mercredi 24 juin 2009

134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond !

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI.
134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

Non, décidément, le compte n'est pas bond !
  • Que les idiots utiles soient sûrs et certains que les titres sont faux (raison pour laquelle seuls les idiots inutiles en parlent...), ce dont je me suis convaincu moi-même après moultes recherches, c'est une chose.
  • Mais que l'histoire soit vraie et que personne ne l'ait analysée ou n'en ait parlé proportionnellement à son ampleur potentielle, c'en est une autre !
Notamment au vu des incohérences multiples et de la désinformation flagrantes qui entourent cette histoire. Où la fouchette des possibles entre les dits et les non-dits ne fait qu'ajouter à la confusion.

Dans cette affaire je n'ai aucune théorie du complot à proposer (contrairement à ce que je peux penser sur Berlusconi et qui n'engage que moi...), aussi me limiterai-je à examiner les faits.

En partant de la SEULE déclaration officielle dont nous disposons, le communiqué de la GDF n° de protocole 78836 /RU :


Qui dit exactement ceci (extraits, c'est moi qui souligne) :
Les titres étaient en possession de deux Japonais, âgés d'une cinquantaine d'années, qui ont affirmé aux douaniers n'avoir rien à déclarer à leur descente du train en provenance d'Italie.

Or un contrôle minutieux de leurs bagages a permis de trouver, cachés dans le double-fond d'une valise contenant leurs effets personnels, 249 “bonds de la Federal Reserve” d'une valeur nominale de 500 millions USD l'un, et 10 “bonds Kennedy” d'une valeur nominale de 1 milliard USD l'un, outre une importante documentation bancaire ORIGINALE.

Les bons du Trésor et les documents qui les accompagnaient ont été saisis et font actuellement l'objet d'une enquête pour en déterminer l'authenticité et l'origine.

* * *

I valori erano posseduti da due cinquantenni giapponesi che, scesi da un treno proveniente dall’Italia, al momento del controllo doganale affermavano di non avere nulla da dichiarare.

Un’accurata verifica dei bagagli ha consentito di rinvenire, nascosti sul fondo di una valigia in uno scomparto separato da quello contenente gli indumenti personali, 249 bond della “Federal Reserve” americana del valore nominale di 500 milioni ciascuno, e 10 “Bond Kennedy” del valore nominale di 1 miliardo di dollari ciascuno, oltre a una cospicua documentazione bancaria in originale.

Per i bond e la documentazione di interesse valutario che li accompagnava, anch’essa sottoposta a sequestro, sono attualmente in corso indagini volte a stabilirne l’autenticità e la provenienza.
Un communiqué officiel paru le 4 juin 2009, très peu repris dans la presse italienne et pas du tout dans la presse internationale. Il faudra attendre quelques jours, jusqu'au 8 juin, le jour même où j'en ai parlé pour la première fois sur Adscriptor, pour lire sur un blog italien une très brève interview du Colonel Rodolfo Mecarelli, commandant provincial de la GDF à Côme, qui nous fournit quelques éléments supplémentaires déjà relatés ici :
Pour l'heure, je peux seulement dire que nous avons de gros doutes sur les 10 bons "Kennedy", d'une valeur nominale de 1 milliard $ l'un, tandis que les bons de 500 millions sont imprimés sur du papier filigrané d'excellente facture, ils semblent plus crédibles.
(...)
Naturellement, nous collaborons avec des experts des services secrets américains, et nous devrions bientôt disposer d'expertises officielles pour éclaircir la question.
(...)
Les japonais, en transit de l'Italie vers la Suisse, ont été interrogés et ont déclaré ce qu'ils avaient à déclarer. Ils sont à présent en liberté, je ne peux en dire plus pour le moment.

* * *

Per quanto riguarda i 10 bond denominati "Kennedy", dal valore nominale di 1 miliardo di dollari, posso dirle soltanto che abbiamo forti perplessità. Mentre per i 240 titoli da 500 milioni, la carta è filigranata e di ottima fattura. Sembrano più credibili.
(...)
Ovviamente collaborano con noi esperti americani del Secret Service. Al termine avremo perizie ufficiali per dirimere la questione.
(...)
I giapponesi, che viaggiavano dall'Italia alla Svizzera, sono stati interrogati ed hanno rilasciato le loro dichiarazioni. Al momento si trovano a piede libero. E naturalmente non posso dirle di più.
Nulle part il n'est question de titres datés de 1934, jusqu'à la dépêche publiée par Bloomberg le 12 juin (sur laquelle Rue89 a basé son article), SEULE source à rapporter cette info, et dont j'ai obtenu confirmation par la journaliste de Bloomberg qu'il s'agissait bien d'une déclaration directe du Colonel Mecarelli, interviewé par Sonia Sirletti.

Le jour même, dans une deuxième dépêche, Bloomberg précise que les autorités japonaises ne sont pas encore sûres qu'il s'agit bien de citoyens japonais : « An official at the Consulate General of Japan in Milan, who only gave his name as Ikeda, said it still hasn’t been confirmed that the individuals are Japanese. » !

Il faudra attendre six jours, le 18 juin, pour que Bloomberg, encore, cite Stephen Meyerhardt, un porte-parole du Trésor américain, déclarant que de toute évidence les titres sont faux : “They’re clearly fakes” !

Mais d'ajouter par ailleurs :
Tout ce que nous avons vu, ce sont des photos qui tournent sur Internet, mais cela nous suffit pour affirmer que ces bons du Trésor sont des contrefaçons...

"All we've seen is a photograph that's been moved on the Internet. But just with that we can tell that those are not real Treasury securities."
Questions :
  • peut-on assimiler une telle déclaration à l'expertise officielle que les douaniers italiens affirment avoir sollicité plus de deux semaines auparavant ?
  • fallait-il attendre 15 jours (du 3 au 18 juin) pour fournir les résultats d'une telle "expertise" sur la base de telles "preuves documentaires" ?
  • n'y a-t-il pas une contradiction majeure entre ce constat de faux tellement grossiers que de simples photos suffisent à les identifier à distance, et les premières déclarations de la douane italienne qui font état d'une importante documentation bancaire ORIGINALE et de bons imprimés sur du papier filigrané d'excellente facture, au point de sembler crédibles ?
  • et si, comme le laisse entendre le communiqué officiel italien, une importante documentation bancaire ORIGINALE accompagnait les titres, et que les titres sont faux, de quelle importante documentation bancaire ORIGINALE s'agit-il ?
  • et s'il est avéré "officiellement" que les titres sont faux, pourquoi les deux personnages interpellés à Chiasso et presque immédiatement relaxés parce que leur avocat se serait porté garant pour eux ne sont-ils pas arrêtés ? A-t-on perdu leurs traces ? Est-on sûrs de leur identité ?
Mais l'histoire ne s'arrête pas là...

