mardi 9 mars 2010

Google, traducteur universel


Après avoir introduit le "speech-to-text" (reconnaissance vocale + transcription texte), Google a aussi ajouté la traduction automatique à la volée sur YouTube...

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Ça commence à devenir problématique de trouver des titres que je n'ai pas déjà utilisés pour parler du binôme Google + traduction. Pour autant les progrès que fait la société dans ce secteur, aussi rapides que gigantesques, m'imposent de faire des mises à jour de temps en temps.

Cette fois l'occasion m'en est donnée par un article du New York Times intitulé Putting Google to the Test in Translation, qui compare la traduction humaine d'un extrait de texte avec celles des principaux traducteurs gratuits disponibles sur le Web : Google, Yahoo et Microsoft.

La comparaison du journal porte sur cinq langues source (français, espagnol, russe, allemand et arabe) vers une seule langue cible, l'anglais. Or je ne m'intéresserai ici qu'aux deux premières, tout simplement parce que le texte choisi pour l'extrait est littéraire : Le petit Prince de Saint-Exupéry pour le français, et Cent ans de solitude de García Márquez pour l'espagnol :


Donc, ce qui m'a énormément frappé dans ce texte, c'est que pour la première fois j'avais sous les yeux la preuve absolue de ce que j'énonçais il y a plus d'un an et demi dans Google et la traduction, à propos du concept de mémoire de traduction universelle :
Pour rappel, cette mémoire sert également à l'auto-apprentissage de Google, et par bitexte il faut comprendre que l'on a texte source (ou texte de départ) et texte cible (ou texte d'arrivée) en regard l'un de l'autre. Exemple.

(...)

Donc en nous livrant à un bref exercice de prospective, on peut très facilement imaginer que dans un avenir proche, non seulement Google pourra coupler par défaut l'opérateur à votre profil (en clair, sachant que vous êtes anglais, il vous proposera par défaut des termes traduits en anglais, sauf indications contraires de votre part), mais aussi, et surtout, qu'il pourra puiser pratiquement tous les termes du langage humain, dans toutes les langues, au fur et à mesure que sa notre mémoire de traduction universelle prendra forme.

Alimentée autant par les traducteurs humains qui utiliseront les outils de Google pour traduire, que par ses technos automatisées à grande échelle (à ne pas confondre avec le déploiement d'un système de traduction automatique en entreprise, par exemple), voire par la mise en parallèle des œuvres littéraires qui appartiennent au patrimoine de l'humanité et sont déjà traduites dans de nombreuses langues.

Pour les profanes, mettre en parallèle un texte c'est prendre Les Misérables de Hugo ou votre livre préféré, le segmenter et mettre en parallèle les segments du texte original avec les segments correspondants traduits dans la ou les langues de votre choix (à noter qu'un segment ne correspond pas forcément à une phrase, découpée en plusieurs segments si elle est trop longue, par exemple). Vous faites ça avec français-anglais, et vous avez la mémoire français-anglais des Misérables. Ensuite vous faites de même avec anglais-italien, espagnol-allemand, russe-chinois, etc., et vous obtenez autant de mémoires que de langues dans lesquelles l'ouvrage a été traduit.

La pierre de Rosette est un parfait exemple de textes mis en parallèle. Et pour me limiter à n'en mentionner qu'un seul autre, pensez aux milliers de traductions de la Bible qui existent déjà...

Donc ajoutez-y tous les grands classiques mondiaux déjà numérisés, construisez les mémoires de traduction correspondantes dans les couples de langues dont vous disposez, et vous comprendrez aisément qu'on n'est pas loin de pouvoir mettre en parallèle pratiquement l'ensemble du langage humain, à toutes les époques.

Depuis l'aube de l'humanité, nul n'a jamais été en mesure de faire ça. Jusqu'à Google...
Or les deux échantillons pris en exemple par le New York Times montrent que Google construit bien cette mémoire !

En effet, par rapport à la traduction humaine, celle de Google est identique à près de 65% pour Le petit Prince (38 mots sur 59 qui forment des séquences équivalentes) et carrément à 99% pour Cent ans de solitude !!!

D'où une distanciation abyssale, en termes qualitatifs, vis-à-vis des deux autres traducteurs, qui ne réussiront jamais à combler leur retard s'ils ne passent pas à des modèles de traduction automatique fondés sur le couple "linguistique de corpus" + "analyse statistique". Et bien au contraire, l'écart se creusera démesurément au profit de Google et aux dépens de ses concurrents.

C'est là tout l'enjeu des mémoires de traduction à très grande échelle implémentées par Google :
Comme l'explique fort bien Franz Josef Och, responsable recherche et traduction automatique, la clé des modèles de traduction selon Google, perpétuel apprenant, c'est de pouvoir disposer, d'une part, d'énormes quantités de données linguistiques (very large amounts of datas), et de l'autre, d'une phénoménale puissance de calcul qui traite à très grande vitesse des milliers de milliards de mots (aussi bien données textuelles que vocales...) dans pratiquement toutes les langues, puisque plus vous alimentez vos modèles statistiques en données, plus la qualité des modèles s'améliore !

