Affichage des articles dont le libellé est sagesse des foules. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est sagesse des foules. Afficher tous les articles

mardi 13 mai 2008

Aux critiques du Web 2.0

Aux critiques ronchons du Web 2.0

[MàJ - 13h45'] Lire les réactions de Narvic et de Szarah, j'ai déjà répondu en partie à Narvic en commentaire, quant à Szarah, je me donne le temps de la réflexion : son billet est extrêmement argumenté et demande une réponse qui ne l'est pas moins.

* * *

Je réagis à quelques commentaires de Szarah (notamment Le web 2.0 ne détruit pas la culture, il la nivelle au niveau mondial) et plusieurs posts de Narvic, dont l'actuelle première page ne concentre pas moins de 4 billets où il exprime, encore et toujours, sa position fortement critique sur le Web 2.0 :

Affaire Gouguenheim : la clameur des blogs d'extrême droite :
Celui qui crie le plus fort dans la blogosphère

Je ne soupçonne pas la moindre opération occulte derrière cet état de fait : j’y vois seulement le fonctionnement « normal » des algorithmes de recherche de ces moteurs, qui se révèlent extrêmement faciles à manipuler.

Je constate seulement l’effet sur ces moteurs de l’action bien menée d’une communauté de blogeurs biens organisés, qui écrivent tous des billets en même temps sur le même sujet et se lient les uns aux autres par hypertexte. Il n’usent ici que de leur liberté d’expression, et comme ils le font de manière collective : ils occupent à un instant donné tout l’espace de la blogosphère, selon l’image qu’en donnent ces moteurs.

Ce qui me pose problème, c’est que quelqu’un qui souhaite, à cette heure, faire une recherche sur ces moteurs pour s’informer de ce que l’on dit de cette affaire, n’en obtiendra qu’une vision outrageusement orientée et partisane.

Neutralité ? Pertinence ? Fiabilité de l’information ? Ces moteurs de recherche de blogs ne relaient rien d’autre que la clameur de celui qui crie le plus fort à un moment donné ! Et quel impact tout cela a-t-il sur l’opinion que vont se forger sur ce sujet, les internautes qui l’auront abordé au moyens des outils d’internet qui fonctionnent de cette manière ?
Exploitation 2.0 :
Le débat semble enfin s’ouvrir peu à peu sur la face noire du Web 2.0, qui échange une liberté absolue (en apparence) contre une inéquité fondamentale (dissimulée). Bientôt des manifestations en ligne sur les sites de Google, Facebook, Dailymotion et autres Myspace pour demander un partage équitable du revenu généré par l’utilisateur ?
La magie du contenu généré par les utilisateurs :
Vive le Web 2.0 ! (vivat associé à une vidéo censée représenter l'UGC signé Web 2.0, je suppose...)
Le culte de l'amateur. Comment internet détruit notre culture :
Fort bien, mais est-ce que ça va suffire à nous protéger de ce gigantesque nivellement intellectuel par le bas que l'auteur voit se profiler dans le Web 2.0 ? (conclusion sous forme d'interrogation qui fait suite à plusieurs autres questions auxquelles j'ai tenté de fournir quelques brèves réponses...)
Donc, dans une tentative très personnelle de compenser un peu la clameur qui s'élève sur la soit-disant face noire du Web 2.0 et sur les débauches & catastrophes en tous genres qui lui sont associées, voire imputées, permettez-moi de vous donner mon point de vue en réagissant à l'une des questions soulevées par Narvic, demandant « un partage équitable du revenu généré par l’utilisateur » dans l'un de ces billets, Exploitation 2.0, qui cite Nicholas Carr traduit par Francis Pisani :
Le système économique de web 2.0 s’est révélé être dans les faits, à défaut de l’être intentionnellement, un système d’exploitation plus que d’émancipation. En mettant les moyens de production entre les mains des masses tout en leur niant la propriété du produit de leur travail, web 2.0 fournit un mécanisme extraordinairement efficace pour récolter la valeur économique du travail fourni gratuitement par le plus grand nombre et le concentrer dans les mains d’une infime minorité.
Ma première impression, au vu de l'actuelle première page de Novövision, c'est un fort sentiment de gêne, d'injustice, même, face à cette concentration délibérée d'événements et de jugements si négatifs portés sur ce qu'il est convenu d'appeler le Web 2.0, sur l'UGC, sur la blogosphère manipulée et/ou manipulatrice, etc.

