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vendredi 19 août 2011

Les grands discours d'un grand président

I. Les grands discours d'un petit président
II. Les grands discours d'un grand président


* * *
À la suite de mon précédent billet, il m'est venu l'envie d'analyser les discours du Général de Gaulle, non pas pour comparer ce qui n'est pas comparable, mais plutôt pour faire réfléchir qui me lira sur la grandeur de la politique - et des politiques -, notion qui a disparu depuis longtemps de la scène politique mondiale (et par décence je me tairais sur l'Italie pour l'occasion)...

J'ai donc constitué un corpus de 94 discours qui comprennent, une fois nettoyés, 85 305 mots, soit une moyenne de 907,5 par discours. Comparé au corpus de Sarko (7 discours, 44 958 mots, +6 422 mots par discours en moyenne), ça donne une moyenne de 7 fois moins de mots par discours pour le Gal, mais pratiquement un corpus multiplié par 2 en taille.

Autrement dit, si j'ai 100 fois JE VEUX chez de Gaulle et 100 fois JE VEUX chez Sarko, à égalité d'occurrences c'est comme si j'avais le double chez Sarko (190 exactement, x 1,897).

En réalité, je n’ai trouvé « JE VEUX » que 11 fois (dont 9 fois « je veux … dire », 1 fois « … parler » et 1 fois « … évoquer ») dans les discours du Général, donc en proportions, c'est comme si à chaque fois que Charles de Gaulle dit "JE VEUX", Sarko le dit 30 fois !!! (177 / 11 x 1,897).

Bien sûr, ces chiffres doivent être rapportés à mon seul échantillon d’analyse, donc rien de valable dans l’absolu.

Pour autant, question pronoms, chez le Général de Gaulle, le premier pronom employé est le NOUS (918 occurrences), suivi de JE (544 = 397 JE + 147 J'), de ELLE (pas toujours la France, mais souvent), de VOUS (378) et de NOTRE (368), tandis que chez Sarko, c’est JE en premier (689 = 590 JE + 99 J'), NOUS après (447), et la France en dernier (193) : une inversion totale des valeurs, en quelque sorte !

Donc pour Charles de Gaulle, la France est première absolue, avec 604 occurrences plus quelques centaines de ELLE : 452, qui ne s'y réfèrent pas toujours, mais le plus souvent quand même, comme dans l'Appel du 18 Juin :
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis…

Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur...
À noter que "grandeur" n'est utilisé en tout et pour tout que 24 fois dans les 94 discours. Mais voici le nuage sémantique des 20 premiers termes ayant plus de 100 occurrences, pronoms compris :

Au plan du symbolisme, le discours de Charles de Gaulle dit : NOUS sommes la FRANCE et JE suis à VOTRE/SON service, tandis que SARKO, c'est JE suis la FRANCE (l'État c'est moi, et que la plèbe me suive ... si elle peut !)

Comme si la répétition obsessionnelle du JE / VEUX était censée suppléer une carence évidente au niveau de la traduction en faits des bonnes intentions...

C'est d'ailleurs une des grandes leçons que je retire de ces analyses, à savoir qu'un discours n’est pas grand par la taille, mais par le contenu ! Le communiqué du 28 avril 1969 est un grand discours, qui ne fait que 2 lignes :
Je cesse d'exercer mes fonctions de Président de la République.
Cette décision prend effet aujourd'hui à midi.
C'est l'Histoire qui donne tout leur sens à ces paroles, tandis que dans les affirmations vides autant que prolixes de Sarko, les mots ne sont que le témoignage de la vacuité d'un discours jamais concrétisé.

En somme, ce qui fait toute la différence entre un grand président, et un petit président...

Je conclurai sur le nuage sémantique des 100 premiers termes significatifs (par nombre d'occurrence et sans les pronoms) :

Mais, surtout, laissons le dernier mot au Général de Gaulle (respectivement 10 et 19 occurrences) :

Vive la République !
Vive la France !
Sans oublier son discours posthume, intéressante curiosité...


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P.S. À titre de comparaison avec le précédent corpus, voici le tableau des 40 premiers termes avec le nombre d'occurrences :

samedi 13 août 2011

Les grands discours d'un petit président

I. Les grands discours d'un petit président
II. Les grands discours d'un grand président


* * *
Dans le sillage de mon précédent billet, une longue réflexion sur les mots et sur le pouvoir qu'ils ont de changer le monde, en bien et/ou en mal, selon l'usage qu'on en fait et, surtout, selon qui les prononce, et pour quelles finalités (trop souvent bien cachées derrière des apparences trompeuses), la lecture du récent Parti pris d'Edwy Plenel contre la dictature financière, m'a ramené, presque malgré moi, au sens et à la valeur des mots :
Face à la catastrophe annoncée et confirmée par la folle journée de ce mercredi (...), nous avons rendez-vous avec l'histoire. Car la crise actuelle ne résulte pas d'une inévitable fatalité économique ou d'une éphémère folie financière. Elle est la conséquence de politiques socialement criminelles, mensongères et amorales, qui, si elles ne sont pas défaites par les peuples, entraîneront nos sociétés dans une spirale de violences. Aussi est-il temps d'imposer des solutions s'attaquant à la racine du mal : réalistes parce que radicales.

Il y aura bientôt trois ans, le 25 septembre 2008, ces solutions étaient évoquées par un orateur, indigné devant ce que révélaient, avec le scandale des subprimes, les débuts de la crise qui, aujourd'hui, s'approfondit. Ce n'était alors que refrains sur ces spéculateurs impunis, ces banques avides, ces financiers rapaces, ces Etats impuissants, ces idéologues complices, cette misère sociale, ces injustices croissantes, ces escrocs mondains – l'affaire Madoff allait bientôt éclater –, bref, cet argent fou devenu tueur en série lâché sur le monde, détruisant ses richesses humaines et naturelles, premier ennemi du genre humain et de sa terre nourricière.

C'était en France, à Toulon, et l'orateur tenait à « dire la vérité aux Français », et notamment cette vérité première : « L'idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. » Et il ne cessait de la marteler, en lisant son discours écrit par l'un de ses conseillers. Nos lecteurs nous pardonneront la longueur de la citation, justifiée par la gravité de l'heure tant ces mots bruyants d'hier résonnent aujourd'hui bizarrement, dans le silence feutré des conversations téléphoniques et des communiqués lénifiants qui, trois ans après, tiennent lieu de réactions officielles à une crise historique de nos économies. Informer, c'est aussi, sinon d'abord, se souvenir. Ne pas perdre la mémoire. Se rappeler les engagements pris. Ne jamais croire sur parole et, toujours, mettre en perspective. Voici donc...
Je n'ai jamais aimé les discours des politiques, car ils ne sont le plus souvent que mensonges. Mensonges au sens où il n'y a pas la moindre correspondances entre les - belles - paroles annoncées et proclamées avec convinction, ô combien !, et la triste réalité. Pire encore : 90 fois sur 100, la réalité est même exactement le contraire du sens véhiculé par les mots composant tous ces beaux discours (avec des exceptions : Berlusconi, c'est du 100%. Dès qu'il parle, il ment. On chercherait en vain dans sa vie une seule déclaration véridique. C'est du Goebbels à l'état pur : propagande mensongère et matraquage de masse quotidien sont les deux mamelles du langage berlusconien, porté par tout un appareil étatique & médiatique digne d'une démocrature en parfait état de marche). Refermons-là la parenthèse.

