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mercredi 4 août 2010

Baromètre Verisign et IDN


Je suis tellement plongé dans l'Italie que je ne vois plus rien de ce qui se passe autour, mais revenons un instant à nos premières amours, les noms de domaine. Et les IDN, dont je parlais sur ce blog dès janvier 2006...

En tentant une comparaison sur deux ans, du deuxième trimestre 2008 au deuxième trimestre 2010.

J'arrondis les chiffres, bien sûr, mais sur l'ensemble des domaines enregistrés que compte Verisign (84 millions fin juin 2008 vs. 99,3 millions fin juin 2010), la proportion est d'environ 87% de .COM et 13% de .NET, soit 76 millions de .COM en fin de premier semestre 2008, contre 86 millions sur la période équivalente de 2010.

Autrement dit, nous avons un solde positif de 10 millions de nouveaux .COM enregistrés sur deux ans, soit 5 millions par an, presque 14 000 par jour !

Une donnée qui semble démentir la supposée "stagnation" des .COM au motif qu'il y en aurait de moins en moins de disponibles, tout au moins les domaines jugés intéressants. À savoir les noms génériques signifiants, comme les principaux substantifs, adjectifs et verbes d'une langue.

En fait c'est pas très difficile à vérifier, il suffit de prendre le dictionnaire complet d'une langue (on les trouve tous en .txt sur Internet, les hackers aiment beaucoup ça pour forcer les mots de passe...), on le croise avec la base des .COM à un instant donné, et il en résulte quels sont les mots pris et ceux qui restent disponibles à l'enregistrement.

Mais il est clair que plus un mot clé vraiment intéressant n'est aujourd'hui disponible, d'où la nécessité d'allonger la sauce en intégrant deux ou trois mots clés dans le nom de domaine.

Ceci dit, tous ces domaines ne correspondent pas vraiment à des sites, puisque sur l'ensemble, un gros 20% sont probablement des parkings (une seule page Web), un gros 10% sont soit des redirections, soit des noms inactifs, juste déposés dans l’attente de jours meilleurs, et environ 65% sont des sites Web actifs, multipages (.COM et .NET confondus) : ils étaient 56,3 millions en juin 2008, contre 63,6 millions en juin 2010, soit un différentiel de +7,3 millions de sites Web actifs en 2 ans.


Autant dire qu'il se crée en .COM et en .NET 10 000 nouveaux sites/jour, soit environ 300 000 par mois !

Or si l’on compare ce chiffre à la moyenne de 2,7 millions de noms mensuellement enregistrés en .COM et en .NET sur le premier trimestre 2010, cela reviendrait à dire que seuls 11% de ces enregistrements se transforment en site !

Et en arrondissant à 1 million le nombre de sites créés sur le trimestre, vs. 8,1 millions de noms enregistés, cela signifie que 7 millions de noms ne correspondent à aucun site : un rapport de 1 à 7 !

Où vont finir ces 7 millions de noms de domaine ? Il est probable qu'une grande partie servent au parking, mais depuis la fin du domain tasting un tel chiffre ne s'explique pas, surtout si on conjugue ce facteur avec le déclin inarrêtable du modèle économique du parking et des revenus associés qui s'essoufflent.

Un constat partagé par Mark McLaughlin, Président & CEO de VeriSign, selon qui tout ça est mort et enterré : domain parking is a dead thing”, “PPC is a dead thing...

Ceci dit je n'ai pas la réponse à ma question : - Où vont finir ces 7 millions de noms de domaine ?

À part dans l'escarcelle de Verisign, qui a perçu jusqu'au 30 juin 6,86$ par .COM et 4,23$ par .NET (des tarifs respectivement passés à 7,34$ et 4,65$ à partir du 1er juillet dernier). Mark McLaughlin a donc de quoi être satisfait, même s'il voit déjà d'autres opportunités de développement avec les nouvelles extensions et avec les IDN :
The second thing is we have growth opportunities right around that infrastructure related to like the new gTLDs I just discussed, both the new gTLDs themselves plus the internationalized version of the TLDs we run today. And if you take into account everything I’ve been saying about international growing very nicely, we think that there’s some growth opportunities around the non-English versions of the TLDs we run.
De quoi s'agit-il exactement ? Dans un nom de domaine, à droite du "." vous avez les extensions de premier niveau (COM, NET, ORG, etc.), et à gauche du point celles de deuxième niveau (le domaine proprement dit).

Pour l'instant les IDN ne pouvaient être enregistrés que sur les deuxièmes niveaux, mais depuis que l'ICANN a décidé d'ouvrir aussi les premiers niveaux à l'internationalisation, quatre premières extensions sont déjà disponibles et opérationnelles : امارات. السعودية. .рф مصر.

• Émirats Arabes Unis : امارات.

• Arabie Saoudite : السعودية.

• Fédération de Russie : .рф

• Égypte : مصر.

Or le pari de Verisign, c'est que les internautes qui ont déjà enregistré des IDN en .COM et en .NET pourraient devenir prioritaires pour enregistrer ces mêmes noms dans les extensions correspondantes.

Exemple : prenez un IDN russe en .COM, Verisign pourrait passer directement un accord avec le Registry de la Fédération de Russie pour réserver ce même nom en .рф et le proposer en priorité au détenteur du .COM équivalent !

Selon Chuck Gomes, un des Vice-Présidents de VeriSign, même si rien n'est encore définitivement fixé et qu'il est trop tôt pour quantifier ces noms, le Registry pourrait tenter de profiter de son droit de préemption sur le renouvellement d'un nom pour réserver un nombre significatif de noms intéressants :
“We can’t predict what ICANN will do in terms of the application process,” but “I can say that the business unit is considering applying for ‘several’ IDN versions of .com in some of the scripts that are available.”
Pour autant j'ai quelques doutes sur cette "opportunité de croissance" pour Verisign, d'autant plus que le nombre d'IDN en .COM est plutôt exigu, avec un taux d'enregistrement qui stagne autour de 0,8/0,9% du total :
  • 709 126 IDN en juin 2008 (mesure effectuée le 19/06/2008), soit en arrondissant : 710000 sur 76 millions de .COM = 0,93421 %
  • 782 421 IDN le 02/08/2010, soit uniquement 0,79165 % des .COM enregistrés
Soit un différentiel de 73 295 noms, c'est-à-dire environ 10% de progression en 2 ans !

Je n'ai pas encore pu calculer la proportion d'IDN français enregistrés par rapport au total, car dans la base des .COM ils sont encodés en Punycode et l'outil de Verisign ne les convertit que un par un... Il me faudrait donc un outil de conversion automatique pour convertir les actuels 780 mille IDN et des poussières, puis les matcher avec le dictionnaire français. Si vous en connaissez un, faites-moi signe...



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mardi 6 janvier 2009

200 millions de sites web en 2009

200 millions de sites web en 2009 ?

Dans la série "prédictions pour la nouvelle année 2009", les miennes seront les suivantes :

- 200 millions de sites Web d'ici la fin de l'année
- 200 millions d'utilisateurs de Facebook

* * *

200 millions de sites Web en 2009


Selon Netcraft, il y avait 186 727 854 sites Web fin 2008 :


Selon Verisign, 174 millions :


Donc on va pas chipoter, en faisant la moyenne (186 + 174 / 2 = 180), ça nous donne une estimation vraisemblable de 180 millions de sites Web début 2009.