Une première mauvaise impression qui s'accentue au fur et à mesure que je lis ces multiples formes de dénigrement sur ce gigantesque nivellement intellectuel par le bas et de la culture au niveau mondial, auquel se livrerait le Web 2.0, là où personnellement j'y vois un formidable instrument de vulgarisation du savoir et de démocratisation des consciences. Gratuitement, qui plus est...

Comme je le disais récemment en commentaire :
J'imagine que c'est toujours la même histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein : pourtant c'est toujours le même verre...
* * *

Donc, après le verre à moitié vide, voici ma vision du verre à moitié plein.

Que j'entame par un parallèle évident, pour moi, entre l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert et le Web de Tim Berners-Lee et Robert Cailliau, celui-ci pouvant être considéré comme l'aboutissement inespéré, impensable - et impensé -, d'une entreprise qui avait pour but, selon les termes mêmes de Jean Le Rond d'Alembert dans son Discours préliminaire, d'exposer autant qu'il est possible l'ordre et l'enchaînement des connaissances humaines...

L'enchaînement étant donné sur le Web par l'hypertextualité, et l'ordre restant propre aux individus selon le parcours que chacun/e se donne et/ou s'invente...

Dans une attitude active ou, pour le moins, qui devrait l'être, contrairement à la télévision, par exemple. Car si l'interactivité n'atteint pas sa plénitude sur le Web, alors c'est à désespérer de l'humanité...

Or ce n'est pas le cas : j'observe dans le Web 2.0 une telle effervescence jaillissante de l'interactivité, portée à une puissance (dans son acception mathématique, mais pas seulement) inégalée à ce jour (et probablement encore moins que demain) que j'ai d'énormes difficultés à concevoir que pour certain(e)s, ce même Web 2.0 n'est que source d'évaluations teintées de pessimisme et d'amertume. Des évaluations qui deviennent tellement battues et rebattues qu'elles ne sont plus que lieux communs, clichés, etc.

Sans prétendre à l'exhaustivité, voici quelques exemples qui me viennent à l'esprit parce que ce sont ceux que je rencontre le plus souvent :
  1. le nivellement par le bas ;
  2. la fausse gratuité ;
  3. l'exploitation de l'UGC par les méchants moteurs et agrégateurs en tout genre ;
  4. l'absence ou l'insuffisance du partage des revenus.
* * *

1. Le nivellement par le bas

De quoi parle-t-on ? Du nivellement par le bas de la culture, des consciences ? Mais voici plus d'un demi-siècle que la télé s'en charge, mes chers contempteurs ! Qu'est-ce qui marche le mieux, à la télé ? Le cul, la violence, l'argent, le pouvoir, etc. Rien de nouveau sous le soleil.

Pour autant, doit-on dire que la télé n'a jamais rien fait pour promouvoir la culture des masses ? Non, n'est-ce pas ?

Et attention, je suis moi-même extrait des masses. Issu d'une famille modeste, de parents fonctionnaires, placés plutôt bas dans l'échelle des mérites, sans biens ni aucune fortune personnelle. Qui s'est retrouvé orphelin à la rue à 18 ans. Sans aucun diplôme (niveau BEPC), sans aucune formation professionnelle, sans aspirations, sans soutien économique, sans rien, quoi.

Qui s'est fait sa propre culture en autodidacte à 100%, et qui continue sa formation permanente tout au long de la vie. Tout seul, comme un grand.

Or que m'offre le Web ? TOUT ! Sans limites. Sans argent. Si ce n'est le coût de la connexion. Je me connecte, et vogue la galère. Je navigue, libre. Je peux tout apprendre, tout découvrir, tout approfondir. Partout, sur tout, et même dans toutes les langues, si je veux. Je peux voyager, embarquer sur Google Earth, survoler des pays inconnus, m'égarer dans la voie lactée, etc.