Le lendemain, 19 juin, tout en relatant les propos de M. Takeshi Akamatsu, attaché de presse du Ministère japonais des Affaires étrangères, qui déclare n'avoir aucune idée de la où se trouvent ses présumés concitoyens (“We don’t know where they are now,” Mr Akamatsu said), le Financial Times publie l'un des papiers les plus absurdes que j'ai eu l'occasion de lire sur cette affaire, en accusant la mafia d'être à l'origine de cette contrebande de faux titres.

Un papier indigne d'une gazette de quartier, qui n'est étayé par aucune info ou source pertinente, basé sur des rapprochements hasardeux et forcés avec une affaire précédente mais sans le moindre rapport avec celle-ci, et le FT aurait déployé des journalistes en Italie, au Japon, à New York et à Washington pour pondre ce torchon !

Par quelque bout que vous preniez la chose, c'est totalement absurde, incompréhensible, inconcevable !

Car si l'on donne crédit à cette supercherie fantaisiste (comment croire un seul instant que la mafia ferait passer 134,5 milliards de faux bons d'Italie en Suisse par deux japonais dans un train régional !?), alors pourquoi ne pas prendre pour argent comptant l'autre version du Turner Radio Network, publiée le lendemain, 20 juin, qui affirme avoir eu confirmation (quand ?, comment ?, par qui ?...) que les deux japonais seraient des employés du Ministère des Finances japonais qui tenterait d'écouler secrètement leur bons du Trésor en $.

Je n'ai aucune idée de ce qu'est ce Turner Radio Network et l'histoire qu'ils racontent peut sembler totalement farfelue, mais ni plus ni moins que celle du Financial Times ! Et si en théorie on peut évacuer le premier d'une pichenette, il n'en va pas de même du second : quelle est la véritable motivation et quels sont les objectifs de cet "article", qui sera d'ailleurs repris ici et , si ce n'est de brouiller ultérieurement les pistes ?

Depuis le début, on se perd en conjectures... Et ça continue :

Aujourd'hui je lis de nouveaux développements sur deux journaux économiques très connus en Italie, aussi sérieux que Il Sole 24 Ore, à savoir Italia Oggi et Milano Finanza, ce dernier commençant ainsi :
Les autorités italiennes considèrent suspecte la précipitation avec laquelle Washington a jugé que les bons étaient faux, vu l'enjeu d'une amende de 38 milliards d'euros. Reste encore à clarifier l'identité des deux suspects japonais et la nature de leurs relations avec la Banque centrale de Tokyo (...), une histoire qui risque maintenant de se transformer en affaire diplomatique.

Le autorità italiane considerano sospetta la fretta con cui Washington ha giudicato falsi i titoli obbligazionari. In ballo una sanzione da 38 miliardi di euro. Da chiarire l'identità dei due giapponesi indagati e i loro rapporti con la Banca centrale di Tokyo.

Il giallo del maxisequestro da 134,5 miliardi di dollari di buoni del Tesoro americani alla frontiera tra Italia e Svizzera ora rischia di diventare un caso diplomatico.
Car c'est là où les choses se compliquent, comme le détaille le premier article (qui titre « Maintenant, que le Japon nous paie 38 milliards $ », en confondant d'ailleurs $ et €, une constante dans cette histoire) :
Le fait est que la seule chose dont on est sûrs pour le moment, c'est que les deux suspects sont bien japonais, l'un de la préfecture de Kanagawa, au centre du Japon, et l'autre de la préfecture de Fukuoka, à l'ouest du pays. Mais il y a plus encore.

Selon des sources confidentielles, l'un des deux, Tuneo Yamauchi, serait le beau-frère de Toshiro Muto, ancien vice-gouverneur de la Banque du Japon. Un détail loin d'être négligeable dans l'actuel bras de fer entre les autorités italiennes, japonaises, et la Fed. Car si la Guardia di Finanza avait estimé dès le départ que les titres étaient contrefaits, les deux hommes auraient dû être arrêtés et non pas remis en liberté sans commentaires.


Fatto sta, che l'unica cosa finora accertata è che i due fermati sono realmente giapponesi e provenienti uno dalla prefettura di Kanaga nel Giappone centrale e l'altro dalla prefettura di Fukuoka nel Giappone occidentale. Non solo.

Uno dei due fermati Tuneo Yamauchi, secondo fonti riservate sarebbe il cognato dell'ex vice governatore della Banca del Giappone Toshiro Muto. Un dettaglio non da poco nel possibile braccio di ferro tra le autorità italiane, quella giapponese e la Fed. Sì, perché se la Guardia di finanza avesse ritenuto che i titoli erano contraffatti avrebbe dovuto arrestare i due giapponesi che invece sono stati rilasciati senza rilasciare nessun tipo di commento.
Car de deux choses l'une :
  1. Soit les bons sont faux, et les porteurs auraient dû être arrêtés ;
  2. Soit ils sont vrais, ce qui expliquerait leur remise en liberté, mais pas le fait qu'aucune amende n'ait été dressée... à moins qu'ils n'aient été relâchés sur disposition du gouvernement italien pour des questions d'intérêt national...
Donc j'ignore quelles sont les sources de ces infos, déjà relatées hier par AsiaNews en italien et en anglais, mais avec un tel luxe de détails sur des journaux aussi sérieux, perso je dirais que l'affaire se complique...

Qu'en pensez-vous ? [Début]


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P.S. À propos des sources à peine mentionnées, quelques précisions.

Soit Italia Oggi et Milano Finanza ont des sources qui coïncident avec celles d'AsiaNews (IT) (EN), soit ils se sont inspirés des sources de ce dernier, vu que les articles d'AsiaNews sont sortis la veille (23 juin) par rapport à ceux d'Italia Oggi et de Milano Finanza (24 juin).

Auquel cas il conviendrait d'évaluer la crédibilité d'AsiaNews : site géré par père Bernardo Cervellera, missionnaire de l'Institut Pontifical des Missions Étrangères, ex-directeur de Fides (1997-2002), l’agence de presse du Vatican, qui a vécu à Pékin et collabore actuellement au quotidien «Avvenire» et intervient comme expert de politique internationale dans des émissions télé de premier plan...

Une source reconnue, dont l'intégrité est difficile à mettre en cause !

Mais quand bien même Italia Oggi et Milano Finanza se seraient inspirés d'AsiaNews, je ne doute pas un instant que des journaux économiques aussi professionnels - au niveau des Échos ou de la Tribune en France, pour faire une comparaison - auront recoupé l'info et les sources avant de les publier !

