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mardi 2 mars 2010

Microsoft Research Translating Telephone




Google a déjà annoncé la même chose à un horizon deux-trois ans, Microsoft s'empresse de prendre son concurrent de vitesse...

En tout cas, voici ce qui nous attend en matière de téléphones traduisants, avec la transcription temps réel des textes source et cible (j'utilise la dictée vocale presque tous les jours, et je peux vous dire que ça va vite, très vite), archivables où vous voudrez...



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P.S. Ce n'est pas une surprise, la chose était prévue depuis longtemps... (voir le premier post-scriptum)

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mercredi 17 février 2010

La stratégie mobile de Facebook


Nous avons vu dans mon précédent billet quelle est la croissance exponentielle de Facebook. Or s'il y a un secteur dans lequel Facebook a encore une énorme marge de manœuvre, c'est bien celui de la téléphonie mobile.

Techcrunch vient de publier une vidéo présentant la stratégie de Facebook pour faire face à l'explosion des mobiles : j'ai entendu hier à la télé italienne qu'il y en avait actuellement 5 milliards dans le monde (voir ici), ce qui en fait probablement le dispositif le plus utilisé par la population humaine, loin devant les ordinateurs.



On comprend donc pourquoi Facebook, Google et les autres s'intéressent de plus en plus au mobile, mais notamment pour le fait que les utilisateurs de mobiles (mobinautes, ou téléphonautes, pourquoi pas ?) sont deux fois plus impliqués et actifs sur Facebook que ceux qui consultent le site depuis leurs ordis.

Et s'il y a un an, selon Facebook, 30 millions de membres consultaient le site depuis leur mobile, ce chiffre a été multiplié par 3 depuis, et ils sont plus de 100 millions aujourd'hui ! Soit 1 fréquentateur du site sur 4...

C'est probablement une des raisons pour lesquelles ils pensent que l'année 2010 marque un tournant pour le marché de la téléphonie mobile, chose qu'annonçaient déjà certaines "vieilles" prévisions.

Autre chose intéressante, la présence mobile de Facebook ne se décline pas sur un portail pour mobiles, mais sur 2 !

Un site pour les téléphones traditionnels, et un site pour les dispositifs avec écran tactile. Le tout adapté dans plus de 70 langues, ce qui devrait permettre à Facebook, selon leurs prévisions, de toucher plus de 90% de la population !!!

Autres axes de développement, soutenus par de gros investissements dans les 5 à 10 ans :
  • Collaboration avec plus de 200 opérateurs télécoms, que Facebook se fait fort de convaincre à intégrer davantage leurs services au réseau social (ce qui leur permettrait également de vendre plus de téléphones mobiles et plus de forfaits data...)
  • Développement de l'interaction entre Facebook et les opérateurs pour les SMS
  • Intégration plus poussée du code Facebook dans les systèmes d'exploitation dédiés à la téléphonie mobile
Ainsi les opérateurs pourront proposer gratuitement une version texte dépouillée du site, dénommée Facebook Zéro, qui devrait servir de rampe de lancement pour que les utilisateurs passent ensuite à une version "premium".

Chamath Palihapitiya, qui présentait la session "Mobile Communications 2.0" au Mobile World Congress de Barcelone, a d'ailleurs expliqué qu'ils avaient fourni gratuitement le service complet pendant une semaine, en enregistrant un pic élevé de fréquentation. Et en ajoutant qu'une fois que le service est redevenu payant, ils ont constaté un taux d'abonnement de 20% en plus par rapport à la normale.

Comme quoi allécher le client ça ne marche pas qu'avec les vitrines. Restera ensuite à voir la question des contenus spécifiques pour les mobiles, mais avec Facebook, je me fais pas de souci pour ça...


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P.S. Pour gérer tout ça, voilà le projet de nouveau Data Center signé Facebook...



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dimanche 8 juin 2008

Media

Media / Média / Médias / Me.dia

Sans accent, avec accent, singulier, pluriel, syllabisé, de quoi parle-t-on ?

Retour aux sources étymologiques avec le Robert historique :
Média est l'abréviation courante (1964) de l'anglo-américain mass media (1923), expression composée de mass et media, pluriel de medium, qui a donné média de masse en français, abrégée ensuite en média tout court.

