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lundi 12 mars 2007

RegisterFly : erreur 404, Registreur introuvable

RegisterFly : erreur 404, Registreur introuvable

RegisterFly, vous connaissez ? Non ? Jamais entendu parler ? Bon, ben ça va vite changer. Voici la brève chronique d'un désastre annoncé.

* * *

[MàJ - 16 mars 2007] Voilà, c'est fait, le registreur n'est plus agréé par l'ICANN.

[MàJ - 15 avril 2007] Bien que RegisterFly ait été radié par l'ICANN, ils continuent à enregistrer des noms (et à se faire payer) comme si de rien n'était. Une « class action » (recours collectif) a été entreprise, à la fois contre le registreur, l'ICANN et eNom.

* * *

Il y a déjà plus d'un an que nos bons amis de l'ICANN reçoivent des plaintes de clients mécontents (c'est un euphémisme) de cette société, actuellement 20ème au classement des principaux registreurs.


Pendant des mois et des mois, l'ICANN a semblé impuissant et incapable d'entreprendre quoi que ce soit pour protéger les intérêts de tous ceux qui avaient eu la mauvaise idée d'enregistrer leur(s) nom(s) de domaine sous l'enseigne du registreur volant (ou voleur, pour la rime :-).

Et puis il y a un mois la situation a commencé à précipiter. Le 12 février dernier, l'un des deux associés fondateurs d'Unifiednames, Inc., la société mère de RegisterFly, John Naruszewicz, envoie d'urgence une lettre de licenciement à son co-associé / co-fondateur, Kevin Medina, en le mettant en demeure de restituer tout ce qui appartient à la société, des ordinateurs portables aux codes sources, de la liste des clients à l'accès aux comptes bancaires, etc.

Y a de l'eau dans le gaz...

Lettre accompagnée d'une action en justice pour conduite illicite, datée du même jour, dans laquelle la société précise que sur les 200 000 clients qu'elle comptait en décembre 2006, elle en a perdu ... 75 000 en janvier 2007 (points 18 et 19)  !

Le point 23 est intéressant, puisqu'il accuse M. Medina d'avoir dilapidé les actifs de la société, en se servant dans la caisse pour se payer les services de modèles, pour se faire liposucer (y a-t-il rapport de cause à effet ?), ou encore pour régler les 10 000 $ de loyer mensuel de son modeste pied-à-terre à Miami Beach plus tout un tas d'autres dépenses via ses cartes de crédit. Une info reprise par Bob Parsons en personne, qui a sûrement senti la bonne affaire.

Dans un même temps, les journaux commençant à se saisir de la question, l'ICANN décide d'agir en adressant à RegisterFly une lettre de 10 pages pour violation de contrat, et en donnant à la société 15 jours pour remettre les choses en ordre.

Quant à l'accusé, il réfute naturellement toutes les accusations dans sa réponse, et se justifie en disant que le seul but de son ex-associé est de s'accaparer la société. Chose que croit volontiers le juge, puisqu'à la surprise de tout le monde, il donne totalement raison à Medina !

John Naruszewicz, qui s'était déjà excusé auprès de ses clients (lettre encore en ligne sur le site, pour l'instant...), jette l'éponge, écœuré, et déclare qu'il ne fera pas appel :
"We lost and it's all over," he says. "The company will implode in days and 1 million domain names are going to be lost. It's a damned shame."

Nous avons perdu, et c'est terminé. La société va exploser d'un jour à l'autre, 1 million de domaines vont être perdus, c'est une putain de honte.
Des propos repris par Bob Parsons, et devant le tollé général, l'ICANN s'empresse de préciser qu'elle a déjà contacté M. Medina, à qui il reste deux jours pour rétablir la situation, et que le jugement rendu ne change rien.

En tous cas, il suffit de lire les commentaires des clients pour comprendre que plus personne ne se fait d'illusion (à comparer avec les témoignages "officiels"). Voir ici un exemple en vidéo...

Enfin, s'il y en a parmi vous qui ont des réclamations, voici l'adresse :

RegisterFly.com, inc.
404 Main Street
Boonton, NJ, 07005
US

404, ça vous rappelle rien ?