Maintenant, en appliquant les pourcentages indiqués par Verisign dans son rapport de décembre, nous avons près de 40% d'extensions pays (ccTLDs), dont 47% de ces extensions pays sont dominées par trois Registres : Chine, Allemagne et Royaume Uni.

Toutes extensions confondues, voici le classement des dix premières :
  1. .com
  2. .cn
  3. .de
  4. .net
  5. .org
  6. .uk
  7. .info
  8. .nl
  9. .eu
  10. .biz

À noter qu'au troisième trimestre 2008 VeriSign a enregistré des pics de traitement dépassant 50 milliards de requêtes/jour sur le DNS, concernant aussi bien l'accès des internautes aux sites Web que les échanges de courriels.

Quant à la répartition de sites actifs, sur 89 millions de sites analysés, il y aurait 21% de parkings (en posant comme hypothèse - vraisemblable - que les sites d'1 seule page sont des parkings), 68% de sites actifs et 11% de redirections (toujours en posant comme hypothèse - vraisemblable - que les domaines qui n'ont pas de sites associés pointent vers des redirections) :


Le fait est que Quensis (qui vient d'ouvrir son site chinois, soit dit en passant), trace déjà l'activité quotidienne de plus de 20 millions de parkings ! Dont les revenus déclinent fortement, mais c'est une autre histoire.

Ceci dit, en prenant le taux de 68% de sites actifs et en l'appliquant aux 180 millions de sites Web actuels, ça nous donne quand même plus de 120 millions de sites qui ont plus d'une page...

Imaginez d'ailleurs le nombre de pages de sites comme Google, Yahoo!, Microsoft ou ... Facebook !

Ce qui m'amène à ma seconde prévision pour 2009, puisqu'en janvier 2008 j'annonçais le dépassement des 100 millions d'utilisateurs avant la fin de l'année, en concluant ainsi mon billet :
Rendez-vous début 2009 pour vérifier :-)
Or fin décembre Facebook comptait déjà 140 millions de membres, soit un gain proche de 90 millions d'adhérents au service juste sur l'année 2008, avec 550% de croissance en un an et demi.

D'ailleurs, en maintenant cette progression, ce ne serait pas 200 mais 250 millions de facebookiens à la fin de l'année !

Donc 200 millions est une évaluation prudente. Nous verrons...



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lundi 4 août 2008

DoC-NTIA - ICANN : rien ne va plus !

DoC-NTIA - ICANN : rien ne va plus !

Première partie
Deuxième partie
Troisième partie :

Nous avons vu dans les épisodes précédents que le Département du Commerce des États-Unis, qui supervise la gestion des serveurs racines du DNS (sans autres précisions) depuis le 28 janvier 1998, vient de taper très fort sur les doigts de l'ICANN, via la NTIA, en accusant carrément l'ICANN d'avoir failli - gravement - à certaines de ses obligations :
- Le DoC estime que l'ICANN se trouve aujourd'hui dans cette situation (suite au désastre RegisterFly) pour n'avoir pas su faire activement respecter les mesures existantes visées dans l'accord d'accréditation des Registres - RAA (version actuelle, qui remonte à mai 2001).

- Les nouvelles propositions d'amendements de l'ICANN, au lieu de remédier à la situation, auront plutôt comme effet d'exacerber le problème que l'ICANN se propose de résoudre, à savoir la protection des déposants de noms de domaine.

- Le DoC est préoccupé par ces propositions d'amendements pour plusieurs raisons :

1. sur le WhoIs, elles contreviennent aux recommandations émises par le Comité consultatif gouvernemental (Governmental Advisory Committee - GAC). (...) Par conséquent, poursuivre dans cette voie et autoriser l'utilisation de services proxy, tel que proposé aux paragraphes 3.4.1 et 3.12.4, est inopportun, étayé par aucune étude sérieuse sur les utilisations - bonnes et mauvaises - des données du WhoIs (contrairement aux demandes du DoC sur la nécessité de mener ce genre d'étude, demandes soumises à l'ICANN en octobre 2007, février et juin 2008), et incompatible avec les principes du GAC.

2. De plus, l'autorisation par l'ICANN de la mise en œuvre des mesures proposées serait en contradiction directe avec l'Affirmation de responsabilités approuvée par son Directoire le 25 septembre 2006...

3. L'ICANN a enfin proposé aux registreurs ... de ne pas faire conserver les données des déposants par un tiers de confiance : une mesure qui dégage de toute responsabilité l'ICANN et le registreur concerné en cas de faillite de ce dernier ou de mauvaise utilisation des données. En revanche, le déposant du nom de domaine qui aura payé un supplément pour utiliser un service proxy perdra son argent et son enregistrement sans aucun recours. Ce qui perturberait le DNS et les systèmes dépendant du fonctionnement ininterrompu du DNS pour les opérations associées à ces domaines.
Une lettre reproduisant le commentaire de la NTIA, publiée juste après le précédent coup de semonce, par lequel le DoC indiquait à l'ICANN n'avoir aucune intention de transférer la gestion des serveurs racines à l'ICANN, en apparente contradiction avec les engagements pris par le gouvernements des États-Unis depuis une décennie.

Donc, si la seconde lettre explique la première (judicieusement intitulée : améliorer la confiance institutionnelle en l'ICANN...), elle ne manque pas non plus de soulever une série d'interrogations et de perplexités sur la transition du DNS à l'avenir, puisque toute cette histoire semble remettre en question 10 ans de "progrès" vers une gouvernance "plurielle" de l'Internet (sans spécifier ce que l'on met au-dedans de "plurielle")...

Maintenant, que cache réellement ce coup de tonnerre dans un ciel apparemment serein (jusqu'à présent, il ne me semble pas que les relations DoC-ICANN aient été si mauvaises au fil des ans), c'est loin d'être clair.

Et justifier que la gestion du DNS doive rester sine die aux mains du DoC en accablant soudainement l'ICANN de tous les maux ressemble plutôt à une tentative de cacher la merde au chat !

Quoi qu'il en soit, pour avoir osé peut-être un peu trop vite réclamer davantage de liberté, la position de l'ICANN me semble aujourd'hui des plus précaires, la gouvernance de l'Internet mise sur une voie de garage et la gestion du DNS verrouillée pour une durée indéterminée aux mains des États-Unis. Car si l'ICANN n'est plus à même d'être choisie pour gérer la transition au moment-même où celle-ci devrait finalement avoir lieu, qui le sera, comment, et quand ?

Le DoC peut bypasser l'ICANN au profit de Verisign, mais pour combien de temps ? Allez, on en reprend pour 10 ans...

Laissez-moi terminer sur cette citation :
The Internet does no longer need the U.S, the U.S needs the Internet.


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dimanche 3 août 2008

DNS : transition, pas transition, that is the question !

DNS : transition, pas transition, that is the question !

[MàJ - 17h30'] Entre la NTIA et l'ICANN, le torchon brûle...

* * *

Dès le "livre blanc" sur le DNS de 1998, la NTIA prend en compte la transition de la gestion du DNS aux mains du secteur privé, à tel point que la dernière section du document s'intitule :
THE TRANSITION

Based on the processes described above, the U.S. Government believes that certain actions should be taken to accomplish the objectives set forth above. Some of these steps must be taken by the government itself, while others will need to be taken by the private sector. (...) A relationship between the U.S. Government and the new corporation must be developed to transition DNS management to the private sector and to transfer management functions.
C'était il y a 10 ans.

