lundi 22 juin 2009

Obama vs. Berlusconi


Lundi dernier, 15 juin, Barack Obama recevait Silvio Berlusconi à Washington.


Or derrière les sourires de circonstance et les accords de convenance, il se pourrait bien qu'en coulisse le bras de fer de l'Amérique soit en train de s'abattre, une fois de plus, sur un État italien à "souveraineté limitée".

En clair, un pays à souveraineté limitée est un pays qui n'est pas maître chez soi, ce qui fut pendant des décennies la réalité italienne, la réalité d'un pays sous influence durable, d'une Italie limitée dans ses choix "démocratiques" depuis l'après-guerre.

Une réalité historiquement documentée dont je citerai un seul exemple parmi tant d'autres : le 3 août 1995, Giovanni Motzo, Ministre pour les Réformes Institutionnelles de l'époque (déjà...), déclarait dans une interview au journal "Avvenire" :
Au cours de la dernière décennie, des événements concrètement liés à l'existence d'accords secrets internationaux ont fait ressortir une situation de véritable incertitude constitutionnelle.
Le journaliste, Antonio Mira, lui rétorque :
Journaliste : - Monsieur le Ministre, qu'entendez-vous par là ?

Ministre : - Je me réfère aux accords exécutifs qui ne passent pas devant le Parlement mais sont signés exclusivement par le Gouvernement. Ces documents, top secrets, régissent habituellement les questions relatives aux bases militaires étrangères et de l'OTAN en Italie, au quartier général de l'OTAN, au transit et au séjour des troupes.

(...)

J. : - Certains évoquent une souveraineté limitée de notre pays...

M. : - En partie, ils ont raison.

J. : - C'est la première fois qu'un gouvernement met en doute la légitimité de ces secrets.

M. : - Eh bien, il serait temps. Pensez que l'accord bilatéral États-Unis-Italie signé en 1961 est toujours en vigueur.

J. : - En connaissons-nous le contenu ?

M. : - Il y en aurait deux versions... Nous en connaissons quelques articles. Où l'accord prévoit que les Etats signataires s'engagent à se prêter assistance mutuelle, et prévoit également l'envoi de conseillers militaires américains en Italie.
Bref aperçu historique : issu des cellules stay-behind coordonnées par l'OTAN au sortir de la deuxième guerre mondiale, présentes dans plus d'une dizaine de pays d'Europe de l'Ouest, le réseau Gladio (mot italien pour "glaive") était initialement l'organisation clandestine italienne correspondante, théoriquement chargée de combattre une éventuelle invasion de l'URSS et des pays du Pacte de Varsovie, justement en agissant "derrière les lignes".

Je vous laisse approfondir en suivant les liens de Wikipédia si ça vous intéresse, mais le concept de "souveraineté limitée" que je souhaite approfondir ici n'est présent sur aucun des deux articles, français et italien.

Pour qui parle italien, je recommande donc chaudement cette leçon de Gianni Barbacetto, tenue le 3 décembre 2008 à l'Université Roma Tre, où le journaliste affirme même qu'en Italie aucun président du conseil n'aurait pu occuper ce poste sans l'aval des américains...



En clair, quand bien même élu par le peuple, le président du conseil italien avait besoin de recevoir une habilitation NOS (Nulla Osta Sicurezza) des services secrets militaires italiens, directement assujettis au bon vouloir de la CIA ! Un aspect que n'aborde absolument pas le rapport Andreotti sur Gladio, bien sûr.

Essayez, juste un instant, de transposer une telle situation à la France...

Bon, ceci dit, en Italie le gouvernement a officiellement dissous le réseau stay-behind le 27 novembre 1990, et les choses ont dû changer depuis, pour autant que l'on sache (car, pour le moins, 5 ans après la dissolution du réseau, les propos du Ministre Motzo peuvent laisser planer quelques doutes)...

Donc, pour en revenir à Barbacetto, selon lui, cette "souveraineté limitée" est théorisée par la doctrine Truman, qui tire son nom du fameux discours prononcé le 12 Mars 1947 par le président américain Harry Truman sur la disponibilité des Etats-Unis d'intervenir dans toute région du monde, menacée par les Soviétiques et intoxiquée par le communisme.

Pour l'Italie, on retrouve trace de cette "doctrine Truman" dans différents documents du National Security Council (NSC) :
  1. Le document NSC n° 1/3 du 8 mars 1948, à la veille des élections cruciales du 18 avril suivant, pose directement le problème de la possible conquête du pouvoir par les communistes « par des moyens légaux », auquel cas les États-Unis devraient immédiatement répondre, y compris en fournissant une assistance financière et militaire à la base anti-communiste italienne. N'oublions pas que le 3 avril 1948, le congrès américain adoptait le plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe après la deuxième guerre mondiale.
  2. Le document NSC n° 10/2 du 18 juin 1948 affirme que les activités officielles à l'étranger seraient accompagnées d'opérations "couvertes" pour qu'il ne soit pas possible de remonter à la responsabilité du Gouvernement des États-Unis.
  3. Le document NSC n° 67/3 du 5 janvier 1951 (indisponible dans son intégralité, aujourd'hui encore, puisqu'une bonne partie reste sous secret militaire), prévoit explicitement des initiatives des États-Unis « pour empêcher la prise du pouvoir par les communistes. »
C'est le programme tout tracé de la stratégie de la tension, qui avait pour but délibéré non seulement d'installer un climat de violence politique pour favoriser l'émergence d'un état autoritaire, mais aussi et surtout de faire en sorte que des attentats exécutés par des néofascistes et des subversifs d'extrême droite fussent faussement attribués aux réseaux gauchistes.

Je ne veux pas dire par là que tout ce qui s'est passé ensuite est à mettre au crédit de Stay-Behind, puisque de tous les pays où les armées secrètes de l'OTAN étaient présentes, seule l'Italie a connu de telles dérives, et dans de telles proportions.

Avec comme but évident de terroriser la nation pour affaiblir le Parti communiste qui se renforçait, et pour induire le peuple - à son insu, bien évidemment, et plutôt de force que de gré - à accepter "le" pouvoir voulu par des "instances supérieures".