Liens connexes : IcannFly et Registerflies (sites réalisés par les clients escroqués), et en français.

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dimanche 27 août 2006

Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?

Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?

[Deuxième partie (4 septembre 2006) - Noms de domaine à la carte : vacarme et silence

Troisième partie (11 septembre 2006) - La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute...
]

J'ai découvert par hasard le concept de tarification par paliers (« tiered pricing ») des noms de domaine, avec en gros un palier par domaine :-), une proposition de l'ICANN qui pourrait, si elle est mise en œuvre, révolutionner dès 2007 le business des noms de domaine sur Internet, encore une fois au profit de l'ICANN et des Registres, et naturellement aux dépens des utilisateurs et enregistreurs que nous sommes, notamment les PME et les particuliers.

En fait, ce n'est rien de moins que la libéralisation totale et la dérégulation sauvage de la politique de prix qui a permis jusqu'à présent à tout internaute qui le souhaite d'entregistrer son propre nom de domaine pour un coût acceptable.

En bref, la proposition - initialement annoncée le 27 juin dernier et semble-t-il destinée à accorder une compensation aux registreurs des extensions .BIZ, .INFO et .ORG (dans un premier temps...), suite aux avantages concédés sans vergogne à Verisign dans le nouvel accord sur les .COM et .NET (possibilité pour le Registre d'augmenter les coûts d'enregistrement de 7% par an) - consisterait à abolir le contrôle des prix sur les enregistrements de domaine pour mettre en place un service à la carte.

Voir la proposition scélérate de l'ICANN. À noter tout d'abord que l'annonce rendue publique le 28 juillet, juste avant les vacances, avec le 28 août comme date butoir pour l'appel à commentaires, fait immédiatement penser à une tentative de passage en force. Or vu la teneur des « améliorations proposées », c'est bien compréhensible :

Abolissement du contrôle des prix sur les services du Registre :
Lifting of Price Controls on Registry Services.

Following extensive consideration and discussion, each of the proposed new .BIZ, .INFO and .ORG registry agreements provide for the lifting of price controls formerly imposed on the pricing of registry services. However, in order to protect incumbent domain name registrants and allow time for planning by those in the registry and registrar communities, the form of registry-registrar agreement proposed with each of the new registry agreements requires six months advance notice by the registry operator of any price increase in registry services. This is consistent with the notice period required under the registry-registrar agreement implemented with the 2005 .NET registry agreement, and the registry-registrar agreement included with the proposed new .COM registry agreement.
Grosso modo, suite à des discussions approfondies (avec qui, quand et où ?), ces accords prévoient l'abolissement pur et simple du contrôle des prix sur les services des Registres ! Toutefois, pour préserver les intérêts des enregisteurs de noms (!!!), le Registre devra notifier les augmentations avec un préavis de 6 mois, ça rassure.

Donc, comme le souligne cet article (en anglais), si les Registres décident de facturer 100 000 $/an pour sex.biz, ou 25 000 $/an pour movies.org, aux termes de l'accord proposé rien ne les interdit de le faire... Une interprétation confirmée par Vinton Cerf lui-même, pour le compte de l'ICANN.

Ce qui est la porte ouverte à tous les abus, sans oublier les Registreurs qui ne manqueront pas de se sucrer au passage, avec en bout de chaîne l'innombrable troupeau des petits enregistreurs, le bétail quoi !, dont je fais partie aussi. Je remercie vivement l'ICANN de bien protéger mes intérêts d'internaute lambda...

Un système de tarification des enregistrements avec un prix par domaine, un peu sur le modèle du .TV, où les noms de domaine « à forte valeur ajoutée » peuvent être loués « à des prix variables ». Et je vous dis pas pour les noms de marque... Bonjour les dégâts !

Ce qui pourrait fort bien aboutir à un truc dans ce genre :


Mais il y a plus :
3. 1(f) Traffic Data.

Nothing in this Agreement shall preclude Registry Operator from making commercial use of, or collecting, traffic data regarding domain names or nonexistent domain names for purposes such as, without limitation...
« Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON, à des fins, sans que la liste soit exhaustive... »

Pratiquement c'est le concept de SiteFinder, tant décrié et combattu à l'époque de sa mise en place par Verisign, remis au goût du jour !

