vendredi 17 octobre 2008

Microsoft - Yahoo! : Ballmer oui, Microsoft non ?

Microsoft - Yahoo! : Ballmer oui, Microsoft non ?

Ça va repartir pour un tour ? Il faudra bien, tôt ou tard...

Mais que se passe-t-il ? Il a suffi que Ballmer déclare hier qu'un partenariat avec Yahoo! ferait encore sens au plan économique pour que les choses s'emballent :  I still think it makes sense for their shareholders and ours. »

Dans la foulée, l'action Yahoo! a connu un pic de hausse relative, vu qu'à 11h28' elle était à son plus bas, 11,38 $ : une valorisation franchement ridicule, avant de remonter en flèche et terminer la séance presque à 13$.

Microsoft a immédiatement réagi en faisant marche arrière :
Notre position n'a pas bougé d'un pouce. Nous ne sommes pas intéressés à l'acquisition de Yahoo, et il n'y a actuellement aucune discussion entre nous.

Our position hasn't changed. Microsoft has no interest in acquiring Yahoo; there are no discussions between the companies
.
Donc est-ce une "gaffe" de Ballmer qui s'inscrirait dans une stratégie apparente de laisser-faire pour voir jusqu'où va descendre la valeur de Yahoo!, est-ce prémédité ? Allez savoir !

En tout cas même Carl Icahn est convaincu de la chose :
I will say and I continue to say that sooner or later there's got to be a deal with Microsoft and Yahoo of some type. I really believe that very strongly.
Quoi qu'il en soit, quelque chose m'intrigue dans tout ça : lorsque j'ai rédigé mon billet sur l'action de Yahoo!, j'avais observé des mouvements importants, largement au-dessus de la moyenne, dans le ou les jours qui ont précédé les différentes annonces. Au point que, globalement, en une dizaine de jours la valeur de ces mouvements dépassait la capitalisation globale de la société !


Or hier, 107 millions d'actions ont changé de main, contre un volume moyen d'échanges autour de ± 25 millions d'actions durant les semaines précédentes.


Donc cette soudaine multiplication par 4 est-elle juste imputable à la déclaration de Ballmer, ou y a-t-il autre chose derrière ?

Nous verrons bien aujourd'hui si cette tendance se confirme ou s'infirme...


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Les Explorateurs du Web

Les Explorateurs du Web

Vous connaissez ? Retrouvez-les aujourd'hui et demain sur le Parvis de l’Hôtel de ville à Paris, précisément ici, pour le Forum des Associations 2008. C'est évidemment plus difficile pour les non-parisiens d'être présents, comme Francis Pisani aux États-Unis, Mario Asselin au Canada ou moi-même à Rome.

Ceci dit, si vous êtes à Paris, profitez-en ! "Notre" mission consiste à « faire partager les résultats de nos explorations du Web en confrontant nos différents points de vue. Les Explorateurs du Web proposent de mettre leur intelligence collective au service du plus grand nombre. »

C'est ainsi qu'est née la formule de l'Explorcamp, pour explorer ensemble les nouveaux usages du Web, comme son nom l'indique, et partir à la découverte de nouveaux territoires numériques autour de "tables d’exploration" qui durent une vingtaine de minutes.

Six tables et animations seront proposées durant ces deux jours :

Table 1 : Explorons le web 2.0
Table 2 : Système d'information personnel avec le RSS
Table 3 : Diffuser votre message au delà du site web
4. Session Flash Meeting : Demonstration "live" de cet outil de visioconférence
5. Devenir Explorateur du Web : présentation de l'association
6. Créer un communauté en 5 clics, force des réseaux sociaux pour votre association

En parallèle, au sein du collectif, animé depuis 2006 par Luc Legay, chacun mène ensuite ses propres expériences. Pour en citer quelques-unes : Retrouvez la liste complète ici. Et bonne exploration !



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jeudi 16 octobre 2008

Quensis dans le Wall Street Journal !

Que voulez-vous ? C'est pas tous les jours qu'on est cité dans le Wall Street Journal !

Quensis (newsletter...), la société avec laquelle je collabore en tant que rédacteur et créateur de noms (je vous en ai déjà parlé à propos des 17 millions de parkings...), vient d'être citée dans un article de Ben Worthen intitulé Naming Rights, qui s'inscrit dans un dossier consacré aux PME.