Il précise d'ailleurs les deux principaux enjeux pour Google dans la traduction automatique :
  1. augmenter la qualité de sortie, grâce au binôme quantité de données / puissance de calcul, ce qui explique clairement pourquoi la qualité est meilleure pour les couples de langues plus représentées ;
  2. augmenter en conséquence le nombre de langues (et donc de couples de langues) et de fonctionnalités offertes (comme les recherches croisées : je saisis un terme en français pour une recherche sur le Web chinois, et en sortie j'obtiens une page avec les résultats chinois à gauche et en vis-à-vis leur traduction française à droite), etc.
Alors au bout du compte on finira par obtenir ce que j'expliquais dans Google et la traduction, à savoir la
mémoire de l'humanité...
[MàJ - 10 mars 2010] Grâce à ce tweet de Christophe Asselin, je découvre les chiffres suivants :
Pour modéliser un langage, Google a besoin d'environ un milliard de mots, employés dans des combinaisons différentes. Pour l'anglais, l'entreprise a injecté « plusieurs centaines de milliards » de termes, selon le New York Times.
Donc, là encore, les prodigieuses capacités de calcul de Google, couplées à une approche d' « intelligence hybride » associant l'homme et la machine, font la différence. Google l'explique ainsi :
If you have access to enormous datasets, it opens up whole new avenues for scientific discovery and for solving problems. For example, Google's machine translation tools take advantage of "parallel texts": documents that have been translated by humans from one language to another, with both forms available. By comparing the sentences from enormous numbers of parallel texts, machine translation tools can develop effective translation tools using simple probabilistic approaches. The results are better than any previous attempts at computerized translation, but only if there are billions of words available in parallel texts.
Mais ce n'est pas tout ! [Début]

* * *

Prenons l'exemple de mon dernier billet, dans lequel il y a une vidéo qui affiche un bandeau avec capture automatique du texte source, obtenue par reconnaissance vocale.

Et bien le texte correspondant ne réside que dans la mémoire de Google, il n'est pas disponible en ligne. Par conséquent pour le traduire en français, j'ai dû d'abord le retranscrire intégralement en italien afin d'avoir le texte, qui n'est maintenant disponible en ligne que sur mon blog italien et sur la plateforme de blogging.

Première constatation : la capture en italien est fiable à 100%.
Deuxième constatation : une fois que Google détecte la traduction du texte source, vous pouvez être sûr que le bitexte part dans la mémoire qui alimente son système de traduction automatique.

Voilà pourquoi j'annonçais cette nouveauté il y a déjà presque 4 ans :
... une fois que Google maîtrisera avec un degré de pertinence suffisant la traduction automatique du texte, et a fortiori de la voix, je vous laisse imaginer le reste... (et) je suis sûr de ne pas me tromper en affirmant que Google nous prépare quelque chose de révolutionnaire avec sa fonction de traduction automatique : texte-voix, Internet, vidéo, mobiles, Adsenses personnalisés, etc., qui pourra concurrencer Google ?
Car en fait, qu'il s'agisse des données images, vidéo ou voix, il suffit d'obtenir le texte source dans une première étape, soit par reconnaissance de caractères soit par reconnaissance vocale (pour la téléphonie mobile), et d'appliquer ensuite la traduction automatique au texte obtenu.

Si je garde mon exemple des vidéos sur Youtube, vous sélectionnez la langue d'arrivée de votre choix (mais comptez sur Google pour vous proposer par défaut votre langue maternelle) et vous obtenez dans le bandeau le texte traduit. Du sous-titrage automatique à la volée.

Et enfin, pour la téléphonie mobile, il suffira d'appliquer la synthèse vocale au texte traduit pour entendre dans son oreillette la version parlée. C'est ce que promet déjà Microsoft, et ce qu'a déjà annoncé Google...

Si vous voulez tester, la fonction est disponible sur Google Translate : cliquez sur l'icône du haut-parleur (que j'ai signalée par une flèche) pour entendre la version parlée du texte traduit !


[Début]


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P.S. Quand on dit que le hasard fait bien les choses, je viens juste de découvrir par un tweet que la version bêta de la traduction automatique est disponible sur Youtube !!!

Donc, vous paramétrez la langue :


Et voilà le travail...


Pour finir, je découvre que la fonctionnalité "traduction" sur Youtube est en ligne depuis deux ans !

Que dire ? Ça se voit que je ne m'occupe plus du Web tellement je suis accaparé par le berlusconisme... [Début]

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lundi 8 mars 2010

Manifs en Italie


Hier j'ai participé à une manifestation qui s'est déroulée au cœur de Rome, à Piazza Navona, pour celles et ceux qui connaissent. La place était divisée en deux, avec de part et d'autre de la fontaine des fleuves en restauration, marchands de tableaux et touristes d'un côté, manifestants de l'autre.