Mot employé par les sociologues et les publicitaires pour désigner l'ensemble des techniques et des supports de diffusion massive de l'information et de la culture.
Une définition qui permettrait d'inférer que le premier grand média de l'humanité est probablement le livre, grâce à l'imprimerie qui a permis d'en démultiplier la diffusion au niveau planétaire.

Parenthèse mise à part, depuis la seconde moitié du XXe siècle, 4 générations de médias sont en train de sédimenter en s'ajoutant et en s'interpénétrant les uns aux autres :
  1. les médias traditionnels
  2. les médias numériques
  3. les médias sociaux
  4. vous et moi
Media Keyword with Touchgraph
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1. Les médias traditionnels

Ce sont les cinq grands médias, dont le premier remonte au XIXe siècle :
  • presse
  • cinéma
  • radio
  • télé
  • affichage

2. Les médias numériques
  • Internet
  • téléphonie mobile
Si Internet est le sixième grand média, la téléphonie mobile devient le septième, grâce à ses spécificités :

Premier média de masse personnel, personnalisé et personnalisable, toujours embarqué, toujours connecté, omniprésent et parfaitement traçable...

Sans oublier le prochain déploiement à grande échelle de la RFID et des technologies connexes.

Ajoutez enfin à tout ce qui précède la télé interactive, les jeux, les e-books, les widgets, etc.

3. Les médias sociaux

Blogs et micro-blogging, sites et réseaux sociaux, sites de partage, univers virtuels, etc., les médias sociaux sont en train de changer les règles pour de bon :


en passant d'un modèle top-down de communication et de marketing, à une approche bottom-up, mais également transversale, horizontale :




et en investissant grâce à leur interface sociale les différentes sphères de la communication, autant des particuliers que des entreprises, par exemple.

Leur prise en main de plus en plus affinée par toutes les parties prenantes est destinée à révolutionner les interactions entre tous les autres médias, qui seront modifiées en profondeur, ainsi que les modèles économiques sous-jacents : de la presse à la télé en passant par la radio et la pub, les bouleversements sont déjà en marche...

Hierarchy of Social Marketing
4. Vous et moi

Plus surprenant peut-être, voici la quatrième génération de médias à l'aube du XXIe siècle, où le média, c'est vous, c'est moi.

Ou, pour en revenir à l'étymologie du terme, si l'on veut distinguer l'humain d'une technique pure ou d'un simple support, le médiat, c'est vous, c'est moi.
C'est-à-dire celle/celui par l'intermédiaire de qui se diffuse, plus ou moins massivement selon son degré de notoriété et de crédibilité, l'information et la culture...

Media of the Century: YOU
Multicanal, multicontenus, multisupports, capable d'abolir les cloisons traditionnelles érigées entre les précédentes générations de médias, et probablement le plus imprévisible et difficile à maîtriser de tous les autres, même si les gouvernements commencent à s'y employer...

Pour paraphraser Christophe Espern à propos du gouvernement français :
Il s'agit de contrôler par tous les moyens le seul média libre qui ne lui obéit pas.
Une histoire aussi vieille que celle de l'humanité et de la parole...


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P.S. Question subsidiaire : à l'instar de vous et moi, les marques sont-elles des médias ?

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mercredi 21 mai 2008

Mobagetown, vous connaissez ?

Mobagetown, vous connaissez ?

Plus de 13 milliards de pages vues par mois !!! Ça vous parle ? Continuons avec les chiffres :

Mobagetown, premier portail de services mobiles au Japon, et probablement au monde, a été lancé en février 2006.

* Novembre 2006 : 2 millions utilisateurs
* Fin 2006 – Début 2007 : 3 millions utilisateurs
* Juin 2007 : +5,5 millions utilisateurs
* Fin 2007 : +7,5 millions utilisateurs
* Mars 2008 : +9,5 millions utilisateurs


Plus de 13 milliards de pages vues par mois, soit plus de 5 000 PV ... à la seconde!!! Énooooooorme, dirait le Chauffeur...

Moi qui me posais récemment la question « Quel contenu Internet pour les mobiles, et quels usages ? », voici donc une première réponse.

Sur la même période, le navigateur Opera Mini pour les mobiles a également connu une croissance exponentielle :

avec plus de 44 millions de téléchargements et d'installations du système sur les mobiles.

Tous les chiffres autour de la téléphonie mobile sont étonnants : Mais ce qui me surprend davantage encore, c'est que la téléphone mobile sert de moins en moins à parler, et de plus en plus à se connecter à Internet ! Essentiellement pour gérer ses courriels, s'informer sur l'actu de dernière minute et ... jouer, filmer, voir des vidéos, écouter de la musique, etc.