Naturellement, l'état faisait partie intégrante de cette stratégie. Un exemple entre tous, parfaitement avéré, est celui des "affiches chinoises", dans le sillage des opérations "false flag", qui consista, en février 1966, à tapisser les murs de Rome, Milan, Mestre, Venise, Padoue, etc., d'affiches de propagande pour la Chine maoïste divulguées par de fantomatiques groupes communistes italiens filo-chinois.

En réalité, toute l'opération fut montée par Federico Umberto D'Amato, chef du Bureau des Affaires réservées du Ministère de l'Intérieur de l'époque ! Idem pour l'attentat de piazza Fontana :
Imaginé avant 1968 pour contrer le "péril communiste" par Federico D’Amato, chef du bureau des affaires réservées du ministère de l’intérieur, membre de la loge P2 et Yves Guillou alias Guérin-Serac, néo-fasciste français, ce 12 décembre 1969 inaugurait la "stratégie de la tension". Le principe clairement exprimé dans un document intitulé "Notre action politique" consiste à réaliser des attentats meurtriers dans des lieux publics et à les revendiquer au nom de l’extrême gauche. "Quand on les frappe et qu’ils ne peuvent pas se défendre, les petites gens vont réclamer un Etat fort", déclarera Delfo Zorzi, un néo-nazi qui a avoué à deux reprises avoir participé à l’attentat de la piazza Fontana.
Membre de la loge P2, j'y reviendrai...

Mais Gladio n'est pas la seule preuve historique de la mainmise des américains sur l'état italien. J'ai récemment rendu compte sur mon blog italien de l'Anello della Repubblica, l'Anneau de la République, une organisation encore plus secrète, clairement appuyée par la CIA et quasi certainement manipulée par Andreotti, qui fut vraiment de tous les coups...

Or donc, dans cette continuité historique qui dure maintenant depuis plus de soixante ans (!!!), paradoxalement, le seul homme d'état capable d'imposer une rupture aura été ... Silvio Berlusconi !

Lorsque les premières rumeurs sur un complot à son égard ont commencé à circuler, il y a quelques jours, j'ai été le premier à penser qu'il s'agissait d'une idiotie. Or mon raisonnement était motivé par le fait que Berlusconi mélangeait tout et le contraire de tout dans les ingrédients du complot, de sa femme à Mills, de Noemi à l'utilisation abusive d'un avion d'Etat, révélée par le photographe Antonello Zappadu.

Et puis petit à petit j'ai commencé à mettre en relation cette déclaration de Berlusconi avec une autre déclaration, faite en 1972 par Arnaldo Forlani, signalée par Stefania Limiti dans L'Anello della Repubblica (p. 88-89), et relatée par Giovanni Pellegrino, Président de la Commission parlamentaire d'enquête sur le terrorisme en Italie et sur les causes de la non-identification des responsables des massacres, lors de la séance du vendredi 18 avril 1997 :
Le président Pellegrino s'adresse à Forlani :

Il est notoire que vous avez tenu, en novembre 1972, lors d'une réunion publique à La Spezia, des propos d'une extrême gravité. Vous avez notamment déclaré :
« Nous venons d'assister à la tentative la plus dangereuse que la droite réactionnaire ait jamais tenté et réalisé depuis la Libération jusqu'à nos jours. Une tentative de désagrégation tramée par une organisation forte disposant de puissantes ressources financières et de soutiens solidaires non seulement internes, mais probablement aussi internationaux, une tentative qui n'est pas encore terminée : nous savons en effet, documents à l'appui, qu'elle est encore en cours.
(E’ stato operato il tentativo più pericoloso che la destra reazionaria abbia tentato e portato avanti dalla liberazione ad oggi. Questo tentativo disgregante, che è stato portato avanti con una trama che aveva radici organizzative e finanziarie consistenti, che ha trovato delle solidarietà probabilmente non soltanto di ordine interno, ma anche di ordine internazionale, questo tentativo non è finito. Noi sappiamo in modo documentato che questo tentativo è ancora in corso.)
Des mots sibyllins que Forlani a prononcés en public mais qu'il s'est bien gardé d'expliciter par la suite... Des mots qui dénonçaient ouvertement un complot, mais sans dire lequel, bien sûr.

Idem pour Berlusconi, qui parle de complot en essayant de noyer le poisson, c'est-à-dire en accusant tous et n'importe qui sans désigner nommément les États-Unis. C'est tout juste si, de temps en temps, lui et ses porte-parole font allusion à l'intervention de services étrangers.

Ceci dit, de plus en plus de voix s'élèvent en Italie pour remarquer cette situation. À commencer par Gioacchino Genchi, qu'on n'accusera certes pas d'être un pro-Berlusconi, et qui constate avec raison que les quelque 5 000 photos prises par Zappadu n'ont absolument pas pu l'être sans des complicités internes, puisque "d'autres photographes avaient déjà tenté le coup avant d'être arrêtés dans les minutes qui suivirent".

Il compare même les photos prises à l'aéroport, dont quelqu'un a forcément averti le photographe des dates et heures de vol et des personnes qui se trouvaient à bord, avec la taupe qui avertit Brusca que Giovanni Falcone venait d'atterrir...

Du reste, on ne prend pas 5 000 photos en un jour mais sur des mois, voire des années, et l'on se surprend de voir que le photographe les a gardées sous le coude pendant tout ce temps sans jamais en parler à personne, en attendant juste le bon moment pour les sortir au compte-gouttes mais suivant un rythme de publication savamment orchestré, puisqu'il a déjà averti que la prochaine série concernerait un faux mariage de Berlusconi avec une jeune fille, le "couple" étant entouré par un nuage d'autres jeunes filles...

Je vous laisse imaginer l'impact sur l'opinion publique. Mais c'est aussi et surtout une menace à peine voilée pour dire : après Noemi, après D'Addario, en voici d'autres, et derrière il y en aura d'autres, et d'autres encore...

Du genre, "maintenant, on va te casser" ! Fabrizio Cicchitto, autre célèbre colistier de Berlusconi sur les listes de la Loge Propaganda Due et actuel chef de groupe du PDL au parlement, s'en est d'ailleurs ému en se demandant ce qui se serait passé si l'on avait eu un tireur avec un fusil à lunette au lieu d'un paparazzi avec un appareil photo...

