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mercredi 28 octobre 2009

IL FATTO fait l'événement !


Arrivée fracassante d'un nouveau quotidien dans la presse italienne, qui se classe d'emblée dans le Top 10 de la PQI : IL FATTO QUOTIDIANO.

LE FAIT QUOTIDIEN. Traduit littéralement.

Né sous l'égide de deux des plus grands noms du journalisme italien, si ce n'est les plus grands : Indro Montanelli et Enzo Biagi. Qui eurent en commun d'avoir fait l'objet de l'attention la censure de Silvio Berlusconi...

Comme l'explique si bien son directeur, Antonio Padellaro, dans l'éditorial du premier numéro, paru le mercredi 23 septembre 2009, intitulé « Linea politica: la Costituzione »

Extraits :
On nous demande : quelle sera votre ligne politique ? Nous répondons : la Constitution de la République Italienne. Rien de rhétorique là-dedans, juste le constat d'une réalité dramatique. Prenez le principe de légalité consacré par l'article 1. Qu'y a-t-il de plus révolutionnaire dans un pays où chaque jour la loi est "ajustée" aux caprices de l'empereur et de ses courtisans ? Et encore, l'article 21, qui dispose que l'information ne peut être soumise à aucune autorisation ni censure ?...

On nous demande : quel besoin y avait-il de donner naissance à un nouveau journal ? Et bien nous avons tellement ressenti ce besoin que nous y avons investi notre travail et nos économies. Lorsque Indro Montanelli fut contraint de quitter "Il Giornale" qu'il avait créé pour fonder "La Voce", il raconte qu'il se jura à lui-même : « Plus jamais de patron ». Il en avait assez des porte-voix au service de Berlusconi. Nous aussi, aujourd'hui, pouvons dire que nous n'avons pas de patron.

La propriété du journal est divisée en quote-parts égales entre un petit groupe d'associés dont le seul but est de garantir l'indépendance du journal et de joindre les deux bouts. Autant de petits actionnaires auxquels nombreux sont celles et ceux qui veulent se joindre pour nous aider. Nous ne sommes pas riches, mais jamais nous ne demanderons un seul euro de subvention à l'État ou aux partis politiques. Trente mille personnes nous ont déjà soutenu dans notre choix grâce à leurs pré-abonnements. Un test de confiance sans précédent, vu qu'ils ont dû attendre aujourd'hui pour voir le premier numéro. Merci à eux.

IL FATTO sera un journal d'opposition. À Berlusconi, bien sûr, (...) mais pas seulement...

Nous l'avons intitulé ainsi en mémoire d'Enzo Biagi, qui nous a appris à distinguer les faits des opinions. Un grand journaliste et un homme honnête, expurgé, comme Montanelli, de la compagnie des serviles et des médiocres. Que leur courage nous rende courageux...
Donc dès le premier numéro, tiré à 100000 exemplaires et épuisé dans l'heure qui a suivi, le journal pouvait déjà compter sur 30000 pré-abonnements payants.

Un phénomène éditorial particulièrement intéressant à l'heure du Web, dont j'avais déjà parlé dès le 9 juin sur Médiachroniques :
Bonjour,

Je voudrais vous parler d'un nouveau journal sur le point de naître en Italie, qui s'appellera Il Fatto (le fait, littéralement, ou l'événement, transposé en langage journalistique), en hommage à Enzo Biagi, un grand nom du journaliste italien qui avait une émission quotidienne homonyme et qui fut brutalement viré par Berlusconi malgré plus d'un demi-siècle d'un professionnalisme de premier plan.
La naissance de ce journal, annoncée il y a moins de deux semaines, enregistre déjà 20000 pré-abonnements!
Une telle demande est le signe évident qu'en Italie, les gens sont vraiment affamés et assoiffés d'information saine, pour un journal qui sortira sur papier et sera naturellement décliné aussi sur le Web.
C'est une expérience passionnante, en contre-tendance totale avec tout ce qui se passe dans la presse en ce moment, et un peu dans tous les pays, et au moment voulu je ferai un billet sur mon blog pour la partager avec un lectorat francophone.
Mais en attendant, j'aimerais bien savoir ce que cette histoire vous inspire...
À vrai dire, je n'ai eu aucune réponse...

Mais peu importe. Même s'il y a eu quelques réactions en France pour souligner l'arrivée de ce nouveau confrère.

Dans le numéro 17 du dimanche 11 octobre 2009, Antonio Padellaro nous donnait quelques stats sur les trois premières semaines de publication : 100000 exemplaires vendus en moyenne, plus 36000 abonnements, 13000 par la poste et 23000 directement sur Internet.