Donc en étudiant de plus près le phénomène Mobagetown, la première idée qui s'en dégage est que le Japon, avec un taux de pénétration du mobile supérieur à 80% de la population, anticipe la téléphonie du futur de demain...

Mais de quoi s'agit-il ?

Les concepts clés qui caractérisent Mobagetown sont le gaming sur les mobiles, les avatars et les SNS...

Les deux premiers étant au cœur de l'abonnement et corrélés aux fonctionnalités traditionnelles des réseaux sociaux (SNS : Social Network Sites), à savoir les profils, les amis, les journaux intimes, les photos, les vidéos, les commentaires, les communautés, etc.

D'autres possibilités de produire du contenu éditorial, de publier, de partager des histoires, de la musique, des clips, etc., enrichissent le tout et permettent de fidéliser les utilisateurs et d'agrandir les communautés, les tribus...

En fait, chez les adolescents, le téléchargement de morceaux sur les mobiles est devenu leur première méthode d'achat. Ainsi, sur le site de Mobagetown, les utilisateurs ont le choix entre plus de 10 000 articles virtuels, vêtements, accessoires, etc., payables en "moba gold", la devise du site !

En Asie, l'association mobiles + réseaux sociaux est probablement plus importante encore qu'aux États-Unis, où les 10 premiers réseaux sociaux attirent environ 40% de leur trafic depuis les mobiles :

Myspace
Google
Mocospace
Yahoo!
Facebook
Live
Hi5
Wikipedia
Itsmy
eBay

De plus, l'introduction de la RFID et des QR Codes ouvre des perspectives d'utilisation des mobiles gigantesques, y compris pour les micro-paiements et les paiements tout court. En voici un exemple parlant :

QR Code
Mais le binôme mobile + RFID / QR Code fera probablement l'objet d'un billet à part...

Ce n'est pas pour rien que, selon IBM, la téléphonie mobile est le numéro UN du top 4 de la pub pour les années à venir, devant Internet, la télé interactive et les jeux...

Les marketers de tout poil ne s'y trompent pas, puisque le mobile est le média interactif par excellence, ubiquitaire, que les gens portent sur eux partout et presque constamment, ce qui en fait des cibles parfaites en tout temps et tout lieu, pour toutes les occasions. Last but not least, le mobile peut également servir de connecteur avec les autres médias.

Un dernier point, d'importance : au fil des mois tous ces adolescents grandissent et deviennent les adultes de demain, puisqu'en réalité, sur Mobagetown l'utilisateur moyen prend de l'âge : en novembre 2006, 69% des utilisateurs avaient moins de 20 ans, 25% de 20 à 30 et 6% plus de 30, des moyennes d'âge qui représentent maintenant, respectivement, 53%, 34% et 15%.

Donc, face à un tel El Dorado, il est évident que les appétits s'aiguisent, de GYM à Webwag, de Netvibes à Goojet, etc., avec des concentrations et des alliances à tout-va. J'aurai l'occasion d'y revenir. @ +



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mardi 18 décembre 2007

Messagerie mobile : tendances mondiales 2006-2011


Gartner vient de publier un rapport intitulé “Market Trends: Mobile Messaging, Worldwide, 2006-2011.

Voici les principales conclusions et prévisions :

« En 2008, 2 300 milliards de messages seront transmis sur les principaux marchés de téléphonie mobile dans le monde, soit 19,6% de plus qu’en 2007 (1 900 milliards). Quant aux revenus liés à la messagerie mobile, ils passeront de 52 milliards $ en 2007 à 60,2 milliards $ en 2008, soit une augmentation de 15,7%.

Pour autant, les marges des opérateurs devraient diminuer, vu la compétition accrue et la saturation progressive des services de messagerie. En fait, sur les principaux marchés mondiaux, le taux de croissance annuel composé (TCAC) des revenus liés aux SMS (Short Message Service), qui était de 29,8% sur la période 2002-2006, devrait être de 9,9% sur 2007-2011, soit une baisse de 33%.

Pour les services de messagerie texte, les marges sont soumises à de fortes pressions, vu la concurrence acharnée entre les opérateurs, déclare Nick Ingelbrecht, directeur de recherche chez Gartner. En parallèle, les consommateurs s'habituent à la pratique des forfaits, qui incluent un nombre illimité de SMS compris dans l’offre de base.