Un paparazzi un peu étrange d'ailleurs, plutôt photo reporter avec des accointances dans certains services, euh, disons ... secrets.

Il faut dire aussi que depuis longtemps, mais surtout dernièrement, les coups sur l'échiquier politique de Berlusconi sont à la limite de l'antiaméricanisme primaire. Fini la lune de miel avec Georges W. Bush ! :-)

C'est ainsi que Paolo Barnard, un journaliste sui generis, observe avec justesse que l'affaire Noemi n'est qu'un prétexte violemment invoqué par le Times, « bastion historique des conservateurs, porte-parole international des Conseils d'administration des plus grands groupes mondiaux », pour dissimuler des motifs bien plus graves : à savoir que Berlusconi doit avoir fait quelque chose qui n'a pas plu en hauts lieux, en suscitant la colère de ceux qui avaient parié sur lui outre Atlantique...

Sans quoi comment justifier que le séculaire quotidien sorte de ses gonds après 224 ans de tact purement britannique, en se lançant dans des attaques de bas étage du genre “Berlusconi est un clown”, “un bouffon chauvin”, un playboy pathétique, etc. ?

C'est ainsi qu'un blogueur, Gianluca Freda, nous propose une fine analyse où les dieux se déchaînent sur Berlusconi juste au moment où celui-ci serait sur le point de « favoriser la conquête d'une microscopique particule d’indépendance politique vis-à-vis des puissances étrangères qui tiennent depuis 65 ans l’Italie sous leur botte », c'est le cas de dire :
Certes, les tentatives de Berlusconi pour se démarquer n'ont jamais répondu à des intérêts politico-stratégiques clairvoyants d’autonomie nationale, mais uniquement à sa volonté mesquine de sauvegarder son propre pouvoir et de défendre son empire économique contre un encerclement de plus en plus rapproché.

...puisque depuis qu'il est arrivé en politique, il ne s'est intéressé qu'à ses affaires personnelles, en écrasant sous le talon de ses bottines tout ce qui risquait de limiter ses intérêts économiques, à commencer par le peuple italien.
D'où son isolement aujourd'hui face à l'ogre américain dès lors qu'il affiche sa volonté de se rapprocher de la Russie, en signant le 19 mai dernier un contrat Eni-Gazprom sur le gazoduc russe alors que les américains ont un projet concurrent - Nabucco - avec l'appui de partenaires occidentaux pour contourner la Russie, de recevoir Kadhafi avec tous les honneurs d'un chef d'état en lui laissant planter sa tente en plein cœur de Rome et comparer tout fier les États-Unis à Bin Laden (!), et encore de décider unilatéralement une mission de Frattini en Iran, sans le feu vert des États-Unis, ou enfin de laisser Tremonti appuyer la proposition chinoise de constituer un panier de “devises fortes”, autant d'initiatives dont Obama ne peut que fortement se réjouir, surtout par les temps qui courent...

En clair, ne pouvant plus se fier à Berlusconi, désormais totalement imprévisible et incontrôlable, aux États-Unis de plus en plus les instances au pouvoir doivent penser « !Tell the fucking spaghetti to do his own fucking business » !

C'est ainsi qu'un célèbre journaliste italien, Gad Lerner, conclut lucidement :
Raisonnons par l'absurde et donnons pour acquis que les théories du complot sont fondées, aussi bien celle selon laquelle Obama aurait un plan pour écarter Berlusconi, que celle indiquant Rupert Murdoch, éditeur de Sky et du Times, comme le stratège du discrédit antiberlusconien pour de basses raisons de concurrence télévisée. Nous devons alors considérer ces deux hypothèses également d'un point de vue extérieur. Pourquoi donc nos alliés ou des groupes médiatiques mondiaux devraient rester indifférents au fait qu'un groupe d'affairistes tournant autour du pouvoir absolu d'un seul individu est en train de prendre le contrôle d'un pays entier ? L'objection selon laquelle cela s'est fait par la voie d'un scrutin électoral ou que Berlusconi est fort du consentement d'une majorité d'italiens ne tient pas face à l'omnipotence sans scrupule avec laquelle il bafoue la séparation des pouvoirs qui garantit le maintien de la démocratie en Italie. Car lorsqu'il qualifie de délinquants criminels les juges et les journalistes qui enquêtent sur sa personne, ou lorsqu'il mélange avec la plus parfaite indifférence intérêt public et intérêts privés tant dans ses comportements que dans son mode de vie, alors il est temps de constater que le danger a déjà dépassé la cote d'alerte.

Et que tous les électeurs de droite devraient entendre le signal d'alarme qui nous parvient de l'extérieur. Avant que le faux nationalisme ne se transforme en nouvelle fracture de la démocratie.
On ne peut être plus clair.

Donc en conclusion, si Berlusconi arrive au bout de son parcours politique, ce n'est sûrement pas moi qui pleurererai. Au contraire, ce jour béni je fêterai ça comme il se doit.

Par contre vu l'immense bordel que sa "disparition" du champ politique risque de générer tant à gauche qu'à droite que dans tout le pays, situation propice à tous les débordements..., j'espère juste que les italiens en particulier et tous ceux qui vivent ici ou s'intéressent à l'Italie en général, sauront réunir suffisamment de forces et d'intelligences pour faire en sorte que les ingérences du passé ne deviennent pas ENCORE celles du présent et de l'avenir.

Car comme le dit si justement Beppe Grillo dans sa récente lettre à un italien jamais né, écrite à l'avant-veille du cent-cinquantième anniversaire (2011) de la naissance de l'Italie et pétrie de sensibilité malgré les apparences :
Si vous trouvez que 150 ans c'est trop peu pour construire une nation, une seule année de plus pourrait bien s'avérer insupportable...

Se 150 anni sembrano pochi per costruire una nazione, uno solo in più potrebbe essere insopportabile.
* * *

Liens connexes (en italien) :

Partager sur Facebook

P.S. Ni Cossiga (cacochyme cyclothymique), pour qui je n'ai aucune considération, ni Marco Travaglio, pour qui j'ai la plus grande considération, ne partagent l'idée d'un "complot" :
Il n'y a aucun complot, si l'on entend par complot une entité étrangère ou italienne, des pouvoirs forts ou des conneries du même acabit, qu'avons-nous de plus fort en Italie que Berlusconi ?