Pour un journal qui prévoyait l'équilibre à 10-12000 expemplaires/jour, c'est évidemment un énorme succès. Même si Padellaro s'empresse d'ajouter "ce sont des chiffres qui suscitent l'enthousiasme, mais nous devons les interpréter avec une extrême prudence (effet nouveauté)". Une semaine plus tard, il déclarait dans une interview :
Notre moyenne journalière est à 85000 exemplaires, avec des pointes à 115000 lorsque l'actu s'y prête. Pour autant, j'exclus totalement que notre journal soit un quotidien à 100000 exemplaires/jour. Si on pense que notre point d'équilibre est à 10000/jours, j'irais en pèlerinage pour consolider ne serait-ce que la moitié de ces ventes. Sans compter nos 42000 abonnements actuels.
Il faudra bien sûr revoir ces chiffres dans les mois qui viennent pour suivre leur progression, mais en attendant la courbe des abonnements ne faiblit pas : de 20000 préabonnements en juin, à 36000 en septembre, qui grimpent à 42000 entre le 11 et le 17 octobre (date de l'interview) !

Donc comme je le disais, tout cela est clairement « le signe évident qu'en Italie, les gens sont vraiment affamés et assoiffés d'information saine », une tendance qui va de pair avec leur lassitude, pour ne pas dire plus, vis-à-vis de la mauvaise information et des mauvais journalistes, jugés par pratiquement plus de la moitié de la population comme des menteurs, peu ou pas du tout informés, mal ou très mal préparés, pas indépendants, partiaux et corrompus...

La totale !

Enfin, compte tenu de ce qui précède, il est clair que l'arrivée de ce nouveau journal remet à plat les (dés)équilibres de la presse en Italie, largement dopée par les subventions. Dans son numéro d'aujourd'hui, en page 5, IL FATTO fait le point sur les subventions de l'État, dont la note globale s'élève à plus de 200 millions d'euros pour le contribuable italien !


Avec le premier journal subventionné, Libero, qui encaisse presque 8 millions d'euros de subsides, alors qu'en kiosque il est talonné par IL FATTO dans le top 10 de la presse quotidienne italienne (hors journaux sportifs), selon les derniers chiffres disponibles (juillet) :


Les quatre colonnes représentant, dans l'ordre, le tirage moyen, la diffusion moyenne, les invendus et le total des ventes.

Donc longue vie à ce nouveau journal, dont je peux me vanter d'avoir été parmi les tout premiers à souscrire un pré-abonnement. :-)


En tout cas une expérience à méditer aussi pour le journalisme français (Médiapart, Rue89 ?), et pas seulement...


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P.S. Je signale pour être précis que le journal fait 20 pages (avec en moyenne deux de pub), et qu'il ne sort que 6 jours par semaine (pas de parution le lundi), vu l'équipe réduite à l'os...

Tous les soirs, entre 22h et minuit, je télécharge ma version PDF de l'édition du lendemain.

Enfin, pour donner un ordre d'idée, Backchich va déposer son bilan car ils ne vendent que 20 000 exemplaires au lieu des 30 000 nécessaires :
Lancé il y a bientôt deux mois, l'hebdomadaire, qui visait un seuil d'équilibre de 30 000 exemplaires, semblait avoir atteint un rythme de croisière de 20 000 copies.
Hebdomadaire vs. quotidien, mais quand même...

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mardi 28 octobre 2008

Global Network Initiative : Google, Yahoo, Microsoft et les autres... le

Global Network Initiative : Google, Yahoo, Microsoft et les autres...

Voici déjà le communiqué officiel de Yahoo! annonçant l'accord de GYM et de diverses organisations de droits de l'homme pour défendre la liberté d'expression au sein de GNI. Pour la version française, cliquer sur l'image.



Ces organisations englobent Human Rights First, Committee to Protect Journalists (CPJ), Human Rights Watch et Human Rights in China.

Toutefois, avec les multiples formes de censure et de surveillance en Chine et dans d'autres pays, je doute que ces mesures n'impressionnent beaucoup les pays concernés, résolus à poursuivre leur répression contre vents et marées.

Pour GYM & Co. la tâche est immense :

I. Respecter le libre choix des internautes, autant au niveau de l'expression que de la recherche : cf. la censure sur les mots clés décidés par Pékin, Google a d'ailleurs fait un pas dans ce sens le mois dernier en "décensurant" le site de Human Rights Watch, mais il reste du chemin à faire comme le savent celles et ceux qui ont déjà installé le plugin Firefox.