Je m'étais déjà penché sur le cas Sarko dans l'État, c'est moi, mais Jean Véronis avait mis un bémol à mon analyse en expliquant que d'autres faisaient bien mieux et plus fort que lui dans le maniement du "je", tout en s'interrogeant :
D'où vient alors l'impression d'égotisme qui se dégage de son discours ? Je faisais l'hypothèse, dans les billets en question, que les pronoms forment un écosystème, et qu'on les perçoit les uns par rapport aux autres. Nicolas Sarkozy n'utilise peut-être pas plus je que d'autres, mais sa marque est de ne parler que très peu de nous ou vous, contrairement à Ségolène Royal par exemple. L'autre élément qui contribue aussi à mon sens à cette perception de discours personnel, est l'association des mots je + veux, beaucoup plus fréquente chez lui que chez les autres ("je veux être le Président de la France qui...").
J'ai donc voulu vérifier cette "théorie" en prenant 7 "grands discours", dont celui de Toulon que m'a remis en mémoire Edwy Plenel, répartis de 2006 à 2011 :
  1. Discours de Périgueux (12 octobre 2006)
  2. Discours du Zénith à Paris (18 mars 2007)
  3. Discours de Dijon (23 avril 2007)
  4. Discours du Zénith à Toulon (25 septembre 2008)
  5. Discours du congrès de Versailles (22 juin 2009)
  6. Discours de Davos pour l'ouverture du 40ème Forum économique mondial (27 janvier 2010)
  7. Discours d'ouverture de la conférence du G20 (23 mai 2011)
Mon seul critère de choix a été l'importance affichée de ces discours, en les étalant sur une période temporelle significative. Une fois décortiqués, j'obtiens 44 958 mots, soit une moyenne de +6 422 mots par texte : de gros discours, donc, probablement censés être proportionnels à leur "grandeur".

Voici le tableau des 40 premiers termes avec le nombre d'occurrences :

Donc une première constatation, pour poursuivre l'analyse de Jean sur le sentiment perçu d'égotisme, force est de constater que même si le NOUS et le VOUS semblent remonter, le JE l'emporte haut-la-main et nous avons quand même 177 fois JE VEUX sur 7 discours, soit une moyenne supérieure à 25 fois par discours, dans le genre anaphore volontariste (ou d'enfant gâté...), ça se pose là !

Ceci étant dit, une fois évacué le JE sarkozyen (802 occurrences, quand même : 590 JE + 99 J' + 38 MOI + 33 M + 32 M' = 802 SARKO), nous nous consolerons de voir que le premier substantif est la FRANCE avec 193 occurrences (soit 4 fois moins que son chef, quand même), suivi des 49 termes significatifs ci-après :


Chacun/e pourra prendre le(s) mot(s) de son choix et aller voir comment ils sont traités dans ces discours, mais il m'a semblé important d'énumérer les 177 JE VEUX, car même si ça risque d'être long, un seul coup d'œil suffira pour comprendre si chaque JE VEUX (ou JE NE VEUX PAS) s'est transformé en réalité ! Exemple : JE VEUX moraliser l'économie...