...non c’è nessun complotto, se intendiamo per complotto un’entità straniera o italiana, poteri forti, cazzate di questo genere, cosa c’è di più forte di Berlusconi in Italia?
Voir l'intégralité du discours retranscrit, en italien.



Ceci dit, si vous entendez parler dans la presse d'un complot présumé contre Berlusconi, au moins vous saurez d'où ça vient...

Par contre, ma conclusion sur les conséquences d'une "disparition du champ politique de Berlusconi" est la même que la sienne :
Si Berlusconi tombe, c'est toute la classe dirigeante qui tombe, aussi bien de droite que de gauche, qui n'est là que parce qu'il y a lui en face d'eux, ..., donc comprenez bien qu'au moment même où Berlusconi tombe, c'est l'ensemble du système qui s'écroule, exactement comme en 1992...

Quando cade Berlusconi, questa classe dirigente va a casa, quella di destra e anche quella di sinistra che sta lì soltanto perché dall’altra parte c’è lui, ..., quindi capite che nel momento in cui crollasse lui, crolla tutto come nel 1992...
Tomber ? Berlusconi n'y pense même pas, au contraire il relance sur le présidentialisme, qui serait le dernier maillon manquant à l'achèvement du projet de la P2, déjà presque entièrement réalisé...

, , , , , ,

mardi 16 juin 2009

134 milliards de dollars - les mystères de l'information

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

[MàJ - 18 juin 2009 - 0h01'] Bloomberg cite Stephen Meyerhardt, un porte-parole du gouvernement américain, qui déclare à propos des bons du Trésor : “They’re clearly fakes” !

Or je pense déjà l'avoir montré dans ce billet, en ligne depuis deux jours, que non seulement ces bons étaient faux, mais qu'en plus c'étaient des contrefaçons de faux ! Ce qui ne change absolument rien à mes conclusions...

* * *

Dans mon précédent billet intitulé "trop gros pour être faux", il est clair que je ne faisais pas référence aux titres en eux-mêmes, mais à la désinformation mondiale qui entoure cette histoire.

Sur le site du gouvernement américain dédié aux arnaques en tout genre, on apprend que les "U.S. Dollar Bonds" qui circulent en Asie sont tous des faux, fabriqués par la CIA dans les années 30 et au début des années 40 pour aider Tchang Kaï-chek dans sa lutte contre les communistes chinois. Enterrés par les généraux du Guomindang pendant des décennies, ce n'est qu'assez récemment qu'ils ont commencé à réapparaître. Le but "théorique" de ces contrefaçons étant d'obtenir en échange une fraction de leur valeur nominale.

Voici un exemple de bon contrefait d'une valeur nominale de 10 millions $, et dessous un exemplaire de "Morganthaus", du nom de Morganthau Henry Jr., Secrétaire au Trésor en 1934.



Vous remarquerez d'ailleurs que la conformation de cet exemplaire ressemble curieusement aux trois bons que l'on voit en bas à droite de la table :


De même que les 249 bons de 500 millions $ l'un ressemblent furieusement à celui-ci :


On le voit mieux sur cette capture :


Or rien n'est plus facile que de modifier sur un programme de retouche ONE HUNDRED MILLION DOLLARS en FIVE HUNDRED MILLION DOLLARS, de remplacer les 100 par des 500, et d'imprimer ça ensuite sur du papier filigrané de bonne facture.

Mais lorsque la douane italienne affirme qu'ils ont l'air tellement vrais qu'ils semblent crédibles alors que ce sont des contrefaçons de FAUX (le comble !), c'est la douane italienne qui n'est plus crédible.

Pas plus que le blackout qui entoure cette actu, alors qu'il s'agirait d'une des plus grosses contrefaçons de tous les temps ! Imaginez un instant si la police française trouvait des faussaires en possession d'un milliard d'euros en faux billets. Pensez-vous qu'on en entendrait parler, oui ou non ?

Pourtant là ce n'est pas un milliard d'euros que nous avons, mais 100 : cent milliards d'euros ! Et que fait l'information "officielle" ? L'AFP nous sort une dépêche minable 9 jours après la saisie, l'AP idem 13 jours après, au point qu'un journal tel que le Nouvel Obs copie-colle bêtement le même encart en répétant bêtement les mêmes bêtises à 4 jours d'intervalle !!!

Récapitulons :
Nous serions en présence d'une contrefaçon de FAUX facilement identifiable dès le premier jour, et pourtant on nous dit depuis le début qu'une bonne partie de la documentation bancaire est ORIGINALE, qu'il faudra deux semaines (!) à la SEC pour une expertise, et que les japonais ont été immédiatement relâchés sans être sûrs ni de leur identité ni du fait que les titres étaient vrais ou faux !!!
Donc ce qu'on attendrait de la PRESSE OFFICIELLE, mesdames et messieurs les journalistes professionnels, ce serait une ANALYSE de fond, pour nous expliquer par exemple quel pourrait être le véritable usage de ces 134,5 milliards de faux dollars.

Qui n'est certainement pas d'aller tenter de fourguer ça au premier plouc venu, mais dissimule sans aucun doute de l'inavouable, autant en termes de désinformation que de manipulation, très probablement en relation avec la situation politique et la crise économique mondiales, avec les tensions actuelles sur le dollar, etc.

Qu'un journal comme Rue89 démonte l'affaire, c'est tout à son honneur (notons au passage que c'est un pure player...), mais que les grands médias traditionnels - presse et télé -, y compris économiques, ne nous fournissent aucune explication ou analyse de fond sur les implications potentielles de cette histoire, c'est indigne d'une information qui se prétend tous les jours à la pointe de la déontologie professionnelle.

Et au lieu de ça on a des TF1 ou autres qui vont pomper l'info chez un blogueur sans même citer leur source, sauf l'Expansion, chose assez rare pour être soulignée. Certes, l'asymétrie de crédibilité dans l'information n'est pas nouvelle, mais vous faites vraiment tout pour vous faire taper sur les doigts...



by Joe Weisenthal

Liens connexes (en anglais) :


Partager sur Facebook

P.S. Enfin, dans la série "spécialistes", je note ce commentaire de tel Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste :
Bien entendu, dans cette affaire, on retrouve les inévitables idiots inutiles habituels tels que le Leap et autres blogueurs dans la même mouvance...
Cher Monsieur, je n'ai pas le déshonneur de vous connaître, mais si de temps en temps vous mettiez vos compétences au service de l'information au lieu d'ânonner des conneries à l'emporte-pièce, la blogosphère en sortirait grandie et le citoyen lambda moins ignorant.

