vendredi 17 août 2007

Le widget de Facebook "Where I've been" vendu 3M$

Le widget de Facebook "Where I've been" vendu 3M$

Mise à jour : Le widget de Facebook "Where I've been" n'aurait pas été vendu... (merci à François Guillot qui me l'a signalé en commentaire)

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En rédigeant mes précédents articles sur les widgets et les nouveaux modèles économiques associés, j'avais eu l'occasion de découvrir cette "plainte" de Craig Ulliott, victime de son succès, intitulée « J'ai 250 000 utilisateurs ! Et maintenant ? »

En bref, il a développé en mai dernier une application interactive pour Facebook, qui permet aux utilisateurs de signaler les pays qu'ils ont visités :


Or en un mois la masse d'utilisateurs utilisant son appli l'a quelque peu déboussolé. Voici ce qu'il écrivait, probablement en fredonnant la chanson de Bécaud, le 21 juin :
Well my application has become incredibly popular, and I’m very excited about it, don’t get me wrong!
But I’m a freelance developer, not a company, and its put a powerful 4GB $450 a month dedicated server on 3 backbones at maximum load and is pushing 2000GB a month in traffic. It doesn’t make me any money and I’m getting hundreds of comments and emails daily about it.
How can i support it and maintain it? What do i do with it now? its growing at a few users a second, so should i get another server each month?

Mon appli connaît un succès incroyable, c'est génial, ne vous méprenez pas. Mais je suis un développeur indépendant, pas une société, et il faut que je débourse 450$ par mois pour un serveur dédié et 2 To de trafic sur la bande passante. Donc je gagne pas un sou avec ça et en plus je suis inondé de centaines de commentaires et de courriels chaque jour. Comment voulez-vous que j'assure et que je gère ça ? Qu'est-ce que je vais en faire ? J'ai je sais pas combien de nouveaux utilisateurs à la seconde, je vais quand même pas prendre un autre serveur tous les mois !
Bon, et bien le voilà rassuré, puisque son appli a été achetée 3 millions de dollars par Tripadvisor, spécialisé ... dans les voyages ! On s'en serait douté :-)

3 millions en 3 mois, ça ne fait jamais qu'un million par mois. Congrats, Craig.

Cette actu est une brève, certes, mais je suis persuadé qu'avec les widgets ça ne fait que commencer et qu'on va en voir de belles dans les mois à venir... Merci à Tariq Krim de m'avoir fait réfléchir sur le sujet.


P.S. Tiens, puisque je vous en parle, je vous signale le billet de Bill Slawski sur l'historique des brevets de Facebook, qui abat un travail extraordinaire, comme à son habitude, et l'analyse exceptionnelle de Marc Andreesen (via Vinny Lingham).

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dimanche 12 août 2007

Web 2.0 vs. Web 3.0, la suite...


Il y a plus d’un an déjà, je tentais une réflexion personnelle sur l’évolution du Web 2.0 vers le Web 3.0, d’abord sollicité par Jean-François Ruiz.

Ce questionnement reste sous-jacent dans de nombreux débats que j’observe ici et là sur le Web, mais il a été relancé ces derniers jours par les déclarations d’Eric Schmidt, répondant à un auditeur qui lui demandait de définir le Web 3.0.

Les déclarations du CEO de Google ont suscité pas mal de polémiques sur sa vision du Web 2.0 (un concept marketing) et sur ses prévisions concernant le Web 3.0.

C’est ici qu’intervient Nicholas Carr, le « poil à gratter » de Didier Durand, dont le billet reprenant et analysant l’épisode à peine décrit m’a enthousiasmé. Je lui ai donc demandé l’autorisation de le traduire, et il me l’a gentiment accordée.