C'est parti pour la plus grande anaphore (figure rhétorique qui consiste en une répétition des débuts de phrases) de la politique française :
  1. je veux dire très clairement que la mondialisation de l'épargne a engendré un monde où tout était donné au capital financier, tout, et presque rien au travail, où, l'entrepreneur passait après le spéculateur, où le rentier prenait le pas sur le travailleur, où les effets de levier - ... -, atteignaient des proportions déraisonnables, et tout ceci a engendré un capitalisme dans lequel il était devenu normal de jouer avec l'argent, de préférence des autres, de gagner facilement, extrêmement rapidement, sans effort et souvent sans aucune création de richesses ou d'emplois, des masses d'argent absolument considérables.
  2. j’en veux pour preuve, ..., cette dépréciation de l'avenir dans les exigences absolument exorbitantes de rendement. Ce rendement dopé par la spéculation et les effets de levier, c'était le taux d'actualisation des revenus futurs : plus ils s'élevaient, moins l'avenir comptait. Tout, tout de suite.
  3. je veux être compris ici : il ne s'agit pas de nous demander par quoi nous allons remplacer le capitalisme mais de savoir : « quel capitalisme voulons-nous ? ».
  4. je veux dire une chose : c'est bien beau de prendre des décisions, encore faut-il qu'elles soient -- ces décisions -- mises en œuvre.
  5. je veux saisir cette occasion pour affirmer que si les signes de reprise qui semblent marquer la fin de la récession mondiale sont là, cela ne doit pas nous inciter à être moins audacieux mais davantage encore.
  6. je veux dire combien je soutiens les initiatives de l'Angleterre et de Gordon BROWN.
  7. je veux rendre hommage aux entreprises, les entreprises les plus mondialisées, les banques les plus globales qui ont redécouvert avec une facilité déconcertante qu'elles avaient une nationalité.
  8. (Si vous ne rêvez pas aujourd'hui, vous serez des adultes à la "petite vie".) je ne veux pas que vous la connaissiez !
  9. je veux, si je deviens Président de la République, couper tous les liens qui vous entravent, et vous donner les moyens de cette liberté que j'appelle l'autonomie.
  10. (« Ma petite maman chérie » - parole prononcé par Guy Môquet, assassiné par la guerre à 17 ans -. Ce mot d’amour que nous portons tous en nous et que nous n’avons pas dit, quand nous le pouvions, aussi souvent que nous aurions dû. Ce mot d’amour et de tendresse prononcé au seuil de la mort), je veux vous dire une chose importante, il n’est pas ridicule.
  11. (À ceux qui ont osé dire que je n’avais pas le droit de citer Guy Môquet parce que je n’étais pas de gauche), je veux dire que je demeure stupéfait de tant de sectarisme.
  12. (Président de la République) je veux rassembler tous les Français et leur dire que j'honorerai tous ceux qui ont fait la grandeur de la France, sans me préoccuper de la couleur de leur peau, de leur appartenance politique, de leurs origines sociales.
  13. je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue à tous les lycéens de France non comme la lettre d’un jeune communiste mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et à la liberté l’offrande de sa vie, comme celle d’un fils qui regarde en face sa propre mort et dit à ses parents et à son frère le dernier mot d’amour qui sera tout ce qui restera vivant de lui dans leur cœur.
  14. je veux proposer aux jeunes Français une grande ambition, parce que les petites sont médiocres.
  15. je veux faire de la France le pays de la vie, de la joie, du dynamisme, de la jeunesse retrouvée et de la création renouvelée !
  16. (Je ne suis pas né pour subir, je suis fais pour agir.) je veux mettre cette force au service de mon pays, de chaque Français, pour que chacun ait un avenir à sa mesure.
  17. je ne veux pas vous aider à rester jeunes le plus longtemps possible mais à devenir des adultes accomplissant les rêves de leur jeunesse.
  18. je veux parler à tous les Français et tous les rassembler parce que tous, à mes yeux, ont un rôle à jouer, une utilité sociale, une valeur qui leur est propre.
  19. (C’est-à-dire à une société où chacun n’aime que celui qui lui ressemble, celui qui a la même couleur de peau, la même origine, la même religion.) je veux lutter contre cette dérive.
  20. je veux rendre à chaque jeune Français la fierté d’être Français.
  21. (Cette fierté), je veux que nous l’offrions en partage à tous ceux qui veulent devenir Français, au lieu de les accueillir dans une France qui croirait si peu dans ses valeurs qu’elle ne se donnerait même plus la peine de les défendre.
  22. je veux rappeler que la France est plus forte quand elle est unie
  23. je veux remettre la fraternité au cœur de la politique.
  24. je veux remettre la fraternité au cœur du projet républicain.
  25. (La France) je ne veux pas la laisser caricaturer par une minorité qui ne lui ressemble pas, qui ne cherche qu’à attiser la violence et la haine.
  26. (Cette France) je veux lui dire que la fraternité c’est d’abord pour elle...
  27. ... que je veux la remettre au coeur de la République.
  28. je veux lui dire que la fraternité ce n’est pas seulement des allocations, ce n’est pas seulement la réhabilitation des immeubles, l’aide aux territoires.
  29. (À tous ceux qui vivent dans l’angoisse de l’exclusion, du déclassement, qui vivent avec au ventre la peur de ne plus pouvoir loger leurs enfants, de ne plus pouvoir les nourrir, les habiller), je veux leur dire que la France est leur pays, qu’elle a besoin d’eux et qu’elle ne les abandonnera pas.
  30. je ne veux pas d’une société où les travailleurs sont si pauvres qu’ils ne peuvent pas se loger.
  31. je ne veux pas d’une société qui laisse des hommes et des femmes mourir de froid sur le trottoir.
  32. je ne veux pas d’une société où la pauvreté est tolérée comme une fatalité, où le chômage est supporté comme un mal nécessaire.
  33. je veux lutter contre la pauvreté et contre le chômage par la revalorisation du travail, par l’augmentation du pouvoir d’achat, par l’incitation à travailler plus pour gagner plus, parce que c’est le travail qui crée le travail.
  34. je veux être le Président d’une France qui se sente solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et par les fanatismes.
  35. (À tous les jeunes) je veux dire : ne vous laissez pas décourager, ne renoncez pas, ne vous avouez pas vaincus.
  36. je veux vous dire aussi que la jeunesse est un passage et pas une fin en soi.
  37. je veux dire à la jeunesse que la liberté est un bien précieux mais qu’il y a des règles à respecter sans lesquelles, précisément, il ne peut plus y avoir de liberté.
  38. je veux lui dire que si la jeunesse s’affirme en transgressant, il n’y a rien à transgresser s’il n’y a pas de règle.
  39. je veux lui dire qu’on ne lui a pas rendu service en lui laissant croire que tout était permis, que l’âge excusait tout.
  40. je veux lui dire qu’on ne lui a pas rendu service en lui laissant croire qu’elle pouvait tout avoir sans effort, sans travail et sans courage, qu’elle n’avait même pas besoin de vouloir puisque la société serait toujours là pour vouloir à sa place.
  41. je veux être un Président qui, parce qu'il aime la jeunesse, lui dira la vérité. (Parce qu’on doit toujours la vérité à ceux que l’on aime...)
  42. je veux être le Président qui avec vous accomplira une triple révolution : la révolution numérique, la révolution écologique et la révolution de l’éducation.
  43. je veux être le Président qui avec vous réconciliera la France avec elle-même et avec le monde parce qu’au XXIe siècle les nations continueront de mener le monde et parce que la France ce n’est pas fini.
  44. je veux être le Président qui avec vous refera de l’Europe un idéal de paix et de prospérité pour tous les hommes parce que sans l’Europe l’idée que nous nous faisons de l’Homme serait condamnée à disparaître.
  45. je veux être le Président qui avec vous fera l’union de la Méditerranée parce que c’est en Méditerranée que se joue l’avenir de l’Europe et de la civilisation mondiale.
  46. je veux redonner à la politique plus de sincérité, plus d’humanité, plus de morale, plus de courage. (La sincérité, je la mettrai au service de la vérité...)
  47. je veux aussi rappeler que des objectifs de plein emploi figurent dans les textes fondateurs du FMI et de l'OMC.
  48. je veux dire par là qu'un socle de protection sociale peut être un élément du développement économique et je voudrais défendre cette idée.
  49. je veux souligner le pas important qui a été franchi au niveau européen, ... , avec le pacte pour l'euro.
  50. je ne veux pas rouvrir le débat sur le terme de discrimination positive dont j’ai conscience qu’il renvoie à des histoires, à des traditions différentes des nôtres.
  51. (Mais) je veux dire que pour atteindre l’égalité il faut savoir donner plus à ceux qui ont moins, il faut savoir compenser les handicaps de ceux auxquels la vie a donné d’emblée moins de chance de réussir qu’à tous les autres.
  52. je veux parler avec eux (les citoyens) des moyens par lesquels la République pourra tenir ses engagements.
  53. je veux parler avec eux des moyens juridiques et matériels qui sont nécessaires pour y parvenir.
  54. je veux le dire solennellement, la burka n’est pas la bienvenue en France.
  55. je veux dire à ceux qui s’étonnent que l’on puisse s’endetter pour doter le Fonds Stratégique d’Investissement que ce fonds nous aide à créer des emplois, à préserver des avancées technologiques et que de surcroît il va rapporter de l’argent à l’Etat parce que les actifs qu’il achète vont se valoriser.
  56. je veux dire à ceux qui trouvaient que le Grenelle de l’environnement coûtait trop cher, que c’est la dépense la plus rentable que l’on puisse imaginer. (Elle va créer 600 000 emplois...)
  57. je veux que l’on propose une solution à tous les adolescents qui sortent du système scolaire à 16 ans sans rien.
  58. je veux revaloriser l’apprentissage, la filière professionnelle, la filière technologique, la filière littéraire.
  59. je veux que l’on mette les moyens nécessaires pour en faire des filières d’excellence au même titre que la filière scientifique, avec des passerelles, avec des diplômes de haut niveau. (Nous serons au rendez-vous des réformes...)
  60. je veux que l’on mette les moyens pour que dans notre pays les jeunes puissent conquérir leur autonomie par leur travail, par leur mérite. (Je pense ainsi à la croissance de demain...)
  61. je veux poser la question de la fiscalité : allons-nous continuer à taxer la production et à taxer le travail alors que nous savons bien qu’en faisant peser des charges fixes trop lourdes sur le travail et la production nous détruisons nos emplois et nos industries ? (Le but est-il que toutes nos usines s’en aillent ? Le but est-il qu’il n’y ait plus d’ouvriers dans notre pays ?)
  62. je ne veux pas m’y résigner.
  63. je veux l'unité. (Je suis le garant de l'unité. Et s'il le faut je serai unitaire pour tous les autres...)
  64. (Alors que le monde se met à douter de la France, et que les Français eux-mêmes s'interrogent, voilà qu'une fois de plus, des tréfonds du pays je sens monter cette volonté de renouveau) que je veux incarner et par laquelle ...
  65. ... je veux vaincre la fatalité. (Cette force que j'imagine, elle est en vous. Elle est dans cette foule immense rassemblée ce soir à Périgueux.)
  66. je veux dire que la République n'est pas un modèle figé pour l'éternité mais un projet toujours inachevé, un élan du coeur et de l'esprit, un idéal de civilisation et d'humanisme, un rêve d'universalité et de fraternité.
  67. je veux dire que la République, depuis 200 ans, c'est une continuité de principes, de valeurs, d'objectifs et une variété de moyens, de procédures et de priorités en fonction des circonstances.
  68. je veux dire que la République de Jules Ferry et de Gambetta n'était pas celle de Danton pas davantage celle de Robespierre, que celle de Clémenceau n'était pas celle de Lamartine et pas non plus celle du Général De Gaulle.
  69. je veux construire une nouvelle relation avec les Français, faite de vérité, de respect de la parole donnée, de confiance.
  70. je veux un nouvel État, une nouvelle nation, une nouvelle République.
  71. (À tous), je veux dire : la nation n'est pas un obstacle à la démocratie, elle en est la condition.
  72. je veux un État respecté.
  73. je veux un État que les fonctionnaires soient heureux de servir et dont les Français soient fiers.
  74. je veux un État exemplaire sur le plan de la diversité et de la lutte contre les discriminations.
  75. je veux un État qui domine les intérêts catégoriels au lieu d'être dominé par eux.
  76. je veux un État qui ne soit pas fragilisé par le laxisme et par la fraude.
  77. je ne veux pas que ceux qui ne veulent rien faire, que ceux qui ne veulent pas travailler vivent sur le dos de ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent dur.
  78. je ne veux pas que ceux qui fraudent l'assurance chômage, l'assurance maladie, les allocations familiales, ceux qui escroquent le fisc ou les ASSEDIC, ceux qui détournent de l'argent public par copinage ou par favoritisme, continuent à mettre en péril la solidarité nationale.
  79. je veux le dire ce soir : je n'aime pas la façon dont on parle des fonctionnaires dans notre pays.