Last but not least, l'ICANN n'oublie évidemment pas les droits perçus sur chaque domaine, en introduisant un réajustement des droits indexé sur le prix moyen des domaines (The per name transaction fees, however, are subject to adjustment depending on the average price of domain name registrations during each calendar quarter throughout the term of the agreement), on les comprend, les pauvres ! Et on comprend aussi pourquoi ils veulent pas lâcher la gouvernance de l'Internet (mainmise tout juste renouvelée jusqu'en 2011 par le Gouvernement américain !), l'os est trop bon...

Voilà. C'est succinct comme passage en revue, mais suffisant, je pense, pour donner une idée de ce qui se trame dans notre dos, et dans le silence le plus total de tous les acteurs qui auraient voix au chapitre et se taisent, coupablement, que ce soit par omission, ignorance ou intérêt.

Je n'ai pas encore décortiqué les accords entre l'ICANN et Verisign pour les extensions .COM et .NET, annoncés le 28 février dernier, mais vu le tollé unanime qu'ils ont soulevé, il y a fort à parier qu'ils aillent toujours dans le même sens : au profit de l'ICANN et des Registres, et aux dépens des utilisateurs et enregistreurs que nous sommes. Vous en doutiez ?

Un dernier point : vous pouvez toujours commenter la proposition puisque, dans un grand élan démocratique de l'ICANN, les commentaires (.BIZ, .INFO, .ORG) sont ouverts à tout le monde. Dépêchez-vous juste, la date limite, c'est ... demain :-)

Les résultats seront discutés par le comité directeur de l'ICANN lors de sa réunion du 13 septembre prochain. Naturellement, si cette proposition devait passer, en 2012, échéance du renouvellement de l'accord ICANN - Verisign à peine mentionné, il sera difficile, pour ne pas dire impossible, de refuser les mêmes avantages au Registre des extensions .COM et .NET... On ne s'étonnera donc pas que la position de Verisign soit enthousiaste...

Et si presque tous les autres commentaires présents sont franchement négatifs, y compris celui de Go Daddy, ils me donnent un peu l'impression de crier dans un désert de solitude et d'indifférence. Sans compter la capacité de l'ICANN de baîllonner les réfractaires, même ceux dont la voix est la plus tonitruante, dont Bob Parsons !

Je vais vous livrer un scoop Adscriptor au passage : au mois d'avril dernier, dans mon premier billet consacré au domain tasting (requalifié ensuite de domain kiting), je signalais l'opposition proclamée du président de GoDaddy à ces accords :
Quant à Bob Parsons, qui avait déjà épinglé la grande manigance autour du .EU, en disant que c'était même pire que ce qu'il croyait (ici et ), et continue de dénoncer les accords entre l'ICANN et Verisign, cette fois, on ne pourra pas dire de la source qu'elle n'est pas fiable !
Or si vous cliquez sur le lien : http://www.bobparsons.com/ICANNletsusdown.html, il est tout simplement CASSÉ ! Le billet n'existe plus ! N'a jamais existé ? Croyant tout d'abord que ma mémoire me trahissait, après une petite recherche dans mon réseau (merci dtSearch), j'ai retrouvé une sauvegarde (images clicables) :


Google aussi en garde quelques traces. Date de publication du billet de Parsons : 1er mars. Or c'est tout le mois de mars qui a disparu des archives du blog, qui passent directement du mois de février au mois d'avril 2006 :


Comme quoi la fiabilité d'une source, aussi pertinente soit-elle, a toujours ses limites ! Il faut croire que ce bon vieux Vint a encore suffisamment d'influence pour imposer son bon vouloir à quelqu'un comme Bob Parsons... C'mon Bob, if you read me, please say it ain't so!

Lien connexe : la position de GANDI

La suite ici...

[MàJ - 5 septembre 2006, 12h30'] Je viens de soumettre une synthèse de mes deux articles à AgoraVox, à peine approuvée par le comité de publication : lire Les noms de domaine à la carte, bientôt une réalité ?. C'est la première fois que je rédige un article sur ce média, mais la nécessité de diffuser ce message est à la hauteur de l'enjeu. Nous verrons bien les suites...