Organisée par les gens du "peuple violet" (ceux du No Berlusconi Day), nous n'étions pas seuls puisque d'autres manifestations avaient lieu en simultané dans plus d'une dizaine de villes importantes, du nord au sud (Milan, Bologne, etc.).

C'est la sixième manifestation en neuf jours qui se tient à Rome, sans compter une contestation permanente organisée devant le parlement italien depuis maintenant plusieurs jours. Il faut dire que les Berlusconneries vont bon train en ce moment, il nous en sort plus ou moins une par jour et la dernière en date fait des vagues. Tellement de vagues que ça risque de se transformer en tsunami vite fait.

De quoi s'agit-il ? En deux mots : les 28 et 29 mars doivent avoir lieu en Italie les élections régionales. Les partis ont donc présenté leurs listes respectives, et la soumission des listes est bien évidemment assujettie à des règles formelles, avec une date et heure limites. Or il s'est trouvé que les deux listes du PDL (parti de Berlusconi) de Rome et de Milan n'ont pas été admises pour non-respect de ces règles :
  • dans le cas de Milan, il y avait plus de 500 signatures qui étaient irtrégulières, et donc une fois déduites, le candidat Formigoni n'avait plus le nombre de signatures suffisantes ;
  • à Rome, le politique chargé du dossier l'a fait en retard parce qu'un petit creux à l'estomac lui a imposé d'aller manger un sandwich au lieu de présenter sa liste à l'heure...
Je vous dis pas le désastre : les deux principaux candidats de Berlusconi à Rome et à Milan hors concours, PAR LEUR FAUTE !!!

Je vous passe les détails (faudrait faire au moins dix billets...) pour arriver à la conclusion : que fait Berlusconi ? En 24 heures il nous pond d'urgence un décret-loi, signé dans la foulée par le Président de la République (là encore, il y aurait beaucoup à dire, voir le P.S., en italien...), pour réinterpréter la loi électorale en vigueur jusqu'alors et fournir aux juges chargés de se prononcer pour ou contre l'admissibilité des listes « l'interprétation authentique » de la loi électorale !!!

Ce bordel, mon neveu ! D'autant plus que non seulement le contenu du décret est vraiment risible (l'article 1, par exemple, énonce qu'il suffit que les délégués chargés de faire enregistrer les listes soient présents dans le tribunal et non plus au Greffe du tribunal... Conséquence, même en mangeant un sandwich à la cafétéria du tribunal, c'est comme si vous aviez fait enregistrer votre dossier à l'heure par le greffier !), mais de plus il viole la Constitution italienne en plusieurs points, notamment le dernier alinéa de l'article 72, mais surtout, surtout, l'article 3, l'un des 12 principes fondamentaux qui entérine l'égalité des citoyens devant la loi.

Pourquoi ? Parce que Berlusconi était tellement pressé de sauver la mise à son parti qu'il a fait un décret-loi "interprétatif" tellement spécifique que les autres listes d'autres partis qui n'ont pas été acceptées dans d'autres régions ne pourront pas participer !!!

Voilà pourquoi très nombreux sont les italiens qui considèrent ce coup de force comme un "coup d'état"...

J'arrête là même s'il y aurait encore beaucoup à dire, mais je pense que l'essentiel y est pour vous permettre de comprendre.

[MàJ - 23h35'] Et le plus incroyable dans cette histoire, c'est que ce décret n'aura servi à rien ! En effet, selon les intentions déclarées de Berlusconi et de son parti, il devait servir de référence aux décisions des deux Tribunaux Administratifs Régionaux, de Lombardie et du Latium, or le premier s'est prononcé positivement le lendemain de sa promulgation mais pour d'autres motifs ; quant au second, l'info est tombée dans la soirée, il s'est prononcé négativement en refusant l'admissibilité de la liste du PDL dans le Latium, et en déclarant que le décret ne pouvait pas être appliqué !

En outre les deux Conseils régionaux ont délibéré de recourir devant la Cour constitutionnelle pour se prononcer sur le conflit de compétence (il faut savoir que les lois électorales régionales dépendent ... des régions, et non pas de l'exécutif central, qui a émis le décret anticonstitutionnel) et suspendre le décret.

En résumé, un succès total pour Berlusconi. Je m'esclaffe, mouarf mouarf mouarf :-)

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Donc, cette manifestation a été organisée en 24h (!), puisque la norme incriminée date du 5 mars, le 6 l'appel à manifester a été lancé sur le Net et le 7, hier, nous avons rempli une moitié de la place.

Une manifestation atypique tant par les modalités de son organisation (ce sont les participants qui contribuent aussi pour payer les frais) que par son contenu. Aux journalistes qui demandaient au début qui étaient les orateurs (en pensant bien sûr à des gens célèbres, ou pour le moins connus), les organisateurs répondaient qu'ils n'en savaient rien.