Une transition apparemment jamais remise en cause jusqu'à présent, puisque la NTIA lançait une consultation sur le sujet il y a deux ans, à la veille du renouvellement du protocole d'entente (Memorandum of Understanding - MoU) entre l'ICANN et le Department of Commerce (DoC) des États-Unis :
The United States Department of Commerce’s National Telecommunications and Information Administration (NTIA) seeks comment on the continuation of the transition of the technical coordination and management of the Internet domain name and addressing system (Internet DNS) to the private sector.
Ce dont se félicitait Nominet il y a encore 6 mois :
It is clear that an eventual transition to private sector management was envisaged at that time (1998). From more recent public statements made by Department of Commerce senior officers, this appears unchanged.
Une position apparemment intacte jusqu'au revirement de situation de la semaine dernière ! Dont la violence et la soudaineté prennent tout le monde à contre-pied, me semble-t-il, aussi bien l'ICANN que les instances internationales (telles que la Communauté européenne, par exemple).

Alors pourquoi ce changement brusque ? Et pourquoi remettre en question de façon si brutale et unilatérale 10 ans de chemin parcouru dans le sens d'une transition souhaitée et souhaitable ? Je suppose qu'il est encore trop tôt pour que les premières réactions soient rendues publiques (même si ça doit s'agiter dans les couloirs), mais j'ai bien l'intention de suivre tout ça très attentivement.

En attendant je ne peux que m'interroger sur la légitimité du DoC de prendre unilatéralement, et avec tant d'arrogance, ce genre de décision.

Permettez-moi d'abord de répéter - et traduire, cette fois -, le dernier paragraphe de la lettre NTIA :
Le DoC croit fermement qu'il est important de préciser que nous n'avons engagé de discussions avec aucune des parties prenantes pour modifier les rôles respectifs du DoC, de l'ICANN ou de VeriSign au niveau de la gestion de la zone racine, pas plus que nous n'avons l'intention d'entreprendre de telles discussions. Conformément aux déclarations publiques faites par le gouvernement des États-Unis dès 2000, renforcées par le document de 2005 intitulé U.S. Principles on the Internet's Domain Name and Addressing System, le DoC, tout en restant ouvert à la mise en place de mesures opérationnelles efficaces pour répondre aux exigences légitimes des gouvernements en matière de politiques publiques et de problèmes de souveraineté liés à la gestion de leurs extensions pays, ne prévoit pas de transférer à l'ICANN la gestion et l'autorité sur la zone racine de l'Internet, tel que suggéré dans les documents du PSC.
C'est clair et net ! Non seulement nous n'avons engagé aucune discussion avec qui que ce soit, mais nous n'avons pas même l'intention de le faire...

Or dans la mesure où cette transition de la gestion du DNS aux mains de l'ICANN était prévue depuis 10 ans et même inscrite dans les fondements de sa mission (In the Statement of Policy, the DOC stated its intent to enter an agreement with a not-for-profit entity to establish a process to transition current U.S. Government management of the DNS to such an entity...), on ne peut que se demander quelles sont aujourd'hui la nature et la raison d'être de l'ICANN !

Le président de l'ICANN doit se le demander également, puisque Peter Dengate Thrush a eu beau rappeler dès janvier les termes mêmes du "livre blanc" :
The U.S. Government is committed to a transition that will allow the private sector to take leadership for DNS management…The U.S. Government would prefer that this transition be complete before the year 2000. To the extent that the new corporation is established and operationally stable, September 30, 2000 is intended to be, and remains, an "outside" date.
et qu'il y a eu pas moins de 13 rapports d'étapes en 9 ans sur les responsabilités contractées par l'ICANN et sur sa capacité à y faire face, il conclut par deux questions clés :
1. Is Transition still the goal?
2. What is the next step to transition?

(La transition est-elle encore le but, et quelle sera la prochaine étape ?)
en interpelant directement le gouvernement US :

- depuis 10 ans, nous avons rempli les missions que vous nous aviez confiées ;
- au terme de cette période et au terme du Joint Project Agreement de 2006 (ou accord conjoint de projet), sur le postulat de cette réussite, la gestion du DNS devait être transférée à l'ICANN :
The U.S. Department of Commerce (Department) has an agreement (the Joint Project Agreement) with the Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) for the purpose of the joint development of the mechanisms, methods, and procedures necessary to effect the transition of Internet domain name and addressing system (DNS) to the private sector.
Le JPA était un instrument nécessaire, mais maintenant, faute de conclusion, il risque laisser croire que c'est le gouvernement US qui gère et supervise le DNS au jour le jour :
But now, the JPA contributes to a misperception that the DNS is managed and overseen on a daily basis by the U.S. government.
Donc, en fait, la fin de non-recevoir opposée par la NTIA dans sa lettre répond sèchement aux deux questions posées par Peter Dengate Thrush, mais pas forcément dans le sens auquel on aurait pu s'attendre après 10 ans de cheminement.

Marche arrière, toute ! Sur quels motifs ? Avec quelle légitimité ? Déjà que dans cette histoire la légitimité de l'ICANN et du gouvernement américain est fortement contestée depuis le début, c'est pas la réponse de la NTIA qui va aider à clarifier les choses !

Dès 1999, lors d'une audition devant le Comité en charge du Commerce de la Maison Blanche, Jonathan Zittrain concluait ainsi son discours :
L'ICANN a hérité d'une situation extraordinairement difficile, où tout le monde en attend beaucoup alors qu'elle n'a qu'une infime marge de manœuvre sur les prises de décision.

ICANN has inherited an extraordinarily difficult situation, with high expectations all around, and with almost no discretionary room to move.
Et de mentionner trois alternatives possibles en cas d'échec de l'ICANN :
  1. Une nouvelle entité "fille de l'ICANN" chargée d'améliorer les points où l'organisation aurait failli - option jugée peu probable ;
  2. Une entité intergouvernementale, compte tenu de la nécessité pour le gouvernement US de ne plus faire bande à part (It is hard to imagine the U.S. government alone trying to continue domain name system management responsibilities for the very reasons stated in the White Paper) ;
  3. Laisser faire le marché (a battle would be fought by existing market players for control of the current root) - option tout à fait irréaliste aujourd'hui...
Donc, sur ces trois options, seule la seconde pourrait éventuellement être parcourue, puisque les deux autres n'ont plus absolument aucun sens.

Mais soit que l'on reconnaisse la réussite de l'ICANN et que le Doc lui transfère la gestion du DNS, soit que l'on reconnaisse son échec et qu'on opte pour la création d'une entité de gestion intergouvernementale (et inter-gouvernements), la conclusion est la même : le gouvernement des États-Unis ne peut plus faire cavalier seul !

Ou comment justifieraient-ils qu'après avoir dit et répété à maintes reprises la même chose pendant 10 ans, ils changent brusquement d'avis et décident unilatéralement d'étendre leur emprise sur Internet à la face du monde ?

Bof, apparemment, ils ne daignent même pas justifier leur revirement, la lettre NTIA en témoigne, qui dit juste entre les lignes : c'est comme ça, et pas autrement ! Même si...

Comme dit Martin, les bras m'en tombent. :-)

Pourtant s'ils ne comprennent pas seuls qu'ils ne pourront longtemps soutenir une telle position, intenable (y compris légalement), il faudra quand même bien que quelqu'un le leur dise et leur explique avec vigueur. Nous verrons. Notamment les réactions de l'Union européenne.

En tout cas, le dossier sera chaud pour le prochain Président des États-Unis...