Les opérateurs devraient donc mettre en place des stratégies de développement des plateformes de messagerie, des portefeuilles de services et de tarification davantage orientées à l'acquisition et la fidélisation des clients, plutôt que d’essayer de dégager des marges à court terme.

Les principaux marchés pour la messagerie mobile sont :
  • La zone Asie / Pacifique et le Japon. Gartner estime que les 1 500 milliards de messages envoyés en 2007 devraient devenir 1 700 milliards en 2008, soit +13%.
  • En Amérique du Nord, les prévisions sont de 301 milliards de messages envoyés en 2008, contre 189 milliards en 2007, soit +60%.
  • En Europe de l’Ouest, la croissance devrait s’étendre jusqu'en 2010, avec plus de 6% de progression en 2008 (215 milliards de messages) par rapport à 2007 (202 milliards de messages mobiles ).
  • L’Afrique devrait connaître une croissance soutenue vu le faible prix des SMS comparés aux appels vocaux, ce qui en fait un service idéal sur ce continent où les gens ont un faible pouvoir d'achat, selon Stephanie Pittet, analyste senior chez Gartner.
L’usage des courriels via mobile est de plus en plus fréquent avec l'adoption des smartphones, idem pour la messagerie instantanée, qui va devenir une application massive sur les marchés développés, grâce à différents partenariats entre opérateurs mobiles et fournisseurs de solutions IM.

Dans les prochaines années, selon Mr. Ingelbrecht, les opérateurs devront exploiter le potentiel des réseaux sociaux pour générer du trafic et soutenir leur croissance, en collaborant dans ce sens avec les principaux réseaux.

La recherche via mobile et la pub devraient également booster considérablement le trafic et l’usage des SMS, même si la plupart des opérateurs sont mal positionnés pour gérer des campagnes de bout en bout et assurer le suivi des métriques nécessaires aux régies et aux annonceurs. »

Ces deux dernières prévisions, sur la collaboration opérateurs mobiles - réseaux sociaux et sur le mauvais positionnement des opérateurs en matière de gestion des campagnes publicitaires, feront certainement couler beaucoup d'encre dans les mois et les années à venir, vu les enjeux économiques considérables qu'il y a derrière. Des enjeux dont certains contestent le montant estimé par Gartner, vu que les revenus de la pub sur mobile ne sont pas toujours à la hauteur des attentes.

Décidément, le volet « contenus et usages Internet pour les mobiles » reste à découvrir...

Cela explique l'éclosion de nouvelles sociétés (Goojet, Qik, etc.), plateformes (Facebook, Android, etc.) et solutions (Netvibes, Webwag, etc.) dédiées, même si nous n'en sommes qu'au tout début !


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P.S. À signaler que Gartner publie également une étude sur le phishing, dont la courbe des attaques croît de façon exponentielle...

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jeudi 6 décembre 2007

Quel contenu Internet pour les mobiles, et quels usages ?

Quel contenu Internet pour les mobiles, et quels usages ?

Dans mon récent billet sur Internet et la communication, je citais ces mots de Vinton Cerf :
... aujourd'hui, c'est tout juste si une personne sur cinq peut avoir accès à Internet. Alors même que la couverture des réseaux de téléphonie mobile touche près des trois quarts de la population mondiale. Dans les dix ans à venir, beaucoup de gens, en particulier dans les pays en développement, accéderont pour la première fois à Internet via un téléphone mobile.
Et Cerf de conclure sur la permanence d'une demande en contenus de qualité, indépendamment du support (Regardless of the medium, there will always be demand for high-quality content).

Or quels types de contenus autorise l'écran d'un mobile ? Sûrement pas les billets à rallonge d'Adscriptor ! Alors quoi ? Pour quels usages ? Quelle utilité ?

Car l'écran des mobiles, qui n'est pas comparable à celui d'un PC, même si leur taille se rapproche de plus en plus de celle des PDA, impose d'exploiter au mieux le peu d'espace à disposition, à peu près compris entre 11-12 cm pour la longueur et 6-7 cm pour la largeur, si l'on prend comme exemple les deux mobiles les plus aboutis que sont, à mon sens, le Blackberry et l'iPhone, deux téléphones aux dimensions assez semblables.


