCCAINOBAMAFORUM
THEMCCAINOBAMANEWSROOM
THEMCCAINOBAMAVIRALS
THEOBAMAMCCAINBLOG
THEOBAMAMCCAINCHATROOM
THEOBAMAMCCAINDEBATE
THEOBAMAMCCAINDEBATES
THEOBAMAMCCAINFORUM
THEOBAMAMCCAINNEWSROOM
THEOFFICIALOBAMAMCCAINSITE
VOTEOBAMAORMCCAIN
WAS4OBAMANOW4MCCAIN
WHATDOYOUTHINKOFOBAMAMCCAIN
WHYMYFRIENDJONATHANSHOULDVOTEFOROBAMAOVERMCCAIN

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samedi 22 juillet 2006

Google partenaire de Go Daddy dans le business des noms de domaine

Google partenaire de Go Daddy dans le business des noms de domaine

Une actu sur laquelle je ne peux absolument pas faire l'impasse.

Lue sur le blog de John Battelle, où il mentionne un article de Scott Karp dénonçant l'hypocrisie de Google, qui d'un côté pénalise les annonceurs AdWords (voir également la question examinée sous un autre angle par Vinny Lingham), et de l'autre passe un accord avec GoDaddy, grand pourfendeur de bidonnages en tous genres sur les noms de domaine, pour qu'il mette à la disposition de ses clients (dont moi...) des pages parking monétisées grâce au service AdSense for Domains de Google. Une hypocrisie que j'observais déjà en ... février dernier ! Du genre « ma main droite ignore ce que fait ma main gauche »...

Scott Karp tient cette info de Jen Sense, qui remarque une différence ... de taille : jusqu'à présent, ce service de parking était réservé aux seuls "domaineurs" réalisant plus de 750 000 pages vues par mois. Or en proportion de la population Internet mondiale, il ne doit quand même pas y en avoir des masses ! Avec ce nouveau partenariat, la firme de Mountain View accroît considérablement son "visitorat" potentiel, puisque tout utilisateur peut dès maintenant tenter de monétiser ses domaines, une pratique commerciale très peu prisée du public francophone, mais qui fait rage Outre-Atlantique et ailleurs.

Bob Parsons joue ainsi sur les deux tableaux, puisqu'il encaisse le loyer de ses utilisateurs d'un côté, et les reversements de Google de l'autre. Service baptisé CashParking :


Les trois formules prévoient respectivement un reversement de 60, 70 ou 80% au titulaire du domaine selon l'abonnement qu'il choisit, à partir de 3,99 $/mois, 9,99 $/mois ou 24,99 $/mois, avec des rabais si vous choisissez sur un an (10%) ou deux (20%).

Il existe différentes formes de parking, comme sur Sedo, autre acteur majeur dans les noms de domaine, qui propose une offre de parking gratuit :


Il faudrait bien sûr étudier tous les critères qui rentrent en jeu (nombreux), afin de déterminer les pour et les contre, mais je n'ai franchement pas le temps.

Pour vous donner une idée de ce dont nous parlons, voici une comparaison succincte entre les statistiques fournies en exemple par GoDaddy :


et des chiffres réels, extraits d'un "portefeuille" de 7 domaines que j'ai stationnés chez Parked.com depuis 43 jours :