  80. je ne veux pas que la seule voie de réussite soit celle des concours et des examens. L'expérience, cela compte aussi.
  81. (À l'infirmière qui veut progresser je dis que) je veux lui donner la possibilité d'acquérir une formation complémentaire qui lui permette de devenir médecin par la promotion interne si elle en a l'aptitude et la motivation.
  82. je veux par dessus tout qu'elle gagne plus parce qu'elle le mérite.
  83. je veux dire aux juges que ...
  84. ... je veux une justice respectée.
  85. je veux dire aux juges que je sais à quel point leurs conditions de travail sont difficiles, à quel point leurs moyens matériels et humains sont insuffisants.
  86. je veux leur dire combien la justice à mes yeux est une institution essentielle de la République.
  87. (Mais) je veux leur dire aussi que dans la République nul ne peut prétendre se soustraire à la critique.
  88. je veux leur dire que l'indépendance de la justice ne peut les exonérer d'avoir à rendre compte au peuple de la manière dont la justice est rendue en son nom.
  89. je veux rappeler qu'ils ont mission d'appliquer la loi, non de la faire.
  90. je veux rappeler qu'ils ont à juger en fonction du droit et non d'une idéologie.
  91. je veux rappeler qu'ils ont pour fonction de rendre justice aux victimes.
  92. je veux leur dire que je serai toujours à leurs côtés pour défendre l'indépendance de la justice et l'accroissement de ses moyens.
  93. je veux l'égalité des chances pour tous.
  94. je veux la culture pour chacun, parce la culture c'est la clé de l'égalité des chances.
  95. (D'autres comme d'habitude m'ont dit que c'était impossible). (...) je veux leur dire : la différence entre vous et moi c'est que ...
  96. ... je veux faire en sorte que tout ce qui est nécessaire et qui est juste devienne possible et vous ne le voulez pas !
  97. je veux l'égalité des territoires devant le service public.
  98. je veux que les services publics reviennent dans les quartiers en difficulté.
  99. je veux que les services publics restent présents dans les zones rurales.
  100. je veux la mutualisation des risques par le moyen d'un cautionnement public pour que le malade puisse emprunter, pour que l'enfant de famille modeste ait le même droit à l'emprunt que l'enfant de riche, pour que celui qui n'a pas les moyens d'apporter une garantie puisse quand même louer ou emprunter pour financer ses projets.
  101. je veux que grâce à la mutualisation des risques il y ait plus d'investissement immobilier, plus d'opportunités d'entreprendre, plus de création, plus d'invention, plus de consommation et donc plus d'égalité de chances et plus de croissance.
  102. je veux qu'il y ait plus d'égalité et de justice dans les retraites.
  103. je veux un État exemplaire en matière d'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et on est encore bien loin du compte.
  104. je veux que dans les conseils d'administration des entreprises publiques il y ait au moins 50% de femmes.
  105. je veux que le principe de la parité tel qu'il s'applique à la politique s'applique aussi aux représentants du personnel dans les entreprises.
  106. je veux que le temps passé à l'éducation des enfants soit intégralement pris en compte pour le calcul des retraites, que les femmes aient continué de travailler en les élevant ou qu'elles aient cessé de travailler pour les élever.
  107. je veux que les femmes qui ont cessé longtemps de travailler pour élever leurs enfant et qui se séparent de leur mari soient davantage aidées pour retrouver un emploi.
  108. je veux que les femmes au chômage qui cherchent un emploi aient le droit de faire garder leurs enfants comme les femmes qui travaillent.
  109. je veux que la violence conjugale soit plus durement réprimée et que les femmes qui en sont victimes soient mieux accompagnées.
  110. je veux répéter qu'aucune coutume, aucune culture d'origine, aucune pratique religieuse ne saurait en France autoriser quiconque à proclamer l'infériorité intrinsèque de la femme.
  111. je veux que partout en France les femmes soient libres de se promener en jupe, libres de vivre comme elles l'entendent, libres de se marier à leur guise.
  112. je veux que la République s'attaque aux nouvelles inégalités. Depuis des années, au nom de la morale républicaine, on proclame des droits qui ne sont pas suivis d'effet.
  113. je ne veux pas faire une discrimination positive sur des critères ethniques qui serait la négation de la République.
  114. (Mais) je veux que sur la base de critères économiques, sociaux, éducatifs, on mette tous les moyens nécessaires pour combler des écarts qui sont devenus insupportables et qui mettent en péril la cohésion nationale.
  115. je veux qu'on n'aide pas seulement les territoires ou les quartiers mais aussi les personnes.
  116. (À ceux qui pensent que cela coûtera trop cher), je veux dire que ne pas faire assez pour restaurer le sentiment de l'égalité et de la justice coûterait infiniment plus cher.
  117. (À ceux qui pensent que la pureté idéologique de la République pourrait en souffrir), je veux dire que la République souffrira bien davantage de la persistance d'injustices intolérables.
  118. (À ceux qui pensent que les bénéficiaires de la discrimination positive prendront les places des autres), je veux dire qu'il n'en sera rien car des places supplémentaires seront créées à cette fin.
  119. je veux le dire aux Français : l'anticapitalisme n'offre aucune solution à la crise actuelle.
  120. je veux poser une question grave : si ce qui s'est passé aux États-Unis s'était passé en Europe, avec quelle rapidité, avec quelle force, avec quelle détermination l'Europe, avec les institutions actuelles, les principes actuels, aurait-elle fait face à la crise ? (nous allons pas tarder à le savoir...)
  121. je veux dire aux Français qu'il n'existe aucune solution miracle qui permettrait à notre pays de se dispenser des efforts nécessaires pour surmonter la crise.
  122. je veux prendre mes responsabilités devant vous, j'assume donc la décision de financer le RSA en taxant légèrement les revenus financiers qui depuis des années augmentent plus vite que les revenus du travail.
  123. je veux le dire aux Français, il va falloir payer plus cher le pétrole, plus cher le gaz, plus cher les matières premières.
  124. je veux dire à quel point je crois que le système du bonus-malus est un bon système.
  125. je veux que soit mis à l'étude un grand plan de rénovation des infrastructures des transports collectifs dans les grandes villes où la situation est devenue souvent critique.
  126. je veux m'adresser aux 11 millions de Français qui m'ont apporté leurs suffrages.
  127. je veux leur dire que je ne les trahirai pas, que tous les engagements que j'ai pris, je les tiendrai scrupuleusement.
  128. je veux leur dire que si j'ai voulu mettre la morale au cœur du débat politique, ...
  129. ... je veux aussi la mettre dans le comportement politique.
  130. je veux la vérité, je refuse le mensonge.
  131. (Aux 11 millions de Français qui m'ont fait confiance dès le premier tour), je veux dire que mon souhait de moraliser la politique et de remédier à la crise de confiance commence pour moi par la volonté de ne pas les décevoir.
  132. je veux leur dire que c'est autour d'eux que je compte faire le rassemblement du peuple français le plus large possible.
  133. je veux dire qu'ils ont toute leur place dans ce rassemblement dès lors qu'eux aussi partagent les valeurs de l'identité nationale et de l'amour de la France, du travail et de son respect, du mérite et de sa récompense, du civisme et de ses devoirs, de la justice républicaine.
  134. (La République), je la veux fraternelle et rassemblée.
  135. (la France, moi), je veux la renforcer, pas l'affaiblir.
  136. je veux être le candidat de l'ouverture parce que ...
  137. ... je veux être le président de l'ouverture, mais d'une ouverture qui n'a rien à voir avec la politique politicienne, d'une ouverture qui n'est pas l'ouverture vers les appareils.
  138. (L'ouverture dont) je veux être le candidat, c'est l'ouverture d'esprit.
  139. (L'ouverture dont) je veux être le candidat, c'est l'ouverture vers les autres, vers ceux qui ne pensent pas la même chose que moi, qui n'ont pas le même parcours, pas la même expérience de la vie, pas la même histoire, vers ceux qui n'ont pas voté pour moi, vers ceux qui parfois m'ont combattu.
  140. je veux être le président de tous les Français, qui parlera en leur nom à tous, qui les respectera et qui les aimera tous, qui les unira.
  141. (La majorité présidentielle que) je veux rassembler, c'est une majorité dans laquelle tous les Français, quelles que soient leurs croyances, quelle que soit leur sensibilité, quelles que soient leurs origines, doivent pouvoir se reconnaître, doivent pouvoir retrouver cette part d'eux-mêmes, cette part de leur identité qui leur donne le sentiment qu'ils appartiennent à la même République et que ce qui les unit est plus fort que ce qui les sépare.
  142. (La France est une synthèse, sans cesse recommencée.) je veux faire la synthèse de l'ordre et du mouvement, de l'autorité et de la fraternité, de la liberté et de la justice.
  143. je ne veux pas que la France donne le visage de l'extrémisme. Voilà ce que je dis, voilà ce que je ferai.
  144. je ne veux pas qu'on demande aux enfants d'expier les fautes supposées de leurs pères ?
  145. (C'est la vérité), je ne veux pas de la repentance. (Pourquoi tant de haine ?...)
  146. (C'est cela la France et) je veux que l'on parle de cela. (Pourquoi tant de haine ?...)
  147. je veux tourner définitivement la page de mai 68.
  148. je veux en finir avec cet héritage, avec ce relativisme moral et intellectuel.
  149. je veux dire la vérité sur l'école. (Lorsqu'elle n'arrive plus à remplir son rôle ce n'est pas la question des enseignants, c'est la question de la politique...)
  150. je veux l'école de l'excellence qui tire les enfants vers le haut.
  151. je veux l'école qui tourne le dos à l'égalitarisme, qui permet aux enfants des milieux modestes d'accéder à la promotion sociale, qui aide les enfants à devenir des adultes et non à demeurer de grands enfants. Voilà l'école de la République.
  152. je veux une école qui donne aux enfants le goût de l'effort intellectuel et du travail. Mais si l'enfant n'apprend pas le sens de l'effort à l'école, où l'apprendra-t-il ? (Pourquoi tant de haine ?...)
  153. (Peut-être cette haine vient-elle du fait que) je veux que la police fasse son métier ?
  154. je veux redonner le moral à la France qui travaille.
  155. je veux augmenter le pouvoir d'achat des salaires, parce que ...
  156. ... je ne veux plus qu'il y ait de travailleurs pauvres.
  157. je veux prendre à bras-le-corps le problème des conditions de travail qui amènent tant de travailleurs à la dépression ou au suicide.
  158. (Ce ne sont pas des mots qui me font peur), je veux les affronter parce que derrière, il y a de la souffrance.
  159. je veux protéger les travailleurs contre les délocalisations.
  160. (Je l'affirme), je veux une préférence communautaire.
  161. je veux lutter contre les dumpings et contre la concurrence déloyale.
  162. je veux que l'entreprise qui délocalise rembourse les aides publiques qu'elle a reçues.
  163. je veux que l'impôt sur les sociétés soit plus élevé pour les entreprises qui détruisent des emplois et qui délocalisent, que pour les entreprises qui créent des emplois et qui investissent.
  164. (Ces dernières paieront moins d'impôts sur les bénéfices des sociétés car) je veux redonner la priorité au travail, à l'investissement et à la création d'emploi.
  165. je veux poser ce diagnostic juste.
  166. (Pourquoi tant de haine ? Parce que) je veux moraliser le capitalisme.
  167. je veux en finir avec la pratique détestable des parachutes dorés.
  168. je veux autant de sévérité à l'encontre des patrons voyous qu'à l'encontre des petits voyous.
  169. je veux que les stocks options soient pour tout le monde et pas seulement pour quelques-uns, parce que tous les salariés contribuent à la réussite de l'entreprise
  170. (Oui, j'ai compris pourquoi tant de haine ? Parce que) je veux que chacun puisse transmettre à ses enfants sans droit de succession le fruit d'une vie de travail et d'épargne.
  171. (Parce que) je ne veux pas que l'impôt puisse prendre plus de 50% du revenu.
  172. (Pourquoi tant de haine ? Parce que) je veux instaurer le service minimum dans les transports.
  173. (Parce que) je ne veux plus qu'une minorité puisse prendre la majorité des citoyens en otage.
  174. (Parce que) je veux faire respecter le principe fondamental de la continuité du service public.
  175. je ne veux pas la confiance de ceux qui ne comprennent pas qu'en France le temporel et le spirituel sont séparés. C'est cela la France.
  176. je veux que les pauvres puissent gagner leur vie. C'est toute la différence entre eux et nous.
  177. je ne veux me consacrer qu'à une seule chose : rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve français, celui d'une République fraternelle où chacun trouvera sa place, où personne n'a plus peur de l'autre, où la diversité sera vécue non comme une menace mais comme une richesse.
Bien, rassurez-vous, je vous fais grâce des 625 autres occurrences où Ego Sarko manie le moi, le me, le m', le j', le je dis, je fais, je truc, je machin-chouette, etc.