Puisque ce sont les gens, M. et Mme Tout-le-monde, des citoyens comme vous et moi, qui se sont inscrits pour parler dès lors qu'ils avaient quelque chose à dire. Et je peux vous dire qu'aucune intervention n'était hors sujet et que chaque message a porté. Mais comme je ne peux pas tout vous raconter, j'ai choisi de transcrire et traduire une intervention, qui m'a beaucoup frappé. C'est celle d'un magistrat de la cour de Cassation, il s'appelle Vincenzo Marinelli, voici la vidéo et la transcription-traduction à suivre :



« Je me suis demandé s'il était opportun que je vienne parler devant vous. En général les juges ne s'expriment pas en public, et d'ailleurs ils ne savent pas s'exprimer. Toutefois, aujourd'hui, la question n'est plus de savoir si c'est opportun ou pas, la question est : si je ne le fais pas maintenant, quand le ferai-je ?

Généralement, les juges parlent sur un ton mesuré, mais si je ne m'exprime pas franchement, aujourd'hui, quand le ferai-je ? Que devra-t-il encore se passer pour que les gens s'indignent et expriment directement cette indignation ?

Je me suis demandé si mon intervention à visage découvert n'allait pas être instrumentalisée, si on n'allait pas la prendre comme prétexte pour dire à la télévision : "Regardez, et voyez qui sont et que font ces gens-là !" Et bien, dites-le ! Dites-le.

Mais moi je dois me réapproprier de mes droits de citoyen, et je dois prendre la parole, haut, fort et clair !

L'heure n'est plus à la prudence. Ce n'est pas le moment de se demander : "on va se servir de mon intervention comme prétexte". Non. Le moment est venu de parler. Plus question d'être aphone. L'heure est venue de dire ce qu'est la démocratie, et ce qu'est la justice.

Mais laissez-moi tout d'abord vous dire deux mots sur mon rôle en tant que magistrat, sur pourquoi je suis magistrat. Je suis magistrat parce qu'un jour quelqu'un m'a expliqué (à l'époque il y avait de bons professeurs, maintenant les temps ont quelque peu changé, avec des enseignants qui sont humiliés au quotidien), mon professeur de lycée m'a expliqué : "Tu veux être libre, Marinelli ? Rappelle-toi qu'il y a encore des concours qui ne sont pas truqués. Rappelle-toi que tu peux passer le concours d'entrée dans la magistrature et être admis. Rappelle-toi qu'ainsi tu seras libre et tu te seras payé ta liberté." Et bien c'est ce que j'ai fait.

Alors quand vous entendez dire : "Les magistrats sont de gauche, les juges sont ceci, les juges sont cela", et bien moi je dis : "Non. Les juges sont recrutés sur concours. Le concours est un prix à la diligence. Tous peuvent être reçus, qui avec des idées, qui avec d'autres. Mais c'est une garantie pour le citoyen, parce que si tous les juges étaient l'expression des partis politiques, alors là, oui, vous auriez raison de vous méfier des juges".

Donc si aujourd'hui je peux parler ainsi, c'est parce qu'au plan institutionnel, je n'ai rien à craindre, et rien à espérer. Que peuvent-ils me faire ? M'acheter ? Je ne suis pas à vendre, et la plupart des juges ne sont pas à vendre.
[Applaudissements]

Et donc je parle. Et je veux vous parler de ce décret, pour vous dire que c'est la énième preuve d'une érosion progressive de la démocratie dans notre pays. D'habitude je n'emploie pas les mots forts, donc je me garderai bien de dire que nous en sommes au fascisme. Je sais que nous n'en sommes pas au fascisme. Mais nous assistons à une involution autoritaire. À un évidement de la démocratie de l'intérieur. À une distorsion de notre Constitution. Oui, nous en sommes là ! Et voilà pourquoi il faut parler. Voilà pourquoi l'heure n'est plus à la prudence ! À quoi sert-il d'être prudents face à ce qui se passe aujourd'hui ? À quoi sert-il d'être prudents si on ne dit pas haut et fort ce qu'est la démocratie, si l'on ne témoigne pas de ce qu'est la démocratie ?

[interruption sous les applaudissements de la foule, qui crie en chœur JUSTICE, JUSTICE, JUSTICE !]

On nous dit : "Ce décret est un moindre mal parce que c'est un décret d'interprétation". Non, ce n'est pas un moindre mal. C'est un mal majeur.

Laissez-moi tenter d'expliquer en deux mots ce que signifie "décret interprétatif".

Il est interprétatif au sens où il s'applique rétroactivement. Donc c'est comme si, dès le départ, la loi avait été écrite de manière à faciliter les embrouilles, de manière à faciliter la violation de formalités essentielles servant à garantir la collectivité. Dans ce sens, il est interprétatif.

Par contre si vous dites que le noir doit être interprété comme blanc, alors ce n'est plus un décret interprétatif mais un décret novateur. Il s'agit donc d'un décret qui cumule les maux des deux catégories d'actes : la norme interprétative d'une part, et la norme novatrice de l'autre.