Or le clavier occupant une place précieuse, on lui préférera l'écran tactile de l'iPhone  :


D'emblée, pas de place pour du texte, ou si peu, mais tout juste pour du texto, des icônes et un type de représentation des données qui fait la part belle au graphisme et à l'ergonomie. Voir par exemple l'appli Facebook pour BlackBerry.

Sans compter que cette carence spatiale devra également ménager toute la place qui lui est due ... à la pub !

Ce n'est donc pas un hasard si Google, qui espère depuis longtemps déjà un milliard d'utilisateurs supplémentaires grâce à la téléphonie, vient d'appliquer la technologie AJAX pour faciliter la navigation sur l'iPhone, autour de deux principes directeurs : rapidité & fluidité, fast & fluid. Voici ce que ça donne en images :

1. Outil de suggestion des mots clés


2. Recherche (la pub occupant 50% de l'écran, 1 résultat sur 2, ça va transformer, je vous le dis, surtout si les annonces sont pertinentes...)


3. GMail


Sans oublier µTorrent et les joies du M2M (Mobile-to-Mobile, je suppose, à ne pas confondre avec M2M, ou Machine-to-Machine)...


Voici donc une réalité totalement nouvelle, qui va forcément obliger les producteurs de contenu(s) de toute sorte, de l'artisan à l'industriel, à repenser, à réinventer la notion même de contenu et toutes ses déclinaisons, UGC, CGM, etc., pour adapter contenu(s) et contexte(s) à ces quelques centimètres carrés d'écran...

Une question qui a été abordée, ou, pour mieux dire, survolée, lors du dîner de comm organisé avant-hier à l'initiative de l'actuelle ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.

Dont Sébastien Billard nous rapporte que « Fredéric Cavazza reste persuadé que le web mobile est réservé à une utilisation d'appoint », contrairement à l'avis d'autres convives et de Gilles Klein, qui énonce fort justement :
La querelle des terminaux me paraît tout aussi vaine. Ordinateur fixe, ou portable téléphone mobile ou iPhone démocratisé, peu importe, un terminal adapté aux usages de chacun fait l'affaire. Si c'est par le mobile avec des forfaits data illimités que certains découvrent un bout de l'Internet par le petit bout de la lorgnette, peu importe. Le taux d'équipement en ordinateur ne me semble pas non plus très significatif. Tout dépend de l'usage réel que l'on en fait.
L'usage ! Et bien parlons-en, puisqu'il en est question. Quel usage en feront les parties prenantes, fournisseurs, producteurs de contenu et utilisateurs (qui sont parfois aussi producteurs ou co-producteurs eux-mêmes) ?

À voir les captures d'écran qui précède, le positionnement des moteurs et autres acteurs majeurs est plutôt clair, en ce qu'ils seront des passages obligés pour les "téléphonautes". Ça va d'Android à Webwag mobile en passant par l'interface multiplateforme de Streamezzo et ... tout ce que vous voulez !


Car il est clair qu'on ne fera pas un même usage d'un terminal mobile, nomade par définition, que lorsqu'on est confortablement installé devant son ordi. Il n'empêche... Voir à ce propos le site de Libé pour l'iPhone, créé par groupeReflect (via Resnumerica 3.0). Voir également le projet Goojet, qui vient d'être boosté par une levée de fonds d'amorçage de 2,3 millions €, preuve que le secteur est en pleine effervescence ! Du reste l'annonce de Goojet au Web 3 fera compagnie à celle de Ginger par Netvibes...


Les captures d'écran nous donnent d'ailleurs une idée de la façon dont Goojet nous permettra de personnaliser notre bureau en agrégeant Web et mobile, utilisations personnelles et professionnelles probables, telles que (la liste n'est pas exhautive) :

- téléphoner, envoyer, recevoir des SMS, des courriels
- prendre des photos, tourner des vidéos, les transmettre, télécharger, écouter de la musique, regarder la télé (cf. Roundbox)
- rester en liaison avec son domicile, son bureau, ses amis et connaissances
- ouvrir des documents sous différents formats (PDF, Office, jpg, etc.)
- gérer son agenda et ses RV en liaison avec son organisateur, ses répertoires, se synchroniser avec son ordinateur, etc.
- rédiger en bénéficiant de différentes fonctionnalités telles que correcteur orthographique, dictée vocale, traducteurs, etc. (cf. Transclick)
- naviguer, bien sûr, au propre et au figuré, aussi bien sur le Web que "dans la vie réelle", en bénéficiant d'un navigateur satellitaire, d'un GPS, etc.
- et s'orienter au niveau local, enfin, dans une dimension de proximité : restaurants, cinémas, pharmacie, magasins, etc.