[MàJ - 26 juin 2009, 0h40'] Le New York Times vient de consacrer un article à cette histoire, qui semble confirmer la position de Stephen Meyerhardt (voir plus haut), en la corroborant par cette citation de Darrin Blackford, un porte-parole des Services Secrets contactés par la police financière italienne pour déterminer l'authenticité des titres saisis (“legitimacy of the seized financial instruments”), qui déclare dans un courriel envoyé au NYT :
Nos services ont vérifié que les titres étaient des faux, qui n'avaient jamais été émis par le Gouvernement des États-Unis.

... Agency had verified the bonds were “fictitious instruments and were never issued by the United States Government.”
Par contre l'article ne touche mot ni de l'identité des japonais ni du fait que l'un des deux serait le beau-frère de l'ancien vice-gouverneur de la Banque du Japon, en précisant que ni le Département du Trésor ni Europol ne peuvent commenter l'affaire tant que l'enquête italienne est en cours.

Or même si les titres sont faux, ce qui pose problème aujourd'hui c'est davantage « l'identité des deux suspects japonais et la nature de leurs relations avec la Banque centrale de Tokyo », car j'imagine que dans le titre « Maintenant, que le Japon nous paie 38 milliards $ », l'élément clé subliminal ce n'est pas l'amende, mais le fait que le Japon pourrait être impliqué au plus haut niveau dans cette histoire.

Et qui dit Japon dit États-Unis ?

En outre il est étrange qu'actuellement le dialogue semble avoir lieu par journaux interposés ! Le mystère continue... [Début]

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mardi 23 juin 2009

Nuages sémantiques


Je découvre sur le blog de Nicolas Vanbremeersch une analyse rapide du discours de Sarkozy qui s’est exprimé hier, pour la première fois depuis 1873, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès à Versailles.

Or Versac (si j'écris Nicolas, on saura plus duquel je parle :-) nous propose une bonne analyse mais un nuage sémantique confus :


et donc peu expressif du fait qu'il contient tous les mots vides du discours, d'où un sens noyé dans le flux.

De ce point de vue, le nuage proposé par Vincent en se basant sur le même discours me semble un peu plus pertinent, même s'il reste bruyant :


Moi qui me sens l'âme d'un népho-sémanticien (néologisme modeste combinant néphologie et sémantique), voire de faux sémanticien tout court, je ne pouvais résister à l'envie d'y ajouter mon grain de sel, surtout depuis que je maîtrise à la perfection le binôme Quensis (sémantique) et Wordle (néphologie)...

En intégrant quelques différences dans le classement des mots par rapport au tableau utilisé par Versac, puisque lui ne prend pas en compte les pronoms personnels.

Or lorsqu'on parle de Sarkozy, l'analyse des pronoms est toujours très significative. J'en veux pour preuve le nuage issu de ma précédente analyse, où le JE est omniprésent et le NOUS totalement absent :


alors que dans le discours d'hier le NOUS (135 occurrences sur 6266 mots) est presque deux fois plus représenté que le JE (76 occurrences, dont 62 fois JE et 14 J'), une nouveauté absolue pour Sarkozy !


Un discours assez proche de celui tenu par Obama au Caire, tout au moins au plan de la répartition de NOUS, NOTRE, JE, MONDE, etc.

En tout cas un recentrage total par rapport à tous les précédents discours de Sarko, qui devient encore plus évident si l'on n'examine que les 21 termes significatifs ayant plus de 10 occurrences :


Certes, il n'y a aucune spontanéité là-dedans, c'est de la pure ingénierie linguistique, où l'on commence par booster la densité des mots clés autour desquels le discours sera bâti, phrase par phrase, en jouant sur les répétitions, les figures de style, etc. etc.

Voici donc les 14 substantifs plus représentatifs du texte (en réunissant singuliers et pluriels) :


et en étendant le nuage aux 100 substantifs plus représentatifs :


J'emprunterai ma conclusion à Versac :
Au final, on est dans un habillage assez peu inspiré, ou par de grands creux, d’un message simple et basique : on continue, parce que notre voie est la bonne, et que ne rien faire serait criminel.
Voilà qui est dit ! Bravo Nicolas !

Je vous laisse choisir lequel :-)


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lundi 22 juin 2009

Obama vs. Berlusconi


Lundi dernier, 15 juin, Barack Obama recevait Silvio Berlusconi à Washington.


Or derrière les sourires de circonstance et les accords de convenance, il se pourrait bien qu'en coulisse le bras de fer de l'Amérique soit en train de s'abattre, une fois de plus, sur un État italien à "souveraineté limitée".

En clair, un pays à souveraineté limitée est un pays qui n'est pas maître chez soi, ce qui fut pendant des décennies la réalité italienne, la réalité d'un pays sous influence durable, d'une Italie limitée dans ses choix "démocratiques" depuis l'après-guerre.

Une réalité historiquement documentée dont je citerai un seul exemple parmi tant d'autres : le 3 août 1995, Giovanni Motzo, Ministre pour les Réformes Institutionnelles de l'époque (déjà...), déclarait dans une interview au journal "Avvenire" :
Au cours de la dernière décennie, des événements concrètement liés à l'existence d'accords secrets internationaux ont fait ressortir une situation de véritable incertitude constitutionnelle.
Le journaliste, Antonio Mira, lui rétorque :
Journaliste : - Monsieur le Ministre, qu'entendez-vous par là ?

Ministre : - Je me réfère aux accords exécutifs qui ne passent pas devant le Parlement mais sont signés exclusivement par le Gouvernement. Ces documents, top secrets, régissent habituellement les questions relatives aux bases militaires étrangères et de l'OTAN en Italie, au quartier général de l'OTAN, au transit et au séjour des troupes.

(...)

J. : - Certains évoquent une souveraineté limitée de notre pays...

M. : - En partie, ils ont raison.

J. : - C'est la première fois qu'un gouvernement met en doute la légitimité de ces secrets.

M. : - Eh bien, il serait temps. Pensez que l'accord bilatéral États-Unis-Italie signé en 1961 est toujours en vigueur.

J. : - En connaissons-nous le contenu ?

M. : - Il y en aurait deux versions... Nous en connaissons quelques articles. Où l'accord prévoit que les Etats signataires s'engagent à se prêter assistance mutuelle, et prévoit également l'envoi de conseillers militaires américains en Italie.
Bref aperçu historique : issu des cellules stay-behind coordonnées par l'OTAN au sortir de la deuxième guerre mondiale, présentes dans plus d'une dizaine de pays d'Europe de l'Ouest, le réseau Gladio (mot italien pour "glaive") était initialement l'organisation clandestine italienne correspondante, théoriquement chargée de combattre une éventuelle invasion de l'URSS et des pays du Pacte de Varsovie, justement en agissant "derrière les lignes".