Sachez enfin que j'apprécie votre commentaire à sa juste valeur, mais que l'inévitable idiot inutile habituel (triple apposition adjectivale un peu lourde) vous emmerde profondément. :-)

JML

, , , , , ,

dimanche 14 juin 2009

134 milliards de dollars - trop gros pour être faux

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXII. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - II (4 décembre 2011)
XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

Rue89 publie un billet qui démonte la rumeur en se basant sur une info de Bloomberg qui m'avait échappée :
Such high denominations would not have existed in 1934, the purported issue date of the notes, Mecarelli said. Moreover, the “Kennedy” classification of the bonds doesn’t appear to exist, he said.
Selon Rue89, les déclarations du Col. Rodolfo Mecarelli, interrogé par Bloomberg, ne laissent guère de place au suspense.


Disons d'emblée que si ces titres sont effectivement datés 1934, alors la certitude est quasi mathématique que ce sont des faux. Voir ici, , ou  :


Ceci dit, j'ai contacté la journaliste de Bloomberg à Milan pour me faire confirmer que le Colonel a bien été interrogé par Bloomberg, qui est la SEULE source à rapporter cette info, puisque je n'ai trouvé AUCUNE déclaration de Mecarelli en italien qui date les titres.

La seule interview apparemment disponible, que j'ai déjà mentionnée dans mon précédent billet, et selon laquelle un journal comme Die Welt affirme que les titres sont vrais (si j'ai bien compris), dit ceci :
Pour l'heure, je peux seulement dire que nous avons de gros doutes sur les 10 bons "Kennedy", d'une valeur nominale de 1 milliard $ l'un, tandis que les bons de 500 millions sont imprimés sur du papier filigrané d'excellente facture, ils semblent plus crédibles.
(...)
Naturellement, nous collaborons avec des experts des services secrets américains, et nous devrions bientôt disposer d'expertises officielles pour éclaircir la question.
(...)
Les japonais, en transit de l'Italie vers la Suisse, ont été interrogés et ont déclaré ce qu'ils avaient à déclarer. Ils sont à présent en liberté, je ne peux en dire plus pour le moment.

* * *

Per quanto riguarda i 10 bond denominati "Kennedy", dal valore nominale di 1 miliardo di dollari, posso dirle soltanto che abbiamo forti perplessità. Mentre per i 240 titoli da 500 milioni, la carta è filigranata e di ottima fattura. Sembrano più credibili.
(...)
Ovviamente collaborano con noi esperti americani del Secret Service. Al termine avremo perizie ufficiali per dirimere la questione.
(...)
I giapponesi, che viaggiavano dall'Italia alla Svizzera, sono stati interrogati ed hanno rilasciato le loro dichiarazioni. Al momento si trovano a piede libero. E naturalmente non posso dirle di più.
Donc nulle part il n'est question de titres datés de 1934. Nous verrons si la source est confirmée. Certains ont déjà noté la différence entre Die Welt et Bloomberg.

[MàJ - 11h20'] Quelques minutes après avoir posté ce billet, j'ai reçu une réponse de Sonia Sirletti, la journaliste de Bloomberg à qui j'ai écrit hier soir, qui me confirme qu'elle a interviewé personnellement le Colonel Mecarelli. Dont acte.

Il n'en reste pas moins que trop d'interrogations demeurent sans réponses, comme j'essaie de le montrer dans ce qui suit...

* * *

Pour autant, je ne suis pas tellement d'accord avec Rue89 qui taxe ça vite fait de "banale escroquerie". Une arnaque de 134,5 milliards n'est pas banale. Je pense même qu'à ce niveau-là, on doit plutôt les compter sur les doigts de la main.

Car selon moi, de même que l'affaire est trop grosse pour être vraie, elle est également trop grosse pour être fausse. Trop de choses clochent dans cette histoire mystérieuse, pour bien des raisons :
  • Le montant : 134,5 milliards $ (pas loin de 100 milliards € au change actuel), c’est du jamais vu ! En valeur, c’est plus de deux fois le scandale Madoff, 20 fois la peccadille Kerviel, aucun des plus gros fortunés du monde ne possède à lui seul un tel pactole, pas même les mafias, mais SEULS … des états, ou des gouvernements. Notamment sur les bons Kennedy d'1 milliard $, qui ne pourraient circuler qu'entre États ... s'ils étaient vrais, c'est clair. Mais a priori ça circonscrirait le champ des recherches. D'ailleurs au mois de mars 2009, seuls trois états au monde possédaient de telles réserves, la Chine, le Japon (20%) et la Russie. Outre la Banque centrale des Caraïbes et des pétroliers…
  • Les modalités : à Chiasso, petit poste frontalier entre l’Italie et la Suisse, les douaniers doivent voir passer autant de japonais qu'il y a d’européens ou d’américains qui vont en vacances en Corée du Nord…
    Donc que ce couple étrange ait éveillé les soupçons des douaniers, c’est la moindre des choses. Quant à savoir pourquoi ils ont choisi cette façon d’entrer en Suisse, c'est difficile à expliquer. La seule explication que je trouve plausible, c’est que les japonais auraient grandement sous-estimé les italiens ! Ils ont dû se dire que c’était gagné d’avance, mauvais calcul  ! Car comme l’a observé très justement quelqu’un sur un forum :
    je connais ce poste frontière. C'est "perdu" avec TRÈS peu de passage "étranger", quasi que des "frontaliers" sauf en période touristique. Pas bien renseignés ces japs...
  • La mise en liberté : ces deux « japonais » ont été relaxés quasi-immédiatement, alors même que les autorités japonaises déclaraient ne pas encore être sûres de leur citoyenneté et que les autorités italiennes déclaraient ne pas encore savoir si ces bons étaient vrais ou faux. Or dans ces conditions, la garde à vue ne s'imposait-elle pas, tout au moins jusqu'à avoir obtenu une réponse fiable à ces deux inconnues ?
  • La matérialisation des titres : il existe encore des bons papiers et le document que j'ai précédemment indiqué montre bien l'existence de U.S. Treasury Checks de 500 millions $ l'un avec échéance à 5 ans (toujours sans connaître la nature précise des bons, contrefaits ou non) ;
  • Les messages du scam nigérien japonais sont totalement farfelus, limite désinformation maintenant que l'histoire est sortie !
    Greetings from Milan,

    This letter must come to you as a big surprise, but I believe it is only a day that people meet and become great friends and business partners. I am Mr. Shoichi Nakagawa, former Finance Minister for a Group of 7 country. I write you this proposal in good faith, believing that I can trust you with the information I am about to reveal to you.

