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mardi 21 octobre 2008

Barack Obama, Internet et Vinton Cerf

Barack Obama, Internet et Vinton Cerf

[MàJ - 5 novembre 2008, 5h du matin]


* * *

Quel rapport ? me direz-vous ! Et bien si Obama devient le prochain président des États-Unis, selon toute probabilité (j'y vais à l'intuition...), Business Week nous signale que pour la mise en oeuvre de son programme technologique, il aurait déjà identifié un cercle restreint de candidats potentiels :
  • Vinton Cerf (Google)
  • Steve Ballmer (Microsoft)
  • Jeff Bezos (Amazon)
  • Ed Felten (Princeton University)
Je ne connais pas le dernier, mais je trouve très subjectivement que celui qui a la stature plus adéquate pour recouvrir ce mandat est bien sûr Vinton Cerf, lequel nous a déjà donné une idée de la façon dont il envisage Internet demain...

Par ailleurs, nous avons vu que sur le Web, Obama l'emporte haut la main sur McCain (120% de présence en plus dans les parkings, par exemple, ce qui est de toute façon une tendance forte), et pas seulement sur le Web, même s'il est clair que l'usage qu'il fait des réseaux sociaux (Facebook, Twitter, blog, etc.) est celui d'un internaute avisé.

À commencer par la récolte de fonds record servant à financer sa campagne :
En utilisant de nouveaux réseaux sociaux et Internet pour toucher des bataillons de petits donateurs, Obama est déjà au-delà des prévisions de certains experts...
À tel point que le "candidat Internet" pourra largement affirmer que le Web aura été un élément clé de sa victoire, très probable selon moi. Je me répète, oui, je sais. Mais je suis pas le seul !

Il semble toutefois qu'il y ait un premier accroc entre Obama et la presse, et il sera aussi intéressant de voir comment le staff du candidat traitera les élections sur le Web...

En tout cas, si Vint Cerf a déclaré vouloir Obama comme président :



il se pourrait bien que demain Obama déclare vouloir Vinton Cerf comme nouveau CTO (Chief Technology Officer) des États-Unis !


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vendredi 17 octobre 2008

Microsoft - Yahoo! : Ballmer oui, Microsoft non ?

Microsoft - Yahoo! : Ballmer oui, Microsoft non ?

Ça va repartir pour un tour ? Il faudra bien, tôt ou tard...

Mais que se passe-t-il ? Il a suffi que Ballmer déclare hier qu'un partenariat avec Yahoo! ferait encore sens au plan économique pour que les choses s'emballent :  I still think it makes sense for their shareholders and ours. »

Dans la foulée, l'action Yahoo! a connu un pic de hausse relative, vu qu'à 11h28' elle était à son plus bas, 11,38 $ : une valorisation franchement ridicule, avant de remonter en flèche et terminer la séance presque à 13$.

Microsoft a immédiatement réagi en faisant marche arrière :
Notre position n'a pas bougé d'un pouce. Nous ne sommes pas intéressés à l'acquisition de Yahoo, et il n'y a actuellement aucune discussion entre nous.

Our position hasn't changed. Microsoft has no interest in acquiring Yahoo; there are no discussions between the companies
.
Donc est-ce une "gaffe" de Ballmer qui s'inscrirait dans une stratégie apparente de laisser-faire pour voir jusqu'où va descendre la valeur de Yahoo!, est-ce prémédité ? Allez savoir !

En tout cas même Carl Icahn est convaincu de la chose :
I will say and I continue to say that sooner or later there's got to be a deal with Microsoft and Yahoo of some type. I really believe that very strongly.
Quoi qu'il en soit, quelque chose m'intrigue dans tout ça : lorsque j'ai rédigé mon billet sur l'action de Yahoo!, j'avais observé des mouvements importants, largement au-dessus de la moyenne, dans le ou les jours qui ont précédé les différentes annonces. Au point que, globalement, en une dizaine de jours la valeur de ces mouvements dépassait la capitalisation globale de la société !


Or hier, 107 millions d'actions ont changé de main, contre un volume moyen d'échanges autour de ± 25 millions d'actions durant les semaines précédentes.


Donc cette soudaine multiplication par 4 est-elle juste imputable à la déclaration de Ballmer, ou y a-t-il autre chose derrière ?

Nous verrons bien aujourd'hui si cette tendance se confirme ou s'infirme...


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samedi 27 septembre 2008

Internet demain, par Vinton Cerf

Internet, essentiellement, c'est une histoire de connexions entre les ordinateurs et les gens. Le Web a ouvert la porte à de gigantesques opportunités et motivations pour injecter du contenu dans Internet, et les moteurs de recherche, comme Google, ont fourni aux gens le moyen de trouver les contenus en adéquation avec leurs intérêts. Naturellement, Internet continue de se développer, avec l'évolution constante des nouveaux dispositifs de connexion et des nouvelles façons d'accéder au réseau.

Lors de la prochaine décennie, environ 70% de la population mondiale disposera d'accès fixes ou mobiles avec des débits de plus en plus rapides, jusqu'à plusieurs Go par seconde. Nous pouvons donc vraisemblablement nous attendre à ce que les appareils mobiles deviennent l'une des composantes majeures d'Internet, de même que les
appliances (solutions packagées associant matériel et logiciel et optimisées pour assurer une fonction particulière) et les senseurs/capteurs de toutes sortes. Beaucoup de dispositifs sur Internet, qu'ils soient fixes ou mobiles, sauront ce qu'ils sont et où ils sont, en termes logiques et géographiques. Lorsque vous pénétrerez dans votre chambre d'hôtel, votre mobile vous dira votre emplacement précis, y compris votre numéro de chambre. Puis lorsque vous y brancherez votre ordinateur portable, il prendra et apprendra les informations soit de votre mobile soit de votre chambre. Une fois activés, ce sera chose normale pour les différents dispositifs de découvrir quels sont les autres dispositifs connectés dans le voisinage, de sorte que votre mobile découvrira qu'il peut se connecter à un écran haute résolution, disponible dans ce qu'on appelait autrefois un poste de télévision. Si vous le souhaitez, votre mobile vous rappellera les endroits où vous avez été et suivra à la trace tous vos objets RFIDés tels que votre porte-documents, les clés de votre voiture ou vos lunettes. « Où sont mes lunettes ? », demanderez-vous à votre téléphone ou votre ordinateur. « La dernière zone de couverture RFID où elles ont été détectées est le salon », vous répondront-ils.