Son billet s’intitule Qu’est-ce que le Web 3.0 ?, et je commence la traduction à partir de « Web 3.0 is all about… » :
… le Web 3.0, c’est la simplification et la démocratisation du développement logiciel, avec les internautes qui commencent à puiser dans les outils et les données essaimés dans le « cloud », le « nuage Internet », pour concocter des applications personnalisées qu'ils partagent ensuite « viralement » avec leurs amis et collègues. Selon Schmidt :
Ma prévision, c’est qu’au final le Web 3.0 sera considéré tel un ensemble d’applications modulaires [ayant en commun] un certain nombre de caractéristiques : ce sont des applications légères ; les données sont éparpillées dans l’Internet ; les applications peuvent être embarquées sur n'importe quel dispositif, PC ou portable ; elles sont extrêmement rapides et personnalisables ; en outre elles sont distribuées de façon essentiellement virale, à savoir par les réseaux sociaux, le courriel. Plus besoin d’aller au magasin pour les acheter. C’est un modèle applicatif très différent de que nous connaissions jusqu’à présent dans l’informatique … probablement destiné à s’étendre, s’étendre. Les barrières à l'entrée sont très basses. La nouvelle génération d’outils annoncée aujourd'hui par Google et d'autres sociétés les rendent relativement faciles à concevoir et utiliser ; [elles] résolvent beaucoup de problèmes et fonctionnent sur tout et partout.
Voici donc – quelle surprise ! - une vision d’informatique en réseau qui cadre parfaitement avec les intérêts commerciaux et technologiques de Google, opposée aux applications propriétaires et aux entrepôts de données (sauf lorsqu’elle les contrôle) juste parce que les sites et les applications fermés contrastent avec les trois principaux objectifs de Google, omniprésents et interdépendants (dixit Didier Durand) :
  1. nous faire passer la majeure partie de notre vie en ligne
  2. rendre cette actitivité virtuelle traçable et transparente
  3. sponsoriser les services gratuits utilisés lors de cette activité par de la publicité
(« En ligne » englobe tout ce qui est médié par Internet, et pas seulement la face apparente des choses qu’on peut visualiser sur un écran de PC.)

En d’autres termes, cela revient à dire que l’ensemble des applications et des données sont tout simplement complémentaires au cœur de métier de Google – la pub –, et par conséquent que Google a tout intérêt à détruire les barrières - économiques, technologiques ou légales – qui brident les applications logicielles et les données. Et presque tout ce que fait la société, de la construction de ses centres de calcul à l’achat de fibre optique pour déployer le wi-fi gratuit, en passant par son combat contre les droits de propriété intellectuelle afin de soutenir la communauté open source et rendre gratuitement disponibles l'information et les applications logicielles, tout cela tend à l’élimination des barrières.

Dans la culture du Googleplex, l’évolution des générations Web doit ressembler à quelque chose du genre :
  • Web 1.0 : le Web comme une extension des disques durs de nos PC (et de nos Mac...)
  • Web 2.0 : le Web comme une plateforme applicative complémentaire aux systèmes d’exploitation et aux disques durs
  • Web 3.0 : le Web comme l’informatique universelle en grille destinée à remplacer systèmes d’exploitation et disques durs
  • Web 4.0 : le Web comme intelligence artificielle complémentaire à la race humaine
  • Web 5.0 : le Web comme intelligence artificielle se substituant à la race humaine
Une théorie élégante et branchée, certes, mais il y a un hic. La définition du Web 3.0 proposée par Schmidt semble être en conflit avec la définition dominante, qui représente le « Web 3.0 » comme un synonyme de ce qu’on avait coutume d’appeler (aujourd’hui encore, d’ailleurs) « le Web sémantique ». Vu sous cet angle, le Web 3.0, c’est la création d’un langage plus riche et significatif pour faire communiquer les machines entre elles sur Internet, et leur permettre de mettre en œuvre de nombreuses fonctions interprétatives actuellement accomplies par les personnes, avec en perspective des niveaux d'automation jamais connus jusqu’alors.

Dans la culture « Web sémanticienne », l’évolution des générations Web doit ressembler à quelque chose du genre :
  • Web 1.0 : le Web où les personnes parlent aux machines
  • Web 2.0 : le Web où les personnes parlent aux personnes (par le biais des machines)
  • Web 3.0 : le Web où les machines parlent aux machines
  • Web 4.0 : le Web comme intelligence artificielle complémentaire à la race humaine
  • Web 5.0 : le Web comme intelligence artificielle se substituant à la race humaine
Donc, s’il est vrai que ces deux visions se rejoignent et finissent par nous faire confluer vers un monde meilleur, où les machines externalisent l'universel
slavesourcingcrowdsourcing de l'intelligence et du travail humains, la confusion qui règne encore sur la nature du Web 3.0 reste problématique.

Voici donc où nous en sommes, en 2007, à mi-chemin de ce parcours, sans avoir su dégager une définition consensuelle décente du Web 2.0 et avec des définitions encore contrastées de la prochaine génération Web.

Or sont-elles vraiment si contrastées ? Je pense plutôt que le conflit apparent entre ces définitions demeure superficiel, résultant des différences de visions adoptées par Schmidt (une vision centrée « applications ») d’un côté, et par les Web sémanticiens (une vision centrée « communications ») de l’autre.