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P.S. Rien ne va plus entre la NTIA et l'ICANN : suite au désastre RegisterFly, la réponse de la NTIA est franchement hostile vis-à-vis de l'ICANN, en se terminant sur cette phrase :
This will cause disruptions to DNS and those systems that depend upon the DNS’s continued uninterrupted operation associated with those domains.
Ceci explique cela ? Quoi qu'il en soit, cette lettre apporte des éléments de réponse à la remise à plat probable des relations NTIA - ICANN... [Début]

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vendredi 1 août 2008

Gouvernance Internet : mainmise des Etats-Unis réaffirmée

Gouvernance Internet : la mainmise des États-Unis réaffirmée (avec force)...



1. Rôle du DoC


2. Rôle de l'ICANN


3. Rôle de Verisign


Suite...



* * *


L'Administration US chargée des Télécoms et de l'Information, la NTIA, émanation du DoC - Department of Commerce, vient d'envoyer une lettre à l'ICANN, dans laquelle elle réaffirme sans ambiguïté, et avec force, sa mainmise sur la racine de l'Internet. Le dernier paragraphe suffit pour comprendre :
The Department believes strongly that it is important to clarify that we are not in discussions with either party to change the respective roles of the Department, ICANN or VeriSign regarding the management of the authoritative root zone file, nor do we have any plans to undertake such discussions. Consistent with public statements made by the United States government starting in 2000 and reinforced by the 2005 U.S. Principles on the Internet's Domain Name and Addressing System, the Department, while open to operational efficiency measures that address governments’ legitimate public policy and sovereignty concerns with respect to the management of their ccTLD, has no plans to transition management of the authoritative root zone file to ICANN as suggested in the PSC documents.
En bref : « Nous n'avons engagé aucune discussion (ni n'avons aucune intention de le faire) avec qui que ce soit pour modifier quoi que ce soit aux rôles respectifs du DoC, de l'ICANN et de Verisign relatifs à la gestion de la racine de l'Internet. »

À noter la différence de ton avec la lettre d'avril dernier, même s'il faut savoir lire entre les lignes...

Extraits de précédents billets, adaptés en me limitant à l'aspect "gouvernance de l'Internet", voici un récapitulatif de ces rôles. [Début]

* * *

1. Rôle du DoC

Le 30 septembre 2006, le Department of Commerce (DoC) des États-Unis a fait jouer le « droit de préemption » qu'il s'était réservé en renouvelant le protocole d'entente (Memorandum of Understanding - MoU) pour conserver sa tutelle sur l'ICANN et sa mainmise sur le contrôle d'Internet.

Comme l'explique si bien quelqu'un sachant de quoi il parle, Stephan Ramoin (Gandi) :
Le système qui gère les noms de domaine est clairement identifé :

- Le Department of Commerce (DoC) américain est l'organe décideur des choix stratégiques via une de ses émanations, la NTIA,
- La NTIA délègue à L'ICANN (une association) la gestion administrative des noms de domaines,
- L'ICANN choisit les prestataires techniques pour la gestion au jour le jour et l'exploitation des extensions générales (Verisign pour le .com et le .net, PIR pour le .org, Affilias pour le .info etc ...), et les pays font leur choix sur leur extension nationale.
(...)

Donc ne pas confondre ce protocole avec l'accord IANA (Internet Assigned Numbers Authority), qui consiste à « préserver les fonctions de coordination centrale de l'internet dans l'intérêt de la communauté », avec en tête, les missions de zonage du monde avec attribution d’adresses IP à des organismes locaux (Apnic, Arin, Lacnic, ou pour l’Europe, Ripe Ncc), pour lequel l'ICANN a été reconduit jusqu'en 2011, le 15 août 2006.

Un droit détenu par l’Icann depuis 1998. Depuis sa création, en réalité. Que l'on pourrait virtuellement faire remonter au 1er juillet 1997, lorsque Bill Clinton chargea le Secrétariat d'État au Commerce de privatiser le DNS (Domain Name System) afin d'accroîte la compétition et de faciliter la participation internationale à la gestion du système. Un Livre vert fut publié le 20 février 1998 (cf. background), et l'ICANN créé, suite à ces événements.

Chose étrange, le jour même de la sortie du Livre vert, la Commission européenne publiait une communication intitulée « INTERNATIONAL POLICY ISSUES RELATED TO INTERNET GOVERNANCE - COMMUNICATION TO THE COUNCIL FROM THE COMMISSION » (Problèmes de politique internationale liés à la gouvernance d'Internet - Communication de la Commission au Conseil), dans laquelle l'approche retenue allait sûrement dans le bon sens :
It is essential for the European Union to participate fully in the decisions which will determine the future international governance of the Internet on the basis of the general objectives set out in the recent Commission proposals for increased international co-operation on global communications policy...

Il est essentiel que l'Union européenne participe pleinement aux décisions qui détermineront l'avenir de la gouvernance internationale d'Internet, sur la base des objectifs généraux fixés dans les récentes propositions de la Commission pour intensifier la coopération internationale sur les politiques mondiales des communications...
Certes, en 10 ans, beaucoup de chemin a été parcouru ... à rebours !

Avec le DoC qui continue de souffler le chaud et le froid, puisqu'après avoir laissé croire à une trêve ou qu'il lâchait du lest, d'aucuns ont pu penser que le débat sur la gouvernance d'Internet était relancé en juillet 2006 :
Contre toute attente, lors d'une réunion publique organisée mercredi à Washington, le Département US du commerce a indiqué que les États-Unis pourraient céder une partie de leur contrôle 'historique' d'Internet. Rien n'est fait. Il faudra attendre le 30 septembre 2006 pour savoir quels pouvoirs les Etats-Unis entendent "céder" et sous quelles conditions.
Or il est clair maintenant qu'il n'en sera rien, et ce ne sont pas les illusoires et velléitaires impulsions de Bruxelles qui pourront y changer quelque chose :
La Commission européenne est bien décidée à ne pas relâcher la pression sur la question de la gouvernance de l'internet. Elle prépare activement le premier Forum consacré au sujet, qui devrait avoir lieu à Athènes du 30 octobre au 2 novembre prochain.
Dommage que le partenariat public-privé U.S. DoC-ICANN aura déjà été dûment signé... un mois plus tôt, et pour cinq ans !

Mais vu les progrès accomplis de 1998 à 2006, tant du côté américain (le « faciliter la participation internationale... » du Gouvernement Clinton) que chez nous (« Il est essentiel que l'Union européenne participe pleinement aux décisions qui détermineront l'avenir de la gouvernance internationale d'Internet... »), un petit lustre ne sera pas de trop pour éclairer nos négociateurs, actuellement réduits à formuler des vœux pieux, comme en témoigne cette déclaration de la Commissaire européenne pour la société de l’information et les médias, Viviane Reding :
- Pour l'instant, l'ICANN est sous domination des États-Unis. Le Département américain du commerce a un droit de regard, qui devrait être renouvelé à la fin du mois. Nous avons beaucoup discuté avec eux : idéalement, on préférerait qu'il n'y ait pas de mainmise du tout, mais espérons au moins qu'elle soit la plus légère possible, que ce droit de regard ne comprenne plus de mesures d'intervention...
Au moins, la lettre NTIA mentionnée en début de billet remet les pendules à l'heure. [Début]

* * *

2. Rôle de l'ICANN

Inexistant. La lettre NTIA met brutalement fin à toute velléité de transition. Rappel des événements ayant conduit à instaurer l'ICANN :

Créée en 1979, Network Solutions est l'ancêtre des Registrars. Après le début d'Internet au public, le nommage fut assuré dès 1992 par l'InterNIC (Internet Network Information Center), émanation du Département du Commerce américain (DoC U.S.).