Internet transformera également le média vidéo. Si aujourd'hui l'offre est largement programmée, planifiée et consultable en streaming, demain la vidéo deviendra un média interactif pour lequel le choix du contenu et de la publicité sera sous le contrôle des consommateurs. Le positionnement des produits permettra à ceux qui les verront de cliquer sur les articles qui les intéressent dans le champ de visualisation pour en savoir davantage, y compris les informations commerciales, mais pas seulement. Les liens hypertextes associeront les scènes de course de Star Wars I avec la course de chars dans Ben-Hur. Les possibilités conventionnelles de la vidéoconférence seront augmentées par des robots commandés à distance pour qu'ils puissent se déplacer et faire pointer la caméra ou le micro dans la direction voulue, voire pour qu'ils interagissent directement avec l'environnement local sous contrôle de l'utilisateur.

En outre Internet sera étroitement intégré à d'autres portions de notre vie quotidienne, et évoluera en conséquence. Les réseaux électriques, par exemple, deviendront une partie intégrante de l'univers informationnel d'Internet. Nous serons en mesure de suivre et de gérer notre demande en énergie électrique, et nos automobiles participeront autant à la production qu'à la consommation d'électricité. Car en étant capable d'échanger via Internet les informations sur la consommation et la production d'énergie par tous nos dispositifs et systèmes, nous serons en mesure de les rendre plus efficaces.

Votre machine à laver sera programmable via Internet par des services Web qui permettront de la configurer et de démarrer vos programmes de lavage. Les résultats expérimentaux et les mesures scientifiques pourront automatiquement être blogués et mis en commun dans des archives de données pour faciliter leur distribution, leur échange et leur reproductibilité. On peut même imaginer que des instruments scientifiques pourront générer leurs propres données et les publier automatiquement sur un blog.

Ce ne sont là que quelques exemples de la façon dont nous nous immergerons dans Internet et dont nous l'utiliserons à l'avenir. La flexibilité qui caractérise Internet, nous l'avons vu, est la conséquence d'un constat simple : Internet est essentiellement un artefact logiciel. Or comme nous l'avons appris ces dernières décennies, le logiciel est une frontière sans fin : il n'y a aucune limite à ce qui peut être programmé. Si nous pouvons imaginer quelque chose, il y a de bonnes chances pour que nous puissions aussi le programmer. L'Internet du futur sera donc un amalgame de logiciels, d'informations, de données archivées, de dispositifs, d'appareils et de personnes qui interagiront les uns avec les autres via ce réseau, ce tissu extrêmement riche.

Et Google sera là, pour contribuer à donner du sens à tout cela, et à organiser tout cela afin de le rendre accessible et utile.


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jeudi 17 avril 2008

Microsoft - Yahoo! : la valeur de Yahoo!


La raison principale avancée dans le premier refus de Yahoo! à la proposition d'achat de Microsoft, était que l'offre sous-estimait substantiellement la valeur de Yahoo! (Microsoft's proposal substantially undervalues Yahoo!).
Qui fait tout depuis le 1er février - acquisitions à droite et à gauche, lancement de services et annonces avec chiffres à l'appui - pour démontrer le bien-fondé de son raisonnement.
Or une semaine avant la présentation officielle de ses premiers résultats trimestriels 2008 (prévue le 22 avril), sur lesquels tout le monde s'interroge (s'ils sont mauvais Microsoft en tirerait un atout de négociation évident, s'ils sont bons, Yahoo! tiendrait le couteau par le manche), une étude publiée par SearchIgnite tombe à pic sur les résultats publicitaires de Yahoo!, qui transformerait mieux que Google.
Une étude qui fait grand bruit même s'il y a quand même lieu de relativiser, comme le souligne Techcrunch :
Le problème de cette étude, c'est qu'il n'y a pas moyen de savoir dans quelle mesure elle est représentative du volume d'affaires global de Google, puisqu'elle se base sur les tendances des budgets pubs de 500 clients de SearchIgnite, qui n'ont collectivement dépensé durant le trimestre en cours que 300 millions de dollars dans les annonces publicitaires affichées sur les pages de résultats de Google, Yahoo et MSN.
The problem with this report is that there is no way of telling how representative it is of Google’s total business. It is based on the ad-spending habits of SearchIgnite’s 500 customers, who collectively spent only $300 million during the quarter on search ads across Google, Yahoo, and MSN.
Et même si l'étude indique qu'elle analyse plus de 22 milliards d'impressions et 391 millions de clics sur Yahoo, Google et MSN de janvier 2006 à mars 2008 inclus, en fin de compte sa portée reste limitée à environ 500 annonceurs qui sont tous clients directs de SearchIgnite ou de sa filiale 360i.
Les résultats sur le premier trimestre 2008 montrent donc des dépenses supérieures (surtout en janvier et mars) destinées à Yahoo! :

qui réalise une progression de près de 60% d'une année sur l'autre :

avec un taux de dépense "en baisse" à 70,4% pour Google, "en hausse" à 24,2% pour Yahoo!, et en chute libre à 5,4% pour MSN.