Petit glossaire des fondamentaux de la monétisation :
  • CTR / Click Through Ratio - ou Click Thru Rate : taux de clics (TDC), à savoir le pourcentage de vos visiteurs qui vont finir par cliquer sur une pub
  • RPC / Revenue Per Click : revenu par clic, soit le revenu réalisé à chaque fois que l'internaute clique sur une pub ; fait pendant au CPC (Cost Per Click), ou coût par clic, tarifé à l'annonceur chaque fois que sa pub s'affiche
  • RPM / Revenue Per Mil - Revenue Per Thousand Impressions : revenu par mille impressions, soit le revenu réalisé à chaque fois qu'une pub est vue mille fois ; fait pendant au Coût par 1000 impressions (ou CPM), qui est le tarif payé par l'annonceur
  • PPC (Pay Per Click), sigle qui regroupe tous les programmes de paiement au clic, tels qu'AdSense, par exemple.
Donc, mis à part mon dernier domaine, pour qui à l'évidence personne n'a le déclic (il est clair que la qualité d'un domaine parqué dépend essentiellement de son aptitude à générer du trafic en type-in, même si à mon avis les choses évolueront aussi de ce côté-là...), voici ce qui ressort :
  1. Mon taux de clics varie dans une fourchette entre 12,50 et 22,52%, soit en gros entre 1 internaute sur 5 et 1 sur 6 qui cliquent sur les pubs. Donc le CTR de 15% pris en hypothèse pour le programme CashParking est très vraisemblable
  2. Les 45 000 impressions envisagées par GoDaddy représentent env. 21,5 fois mes 2 090 visiteurs, indépendamment de la durée. Or en multipliant par 21,5 les 36,39 $ que j'ai gagnés en 1 mois et demi, ça nous donne 782,385 $, un résultat parfaitement en phase avec les 792,16 $ annoncés pour 80% de reversement
  3. Monétisation, lecture du tableau ci-dessus :
    • 4 domaines sur 7 réalisent 97% des visites et 99% du TDC ; 1 domaine génère à lui seul les 3/4 des gains : 69% des visites, mais 73% du TDC et 75% du revenu
    • En données journalières, cela donne une moyenne de 48,6 visites pour 9,5 clics, soit très exactement 1 clic tous les 5 internautes : TDC = 19,57%, et par défaut ... 0,85 $ gagné par jour (moyenne presque identique au RPC, autant dire 1 clic par jour qui rapporte !, sur 9,5)
    • Le revenu par 1000 impressions (RPM) est de 17,41 $ : 0,01741 x 2090 visites = 36,3869 $, arrondis à 36,39 $
    • Le revenu par clic (RPC) est de 0,08897 (36,39 $ / 404 clics), arrondi à 0,09 $
  4. Conclusion : toutes proportions gardées, les estimations de GoDaddy sont vraisemblables, car les gains restent en ligne avec ceux que j'ai réalisés en 43 jours, même si la période temporelle qu'il considère est plus courte (1 mois contre 1 mois et demi), mais avec 25 fois plus de domaines que les miens (100 contre mes 4 qui marchent, puisque sur les 7 stationnés, 3 ne sont absolument pas significatifs, alors que le coût annuel d'enregistrement des autres est déjà largement récupéré), contre 21,5 fois le C.A.
  5. Ne reste plus qu'à trouver les noms de domaine qui cartonnent, mais ça c'est une autre histoire...
Voilà. Donc, au vu de ces chiffres minuscules, imaginez le C.A. dégagé chaque mois par ceux qui pratiquent le domain kiting ! Un abus qui, en théorie, devrait être combattu par la longue traîne et les domaines de deuxième génération qui finiront bien par voir le jour, tôt ou tard... Cette fois, scoop d'Adscriptor, même Bob Parsons est d'accord, c'est vous dire :
Dear Jean,
The long tail proposal is certainly better than the abuse that is going on now.
Appreciate your post,
Bob Parsons, on Jul 6 2006, 14:24

(la solution proposée de la longue traîne est certainement meilleure que les abus actuellement perpétrés...)
Quant à la fraude aux clics, la suite ici...


P.S. J'allais oublier une chose importante ! Lorsque j'affirme plus haut que le coût annuel d'enregistrement des quatre domaines considérés est déjà largement récupéré, j'entends ceci :
En 1 mois et demi j'ai récupéré ma mise sur les domaines rentables, pour lesquels les droits d'enregistrement me coûtent 9,20 $ par an, soit 36,80 $ pour les 4 (si j'avais voulu mieux faire coïncider les choses, j'aurais pas pu). Donc à partir de maintenant, ce qui rentrera c'est tout bénef ... à condition que ce service soit gratuit, comme sur Parked.com, justement. Car si je devais payer l'abonnement correspondant à 269,88 $ (avec le rabais de 10% pour l'année), mon gain annuel serait de ... 2,21 $ (et encore, je calcule pas le change en Euros !).
Explication : en gardant le même rythme (36,39 $ en 43 jours), mes domaines produiraient un revenu de 308,89 $ sur 365 jours, tout juste suffisant pour couvrir l'abonnement au service et l'enregistrement des noms : 269,88 $ + 36,80 $ = 306,68 $.

Au final, Google et le Registreur (Go Daddy ou un autre...) gagnent de l'argent, et vous... des cacahouètes ! Ce genre de service n'est susceptible d'être rentable que si vous avez un nom de domaine clicable, très clicable, ou mieux encore, plusieurs, mais vraiment plusieurs :-)

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vendredi 9 juin 2006

Le business des noms de domaine : une question de réputation et...