Chers amis, la question posée est celle de notre liberté, de notre démocratie.

De plus, lorsqu'on parle de « formes », attention à ne pas opposer trop facilement la forme à la substance. La démocratie est faite de formes. Que dit le premier article de notre Constitution ?

Il ne dit pas que l'Italie est une république basée sur les soubrettes et sur l'abrutissement de la télévision qui devrait compenser l'éducation et la culture ! Non. Il dit que l'Italie est une République démocratique, fondée sur le travail, et que la souveraineté appartient au peuple, qui l'exerce dans les FORMES et dans les limites de la Constitution.

[un des organisateurs s'approche en lui disant d'abréger et de conclure, la foule crie LAISSE-LE PARLER, LAISSE-LE PARLER !]

La Constitution est un grand référentiel de formes, de formes essentielles, de formes qui servent à protéger la démocratie, de formes qui servent à protéger les plus faibles, parce que les forts n'ont pas besoin de certaines formes. Ce sont les faibles qui ont besoin des lois, de la protection des lois, et de la protection que leur donne la Constitution en premier lieu.

C'est pourquoi l'on dit : "La loi est la même pour tous", et non pas : "La loi est la même pour tous, mais pour les amis elle s'interprète".

Ce n'est pas ce qui est dit. Et si on en arrive à dire ça, c'est qu'on est sur une mauvaise pente. Une pente sur laquelle il devient difficile de discerner entre ce qu'est la démocratie et ce qu'est l'autoritarisme.

Or c'est exactement la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui, malheureusement.

Permettez-moi de terminer sur une déclaration en faveur du Parti de l'Amour. Je ne parle ni du Parti de l'Amour de Berlusconi, ni du Parti de l'Amour de Cicciolina, pour qui s'en souvient encore. Non. Laissez-moi vous dire que je suis Parti de l'Amour pour la Constitution.Pour cette Constitution que j'applique tous les jours. Pour cette Constitution que j'ai appris alors que j'étais adolescent. Pour cette Constitution sur laquelle j'ai prêté serment.

Voilà mon amour. Voilà mon Parti de l'Amour.

Et si on doit m'accuser d'être un taliban, et bien ... qu'on le fasse ! Tout amoureux peut aussi avoir son petit côté taliban !

J'aimerais conclure en disant tous ensemble : "Vive la démocratie, vive la liberté, vive la Constitution née de la Résistance !"
 »

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Voilà. Rendez-vous samedi prochain pour une nouvelle manifestation nationale. Tôt ou tard il faudra bien qu'il se casse, ce bouffon. Qui ne fait plus rire personne depuis longtemps...


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P.S. Aujourd'hui même, l'intervention de Marco Travaglio (transcription en italien, désolé) analyse en détail la signature du décret par le Président de la République, Giorgio Napolitano.



Je vous traduis juste l'une des dernières phrases du discours : « Nous sommes désormais la proie d'un régime sur le déclin mais qui n'en est pas moins dangereux pour autant, je crois d'ailleurs que dans les mois à venir il nous en fera voir de toutes les couleurs, et ça sera pas du beau, mais du mauvais ! »

Même si Travaglio a souvent raison, là j'espère sincèrement qu'il se trompe. Sans trop y croire...

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mercredi 3 mars 2010

Internet des objets : les 6 catégories de McKinsey


Voici longtemps que je ne parle plus d'Internet des objets (personnellement je préfère l'appeler l'Internet des choses, mais l'usage a consacré l'autre expression), donc je profite de la lecture de ce billet de Kara Swisher pour vous présenter cette synthèse de l'Internet des objets, signée McKinsey, dans laquelle il identifie les 6 catégories suivantes :
  • Traçabilité des comportements : assurer le suivi du comportement des personnes, des choses ou des données dans le temps et dans l'espace, pour permettre des applications telles que la publicité déclenchée et ciblée en fonction de la présence ou améliorer la gestion de la chaîne logistique

  • Meilleure appréhension de la situation : appréhension en temps réel de l'environnement physique pour permettre des applications telles que l'optimisation des flottes logistiques, grâce à une meilleure compréhension du temps ou à une sécurité physique accrue en fusionnant les données provenant de nombreux capteurs

  • Prise de décision analytique pilotée par des capteurs : aide à la prise de décision humaine à travers l'analyse profonde et la visualisation de données, pour prendre de meilleures décisions, notamment dans les diagnostics médicaux, grâce à un suivi continu des patients, ou encore pour améliorer l'exploration de gisements de pétrole et de gaz

  • Optimisation des processus : contrôle automatisé de systèmes autonomes tels que des lignes de fabrication/production

  • Consommation optimisée des ressources : contrôle de la consommation de ressources rares telles que l'énergie ou l'eau, par exemple grâce à l'application de réseaux et de compteurs intelligents