Que l'on me dise quand, et où, depuis l'aube des temps, l'humanité a-t-elle eu un tel outil gratuitement à disposition ?

C'est tellement gigantesque comme gisement de connaissances et d'émerveillements qu'en comparaison la caverne d'Ali Baba me fait penser à un misérable bric-à-brac enfoui dans un cul-de-basse-fosse. Tiens, puisque j'en parle, testez Google, et vous avez comme premier résultat Le Rhin, de Victor Hugo, téléchargeable en un clic !

Toute la connaissance du monde, ou presque, à portée de clic. Gratuitement.

Et bien non ! Si pour vous c'est de l'exploitation, pour moi c'est de l'émancipation.

Et toutes ces critiques négatives qui éclosent à fleur de billets, de discussions, de commentaires, d'articles, etc., me font penser à un combat d'arrière-garde, à une opposition plus souvent stérile que constructive. Je n'ai jamais soutenu que tout est bon, mais je suis un peu las de voir ces discussions sans fin sur la face noire du Web 2.0.

D'où mon parallèle avec l'Encyclopédie :
La grandeur de l'Encyclopédie est précisément d'être une œuvre de combat liée aux circonstances historiques, de mettre en cause des intérêts humains profonds et véritables, de représenter un moment de la société, de l'histoire, de l'esprit, un moment de l'homme. Sa publication, étagée dans les temps, devait donc déchaîner nécessairement des passions contradictoires, devait donc être difficile. Ne déplorons pas les « traverses » qu'elles a rencontrées, elle leur doit sa grandeur. Pour quel dictionnaire se battrait-on de nos jours, et qui se battrait pour un dictionnaire ?
Préface d'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des Sciences, des Arts et Métiers, édition J'ai lu l'essentiel, articles choisis et présentés par Alain Pons.

Et bien voilà ! Aujourd'hui, perpétuel recommencement de l'histoire, on se bat pour le Web. Et ce n'est qu'un début ! Le Web, c'est l'Encyclopédie à l'énième puissance presque trois siècles plus tard...

* * *

2. La fausse gratuité

J'ai barré "fausse", car la gratuité existe bel et bien sur le Web. C'est d'ailleurs ça qui gêne profondément les bonnes consciences. Surtout en France, la fameuse exception française, comme toujours !

Là encore les anglo-saxons enseignent. Eux ils se posent moins de questions philosophiques (c'est gratuit, c'est pas gratuit, c'est moitié gratuit, moitié payant, etc.), ils élaborent, retraitent les données du problème et reformulent.

Ça nous donne Welcome to the age of the crowd !
Ça nous donne La longue traîne
Ça nous donne Free

(vous avez noté : les trois piliers ci-dessus ont été érigés par des journalistes de Wired...)

Ça nous donne la Sagesse des foules
Ça nous donne la théorie du Web 2.0
Et ça va bientôt nous donner le Web dans les nuages
Et puis encore l'Internet des choses, etc.

Mais pendant ce temps, les franco-français continuent à râler et à se demander si au fond le Minitel, c'était pas mieux !

Tiens, vous voulez que je vous dise quelque chose : votre Minitel (je ne vis plus en France depuis le début des années 80, je n'ai donc pratiquement pas connu le Minitel), si France Télécom ne l'avait pas fourni GRATUITEMENT aux populations, jamais personne ne l'aurait acheté !!!

Donc toute l'économie qui s'est créée ensuite autour du Minitel, y compris avec le cul et le Minitel rose, s'est créée à partir d'un outil distribué GRATUITEMENT avec la bénédiction de France Télécom et de l'État français.

Un exemple à méditer lorsqu'on parle du Web 2.0, ou non ?...

Regardez un peu cette liste de services OFFERTS par Google :
  1. Gmail
  2. Google Document
  3. Google News
  4. Google Alerts
  5. Google Books
  6. Google Calendar
  7. Google Earth
  8. Blogger
  9. Google Base
  10. Orkut
  11. Google Groups
  12. Google Images
  13. Google Desktop
  14. Youtube/Google Video
  15. Google Blog search
  16. Google Reader
  17. Google Photos/Picasa
  18. Google Scholar
  19. Google Notebook
  20. Google Talk
  21. Google Mobile services
  22. Google Pack
  23. Google Analytics
  24. Google Search !!!
Et je suis sûr qu'il y en a d'autres dans la galaxie !