Il y a une semaine, en écrivant une ébauche d'analyse sur le positionnement des principaux acteurs du monde de l'Internet que sont Google, Yahoo, eBay, Microsoft et Amazon, je réfléchissais à une évidence que nous avons constamment sous les yeux :
En dépit de leurs différences ou de leurs guéguerres pour dominer le Web, et pas seulement, ils ont un dénominateur commun qui les rapprochent plus qu'on ne saurait le concevoir : ce sont toutes des sociétés américaines !
[MàJ - 4 juillet, fête commémorative de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis d'Amérique.] Je ne croyais pas si bien dire : « Je suis fier d'appeler ma maison les États-Unis d'Amérique. Je suis encore plus fier d'affirmer que GoDaddy.com est une société américaine. » Bob Parsons


* * *

Pour autant la mainmise des États-Unis sur l'Internet ne s'arrête pas là, puisque l'ICANN, qui préside aux destinées du réseau des réseaux est aussi un organisme de droit américain, tout comme le sont la plupart des registreurs qui comptent, dont le rôle et l'importance sont à mon avis grandement sous-estimés dans nos analyses de la toile :


Sur les 15 bureaux d'enregistrement majeurs, 11 sont américains (voyez les petits drapeaux ci-dessus !), 1 canadien, 1 australien, 1 indien et ... 1 européen (allemand pour la précision).

On peut donc parler sans grand risque de se tromper de suprématie américaine dans des proportions écrasantes, de quasi-monopole même.

Est-ce un mal en soi ? Je n'en suis pas totalement convaincu, surtout lorsque je vois les vaines et coûteuses tergiversations du gouvernement autour d'un « projet » tel que Quaero, annoncé et alimenté à grand renfort d'argent public dans le plus pur style bureaucratico-administratif-franco-français, qui consiste à dire (plutôt qu'à faire, la nuance est de taille) :
Est-ce qu'on pourrait faire ça ? On va créer une commission qui se réunira peut-être pour étudier la faisabilité et faire un rapport. On demandera son avis à tout le monde, surtout ceux que ça ne concerne pas, et dès que quelqu'un élèvera une objection on s'empressera de pousser le rapport sous un tapis ! Dans 10 ans peut-être...
De toutes façons, c'est le contribuable qui passe à la caisse, merci aux politiques de tous bords de gérer notre argent avec la sagesse du bon père de famille...

* * *

Après cette entrée en matière un peu acide, je vais m'intéresser au premier des registreurs américains, et donc au premier registreur du monde, à savoir GoDaddy, qui gère à l'heure où j'écris plus de 11 500 000 noms de domaines (et une bonne part des miens :-), soit presque 1/6ème du parc mondial des domaines actifs, un peu plus de 70 millions au jour d'aujourd'hui ;-)

Une paille ! Dans un article paru il y a deux mois sur Forbes, intitulé What Makes GoDaddy Go? [Double sens entre Qu'est-ce qui fait courir GoDaddy ? et Pourquoi GoDaddy veut entrer en Bourse ? (sous-entendu : What Makes GoDaddy Go Public?)] , Rachel Rosmarin, la journaliste, donnait des chiffres supérieurs :
GoDaddy (...) says it manages more than 13 million domain names, or about 20% of the 86 million domain names on the Web. (GoDaddy déclare gérer plus de 13 millions de noms de domaines, soit environ 20% des 86 millions de domaines sur le Web.)
Ne sachant pas d'où elle détient ces données, je préfère m'en tenir aux statistiques actuellement disponibles (les deux graphiques ci-dessus, consultés le 9 juin 2006).

À noter au passage que la quantité des domaines supprimés est quasiment le triple de celle des actifs, alors qu'elle en représentait moins du double fin janvier. D'ailleurs en comparant l'évolution sur à peine plus de quatre mois, le nombre des domaines actifs a progressé d'environ 10%, contre environ 60% pour les domaines supprimés. Sans commentaires...

Donc, premier fait marquant concernant la société, son introduction en bourse a été annoncée en avril par Bob Parsons, son fondateur et unique actionnaire, la soixantaine bien portée :


Celles et ceux qui suivent mon blog (oui, il y a encore des personnes courageuses) auront déjà entendu parler de lui, grand pourfendeur des registreurs qui pratiquent le taste-domaines ou, si vous préférez, le domain kiting, que j'ai traduit par bidonnage, faute de mieux.