  • Systèmes autonomes complexes : contrôle automatisé dans des environnements ouverts à fort degré d'incertitude, tels que les systèmes d'évitement des collisions dans l'automobile ou les robots autonomes utilisés pour nettoyer les sites de déchets dangereux


mckinsey_internet of things

À comparer avec ces autres catégories d'applications (liste non exhaustive), identifiées par Jean-Pierre Legrand, analyste stratégique chez BNP Paribas :
  • la traçabilité (ex : Vérifier dans une grande surface que la chaîne du froid n’a pas été rompue pour le poisson que l’on achète ou limiter les pertes de bagages dans un aéroport)

  • la logistique (ex : Identifier le contenu des colis sans les ouvrir lors de livraisons)

  • l’identification (ex : Le passeport, le tatouage des animaux ou les livres d’une bibliothèque)

  • l’authentification (ex : Certifier qu’un médicament ou un objet d’art ne sont pas des contrefaçons)

  • les clés électroniques (déjà en œuvre pour certaines voitures)

  • l’apport d’informations contextuelles (ex : Recevoir des informations sur un téléphone quand on s’approche d’une œuvre dans un musée ou d’une affiche dans la rue)

  • le paiement sans contact.
Vous pouvez l'écouter ici.

Et puisque ça bouge beaucoup dans ce domaine en ce moment, jusqu'en Chine, voyez cette initiative intéressante, intitulée :

Même si en la matière le nec plus ultra reste, à mon avis, cette présentation particulièrement brillante de Rafi Haladjian, créateur du célèbre lapin communiquant, Nabaztag :



Si vous préférez l'écrit, voici une présentation qui parle de ZigBee, mais je vous conseille vivement de cliquer sur "play" ci-dessus (Rafi commence à parler à 6'15'')...





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mardi 2 mars 2010

Microsoft Research Translating Telephone




Google a déjà annoncé la même chose à un horizon deux-trois ans, Microsoft s'empresse de prendre son concurrent de vitesse...

En tout cas, voici ce qui nous attend en matière de téléphones traduisants, avec la transcription temps réel des textes source et cible (j'utilise la dictée vocale presque tous les jours, et je peux vous dire que ça va vite, très vite), archivables où vous voudrez...



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P.S. Ce n'est pas une surprise, la chose était prévue depuis longtemps... (voir le premier post-scriptum)

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mercredi 24 février 2010

Partenariat Yahoo! - Twitter, Microsoft prépare son bing-bang !


Voilà, c'est fait ! (CP en français) Il y a moins d'une semaine, à propos du partenariat Microsoft - Yahoo!, j'écrivais :
J'imagine aussi que Ballmer doit regarder Twitter d'un œil très intéressé...

Vous allez me dire que Ballmer n'est pas Yahoo!, certes, mais je vous rétorquerai que la stratégie bloc contre bloc se met d'ores et déjà en place, lentement mais sûrement...

Avec Google d'un côté, et Microsoft + Yahoo! de l'autre, qui passent des partenariats en veux-tu en voilà avec tout ce qui compte sur le Web en termes de trafic et de popularité. Et donc, Facebook et Twitter in primis, CQFD !

Il suffit de voir ce que ça donne en termes d'usage :


Yahoo avec Facebook et Twitter, Microsoft avec Yahoo et Facebook, LinkedIn, MySpace, etc., et à terme un seul moteur derrière tout ça : Bing !

Liens connexes (anglais) :


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P.S. Twitter annonce que la pub devrait faire son apparition sur le site d'ici un mois. Or il est clair que derrière ces partenariats à fort trafic, la question cruciale est double :
  1. comment exploiter au mieux ces centaines de millions de visiteurs et ces milliards de pages vues et de requêtes avec la pub, pour en tirer des dollars, le nerf de la guerre...
  2. comment exploiter au mieux les données et le savoir-faire acquis pour conquérir le prochain marché mondial : celui de la téléphonie mobile...
Facebook nous donne déjà une idée de ce que ce sera !

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lundi 22 février 2010

Italie : mafia et politique, encore et toujours !


[MàJ - 20h] Le journaliste Gianni Lannes a invité la ministre italienne de l'environnement, Stefania Prestigiacomo, à participer à un débat télévisé contradictoire, où lui sera seul en studio, et elle sur un plateau télé de son choix, y compris sur les chaînes de Berlusconi. La ministre, qui pourra défendre son dossier en faisant appel à des experts, des universitaires, des scientifiques, des militaires, des spécialistes, etc., a trente jours à partir d'aujourd'hui pour donner sa réponse, conformément à la loi italienne...

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Incroyable : 73 bateaux bourrés de déchets toxiques et radioactifs coulés en Méditerrannée par la mafia avec la complicité des politiques, ça dépasse les frontières ça ! Ou non ? Ou c'est encore et toujours comme le nuage de Tchernobyl ?