Des valeurs à comparer avec celles des parts de marché dans la recherche des trois moteurs sur 2008 : 67,3% pour Google, 20,3% pour Yahoo! et 6,7% pour Microsoft...
* * *

Ceci dit, malgré la représentativité relative de ce rapport, il traduit à mon avis une autre tendance nette en faveur de Yahoo! et en défaveur de Google : la baisse relative de valeur des clics dans la pub contextuelle, qui fait pendant à la hausse de la valeur des clics dans l'affichage des annonces sur les sites, où un conglomérat Microsoft-Yahoo! aurait quand même un avantage quantitatif de 96,08% par rapport à Google.
À noter que cet avantage serait dû quasi intégralement à Yahoo!, puisque sur 283 426 milliards d’affichages plubicitaires sur le réseau publicitaire étendu, 98,18% sont imputables à Yahoo!, contre 1,82% à Microsoft !
Un avantage incomparable que Yahoo! ne manque pas de souligner dans le document de 35 pages publié le mois dernier, essentiellement à l'intention de Microsoft, où il montre que la part de l'affichage dépasse maintenant la pub contextuelle, un écart qui devrait aller grandissant pour atteindre, sur un marché mondial de la publicité en ligne évalué à plus de 75 milliards de dollars en 2010 :

53,85% des parts de marché (42 Mds $), contre 43,59% pour la pub contextuelle (34 Mds $, soit plus de 10 points d'écart) et 2,56% pour la téléphonie mobile.
Le mobile, autre secteur où Yahoo est particulièrement présent, ainsi que sur les marchés émergents :

C'est ainsi que Yahoo! pense pouvoir accélérer le déploiement des grosses campagnes d'affichage publicitaire sur Internet, dont la mise en place prend actuellement entre plusieurs jours et plusieurs semaines, pour assurer un lancement dans un délai allant de quelques minutes à quelques heures !!!

Yahoo! revêt donc bien une valeur stratégique évidente pour Microsoft, ce que je ne cesse de répéter, qui va bien au-delà de la valeur de l'action en bourse, d'où l'entêtement de Jerry Yang qui ne ménage pas sa peine depuis plus de deux mois et demi pour redire à Ballmer et à qui veut l'entendre :
...nous ne laisserons personne, vous ou qui que ce soit d'autre, acquérir la société pour un montant inférieur à sa pleine valeur.
* * *
Et Google, dans tout ça ?
Quelques signes d'inquiétude ! Pour une société qui, depuis 2005, réalise 99% de son C.A. dans la pub, et notamment dans la pub contextuelle, il doit être alarmant de voir que les orientations de dépenses des annonceurs se déplacent avec insistance vers d'autres formats publicitaires où Google est largement dépassé, pour l'instant du moins.
Tout les signes sont là. Y compris la baisse des taux de clics, mesurée dans une fourchette de 7 à 8 % entre décembre 2007 et janvier 2008 par comScore, dans un rapport, totalement faux au vu des résultats de Google, mais qui n'en a pas moins fait l'effet d'une bombe !

Avec dans la foulée l'effondrement de l'action Google, une chute qui n'est pas occasionnelle, mais qui fait plutôt tendance depuis plusieurs mois...
Un message pourtant délivré par ... Google himself depuis plus de deux ans !
Donc, dans ce cadre, je me demande si le test annoncé par Yahoo! (limité à 2 semaines et 3% de l'ensemble des requêtes) pour monétiser sa recherche via Adsense n'est pas une arme à double tranchant pour Google, puisque les résultats offriront un outil de comparaison redoutable s'ils prouvent que la pub contextuelle s'avère moins rentable que l'affichage sur les sites. À moins que...
D'autant plus que Google est déjà sous les tirs croisés des analystes, qui l'attendent au tournant pas plus tard que ... ce soir, puisque c'est à 22h30' heure française qu'aura lieu (sauf erreur de ma part) la présentation des résultats de Google sur le premier trimestre 2008. Nous en reparlerons demain...
P.S. Pas besoin d'attendre demain, un graphique suffira !



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mercredi 16 janvier 2008

Facebook va-t-il racheter StudiVZ ?

Facebook va-t-il racheter StudiVZ ?

[MàJ - 8 août 2008] Il semble bien que la prévision était exacte, même si ça pourrait se terminer autrement que prévu...

Le scoop a semble-t-il été sorti par Techcrunch, très actif hier : les frères Samwer, cloneurs en série, vont investir dans Facebook, comme le rapporte Der Spiegel.

Le montant n'est pas dévoilé, mais d'après les infos que j'ai pu récupérer ici et, surtout, , mon intuition est que cet "investissement" ne fait qu'anticiper un partenariat stratégique plus ambitieux.

Plantons le décor. StudiVZ est un annuaire virtuel étudiant, un ersatz de Facebook créé par Michael Brehm, Dennis Bemman et Ehssan Dariani, un ancien de ... Facebook, qu'ont aidé à financer les frères Marc, Oliver et Alexander Samwer (respectivement 35, 33 et 31 ans), avant de le revendre à Georg von Holtzbrinck GmbH, en janvier 2007, pour 100 millions d’euros.


Donc mon premier indice est la déclaration des frères Samwer rapportée par Reuters :
Nous allons épauler l'extension de Facebook en Europe (We are going to support the expansion of Facebook in Europe)...
Vous allez dire qu'il m'en faut peu, mais je pense que ces mots vont au-delà d'une prise de participation minime (peut-être autour de 1%, puisqu'ils déclarent un investissement moindre que celui de Microsoft) (ou beaucoup moins...), ce que semblent confirmer certains commentaires au billet de Techcrunch.

Et de fait, jusqu'à présent, la pénétration de Facebook en Allemagne n'a pas brillé par son dynamisme, où le positionnement de StudiVZ est bien plus important.

Autre élément important à mes yeux, StudiVZ est déjà localisé avec une version française, italienne, polonaise et espagnole.


Donc, au moment où Facebook a des velléités de localisation, ça pourrait tomber à pic ! L'opération pouvant avoir un triple avantage :
  1. se débarrasser d'un concurrent ;
  2. pénétrer certains marchés européens plus vite ;
  3. profiter de versions déjà localisées plus facilement adaptables.
En particulier, un commentateur de Techcrunch suggère que Holtzbrinck pourrait aussi avoir intérêt à envisager la possibilité d'un rachat :
D'abord, les frères Samwer vendent StudiVZ à Holtzbrinck (...), puis FB le rachète à Holtzbrinck pour se positionner fortement sur le marché allemand. Les frères Samwer ont la réputation et les bonnes relations pour être tout à fait capables de réaliser un tel montage.

First the Samwers sold StudiVZ to Holtzbrinck for 100 mil. (...), then FB buys from Holtzbrinck to get a stronghold in the German market. Samwers have the connections and the reputation to mount such a remarkable deal.
Car si StudiVZ est un succès de fréquentation, les critiques sont nombreuses, voire embarrassantes, et la qualité de la plateforme Facebook infiniment supérieure...