Donc la gratuité fait résolument partie des intemporels de Google, mais aussi de la philosophie de Yahoo!, du monde du libre (Spip, pour n'en citer qu'un...) et de tous les acteurs du Web 2.0 qui savent que le modèle gratuit est désormais une condition sine qua non pour se faire connaître, percer et éventuellement réussir : l'histoire du Minitel qui se répète...

Il y a en outre un service supplémentaire que Google met gratuitement à la disposition de tous : Google Adsense, j'y reviendrai au point 4...

* * *

3. L'exploitation de l'UGC par les méchants moteurs et agrégateurs en tout genre

Dans Google profileur en série, j'ai déjà répondu NON à la question : la gratuité est-elle gratuite sur Internet ?

Il est clair que la stratégie de Google et des autres vise à collecter le plus d'éléments possibles sur ses utilisateurs. Au point qu'on en arrive à plus d'un millier d'événements qui déclenchent la collecte de données "privées" sur les internautes (Data transmission events).

Mais est-ce que ça vous dérange ? À moi, non. Pas plus que ça.

D'ailleurs, si ça vous dérange vraiment, il vous suffit de ne plus utiliser les services listés ci-dessus, c'est aussi simple. D'autant plus que pour tous ces services, vous allez trouver les équivalents payants. Donc pourquoi ne pas payer lorsqu'on peut trouver les mêmes services en payant ?

Si tel est selon vous le prix de l'indépendance et de la liberté, voire du respect de votre vie privée, ce serait bête de vous en priver, justement !

Mais continuer à dire que les moteurs et les agrégateurs ne pensent qu'à exploiter le contenu des autres, parce que tout ce qui les intéresse c'est de se faire du fric sur le dos des internautes sans prendre les responsabilités qui vont avec, c'est pousser un peu loin le bouchon !

D'abord il faut préciser que si quelqu'un ne veut pas être indexé, rien de plus simple. Un noindex et c'est réglé. Une demande de retrait d'index et c'est réglé. Un mail à l'agrégateur pour indiquer son refus et c'est réglé. Donc où est le problème ?

Sauf à dire que les moteurs et les agrégateurs ne serviraient à rien... Un pas que je ne saurais franchir.

Ils indexent mon contenu, et me donnent de la visibilité. Je n'en demande pas plus. Vous ne voulez pas être indexés, restez secrets. Présents sans être visibles. Autrement dit inconnus. Mais alors ne vous étonnez plus que les "algorithmes de recherche de ces moteurs (...) se révèlent extrêmement faciles à manipuler."

Ne vous étonnez plus qu’une "communauté de blogeurs biens organisés, qui écrivent tous des billets en même temps sur le même sujet et se lient les uns aux autres par hypertexte (...) occupent à un instant donné tout l’espace de la blogosphère, selon l’image qu’en donnent ces moteurs."

Donnant ainsi "une vision outrageusement orientée et partisane."

Il faut savoir ce que l'on veut ! Soit on veut avoir une voix pour gueuler plus fort que l'autre quand on juge ses intérêts menacés, soit on veut rester invisible et ... silencieux, mais après on ne s'étonne pas que d'autres occupent le terrain.

Si je travaille la visibilité d'Adscriptor, c'est bien pour tenter de me faire entendre quand j'estime que c'est le moment. Comme avec ce billet, par exemple. Ou comme dans les affaires Martinez ou DatingWatch, etc.

Et lorsque Adscriptor apparaît très bien placé dans les premières pages de Google et très bien positionné sur des mots clés extrêmement concurrentiels, est-ce que vous croyez que cela peut AUSSI avoir une valeur marchande ?

Avez-vous une idée de ce que certains sont prêts à dépenser pour être en première page des résultats de Google et de la valeur d'un tel positionnement ? Que ce soit en payant ou en organique (respectivement 14% contre 86% des clics) ?