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mercredi 9 août 2006

Go Daddy retire sa demande d'introduction en bourse !


Actualité oblige !

Bob Parsons nous a habitué aux surprises, mais celle-ci est de taille. Après avoir déposé une demande d'introduction en bourse auprès de la SEC, l'autorité américaine pour les opérations de bourse, il vient de la retirer, entre autres à cause des conditions défavorables du marché (because of unfavorable market conditions).

Il nous en explique les raisons en détail sur son blog. Petit résumé :
Aujourd'hui, mardi 8 août 2006, j'ai informé les 1 200 employés du Groupe que Go Daddy a demandé à la SEC le retrait officiel de sa demande d'introduction en bourse.

Nous venons tout juste d'achever notre meilleur trimestre depuis que la société existe ! Trimestre durant lequel nous avons dégagé un C.A. de 56 985 000 $, une perte nette comptable de 733 000 $ et une trésorerie positive de 14 240 000 $.

Au moment où j'écris ce billet, les chiffres de juillet et d'août poursuivent leur tendance à la hausse.

Nous avons reçu le feu vert de la SEC la semaine dernière, ce qui signifie que la décision nous appartient désormais, ainsi que le choix des dates.

Le 29 juillet dernier, j'ai annoncé de concert avec Jay Westerdal (Name Intelligence), que le portefeuille de domaines de Go Daddy n'était pas seulement le numéro 1, avec quelque 14,6 millions de noms enregistrés, mais qu'il représentait plus du double de celui de notre premier concurrent.

Pour mettre cette évolution en perspective, il suffit de rappeler que nous avons dépassé l'ex leader dans l'industrie des noms de domaines (Network Solutions), le 26 april 2005, et que nous l'avons relégué loin derrière
(il est désormais troisième, et vu les prix pratiqués, c'est encore étonnant ! - NdT.) en 15 mois à peine !


Donc grâce à nos chers clients, aujourd'hui nous pouvons dire qu'environ 1 domaine sur 3 enregistré aux États-Unis l'est chez GoDaddy.com. Personne n'innove autant que nous !

De plus nous sommes le seul registreur qui n'offre pratiquement à ses clients que des technologies propriétaires...

Pourquoi ai-je décidé de retirer la demande d'introduction en bourse de Go Daddy ? Au moment même où notre situation est meilleure qu'elle ne l'a jamais été ? Trois raisons à cela :

1. Les conditions du marché
2. La période de silence
3. Go Daddy n'a plus besoin d'être une société cotée
Sans rentrer dans les détails, disons qu'en effet, pour des entreprises qui ne peuvent justifier de profits exceptionnels et d'une croissance à deux chiffres, les récentes introductions U.S. tournent au bide (Vonage et Qimonda), un état de fait qui a dû conseiller à Bob Parsons d'attendre des jours meilleurs...

Par ailleurs, le PDG de Go Daddy, qui dit notoirement ce qu'il a à dire, juge suffoquante la « période de silence » (Quiet Period) qui accompagne toute introduction en Bourse. D'où sa conclusion :
We don’t have to go public.
The Go Daddy Group, Inc. has one investor: Me.
(...)
Controlling our own destiny is what has made this company GREAT from the start.


Go Daddy n'a plus besoin d'être cotée !
La société n'a qu'un seul investisseur, moi !
(...)
Or maîtriser notre destinée, c'est ce qui fait la grandeur de notre société depuis le début.
On croirait entendre parler un français :-)


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vendredi 9 juin 2006

Le business des noms de domaine : une question de réputation et...