Je vous dis que Facebook va nous réserver plein de surprises cette année. Les frères Samwer semblent d'ailleurs du même avis :
Nous pensons que Facebook est, après Google, l'entreprise la plus innovante qui a vu le jour ces dernières années. Nous croyons que le phénomène Facebook sera au Web ce que Windows fut au desktop...

We think Facebook is, after Google, the most innovative company to have emerged in the last few years. We think it will be the phenomenon for the Internet that Windows was for the desktop.
Les grands esprits se rencontrent, non ? Dommage que mon portefeuille soit juste un peu plus léger que le leur... ;-)


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Lien connexe : une interview d'Oliver Samwer par Loïc Le Meur, réalisée l'an dernier à Davos.

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vendredi 19 octobre 2007

Google vs. Yahoo!

Google vs. Yahoo!

Récapitulatif

Puisque c'est le calme plat au sommet du Web 2.0 (aucune info véritablement digne d'être relayée aujourd'hui, sauf ça, je ferai un billet conclusif pour résumer), je voudrais comparer brièvement les résultats trimestriels de Google et Yahoo!, à la lumière d'une précédente analyse de GYM, où Google avait un avantage évident sur Yahoo et Microsoft pour tous les indicateurs étudiés.

Aujourd'hui je commencerai avec le résultat net par action dilué (Net income per share - diluted), qui est de 0,32 $ pour Yahoo et de 9,50 $ pour Google, soit 30 fois plus que Yahoo!

En bref, conformément aux principes IFRS, on obtient le résultat net par action (calculé sur une base diluée) en divisant le résultat net de la période par le nombre moyen d'actions en circulation, et je vous fais grâce des explications sur la dilution.

Pourtant, ce simple indicateur, identique pour les deux sociétés, confirme qu'un actionnaire de Google a trente fois plus de raisons d'être satisfait qu'un actionnaire de Yahoo! Outre une action d'une valeur 20 fois supérieure et une capitalisation de Google (200 milliards $) qui fait 5 fois celle de Yahoo! (40 milliards $).

Mais pourquoi je vous dis tout ça ? Simplement parce que Yahoo a davantage de visiteurs mensuels que Google ! Et même, au mois de septembre 2007, + 6 millions de visiteurs uniques en plus : -130 millions pour Google, +135 millions pour Yahoo!


Sur une base 100, ça veut dire que Google a 96 visiteurs uniques là où Yahoo! en a 100. Or la société communique qu'elle a totalisé 477 millions de VU sur le troisième trimestre 2007 :


ce qui donnerait 458 millions de visiteurs pour Google (96%) sur la même période.

Par ailleurs Yahoo calcule un revenu de 0,91 $ par utilisateur,


soit 434 millions de dollars (vs. 466 millions annoncés par les résultats Q3, mais Yahoo nous dit que les visiteurs de Yahoo! Japon et Yahoo! Chine ne sont pas pris en compte).

Prenons maintenant le revenu trimestriel de Google, en croissance de 57% d'une année sur l'autre :


et divisons-le par notre approximation de 458 millions de visiteurs sur le trimestre, ça nous donne une rentabilité de 9,24 $ par visiteur, 10 fois plus que Yahoo! [Début]

* * *

Tableau récapitulatif :

Capitalisation Google = Yahoo! x 5
Rentabilité Google par VU = Yahoo! x 10
Valeur action Google = Yahoo! x 20
Résultat net par action Google (dilué) = Yahoo! x 30


Impressionnant, non ? Correction, analyse...

Quant à Microsoft, dont la publication des résultats trimestriels est annoncée le 25 octobre, nous verrons bien, même si la comparaison est plus difficile, vu la variété des services/produits de la société de Redmond, dont le binôme Internet/pub n'est certainement pas la branche dominante. Alors qu'il représente 99% de la raison d'être de Google, une constante dans le temps !


Certains parlent d'une soit-disant fragilité de Google à cause de ça, pemettez-moi d'être sceptique ! [Début]


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dimanche 14 octobre 2007

Graphe sémantique de 100 blogs influents

Graphe sémantique de 100 blogs influents


Après le graphe social, voici le graphe sémantique. Quelque chose qui me touche de près (cf. humain sémantique) et à quoi je pense depuis longtemps, sous forme de nuage sémantique :
Le but serait de créer un nuage de mots clés à partir de l'univers lexical d'un blog ou d'un site.
Je ne parle pas de tags. Je parle d'une fonctionnalité qui indexerait l'intégralité d'un site ou d'un blog à un instant donné pour l'analyser et restituer les cooccurrences plus significatives du blog ou site considéré.
Le nuage correspondant serait alors fourni par Exalead au blog/site qui pourrait l'intégrer au mieux.
Une fonctionnalité proposée il y a un an à Exalead (qui l'a refusée) (Merci Jean-Marie pour la proposition mais cette fonctionnalité ne peut être développée pour le moment. Nous reviendrons sur cette fonctionnalité dès que nous aurons avancé sur d'autres sujets, les blogs par exemple), en même temps que la possibilité pour les webmasters d'intégrer un flux personnalisable de résultats sur leurs pages.

L'idée derrière ces deux propositions était, selon moi, une voie détournée en vue d'une utilisation de masse d'Exalead :
Je pense que l'approche Exalead vs. Google n'est pas la bonne, en ce moment ce serait un peu la lutte du pot de terre contre le pot de fer. Et quand bien même les qualités du pot de terre seraient infiniment supérieures à celles du pot de fer, en l'état actuel des choses, il faut bien reconnaître que c'est Google qui rafle la mise.
Perso, qu'on excuse ma franchise, mais j'utilise Google à longueur de journée, j'en suis très satisfait, et je n'ai aucune intention de changer de moteur. Et je pense que nous sommes des millions dans ce cas.
Donc, plutôt que d'attaquer Google de front, je me dis qu'une meilleure stratégie pourrait être de viser d'abord la complémentarité au lieu de vouloir l'opposition à tout prix. En déplaçant les enjeux sur le terrain des services personnalisables, plus que jamais dans l'air du temps.
Concrètement, ça veut dire qu'en fournissant potentiellement à des millions d'utilisateurs des services perso qui se démarquent fortement de ceux de Google, et en imprimant à ces services une marque fortement identitaire, en l'occurrence celle d'Exalead, ces millions d'utilisateurs pourront voir cohabiter sur leur page d'accès personnalisable au Web (dans la mouvance des Netvibes, Webwag and co.), de plus en plus de services fournis par Exalead au côté de leur onglet de recherche préféré, que ce soit Google, Yahoo, MSN, Ask ou autre.
Ce serait là un moyen non intrusif de proposer l'utilisation d'Exalead à des utilisateurs qui ne l'utiliseront peut-être jamais sans cela.
Enfin, un autre avantage du fait que ces services soient développés par un moteur français à l'origine, c'est qu'en général tous les services proposés par Google (autocomplétion et autres...) sont optimisés pour l'anglais mais aux dépens des autres langues. C'est donc une piste supplémentaire à parcourir en direction de toutes les familles linguistiques qui se sentent un peu délaissées sur le Web, et qui représentent quand même globalement, plus que toute l'audience anglo-saxonne réunie.
Bref, tout ça est resté lettre morte, dommage.