On doit la vérité à un journaliste courageux, il s'appelle Gianni Lannes, il a souvent été menacé de mort par la mafia (dans ce putain de pays, dès que quelqu'un ose lever le voile sur la pourriture miasmeuse qui nous ensevelit, il est de suite menacé, et l'état italien ne fait pas grand chose pour l'empêcher : je viens de découvrir qu'il est escorté depuis le 22 décembre 2009...), mais il continue malgré ça, malgré les attentats déjà subis (voir sa voiture...). [Rien que ce mois-ci, cinq journalistes ont déjà reçu des lettres de menaces contenant des cartouches de fusil !]

En tout cas l'histoire des trafics d'armes et des déchets nucléaires (tout est lié) ne date pas d'aujourd'hui, déjà du temps de Craxi on en trouve des traces et même avant...

Mais bon, je dois faire court donc je me contente de vous livrer quelques photos avec les liens vers les articles en italien, plus deux vidéos. Si vous voulez en savoir plus, ça devrait vous permettre d'approfondir, et j'essaierai de vous tenir au courant dans le détail, mais pas cette semaine, je suis trop pris.

En attendant voici la carte de là où les bateaux ont été coulés :


[MàJ - 13h] À noter que cette cartographie est celle effectuée par un journaliste indépendant, également passionné de plongée sous-marine, qui a enquêté pratiquement seul, sans l'appui d'un journal derrière. À chaque numéro correspondent des preuves photographiques. Donc il s'agit d'une cartographie par défaut, puisque selon lui, il y en aurait beaucoup plus que ça :
D'après des estimations concrètes, en tout il y aurait environ 200 épaves (voir déjà cette liste), sans compter des milliers de conteneurs et de futs remplis de déchets chimiques et de scories radioactives.
Jetés en vrac... Donc le problème est qu'il n'y a aucune volonté politique de dire la vérité, comme toujours en Italie (et pas seulement...), puisque certaines de ces épaves sont mêmes couvertes par le secret d'état. Et plus l'état recule ... trouvez la rime de la nouvelle chanson du citoyen !

En attendant voici une épave, que vous pouvez voir filmée dans la deuxième vidéo ci-dessous :


et de jolis futs radioactifs pour nourrir les gentils petits poissons méditerranéens, quoi, qui c'est qui a dit qu'il était pas frais mon poisson ? (c'est plus du poisson, c'est du poison !) (comparer avec cette photo)


Et pour finir une vidéo où Gianni Lannes parle de son enquête, si vous comprenez l'italien, accrochez-vous, c'est du lourd...



Et une autre interview plus détaillée :







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P.S. Juste pour vous mettre l'eau à la bouche, Gianni explique comment le déclassement des vieilles installations nucléaires italiennes est confié à la 'ndrangheta, comme ça on est tranquilles !

Donc vous comprenez pourquoi quand EDF et Sarko veulent nous refiler une bonne dizaine de centrales nucléaires dans les années à venir (Berlusconi a même déjà tenté d'en placer 2 en Albanie, tandis que le petit Nicolas va en Roumanie...), entre la mafia qui s'apprête à gérer tout le cycle nucléaire - de la construction des centrales jusqu'à leur démantèlement - et les tremblements de terre et autres catastrophes naturelles en tous genres qui menacent plus de 90% du territoire italien, y a de quoi être rassurés...

P.S. II - Une précision, en passant : quand je dis que « la mafia s'apprête à gérer tout le cycle nucléaire - de la construction des centrales jusqu'à leur démantèlement », ce n'est ni une boutade ironique ni une tournure de phrase pour impressionner, c'est tout simplement la PLUS STRICTE VÉRITÉ !

Et puisque je suis dans les cartes, en voici une autre : c'est l'emplacement très probable des futurs sites nucléaires décidés il y a quelques jours par le gouvernement berlusconi dans le plus grand secret, car il y a les élections régionales dans un mois et ils veulent surtout pas que leurs électeurs sachent avant de voter qu'ils se retrouveront bientôt avec une centrale nucléaire devant leur jardin. Syndrome NIMBY oblige. Et je sais de quoi je parle, il y en a juste à côté de chez moi, non pas une, mais deux (une à moins de 50 km, et la deuxième qui devrait stocker les déchets de toutes les autres...) !


À moins que...

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jeudi 18 février 2010

Search Alliance entre Microsoft et Yahoo!


Après avoir traité en long en large et en travers, en 2008-2009, la fusion manquée Microsoft - Yahoo!, le partenariat sur la recherche entre les numéros 2 et 3 de l'Internet, annoncé en juillet dernier (voir les détails...), est sur le point d'être mis en œuvre, puisque les autorités américaine et européenne ne s'opposent plus à l'intégration entre les deux.

Donc, dans les semaines qui viennent, Yahoo serala régie exclusive des annonceurs achetant des liens sponsorisés premium aux deux sociétés” en intégrant ses pubs dans les pages de résultats fournis par Microsoft, comme l'explique la figure suivante :

avant d'affiner de plus en plus l'intégration.