Je vous laisse approfondir en suivant les liens de Wikipédia si ça vous intéresse, mais le concept de "souveraineté limitée" que je souhaite approfondir ici n'est présent sur aucun des deux articles, français et italien.

Pour qui parle italien, je recommande donc chaudement cette leçon de Gianni Barbacetto, tenue le 3 décembre 2008 à l'Université Roma Tre, où le journaliste affirme même qu'en Italie aucun président du conseil n'aurait pu occuper ce poste sans l'aval des américains...



En clair, quand bien même élu par le peuple, le président du conseil italien avait besoin de recevoir une habilitation NOS (Nulla Osta Sicurezza) des services secrets militaires italiens, directement assujettis au bon vouloir de la CIA ! Un aspect que n'aborde absolument pas le rapport Andreotti sur Gladio, bien sûr.

Essayez, juste un instant, de transposer une telle situation à la France...

Bon, ceci dit, en Italie le gouvernement a officiellement dissous le réseau stay-behind le 27 novembre 1990, et les choses ont dû changer depuis, pour autant que l'on sache (car, pour le moins, 5 ans après la dissolution du réseau, les propos du Ministre Motzo peuvent laisser planer quelques doutes)...

Donc, pour en revenir à Barbacetto, selon lui, cette "souveraineté limitée" est théorisée par la doctrine Truman, qui tire son nom du fameux discours prononcé le 12 Mars 1947 par le président américain Harry Truman sur la disponibilité des Etats-Unis d'intervenir dans toute région du monde, menacée par les Soviétiques et intoxiquée par le communisme.

Pour l'Italie, on retrouve trace de cette "doctrine Truman" dans différents documents du National Security Council (NSC) :
  1. Le document NSC n° 1/3 du 8 mars 1948, à la veille des élections cruciales du 18 avril suivant, pose directement le problème de la possible conquête du pouvoir par les communistes « par des moyens légaux », auquel cas les États-Unis devraient immédiatement répondre, y compris en fournissant une assistance financière et militaire à la base anti-communiste italienne. N'oublions pas que le 3 avril 1948, le congrès américain adoptait le plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe après la deuxième guerre mondiale.
  2. Le document NSC n° 10/2 du 18 juin 1948 affirme que les activités officielles à l'étranger seraient accompagnées d'opérations "couvertes" pour qu'il ne soit pas possible de remonter à la responsabilité du Gouvernement des États-Unis.
  3. Le document NSC n° 67/3 du 5 janvier 1951 (indisponible dans son intégralité, aujourd'hui encore, puisqu'une bonne partie reste sous secret militaire), prévoit explicitement des initiatives des États-Unis « pour empêcher la prise du pouvoir par les communistes. »
C'est le programme tout tracé de la stratégie de la tension, qui avait pour but délibéré non seulement d'installer un climat de violence politique pour favoriser l'émergence d'un état autoritaire, mais aussi et surtout de faire en sorte que des attentats exécutés par des néofascistes et des subversifs d'extrême droite fussent faussement attribués aux réseaux gauchistes.

Je ne veux pas dire par là que tout ce qui s'est passé ensuite est à mettre au crédit de Stay-Behind, puisque de tous les pays où les armées secrètes de l'OTAN étaient présentes, seule l'Italie a connu de telles dérives, et dans de telles proportions.

Avec comme but évident de terroriser la nation pour affaiblir le Parti communiste qui se renforçait, et pour induire le peuple - à son insu, bien évidemment, et plutôt de force que de gré - à accepter "le" pouvoir voulu par des "instances supérieures".

Naturellement, l'état faisait partie intégrante de cette stratégie. Un exemple entre tous, parfaitement avéré, est celui des "affiches chinoises", dans le sillage des opérations "false flag", qui consista, en février 1966, à tapisser les murs de Rome, Milan, Mestre, Venise, Padoue, etc., d'affiches de propagande pour la Chine maoïste divulguées par de fantomatiques groupes communistes italiens filo-chinois.

En réalité, toute l'opération fut montée par Federico Umberto D'Amato, chef du Bureau des Affaires réservées du Ministère de l'Intérieur de l'époque ! Idem pour l'attentat de piazza Fontana :
Imaginé avant 1968 pour contrer le "péril communiste" par Federico D’Amato, chef du bureau des affaires réservées du ministère de l’intérieur, membre de la loge P2 et Yves Guillou alias Guérin-Serac, néo-fasciste français, ce 12 décembre 1969 inaugurait la "stratégie de la tension". Le principe clairement exprimé dans un document intitulé "Notre action politique" consiste à réaliser des attentats meurtriers dans des lieux publics et à les revendiquer au nom de l’extrême gauche. "Quand on les frappe et qu’ils ne peuvent pas se défendre, les petites gens vont réclamer un Etat fort", déclarera Delfo Zorzi, un néo-nazi qui a avoué à deux reprises avoir participé à l’attentat de la piazza Fontana.
Membre de la loge P2, j'y reviendrai...

Mais Gladio n'est pas la seule preuve historique de la mainmise des américains sur l'état italien. J'ai récemment rendu compte sur mon blog italien de l'Anello della Repubblica, l'Anneau de la République, une organisation encore plus secrète, clairement appuyée par la CIA et quasi certainement manipulée par Andreotti, qui fut vraiment de tous les coups...

Or donc, dans cette continuité historique qui dure maintenant depuis plus de soixante ans (!!!), paradoxalement, le seul homme d'état capable d'imposer une rupture aura été ... Silvio Berlusconi !

Lorsque les premières rumeurs sur un complot à son égard ont commencé à circuler, il y a quelques jours, j'ai été le premier à penser qu'il s'agissait d'une idiotie. Or mon raisonnement était motivé par le fait que Berlusconi mélangeait tout et le contraire de tout dans les ingrédients du complot, de sa femme à Mills, de Noemi à l'utilisation abusive d'un avion d'Etat, révélée par le photographe Antonello Zappadu.