Or vu que la création des nouvelles extensions pour les marques ne sera pas à la portée de tout le monde, Delphine Parlier, co-fondatrice de Quensis, y signale très brièvement les difficultés que rencontrent de plus en plus fréquemment les sociétés qui souhaitent avoir un nom, ou une marque, disponible en .COM. Notamment sur les noms courts, en voie d'épuisement.

Ou comment résumer en une phrase ce que nous avons décrit en 4 pages dans la Revue des Marques du mois d'avril 2008 (n° 62), dans un article intitulé Cherche nom de marque ... disponible, co-signé par Jean-Philippe Hermand, créateur de Quensis, et moi-même.

Articulé autour des chapitres suivants :

- D'hier ... à aujourd'hui
- Production des noms
- Les cinq sens du créateur
- Le sixième sens du décideur
- Du bon usage du naming

Je vous en livre un extrait, histoire de vous mettre l'eau à la bouche :

- Le sixième sens du décideur

« Le processus décisionnel est un continuum du début (amont) à la fin (aval) de la création ; celle-ci intègre trois composantes, nous l’avons vu : du sens, de la forme, et du juridique.
  1. La production de sens revient à l’homme.
  2. La production formelle s’appuie sur la stupéfiante créativité algorithmique des logiciels. La raison en est simple : une machine à traitement formel n’a aucun tabou, elle produit des formes de toute nature, très rapidement et en très grande quantité.
  3. La vérification juridique est un passage obligé, dont l’issue échappe à toute démarche créative, puisque la première vertu d’un nom, c’est d’être disponible.
Un magazine à grand tirage fournit un bon exemple des rouages de la prise de décision : quelle photo publier à la une pour couvrir l’actu au plus près ? Une photo de reportage, c’est :
  • être là où il faut quand il faut : décisionnel amont ;
  • prendre 1000 photos : production formelle ;
  • choisir la meilleure : décisionnel aval.
Une seule photo : le choc de l’image. Un seul choix : le poids du nom.

Oui mais voilà : seul le décideur pondère. Grâce à sa culture, son expertise, sa sensibilité. Acquises par son expérience davantage que dans les livres. Il y a des règles, elles sont assimilées, mais aucune n’est figée a priori : la créativité décisionnelle peut jouer dans les règles (localisation d’une forme particulièrement brillante au sein d’un modèle conforme), ou se jouer des règles (rupture paradigmatique par le choix en amont d’un modèle de dénomination non conforme aux us et coutumes de l’univers considéré).

C’est la primauté de l’homme sur la machine. Jamais une machine n’aura conscience de respirer une fragrance. Seul le créateur sentira l’odeur des mots. Seul le décideur appellera son parfum N° 5. Ou plutôt, dans ce cas, la décideuse :
- Créateur de parfum à la cour des tsars de Russie, Ernest Beaux présenta à Coco Chanel deux séries d’échantillons numérotés de 1 à 5 et de 20 à 24. Elle choisit l’échantillon n° 5. À la question « Quel nom allez-vous lui donner ? », elle répondit : « Je lance ma collection le 5 mai, cinquième mois de l’année, laissons-lui le numéro qu’il porte et ce numéro 5 lui portera chance. »
Quelques gouttes de rupture, pour un parfum mémorable… »

Où l'on voit que pour une société, la création d'une marque est peut-être bien la première opération marketing, primordiale, celle qui conditionnera toute la suite...

J'espère que vous vous rappellerez de Quensis ! (newsletter...)


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mercredi 15 octobre 2008

Blog Action Day 2008 : psychobourse et pauvreté

Blog Action Day 2008 : psychobourse et pauvreté

Une journée d'action des blogs contre la pauvreté. Je ne sais trop quoi dire, mais j'ai été frappé de lire ce billet intitulé Les vrais gens, par Jacques Attali, et notamment ce passage :
...on trouvera toujours aisément de l’argent par l’impôt, c'est-à-dire par les revenus des vrais gens, pour financer les pertes des institutions.
Mais, pour les autres sujets sérieux, (comme la faim, la pauvreté, le climat, la déforestation), rien. Et pourtant, cette semaine, un rapport de la commission européenne rappelle que l’économie du monde perd chaque année plus de richesses par la déforestation, (soit entre 2 et 5000 milliards de dollars), que par la crise financière. Et alors qu’on vient de trouver en un mois au moins 4000 milliards de dollars dans le monde pour les banques, il n’a jamais été possible d’en dégager seulement 20 pour lutter efficacement contre la faim dans le monde ou pour sauver la forêt brésilienne ou pour généraliser le microcrédit aux 600 millions de familles qui en ont besoin.
Les chiffres annoncés font froid dans le dos. Lisez-les et relisez-les bien.