Si vous ne craignez pas l'indigestion, vous pouvez toujours aller explorer la base de plus de 630 (!) discours du chef rassemblés par Jean Véronis, ou bien vous la jouer institutionnel et aller puiser à la source...

Quoi qu'il en soit, Jean avait parfaitement cerné le problème...


Perso, tous ces JE VEUX qui ne veulent plus rien dire me donnent la nausée, et JE VEUX vous dire, Monsieur le président des français, que vous devriez surtout arrêter de nous prendre pour des cons en alignant tous ces mots, certes avec énormément de conviction, mais dont le seul - gros - défaut est qu'ils ne sont que des coquilles vides.

Et si j'ai titré "grands discours" pour un "petit président", ce n'est certes pas en rapport avec votre taille mais du seul fait qu'à l'évidence vous êtes un président qui veut beaucoup mais qui peut peu ! Car à part le burqa, je ne vois pas trop ce que vous avez réellement réalisé de vos mille promesses fumeuses...

J'imagine que lorsque Edwy Plenel lit des déclarations telles que "je veux redonner à la politique plus de sincérité, plus d’humanité, plus de morale, plus de courage. (La sincérité, je la mettrai au service de la vérité...)", ou "je veux dire (aux français) que si j'ai voulu mettre la morale au cœur du débat politique, je veux aussi la mettre dans le comportement politique.", "je veux la vérité, je refuse le mensonge", il doit s'étrangler (de rire, d'indignation ou des deux).

Et vous qui vous targuez d'être un président moderne (je veux être le Président qui avec vous accomplira une triple révolution ... dont la révolution numérique), sachez que le temps où les politiques pouvaient faire gober ce qu'ils voulaient à la plèbe crédule est révolu, nous sommes désormais au cœur de la société transparente. Et que la transparence s'apparente justement avec le devoir qu'ont nos gouvernants de nous rendre des comptes, aussi bien de ce qu'ils font que de ce qu'ils disent, dès lors qu'ils disent ce qu'ils ne font pas et surtout qu'ils font ce qu'ils ne disent pas. Les anglo-saxons appellent ça l'accountability :
The government continues to increase its ability to look in on citizens, creating an Orwellian-like society that people may find alarming. According to Brin, reciprocal accountability, which is the ability for people to look back at the government and hold it accountable, is key to minimizing undesirable effects and behaviors.
Donc ne vous étonnez pas, Monsieur Sarkozy, si de temps en temps quelqu'un vous demande compte d'autant de promesses jamais tenues ! Du reste vous le dites vous-même : « Comment faire espérer dans une République qui continuerait à tenir si peu ses promesses ? Je ne me résigne pas à ce qui serait un désastre. »

Je ne m'y résigne pas moins que vous, Monsieur Nicolas Sarkozy. Mais le désastre est bien réel, hélas !