Et puis petit à petit j'ai commencé à mettre en relation cette déclaration de Berlusconi avec une autre déclaration, faite en 1972 par Arnaldo Forlani, signalée par Stefania Limiti dans L'Anello della Repubblica (p. 88-89), et relatée par Giovanni Pellegrino, Président de la Commission parlamentaire d'enquête sur le terrorisme en Italie et sur les causes de la non-identification des responsables des massacres, lors de la séance du vendredi 18 avril 1997 :
Le président Pellegrino s'adresse à Forlani :

Il est notoire que vous avez tenu, en novembre 1972, lors d'une réunion publique à La Spezia, des propos d'une extrême gravité. Vous avez notamment déclaré :
« Nous venons d'assister à la tentative la plus dangereuse que la droite réactionnaire ait jamais tenté et réalisé depuis la Libération jusqu'à nos jours. Une tentative de désagrégation tramée par une organisation forte disposant de puissantes ressources financières et de soutiens solidaires non seulement internes, mais probablement aussi internationaux, une tentative qui n'est pas encore terminée : nous savons en effet, documents à l'appui, qu'elle est encore en cours.
(E’ stato operato il tentativo più pericoloso che la destra reazionaria abbia tentato e portato avanti dalla liberazione ad oggi. Questo tentativo disgregante, che è stato portato avanti con una trama che aveva radici organizzative e finanziarie consistenti, che ha trovato delle solidarietà probabilmente non soltanto di ordine interno, ma anche di ordine internazionale, questo tentativo non è finito. Noi sappiamo in modo documentato che questo tentativo è ancora in corso.)
Des mots sibyllins que Forlani a prononcés en public mais qu'il s'est bien gardé d'expliciter par la suite... Des mots qui dénonçaient ouvertement un complot, mais sans dire lequel, bien sûr.

Idem pour Berlusconi, qui parle de complot en essayant de noyer le poisson, c'est-à-dire en accusant tous et n'importe qui sans désigner nommément les États-Unis. C'est tout juste si, de temps en temps, lui et ses porte-parole font allusion à l'intervention de services étrangers.

Ceci dit, de plus en plus de voix s'élèvent en Italie pour remarquer cette situation. À commencer par Gioacchino Genchi, qu'on n'accusera certes pas d'être un pro-Berlusconi, et qui constate avec raison que les quelque 5 000 photos prises par Zappadu n'ont absolument pas pu l'être sans des complicités internes, puisque "d'autres photographes avaient déjà tenté le coup avant d'être arrêtés dans les minutes qui suivirent".

Il compare même les photos prises à l'aéroport, dont quelqu'un a forcément averti le photographe des dates et heures de vol et des personnes qui se trouvaient à bord, avec la taupe qui avertit Brusca que Giovanni Falcone venait d'atterrir...

Du reste, on ne prend pas 5 000 photos en un jour mais sur des mois, voire des années, et l'on se surprend de voir que le photographe les a gardées sous le coude pendant tout ce temps sans jamais en parler à personne, en attendant juste le bon moment pour les sortir au compte-gouttes mais suivant un rythme de publication savamment orchestré, puisqu'il a déjà averti que la prochaine série concernerait un faux mariage de Berlusconi avec une jeune fille, le "couple" étant entouré par un nuage d'autres jeunes filles...

Je vous laisse imaginer l'impact sur l'opinion publique. Mais c'est aussi et surtout une menace à peine voilée pour dire : après Noemi, après D'Addario, en voici d'autres, et derrière il y en aura d'autres, et d'autres encore...

Du genre, "maintenant, on va te casser" ! Fabrizio Cicchitto, autre célèbre colistier de Berlusconi sur les listes de la Loge Propaganda Due et actuel chef de groupe du PDL au parlement, s'en est d'ailleurs ému en se demandant ce qui se serait passé si l'on avait eu un tireur avec un fusil à lunette au lieu d'un paparazzi avec un appareil photo...

Un paparazzi un peu étrange d'ailleurs, plutôt photo reporter avec des accointances dans certains services, euh, disons ... secrets.

Il faut dire aussi que depuis longtemps, mais surtout dernièrement, les coups sur l'échiquier politique de Berlusconi sont à la limite de l'antiaméricanisme primaire. Fini la lune de miel avec Georges W. Bush ! :-)

C'est ainsi que Paolo Barnard, un journaliste sui generis, observe avec justesse que l'affaire Noemi n'est qu'un prétexte violemment invoqué par le Times, « bastion historique des conservateurs, porte-parole international des Conseils d'administration des plus grands groupes mondiaux », pour dissimuler des motifs bien plus graves : à savoir que Berlusconi doit avoir fait quelque chose qui n'a pas plu en hauts lieux, en suscitant la colère de ceux qui avaient parié sur lui outre Atlantique...

Sans quoi comment justifier que le séculaire quotidien sorte de ses gonds après 224 ans de tact purement britannique, en se lançant dans des attaques de bas étage du genre “Berlusconi est un clown”, “un bouffon chauvin”, un playboy pathétique, etc. ?

C'est ainsi qu'un blogueur, Gianluca Freda, nous propose une fine analyse où les dieux se déchaînent sur Berlusconi juste au moment où celui-ci serait sur le point de « favoriser la conquête d'une microscopique particule d’indépendance politique vis-à-vis des puissances étrangères qui tiennent depuis 65 ans l’Italie sous leur botte », c'est le cas de dire :
Certes, les tentatives de Berlusconi pour se démarquer n'ont jamais répondu à des intérêts politico-stratégiques clairvoyants d’autonomie nationale, mais uniquement à sa volonté mesquine de sauvegarder son propre pouvoir et de défendre son empire économique contre un encerclement de plus en plus rapproché.

...puisque depuis qu'il est arrivé en politique, il ne s'est intéressé qu'à ses affaires personnelles, en écrasant sous le talon de ses bottines tout ce qui risquait de limiter ses intérêts économiques, à commencer par le peuple italien.
D'où son isolement aujourd'hui face à l'ogre américain dès lors qu'il affiche sa volonté de se rapprocher de la Russie, en signant le 19 mai dernier un contrat Eni-Gazprom sur le gazoduc russe alors que les américains ont un projet concurrent - Nabucco - avec l'appui de partenaires occidentaux pour contourner la Russie, de recevoir Kadhafi avec tous les honneurs d'un chef d'état en lui laissant planter sa tente en plein cœur de Rome et comparer tout fier les États-Unis à Bin Laden (!), et encore de décider unilatéralement une mission de Frattini en Iran, sans le feu vert des États-Unis, ou enfin de laisser Tremonti appuyer la proposition chinoise de constituer un panier de “devises fortes”, autant d'initiatives dont Obama ne peut que fortement se réjouir, surtout par les temps qui courent...

En clair, ne pouvant plus se fier à Berlusconi, désormais totalement imprévisible et incontrôlable, aux États-Unis de plus en plus les instances au pouvoir doivent penser « !Tell the fucking spaghetti to do his own fucking business » !