J'en avais déjà parlé dans Google et le chant des moissons à propos des photos interdites de la place TienAnMen :

- L'histoire, telle que la voient les occidentaux, des tanks, des tanks et encore des tanks


- L'histoire, telle que la voient les chinois, des cartes postales, des cartes postales et encore des cartes postales


D'ailleurs il est clair que ceux qui semblent passer à travers les mailles de la censure sont contrôlés, les autres arrêtés...

Profitons-en pour rappeler la publication du Guide pratique du blogger et du cyberdissident par Reporters sans frontières, vu qu'il est toujours et plus que jamais d'actualité, et probablement pour longtemps encore, également compte tenu de la croissance exponentielle du nombre d'internautes chinois...


II. Le deuxième grand sujet sensible est bien sûr la nécessité absolue de préserver l'anonymat des blogueurs et internautes menacés d'incarcération, voire de mort, par les "autorités" de tous ces pays, lorsqu'elles s'adressent à Google, Yahoo, Microsoft ou d'autres pour obtenir leur identité. Un point sur lequel RSF avait critiqué très vivement Yahoo, fort justement sommée de s'expliquer devant le Congrès américain l'année dernière :
Au moins quatre cyberdissidents sont derrière les barreaux, car Yahoo a fourni des renseignements sur eux à la police chinoise. Nous aimerions connaître jusqu'où Yahoo a suivi les ordres des autorités de Pékin et combien de personnes sont réellement concernées.
Pour autant, Yahoo n'a pas été la seule société à être mise en accusation...

Souhaitons donc de tout cœur que la Global Network Initiative réussira un jour à préserver la liberté de celles et ceux qui bloguent sous d'autres cieux bien plus cruels que les nôtres en risquant la prison ou la vie.


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samedi 7 juin 2008

La Charte de la Confiance en ligne

La Charte de la Confiance en ligne

Tiré d'une exclu de PCinpact sur la volonté du gouvernement d'un filtrage flicage de masse des réseaux, fortement dénoncé par La Quadrature du Net. Via Standblog. À lire également, absolument, l'heure de l'assaut (via Szarah), et la réponse du Ministère de l'intérieur à PCinpact...

Voici le texte intégral qui devrait être signé ... le 10 juin (c'est dans 3 jours !)

Filtrage ? - La Quadrature du Net
La charte « Confiance en ligne » traduit la volonté du gouvernement de faire de l'Internet un environnement le plus sûr possible pour tous les citoyens. Elle s'appuie sur une démarche volontaire des prestataires à prendre part au projet de construire « la civilité et la sécurité de l'Internet ».

Dans le prolongement de la charte contre les produits odieux signée le 14 juin 2004, et les travaux au sein du Forum des droits sur internet, les signataires (fournisseurs d'accès, et opérateurs mobiles, fournisseurs de services en ligne et éditeurs) se conforment aux présents engagements sans que ceux-ci n'influent sur le statut juridique de chacun des acteurs de l'Internet, au regard, notamment, de la loi pour la confiance dans l'économie numérique.
Ces engagements s’inscrivent dans un cadre législatif et réglementaire existant en définissant les conditions de bonne application de ces textes par les acteurs de l’Internet et les autorités publiques, en tenant compte des évolutions technologiques récentes.

Les engagements présentés se conforment également aux récentes dispositions et recommandations du Conseil de l'Europe adoptées lors de la conférence annuelle OCTOPUS 2008 en avril 2008.

Engagements pris auprès des utilisateurs

I. Améliorer la sécurité de l’utilisateur


Mise en avant par les signataires sur leurs produits, home page et via des liens, d'informations et de contenus portant sur :

• Les risques existants en matière de sécurité des données et des équipements (Virus, spywares, logiciels de connexion vers des numéros surtaxés, piratage de connexion, sécurisation Wifi…)
• Les moyens techniques à la disposition des internautes pour s'en prémunir et la nécessité de les mettre à jour
• Les conseils et bonnes pratiques existant afin d’éviter et de lutter contre le spam (ex. : lien vers Signal Spam)
• Une information sur les escroqueries et les risques émergents en matière de délinquance économique sur internet (spam, phishing, captation du numéro de carte bancaire) ainsi que sur les outils permettant de lutter contre ces pratiques et les précautions à prendre en cas de saisie des informations bancaires.