Donc, juste pour rendre service à la communauté, laissez-moi mettre mon masque de Tim O'Reilly et vous offrir ma propre définition du Web 3.0, assez large pour y fourrer côte à côte la définition Web sémanticienne traditionnelle et celle des mashups dopés aux stéroïdes d'Eric Schmidt :
« Le Web 3.0, c’est la désintégration des données numériques et des logiciels dans des composants modulaires qui, grâce à l'utilisation d’outils simples, peuvent être réintégrés à la volée dans de nouvelles applications ou fonctions, autant par les machines que par les personnes. »
Voilà. Bourrez tout ça dans votre Yahoo pipe et tirez-vous une bouffarde.
Excellent, je vous dis ! Merci encore à Nicholas Carr. :-)


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dimanche 5 août 2007

Yahoo! + Hadoop = Yadoop?

Yahoo! + Hadoop = Yadoop?

Sur ce blog je parle souvent de Google, plus rarement de Microsoft (une société que je n'aime pas parce qu'elle a le tort d'avoir fait de moi et de millions d'autres des utilisateurs captifs, sans parler des lubies de l'ami Steve...) et encore moins de Yahoo!, que je trouve ennuyeux, malgré de nombreux services particulièrement réussis, dont Yahoo Pipes, auquel je finirai bien par consacrer un billet (en attendant...).

Or voilà que dans cette grisaille perce une information (via John Battelle), qui a tout d'une révolution, silencieuse certes, pour l'instant, mais extrêmement puissante et riche en potentialités, notamment dans la lutte incessante qui oppose l'ogre de Mountain View (dont je connais et apprécie les intemporels) au dauphin de Sunnyvale (dont j'ignore toujours sur quoi ils entendent focuser vraiment ;-) pour la suprématie du Web...

Dans son billet, intitulé Le pari de Yahoo! sur Hadoop, Tim O'Reilly (vieille connaissance à J-B :-) précise que Yahoo! a officiellement déclaré son soutien au projet Hadoop et nous explique en quoi cela est important et peut changer la donne, à travers les mots de Jeremy Zawodny :

[MàJ - 21 février 2008] Voir une interview au bas de ce billet...
Realizing that a growing number of companies and organizations are likely to need similar capabilities, we got behind the work of Doug Cutting (creator of the open source Nutch and Lucene projects) and asked him to join Yahoo to help deploy and continue working on the [then new] open source Hadoop project.

Ayant réalisé qu'un nombre grandissant de sociétés et d'organisations ont vraisemblablement besoin d'avoir de telles capacités, nous avons décidé de supporter les travaux de Doug Cutting (créateur des projets libres Nutch et Lucene), et lui avons demandé de rejoindre les rangs de Yahoo pour nous aider à déployer et poursuivre le développement du [nouveau] projet open source Hadoop.
Donc, petit glossaire Wikipedia :
  • Lucene est un moteur de recherche libre écrit en Java qui permet d'indexer et de rechercher du texte. C'est un projet open source de la fondation Apache mis à disposition sous licence Apache. Il est également disponible pour les langages Ruby, Perl, C++.

  • Nutch est une initiative visant à construire un moteur de recherche open source. Il utilise Lucene comme bibliothèque de moteur de recherche et d'indexation. En revanche, le robot de collecte a été créé spécifiquement pour ce projet.
    L'architecture de Nutch est hautement modulaire et permet à des développeurs de créer des plugins pour différentes phases du processus: récupération des données, analyse des documents, recherche, etc.
    Doug Cutting est l'initiateur et le coordinateur de ce projet.
    Il est entièrement développé en Java, mais les données qu'il manipule sont dans un format indépendant de tout langage de programmation. En juin 2003 a été présenté une version opérationnelle d'une démonstration de Nutch sur une base regroupant 100 millions de documents.