Ceci étant, vu que la division des rôles entre les deux varie selon les infos, le mieux est d'aller puiser à la source officielle :
Lorsque la Search Alliance sera implémentée, Yahoo! et Microsoft continueront d'offrir à leurs visiteurs une recherche différenciée, mais Microsoft gérera la plateforme technologique qui fournit l'algorithme de recherche (propulsé par Bing) et les résultats payants (via adCenter).

Selon les segments d'appartenance des annonceurs, Yahoo! prendra en charge les grands comptes, les agences de référencement, les revendeurs et leurs clients, tandis que Microsoft s'occupera des annonceurs indépendants et utilisera adCenter comme plateforme de pub pour toutes les campagnes de recherche.

L'inventaire publicitaire sera commun à Microsoft, Yahoo! et leurs partenaires respectifs...


[Une version française est maintenant disponible]
Dont Facebook ! J'imagine aussi que Ballmer doit regarder Twitter d'un œil très intéressé...

Comme l'explique le communiqué de presse, la transition devrait s'achever avant la fin de l'année, avec essentiellement pour cible les annonceurs US...

En gros, l'idée derrière le deal peut être reprise dans les « quatre piliers » énoncés par Ballmer pour la fusion, rapportés au seul volet de la recherche :


avec des synergies pointant essentiellement vers les dollars des annonceurs (et, espérons-le aussi, sur la pertinence des résultats...) :


On pourra déjà faire un premier bilan en fin d'année, même si, d'ores et déjà, avec la progression constante de Bing, notamment grâce à son intégration récente dans Facebook (qui a fini par dépasser Yahoo!), Microsoft avance - lentement mais sûrement - dans la réalisation de son programme "10, 20, 30, 40"...

En tout cas, vu les chiffres actuels, il est clair désormais que la recherche sur Internet se limite à un duopole, Google vs. Microsoft : bloc contre bloc, l'internaute au centre...



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P.S. Quant à l'avenir de Yahoo! maintenant, c'est un autre problème...



Il est peut-être bon de citer in extenso le communiqué de la CE :
La Commission européenne a autorisé, en vertu du règlement européen sur les concentrations, le projet d’acquisition des activités de recherche en ligne de Yahoo! Inc. et des annonces liées à ces recherches par Microsoft. Elle a conclu que cette concentration n’entraverait pas de manière significative l’exercice d’une concurrence effective dans l’Espace économique européen (EEE) ou une partie substantielle de celui-ci.

Microsoft exerce des activités au niveau mondial dans la conception, le développement et la vente de logiciels informatiques et la prestation de services connexes.

Les activités de recherche de Yahoo faisant l'objet de la présente opération comprennent la recherche en ligne et les annonces liées à ces recherches, y compris la plateforme d'annonces liées aux recherches en ligne de Yahoo, Panama. En vertu des accords conclus entre Microsoft et Yahoo, Microsoft acquerra une licence exclusive de dix ans sur les technologies de recherche développées par Yahoo. Microsoft utilisera également le personnel travaillant pour le moteur de recherche en ligne et pour les annonces liées à ces recherches de Yahoo. Microsoft deviendra le fournisseur exclusif de résultats de recherche en ligne de Yahoo et d'annonces liées à ces recherches. En contrepartie, Microsoft conservera 12 % des recettes générées par les recherches effectuées sur les sites de Yahoo et de ses partenaires pendant les cinq premières années des accords et reversera 88 % de ces recettes à Yahoo au titre des coûts d’acquisition de trafic.

Dans l'EEE, les activités de recherche en ligne et des annonces liées à ces recherches de Microsoft et de Yahoo sont très limitées et leurs parts de marché cumulées demeurent généralement inférieures à 10 %. À l'inverse, Google détient généralement des parts de marché supérieures à 90 %.

Selon Microsoft, le fait d'acquérir les activités de recherche en ligne de Yahoo et d'augmenter ainsi sa taille dans le domaine des annonces liées à ces recherches lui permettra de concurrencer Google d'une manière plus crédible et d'apporter une plus grande valeur ajoutée aux annonceurs. L'enquête de marché de première phase menée par la Commission a montré que la taille est un élément important pour être un concurrent crédible en matière d'annonces liées aux recherches en ligne.

La Commission a également examiné l'incidence éventuelle de cette concentration sur les différents acteurs du marché, notamment les utilisateurs de moteurs de recherche en ligne, les annonceurs, les éditeurs en ligne et les fournisseurs de technologies de recherche. L'enquête de marché de première phase menée par la Commission a montré que non seulement ces opérateurs n'attendent pas d'effets négatifs de ce rachat sur la concurrence ou sur leurs activités, mais qu'ils en espèrent au contraire un renforcement de la concurrence dans le domaine de la recherche en ligne et des annonces liées à ces recherches en permettant à Microsoft de concurrencer plus efficacement Google.

L’opération a été notifiée à la Commission en vue de son autorisation le 15 janvier 2010.

De plus amples informations sur cette affaire sont disponibles à l’adresse suivante.


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