    I have an urgent and very confidential business proposition for you. In February of this year an agent of a foreign power spiked my cold medicine with opiates causing me to nod off during an important press conference. I was subsequently forced to resign in disgrace.

    As my termination loomed I took the chance to retain US DOLLARS 134 BILLION in negotiable bearer bonds I found forgotten in the dusty bottom drawer of the prime minister's desk. I have since, by the grace of God, deposited these documents with trusted associates in Italy.

    As I am under constant surveillance I cannot directly deposit these bonds without the help of a foreigner and that is why I am contacting you for an assistance. My associates will travel to Switzerland by train to deliver the documents to the Swiss banking organization of your choice.

    If you accept to work with me, I want you to state how you wish us to share the funds in percentage, so that both parties will be satisfied. If you are interested, contact me as soon as you receive this message so we can go over the details. Thanking you in advance and may God bless you. Please, treat with utmost confidentiality.

    I wait your urgent response.
    Regards,

    Mr. Shoichi Nakagawa
  • Le moment où cette histoire sort : crise financière mondiale, très fortes tensions sur le dollar américain, coïncidence de la somme avec la disponibilité annoncée dans le cadre du TARP ou encore avec les 134,5 milliards $ que les japonais auraient investis en bons du Trésor entre janvier 2004 et janvier 2005...
  • Les motivations : c'est la partie plus difficile à définir ; là encore indépendamment de la véridicité ou non des titres, aucune explication n'est évidente...
Avec toutes les questions connexes que ces "motivations" et les circonstances soulèvent :
  1. Si les titres sont vrais, pourquoi les passer de cette manière et risquer tant ?
  2. Dans le cas contraire, qui peut espérer en 2009 tromper un interlocuteur forcément institutionnel, à ce niveau-là, en lui présentant de faux titres portant une date à laquelle aucun bon de ce montant n'aurait été émis !? Une trame tellement grossière d'un côté, contredite de l'autre par l'excellente facture du papier filigrané, d'une qualité telle que les douaniers italiens, pourtant pas les premiers venus, doivent faire appel à des experts américains ?

    Et surtout, s'ils sont faux, est-ce la première fois que cette contrebande se produit ? Qui nous dit que chaque semaine, jour ou mois, il n'y pas un passeur plus anonyme qui aurait réussi à ne pas se faire prendre. Et depuis combien de temps ? Pour quels montants ? Et qui nous dit alors que le but de ces deux japonais n'était pas justement de se faire prendre ?

    Enfin, puisqu'ils sont faux, comme semble le prouver la photo ci-dessus, ce n'est certainement pas un délai de quinze jours qu'il aura fallu à la SEC pour déterminer la contrefaçon, mais plutôt de quinze secondes. Donc en admettant qu'on aie une réponse "officielle" en début de semaine, j'imagine que la différence d'environ 1,3 million de secondes aura été bien employée pour caler les versions du discours à présenter à la face du monde, y compris entre Obama et Berlusconi qui vont se voir dans quelques heures, histoire que rien ne dépasse et que les béotiens de tous les pays soient rassurés...
  3. Last but not least, pourquoi la réaction des grands médias dans le monde est-elle aussi circonspecte ? Rukin commente :
    Il ne s'agit certainement pas d'un quelconque complot du silence mais je pense que les journalistes doivent avoir beaucoup de mal à donner du sens à cette info...
    Certes, mais de là à ne pas en parler, il y a de quoi se perdre en conjectures...
Tout ça fait quand même beaucoup de questions sans réponses. Trop !

En conclusion, comme l'observe un blogueur américain spécialisé dans la finance, cette histoire appelle quand même quelques explications et n'en demeure pas moins un signal inquiétant de désinformation ou de manipulation à grande échelle.

Donc, au final, même si les titres sont faux, l'affaire est vraie, et je crois surtout qu'avec cette mystérieuse histoire on se fout de notre gueule dans les grandes largeurs !




Partager sur Facebook

P.S. Cf. historique des fraudes aux bons du Trésor U.S.

, ,

mercredi 10 juin 2009

134 milliards de dollars - suite

[MàJ - 18 juin 2009] LES BON$ ÉTAIENT FAUX !!!

[MàJ - Août 2009] LES BON$ ÉTAIENT VRAIS ?

* * *

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXII. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - II (4 décembre 2011)
XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

Billet repris par l'Expansion, qui est pour l'instant le seul journal à citer la source (voir en P.S.) et à avoir vérifié directement l'info auprès de la Guardia di Finanza. Du vrai travail de journalistes, quoi !

* * *

Je vous ai déjà parlé de la saisie de 134 milliards de dollars à la frontière Italie - Suisse, une info tellement grosse qu'elle pourrait passer pour une intox, d'autant plus que personne n'en parle.

Oui mais voilà, lorsque la vidéo est tournée par la Guardia di Finanza, c'est tout ce qu'il y a de plus sérieux. Idem pour la photo diffusée :


Voici d'ailleurs le communiqué officiel, n° de protocole 78836 /RU !


Donc vous pouvez considérer l'info certifiée, vérifiée, authentifiée, etc.

Quant à donner une idée de l'énormité de la somme, rien de mieux qu'une image :


Le tas de billets que vous voyez représente 205 millions USD en petites coupures, séquestrés à des narcotrafiquants. Et bien pour parvenir à la somme saisie à Chiasso, il vous suffit de faire 655 autres petits tas comme ça...