C'est d'ailleurs sur les services de proximité (cf. Marchex) que le binôme Internet - téléphonie mobile s'avérera probablement le plus utile et potentiellement riche en nouveaux produits/services, notamment pour la pub, mais aussi pour l'éclosion de fonctionnalités telles que la traçabilité des marchandises et la domotique, avec le déploiement à grande échelle de l'Internet des choses...

Sans oublier l'arrivée des QR Codes. Nous assisterons alors à une nouvelle ère de l'Internet, avec ses nouveaux territoires à explorer, à conquérir, etc. Allez, on va s'arrêter là pour aujourd'hui !


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P.S. Et puisque j'en parle, signalons que la France vient d'obtenir le contrôle d'une racine régionale de l'ONS (Object Naming Service), le futur réseau de l'Internet des objets. Une nouvelle vraiment digne d'être remarquée...

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vendredi 15 décembre 2006

Digital Life : la mutation numérique

Digital Life : la mutation numérique

Digital.life est le huitième rapport que l'UIT consacre à Internet, présenté lors de la conférence ITU TELECOM WORLD 2006, intitulée "LIVING THE DIGITAL WORLD" (Vivre dans un monde numérique), qui s'est tenue du 4 au 8 décembre dernier en Chine, à Hong Kong.
Le rapport commence par examiner les facteurs technologiques sous-jacents qui impulsent les nouveaux styles de vie numériques, notamment les technologies mobiles, les réseaux haut débit, le contenu généré par l'utilisateur (UGC), la TV sur IP et ainsi de suite (chapitre II). Puis il analyse la façon dont l'économie s'adapte aux innovations rapides et constantes en matière numérique, comment l'accès numérique pourrait être étendu à toutes les zones qui ne sont pas encore desservies, et comment les décideurs politiques devraient tenir compte de la convergence accélérée entre les médias (chapitre III). Il explore enfin la nature évolutive et le rôle de l'individu et de l'identité numériques (tant au point de vue théorique que pratique), au fur et à mesure que la médiation technologique envahit toujours plus nos vies quotidiennes (chapitre IV). Le rapport conclut en tentant d'imaginer ce que sera le déroulement d'une journée dans nos vies numériques de demain (chapitre V).
Comme le remarque le Sénateur René Trégouët, dont l'excellente lettre mensuelle m'a fourni la source de cette info :
Ce rapport souligne que deux milliards de personnes dans le monde ont à présent un téléphone portable et révèle que les technologies numériques personnelles se développent à une vitesse croissante, bouleversant les structures économiques, sociales et culturelles.

Et d'ajouter :
L’UIT souligne également que les lignes de téléphone fixes ont mis 125 ans pour dépasser le milliard d’unités, en 2001, et que la radio, la télévision et l’ordinateur ont mis presque 50 ans à se généraliser dans nos foyers alors qu’il n’a fallu que 21 ans au téléphone portable et qu’il faudra moins de 20 ans à l’Internet pour atteindre le même niveau. Depuis, les connexions fixes ont évolué à un taux beaucoup plus lent pour atteindre 1,2 milliard d’utilisateurs, tandis que le téléphone portable a poursuivi son expansion rapide.

Maintenant je comprends mieux les prévisions de Google qui anticipe depuis un an déjà son prochain milliard d'utilisateurs dans la téléphonie mobile... Car si le marché des TIC pèse dès à présent 3 130 milliards de dollars (soit près d'un tiers de plus que le PIB français), imaginez l'explosion lorsque la téléphonie mobile haut débit arrivera à maturité !


René Trégouët reprend également les propos de Lara Srivastava, co-auteure, selon qui « la montée en puissance des nouveaux modes d’expression et de communication numériques, "chats", blogs, forums, est en train de brouiller les frontières entre la vie publique et privée, temps de travail et temps personnel, monde réel et monde virtuel, comme le montre l’incroyable succès du "Monde 2", un univers virtuel si attractif que certains y passent plus de 80 heures par semaine ! »

C'est moi qui souligne, mais cela explique aussi pourquoi le rapport fait une distinction et met en évidence la transition nette entre identité humaine et identité numérique :


Identité numérique inévitable, même si apparamment une majorité d'inconscients trouve encore ça totalement inintéressant !!!