C'est ainsi qu'un célèbre journaliste italien, Gad Lerner, conclut lucidement :
Raisonnons par l'absurde et donnons pour acquis que les théories du complot sont fondées, aussi bien celle selon laquelle Obama aurait un plan pour écarter Berlusconi, que celle indiquant Rupert Murdoch, éditeur de Sky et du Times, comme le stratège du discrédit antiberlusconien pour de basses raisons de concurrence télévisée. Nous devons alors considérer ces deux hypothèses également d'un point de vue extérieur. Pourquoi donc nos alliés ou des groupes médiatiques mondiaux devraient rester indifférents au fait qu'un groupe d'affairistes tournant autour du pouvoir absolu d'un seul individu est en train de prendre le contrôle d'un pays entier ? L'objection selon laquelle cela s'est fait par la voie d'un scrutin électoral ou que Berlusconi est fort du consentement d'une majorité d'italiens ne tient pas face à l'omnipotence sans scrupule avec laquelle il bafoue la séparation des pouvoirs qui garantit le maintien de la démocratie en Italie. Car lorsqu'il qualifie de délinquants criminels les juges et les journalistes qui enquêtent sur sa personne, ou lorsqu'il mélange avec la plus parfaite indifférence intérêt public et intérêts privés tant dans ses comportements que dans son mode de vie, alors il est temps de constater que le danger a déjà dépassé la cote d'alerte.

Et que tous les électeurs de droite devraient entendre le signal d'alarme qui nous parvient de l'extérieur. Avant que le faux nationalisme ne se transforme en nouvelle fracture de la démocratie.
On ne peut être plus clair.

Donc en conclusion, si Berlusconi arrive au bout de son parcours politique, ce n'est sûrement pas moi qui pleurererai. Au contraire, ce jour béni je fêterai ça comme il se doit.

Par contre vu l'immense bordel que sa "disparition" du champ politique risque de générer tant à gauche qu'à droite que dans tout le pays, situation propice à tous les débordements..., j'espère juste que les italiens en particulier et tous ceux qui vivent ici ou s'intéressent à l'Italie en général, sauront réunir suffisamment de forces et d'intelligences pour faire en sorte que les ingérences du passé ne deviennent pas ENCORE celles du présent et de l'avenir.

Car comme le dit si justement Beppe Grillo dans sa récente lettre à un italien jamais né, écrite à l'avant-veille du cent-cinquantième anniversaire (2011) de la naissance de l'Italie et pétrie de sensibilité malgré les apparences :
Si vous trouvez que 150 ans c'est trop peu pour construire une nation, une seule année de plus pourrait bien s'avérer insupportable...

Se 150 anni sembrano pochi per costruire una nazione, uno solo in più potrebbe essere insopportabile.
* * *

Liens connexes (en italien) :

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P.S. Ni Cossiga (cacochyme cyclothymique), pour qui je n'ai aucune considération, ni Marco Travaglio, pour qui j'ai la plus grande considération, ne partagent l'idée d'un "complot" :
Il n'y a aucun complot, si l'on entend par complot une entité étrangère ou italienne, des pouvoirs forts ou des conneries du même acabit, qu'avons-nous de plus fort en Italie que Berlusconi ?

...non c’è nessun complotto, se intendiamo per complotto un’entità straniera o italiana, poteri forti, cazzate di questo genere, cosa c’è di più forte di Berlusconi in Italia?
Voir l'intégralité du discours retranscrit, en italien.



Ceci dit, si vous entendez parler dans la presse d'un complot présumé contre Berlusconi, au moins vous saurez d'où ça vient...

Par contre, ma conclusion sur les conséquences d'une "disparition du champ politique de Berlusconi" est la même que la sienne :
Si Berlusconi tombe, c'est toute la classe dirigeante qui tombe, aussi bien de droite que de gauche, qui n'est là que parce qu'il y a lui en face d'eux, ..., donc comprenez bien qu'au moment même où Berlusconi tombe, c'est l'ensemble du système qui s'écroule, exactement comme en 1992...

Quando cade Berlusconi, questa classe dirigente va a casa, quella di destra e anche quella di sinistra che sta lì soltanto perché dall’altra parte c’è lui, ..., quindi capite che nel momento in cui crollasse lui, crolla tutto come nel 1992...
Tomber ? Berlusconi n'y pense même pas, au contraire il relance sur le présidentialisme, qui serait le dernier maillon manquant à l'achèvement du projet de la P2, déjà presque entièrement réalisé...

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mardi 16 juin 2009

134 milliards de dollars - les mystères de l'information

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

[MàJ - 18 juin 2009 - 0h01'] Bloomberg cite Stephen Meyerhardt, un porte-parole du gouvernement américain, qui déclare à propos des bons du Trésor : “They’re clearly fakes” !

Or je pense déjà l'avoir montré dans ce billet, en ligne depuis deux jours, que non seulement ces bons étaient faux, mais qu'en plus c'étaient des contrefaçons de faux ! Ce qui ne change absolument rien à mes conclusions...

* * *

Dans mon précédent billet intitulé "trop gros pour être faux", il est clair que je ne faisais pas référence aux titres en eux-mêmes, mais à la désinformation mondiale qui entoure cette histoire.

Sur le site du gouvernement américain dédié aux arnaques en tout genre, on apprend que les "U.S. Dollar Bonds" qui circulent en Asie sont tous des faux, fabriqués par la CIA dans les années 30 et au début des années 40 pour aider Tchang Kaï-chek dans sa lutte contre les communistes chinois. Enterrés par les généraux du Guomindang pendant des décennies, ce n'est qu'assez récemment qu'ils ont commencé à réapparaître. Le but "théorique" de ces contrefaçons étant d'obtenir en échange une fraction de leur valeur nominale.

Voici un exemple de bon contrefait d'une valeur nominale de 10 millions $, et dessous un exemplaire de "Morganthaus", du nom de Morganthau Henry Jr., Secrétaire au Trésor en 1934.



Vous remarquerez d'ailleurs que la conformation de cet exemplaire ressemble curieusement aux trois bons que l'on voit en bas à droite de la table :


De même que les 249 bons de 500 millions $ l'un ressemblent furieusement à celui-ci :


On le voit mieux sur cette capture :


Or rien n'est plus facile que de modifier sur un programme de retouche ONE HUNDRED MILLION DOLLARS en FIVE HUNDRED MILLION DOLLARS, de remplacer les 100 par des 500, et d'imprimer ça ensuite sur du papier filigrané de bonne facture.

Mais lorsque la douane italienne affirme qu'ils ont l'air tellement vrais qu'ils semblent crédibles alors que ce sont des contrefaçons de FAUX (le comble !), c'est la douane italienne qui n'est plus crédible.

Pas plus que le blackout qui entoure cette actu, alors qu'il s'agirait d'une des plus grosses contrefaçons de tous les temps ! Imaginez un instant si la police française trouvait des faussaires en possession d'un milliard d'euros en faux billets. Pensez-vous qu'on en entendrait parler, oui ou non ?