C'est donc avec une grande surprise - et un grand bonheur - que j'ai découvert il y a quelques jours la première (à ma connaissance) cartographie sémantique de blogs. Qui reprenait le top 10 Wikio des blogs francophones. (via GuiM)


Et son auteur, Hubert WASSNER, prof d'informatique, d'expliquer :
La sémantique est l'analyse du sens des mots, c'est donc un savoir faire typiquement humain. Cependant une analyse fine de la masse d'information accessible sur internet peut permettre de calculer des distances entre les mots. Cela ne donne pas directement leur sens mais on peut utiliser cette information pour construire une carte de manière automatique.
On visualise leur distances sémantique que l'on a calculé grâce à des requêtes sur un moteur de recherche. Des liens élastiques sont simulé pour essayent de faire respecter toutes les distances entre les mots analysé. Le résultat est un graphe ou les mots son disposé sur un plan de manière a respecter au mieux possible les distances sémantiques.
Où l'on voit bien sur le graphe que le noyau est composé de Techcrunch, Loïc Le Meur, Fred Cavazza, GuiM et Mashable, avec aux pourtours, Embruns, Presse-citron, KelBlog, BigBangBlog et Versac.

Le noyau ayant un univers sémantique plus proche et ciblé que les pourtours. On voit donc que le classement sémantique peut diverger du classement ordinal (Presse-citron, par exemple).

Or le Professeur Wassner vient de réitérer l'expérience avec le top 100 de Wikio, où Adscriptor est 77e ce mois-ci, en nous expliquant que :
La couleur des bulles contenant les noms des blogs est en rouge d'autant plus vif que son classement est bon. Le positionnement dans l'espace ainsi que les liens (matérialisé par des traits noirs) sont issus d'un calcul de mesure de distance sémantique. Il ne s'agit pas de lien "internet" (lien hypertexte) mais de ce que les gens disent de ces blogs sur internet... Certain blogs peuvent être sémantiquement très proches d'un blog du "top 10" et ne pas du tout être bien classés... On voit ici les limitations des systèmes à base de classement.
Donc, de fait, sémantiquement parlant, Adscriptor serait dans le top 50.



Je ne dis pas ça pour me faire mousser (bien que je tienne beaucoup à cette reconnaissance sémantique), mais simplement parce que je trouve que mes stats ne reflètent aucun de ces 2 classements, puisque mon nombre de visiteurs quotidiens oscille entre 200 (le plus souvent) et 300 (dans les bonnes périodes), ce qui doit être l'un des taux de fréquentation - et de participation - les plus faibles du top 100.

Alors pourquoi ? That's the question. Si vous avez la réponse...


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P.S. Nous n'en sommes pas encore au "nuage sémantique" mentionné en ouverture de ce billet, mais c'est déjà une bonne étape. Je suis sûr que si quelqu'un développait un tel widget ou une appli pour Facebook (sur les différences entre apps et widgets...), par exemple, il ferait un carton. Malheureusement je n'en suis pas capable. Faut dire aussi que j'ai toujours de ces idées...

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samedi 13 octobre 2007

Google - Facebook vs. Microsoft - Yahoo : bloc contre bloc !

Google - Facebook vs. Microsoft - Yahoo : bloc contre bloc !

Va-t-on assister à la naissance d'un duopole, avec Google et Facebook d'un côté, Microsoft et Yahoo de l'autre ?

Sur l'échiquier du Web, les tactiques se déploient, et à défaut de toute autre considération économique, la valeur de Facebook est éminemment stratégique pour chacun des trois autres acteurs en présence. Dans les coulisses, une gigantesque partie est en train de se jouer, et j'ai la furieuse impression que tout peut encore arriver. Tandis que vous et moi, qui n'avons pas la fortune d'être dans le secret des dieux, en sommes réduits aux supputations. Voire aux délires...

Je suis tombé il y a peu sur ce billet de Kara Swisher évoquant la possibilité très proche d'un deal entre Facebook et Google, qui raflerait ainsi la mise, une fois de plus, sous le nez des deux autres grands perdants que seraient, dans cette affaire, Microsoft et Yahoo.

Auxquels il ne resterait plus qu'à s'associer, soit dit en passant (ils y arriveront bien tôt ou tard si Microsoft ne conclut rien sur ce coup...).

Hic et nunc, nous ne sommes que dans le domaine des rumeurs, des petits signes, il faut tenter vaille que vaille d'affiner le rapport signal-bruit, mais après tant de vacarme autour d'un accord possible entre Facebook et la société de Redmond, si Google coiffait son concurrent sur la ligne d'arrivée, ce serait un véritable camouflet pour Microsoft (un de plus...), qui perdrait totalement la main ... et la face !

Sans compter l'impact incalculable aujourd'hui, à la fois psychologique et ... sur les marchés. Pour le coup l'action de Google, déjà très florissante, s'envolerait vers des cimes.

Il faut dire que comme à son habitude, Ballmer y met du sien. Il pourrait toujours se consoler en annonçant un accord avec Yahoo!

Nous aurions alors un duopole contrôlant presque en totalité le triptyque royal sur Internet - Recherche / Pub / Plateformes sociales -, avec Google et Facebook en vainqueurs d'un côté, Microsoft et Yahoo en loosers de l'autre.