Et le sénateur de conclure :
Il ne fait aucun doute que cette mutation numérique mondiale va continuer à s’accélérer et va conduire, d’ici 10 ans, à l’émergence d’un monde radicalement nouveau, multidimensionnel, polycentrique et profondément déstabilisant, sur le plan psychologique, culturel et social, pour tous ceux qui n’auront pas pu ou pas voulu s’y préparer. Le grand défi de cette prochaine décennie va donc être de donner un sens social, culturel, cognitif et éthique à cette prodigieuse révolution technologique afin de l’humaniser et de la mettre au service du plus grand nombre. Si nous ne parvenons pas à relever ce défi de civilisation, nous risquons d’avoir à faire face à des fragmentations et des replis communautaires et culturels de plus en plus dangereux et un accroissement des inégalités sociales et cognitives qui ne pourront qu’alimenter la violence et l’instabilité du monde.
Je ne peux que souscrire à ce point de vue et engager qui me lit à toujours s'interroger sur le sens et les modalités de sa présence sur Internet. D'autant plus que dans dix ans l'Internet des choses (ou Internet des objets, si vous préférez) sera bel et bien réalité, ce qui risque d'ajouter grandement à la confusion (ce n'est pas un hasard si le rapport 2005 de l'UIT était consacré à l'Internet of Things)...


[MàJ - 17 décembre 2006] Jean-Michel Salaün relaie l'information, billet dans lequel j'apprends que l'intégralité du rapport de l'UIT est librement téléchargeable (PDF, 3 Mo, merci à Jean-Michel et Nicolas).

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lundi 8 mai 2006

Téléphonie mobile : le prochain milliard d'utilisateurs de Google


À l'heure de la prochaine guerre sur le point de chambouler nos vies numériques, celle de la téléphonie mobile, je voudrais revenir sur la diapositive n° 16 de la fameuse présentation de Google aux analystes, passée un peu trop inaperçue, et sur laquelle on n'insiste pas assez.


Dans ce but et pour mieux l'analyser, notamment à la lumière des nombreux signes indiquant que la firme de Mountain View poursuit avec constance sa mise en œuvre effective, rien de tel que de la replacer dans le cadre de la stratégie globale de Google, qui l'inscrit parmi ses priorités sous le volet Build the Biggest Footprint :


Numéro cinq des sept domaines stratégiques identifiés par Google :
  1. Être leader dans la recherche...
  2. Offrir un système publicitaire plus exhaustif...
  3. Résoudre les besoins et les souhaits des utilisateurs au-delà de la recherche...
  4. Bâtir le top des infrastructures matérielles & logicielles...
  5. Étendre le plus possible notre sphère d'influence
  6. Optimiser au maximum les opportunités énormes qui s'offrent à nous...
  7. Nous positionner comme maître à penser, dans l’industrie et pas seulement...
Or étendre sa sphère d'influence est une évolution naturelle, parfaitement cohérente avec la mission proclamée par Google, pour qui il s'agit de capter toute l’information du monde (et pas seulement une partie), information qui est loin de concerner exclusivement l'Internet : téléphonie, presse, radio, télévision, cinéma, vidéo sur Internet, etc., les nouvelles opportunités à saisir sont nombreuses (point 6 ci-dessus)...

Les commentaires d'Eric Schmidt qui accompagnent la diapositive, titrés More details on mobile devices and the global market, nous apportent d'ailleurs des précisions éclairantes, en donnant des mots et des chiffres qui valent leur pesant d'or ! Plusieurs éléments importants se dégagent :