Certes, le timing de ces dénonciations n'est pas innocent, puisqu'elles interviennent au moment même où la société prépare sa mise sur le marché, et il est clair que Bob Parsons rend service à la communauté tout en œuvrant à bâtir la réputation de GoDaddy.


Opération indispensable pour rassurer les investisseurs potentiels : si GoDaddy est l'entreprise dont la croissance est la plus forte parmi les registreurs, elle perd aussi de plus en plus d'argent au fil des ans :
  1. 1 000 000 $ en 2003
  2. 3 700 000 $ en 2004
  3. 11 600 000 $ en 2005
Ces pertes étant dues aux investissements massifs en publicité, notamment les spots télévisés diffusés pendant la finale du Super Bowl, parmi les plus chers des États-Unis, puisque en 2006 il faut débourser 2 600 000 $ pour ... 30 secondes ! Je vous laisse calculer à combien revient la seconde... (Source : Web Hot Industry Review)


Le prix de la notoriété ! Du reste, la réputation est un concept auquel il tient fortement si l'on en juge à l'intitulé de trois brevets déposés par GoDaddy - numéros 20060095459, 20060095586 et 20060095404 -, respectivement :
  1. Publishing domain name related reputation in Whois records (Publication de la réputation attachée à un nom de domaine dans les données du Whois)
  2. Tracking domain name related reputation (Traçabilité de la réputation attachée à un nom de domaine)
  3. Presenting search engine results based on domain name related reputation (Présentation des résultats dans les moteurs de recherche en fonction de la réputation attachée à un nom de domaine )
Source : Search Engines and Registrars Getting Creative with Whois Database?

J'ai essayé d'en savoir plus, mais apparemment la consigne c'est : « Aucune info disponible pour l'instant... »


Ceci étant, les titres sont suffisamment explicites, et la mise en place de tels systèmes représenterait à la fois une alternative au SafeRankJM et une manière de sécuriser davantage le Web, puisqu'il est désormais évident qu'il y a une corrélation entre les domaines bidons et l'envoi de pourriels en masse, un spamming planétaire avec en prime, de plus en plus souvent, la contagion par quelque virus ou virus-like (en attendant les vrais...) !

* * *

En fait, Bob Parsons n'est plus seul à dénoncer les arnaques aux noms de domaines et l'inertie de l'ICANN face au problème, puisque le très sérieux MessageLabs, qui publie un rapport de veille mensuel sur les dangers qui menacent l'Internet (virus, spam, phishing, etc.), dénonce explicitement dans celui du mois dernier (mai 2006) le phénomène des « Disposable Domains » liés au « Domain Kiting » :
Ces derniers mois, on assiste à une escalade des « domaines jetables » (Disposable Domains), qui progressent dangereusement d'un mois sur l'autre. MessageLabs a déjà abordé la question des « domaines jetables » dans son rapport de veille pour l'année 2005, mais la pratique du Domain Kiting fait qu'il est plus facile d'exploiter ce genre de domaines à des fins d'abus et de fraude.

(In recent months, new issues such as “Disposable Domains” have escalated to become much more of a serious threat than they were even a few months ago. Disposable Domains were first highlighted in the MessageLabs Intelligence 2005 End-of-Year report, and the practice of “Domain Kiting” makes it much easier for these domains to be abused.)
Selon le rapport 2005, ces domaines jetables ont une durée de vie de 12 jours à moins d'un jour (variant de moins de 24 heures pour 28,9% des domaines bidons à moins de 3 heures pour 9,9% d'entre ceux qui sont dans cette catégorie). Cela leur suffit cependant à bombarder le Web de milliards de spams et autres infections du même acabit, puisque les canons à spam transmettent plusieurs millions de messages ... à l'heure !



On vit vraiment une époque formidable ! :-)


P.S. Devinette connexe : quelle est la relation entre GoDaddy et Microsoft ? Réponse : sur les quelque 11 500 000 noms de domaines que gère la société, GoDaddy a décidé il y a quelques mois (info dont Gandi s'était fait l'écho) de migrer tous ses domaines en parking - soit un parc de 4 500 000 noms - de Linux à Microsoft, qui récupère ainsi du terrain sur Apache dans le marché des serveurs Web :




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