Il y a une semaine, en écrivant une ébauche d'analyse sur le positionnement des principaux acteurs du monde de l'Internet que sont Google, Yahoo, eBay, Microsoft et Amazon, je réfléchissais à une évidence que nous avons constamment sous les yeux :
En dépit de leurs différences ou de leurs guéguerres pour dominer le Web, et pas seulement, ils ont un dénominateur commun qui les rapprochent plus qu'on ne saurait le concevoir : ce sont toutes des sociétés américaines !
[MàJ - 4 juillet, fête commémorative de la Déclaration d'Indépendance des États-Unis d'Amérique.] Je ne croyais pas si bien dire : « Je suis fier d'appeler ma maison les États-Unis d'Amérique. Je suis encore plus fier d'affirmer que GoDaddy.com est une société américaine. » Bob Parsons


* * *

Pour autant la mainmise des États-Unis sur l'Internet ne s'arrête pas là, puisque l'ICANN, qui préside aux destinées du réseau des réseaux est aussi un organisme de droit américain, tout comme le sont la plupart des registreurs qui comptent, dont le rôle et l'importance sont à mon avis grandement sous-estimés dans nos analyses de la toile :


Sur les 15 bureaux d'enregistrement majeurs, 11 sont américains (voyez les petits drapeaux ci-dessus !), 1 canadien, 1 australien, 1 indien et ... 1 européen (allemand pour la précision).

On peut donc parler sans grand risque de se tromper de suprématie américaine dans des proportions écrasantes, de quasi-monopole même.

Est-ce un mal en soi ? Je n'en suis pas totalement convaincu, surtout lorsque je vois les vaines et coûteuses tergiversations du gouvernement autour d'un « projet » tel que Quaero, annoncé et alimenté à grand renfort d'argent public dans le plus pur style bureaucratico-administratif-franco-français, qui consiste à dire (plutôt qu'à faire, la nuance est de taille) :
Est-ce qu'on pourrait faire ça ? On va créer une commission qui se réunira peut-être pour étudier la faisabilité et faire un rapport. On demandera son avis à tout le monde, surtout ceux que ça ne concerne pas, et dès que quelqu'un élèvera une objection on s'empressera de pousser le rapport sous un tapis ! Dans 10 ans peut-être...
De toutes façons, c'est le contribuable qui passe à la caisse, merci aux politiques de tous bords de gérer notre argent avec la sagesse du bon père de famille...

* * *

Après cette entrée en matière un peu acide, je vais m'intéresser au premier des registreurs américains, et donc au premier registreur du monde, à savoir GoDaddy, qui gère à l'heure où j'écris plus de 11 500 000 noms de domaines (et une bonne part des miens :-), soit presque 1/6ème du parc mondial des domaines actifs, un peu plus de 70 millions au jour d'aujourd'hui ;-)

Une paille ! Dans un article paru il y a deux mois sur Forbes, intitulé What Makes GoDaddy Go? [Double sens entre Qu'est-ce qui fait courir GoDaddy ? et Pourquoi GoDaddy veut entrer en Bourse ? (sous-entendu : What Makes GoDaddy Go Public?)] , Rachel Rosmarin, la journaliste, donnait des chiffres supérieurs :
GoDaddy (...) says it manages more than 13 million domain names, or about 20% of the 86 million domain names on the Web. (GoDaddy déclare gérer plus de 13 millions de noms de domaines, soit environ 20% des 86 millions de domaines sur le Web.)
Ne sachant pas d'où elle détient ces données, je préfère m'en tenir aux statistiques actuellement disponibles (les deux graphiques ci-dessus, consultés le 9 juin 2006).

À noter au passage que la quantité des domaines supprimés est quasiment le triple de celle des actifs, alors qu'elle en représentait moins du double fin janvier. D'ailleurs en comparant l'évolution sur à peine plus de quatre mois, le nombre des domaines actifs a progressé d'environ 10%, contre environ 60% pour les domaines supprimés. Sans commentaires...

Donc, premier fait marquant concernant la société, son introduction en bourse a été annoncée en avril par Bob Parsons, son fondateur et unique actionnaire, la soixantaine bien portée :


Celles et ceux qui suivent mon blog (oui, il y a encore des personnes courageuses) auront déjà entendu parler de lui, grand pourfendeur des registreurs qui pratiquent le taste-domaines ou, si vous préférez, le domain kiting, que j'ai traduit par bidonnage, faute de mieux.