Pourtant là ce n'est pas un milliard d'euros que nous avons, mais 100 : cent milliards d'euros ! Et que fait l'information "officielle" ? L'AFP nous sort une dépêche minable 9 jours après la saisie, l'AP idem 13 jours après, au point qu'un journal tel que le Nouvel Obs copie-colle bêtement le même encart en répétant bêtement les mêmes bêtises à 4 jours d'intervalle !!!

Récapitulons :
Nous serions en présence d'une contrefaçon de FAUX facilement identifiable dès le premier jour, et pourtant on nous dit depuis le début qu'une bonne partie de la documentation bancaire est ORIGINALE, qu'il faudra deux semaines (!) à la SEC pour une expertise, et que les japonais ont été immédiatement relâchés sans être sûrs ni de leur identité ni du fait que les titres étaient vrais ou faux !!!
Donc ce qu'on attendrait de la PRESSE OFFICIELLE, mesdames et messieurs les journalistes professionnels, ce serait une ANALYSE de fond, pour nous expliquer par exemple quel pourrait être le véritable usage de ces 134,5 milliards de faux dollars.

Qui n'est certainement pas d'aller tenter de fourguer ça au premier plouc venu, mais dissimule sans aucun doute de l'inavouable, autant en termes de désinformation que de manipulation, très probablement en relation avec la situation politique et la crise économique mondiales, avec les tensions actuelles sur le dollar, etc.

Qu'un journal comme Rue89 démonte l'affaire, c'est tout à son honneur (notons au passage que c'est un pure player...), mais que les grands médias traditionnels - presse et télé -, y compris économiques, ne nous fournissent aucune explication ou analyse de fond sur les implications potentielles de cette histoire, c'est indigne d'une information qui se prétend tous les jours à la pointe de la déontologie professionnelle.

Et au lieu de ça on a des TF1 ou autres qui vont pomper l'info chez un blogueur sans même citer leur source, sauf l'Expansion, chose assez rare pour être soulignée. Certes, l'asymétrie de crédibilité dans l'information n'est pas nouvelle, mais vous faites vraiment tout pour vous faire taper sur les doigts...



by Joe Weisenthal

Liens connexes (en anglais) :


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P.S. Enfin, dans la série "spécialistes", je note ce commentaire de tel Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste :
Bien entendu, dans cette affaire, on retrouve les inévitables idiots inutiles habituels tels que le Leap et autres blogueurs dans la même mouvance...
Cher Monsieur, je n'ai pas le déshonneur de vous connaître, mais si de temps en temps vous mettiez vos compétences au service de l'information au lieu d'ânonner des conneries à l'emporte-pièce, la blogosphère en sortirait grandie et le citoyen lambda moins ignorant.

Sachez enfin que j'apprécie votre commentaire à sa juste valeur, mais que l'inévitable idiot inutile habituel (triple apposition adjectivale un peu lourde) vous emmerde profondément. :-)

JML

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dimanche 14 juin 2009

134 milliards de dollars - trop gros pour être faux

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXII. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - II (4 décembre 2011)
XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

Rue89 publie un billet qui démonte la rumeur en se basant sur une info de Bloomberg qui m'avait échappée :
Such high denominations would not have existed in 1934, the purported issue date of the notes, Mecarelli said. Moreover, the “Kennedy” classification of the bonds doesn’t appear to exist, he said.
Selon Rue89, les déclarations du Col. Rodolfo Mecarelli, interrogé par Bloomberg, ne laissent guère de place au suspense.


Disons d'emblée que si ces titres sont effectivement datés 1934, alors la certitude est quasi mathématique que ce sont des faux. Voir ici, , ou  :


Ceci dit, j'ai contacté la journaliste de Bloomberg à Milan pour me faire confirmer que le Colonel a bien été interrogé par Bloomberg, qui est la SEULE source à rapporter cette info, puisque je n'ai trouvé AUCUNE déclaration de Mecarelli en italien qui date les titres.

La seule interview apparemment disponible, que j'ai déjà mentionnée dans mon précédent billet, et selon laquelle un journal comme Die Welt affirme que les titres sont vrais (si j'ai bien compris), dit ceci :
Pour l'heure, je peux seulement dire que nous avons de gros doutes sur les 10 bons "Kennedy", d'une valeur nominale de 1 milliard $ l'un, tandis que les bons de 500 millions sont imprimés sur du papier filigrané d'excellente facture, ils semblent plus crédibles.
(...)
Naturellement, nous collaborons avec des experts des services secrets américains, et nous devrions bientôt disposer d'expertises officielles pour éclaircir la question.
(...)
Les japonais, en transit de l'Italie vers la Suisse, ont été interrogés et ont déclaré ce qu'ils avaient à déclarer. Ils sont à présent en liberté, je ne peux en dire plus pour le moment.

* * *

Per quanto riguarda i 10 bond denominati "Kennedy", dal valore nominale di 1 miliardo di dollari, posso dirle soltanto che abbiamo forti perplessità. Mentre per i 240 titoli da 500 milioni, la carta è filigranata e di ottima fattura. Sembrano più credibili.
(...)
Ovviamente collaborano con noi esperti americani del Secret Service. Al termine avremo perizie ufficiali per dirimere la questione.
(...)
I giapponesi, che viaggiavano dall'Italia alla Svizzera, sono stati interrogati ed hanno rilasciato le loro dichiarazioni. Al momento si trovano a piede libero. E naturalmente non posso dirle di più.
Donc nulle part il n'est question de titres datés de 1934. Nous verrons si la source est confirmée. Certains ont déjà noté la différence entre Die Welt et Bloomberg.

[MàJ - 11h20'] Quelques minutes après avoir posté ce billet, j'ai reçu une réponse de Sonia Sirletti, la journaliste de Bloomberg à qui j'ai écrit hier soir, qui me confirme qu'elle a interviewé personnellement le Colonel Mecarelli. Dont acte.

Il n'en reste pas moins que trop d'interrogations demeurent sans réponses, comme j'essaie de le montrer dans ce qui suit...

* * *

Pour autant, je ne suis pas tellement d'accord avec Rue89 qui taxe ça vite fait de "banale escroquerie". Une arnaque de 134,5 milliards n'est pas banale. Je pense même qu'à ce niveau-là, on doit plutôt les compter sur les doigts de la main.