  • Hadoop est un sous-projet de Lucene qui contient le Hadoop Distributed Filesystem (HDFS) qui rappelle le Google File System ainsi que l'implémentation de MapReduce intitulé HadoopMapReduce qui était auparavant développé par le projet Nutch.
En termes plus simples, Jérôme Charron, le Monsieur Nutch français, nous dit ceci :
Nutch constitue une alternative transparente aux moteurs de recherche commerciaux. Seuls les résultats d'un système de recherche open source peuvent être garantis comme n'étant pas faussés (ou du moins le biais serait public). Tous les principaux moteurs de recherche ont des formules de classement propriétaires et n'expliqueront jamais pourquoi telle ou telle page a été classée d'une certaine façon. De plus, certains moteurs de recherche choisissent les sites à indexer en échange d'une rémunération plus que sur la valeur intrinsèque du site. Nutch, lui, n'a rien à cacher et n'a aucune raison de fausser ses résultats ou son crawling si ce n'est pour donner à chaque utilisateur les meilleurs résultats possibles.
En janvier dernier, après lui avoir signalé un lien sur le sujet, Jérôme me répondait :
En effet, un lien qui me fait très plaisir et qui montre bien à quel point le trio Lucene/Nutch/Hadoop est à prendre très au sérieux comme solution technologique lors de la mise en place d'un moteur de recherche d'envergure. Je suis persuadé que certains moteurs "professionnels" en ligne ne disposent pas de toutes les fonctionnalités de Nutch et en particulier de sa capacité à être déployé sur un large cluster de machines (à la google).
Dans un autre courriel, il précisait :
  • Nutch est architecturé pour pouvoir supporter des quantités de documents énormes (l'idée est d'avoir un google open source).
  • Il est basé sur le framework Hadoop (supporté par Yahoo!) pour la répartition de charge sur un cluster qui peut scaler "à l'infini" (en fonction des besoins) à la Google ou Amazon
  • Il dispose d'un système de plugins très bien fait et très performant permettant de facilement plugger des bouts de code spécifiques.
  • Il a été éprouvé dans de très nombreux projets réels.
C'est d'ailleurs au trio Lucene/Nutch/Hadoop qu'il devait penser en écrivant sa série "Le Google Killer", ici et , avant d'abandonner la partie, de guerre las (c'est moi qui interprète, mais il me dira si je me trompe). Donc j'espère et je suis sûr que la tournure que prennent les choses vont lui redonner du baume au cœur, même si avec Yahoo! supportant le projet, il est probable que les considérations commerciales ne seront pas tout à fait absentes. Mais, bon...

En attendant, lorsque Yahoo! met sa puissance financière au service de Hadoop, cela se voit ! À commencer par la salle des machines :


À suivre...


Liens connexes : , , , , , ,

samedi 4 août 2007

Feu d'artifice du 14 juillet devant la tour Eiffel

Feu d'artifice du 14 juillet devant la tour Eiffel

Mettons un peu de côté les choses sérieuses, place au divertissement, après tout c'est la période des vacances ! Et en plus aujourd'hui c'est ma fête. Cette année j'ai eu le privilège de voir le feu d'artifice du 14 juillet au pied de la tour Eiffel et face au Trocadéro, sur les berges de la Seine. Une féerie !


Excellente qualité de son, image un peu pixellisée, surtout sur grand écran. :-)

15 secondes de patience, et ça démarre...

De l'autre côté du Champ de Mars, où étaient rassemblées environ 600 000 personnes, un concert de Michel Polnareff avait été organisé, mais nous étions trop loin pour en profiter.

Si vous entendez quelqu'un qui répète à longueur de temps "mamma mia", c'est juste moi, soufflé par la beauté du spectacle, sur fond de musiques de film :

- Paris « poésie » (Les Lumières de la Ville, Amélie Poulain…)
- Paris « action » (Il était une fois dans l’Ouest, James Bond…)
- Paris « dramatique » (Dancer in the Dark…)
- Paris “amour” (In the Mood for Love…)
- Paris « grands spectacles » (Star Wars…)
- Paris « musical » (Moulin Rouge, Mary Poppins…)

Celles et ceux qui comprennent l'italien entendront mon fils (5 ans et demi) me dire (à 12') "Papa, c'est quand le spectacle". Faut dire qu'après toute la journée en vadrouille, il était un peu fatigué, Paul. :-)

Le voici devant l'Hôtel de Ville (on dirait pas...)


À noter également un Mon Dieu par Édith Piaf (à 16') qui donne des frissons (la chanson est perturbée sur la fin par une sirène d'ambulance).

Final de ma vidéo sur Star Wars... Ça c'est du feu d'artifice !

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Ayant lu sur un gratuit que la Ville de Paris avait fait appel à la société italienne Parente, j'ai voulu en savoir plus.


J'ai découvert par ailleurs que le même jour, la même société tirait un feu d'artifice à Venise, la Sérénissime, à l'occasion de la fête du Rédempteur.


Décidément, la société pyrotechnique ne fait pas mentir son slogan de magicien des feux d'artifice. Paris et Venise le même jour, ils pourront ajouter ces deux belles références à leur catalogue (cliquez sur l'image pour le télécharger, PDF 3,5Mo).


Voilà. En espérant que cette carte postale de mon séjour à Paris vous aura plu.




P.S. Tiens, puisque je suis en veine, voici une photo prise par notre fils :


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jeudi 2 août 2007

Netvibes, Facebook & Adscriptor !!!

Netvibes, Facebook & Adscriptor !!!

La nouvelle vient de tomber, Facebook rencontre Netvibes: le widget Facebook est arrivé ! (également posté en anglais par Karim, Facebook Meet Netvibes: Netvibes Introduces the Facebook Widget), et, très franchement, là je suis soufflé !