Le nommage consiste à associer un nom de domaine à une adresse IP, tous les noms étant gérés par le DNS, qui traduit les noms en adresses IP et vice-versa. Or les coûts d'enregistrement et de gestion de la base de données ne cessant d'augmenter, le gouvernement américain décida d'en "privatiser" la gestion et signa le 31/12/1992 un accord de coopération avec Network Solutions, par le biais de la National Science Foundation.
This agreement is entered into between the United States of America, hereinafter called the Government, represented by the National Science Foundation, hereinafter called the Foundation or NSF, and Network Solutions, Incorporated, hereinafter called the Awardee.
Aux termes du contrat, Network Solutions Inc. (NSI) (ou NetSol) perçut près de 6 millions $ pour l'administration de la base centrale avant d'instituer, en septembre 1995, le système payant du droit d'enregistrement que nous connaissons encore aujourd'hui. Le "droit" s'élevait à 50$ par domaine et par an pour les deux premières années. L'accord arrivait à expiration le 30/09/1998.

Le 5 juin 1998, un Livre vert du DoC U.S. prévoyait d'assurer une transition vers une nouvelle gestion du DNS en créant un organisme de droit privé ad hoc, sans but lucratif, qui serait opérationnel dès octobre :
4. Creation of the New Corporation and Management of the DNS. The Green Paper called for the creation of a new private, not-for-profit corporation(17) responsible for coordinating specific DNS functions for the benefit of the Internet as a whole. Under the Green Paper proposal, the U.S. Government(18) would gradually transfer these functions to the new corporation beginning as soon as possible, with the goal of having the new corporation carry out operational responsibility by October 1998.
Ce fut donc la création de l'ICANN, dont la collaboration avec le gouvernement fut sanctionnée par l'accord du 25 novembre 1998.

Entre-temps, le 1er octobre, le contrat entre National Science Foundation et NetSol repassait sous l'autorité du DoC et était prolongé jusqu'au 30 septembre 2000, ce qui faisait de la société l'acteur incontournable de l'enregistrement des noms de domaine dans les extensions .COM, .NET et .ORG., même si la transition prévoyait une ouverture de son quasi-monopole à la concurrence.

De nouveaux accords furent donc signés par NetSol en novembre 1999 avec le DoC et avec l'ICANN, et le 10, un accord tripartite (DoC - ICANN - NSI) prévoyait d'étendre la gestion des registres .COM, .NET et .ORG jusqu'au 9 novrembre 2003, ou jusqu'au 9 novrembre 2007 si la gestion des registres avait été scindée de la société avant le 9 mai 2001.

Or NetSol fut rachetée 21 milliards $ par VeriSign le 7 mars 2000 (voir également cet article), qui prit ainsi le contrôle du registre des TLD (y compris .EDU), pour ne conserver ensuite que les 2 plus lucratifs (.COM et .NET) et déléguer la gestion du .ORG à PIR (Public Interest Registry, émanation de l'ISOC).

Fin octobre 2003, lorsque VeriSign "brada" Network Solutions pour 100 millions de dollars, en fait elle ne revendit qu'une coquille vide en conservant ses trésors de guerre : les .COM et .NET. [Début]

* * *

3. Rôle de Verisign

Le 29 novembre 2006, le Département du Commerce des États-Unis approuvait définitivement l'accord conclu entre l'ICANN et Verisign pour mettre fin au procès qui les opposait :


Un accord accompagné d'un avenant de 95 pages (PDF), qui laisse à VeriSign la gestion du .COM au moins jusqu'en 2012, dont les implications nous échappent encore totalement, mais qui ne manque pas de sel, puisque l'administration US, via la NTIA, bypasse (qu'on m'excuse l'anglicisme) désormais totalement l'ICANN, ainsi reléguée au rang de marionnette, et encore... :
...Based on the consultations undertaken and advice received, the Department negotiated Amendment 30 to its Cooperative Agreement with VeriSign to address competition issues, including pricing and renewal, and Internet security and stability concerns.
(...)
Pricing
VeriSign must obtain prior written approval from the Department of Commerce before any amendments can be made to the pricing provisions of the agreement or execution of a renewal or substitution of a future .com Registry Agreement.
(...)
Renewal
VeriSign must obtain prior written approval from the Department of Commerce before execution of a renewal or substitution of a future .com Registry Agreement.
(...)
Internet Security and Stability
VeriSign must obtain prior written approval from the Department of Commerce before execution of a renewal or substitution of a future .com Registry Agreement.
(...)
En gros, à chaque fois, autant en matière de tarification que de renouvellement de l'accord afin de garantir la sécurité et la stabilité de l'Internet, « Verisign devra obtenir l'accord écrit préalable du Département du Commerce avant de... », ce qu'on appelle une politique d'ouverture bien comprise !

Mais qu'on se rassure, l'acharnement du DoC à vouloir contrôler exclusivement tout ce qui touche de près ou de loin à Verisign n'a pas grand chose à voir avec le Registre du fameux .COM, ou si peu, mais plutôt avec la gestion du système universel d'adressage d'Internet, le DNS, et, à terme, avec celle de son petit frère, destiné à grandir et grandir encore : l'ONS. On n'en parle pas encore, ou très peu, mais croyez-moi, ça ne vas pas tarder, au point qu'on pourrait bientôt davantage évoquer l'ONS que le DNS... Sans compter la relation stratégique étroite et les similitudes poussées entre les deux :
« Longtemps reconnue pour le rôle qu’elle a joué dans le fonctionnement de l’infrastructure critique sous-jacente au DNS et à internet, la société VeriSign développe son infrastructure et son expertise pour soutenir le serveur racine du service de nommage d’objet d’EPCglobal Network (ONS Object Numbering System). »
Source : Rapport du GTI sur les technologies de radio-identification (RFID).

Voici donc la relation entre l'Internet des objets, ou des choses, et Verisign, puisque c'est cette dernière qui gère depuis janvier 2004 l'ONS (Object Name System), le système des noms d’'objets qui sert à identifier les objets physiques sur le réseau grâce à l'’Electronic Product Code, ou code EPC.

Un peu en réponse à l'interrogation inscrite à l'encre rouge dans la présentation (PDF) de SIAIGE : « Le contrat avec Verisign concerne la racine onsepc.com, quid du .COM » ? La réponse est désormais claire, et même si, selon Philippe Gautier, « ce choix est indiscutable d'un point de vue technique, il est pourtant légitime de s'interroger sur la nature du lien qui lie cette société de droit privé à un organisme paritaire comme EPCglobal (héritage de GS1). »


[Début]

* * *

Donc derrière la réaffirmation claire et nette de la mainmise américaine sur le DNS, il est clair que le DoC et Verisign se réservent également la mainmise sur l'ONS. Avec ou sans l'ICANN, qui de toutes façons ne servira plus à rien. Si ce n'est, de temps en temps, à décider la création de quelques nouvelles extensions, histoire de renflouer ses caisses et d'amuser la galerie... [Début]


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lundi 14 janvier 2008

Network Solutions et front running

Network Solutions et le front running

Qu'est-ce que le front running ?

Créée en 1979, Network Solutions est l'ancêtre des Registrars. Après le début d'Internet au public, le nommage fut assuré dès 1992 par l'InterNIC (Internet Network Information Center), émanation du Département du Commerce américain (DoC U.S.).