Veiller à la sécurisation de l'équipement :

• Procéder à une démarche de veille active, sur les risques techniques émergents pour l'utilisateur
• Mettre en place une démarche proactive de sécurisation des équipements par des mesures adaptées (ex : information, suspension, résiliation, blocage de certains ports...) auprès des clients mettant en jeu la sécurité du réseau
• Préconfigurer les équipements fournis aux utilisateurs afin qu'ils atteignent un niveau de sécurité par défaut optimal selon l’état de l’art.
• Lutter contre le spam à travers une politique adaptée (filtrage, lien de signalement, application de quotas d'envoi…), en créant une adresse de type « abuse@ » et en participant activement au programme Signal Spam.

II. Apporter une information générale :

Mise en avant par les signataires sur leurs produits, home page et via des liens, de contenus portant sur :

• Les risques d'exposition à des contenus préjudiciables et la procédure de signalement en mettant à disposition des liens d’accès à l'ensemble des plates-formes de signalement existantes.
• Les enjeux liés à la sauvegarde des données personnelles (des mineurs ?)
• Les moyens techniques à la disposition des internautes pour s'en prémunir
• Un descriptif des logiciels de contrôle parental et de leurs évaluations (logiciels FAI ET du commerce) ainsi qu'une aide à leur installation et configuration
• Des conseils de vigilance (ex : guide)

III. Encadrer l’usage des services à travers une charte de l'utilisateur

Élaboration et mise en avant par le signataire d’une charte de l'utilisateur reprenant :

• Les règles de droit que tout auteur de contenu doit respecter
• les comportements et contenus autorisés ou interdits sur le service et rappelant les responsabilités en jeu, notamment pour les mineurs
• une sensibilisation et un encouragement à modérer les contenus pour les internautes créateurs de forums, blogs… ainsi qu'une information sur les moyens techniques adéquats.
• L'obligation pour les internautes producteurs de contenus d'empêcher les mineurs d'accéder à tout contenu entrant dans le cadre de l'article 227-24 du Code pénal
• La possibilité de prévoir contractuellement une modalité de suspension de la possibilité de publier, par des personnes autres que le créateur de l'espace, en l'absence de toute mise à jour, modification, intervention ou modération d’un contenu depuis trois mois ; ainsi que l'existence de mesures de suspension ou de suppression de l'espace

Engagements du signataire sur sa politique éditoriale :

• Les espaces interactifs destinés aux mineurs sort contrôlés a priori.
• Les services et contenus manifestement destinés aux mineurs ne contiennent pas de publicités faisant
la promotion de biens ou services inappropriés (ex : services de rencontres adultes, tabac, alcool…) ou
contraires à la recommandation « enfant » du BVP.
• La publicité pour les contenus relatifs à l’article 227-24 du Code pénal ne sont diffusés que dans des zones « adultes » où l'accès des mineurs est fortement contrôlé par un dispositif efficace en fonction de l'état de l’art.
• Les contenus entrant dans le cadre de l’article 227-24 du Code pénal ainsi que les liens hypertextes pointant vers de tels contenus ne sont diffusés que dans des zones « adultes » où l'accès des mineurs est fortement contrôlé par un dispositif efficace en fonction de l'état de l’art.
• Les espaces interactifs destinés aux adultes font l'objet d'un contrôle par un dispositif efficace en fonction de l'état de l’art.

IV. Permettre un meilleur signalement de la part des internautes

Améliorer les procédures de signalement


• Mettre en avant une procédure de signalement claire, facilement accessible et compréhensible par l'internaute portant sur les contenus produits, diffusés ou hébergés par le signataire
• Apporter une réponse rapide aux sollicitations reçues par ce biais et informer l'internaute sur l'existence du point de contact de l'AFA et la plateforme de signalement du Ministère de l'Intérieur
• Se doter de procédures internes permettant de réagir correctement et en relation avec les autorités compétentes en cas de signalement de contenus ou de comportements illicites.

Objectif de labélisation

Engagements pris auprès des autorités

V. Participer à la politique de signalement


Engagement du signataire sur sa politique de signalement :

• Il signale aux autorités les contenus et comportements qui lui ont été notifiés susceptibles de relever des infractions visées aux cinquième et huitième alinéas de l'article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse1 et à l'article 227-2322 du Code pénal.

1 Apologie des crimes visés au premier alinéa, des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des crimes et délits de collaboration avec l'ennemi. Provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.

2 Représentation d’un mineur présentant un caractère pornographique

• Il signale également, dans les mêmes conditions, les contenus et comportements faisant apparaître un risque immédiat pour la sécurité des personnes et des biens. Dans ce dernier cas, et lorsqu’il dispose des données pouvant contribuer à l'identification de l'auteur du contenu concerné, le prestataire accompagne le signalement de ces informations afin de pouvoir empêcher l'atteinte à l'intégrité physique de la personne qui lui a été signalée.