Voici donc l'épilogue inattendu de ma trilogie sur la Widget Wars (avec au passage un petit grand clin d'œil au Chauffeur de buzz...), Netvibes publie son premier widget Facebook deux jours à peine après la publication du dernier de mes trois précédents billets consacrés, dans l'ordre :
  1. Rendez-vous avec Tariq Krim (Modèle économique de Netvibes = Univers + Widgets)
  2. Widgets business models (are widgets the next big thing?)
  3. Widgets et modèles économiques

À croire que Tarik a suivi mon conseil : So, now, WidgUp Netvibes!, qui concluait le premier billet, publié le 27 juillet ; les deux autres ont été mis en ligne les 30 et 31 juillet, alors que sur les blogs de Netvibes le premier billet sur les Univers est sorti le 1er août (ici en anglais, avec l'introduction, entre autres, d'une page privée et d'une page publique), et celui sur le widget Facebook aujourd'hui : en italien, on dirait que c'est un "tempisme" parfait, terme intraduisible littéralement, qui signifie "sens de l'opportunité", au bon moment, qui tombe à pic, quoi !

Pour autant, au-delà de l'effet d'annonce que ne va pas manquer de susciter la nouvelle un peu partout dans le monde sur Internet, la question qui va vite se poser, vu les antécédents, est celle du modèle économique de Netvibes, dont la sortie d'un widget Facebook n'est apparemment que le premier pas...

Suite à la rédaction des précédents billets, je préparais un article sur Facebook sous un angle économique, donc quelle meilleure occasion que de le publier sans tarder, puisque dans le cas présent, qu'on m'excuse pour ce zeste de vanité, j'ai l'impression que c'est l'actualité qui colle à Adscriptor plutôt que le contraire !

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Dans mes précédents billets, j'ai tenté de décrypter ce que représentaient les widgets et les interactions en jeu, en indiquant que, selon moi, une bonne part de l'avenir et de la réussite des widgets allait se jouer avec la répartition des revenus entre les différents acteurs...

Netvibes et Facebook, dans le cas qui nous occupe. Il est clair que les accords pris, s'il y en a (d'habitude, les widgets sont installés sur Facebook, alors que celui-ci est installé sur Netvibes, d'où l'analyse de Read/Write Web alors que la compétition entre réseaux sociaux continue de monter), ne seront pas divulgués, même si certains chiffres commencent à percer du côté de Facebook, dont la progression fulminante est presque le quadruple de celle de MySpace en un an : 270% contre 72%, selon comScore, et près de 300% en progression journalière !


Ainsi, dans le sillage de son incroyable succès, Facebook aurait doublé ses prix en quatre mois, de février à juin ! Exemple chiffré : de 150 000 à 300 000 $ pour parrainer un groupe. En outre, pour parrainer une seule page, le bon vieux CPM serait autour de 10$.

Pourtant, selon Lance Tokuda, Rockyou obtiendrait un taux de conversion de 20$ au CPM, soit le double (avec, là encore, un profit de 100%, plus selon Ouriel Ohayon et Michael Arrington), d'où la création de Super Wall API, le réseau de pub de Rockyou, la régie qui monte...

Voilà pour ce bref panorama, qui conclut pour l'instant mes réflexions sur la prochaine révolution des widgets. D'ores et déjà, il est clair que les choses se mettent au beau fixe pour Facebook (qui pourrait tenter une introduction en bourse, et devient une proie de plus en plus appétissante, en dépit de quelques éléments négatifs...). En ira-t-il de même pour Netvibes ? À l'heure des questionnements, c'est tout le bien que nous leur souhaitons. Et dire qu'il y a quinze jour à peine j'ignorais tout des widgets !


Liens connexes :
  1. Facebook par Francis Pisani
  2. Facebook et les entreprises
  3. Corporates Blocking FaceBook
  4. Top 10 Facebook Apps, by Robert Scoble
  5. Newbie's guide to Facebook
  6. How to Develop a Hit Facebook App: 29 Essential Tools and Tutorials (via Guy Kawasaki)
  7. Facebook given $6bn price tag

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mardi 31 juillet 2007

Widgets et modèles économiques

Widgets et modèles économiques

Mise à jour, 2 août !!!

Après : 1) mon Rendez-vous avec Tariq Krim (Modèle économique de Netvibes = Univers + Widgets) et 2) Widgets business models (are widgets the next big thing?)), voici un troisième billet de réflexion sur la monétisation des services Web 2.0, et plus précisément des widgets.