Le nommage consiste à associer un nom de domaine à une adresse IP, tous les noms étant gérés par le DNS, qui traduit les noms en adresses IP et vice-versa. Or les coûts d'enregistrement et de gestion de la base de données ne cessant d'augmenter, le gouvernement américain décida d'en "privatiser" la gestion et signa le 31/12/1992 un accord de coopération avec Network Solutions, par le biais de la National Science Foundation.
This agreement is entered into between the United States of America, hereinafter called the Government, represented by the National Science Foundation, hereinafter called the Foundation or NSF, and Network Solutions, Incorporated, hereinafter called the Awardee.
Aux termes du contrat, Network Solutions Inc. (NSI) (ou NetSol) perçut près de 6 millions $ pour l'administration de la base centrale avant d'instituer, en septembre 1995, le système payant du droit d'enregistrement que nous connaissons encore aujourd'hui. Le "droit" s'élevait à 50$ par domaine et par an pour les deux premières années. L'accord arrivait à expiration le 30/09/1998.

Le 5 juin 1998, un Livre vert du DoC U.S. prévoyait d'assurer une transition vers une nouvelle gestion du DNS en créant un organisme de droit privé ad hoc, sans but lucratif, qui serait opérationnel dès octobre :
4. Creation of the New Corporation and Management of the DNS. The Green Paper called for the creation of a new private, not-for-profit corporation(17) responsible for coordinating specific DNS functions for the benefit of the Internet as a whole. Under the Green Paper proposal, the U.S. Government(18) would gradually transfer these functions to the new corporation beginning as soon as possible, with the goal of having the new corporation carry out operational responsibility by October 1998.
Ce fut donc la création de l'ICANN, dont la collaboration avec le gouvernement fut sanctionnée par l'accord du 25 novembre 1998.

Entre-temps, le 1er octobre, le contrat entre National Science Foundation et NetSol repassait sous l'autorité du DoC et était prolongé jusqu'au 30 septembre 2000, ce qui faisait de la société l'acteur incontournable de l'enregistrement des noms de domaine dans les extensions .COM, .NET et .ORG., même si la transition prévoyait une ouverture de son quasi-monopole à la concurrence.

De nouveaux accords furent donc signés par NetSol en novembre 1999 avec le DoC et avec l'ICANN, et le 10, un accord tripartite (DoC - ICANN - NSI) prévoyait d'étendre la gestion des registres .COM, .NET et .ORG jusqu'au 9 novrembre 2003, ou jusqu'au 9 novrembre 2007 si la gestion des registres avait été scindée de la société avant le 9 mai 2001.

Or NetSol fut rachetée 21 milliards $ par VeriSign le 7 mars 2000 (voir également cet article), qui prit ainsi le contrôle du registre des TLD (y compris .EDU), pour ne conserver ensuite que les 2 plus lucratifs (.COM et .NET) et déléguer la gestion du .ORG à PIR (Public Interest Registry, émanation de l'ISOC).

Fin octobre 2003, lorsque VeriSign "brada" Network Solutions pour 100 millions de dollars, en fait elle ne revendit qu'une coquille vide en conservant ses trésors de guerre : les .COM et .NET.

L'acquéreur fut d'ailleurs très content de son emplette (payée à hauteur de 20 millions en cash et de 80 millions d'adossement de dettes), puisqu'en mai 2007 il réussit à revendre NetSol à General Atlantic LLC pour environ 800 millions $...

Ainsi, après avoir été l'une des entreprises les plus prometteuses de l'industrie des noms de domaine, NetSol continue de vivoter avec l'enregistrement, accompagnée d'une réputation exécrable de cherté (mais pas seulement...) et d'un service client totalement inefficace. Il n'en reste pas moins que NetSol est encore le 3ème bureau d'enregistrement au niveau mondial, quand bien même en constante perte de vitesse !


C'est donc probablement pour tenter de redorer son blason que la société se lance maintenant dans le front running... [Début]

Qu'est-ce que le Front running ?

Après le domain-tasting et le domain-kiting, revoici le front running, késako ?

En clair, lorsque vous cherchez à enregistrer un nom, vous le soumettez sur le site du registreur pour voir s'il est libre. Si le nom est disponible, soit vous le réservez de suite, soit vous vous promettez de faire la réservation plus tard. C'est là où intervient le front runner, qui profite que vous n'ayez pas procédé à l'enregistrement immédiat pour vous piquer le nom.

Or là où NetSol fait très fort, c'est qu'ils se défendent de faire du front running en justifiant leur action par un argument choc : c'est une mesure défensive (sic) pour protéger nos clients contre les front runners ! Extrait :
I’d like to clarify what we are doing. In response to customer concerns about Domain Name Front Running (...), we have implemented a security measure to protect our customers.

(...)

This protection measure provides our customers the opportunity to register domains they have previously searched without the fear that the name will be already taken through Front Running.
Et de vous reproposer le nom que vous vouliez enregistrer mais qu'ils ont pris entre-temps à 35$, soit 25$ de plus que chez Godaddy, par exemple. Même si certaines coïncidences...

Selon Stephan, de chez Gandi, le fait que NetSol ait été pris la main dans le sac est « une bonne nouvelle pour toutes les personnes qui combattent certaines pratiques hélas largement répandues » ; je n'en suis pas si certain que lui, car même si maintenant on est sûr que ça existe, apparemment l'ICANN en est encore au tout début de sa consultation sur le DNFR (Domain Name Front Running) !


En reconnaissant explicitement que certaines méthodes sont hors du champ de ses compétences (Some monitoring methods are outside ICANN’s influence). Et, de fait, peut-on dire que le front running rentre dans le cadre de la gouvernance d'Internet ? Mais après tout, c'est toujours de noms de domaine dont il est question...

Le document du SSAC (Security and Stability Advisory Committee) est ici. Voir également la position du Registre britannique Nominet (Internet registry for .uk domain names) sur le sujet.

Un sujet à suivre... [Début]


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mercredi 20 décembre 2006

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is...

Introduction

Internet des choses ou Internet des objets ?

Évolution ou ®évolution ?
EPC Global
ONS - Object Naming Service
Le processus RFID

Scoop...

Chapitres à paraître prochainement dans un billet qui s'intitulera L'Internet des choses : le Big Bang 2.0...

Étiquette ou éthiquette ?
"Get chipped" ou "get clipped" ?
Être pour ou contre ?
Conclusion


À noter que toutes les images, clicables, pointent vers des documents de référence, en général des PDF.