Car selon moi, de même que l'affaire est trop grosse pour être vraie, elle est également trop grosse pour être fausse. Trop de choses clochent dans cette histoire mystérieuse, pour bien des raisons :
  • Le montant : 134,5 milliards $ (pas loin de 100 milliards € au change actuel), c’est du jamais vu ! En valeur, c’est plus de deux fois le scandale Madoff, 20 fois la peccadille Kerviel, aucun des plus gros fortunés du monde ne possède à lui seul un tel pactole, pas même les mafias, mais SEULS … des états, ou des gouvernements. Notamment sur les bons Kennedy d'1 milliard $, qui ne pourraient circuler qu'entre États ... s'ils étaient vrais, c'est clair. Mais a priori ça circonscrirait le champ des recherches. D'ailleurs au mois de mars 2009, seuls trois états au monde possédaient de telles réserves, la Chine, le Japon (20%) et la Russie. Outre la Banque centrale des Caraïbes et des pétroliers…
  • Les modalités : à Chiasso, petit poste frontalier entre l’Italie et la Suisse, les douaniers doivent voir passer autant de japonais qu'il y a d’européens ou d’américains qui vont en vacances en Corée du Nord…
    Donc que ce couple étrange ait éveillé les soupçons des douaniers, c’est la moindre des choses. Quant à savoir pourquoi ils ont choisi cette façon d’entrer en Suisse, c'est difficile à expliquer. La seule explication que je trouve plausible, c’est que les japonais auraient grandement sous-estimé les italiens ! Ils ont dû se dire que c’était gagné d’avance, mauvais calcul  ! Car comme l’a observé très justement quelqu’un sur un forum :
    je connais ce poste frontière. C'est "perdu" avec TRÈS peu de passage "étranger", quasi que des "frontaliers" sauf en période touristique. Pas bien renseignés ces japs...
  • La mise en liberté : ces deux « japonais » ont été relaxés quasi-immédiatement, alors même que les autorités japonaises déclaraient ne pas encore être sûres de leur citoyenneté et que les autorités italiennes déclaraient ne pas encore savoir si ces bons étaient vrais ou faux. Or dans ces conditions, la garde à vue ne s'imposait-elle pas, tout au moins jusqu'à avoir obtenu une réponse fiable à ces deux inconnues ?
  • La matérialisation des titres : il existe encore des bons papiers et le document que j'ai précédemment indiqué montre bien l'existence de U.S. Treasury Checks de 500 millions $ l'un avec échéance à 5 ans (toujours sans connaître la nature précise des bons, contrefaits ou non) ;
  • Les messages du scam nigérien japonais sont totalement farfelus, limite désinformation maintenant que l'histoire est sortie !
    Greetings from Milan,

    This letter must come to you as a big surprise, but I believe it is only a day that people meet and become great friends and business partners. I am Mr. Shoichi Nakagawa, former Finance Minister for a Group of 7 country. I write you this proposal in good faith, believing that I can trust you with the information I am about to reveal to you.

    I have an urgent and very confidential business proposition for you. In February of this year an agent of a foreign power spiked my cold medicine with opiates causing me to nod off during an important press conference. I was subsequently forced to resign in disgrace.

    As my termination loomed I took the chance to retain US DOLLARS 134 BILLION in negotiable bearer bonds I found forgotten in the dusty bottom drawer of the prime minister's desk. I have since, by the grace of God, deposited these documents with trusted associates in Italy.

    As I am under constant surveillance I cannot directly deposit these bonds without the help of a foreigner and that is why I am contacting you for an assistance. My associates will travel to Switzerland by train to deliver the documents to the Swiss banking organization of your choice.

    If you accept to work with me, I want you to state how you wish us to share the funds in percentage, so that both parties will be satisfied. If you are interested, contact me as soon as you receive this message so we can go over the details. Thanking you in advance and may God bless you. Please, treat with utmost confidentiality.

    I wait your urgent response.
    Regards,

    Mr. Shoichi Nakagawa
  • Le moment où cette histoire sort : crise financière mondiale, très fortes tensions sur le dollar américain, coïncidence de la somme avec la disponibilité annoncée dans le cadre du TARP ou encore avec les 134,5 milliards $ que les japonais auraient investis en bons du Trésor entre janvier 2004 et janvier 2005...
  • Les motivations : c'est la partie plus difficile à définir ; là encore indépendamment de la véridicité ou non des titres, aucune explication n'est évidente...
Avec toutes les questions connexes que ces "motivations" et les circonstances soulèvent :
  1. Si les titres sont vrais, pourquoi les passer de cette manière et risquer tant ?
  2. Dans le cas contraire, qui peut espérer en 2009 tromper un interlocuteur forcément institutionnel, à ce niveau-là, en lui présentant de faux titres portant une date à laquelle aucun bon de ce montant n'aurait été émis !? Une trame tellement grossière d'un côté, contredite de l'autre par l'excellente facture du papier filigrané, d'une qualité telle que les douaniers italiens, pourtant pas les premiers venus, doivent faire appel à des experts américains ?

    Et surtout, s'ils sont faux, est-ce la première fois que cette contrebande se produit ? Qui nous dit que chaque semaine, jour ou mois, il n'y pas un passeur plus anonyme qui aurait réussi à ne pas se faire prendre. Et depuis combien de temps ? Pour quels montants ? Et qui nous dit alors que le but de ces deux japonais n'était pas justement de se faire prendre ?

    Enfin, puisqu'ils sont faux, comme semble le prouver la photo ci-dessus, ce n'est certainement pas un délai de quinze jours qu'il aura fallu à la SEC pour déterminer la contrefaçon, mais plutôt de quinze secondes. Donc en admettant qu'on aie une réponse "officielle" en début de semaine, j'imagine que la différence d'environ 1,3 million de secondes aura été bien employée pour caler les versions du discours à présenter à la face du monde, y compris entre Obama et Berlusconi qui vont se voir dans quelques heures, histoire que rien ne dépasse et que les béotiens de tous les pays soient rassurés...
  3. Last but not least, pourquoi la réaction des grands médias dans le monde est-elle aussi circonspecte ? Rukin commente :
    Il ne s'agit certainement pas d'un quelconque complot du silence mais je pense que les journalistes doivent avoir beaucoup de mal à donner du sens à cette info...
    Certes, mais de là à ne pas en parler, il y a de quoi se perdre en conjectures...
Tout ça fait quand même beaucoup de questions sans réponses. Trop !

En conclusion, comme l'observe un blogueur américain spécialisé dans la finance, cette histoire appelle quand même quelques explications et n'en demeure pas moins un signal inquiétant de désinformation ou de manipulation à grande échelle.

Donc, au final, même si les titres sont faux, l'affaire est vraie, et je crois surtout qu'avec cette mystérieuse histoire on se fout de notre gueule dans les grandes largeurs !




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P.S. Cf. historique des fraudes aux bons du Trésor U.S.

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