Fin 2006, Newsweek titrait que 2007 serait l'année des widgets, et l'évolution des choses semble le confirmer. En juin, Ouriel écrivait :
Les widgets sont une forme de biens virtuels, et même si la plupart des compagnies de widgets tirent aujourd’hui leurs revenus de la publicité, je vois bien les widgets propulser une économie de micro-transaction massivement distribuée dans un futur proche.
Ne reste plus qu'à trouver les recettes économiques qui vont avec, et ça c'est moins facile, notamment parce que les différents acteurs en jeu tâtonnent et n'ont pas encore une vision très aboutie des modèles à mettre en place.

I. La première raison est qu'en général il s'agit de services gratuits se superposant à d'autres services gratuits, cf. Don Dodge : free services layered on top of other free services are not a sustainable model, ce qu'il a joliment intitulé le modèle économique du rémora.

Ça ne l'empêche pas de proposer des pistes de monétisation :
  1. le modèle Freemium
  2. les parrainages
  3. la répartition des revenus (rev sharing)
  4. les réseaux de syndication
1. Dans le premier cas (Freemium = contraction de Free + Premium), il s'agit de proposer un service gratuit à la base et de graduer plusieurs options payantes (utilisation de stats, montée en puissance du service, etc.).

2. Les parrainages (une marque sponsorise un widget), les affiliations, sont des solutions déjà éprouvées qui ont encore un bel avenir. J'en veux pour preuve le boom d'une formule comme Blogbang avec les blogueurs (et les annonceurs), à condition que le back-end suive (gare au reverse buzz !)...

3. C'est avec la répartition des revenus entre les différents acteurs que va se jouer une bonne part de l'avenir et de la réussite des widgets. Le diffuseur peut faire payer le développeur et/ou l'utilisateur, et je pense que ce cocktail est au cœur de la réflexion de Netvibes. Qui dure, certes, mais apparemment, à ce jour, aucun des grands acteurs du Web ne connaît le dosage miracle.

4. Les réseaux de syndication, voire de "super-syndication" (introduction de l'événementiel, dans le cinéma, notamment, pour toujours coller à l'actu), où le widget qui bénéficie d'une ample diffusion sert à promouvoir un contenu quelconque. En effet, le trafic seul ne suffit pas si vous n'avez rien d'autre à offrir, mais de nombreux types de contenus peuvent être imaginés, notamment des achats (puisqu'au final, c'est ce qui intéresse le plus les marchands :-)

II. Le deuxième faisceau de raisons, c'est que la plupart des widgets sont éphémères, avec des qualités et des taux d'audience qui vont du zéro au très peu / très pauvre. Ça manque d'idées. Impossible donc de bâtir quoi que ce soit de rentable là-dessus, la longue traîne des widgets, c'est pas pour demain...

Dans un registre un peu différent de celui de ClearSpring, mais tout aussi conscient de la nécessité de développer des widgets de qualité, Franck Poisson a imaginé sa WebWag Factory en mode win-win, où les meilleurs widgets rapportent rémunération et visibilité à leurs développeurs, ainsi motivés à se surpasser pour gagner plus et mettre leur savoir-faire en vitrine.

Car lorsque les widgets sont supportés par des plateformes à succès et adoptés à grande échelle par les internautes, c'est là qu'ils déploient toutes leurs potentialités, comme avec le binôme RockYou + Facebook. L'idée de RockYou est simple : profiter de sa très large et très rapide diffusion sur Facebook pour assurer une large base d'utilisateurs à ses annonceurs et proposer une rémunération au CPA, ou coût par action.

Autre recette, celle de Socialmedia.com, qui compte déjà 13 millions de widgets installés et dont l'un des responsables, Dennis Yu, déclare :
"Applications are just exploding. The volume on our surveys is just crazy... We're finding that they monetize better than ads."
En clair, c'est en train d'exploser, mais ce n'est qu'un début. Quant aux retombées en termes de monétisation, elles sont meilleures qu'avec la pub "traditionnelle" ! (avec au passage un moyen de plus d'améliorer son optimisation pour les médias sociaux...)

Mais là encore, les ingrédients restent à doser, comme le rappelle Ouriel à propos d'iLike, en soulignant également le danger potentiel de ne s'adosser qu'à une seule plateforme, et en observant dans son billet d'aujourd'hui :
« je ne suis pas certain que FaceBook voie cela d’un bon oeil. Si d’autres font de l’argent sur son dos sans toucher une part du gateau je pense que FaceBook finira par devenir une coquille vide. Surtout si les conditions générales interdisent la monétisation sans son accord. »
Je vous le disais : tout est question de dosage ! Mais soyez sûrs que ceux qui sauront préparer le meilleur cocktail toucheront le jackpot... En attendant, devant le succès phénoménal remporté par Facebook, Bebo vient de s'ouvrir aux développeurs et il est à prévoir que d'autres suivront pour ne pas être en reste.