* * *

Introduction

En mars dernier, pour la mise en ligne de ma traduction sur la présentation de Google aux analystes financiers, je m'étais ingénûment mépris sur le sens de ces mots d'Eric Schmidt :
Its clear to us that we are just at the beginning of meeting our mission of "Organizing the worlds information and making it universally accessible and useful".
We believe that we have less than 5% of the information we should be able to get into our indexes, and we believe that the technologies we will develop will significantly expand the definition of search and the scope and scale of our worldwide business.
que j'avais rendus par :
Chez Google, nous avons conscience de n’être qu’au début du chemin vers la réalisation de notre mission, qui consiste « à organiser l'information mondiale et faire en sorte qu’elle soit universellement accessible et utilisable ».
Nous croyons que nous disposons aujourd’hui de moins de 5 % de toute l'information que nous serions en mesure d'indexer, et nous croyons que les technologies que nous sommes en passe de développer étendront de façon significative la définition de ce qu’est la recherche, impliquant une portée accrue et un changement d’échelle dans nos activités globales.
avant que Jérôme Charron ne commente pertinemment que :
Concernant les fameux 5% ... il ne faut pas s'arrêter au Web. Les gens de Google ne disent pas qu'ils n'indexent que 5% du Web... ils disent qu'ils n'indexent que 5% de l'information qu'ils peuvent indexer... ce n'est pas la même chose... ils parlent ici de l'information mondiale... et 5% me semble vraiment très largement surrestimé!
Or neuf mois plus tard, en associant cette information avec ces mots prononcés le 30 octobre 2003 par M. Philippe Lemoine devant la Commission nationale de l’informatique et des libertés, dans sa Communication relative à la Radio-Identification (Radio-Tags ou RFIds) :
il n’y a que 6 milliards d’êtres humains contre 50 000 milliards d’objets
(soit un rapport de 1 à plus de 8 000, comme si chaque être humain avait une productivité théorique dépassant 8 000 objets) je me dis qu'en effet, le taux de 5% annoncé par Google est largement surestimé, dès lors qu'on peut raisonnablement supposer qu'une bonne part de ces objets - communicants et communiquant - seront bientôt traçables, indexables, voire directement ou indirectement clicables sur Internet. Bien qu'ignorant quelles étaient les sources de M. Lemoine pour affirmer un tel chiffre à l'époque, je me garderai bien d'ergoter et le prendrai pour bon, même par défaut plutôt que par excès.

Donc, sommes-nous véritablement à la veille de l'avènement d'un Internet des objets, ou d'un Internet des choses, comme me le suggère la traduction française d'Internet of Things, même si la formulation communément (33 400 occurrences en ce moment, contre seulement 1 380 pour Internet des choses) et quasi-officiellement admise est celle d'Internet des objets ? [Début]

* * *

Internet des choses ou Internet des objets ?

L'option d'un titre anglais pour ce billet n'a pour but que de m'obliger à m'interroger et prendre parti pour une traduction française, même si je sais que mon choix ne restera que ce qu'il est : une décision personnelle, sans aucune influence sur l'implantation terminologique probable d'Internet des objets vs. Internet des choses.

Pour autant, je trouve l'utilisation du terme « objets » trop restrictive dans ce contexte, et par conséquent inadéquate, inexacte même, « choses » ayant une portée plus ample et capable d'inclure - après les ajustements sémantiques nécessaires - non seulement les objets (produits et services), mais aussi les animaux, les plantes et surtout, last but not least, les humains réifiés...

C'est pourquoi je traduirai « Is Internet of Things the Next Big Thing? Probably it is... » par « L'Internet des choses sera-t-il le prochain Big Bang ? Probablement... » ! À noter d'ailleurs que le Web anglo-saxon privilégie l'usage d'Internet of things (376 000 occurrences) contre celui d'Internet of objects (seuls 196 petits résultats).

- « Tu pinailles », me direz-vous, « Que nenni ! », rétorquerai-je, car vu l'importance et l'universalité qu'est destiné à prendre l'Internet des choses, le poids et l'impact des mots sont tout sauf anodins et insignifiants...

Nous sommes à l'aube d'une véritable révolution, déjà en cours qu'on le veuille ou non, les avis personnels importent peu face à la réalité des ... choses, sauf à fédérer ces avis en quantité suffisante pour qu'ils atteignent la taille critique et soient en mesure de donner voix aux préoccupations - légitimes - qui sont derrière. Évolution ou involution, révolution ou ®évolution, l'avenir se prépare aujourd'hui et nous dira si nous avons été capables de tirer les leçons du passé ou non... Perso, n'attendez de moi aucune réponse illuminée, je ne suis pas devin :-) [Début]

* * *

Évolution ou ®évolution ?

Il est clair que le jeu de mot avec le ® (registered), témoin habituel d'une marque déposée, est à prendre au deuxième degré, autant comme 1) traduction d'un enregistrement (à savoir la consignation par écrit ou la transcription sur un support quelconque à des fins de stockage, d'utilisation et de reproduction, etc.), que comme 2) signe de protection juridique implicitement attaché à cette notion...

Concernant le 1), l'enregistrement des données, faisons d'abord le point sur l'architecture sous-jacente à l'Internet des choses, dont j'ai déjà anticipé quelques notions dans mon précédent billet sur l'Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !, à savoir le fonctionnement d'EPCGlobal, de l'ONS, des RFID et autres technologies connexes (SAW, RTLS, M2M, NFC, etc.). [Début]

* * *

EPC Global


EPCglobal IncTM est le joint venture créé entre EAN International (European Article Numbering, ou code article européen) et Uniform Code Council (UCC, agence chargée de la normalisation des codes-barres standard utilisés en Amérique du Nord) [EAN et UCC ayant fusionné en 2005 pour donner le jour au consortium GS1 (Global Standard, « 1 » pour unique et universel), dont le slogan est « The global language of business » (système/langage unique pour le commerce mondial)], pour exploiter la licence d'utilisation de la technologie RFID (Radio Frequency Identification, les radio tags ou identification par radiofréquence), inventée en 2001 par l'Auto-ID Center du MIT (Massachusetts Institute of Technology), groupe de recherche créé en 1999 et transformé fin 2003 en Auto-ID Labs.

Voici les principaux sponsors de l'Auto-ID Center à l'origine :


EPC Global IncTM (ex AutoID Inc.), qui développe le Réseau EPC (Electronic Product Code) des codes produit électroniques, auquel n'ont accès que les membres d’EPCglobal (un millier à ce jour), a délégué en janvier 2004 à Verisign la gestion de l'ONS (Object Naming Service), le serveur racine des noms d'objet, confiée, selon un rapport gouvernemental de janvier 2005, « dans des conditions discrètes par le gouvernement américain à VeriSign sans, qu’apparemment les autres acteurs aient eu leur mot à dire. Il faut dire que depuis l’Executive Order américain du 16/10/2001 classant "Confidentiel Défense" les architectures essentielles de l’internet, il y a peu de chance que cette désignation soit jamais éclaircie. » (point 1.2.1 - La relation stratégique entre l’ONS et le DNS).

N.B. Je suppose que les rapporteurs font ici référence aux sections 11 (National Communications System) et 13 (Classification Authority) de l'Executive Order on Critical Infrastructure Protection, qui renvoient respectivement aux Executive Orders12472, du 3 avril 1984, et 12958, du 12 avril 1995.