Donc beaucoup de choses me troublent dans cette histoire, et notamment la coïncidence, qui ne peut être qu'un hasard, c'est clair, entre le montant de la somme saisie, 134,5 milliards USD, et les 134,6 milliards USD dont dispose actuellement le gouvernement américain pour stabiliser le système financier !

D'autant plus que ces 249 “bonds de la Federal Reserve” d'une valeur nominale de 500 millions USD l'un, et ces 10 “bonds Kennedy” d'une valeur nominale de 1 milliard USD l'un (249 x 500 + 10 = 134,5 milliards) ne peuvent certes pas être négociés par des particuliers, mais uniquement par des états !


Sans compter que selon le communiqué, les douaniers ont également saisi une importante documentation bancaire ORIGINALE. Tout au moins c'est leur évaluation.

En cherchant sur Internet, j'ai trouvé un site qui raconte une expérience similaire, toutes proportions gardées, et qui remonte à janvier 2008, où un citoyen de Singapour dépose auprès de la Federal Reserve des titres du Trésor américain d'une valeur nominale de 500 millions USD l'un, placés sur le marché suisse. La Federal Reserve reçoit donc ces deux titres, d'une valeur globale d'1 milliard USD, en émettant un reçu de dépôt (custodial safe keeping receipt) en contrepartie :
We declare that this custodial Safekeeping Receipt is an operating, fully confirmed instrument, and is governed by and to be construed in accordance with the applicable laws of the country (United States of America), the United Kingdom, the Nederland's, and Switzerland and the rules of the International Chamber of Commerce (I.C.C.) 500/600 Latest Revision, Paris France, governing Uniform Customs and Practice for Documentary Credit, and engages is in accordance with the terms thereof.

We also declare that any copy of this instrument will be valid and legal as the original.
Signé Ben S. Bernanke (Gouverneur) et Roger W. Ferguson Jr (Vice-Gouverneur).


Donc je ne sais pas ce qui se cache derrière toute cette histoire, mais comme dit le Chauffeur, c'est ÉNOOOOOOORME !!! Et même plus...

Bizarre en tout cas que personne n'en parle au-delà des Alpes. Même le FBI et les services secrets américains sont sur le coup, après que l'ambassade US à Rome ait été informée d'urgence.

Mais si les titres sont vrais, l'Italie a gagné le jackpot, avec une amende exigible dépassant 38 milliards d'euros : voilà de quoi renflouer les caisses...

Liens connexes en anglais : Concernant le premier billet listé, un commentateur renvoie à une dépêche REUTERS de 2007, en citant le passage suivant :
U.S. TIC data show that during the 12 months ending January 2007, Japanese investors bought just $18.2 billion in Treasury coupons, or approximately $1.5 billion a month, a sharp contrast from the 12 months ending January 2005 when Japanese investors purchased $134.5 billion of U.S. government debt, McCarthy noted.
Or comme on peut le voir sur le document ci-dessous, la durée de ces U.S. Treasury Checks est de 5 ans :


Du 31 mars 2006 au 31 mars 2011 sur le certificat de dépôt. Donc si les investisseurs japonais détenaient 134,5 milliards de $ de bons du trésor américain de janvier 2004 à janvier 2005, leur échéance à 5 ans serait entre janvier 2009 et janvier 2010...

Nous y sommes, non ?

* * *

Et puisque moi, j'y suis (cette affaire m'obsède, j'ai horreur de ne pas comprendre les choses), je poursuis mon raisonnement, à partir de la conclusion de ce billet, selon laquelle cette actu est extrêmement significative, en ce sens que l'une des trois propositions de cette alternative doit être vraie :
1. The Japanese are trying to secretly divest themselves of about 25% of their US debt. (They own about $600B in US debt.)

2. The Japanese are acting as Chinese or North Korean agents in trying to help them divest themselves of US debt in secret.

3. There is an enormous sum of counterfeit US debt out there and these guys are trying to sell some of it.

None of these cases bodes well for the US debt market.
Personnellement, je laisserais la troisième proposition de côté, car une contrefaçon de cette ampleur n'aurait aucune chance de marcher...

Restent les deux premières : soit les japonais cherchent à s'en débarrasser pour leur propre compte, soit pour le compte des chinois ou des nords-coréens...

Mais pourquoi ? Lisez le passage qui suit, ça laisse rêveur :
Eté 2009 : La rupture du système monétaire international se confirme

...pour LEAP/E2020, il ne fait aucun doute que Pékin cherche sans relâche désormais (3) à se débarrasser au plus vite de cette montagne d'actifs « toxiques » que sont devenus les Bons du Trésor US et la devise américaine sous laquelle la richesse de 1 milliard 300 millions de Chinois (4) est emprisonnée. Dans ce GEAB N°34, notre équipe détaille donc les « tunnels et les galeries » que Pékin creuse discrètement depuis plusieurs mois dans le système économique et financier mondial afin de s'évader du « piège Dollar » d'ici la fin de l'été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s'ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international, dans la droite ligne d'un G20 de Londres dont le communiqué final se lit comme la « chronique d'une dislocation géopolitique annoncée » ainsi que LEAP/E2020 l'analyse dans ce numéro du Global Europe Anticipation Bulletin.
Article paru le 15 avril 2009. En clair, pour Pékin, le système Dollar, c'est fini.

Peut-être bien que pour Tokyo aussi, après tout ! Le Japon étant le deuxième détenteur au monde de bons du trésor américain.


Contacté par Bloomberg, le Ministère japonais des Affaires étrangères a déclaré par un porte-parole que le consulat du Japon à Milan suivait le dossier. En attendant les deux japonais ont été relâchés...

Une relaxe étrange à plus d'un titre, puisqu'un porteur d'obligations non déclarées risque normalement la prison pour des quantités sans aucune proportion avec celles dont il est question ici.

Mais surtout parce qu'ils sont déjà en liberté alors même que les autorités japonaises continuent de prétendre qu'elles ne sont pas encore sûres de leur identité, à savoir si ce sont des citoyens japonais ou pas !