Pendant ce temps, dans les enceintes boursières mondiales, le psychodrame - ou la tragicomédie, au choix - continue :


En clair, lorsque nos gouvernants font payer les vrais gens, les spéculateurs continuent de jouer au yoyo. De toute façon, tant les gouvernants que les spéculateurs s'en foutent : c'est pas leur argent !

« Socialiser les pertes, privatiser les bénéfices », telle est leur devise...

Tiens, ça me rappelle l'histoire du pessimiste et de l'optimiste :
Le pessimiste : - là on touche le fond, je crois difficilement qu'on pourra faire pire.
L'optimiste : - mais si, mais si
Sources de ma réflexion : Liens connexes : Il y en a beaucoup d'autres, mais j'en ai surtout trouvé en anglais, très peu en français. Allez savoir pourquoi ! Serait-ce toujours notre fameuse exception culturelle ?


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mardi 14 octobre 2008

Quand les journalistes n'écriront plus d'articles...


Réflexion inspirée de ce billet de Jeff Jarvis, dans lequel son intuition est que, désormais, l'article journalistique traditionnel n'est plus la brique servant de base à édifier l'information.

La nouvelle brique est le sujet, l'argument, le "topic", le thème de discussion.

La nouvelle brique, c'est l'actu elle-même, serais-je tenté de dire.

L'article aujourd'hui est inadéquat, trop de répétitions, trop peu d'explications. Or la connaissance n'est pas un processus d'accumulation où la vielle règle des 5W + 2H suffirait pour rendre compte de la complexité des situations.

L'article, et derrière lui le journaliste, ne peut plus prétendre "circonscrire" l'information dans le cadre rigide de son "unité rédactionnelle".

Il doit plutôt se rapprocher du palimptexte qu'est le billet de blog, ouvert à suffisance pour fournir toujours « davantage d'infos, davantage de connaissances, davantage de liens », etc.

Chaque article doit devenir un « grain d'information, de pensée ou d'opinion », un atome identifiable par un lien unique et permanent, de sorte qu'en assemblant autant d'atomes qu'il le souhaite, dans le temps et dans l'espace, le lecteur est libre de construire sa propre information.

Je suis d'ailleurs de moins en moins convaincu que l'une des valeurs ajoutées du journalisme soit la hiérarchisation de l'info à l'heure où tous les critères de "classement" explosent et s'éparpillent dans tous les sens (en interprétant "sens" dans ses différentes acceptions...).

Car ma hiérarchisation diffère non seulement de celle du voisin, mais aussi temporellement. Je n'ai pas les mêmes priorités informationnelles aujourd'hui que hier ou demain. Un problème qu'aucune taxonomie ni aucun vocabulaire contrôlé ne pourra jamais hiérarchiser, et encore moins cerner. C'est plutôt affaire de discernement, hic et nunc.

Lire à ce propos l'éclairant billet de Martin sur une logique traditionnelle de publication "bousculée", où « l'offre et la demande ne participent plus à la traditionnelle définition de la communication (qui ? communique quoi ? à qui ?) » :
On voit partout dans la blogosphère et la twittosphère des "émetteurs" qui publient (post) une information sans se soucier d'un "public-cible" (à qui écrit-on?, comment adapter son niveau de langage?, qu'est-ce qui les intéresse ?).

C'est au "destinataire" que revient le problème de discerner (to process) parmi les divers "chunk" d'information possibles ce qui répond à ses besoins.

On publie en premier, on voit ensuite comment traiter l'information: "post before processing".

C'est d'autant plus vrai avec Twitter. Il m'y arrive de (re)publier une information sans nécessairement la valider (j'inscris normalement "non validé"). Et généralement, mon réseau me revient avec la confirmation (où l'infirmation).