VI. Améliorer les délais de réponse dans le cadre des réquisitions judiciaires :

Le signataire s'engage à déférer dans les meilleurs délais aux réquisitions judiciaires;

• Il s'efforce de permettre l'identification du titulaire dune adresse de courrier électronique après réception d’une réquisition et de celui d’une adresse IP auprès du fournisseur d'accès à l'Internet suivant la réception du document. Il s'efforce, pour les réquisitions et demandes officielles non standard, à apporter une première réponse (accusé de réception, indication du délai estimé de réponse à la demande, etc.)
• Il s'engage à mettre en place un « service d'obligations légales » performant ou, en cas d'impossibilité, à désigner une personne responsable du traitement des réponses aux réquisitions judiciaires et capable, en cas d'urgence, d’initier le traitement de ces réponses. Ces données sont régulièrement mises à jour et communiquées aux « guichets uniques » mis en place par les services de police et de gendarmerie en liaison avec la délégation des interceptions judiciaires. Ces autorités s'engagent à assurer une mise à jour des coordonnées de ces « guichets uniques ».

VII. Mieux participer au travail des autorités publiques en conservant et en transmettant certaines données :


Le signataire met en place, en application des dispositions législatives et réglementaires, une procédure de conservation et de transmission des données

• Il contrôle toutes les données de connexion lorsque celles-ci sont nécessaires pour les besoins de la recherche, de la constatation et de la poursuite des infractions pénales. Il détient et conserve les données de nature à permettre l’identification de quiconque a contribué à la création du contenu ou de l’un des contenus des services dont il est prestataire. Ces données sont conservées un an.

• Dans le cadre de la communication des données de connexion, le prestataire communique tous les éléments d'identification en sa possession, conformément à la loi, permettant aux autorités de déterminer l'identité de l'internaute

VIII. Mettre en place une démarche efficiente de retrait et de suspension ou de blocage de certains contenus

Le signataire met en place une procédure de retrait et de suspension adéquate

• Il s'engage à retirer ou à suspendre promptement les contenus sur réquisition des autorités ou sur demande judiciaire.
• Lorsqu'il procède au retrait d’un contenu et le signale aux autorités, le signataire procède à la transmission d’une copie intégrale des données retirées et la conserve dans le format d’origine.
• Le signataire s’engage à restituer ou rétablir les données dans le format dans lequel elles s'affichaient avant retrait ou suspension.
• Dans le cas des sites à caractères pédopornographiques, qui lui sont signalés par le Ministère de l'intérieur, les FAI s'engagent à bloquer l'accès à ces sites par les moyens techniques qu'ils estiment les plus appropriés.
Vive la France. Allons enfants, de la patrieeeeee...



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P.S. Les plus avisé(e)s ne manqueront pas d'observer qu'il est beaucoup question de "signalement" dans ce texte, glissement sémantique politiquement correct pour exprimer la dénonciation, voire la délation. Ce qui n'est pas pour déplaire à celles et ceux qui militent sous le cri de ralliement Non ! Internet-n'est-pas-un-espace-de-non-droit...

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dimanche 6 mai 2007

Estimations 17h30' : Sarkozy remportera(it) le 2e et dernier tour...

Estimations 17h30' : Sarkozy remportera(it) le 2e et dernier tour...

Monsieur, le Président (et malheureusement pas Madame, la Présidente), puisque tout le monde semble être au courant...

Bon, et bien on dirait que les dés sont jetés (à 17h, le taux de participation au vote était déjà de 75,11%) et les prévisions des sondages respectées. Même si tout est à prendre au conditionnel, chez nos voisins suisses (le Temps, Romandie, 20 minutes) et belges (RTBF, RTL, La dernière heure), dès 16h15' les pronostics donnaient Sarkozy gagnant selon les premiers indicateurs disponibles, et maintenant avec 54% des voix, ce que je trouve énorme. Donc, sur la fourchette initiale (52-54%), c'est l'estimation haute qui semble la plus vraisemblable, puisque nous en sommes à présent à 53-55% !

Comme souligné dans un message de 548 mots à la teneur un peu subliminale (publié à 16h04'...), le quotidien La Tribune titre « Les derniers sondages ne laissaient guère d'espoir à Ségolène Royal » et précise :
Cinq sondages publiés jeudi et vendredi donnent Nicolas Sarkozy largement gagnant dimanche soir, avec entre trois et neuf points d'avance sur sa rivale socialiste.
Comprenne qui pourra voudra...