Certes, le timing de ces dénonciations n'est pas innocent, puisqu'elles interviennent au moment même où la société prépare sa mise sur le marché, et il est clair que Bob Parsons rend service à la communauté tout en œuvrant à bâtir la réputation de GoDaddy.


Opération indispensable pour rassurer les investisseurs potentiels : si GoDaddy est l'entreprise dont la croissance est la plus forte parmi les registreurs, elle perd aussi de plus en plus d'argent au fil des ans :
  1. 1 000 000 $ en 2003
  2. 3 700 000 $ en 2004
  3. 11 600 000 $ en 2005
Ces pertes étant dues aux investissements massifs en publicité, notamment les spots télévisés diffusés pendant la finale du Super Bowl, parmi les plus chers des États-Unis, puisque en 2006 il faut débourser 2 600 000 $ pour ... 30 secondes ! Je vous laisse calculer à combien revient la seconde... (Source : Web Hot Industry Review)


Le prix de la notoriété ! Du reste, la réputation est un concept auquel il tient fortement si l'on en juge à l'intitulé de trois brevets déposés par GoDaddy - numéros 20060095459, 20060095586 et 20060095404 -, respectivement :
  1. Publishing domain name related reputation in Whois records (Publication de la réputation attachée à un nom de domaine dans les données du Whois)
  2. Tracking domain name related reputation (Traçabilité de la réputation attachée à un nom de domaine)
  3. Presenting search engine results based on domain name related reputation (Présentation des résultats dans les moteurs de recherche en fonction de la réputation attachée à un nom de domaine )
Source : Search Engines and Registrars Getting Creative with Whois Database?

J'ai essayé d'en savoir plus, mais apparemment la consigne c'est : « Aucune info disponible pour l'instant... »


Ceci étant, les titres sont suffisamment explicites, et la mise en place de tels systèmes représenterait à la fois une alternative au SafeRankJM et une manière de sécuriser davantage le Web, puisqu'il est désormais évident qu'il y a une corrélation entre les domaines bidons et l'envoi de pourriels en masse, un spamming planétaire avec en prime, de plus en plus souvent, la contagion par quelque virus ou virus-like (en attendant les vrais...) !

* * *

En fait, Bob Parsons n'est plus seul à dénoncer les arnaques aux noms de domaines et l'inertie de l'ICANN face au problème, puisque le très sérieux MessageLabs, qui publie un rapport de veille mensuel sur les dangers qui menacent l'Internet (virus, spam, phishing, etc.), dénonce explicitement dans celui du mois dernier (mai 2006) le phénomène des « Disposable Domains » liés au « Domain Kiting » :
Ces derniers mois, on assiste à une escalade des « domaines jetables » (Disposable Domains), qui progressent dangereusement d'un mois sur l'autre. MessageLabs a déjà abordé la question des « domaines jetables » dans son rapport de veille pour l'année 2005, mais la pratique du Domain Kiting fait qu'il est plus facile d'exploiter ce genre de domaines à des fins d'abus et de fraude.

(In recent months, new issues such as “Disposable Domains” have escalated to become much more of a serious threat than they were even a few months ago. Disposable Domains were first highlighted in the MessageLabs Intelligence 2005 End-of-Year report, and the practice of “Domain Kiting” makes it much easier for these domains to be abused.)
Selon le rapport 2005, ces domaines jetables ont une durée de vie de 12 jours à moins d'un jour (variant de moins de 24 heures pour 28,9% des domaines bidons à moins de 3 heures pour 9,9% d'entre ceux qui sont dans cette catégorie). Cela leur suffit cependant à bombarder le Web de milliards de spams et autres infections du même acabit, puisque les canons à spam transmettent plusieurs millions de messages ... à l'heure !



On vit vraiment une époque formidable ! :-)


P.S. Devinette connexe : quelle est la relation entre GoDaddy et Microsoft ? Réponse : sur les quelque 11 500 000 noms de domaines que gère la société, GoDaddy a décidé il y a quelques mois (info dont Gandi s'était fait l'écho) de migrer tous ses domaines en parking - soit un parc de 4 500 000 noms - de Linux à Microsoft, qui récupère ainsi du terrain sur Apache dans le marché des serveurs Web :




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