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mardi 1 février 2011

L'OTAN et la démocratie

Billet "historique et prospectif", sans prétention aucune, mais long à lire...

Transitions
Yalta
La « doctrine Truman »
La « doctrine Truman » en Italie
L'Occident exportateur de démocratie...
Discours d'Obama au Caire
Post-Scriptum


* * *
Transitions

Dans un récent article de Jacques Attali, intitulé Transitions, je lis ceci :
Comment alors s’étonner que les peuples se retournent contre les démocraties qui les ont négligés ?

Pour aider à ces transitions, une solution simple serait de créer une nouvelle institution internationale, regroupant toutes les nations bénéficiant de la démocratie, revendiquant un devoir d’ingérence, et se donnant les moyens d’aider à la liberté politique, en fournissant aux peuples soumis des moyens spécifiques pour y soutenir la liberté de la presse, les partis politiques, les ONG, la lutte contre la pauvreté, et contre la corruption. Les embryons d’une telle institution existent : en économie, les démocraties sont rassemblées dans l’OCDE. En matière militaire, dans l’OTAN. Même si ce n’était pas, au départ, la raison d’être de ces deux institutions.
C'est moi qui graisse, car cette pensée selon laquelle, en matière militaire, les démocraties seraient rassemblées dans l’OTAN, m'interpelle particulièrement : au mieux je la trouve totalement saugrenue, au pire extrêmement trompeuse, voire dangereuse.

À vrai dire, j'ai commencé à m'intéresser à l'OTAN depuis que j'étudie de près l'histoire de l'Italie, et notamment les conséquences de l'influence de l'OTAN sur la situation que nous connaissons aujourd'hui (dont Silvio Berlusconi n'est qu'une excroissance tératologique, il faut bien l'avouer...).

Or la réflexion est d'importance, puisque si les États-Unis d'Amérique refont avec l'islamisme, en ce début de siècle, ce qu'ils ont fait avec le communisme à partir de la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, alors il est sûr et certain que le monde va droit dans le mur...

Je signale en outre que, dans le cadre de ce billet, j'identifie l'OTAN avec les États-Unis d'Amérique, car indépendamment du nom, la substance ne change pas !

Personnellement, je fais remonter la genèse de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord à Yalta, sur les bords de la mer de Crimée, où Winston Churchill, Franklin D. Roosevelt et Joseph Staline se réunirent en secret du 4 au 11 février 1945 pour décider de l’avenir du monde et prévoir la formation de gouvernements démocratiques dans l’Europe libérée...

(Ce qui suit est extrait du préambule de mon essai sur la République Italienne, commencé en début d'année dernière - et interrompu depuis en raison de l'absence totale d'intérêt d'un éditeur potentiel -, en vue du 150e anniversaire de l'Unité d'Italie, qui sera célébré le mois prochain : la date "officielle" est le 17 mars 2011, puisque le Royaume d’Italie fut proclamé par le comte de Cavour le 17 mars 1861...) [Début]


* * *

Voici un extrait du communiqué de presse publié le 11 février 1945 pour annoncer les accords de Yalta :

V. - Déclaration sur l’Europe libérée

« Le président du Conseil des Commissaires du Peuple de l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, le Premier ministre du Royaume-Uni et le Président des États-Unis d’Amérique se sont consultés concernant les intérêts communs des peuples de leurs propres pays et de ceux de l’Europe libérée. Ils déclarent qu’ils sont d’accord pour coordonner, pendant la période temporaire d’instabilité politique en Europe libérée, la ligne de conduite adoptée par leurs trois gouvernements pour aider les peuples libérés de la domination de l’Allemagne nazie et les peuples des anciens satellites de l’Axe en Europe, à résoudre par des moyens démocratiques leurs difficultés politiques et économiques urgentes.

Le rétablissement de l’ordre en Europe et la reconstruction de la vie économique nationale devront être réalisés par des méthodes qui permettront aux peuples libérés d’effacer les derniers vestiges du nazisme et du fascisme et de se donner des institutions démocratiques de leur propre choix. C’est un des principes de la Charte de l’Atlantique que tous les peuples ont le droit de choisir la forme de gouvernement sous laquelle ils entendent vivre et que les droits souverains et l’autonomie, dont ils ont été dépossédés de force par les pays agresseurs, doivent leur être restitués.

Afin de favoriser les conditions dans lesquelles les peuples libérés pourront exercer ces droits, les trois gouvernements prêteront conjointement leur aide aux peuples des États libérés d’Europe ou des anciens satellites de l’Axe, chaque fois qu’il sera nécessaire, en raison de la situation :
  1. d’assurer la paix intérieure du pays ;
  2. de prendre des mesures d’urgence pour soulager la détresse de la population ;
  3. d’installer des gouvernements provisoires dans lesquels seront largement représentés tous les éléments démocratiques de la population qui devront, par voie d’élections libres, constituer aussi rapidement que possible des gouvernements répondant à la volonté populaire et enfin de faciliter, si besoin en est, de telles élections.
Les trois gouvernements consulteront les autres Nations Unies et les gouvernements provisoires ou autres en Europe lorsqu’il s’agira d’examiner des questions les intéressant directement.

Lorsque, de l’avis de trois gouvernements, la situation dans un État européen libéré ou dans un ancien État satellite de l’Axe en Europe l’exigera, ils se consulteront immédiatement sur les mesures qu’ils devront prendre pour s’acquitter des responsabilités communes exposées dans la présente déclaration.

Nous réaffirmons ici notre foi dans les principes de la Charte de l’Atlantique, nous confirmons les engagements pris par nous dans la déclaration des Nations Unies et notre résolution d’édifier, en coopération avec les autres nations pacifiques, un ordre mondial régi par le droit et consacré aux intérêts de la paix, de la sécurité, de la liberté et de la prospérité commune.

En publiant cette déclaration, les trois puissances expriment l’espoir que le Gouvernement provisoire de la République française pourra bientôt se joindre à elles dans l’exécution du programme ci-dessus exposé. »

Donc si l’on peut dire que les accords de Bretton Woods, signés le 22 juillet 1944 aux États-Unis, ont tracé les grandes lignes économiques du système financier international après la Seconde Guerre mondiale, il est clair que les accords de Yalta ont dessiné, pour le bien et pour le mal, les nouvelles frontières politiques de l’après Guerre.

La référence faite à la Charte de l’Atlantique du 14 août 1941, qui « entreprend de jeter les fondements d’une nouvelle politique internationale » et servira de base aussi bien à la Déclaration des Nations unies (signée le 1er janvier 1942 par les représentants de 26 pays en guerre contre l’Allemagne) qu’à la Charte des Nations unies (signée le 26 juin 1945) réaffirme d’ailleurs l’espoir d’un « avenir meilleur pour le monde », et notamment le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

Voici pour les grands principes. [Début]

Passons maintenant à la pratique.

Un article publié dans le Monde du 14 février 1945, intitulé « La conférence de Yalta », observe :
À l’issue de la conférence de Yalta, qui a duré huit jours pleins, MM. Churchill, Roosevelt et le maréchal Staline ont publié un communiqué qui est un compte rendu détaillé de leurs travaux. Tous les grands problèmes de la guerre et de la paix y sont abordés, sinon résolus, et si les clartés qu’on nous donne laissent encore subsister bien des ombres, c’est que dans le stade actuel de la guerre tout ne pouvait être réglé et, vraisemblablement, ce qui était réglé ne pouvait toujours être dit.
Or c’est dans l’espace aussi infini qu’indéfini de ce non-dit que s’ébauche l’histoire de la Ie République « démocratique » d’Italie !

Un pays dont il faut bien cerner la situation géopolitique au sortir de la guerre : un pays vaincu à la frontière du bloc occidental, en plein cœur d’une zone formée de l’Europe de l’Ouest, de la Méditerranée et du Moyen Orient, un pays absolument stratégique pour les États-Unis.