Que dire ? La majorité n'a pas toujours raison... Mais on fera avec. Comme le dit si bien Joël Ronez :
Ils vont voter Sarkozy dimanche, et vraisemblablement l’élire. Je n’en suis pas aigri, car contrairement à beaucoup d’entre eux, je ne suis pas en train de construire un monde sur le reniement de soi et des autres. Je ne chercherais plus à les faire changer d’avis, mais je défendrai le mien jusqu’à ce que le silence des foules indigentes ait fini de râler en choeur dans des orgies électrisées de populisme.
Je mettrai à jour dès que j'aurai des résultats plus précis.

[MàJ - 19h20'] Au final, j'ai mis à jour en truffant ce billet de liens vers d'autres ressources, donc il suffit de cliquer.

Juste les deux mots de la fin (pour aujourd'hui) :
  1. Alors Loïc, prochain ministre des STIC ? Un présage, peut-être...
  2. Jean l'avait prédit, il nous a refait le coup, le bougre. Tous mes compliments :-)



Liens connexes :
  1. Blog d'une amie canadienne, plus détaillé que le mien.
  2. Sur Blogsearch, ça commence à se déchaîner...
  3. Ma trilogie du premier tour
  4. Le journal
  5. Autres sites...
  6. Pierre Chappaz
  7. Politis.ch

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lundi 23 avril 2007

Le nuage de Tchernobyl

Suite et fin de ma trilogie consacrée au premier tour des élections présidentielles 2007 :
  1. Le but de la loi en France est-il uniquement de faire peur aux gens ?
  2. Estimations du premier tour : duel Sarkozy - Royal
  3. Le nuage de Tchernobyl
Post-scriptum : Le sens et la valeur des mots

* * *

Il y a 21 ans presque jour pour jour, le 26 avril 1986, avait lieu la catastrophe de Tchernobyl après l'explosion du réacteur n° 4 de la centrale ; 20 ans plus tard, selon l'IRSN, « Les rejets de particules radioactives durent 10 jours. Le vent tourne pendant cette période, entraînant le panache dans toutes les directions. Ce sont les rejets du 27 avril qui touchent la France entre le 30 avril et le 5 mai 1986. »

Pourtant à l'époque, en France il semble que les retombées du nuage radioactif se soient arrêtées aux frontières... L'origine de cette "image" étant probablement due au communiqué 86/CAB/010/RR publié par le Ministère de l'agriculture le 6 mai 1986, qui commence ainsi :
Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l'accident de la centrale de Tchernobyl.
Une "image" sûrement renforcée par ce communiqué de la Ministre de la Santé d'alors, Michèle Barzach, publié 10 jours plus tard :
« À la suite de l’accident survenu à Tchernobyl le ministère délégué chargé de la santé et de la famille, interrogé par le public au sujet de divers domaines de la vie courante, rappelle et confirme ce qui suit :
La santé publique n’est aucunement menacée par les conséquences de cet accident.
Les activités courantes peuvent donc être poursuivies sans précautions particulières, notamment :
- alimentation : ...
- activités en plein air : ...
Aucune précaution particulière ne s’impose donc.
 »
Une "vérité officielle" d'abord battue en brèche par de nombreuses personnalités (je me rappelle même vaguement un sketch de Coluche), et largement démentie de façon tout aussi officielle par la suite, comme le montre clairement le dégradé orangé témoignant de la pénétration du nuage (retombées moyennes de césium 137 sur les surfaces agricoles...) :


Lire, entre autres, les Preuves du mensonge pour en savoir plus...
signé par Corinne Castanier, directrice de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité).

* * *

Mais pourquoi donc associer cette histoire à mes deux précédents messages, me direz-vous ? En fait, contrairement aux apparences, cela n'a rien à voir avec le binôme Tchernobyl-Sarkozy, mais plutôt avec la métaphore de la frontière.

Exactement comme ce qui s'est passé hier, à savoir qu'il était interdit à toute personne résidant sur le territoire français (métropole, Dom-Tom, etc.) de relayer les sondages dès 18h, sous peine de sanctions terribles (75 000 euros d'amende par infraction constatée, c'est quand même pas à la portée de tout le monde ! À ce compte, mieux vaut rouler bourré, on risque moins, quitte à faire plus de dégâts...). Par contre, vu qu'on ne peut quand même pas interdire ça à presque 7 milliards de terriens qui a priori se foutent pas mal de notre cuisine franco-française, les 6 milliards 940 millions de personnes restantes vivant en dehors de nos frontières pouvaient le faire sans problème.