Attention ! Je ne dis pas que ce serait un bien pour l'Internet, au contraire. Mais malheureusement je le vois comme un scénario très possible, et même probable. Un scénario catastrophe ? J'espère que les faits me feront mentir...

Tout ça est au conditionnel, c'est clair, mais j'imagine que nous en saurons davantage dans les jours - voire les heures - qui viennent. Il se peut d'ailleurs que ce soit une question de jours, mais certainement pas de semaines. Trop d'enjeux, et trop énormes. Une annonce à la veille du big sommet sur le Web 2.0 ferait l'effet d'une bombe. Virtuelle, certes, mais quand même.

Alors, est-ce bientôt la fin de GYM ? Moi, je crois que oui. Et vous ?


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Lien connexe : un rapprochement intéressant.

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jeudi 10 mai 2007

GYM : une analyse

Les indicateurs économiques
Le cool factor

Pour moi, la énième rumeur de rachat de Yahoo! par Microsoft est à mettre au compte des signaux sur lesquels il convient de s'arrêter et de réfléchir.

Dont acte.

Les trois acteurs en présence sont toujours les mêmes :
  1. Google
  2. Yahoo!
  3. Microsoft
Avec G d'un côté, et YM de l'autre.

Le premier caracole en tête, les deux autres suivent, tant bien que mal. Une troisième place qui n'est certes pas dans la nature de Microsoft. Et même si Terry Semel voudrait nous faire croire que les journaux ne racontent que des conneries, perso je préfère penser que le fait qu'un tel argument revienne cycliquement sur le tapis est bien le signe qu'il n'y a pas de fumée sans feu.

Et qu'il témoigne surtout de l'indécision, voire de l'égarement, de deux sociétés cherchant par tous les moyens à combler un retard qui ne cesse de croître. J'imagine que toutes deux sont conscientes qu'elles doivent trouver une forme d'accord ou de collaboration (Semel did make a call for his company and Microsoft to work together on Internet advertising standards) pour contrer Google, tout en sachant qu'une fusion entre deux cultures d'entreprises aussi différentes pourrait déboucher sur un échec retentissant. Sauf à créer une nouvelle entité en détachant MSN de la maison-mère, ce qui serait une bonne façon de faire du neuf avec du vieux et d'éviter une fuite des talents...

Car en réalité, la somme de deux échecs ne fait pas une réussite. Maintenant, dire de Yahoo! et Microsoft qu'elles ont échoué, vous allez me rétorquer que je divague, et pourtant les chiffres parlent d'eux-mêmes.

Ce que Steve Ballmer résume par une formule lapidaire :
Microsoft has the most visitors. Yahoo actually has people spending the most total time with them. And Google makes the most money.

Microsoft a le plus de visiteurs. C'est sur Yahoo que les internautes passent le plus de temps. Et c'est Google qui fait le plus d'argent (ou qui ramasse la mise, si vous préférez).
Donc si G s'en sort le mieux alors qu'il est devancé par YM (ne pas confondre avec ym...) en termes de fréquentation, les raisons de son succès doivent être cherchées ailleurs. Dans les ratios par exemple.

Or à nouvelle donne, nouveaux ratios : les indicateurs économiques servant à évaluer l'efficacité de GYM doivent être à la mesure ... de leur démesure. [Début]

* * *

Les indicateurs économiques

C'est d'ailleurs en lisant une analyse de Victor J. Cook Jr., intitulée Microsoft's $8 Billion Problem, que j'ai eu l'idée de ce billet.

En voici les principaux passages traduits avec son aimable autorisation.
Dans le marketing des entreprises, il y a deux marchés distincts, le marché pour les clients d’une part, le marché pour les capitaux de l’autre, et nous savons qu'ils interagissent. Les hausses de revenus générées par les ventes, qui sont la promesse d’une trésorerie plus abondante, se répercutent sur la capitalisation. Et une meilleure capitalisation impacte le chiffre d’affaires, en fournissant davantage de liquidités à l’entreprise pour financer sa croissance par le biais des acquisitions.

Le tableau ci-dessous, qui se base sur les données 2006, montre que GYM a généré un C.A. global de 61,3 milliards $ pour une capitalisation agrégée de 469,5 milliards $, soit un ratio Cap./C.A. moyen de 7,66. En termes simples, cela signifie que durant l’année dernière les trois sociétés ont globalement créé 7,66 $ de capitalisation pour chaque dollar de chiffre d’affaires.

Or mon étude sur le ratio Cap./C.A. [value/revenue (v/r) ratio] de toutes les entreprises cotées de 1950 à 2005 aboutit à un ratio moyen de 1,1, ce qui veut dire que sur le long terme C.A. et capitalisation s’équivalaient à peu près. Quant à l'écart type du ratio, il a constamment progressé, passant de 1,2 durant les années 50 à +70 sur la période 2000-2005, caractérisée par une volatilité majeure. En prenant un échantillon de 50 472 sociétés sur la décennie 1991-1999, la valeur moyenne du ratio était de 7,92. Par conséquent, la performance de GYM observée ci-dessus (7,66 pour l’année 2006) est plutôt modeste.

(…)

LA RÈGLE DE GERSTNER


La première chose à savoir pour mieux comprendre quel est le moteur de ces résultats, c'est quelle est l'efficacité marketing de chacune des trois entreprises. Dans son livre, Who Says Elephants Can't Dance?, Lou Gerstner (l’artisan de la relance d’IBM) nous donne un principe de base sur l'efficacité marketing d'une entreprise. Une règle simple et révélatrice à la fois : combien ça vous coûte de générer un dollar de C.A. par rapport à vos concurrents ? Ce qu'on appelle la règle du coût par dollar (CPD) de Lou Gerstner…

Quant aux coûts marketing de l’entreprise (EME - Enterprise Marketing Expenses), ce sont tous les coûts supportés en termes de ressources humaines et de programmes destinés à influencer le comportement des clients, des investisseurs, et leur façon de penser, d’agir et de sentir vis-à-vis d’une entreprise.