Lesquels ont parfaitement compris l’émergence du monde bipolaire qui s’annonce, avec le choc titanesque des deux blocs – capitaliste vs. communiste – sur fond de guerre froide.

Un nouveau cadre historique parfaitement théorisé par les États-Unis dans la « doctrine Truman », exposée par Harry Truman devant le Congrès américain le 12 mars 1947, et par l’URSS dans la « doctrine Jdanov », présentée le 22 septembre 1947 par le 3e secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique, dont la lecture, une fois expurgée de toute la propagande idéologique, n’est pas dénuée d’intérêt. Notamment au point III. Le plan américain d’asservissement de l’Europe :

La politique extérieure expansionniste, inspirée et menée par la réaction américaine, prévoit une activité simultanée dans toutes les directions :
  1. Mesures militaires stratégiques ;
  2. Expansion économique ;
  3. Lutte idéologique.
(…)
Le plan militaire stratégique des États-Unis prévoit la création, en temps de paix, de nombreuses bases et places d'armes, très éloignées du continent américain et destinées à être utilisées dans des buts d'agression contre l'U.R.S.S. et les pays de la nouvelle démocratie. Les bases américaines militaires, aériennes et navales, existent ou sont de nouveau en voie de création en Alaska, au Japon, en Italie, au sud de la Corée, en Chine, en Égypte, en Iran, en Turquie, en Grèce, en Autriche et en Allemagne occidentale.
(…)
L’une des lignes de la « campagne » idéologique qui accompagne les plans d’asservissement de l’Europe est l’attaque contre les principes de souveraineté nationale, l’appel à renoncer aux droits souverains des peuples, auxquels on oppose l’idée d’un « gouvernement mondial ». Le sens de cette campagne consiste à embellir l’expansion effrénée de l’impérialisme américain qui, sans cérémonie, porte atteinte aux droits souverains des peuples, et à présenter les États-Unis dans le rôle de champion des lois humaines, tandis que ceux qui résistent à la pénétration américaine sont présentés en partisans d’un nationalisme « égoïste » périmé.
(…)
La « doctrine Truman » et le « plan Marshall » sont, dans les conditions actuelles aux États-Unis, l’expression concrète des efforts expansionnistes. Au fond, ces deux documents sont l’expression d’une même politique, bien qu’ils se distinguent par la forme sous laquelle y est présentée une même et seule prétention américaine d’asservir l’Europe.

En ce qui concerne l’Europe, les principales lignes de la « doctrine Truman » sont les suivantes :

  1. Création de bases américaines dans la partie orientale du bassin méditerranéen, afin d’affermir la domination américaine dans cette zone ;
  2. Soutien démonstratif des régimes réactionnaires en Grèce et en Turquie, etc.
Car il est clair qu’après la guerre, les États-Unis réorientent dans un axe strictement anticommuniste les priorités de leur politique étrangère, et pour ce faire ils vont faire appel aux services et à l’anticommunisme viscéral des (ex-) fascistes dont l’Europe est pleine (mais pas seulement, puisqu’il en ira de même au Japon et en Amérique latine), amnistiés et réhabilités pour l’occasion.

D’où le soutien affiché ou latent aux dictatures de droite partout dans le monde, mais aussi l’utilisation massive des militants d’extrême-droite et, dans le cas spécifique à l’Italie, des membres de la mafia.

Autant d’affirmations qui ne sont pas des supputations, mais des vérités historiques largement documentées : c’est la politique d’endiguement (containment) préconisée par la « doctrine Truman » pour stopper l'expansion de la zone d'influence soviétique et contrer les États susceptibles d'adopter le communisme, que la doctrine antagoniste de Jdanov nomme politique extérieure expansionniste et impérialiste, dont il identifie les trois principaux axes d’intervention :
  1. Mesures militaires stratégiques, notamment avec la création de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) et l’installation en Belgique de son commandement militaire – le SHAPE...
  2. Expansion économique,
  3. Lutte idéologique.
[Début]
* * *
J'arrête là la citation de mon livre pour en revenir à mon blog, et notamment au billet Obama vs. Berlusconi, où j'indique dans quels documents du National Security Council (NSC) on retrouve trace de cette "doctrine Truman" appliquée à l'Italie :
  1. Le document NSC n° 1/3 du 8 mars 1948, à la veille des élections cruciales du 18 avril suivant, pose directement le problème de la possible conquête du pouvoir par les communistes « par des moyens légaux », auquel cas les États-Unis devraient immédiatement répondre, y compris en fournissant une assistance financière et militaire à la base anti-communiste italienne. N'oublions pas que le 3 avril 1948, le congrès américain adoptait le plan Marshall pour la reconstruction de l'Europe après la deuxième guerre mondiale.
  2. Le document NSC n° 10/2 du 18 juin 1948 affirme que les activités officielles à l'étranger seraient accompagnées d'opérations "couvertes" pour qu'il ne soit pas possible de remonter à la responsabilité du Gouvernement des États-Unis.
  3. Le document NSC n° 67/3 du 5 janvier 1951 (indisponible dans son intégralité, aujourd'hui encore, puisqu'une bonne partie reste sous secret militaire), prévoit explicitement des initiatives des États-Unis « pour empêcher la prise du pouvoir par les communistes. »
C'est le programme tout tracé de la stratégie de la tension, qui avait pour but délibéré non seulement d'installer un climat de violence politique afin de favoriser l'émergence d'un état autoritaire, mais aussi et surtout de faire en sorte que des attentats exécutés par des néofascistes et des subversifs d'extrême droite fussent faussement attribués aux réseaux gauchistes.
Par conséquent, je ne saurais faire ici le décompte de tous les régimes autoritaires (pour employer un euphémisme) ouvertement soutenus ou mis en place dans le monde depuis 1945 par les États-Unis [Grèce, Portugal et Espagne en Europe, combien de pays en Amérique latine ? quant au Japon et à l'Italie ("démocratie à souveraineté limitée"), ils mériteraient un chapitre à part entière (lire aussi, 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles !)], au nom d'une Realpolitik dont Henry Kissinger fut l'un des principaux artisans, mais le fait est qu'on pourrait la qualifier de politique NIMBY, qui a simplement consisté à combattre un totalitarisme par des dictatures...

Ni plus ni moins. L'important était que tout cela se passât loin des États-Unis ! [Début]

* * *
L'Occident exportateur de démocratie...

Or plus de deux décennies après l'écroulement du Mur de Berlin rien n'a changé, au contraire, puisque ce qui fut hier l'affrontement de deux mondes - communisme vs. capitalisme -, redevient aujourd'hui l'affrontement de deux nouveaux blocs, encore plus vastes mais aux contours moins bien définis : intégralisme islamique vs. occident exportateur de démocratie, avec une fois de plus l'Europe à la traîne des États-Unis...

Comme si l'histoire millénaire et tragique des Guerres de religion ne pouvait rien enseigner au présent !

Mais des États-Unis en déclin, contrairement à la position qui était la leur à la fin de la Deuxième Guerre mondiale (ils étaient alors considérés comme des libérateurs et leur suprématie n'était pas remise en cause, sauf par l'URSS), et qui n'ont probablement plus les moyens de leurs ambitions : dans ce cadre, poursuivre aujourd'hui la même logique que celle déployée hier contre l'anticommunisme, pour combattre l'intégralisme islamique par d'autres dictatures serait une ERREUR POLITIQUE phénoménale !

Hier, en dépit des intentions proclamées au grand jour de permettre « aux peuples libérés » « de se donner des institutions démocratiques de leur propre choix », les vainqueurs tramaient dans l'ombre « pour empêcher la prise du pouvoir par les communistes », y compris « par des moyens légaux », à savoir par la « voie d’élections libres ».