Donc moi ce que j'en dis, n'en déplaise à Versac et aux autres fiers porte-parole de l'orthodoxie citoyenne, c'est qu'à l'heure d'Internet tout ça n'est qu'une pantalonnade, archaïque et anachronique, dénuée de fondement et du moindre bon sens. Si on veut pas communiquer les sondages à 18h, on les sort pas. Un point c'est tout.

Et on va pas faire chier les gens en les menaçant de sanctions ridicules. Car mesdames et messieurs les législateurs, sachez-le, ce n'est pas par la peur qu'on éduque le citoyen à prendre ses responsabilités, c'est par le dialogue et la pédagogie.

Évidemment, quand on pratique la langue de bois à longueur de journées avec votre maestria, après ça devient difficile de faire la part des choses. Et il ne sert à rien de se gargariser et de nous gargariser avec de belles paroles malheureusement vides de contenu sur la France libre, les citoyens libres, etc. etc.

Liberté mon cul ! N'évoquez pas ce que vous ignorez. Quant à l'égalité et la fraternité, n'en parlons même pas. Vos discours sont comme notre devise : de belles paroles ... vides de sens. Tiens, ça me rappelle un poème que j'ai écrit il y a longtemps sur le sujet, juste pour essayer de redonner un peu du sens perdu aux grands mots que vous employez à tort et à travers, sans trop réfléchir, si ce n'est à vos intérêts :

Errant parmi les décombres d'un champ de bataille
dont les sillons abreuvés de sang
- importait-il encor que celui-ci fût pur ou impur ?
n'étaient plus ensemencés que par les morts et pour les vers
où tout était silence où tout était désolation
un murmure jailli d'un gargouillis
me fit me retourner :

« Poëte »

Un porte-drapeau-en-lambeaux m'apostrophait
les mains et le regard tendus
à bout de force et à bout de vie
avançant sa bannière en pièces
en prononçant ses ultimes paroles :

« Poëte, porte-la partout et toujours
contre ton cœur :
c'est la Liberté ! »

Bleu

Lisant un journal d'encre noire
où je cherchai la raison de tous ces morts
interdit, je m'arrêtai de l'avoir trouvée :
« Ils étaient trop différents »
concluait un porte-parole de la Normalité !
« Différents de quoi, de qui ? » - pensai-je
Mais point n'était la question...
Vu que les révolutions sont faites
pour supprimer les différences
elles commencent par se débarrasser
des différents !

Les hommes prétendront-ils longtemps encore
édifier sur des himalayas de cadavres
l'Égalité ?

Rouge

Il restait les soi-disant vivants
à la poursuite de leurs ombres
et je me demandai
dans leur frénésie à tous
de bouger et de faire
qu'avaient-ils effectivement fait
de la Fraternité ?

Blanc

Depuis ce jour-là
sur toutes les routes de par le monde
un enfant-poëte ignoré
égosille dans son porte-voix cassé
tantôt hurlant tantôt à bout de souffle
pour raconter aux hommes

la Liberté la Fraternité l'Égalité



Jean-Marie Le Ray

P.S. Je m'en voudrais de parler du sens des mots sans vous citer ce chez-d'œuvre de grandiloquence et de démagogie affligeantes, tendance cynique-libéral-populiste – n'est pas Victor Hugo qui veut ! –, comme je le commentais sur le blog de Jules, qui a certainement plus de délicatesse que je n'en ai...

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dimanche 22 avril 2007

Estimations du premier tour : duel Sarkozy - Royal

Estimations du premier tour : duel Sarkozy - Royal

Deuxième partie de ma trilogie consacrée au premier tour des élections présidentielles 2007 :
  1. Le but de la loi en France est-il uniquement de faire peur aux gens ?
  2. Estimations du premier tour : duel Sarkozy - Royal
  3. Le nuage de Tchernobyl
Post-scriptum : Le sens et la valeur des mots

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[MàJ - 20h35'] Je viens de voir le résultat des sondages officiels sur RAI2, 30% à Sarko contre 25,2% à Ségo, donc les estimations de Romandie.com étaient un peu trop optimistes à gauche, et les fourchettes annoncées sur leTemps.ch plus réalistes. À part ça c'était bon. Il n'y a plus qu'à attendre les résultats définitifs. (franchement, tout ce foin et tant d'encre versée pour deux heures d'écart, on nous prend vraiment pour des cons. Enfin, c'est mon avis...)