P.S. Ce que je souhaite à Netvibes ou à WebWag, cocorico :-)

Liens connexes :
  1. Les widgets : nouveaux moteurs du web ?
  2. Attention, les widgets débarquent... !
  3. Live USA : Chumby, le gadget à widgets
  4. Dix gadgets pour le Volet Windows de Vista
  5. Yahn44's widgets on Delicious
  6. Wigipedia
  7. La situation des widgets en avril 2007 (comScore)

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lundi 30 juillet 2007

Widgets business models (are widgets the next big thing?)

Widgets business models (are widgets the next big thing?)

Qu'est-ce qu'un widget ?
Les interactions entre les trois pôles
Les modèles économiques liés aux widgets

Suite à ma rencontre avec Tariq Krim, sa petite phrase sur les milliards de widgets devant servir de base à la rentabilisation de Netvibes n'a pas laissé de m'interpeler une seconde, et j'avoue avoir mis une dizaine de jours avant de la comprendre. Aujourd'hui, je pense y être parvenu et vais donc tenter de vous expliquer ma vision des modèles économiques (il n'y a pas de modèle unique, plusieurs dosages sont possibles) liés aux widgets, ces étranges bêtes virtuelles dont l'appellation fourre-tout n'aide franchement pas à la compréhension.

Qu'est-ce qu'un widget ?
(une définition parmi tant d'autres...)

Modules, gadgets, applis (API), extensions, mashups ou autres, les widgets sont avant tout des services, comme Feedburner, MyBlogLog, Sitemeter, Criteo, etc. pour citer des exemples connus et largement utilisés sur le Web, y compris francophone ou ... Adscriptor. Autant d'utilitaires s'intégrant dans votre environnement graphique en ligne ou hors ligne et servant généralement à personnaliser votre présence : ça vous donne l'heure en fonction des fuseaux horaires de votre choix, le temps qu'il fait chez vous ou à l'autre bout du monde, un dictionnaire ou un traducteur, l'agenda pour y noter vos rendez-vous et tout ce que vous pouvez souhaiter. Les applications possibles n'étant limitées que par l'imagination, autant dire qu'elles sont infinies...

L'Internet, en phase de widgétisation aiguë, est effectivement peuplé de milliards de widgets, ce n'est pas nouveau, par contre ce qui l'est, c'est comment les monétiser à grande échelle, à l'instar de ce qu'a réussi Google avec la publicité contextuelle, encore à l'origine de la plupart des revenus de l'ogre de Mountain View (je savais pas comment le nommer pour éviter la répétition :-), même si l'heure a sonné de trouver des modèles alternatifs après les nombreuses perversions et incohérences constatées. Ceci étant, rassurez-vous, la pub contextuelle a encore de beaux jours devant elle...

Ici je voudrais oser une dichotomie entre pub contextuelle et widgets, où en gros la première regroupe tout ce qui est TEXTE (les mots) et les seconds le RESTE (vidéos, photos, musique, achats, etc.). Ça fait des mois, voire des années, que les acteurs majeurs du Web tirent la langue et bavent pour tenter d'apprivoiser des modèles publicitaires applicables à toutes les situations de navigation, préalable indispensable pour que le réseau des réseaux puisse prétendre à la maturité de sixième grand média. Et générer les milliards et davantage que laisse espérer le gigantesque pactole du marché publicitaire sur Internet...

Le binôme Adwords/Adsense et les solutions similaires ont été une première réponse, les widgets sont probablement l'étape suivante. Essentiellement basée sur les interactions entre trois pôles, que j'appellerai :
  1. les développeurs ;
  2. les diffuseurs ;
  3. les utilisateurs.
Sans oublier la multiplicité des supports envisageables, ordinateurs de bureau, portables, téléphonie fixe et mobile, dispositifs itinérants, informatique embarquée et domotisée, etc., ce qui démultiplie les interactions possibles, dès lors que chacune peut être reproduite à l'infini sur les différents supports... [Début]

Les interactions entre les trois pôles

À chaque pôle une "entité" pouvant recouvrir plusieurs acteurs : par exemple, le "développeur" peut être un individu, un réseau de distribution, une régie, etc. La présence du trait haché de la flèche reliant le "développeur" à l' "utilisateur" indique que le premier peut parfois toucher le second sans passer par le "diffuseur", même si dans ce modèle tripartite, c'est ce dernier qui se taille la part du lion. Quelques diffuseurs : MySpace, Facebook, eBay ou ... Netvibes, GYMA, etc.