Donc que je soigne mon contenu et que l'algorithme d'un moteur ou d'un agrégateur m'aide à en booster la visibilité, je ne vois là aucune exploitation mais juste un deal tacite, gagnant-gagnant.

D'autre part, les moteurs, les agrégateurs, les réseaux sociaux et les autres acteurs du Web 2.0 investissent énormément, notamment dans des infrastructures matérielles et logicielles lourdes. Donc pourquoi s'étonner qu'ils veuillent gagner de l'argent ? Et comment définir ce que serait, dans ce cas, un partage équitable du revenu généré par l’utilisateur ?

* * *

4. L'absence ou l'insuffisance du partage des revenus

Dire que ça n'existe pas serait faux. Adsense, c'est gratuit et ça rapporte ! Tous ceux qui en ont sur leur site le savent, vous n'avez besoin de rien pour mettre votre code Adsense sur vos pages, sauf le respect de certaines "règles", parfois violées par Google lui-même mais qu'il semble vouloir de plus en plus faire respecter (dans la série "faites ce que je dis, mais pas ce que je fais"...).

Il est clair que beaucoup tentent de manipuler les moteurs avec plus ou moins de réussite et de risques pour augmenter leur trafic et gagner plus.

Je peux même vous dire que de nombreux référenceurs qui ont compris comment les choses fonctionnaient préfèrent travailler d'abord pour eux, et ensuite pour les autres, à l'occasion...

Le vrai problème aujourd'hui, c'est que le seul modèle publicitaire qui marche depuis 4 ou 5 ans, le binôme AdWords - AdSense, pour être clair, n'est plus franchement adapté aux diversités des situations sur Internet, notamment au Web participatif et aux réseaux sociaux. D'où les nombreux tâtonnements pour inventer de nouveaux modèles économiques, des widgets à d'autres formes de monétisation des résultats (le CPA, par exemple), en passant par la recherche sociale et la recherche universelle, etc.

Google annonce déjà Adsense for Video, dont on mesurera mieux les enjeux lorsque l'on sait que plus de 10 milliards de clips sont visualisés chaque mois, uniquement aux États-Unis : +10 milliards !!!



Google ! Encore et toujours ! La seule chose que je peux partager, c'est qu'un peu de concurrence dans les régies serait bénéfique pour tout le monde. On attend juste les candidats. Et en Europe, je vous dis pas...

Pour être tout à fait sincère, je ne vois pas vraiment émerger de compétiteurs européens capables de jouer dans la cour des grands.

Exalead ? Bof. En tout cas pas avec ça...
Wikio ? Peut-être. La Justice permettant...

Mais en attendant que de nouveaux modèles viables et solides de monétisation ne voient le jour, avec des règles claires, je conçois difficilement que l'internaute lambda soit fondé à prétendre un partage plus équitable des revenus sur "son" contenu autre que :
  • une visibilité en rapport avec sa "pertinence",
  • un reversement modulé sur ce qui existe déjà, et
  • un choix si vaste et si riche de services gratuits qu'il est pratiquement impossible de tous les utiliser...

Partager sur Facebook

P.S. Narvic, sans rancune, j'espère. Mais dans Novövision je vois le préfixe Nov, un peu comme dans novlangue, qui serait donc censé apporter quelque chose de neuf, une nouvelle vision, justement : je la souhaiterais seulement un peu moins pessimiste...

, , , , , , , ,

jeudi 17 août 2006

La recherche sociale vue par Chris Sherman

La recherche sociale vue par Chris Sherman

Chris Sherman, éditeur associé de Search Engine Watch vient de publier deux articles analysant la recherche sociale, particulièrement intéressants à l'heure actuelle, où la recherche est de plus en plus considérée comme le cœur de l'Internet :
  1. What's the Big Deal With Social Search?
  2. Who's Who in Social Search
Avec son autorisation, je vous propose une libre traduction du premier, auquel j'ajoute une brève introduction au second, paru après avoir reçu son accord :

1. Les tenants et les aboutissants de la recherche sociale

Bref historique de la recherche sociale
Plusieurs raisons à cela

La recherche sociale fait de plus en plus parler d'elle, mais en dépit de cet engouement elle n'est pas prête à remplacer la recherche algorithmique traditionnelle.