En 2006, Microsoft a dépensé 6,584 milliards $ en R&D, plus 13,576 milliards $ en frais de vente, frais généraux et frais d'administration (SG&A), qui incluent traditionnellement les coûts vente & marketing. Pour un total EME de 20,160 milliards $. Donc en divisant cette somme par le C.A. 2006, cela nous donne un CPD de 0,455 : il en a coûté à Microsoft 45,5 cents pour générer 1 dollar de C.A.

Or en appliquant le même calcul à Google (1,229 milliard $ R&D + 1,601 milliard $ SG&A / C.A.), le même rapport était de 26,7 cents / 1 pour la société de Moutain View, soit près de moitié moins !

Autrement dit, pour chaque dollar de C.A. généré, Microsoft a dépensé 18,8 cents de plus que Google. Rapporté au C.A. global 2006, cela signifie que Microsoft aurait pu économiser 8,3 milliards $ en ayant le même ratio de performance que Google.
D'où l'analyse de Victor J. Cook Jr., qui chiffre le problème de Microsoft à 8 milliards de dollars. CQFD !

Dans un autre ordre d'idée, je me suis amusé à calculer la productivité par employé chez GYM, en divisant le C.A. par les effectifs (source : WSJ).


Résultat, là encore, Google fait 50% mieux que Microsoft (868 852 $ contre 579 085 $ par personne). Donc, je veux bien qu'à l'occasion on puisse faire dire aux chiffres tout et son contraire, mais parfois leur froideur donne une image assez fidèle de la réalité.

Or dans les trois cas ci-dessus, YM se situe dans la moyenne, alors que G s'en détache nettement. Et bien que Yahoo! et Microsoft aient d'excellentes performances (quelle n'est pas l'entreprise qui aimerait se vanter d'avoir des résultats pareils ?), Google est largement devant avec un différentiel énorme lorsque l'on parle d'hypercompétition... [Début]

* * *

Le cool factor

Pour autant les statistiques n'expliquent pas tout, y compris l'engouement et la préférence des internautes pour Google, qui sont plutôt à mettre sur le compte de ce que les anglo-saxons appellent le "cool factor", que je traduirais par "capital sympathie", une notion totalement étrangère à Microsoft et qui ne peut certes pas s'acheter, même avec quatre fois plus de liquidités que son concurrent !

Le capital sympathie de Google

Outre ses fameux intemporels, je dirais que le principal attrait de Google est l'ouverture, à quoi Microsoft oppose une conception propriétaire farouche qui fait de nous des clients captifs. Or avoir des clients captifs, c'est bon pour les monopoles, mais dès que ceux-ci tombent, les clients s'en vont. Et la legacy des produits Windows, Office & Co, même si elle se fait encore sentir, et comment, a de plus en plus tendance à se dissiper.

Observons deux signes qui ne trompent pas, l'un chez Google, l'autre chez Microsoft.

1. Dans GMail (dont je recommande vivement l'utilisation à quiconque), lorsque je reçois un document Word, Google me propose soit de le télécharger, soit de le voir en HTML, soit de l'ouvrir dans Google Docs, et c'est gratuit.


2. En revanche si un collègue m'envoie un fichier .docx, .xlsx ou .pptx. (nouvelles extensions d'Office 2007) je ne peux pas les ouvrir avec mon actuelle version de Word, Excel ou Powerpoint. Il faut juste que je passe à la caisse. Et pourtant j'ai déjà payé. Consternant ! À ce compte-là, je préfère de loin adopter OpenOffice qui m'offre gratuitement des fonctionnalités identiques, et se paie même le luxe de mieux gérer les gros fichiers que Word, j'ai eu l'occasion de le constater à maintes reprises.

Ceci étant, bien que ma seule hâte soit d'écarter définitivement les produits Microsoft de mon ordinateur, je ne le fais pas - encore - pour une autre raison. En effet, ce ne sont pas les applications bureautiques qui me freinent, c'est le système d'exploitation. Aujourd'hui Windows XP, et demain très probablement Vista. Pourquoi ? Parce que je ne suis pas suffisamment geek pour passer à Linux et aux logiciels libres, dont l'utilisation demande - encore - une expertise informatique que je n'ai pas. Et malheureusement je ne connais pas d'autre alternative à ces deux OS.

Donc pour finir, si j'avais un conseil à donner aux compères Brin, Page & Schmidt, ce serait de nous sortir vite fait un système d'exploitation signé Google, qui nous changerait par sa qualité, sa simplicité, sa rapidité, sa gratuité, son universalité, son originalité et son interactivité. Selon moi, ce serait vraiment la killer app pour se débarrasser définitivement de Microsoft.

Car aujourd'hui ce n'est pas tellement d'une connexion dont ont besoin les internautes qui se branchent via leur ordi, ce serait plutôt d'un système d'exploitation léger qui les libérerait de l'usine à gaz Microsoft. C'est selon moi le plus gros obstacle à la percée du webtop, car la firme de Redmond nous tient captifs bien plus par son OS que par ses applications de bureau, de jeu ou tout ce que vous voudrez.

Et dans la transition du desktop au webtop et, demain, au mobtop, le premier acteur qui sortira un système d'exploitation ayant une prise en main intuitive et conviviale décrochera un avantage phénoménal sur les autres.

Enfin, c'est mon avis. Un bel atout à jouer pour Yahoo! Qu'en pensez-vous ? [Début]


Liens connexes :
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vendredi 4 mai 2007

Microsoft - Yahoo : la machine s'emballe

Microsoft - Yahoo : la machine s'emballe

Cette fois, il ne s'agit plus des supputations d'analystes financiers en mal de théorie, c'est quasi-officiel : Microsoft négocie avec Yahoo une fusion. La valeur du deal serait autour de 50 milliards de dollars pour le rachat de la société de Sunnyvale, contre une capitalisation actuellement à environ 45 milliards, en forte hausse ces derniers jours grâce à la progression de la valeur de l'action, alimentée par la rumeur.

J'ai abordé le sujet à plusieurs reprises, en analysant la chose sous toutes les coutures dès juin 2006, puis en novembre et notamment en mars cette année.

En réalité, vu la presque hégémonie de Google dans la recherche et la pub sur Internet, je suis convaincu depuis longtemps que ce serait dans la logique des choses pour ces deux acteurs que de fondre leurs efforts, seule solution s'ils veulent faire le poids. Les faits semblent me donner raison. Même si... Il n'y a plus qu'à attendre !