Davantage de détails sur les plateformes mobiles et le marché global
  1. Dans ce contexte (capter toute l'information du monde), les plateformes mobiles jouent un rôle crucial ;
  2. l’Inde, la Chine et l’Amérique Latine occupent un rang de choix dans les préoccupations de Google, un positionnement stratégique parfaitement corroboré par ce qui se passe en Chine ;
  3. la pénétration des plateformes et dispositifs mobiles dépasse de loin celle des ordinateurs de bureau et portables (bassin d'utilisateur évalué à 1 milliard de téléphonautes, donnée à mettre en rapport avec les quasi-700 millions d'internautes - et moi, et moi, et moi... - estimés par ComScore au mois de mars 2006) ;
  4. 4 milliards de terriens n’ont jamais fait un appel téléphonique = 4 milliards d'utilisateurs potentiels supplémentaires (dont 79% qui sont hors des États-Unis et 67% qui ne parlent pas l’anglais, ou peu) ;
  5. d’où le double impératif de fournir des plateformes et dispositifs polyvalents, et de localiser nos produits pour les rendre disponibles et pertinents à tous ceux qui parlent d’autres langues que l’anglais ou qui n’ont pas encore l’accès à l’informatique.
Ce qui précède explique par conséquent bon nombre d'annonces faites par Google (et les autres...) ces dernières semaines, voire ces derniers mois :
Il suffit maintenant de faire 1 + 1 + 1 +...
  1. avec la mise en place de réseaux Wi-Fi à grande échelle, Google acquiert la maîtrise d'un pan crucial de la technologie mobile ;
  2. avec la reconnaissance vocale, Google numérise votre voix pour la transformer en requête intelligible au moteur ;
  3. avec la traduction automatique, le cas échéant Google traduit votre requête dans la langue pertinente pour mieux cibler ses AdWords / AdSense...
  4. et avec la toute récente géolocalisation pour les mobiles,

pour que ça nous donne une idée de ce qu'est ... Google en 3D : largeur, hauteur et profondeur !

L'enjeu étant l'intégration informatique - téléphonie - Internet, ce que confirme la concurrence, dans l'interview accordée aujourd'hui à John Battelle par Ray Ozzie :
J.B. : - What does Windows look like in five to 10 years? Are we going to lose folders, icons, and mice?
R.O. : - The question is, What do we want to do with the fusion of our mobile devices, our PCs, and the Web itself? We're in the early stages of that. When I work with groups at Microsoft, I say that when you're envisioning the user environment, don't tell me what the next desktop is going to look like. Tell me how I'm going to use the desktop with my other devices tied together by the Web.
Traduction :
J.B. : - À quoi ressemblera Windows dans 5 ou 10 ans ? Aurons-nous encore les dossiers, les icônes, la souris ?
R.O. : - La vraie question, c'est : que voulons-nous faire avec l'intégration entre plateformes mobiles, PC et le Web ? Nous n'en sommes qu'au début de notre réflexion. Chez Microsoft, lorsque j'anime un groupe de travail, je leur dis : lorsque vous pensez à l'environnement utilisateur, ne me dites pas à quoi ressemblera l'ordinateur de bureau nouvelle version. Dites-moi plutôt comment j'utiliserai l'informatique de bureau en couplage avec mes autres dispositifs et avec le Web en trait d'union.
Ceci explique cela, voilà pourquoi dans un autre article à peine publié, le Wall Street Journal nous annonce que la recherche sur les mobiles est la prochaine conquête technologique qui va secouer les principaux acteurs planétaires (nommément Google, Yahoo et Microsoft) : The Next Tech Battle: Internet Searches on Cellphones

Oui, la téléphonie, une nouvelle bataille mondiale, une de plus...



P.S. J'allais oublier : à mon avis, les principaux opérateurs de téléphonie mobile vont suivre de près l'évolution des choses, il paraîtrait même que certains s'inquiètent déjà ! On peut même se demander si Auchan Telecom choisit bien son moment ?

Si vous avez 1 400 dollars à dépenser (ou à investir, c'est selon), vous pouvez toujours commander le rapport de visiongainintelligence.com, titré « Google in mobile and wireless: Analysing the impact and assessing the threat of the search giant’s market entry » (Google opérateur de téléphonie mobile et sans fil : analyser l'impact, évaluer la menace de l'arrivée sur ce marché du géant de la recherche). Cliquer sur l'image pour voir la table des matières :


Visiongainintelligence.com évalue par ailleurs le nombre d'abonnés mobiles à près de 3 milliards et demi de personnes à l'horizon 2011 :


Pendant ce temps, la concurrence : Yahoo a récemment passé un partenariat avec Helio, et Microsoft, fort bien positionné dans ce secteur depuis longtemps déjà, ouvre demain sa conférence annuelle dédiée aux développeurs de dispositifs mobiles et embarqués, MEDC 2006, ou Mobile & Embedded Developer Conference, peut-être une occasion d'en savoir plus sur SenseWeb (la suite ici)...

Pas étonnant tout ça, avec autant de futurs petits téléphonautes à choyer, bichonner, fidéliser !

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