Voici un schéma très explicite des différents passages, paru en mars 2005 sur le site Intelligence Online :


Et si ce même point 1.2.1 observe que « La symbiose entre internet et identification des objets physiques n’était pas obligée »..., il souligne par ailleurs « Les similitudes poussées de l’ONS et du DNS », d'où la reconnaissance par certaines parties prenantes du rôle de Verisign, « néanmoins incontournable car seul acteur vraiment "global" disposant de toute l'expertise nécessaire ». [Début]

* * *

ONS

Voyons maintenant l'Object Naming Service selon Verisign, le fameux ONS (sigle pour lequel j'ai trouvé plusieurs autres libellés en anglais : Object Numbering System, Object Numbering Service, Object Name Service, etc.), que je traduirai dorénavant par système d’identification des objets, une formule qui a l’avantage de regrouper les concepts de dénomination (name, naming) et de numérotation (numbering), l’utilisation des mots n’étant jamais neutre et la dénomination des identifiants numériques encore moins…

Il s'agit en fait du système distribué de routage des requêtes d'information sur les identifiants uniques EPC qui est au cœur du réseau EPCGlobal :


En gros, les missions critiques du réseau englobent : 1) le repérage-traçage (discovery), qui comprend l'identification et la localisation ; 2) le stockage des informations (storage), et 3) l'accès sécurisé (secure access) :


Voir les spécifications. Verisign nous propose également un parallèle entre DNS et ONS, bien pratique pour y voir plus clair (source : EPC Network Starter Kit PDF, 6,5 Mo) :



Le dialogue entre les différents composants du réseau et l'échange des informations sont supportés par le langage PML (Physical Markup Language), basé sur XML. Concrètement, de l'étiquette RFID à son adressage sur Internet, le processus est le suivant :


Flux des données :

[Début]

* * *

Le processus RFID

En gros, l'étiquette (tag) se compose d'une puce (chip) et d'une antenne, activable par signal radio à une fréquence variable, signal émis par un lecteur fixe ou mobile qui comprend une carte électronique et une antenne. Une fois activée, l'étiquette transmet un signal en retour, le lecteur capture l'identifiant unique correspondant, et l'échange des données a lieu selon un protocole normalisé de communication (cf. principes de fonctionnement, en français).

Les étiquettes peuvent être actives ou passives, etc.


et le codage à 96 bits permet dans l'absolu d'associer un identifiant unique à 268 millions de sociétés (EPC manager), 16 millions de produits pour chaque société (Object class), et 68 milliards de numéros de série pour chaque produit (Serial number) !


Ce qui devrait suffire pour donner une adresse unique aux 50 000 milliards d’objets mentionnés plus haut, d'autant plus qu'avec le déploiement prévu d'IPV6 (tutorial), le protocole de prochaine génération codant les adresses à 128 bits, cela nous permettra de disposer, selon Wikipedia (je renonce à vérifier :-), d'environ 3,4 × 1038 adresses, soit 340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456, soit encore, pour reprendre l'image usuelle, plus de 42,5 millions de milliards d'adresses par millimètre² de surface terrestre. En comparaison, le protocole actuel IPv4 permet l'identification d'à peine plus de 4 milliards de machines (ou d'adresses) !

Vous en voulez encore ? Selon Jean-Michel Cornu, le plus grand préfixe est le Yotta : 1 Yo = un million de milliards de milliards d’octets. Pourtant, le nombre d’adresses IPv6 est trois cent mille milliards de fois plus important ! Ou que dire de ce commentaire ?
Ben même si chaque être humain consomme un million d'adresses IP, que d'ici 20 ans on est 10 milliards sur terre, ça ne fera "que" 10 000 000 000 000 000 (10^16) adresses IP utilisées... Et avec un million d'IP par personne, les appareillages électriques ont tous la leur, et même s'il faut passer à un milliard d'IP par personne, on a encore pas mal de quoi voir venir : 10^19 contre 10^38 disponible, il y a une sacrée marge de manœuvre !
Que ne fera-t-on pas avec les bits... Tiens, vu que je commence à fatiguer un peu, je vous fais grâce des étapes suivantes et vous offre un petit graphique à la place, s'il est vrai qu'une image vaut mille mots, autant d'économisés :-)


Enfin, très officiellement (via ServiceDoc Info), l'étiquette radio, ou radio-étiquette, est un « Réémetteur permettant d'identifier et de suivre à distance la personne ou l'animal qui le porte, le véhicule ou l'objet sur lequel il est fixé. »

Une définition d'importance puisqu'elle identifie très explicitement les quatre "cibles" potentielles des RFID : PERSONNE, ANIMAL, VÉHICULE, OBJET, d'où mon préambule sur la formulation inadéquate et partielle d'Internet des objets...

Comme le souligne de façon si prégnante l'UIT dans son rapport 2005 sur l'Internet of Things (PDF, 18 Mo, ou résumé), « A new dimension has been added to the world of information and communication technologies (ICTs): from anytime, any place connectivity for anyone, we will now have connectivity for anything (Figure 1). »

Une nouvelle dimension s'ajoute à l'univers des technologies de l'information et de la communication (TIC) : en tout temps, en tout lieu, la connectivité pour tout le monde et pour toutes choses.
Ça promet... [Début]

* * *

Quant au 2), la protection juridique des données, le traitement fera l'objet de la section suivante : Étiquette ou éthiquette ?, et du billet suivant par la même occasion, à paraître probablement en 2007, qui s'intitulera L'Internet des choses : le Big Bang 2.0...[Début]

Lien connexe : Internet des objets : quand le hasard fait bien les ... choses !


P.S. Je ne voudrais pas finir sans vous livrer un scoop de mon cru, enfin, je crois, découvert durant la préparation et la rédaction de ce long, très long article.

C'est en rapport avec la technique des pings, largement utilisée pour les blogs :
Le ping service est une méthode de notification de changements : votre blog expédie une commande ping (...) à un annuaire ou à un autre blog, associée à un fichier XML. Dans ce fichier sont notamment contenues les références de votre site et la date de sa dernière mise à jour.
L'annuaire ou le site récepteur de la commande Ping peut ainsi mettre à jour ses listes de liens pour indiquer aux internautes que votre site vient d'être mis à jour. Généralement, le ping service est entièrement automatisé.
Or il faut savoir que les pings trouvent une application particulière dans le cadre des systèmes RFID, puisque vous pouvez pinguer une étiquette (ping a tag) pour échanger des données et tenir constamment à jour un inventaire, par exemple.

Et bien je vous le donne en mille, ou en yotta si vous préférez, à la fin de l'année dernière (octobre 2005), Verisign a racheté Weblogs.com et semblait très « enthousiasmé par sa nouvelle acquisition. »
Elle constitue le résultat de plusieurs mois de négociation avec Dave Winer, le fondateur de ce service de ping, qui ne parvenait plus à en supporter les coûts. En l'espace de quelques mois, le nombre de pings traité par Weblogs.com a plus que doublé, pour avoisiner les 2 millions d'unités/jour, indique VeriSign. Selon le gestionnaire du .com, qui traite également des centaines de milliers de transactions par mois, effectuées via des sites de commerce ou à partir de téléphones mobiles, le ping a bel et bien un avenir.

Par ailleurs, « ce ne seront plus des dizaines mais des centaines de millions de pings qui seront générés chaque jour. Et ce à mesure que les serveur de pings ne seront plus seulement utilisés dans l'univers des blogs, mais dans les médias plus grand publics ou la distribution de données d'entreprise », ajoute la société américaine.
« La distribution de données d'entreprise », qu'en termes sybillins cela est dit...

Réaction de Loïc Le Meur :
Il n'y a pas de modèle économique derrière tout cela. Et je ne vois vraiment pas ce qu'un VeriSign peut faire d'un service comme Weblogs.com.
Comme quoi même le premier blogueur de France et de Navarre peut parfois aussi dire des conneries (sans aucune référence à l'actualité, puisque je considère le Web 3.0 comme une fameuse réussite, surtout si on compare l'événement au SES Paris, entre espoir et déception)... [Début]

* * *

Sur ce, bonnes fêtes, joyeux Noël 2006 et meilleurs vœux pour une année 2007 exceptionnelle, Adscriptor se met en sommeil jusque vers la mi-janvier... sauf imprévus (je serai plus d'une quinzaine de jours sans connexion Internet, à moins que le café du coin n'en ait une :-) [Début]

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