P.S. Il se pourrait qu'on n'attende pas longtemps puisque sitôt commencées, les négociations seraient déjà terminées (source : WSJ). Si vous vous étonnez que les deux liens (quasi-officiel et celui-ci) sont les mêmes, c'est tout simplement qu'en cinq heures, c'est-à-dire entre le moment où j'ai écrit ce billet et la présente mise à jour, le Wall Street Journal (courtisé par Murdoch, je signale au passage) a complètement modifié son article sans changer l'URL !

Juste histoire de dire que l'autre a jamais existé, heureusement que j'avais fait une capture d'écran. Voici les deux versions :

18h45'


23h45'


Donc que s'est-il passé ? Il semble juste que les gens bien informés (people familiar with the situation) ont changé d'avis entre-temps !

À 18h45' :
In what appear to be early-stage discussions, executives at Microsoft and Yahoo are taking a fresh look at a merger of the two companies or some kind of match-up that would pair their companies' respective strengths, say people familiar with the situation.
À 23h45' :
Microsoft and Yahoo in recent months discussed a possible merger of the two companies or some kind of match-up that would pair their respective strengths, say people familiar with the situation. But the merger discussions are no longer active, these people say.
Allez savoir ! Au moins, une chose est sûre : « The two companies may still explore other ways of cooperating. » Bon, ben nous voilà fixés (puisqu'on en parle)...

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mardi 6 mars 2007

Les enjeux autour de Technorati et des blogs

Les enjeux autour de Technorati et des blogs

Dans une association de pensées un peu facile, mais immédiate, il m'arrive souvent d'évoquer l'équation suivante : blogosphère = Technorati. Très partiel et partial, je vous l'accorde, mais lorsque je veux circonscrire une recherche aux blogs, j'ai plus volontiers le réflexe Technorati que Google BlogSearch, et j'imagine ne pas être le seul.

C'est donc avec une certaine surprise que j'ai lu ce billet de Read/WriteWeb reprenant une analyse de LeeAnn Prescott, publiée fin décembre 2006 et intitulée Google Blog Search dépasse Technorati, indiquant que pour la première fois Google pousse son propre moteur de recherche de blogs sur le marché nord-américain, aux dépens des résultats de Technorati.


Technorati, une bonne image de marque et une très forte notoriété sur le Web, PR7, 91 millions de résultats dans Google :


+70 millions de blogs tracés à ce jour :


soit une progression de 100% en moins d'un an (+35 millions en avril 2006) !

Des chiffres impressionnants mais probablement en dessous de la réalité. Je m'explique : si l'on en croit le niveau de francisation de la blogosphère selon David Sifry, le français ne représente que 2% de l'ensemble, soit en gros 1,5 million de blogs en se basant sur le total de 70 millions annoncé ci-dessus. Or Skyblog à lui seul en compte plus de 7,5 millions (à l'instant de ma capture d'écran)... Un différentiel de 6 millions de blogs pour une langue, cherchez l'erreur !


Un différentiel qui trahit la difficulté de dénombrer le phénomène avec exactitude et qui explique les fourchettes importantes qu'on retrouve çà et là sur le Web : des 70 millions annoncés par Technorati aux 100 millions de blogueurs prévus par Gartner durant le premier semestre 2007 :
Blogging and community contributors will peak in the first half of 2007. Given the trend in the average life span of a blogger and the current growth rate of blogs, there are already more than 200 million ex-bloggers. Consequently, the peak number of bloggers will be around 100 million at some point in the first half of 2007.
Donc si l'on suppose ce chiffre de 100 millions comme plausible (ayant vu que les estimations de Technorati étaient par défaut), cela signifie que Technorati concentre grosso modo les 3/4 des blogs à l'heure actuelle.

Une ressource exceptionnelle, puisque la blogosphère prend chaque jour une importance considérable, autant en termes de taille que d'UGC, le fameux contenu généré par l'utilisateur. L’audience et le contenu étant devenus pour l’Internet ce que le labourage et le pâturage sont à la France : ses deux mamelles. Elles nourrissent le réseau, dont l’arborescence a le contenu pour sève et l’audience pour frondaison.

Le binôme audience + contenu est d'ailleurs le véritable modèle économique du Web, voir les (prix des) rachats de MySpace par News Corp., de YouTube par Google, ou plus récemment de MyBlogLog par Yahoo (une opération bien utile...).

C'est là du reste où je rejoins l'analyse d'Emre Sokullu et Richard MacManus sur les options de sortie de Technorati, qui mentionnent un choix possible entre une introduction en bourse ou une acquisition par Viacom ou News Corp. (dont on connaît l'appétit pour ce genre d'opérations), ou encore par Yahoo, qui en profiterait pour étendre son offre de recherche aux blogs.

De plus, si un moteur réussit à décrocher l'exclusivité sur Technorati, il bénéficiera de sa formidable audience (208ème site le plus visité au monde, selon Alexa).

La possibilité d'un rachat de Technorati avait déjà été envisagée en 2005, aussi bien par Yahoo que par News Corp., mais cela ne s'est pas concrétisé par la suite. Il n'empêche qu'en deux ans les choses bougent, a fortiori sur Internet, où les réseaux sociaux ont actuellement un pouvoir d'attraction qu'ils n'avaient pas alors (l'apparition de nouveaux acteurs le montre), et que les rumeurs d'aujourd'hui deviendront peut-être les réalités de demain...

Qui vivra verra ;-)



P.S. Merci à Tom, qui vient d'ajouter en commentaire que les fils RSS sont maintenant disponibles sur Skyblog. Par curiosité, j'ai voulu comparer les stats entre le jour où j'ai écrit ce billet et aujourd'hui (vendredi 23 mars, 16h30'), or à l'heure où j'écris, voici les résultats :


Donc, en 17 jours :
  • 250 000 nouveaux skyblogs
  • plus de 7 millions d'articles écrits
  • près de 30 millions de commentaires
C'est quand même étonnant !

Tiens, pour terminer, cadeau : voici le premier skyblog en termes de fréquentation. Sortez couverts...

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