En effet, 99% des fois, seul le diffuseur garantit la visibilité et l'exposition suffisantes pour créer l'effet de taille nécessaire à la satisfaction de l'annonceur. Le diffuseur joue un rôle central en accueillant/affichant le widget sur sa plateforme. Or si vous imaginez le widget - à la fois contenant et contenu - comme une fonctionnalité créée par le développeur à destination de l'utilisateur, il est clair que plus la plateforme d'accueil est importante, plus le nombre d'utilisateurs touchés est élevé.

De même il est probable que ces éléments, plateformes et widgets, vont vite devenir deux des piliers sur lesquels se bâtira le futur écosystème de l'Internet, déjà en route. Avec des plateformes de plus en plus puissantes mais ouvertes, complètes mais faciles à prendre en main, sophistiquées mais gratuites, où l'utilisateur n'a plus qu'à créer/publier/diffuser son contenu (le fameux UGC) dans un environnement intégré, collaboratif.

En outre, comme le dit si bien Ryan Gahl :
The true web platform will transcend server-centric vs. client-centric programming models. Developers (or rather, idea implementers) on this new breed of platform will be doing web-centric development. Processing, storage, database, hosting and deployment concerns will all be abstracted away to a "pluggable provider model" that will be as easy to change as checking a box. The ideas and the communities that arise around those ideas are what will matter. The implementations will be largely interchangeable, and most certainly extensible.

The complete platform will provide an infrastructure on which to build upon. It will include a widget to widget communication system, and here's the catch: that communication system will work the same for widgets within the same page (or application space) as well as for widgets being used in completely different contexts, in different applications, on different computers, in different parts of the world, and across spans of time. This messaging will be orchestrated, secure and reliable.

Libre traduction : « Les véritables plateformes Web ont des modèles de programmation dont le centre de gravité se déplace du serveur vers le client. Les développeurs (ou, pour mieux dire, les implémenteurs d'idées) élaboreront sur ces plateformes des développements axés sur le Web. Les opérations liées au traitement, au stockage, aux bases de données, à l'hébergement et au déploiement évolueront vers des modèles de fournitures "plugables" d'applications et de services, aussi faciles à modifier qu'une case à cocher. Ce qui compte aujourd'hui, ce sont les idées et les communautés qui naissent autour de ces nouveaux concepts. Les implémentations seront largement interchangeables, et très certainement extensibles.

Une plateforme complète fournira une infrastructure où greffer fonctionnalités et services, qui comprendront des systèmes de communication de widget à widget. Et là est la nouveauté : ces systèmes fonctionneront aussi bien pour les widgets placés sur une même page (ou sur un espace applicatif) que pour ceux localisés dans des contextes totalement différents, des dimensions spatio-temporelles différentes, ou embarqués sur des applications différentes, des dispositifs différents. Le tout étant orchestré de façon sécurisée et fiabilisée. »
Et d'ajouter, à propos des widgets :
The content will be in the form of compelling functionality mixed with compelling data and wrapped in nice looking - and yes compelling - presentation. Moreover, these widgets will be like mutable little Lego(tm) blocks. You will be able to extend them, and plug them together to create new, larger, or specialized versions and re-publish as your own. The incredibly awesome platform will enable this re-authoring, and will be seamless.

Le contenu se présentera sous forme de fonctionnalités percutantes, conjuguées à des données pertinentes, encapsulées de façon attrayante. En outre, ces widgets seront aussi modulaires que des éléments de Lego(tm) : vous pourrez les étendre et les assembler pour en créer de nouveaux, plus grands et plus spécialisés, vous les approprier et les republier. Cette forme incroyable de plateforme permettra un versionning multi-auteurs transparent.
Mais le widget est tout autant contenant que contenu, le développeur créant le contenant n'en étant pas toujours l'auteur. C'est le principe de ClearSpring, qui permet au propriétaire du contenu de contrôler la façon dont il est utilisé et monétisé, d'assurer un suivi du trafic et des usages, et à l'utilisateur de copier-coller le widget où il le veut pour en favoriser la viralité (ClearSpring widgets let the content owner control the content, how it is used, how it is monetized, and monitors the traffic and usage. Users are still free to copy & paste the widget anywhere so it spreads in a viral manner.)

La construction même des sites Web va prendre un coup de jeune avec des solutions telles que Synthasite, de l'ami Vinny Lingham (dont l'avis sur l'avenir des moteurs de recherche vaut le détour), avec des bibliothèques de widgets prêts à l'emploi. [Début]


Les modèles économiques liés aux widgets

Ce sera l'objet d'un prochain billet, il est tard (presque deux heures du matin) et j'ai sommeil. Bonne nuit, à +. [Début]

[MàJ - 31 juillet 2007. Widgets et modèles économiques, troisième partie de ce billet.]




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