Pour les tenants de la communication traditionnelle --les journalistes en particulier, mais aussi tous ceux soucieux d'une communication de qualité-- ce processus a de quoi surprendre.
Dans cette ère nouvelle du one-to-one (ou many-to-many, ou many-to-one, ou one-to-many...), l'information ne se bâtit plus sur un modèle vertical, top-down qui plus est, mais horizontal, transverse, de liaisons (liens).

Par agrégation/associations d'idées, d'infos, de liens, de billets, de vidéos, de pages de résultats de moteurs, de micro-messages, de fils de discussion, de présentations, de documents partagés, etc. En clair : de tout ce qui peut faire sens. Indépendamment du support.

Et pour terminer sur un parallèle, de même qu'un organe de presse commet une erreur évidente et grossière en pensant que "son" site pourrait être assimilable à TOUT le Web, ainsi en va-t-il de l'article, que personne ne peut plus sérieusement considérer aujourd'hui comme un tout, qui ferait le tour de l'info.

L'heure est donc venue pour les journalistes d'écrire des articles - s'ils tiennent à conserver le terme -, qui feront sens plus par leurs connexions avec le reste de l'infosphère que par leur exhaustivité, une utopie à jamais révolue.

Dans l'infosphère, l'info n'a plus de centre.


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dimanche 12 octobre 2008

50, billet dominical

50, billet dominical

- The 50 most significant moments of Internet history

Via Émilie

- 50 marques en 50 ans

Cinquantième anniversaire de la Marketing Society.

- Nasa : 50 ans de conquête spatiale

Un dossier complet sur Futura Sciences.

- Le CELSA : 50 ans de communication, et après ?

Une question particulièrement d'actualité à l'heure des états généraux de la presse...

- 50 People, One Question

Fifty People, One Question: Restored from Benjamin Reece on Vimeo

La question : que voudriez-vous qu'il arrive, aujourd'hui ?

- An IT life after 50: Coping with the employment challenge

Un problème qui me concerne au premier chef...

- La preuve : j'ai eu 50 ans, hier !


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samedi 11 octobre 2008

Ethique des liens


Formidable discours de Jay Rosen, dont j'ai déjà eu l'occasion de traduire un billet, qui explique en quoi les liens sont consubstantiels au Web, et que le fait de lier n'a absolument rien à voir avec les droits d'auteur ou la propriété intellectuelle.

Et s'il est vrai qu'outre Atlantique 95% des journaux ont des blogs, alors chez nous chaque rédaction devrait retranscrire ce discours, le traduire, l'analyser et le discuter en mettant tous leurs journalistes / éditeurs / rédacteurs autour de la table. Ne serait-ce que pour avoir une idée de ce à quoi pourrait ressembler un journalisme de liens...

Beaucoup de choses m'ont frappé, mais surtout celle-ci : en 1996, lorsque le Washington Post a mis en place son premier site, l'une des règles était de retenir l'utilisateur captif, l'idée sous-jacente étant qu'il pouvait TOUT trouver sur le site, donc à quoi bon l'envoyer ailleurs :
- don't send people away from your domain
- don't link out from the Washington Post to the rest of the Web
- why would we send you anywhere else ?
Jay Rosen concluant avec un sourire qu'en suivant cette logique cela revenait à dire que le site du Washington Post était TOUT le Web !

On voit bien là l'absurdité du raisonnement des journaux qui continuent à se comporter de cette manière.

J'ai déjà eu l'occasion de dénoncer cette pratique, aussi mauvaise que courante, de l'autoréférentialité à 100% de la presse dans Pourquoi je lie encore les journaux en ligne..., mais je conseille vivement à celles et ceux qui comprennent l'anglais d'écouter ce discours :



Toute la seconde partie sur les blogueurs mériterait un billet à part entière. Je le ferai sûrement un jour ou l'autre.

L'idée étant qu'un blogueur doit toujours en donner plus à son lectorat que ce à quoi celui-ci pourrait s'attendre en venant sur le blog : davantage d'infos, davantage de connaissances, davantage de liens, etc.

En un mot, éduquer mieux et plus que ce qu'on pourrait imaginer en cliquant sur un lien. Essayez juste avec celui-ci, pour voir (vidéo ici)...

Une leçon magistrale pour les blogueurs et ... les journalistes ! Qui auraient également grand profit à lire les billets de Média Chroniques et de ses contributeurs.

Avec en toile de fond cette question lancinante : Qu'attendre des États généraux de la presse ?


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