[MàJ - 22h45'] Toujours en regardant la télé italienne, j'ai entendu qu'aux trois quarts du dépouillement Sarko progressait presque à 30,5% tandis que Ségo passait légèrement en dessous de la barre des 25%. Dommage ! J'ai même été surpris de savoir que déjà un premier sondage sur le deuxième tour donnait Ségo perdante à 46% contre 54% à son adversaire. Redommage ! Qu'en conclure ? Que la France, et, surtout, les françaises et les français auront celui qu'ils se méritent. Perso je préférerais "celle", mais ça, vous l'aviez compris...

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Ségo - Sarko, apparemment, c'est parti ! Selon Romandie.com, les premières estimations donnaient à 18h 26,5% pour Nicolas Sarkozy et 26% pour Ségolène Royal.


Je ne peux pas recouper pour l'instant car tous les sites en Belgique ou en Suisse ne répondent pas. Donc à prendre tel quel.

Je vais continuer à me renseigner pour tenter d'obtenir davantage d'infos. À +.

[MàJ - 18h35'] Bon, je viens d'avoir accès au site letemps.ch qui a mis en ligne une page plus légère et donne les fourchettes suivantes :

Sarkozy : 26-30%
Royal : 23-27%

Bayrou : 16-20%
Le Pen : 11-14%

C'est déjà ça, on devra pas revivre le cauchemar d'il y a cinq ans...


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samedi 21 avril 2007

Le but de la loi en France est-il uniquement de faire peur aux gens ?

Le but de la loi en France est-il uniquement de faire peur aux gens ?

Début de ma trilogie consacrée au premier tour des élections présidentielles 2007 :
  1. Le but de la loi en France est-il uniquement de faire peur aux gens ?
  2. Estimations du premier tour : duel Sarkozy - Royal
  3. Le nuage de Tchernobyl
Post-scriptum : Le sens et la valeur des mots

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La blogosphère française bruisse de la polémique entre partisans et opposants de diffuser les résultats des premiers sondages, voire uniquement des "bruits de couloir", sur l'élection présidentielle dès 18 heures demain, dimanche 22 avril 2007. Partisans et opposants étant respectivement représentés par Guy Birenbaum, Karl Zéro et Jean-Marc Morandini d'une part, Versac et Daniel Schneidermann de l'autre.

Et les tenants de la "loi" de monter au créneau, tel le Ministre de l'Intérieur ou Monsieur Gilles Bachelier (CNCCEP), qui menace  :
"l'annonce faite par certains blogueurs de vouloir délocaliser leur site à l'étranger n'est pas une issue de secours car la loi pénale française est applicable à tout crime commis par un Français hors du territoire de la République."
Ce qu'il oublie de préciser, en mentionnant l'article 11 de cette même loi du 19 juillet 1977, c'est que l'article 14 (modifié par la Loi n°2007-224 du 21 février 2007 art. 8 I, donc il y a très exactement deux mois) dit textuellement ceci :
La présente loi est applicable en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française, dans les îles Wallis-et-Futuna, à Saint-Pierre-et-Miquelon, à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin et à Mayotte, aux élections mentionnées à l'article 1er.
Pour l'application du dernier alinéa de l'article 11 dans les collectivités mentionnées à l'alinéa précédent, il y a lieu de lire respectivement : "en Nouvelle-Calédonie", "en Polynésie française", "dans les îles Wallis-et-Futuna", "à Saint-Pierre-et-Miquelon", "à Saint-Barthélemy, à Saint-Martin" et "à Mayotte" au lieu de : "en métropole".
Tout ceci dans l'intention probable de préciser la notion de "métropole", reprise dans l'autre disposition brandie comme la foudre, l'article L52-2 du Code électoral :
En cas d'élections générales, aucun résultat d'élection, partiel ou définitif, ne peut être communiqué au public par la voie de la presse ou par tout moyen de communication au public par voie électronique, en métropole, avant la fermeture du dernier bureau de vote sur le territoire métropolitain. Il en est de même dans les départements d'outre-mer avant la fermeture du dernier bureau de vote dans chacun des départements concernés.
Rome est-elle en métropole ? Là est la question !

D'habitude je n'aime ni la polémique ni la politique, mais plus que tout je suis attaché à ma liberté d'expression ! Et j'ai une sainte horreur qu'on me dicte ce que je dois faire.


P.S. Tiens, puisque l'on parle de sondage, en voici un organisé par le journal Metro :


Pour l'instant, 62% des votants jugent archaïque l'interdiction de publier les sondages avant 20h. Mais bon, le scrutin n'est pas clos...

Je me demande vraiment pourquoi en France on croit toujours tout pouvoir résoudre avec les lois...

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