Or de quoi parle-t-on ? Il n'y a pas vraiment de bonne définition de ce qu'est la recherche sociale, puisque les acteurs qui s'y intéressent à un titre ou un autre ont tous une approche différente. En termes simples, les outils de recherche sociale sont des services permettant de trouver sur Internet les parcours à l'information, services "informés" par le jugement humain.

Parcours à l'information, car ce ne sont pas des moteurs de recherche au sens strict, tels que la plupart des gens les connaissent. Jugement humain, pour signifier qu'une personne ou plus, probablement des dizaines et des centaines, ont « consommé » un contenu donné et décidé qu'il avait suffisamment de valeur pour le recommander à d'autres.

Pour autant le terme "informés" a plusieurs significations. Lato sensu, "informés" veut dire "influencés", et dans le meilleur des mondes cette influence est positive, utile, salutaire. Or malheureusement, dans les résultats à nos recherches, certaines influences "informées" proviennent de gens largement non-informés, quand ce ne sont pas de parfaits idiots.

La recherche sociale revêt des formes variées, du simple partage de favoris ou de contenus catégorisés par des tags descriptifs à des approches plus sophistiquées mêlant intelligence humaine et algorithmes informatiques. Mais en dépit de toute l'attention récemment accordée au sujet, ce n'est pas réellement un phénomène nouveau. Donc pourquoi rencontre-t-il autant de succès ? Pour le comprendre, il est bon de faire un retour en arrière sur la recherche médiée par l'humain. [Début]

Bref historique de la recherche sociale

La recherche sociale existe depuis le tout début d'Internet. Avant même l'apparition des premiers moteurs, en 1993 ou dans ces eaux-là, les gens hyperliaient leurs sites favoris. L'une des premières listes fut créée par l'inventeur du Web, Tim Berners-Lee, et elle est encore en ligne, même si la plupart des liens de la page sont cassés depuis longtemps.

Yahoo, l'un des premiers répertoires de sites Web, a été créé par une équipe d'éditeurs humains surfant sur Internet et rédigeant de courts descriptifs des sites qu'ils trouvaient. D'autres exemples de cette nature sont l'Open Directory Project, le Librarians' Index of the Internet, et, au Royaume Uni, le Resource Discovery Network, tous présents depuis les débuts du Web.

On pourrait objecter que les moteurs et leurs algorithmes sont aussi, dans une certaine mesure, des systèmes de recherche sociale...

En réalité, le célèbre PageRank de Google, qui analyse les structures de liens du Web et attribue plus ou moins d'importance aux pages ayant de nombreux liens "hautement qualitatifs" pointant vers elles, est à la base une forme de recherche sociale. Pourquoi donc ? Parce que le PageRank s'appuie sur le jugement collectif des webmasters liant différents contenus du Web. En bref, les liens seraient des votes positifs exprimés par la communauté des webmasters pour leurs sites favoris.

Or aujourd'hui la recherche sociale évolue en intégrant des agents automatisés aux jugements humains sur la nature du contenu. C'est d'ailleurs ce qui la rend à la fois fascinante et fondamentalement imparfaite, tout au moins en l'état actuel des choses. [Début]

Plusieurs raisons à cela

Indépendamment du nombre de personnes impliquées dans les différentes activités de "socialisation" de la recherche, l'ampleur et la portée du Web sont telles qu'une quantité significative de contenu ne sera pas prise en compte par ces activités. Tout simplement parce qu'Internet évolue trop vite pour que les gens puissent suivre.

Cela ne veut pas dire que la recherche sociale est vaine - dans nombre de cas elle est même très utile -, ça signifie simplement que la recherche médiée par les gens ne sera jamais aussi exhaustive que la recherche "motorisée" par les algorithmes.

Une autre difficulté est liée à la catégorisation, puisque malgré la popularité des tags, surtout dans la mouvance un peu cacophonique du Web 2.0, ceux-ci ne sont pas la panacée pour catégoriser et organiser le Web. Toutefois, bien employés, ils sont utiles pour mieux décrire le contenu.