Partout sur les forums et les articles anglo-saxons que je consulte, les américains commencent à approfondir le rôle du Japon dans cette histoire, et d'aucuns n'hésitent pas à mettre en relation cette saisie, l'annonce de la disponibilité d'un même montant dans le cadre du TARP (dont j'ai signalé la coïncidence bizarre dès mon premier billet) et la toute récente lettre de démission du Ministre de l'Intérieur japonais, M. Kunio Hatoyama, selon l’agence Kyodo News (voir ici en français, les deux dépêches de l'AFP étant publiées pratiquement en même temps !) (cf. mise à jour en fin de billet)...


Partager sur Facebook

P.S. À noter qu'une telle amende représenterait près de 8 fois la valeur des biens mafieux saisis par l'État italien en 2008, soit 4,9 milliards d'euros (qui était déjà le triple par rapport à l'année précédente) ! ÉNOOOOOOORME, vous dis-je...

[MàJ - 11 juin, 17h30'] Tiens, l'info commence à sortir ! Ils auraient pu citer la source...

Ils ont même converti les 134 milliards $ en "un peu moins de 100 millions d'euros" au lieu de 100 milliards €, mais c'est vrai qu'on n'est pas trop habitués à ces ordres de grandeur !


[MàJ - 11 juin, 18h20'] Ils sont vraiment très Web 2.0 sur TF1 ! Je commente en disant qu'ils se sont trompés sur la conversion, ils corrigent les millions en milliards et ils publient même pas mon commentaire (en ligne 24 heures après, va falloir changer de système :-) ! Bien, les jeunes, bien...

[MàJ - 11 juin, 19h30'] Idem pour le Nouvel Obs, qui fait un copier-coller et convertit les milliards de dollars en millions d'euros...



Repris plus tard tel quel par Challenge qui corrige le premier "millions" mais pas le deuxième...



[MàJ - 12 juin 2009, 18h] L'info vient juste d'être sortie par l'AFP ... neuf jours après que l'événement se soit produit ! Pour l'instant elle est reprise sur le mode copier-coller bête et méchant, par Le Point, Le Monde, 24Heures.ch et Les Echos (en consultation payante !!!) : chers abonnés des Échos, venez sur Adscriptor, vous en saurez 100 fois plus pour pas un rond :-)

[MàJ - 15 juin 2009, 18h40'] Et voilà qu'ils remettent ça chez le Nouvel Obs (voir plus haut) ! Après que l'AFP ait attendu 9 jours pour sortir l'info, maintenant c'est au tour de l'AP, il y a 4 heures, ils republient donc à 4 jours de distance la même info bêtement copiée-collée...


Il faudra que tôt ou tard je consacre un billet à cette manière de faire l'information...

, ,

mardi 9 juin 2009

Google : Centre Universel de Traduction


Annoncé depuis presque un an, nous y sommes !

Sans tambours ni trompettes, Google vient d'annoncer sur son blog chinois (!) (cf. traduction automatique Google en français) la pré-ouverture de son Centre universel de traduction, que je nomme ainsi en référence à la mémoire de traduction universelle que la société va ainsi créer, ou Large-Scale Translation Memory comme ils l'appellent...


Il s'agit non pas de la 21e place de marché dédiée à la traduction, mais bien de la première place de marché du 21e siècle, une véritable révolution en perspective pour les traducteurs du monde entier. Est-ce que cette révolution sera aussi une évolution ? Nous verrons à l'usage...


En attendant, laissez-moi vous présenter le service. Baptisé Google Translator Toolkit, c'est selon moi le préalable à la véritable place de marché, qui permettra de mettre en contact clients et traducteurs sans aucun autre intermédiaire, sinon Google qui offrira gratuitement le poste de travail et les outils traductionnels au milieu. Voyons donc de plus près cette boîte à outils.



En clair, lorsque vous accédez au service :


vous arrivez de suite via votre compte Google sur la page du Centre de Traduction de Google :


puis de là à votre espace de travail, basé sur Google Docs comme nous l'expliquent fort bien (en anglais) Alex Chitu et Tony Ruscoe (via TomHtml, le chenapan ! :)


Vous pouvez alors charger un fichier de votre ordi, traduire une page Web, une page Wikipedia ou un Knol :


Or comme pour l'instant il n'est possible que de traduire de l'anglais vers les autres langues et pas vice-versa, j'ai chargé un de mes billets en anglais intitulé ... Google and the Universal Translation Memory, en nommant le projet (puisque ce sera la page du texte traduit) Centre de traduction Google :


J'arrive alors sur l'espace de travail avec les deux textes en parallèle, avec à gauche l'original (en anglais dans ce cas), et à droite la version française prétraduite automatiquement par Google :


À noter qu'on peut disposer les fenêtres verticalement ou horizontalement, et que l'espace de travail, familier à tous les traducteurs professionnels qui disposent depuis des années déjà d'environnements de traduction organisés de cette manière, se décompose de la façon suivante :


En haut à gauche, vous avez le titre du projet de traduction ; en haut à droite, le nombre de mots du texte et le pourcentage de progression de la traduction ; à gauche le segment de texte surligné en jaune qui est la partie à traduire, et à droite, en regard, une fenêtre éditable avec le texte à traduire et ce que Google appelle des placeholders, pour faire en sorte de traduire sans toucher les balises, et donc sans modifier le formatage du texte.

Dans la partie basse de l'écran, à gauche, vous pouvez charger vos propres glossaires formatés, utiliser des glossaires de traduction, les créer ou en fusionner (taille limitée à 1 Mo), utiliser des mémoires de traduction, les créer ou en fusionner (taille limitée à 50 Mo), les partager (attention : DANGER ! pour les traducteurs professionnels, interdiction ABSOLUE d'utiliser Google pour traduire le matériel confidentiel de vos clients, qui n'apprécieraient pas de retrouver leurs textes sur Internet...), etc. etc.

J'arrête ici cette présentation sommaire, mais vous comprendrez que pour ce blog, né à l'enseigne de la traduction, à laquelle j'ai consacré de nombreux billets en général, et au binôme Google + traduction en particulier (une trentaine de billets en tout dont je publierai bientôt une liste à jour), cette nouvelle est vraiment de celles qui me font l'effet d'une bombe.

Tout comme il est probable qu'elle fera le même effet à toutes les parties prenantes, concernées de près ou de loin par la traduction. J'aurai l'occasion d'y revenir...



Partager sur Facebook

, , , , , , , , ,