Les problèmes naissent autant avec l'ambiguïté inhérente aux mots de la langue courante, qui ont diverses acceptions, qu'avec les interprétations multiples que se font les gens d'un même mot.

Une lacune du Web est l'absence de ce que les bibliothécaires appellent un « vocabulaire contrôlé », un ensemble de termes qui ont une signification précise, sans ambiguïté, pouvant être utilisés de façon uniforme et cohérente par celles et ceux qui veulent étiqueter le contenu du Web. Mais sans vocabulaire contrôlé, la catégorisation par les tags restera toujours chaotique et embrouillée.

Un autre facteur est la tendance naturelle à la paresse chez les humains. Même en disposant d'un vocabulaire contrôlé, nombreux sont ceux qui ne s'en serviront pas. La possibilité d'ajouter des tags ou autres métadonnées existe depuis longtemps sur les logiciels de la suite Office de Microsoft, or combien les utilisent ?

Enfin, n'oublions pas les nuls et les spammeurs. Beaucoup de gens, en dépit de leurs bonnes intentions, feront vraisemblablement n'importe quoi, et d'autres tenteront délibérément de tromper les moteurs. Or dans les deux cas, il sera difficile aux agents logiciels de reconnaître le contenu mal catégorisé. Dans la recherche sociale, il est difficile de bien filtrer le rapport signal/bruit.

Malgré les questions évoquées ci-dessus, la recherche sociale reste prometteuse pour améliorer nos recherches d'informations et toutes nos activités chronophages sur le Web. Au final, il est probable que c'est un mix de recherche algorithmique et des différentes formes de recherche sociale qui nous donnera un système hybride, capable de véritablement satisfaire une large gamme d'exigences informationnelles.

Nous n'en sommes pas encore là, mais je m'attends à voir des progrès significatifs dans les deux ans à venir. [Début]

* * *

2. Le Who's Who de la recherche sociale

Dans son deuxième billet, Chris identifie six catégories d'acteurs de la recherche sociale, en donnant une brève description de chacune et des liens vers les sociétés les plus significatives. Je vous y renvoie pour découvrir et visiter ces sites.

« De nombreux acteurs évoluent dans le monde de la recherche sociale... Ça va des majors du Web aux petites entreprises, qui créent des outils de recherche sociale pour en faire leur cœur de métier et se distinguent par une technologie ou une approche spécifique. Ce qui suit n'est pas un panorama exhaustif de l'existant, mais plutôt un échantillon de quelques-uns de ces acteurs.

À noter que la plupart des services énumérés ici couvrent pas mal de contenu intéressant, mais tendent à refléter les penchants de leurs utilisateurs plus actifs. Et de même que les gens qui ont beaucoup en commun gardent nombre d'intérêts largement divergents, on enregistre souvent un certain taux de bruit, avec des résultats non pertinents.
  1. Partage de favoris et de pages Web
  2. Annuaires collaboratifs
  3. Agrégateurs/moteurs de tags
  4. Outils verticaux personnalisables
  5. Sites sociaux de Questions/Réponses
  6. Fédérateurs collaboratifs
[Juste un éclairage sur les points 4. et 6., un peu moins connus que les autres.]

Les outils verticaux personnalisables représentent une approche relativement nouvelle à la recherche sociale. Ils permettent à chacun(e) de se créer son propre moteur de recherche spécialisé dans un argument bien défini. Une fois le domaine choisi, le moteur construit un index pertinent et vous n'avez plus qu'à l'affiner en faisant les dernières mises au point.

Vous pouvez également inclure vos propres pubs dans les résultats de "votre" moteur, ce qui vous permet de monétiser votre travail et de concurrencer, à votre niveau, les grands moteurs généralistes.

(...)

Quant aux fédérateurs collaboratifs (point 6., Chris utilise
"harvesters", littéralement "moissonneurs"), ce sont de nouveaux outils faisant appel au concept de sagesse des foules. Lorsqu'un utilisateur trouve un service intéressant, il le soumet aux autres et la communauté vote ou note le contenu, après quoi celui qui est le plus voté (ou le mieux noté) est proprosé comme source recommandée au reste de la communauté. » [Début]


Tags , , , , , , , , ,