Une violation évidente des principes de la Charte de l’Atlantique selon lesquels « tous les peuples ont le droit de choisir la forme de gouvernement sous laquelle ils entendent vivre » et « que les droits souverains et l’autonomie ... doivent leur être restitués », tout comme de l'élémentaire « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », réaffirmé dans la Charte des Nations unies.

Quant à l’espoir d’un « avenir meilleur pour le monde », dans le sillage d'un « ordre mondial régi par le droit et consacré aux intérêts de la paix, de la sécurité, de la liberté et de la prospérité commune », je ne pense pas qu'aucun gouvernement occidental aurait aujourd'hui l'impudence de prétendre exporter le "modèle démocratique" à toutes les nations de la terre, ni l'inconscience de dire aux peuples révoltés (ou en passe de l'être), d'Égypte, de Tunisie, du Maroc, d'Algérie, d'Albanie, d'Afghanistan, de Libye, de Syrie, de Jordanie, du Liban, du Soudan, du Yemen et d'ailleurs, que mieux vaut, pour leur propre bien, leur imposer une dictature - d'autant plus facile à manipuler qu'elle sera corrompue -, plutôt que de reconnaître leur droit légitime à l'autodétermination.

Pratiquement, ce sont les principaux pays de la Ligue arabe qui sont en ébullition !

Et quand Israël, enserré dans l'étau de la liberté exprimé par le réveil du monde arabe, s'entête en ­pressant Washington ­et l'Europe ­de ­soutenir Moubarak envers et contre tout, sous prétexte que sans Moubarak ce sera la guerre, en allant jusqu'à fournir en ce moment-même du matériel militaire au régime à l'agonie, je pense que là encore Israël commet une ERREUR POLITIQUE majeure qui va exactement à l'encontre des intérêts que son État prétend défendre...

Car après, « comment alors s’étonner que les peuples se retournent contre les démocraties qui les ont négligés ? »

Je suis évidemment heureux que l'Amérique ait empêché hier l'expansion du totalitarisme communiste, mais cela ne veut pas dire que les moyens discutables qui furent employés soient transposables à la réalité d'aujourd'hui. Car sur les plateaux de la balance d'un monde juste, les bénéfices obtenus dans l'immédiat ou à moyen terme compenseront-ils les dommages sur le long terme ?

On l'observe avec l'Italie de Berlusconi : après des décennies de souveraineté limitée, nous voyons ces jours-ci une majorité du pays sans plus aucune conscience critique, incapable de réagir à un régime au moins aussi déclinant que celui de ses "amis" Moubarak, Ben Ali, etc., où la population regarde avec envie ce qui se passe à Tunis ou au Caire et assiste à la révolte / révolution de ces pays au sang neuf, en se demandant dépitée pourquoi cette apathie d'une opinion publique sous hypnose, frappée d'un syndrome de Stockholm tout à fait incompréhensible aux yeux des observateurs étrangers.

Donc même si je ne demande qu'une chose (que la réalité des faits démente mon analyse), il est clair que la démocratie ne s'exporte ni ne s'impose, elle se conquiert par la base et par la libre volonté des peuples.

Nous verrons d'ailleurs si le peuple italien, à la veille de célébrer les 150 premières années de son "unité", aura la maturité nécessaire pour éradiquer le cancer berlusconien afin de repartir sur de nouvelles bases, une maturité qui lui a manqué au début des années 90...

Mais "accompagner" ici et là ces transitions en créant une nouvelle institution internationale, regroupant toutes les nations bénéficiant de la démocratie, revendiquant un devoir d’ingérence, et se donnant les moyens d’aider à la liberté politique, en fournissant aux peuples soumis des moyens spécifiques pour y soutenir la liberté de la presse, les partis politiques, les ONG, la lutte contre la pauvreté, et contre la corruption, me semble un pari extrêmement risqué, en ce sens qu'il se fonde sur le postulat d'une "vérité" dont l'histoire a montré qu'elle était loin d'être acquise !

Sûrement vaudrait-il mieux essayer d'inventer de nouvelles formes de "coopétition" entre les peuples, mais cela ne se fera jamais avec des politiques qui manquent d'imagination. [Début]

* * *
Cela me fait penser au discours précurseur tenu par Obama ... au Caire, c'était pas plus tard qu'en juin 2009 :


Les questions courageusement abordées par Obama sont :
  • l'extrémisme violent sous toutes ses formes
  • l'Afghanistan, le Pakistan, l'Iraq
  • la situation entre les Israéliens, les Palestiniens et le monde arabe
  • les droits et les responsabilités des nations sur la question des armes nucléaires
  • la démocratie
  • la liberté religieuse
  • les droits de la femme
  • l'intérêt commun à favoriser le développement et les opportunités économiques
Un discours qu'il vaudrait peut-être la peine de réanalyser en profondeur, vu ce qui se passe à présent et risque de se passer demain...

Pour conclure, je ne résiste pas à l'envie de vous en citer intégralement la fin :
Nous partageons tous cette planète pendant un court instant. À nous de décider si nous passons ce temps à nous concentrer sur ce qui nous sépare ou si nous nous engageons à faire ce qu'il faut - de façon soutenue - pour trouver un terrain d'entente, pour nous concentrer sur l'avenir que nous désirons pour nos enfants, et pour respecter la dignité de tous les êtres humains.

Tout ceci n'est pas simple. Il est plus facile de se lancer dans une guerre que de faire la paix. Il est plus facile de blâmer autrui que de s'examiner soi-même ; il est plus facile de voir ce qui nous distingue, plutôt que ce que nous avons en commun. Mais il faut choisir le bon chemin, et non le plus facile. Il y a une règle essentielle qui sous-tend toutes les religions : celle de traiter les autres comme nous aimerions être traités. Cette vérité transcende les nations et les peuples. C'est une croyance qui n'est pas nouvelle, qui n'est ni noire ni blanche ni basanée, qui n'est ni chrétienne ni musulmane ni juive. C'est une foi qui a animé le berceau de la civilisation et qui bat encore dans le cœur de milliards d'êtres humains. C'est la foi dans autrui et c'est ce qui m'a mené ici aujourd'hui.

Nous avons le pouvoir de construire le monde auquel nous aspirons, mais seulement si nous avons le courage de prendre un nouveau départ, en gardant à l'esprit ce qui a été écrit.

Le Saint Coran nous dit : « Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous avons fait de vous des nations et des tribus, pour que vous vous entre-connaissiez. »

Le Talmud nous dit : « Toute la Torah a pour objectif de promouvoir la paix. »

La Bible nous dit : « Bienheureux les artisans de paix : ils seront appelés fils de Dieu. »

Les habitants du monde peuvent cohabiter en paix. Nous savons que telle est la vision de Dieu. C'est maintenant notre tâche sur cette Terre. Je vous remercie et que la paix de Dieu soit avec vous.
Pour le reste, OTAN en emporte le vent... [Début]


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P.S. Je ne peux pas évoquer l'OTAN et l'Italie sans parler de la France, et notamment de la décision annoncée par le Général de Gaulle en 1966 :
« La France considère que les changements accomplis ou en voie de l’être, depuis 1949, en Europe, en Asie et ailleurs, ainsi que l’évolution de sa propre situation et de ses propres forces ne justifient plus, pour ce qui la concerne, les dispositions d’ordre militaire prises après la conclusion de l’Alliance. »

[La France] « se propose de recouvrer sur son territoire l’entier exercice de sa souveraineté, actuellement entamé par la présence permanente d’éléments militaires alliés ou par l’utilisation habituelle qui est faite de son ciel, de cesser sa participation aux commandements intégrés et de ne plus mettre de forces à la disposition de l’OTAN ». Certes, elle « est disposée à s’entendre avec [ses alliés] quant aux facilités militaires à s’accorder mutuellement dans le cas d’un conflit où elle s’engagerait à leurs côtés ». Bref, elle « croit devoir, pour son compte, modifier la forme de [l’]alliance sans en altérer le fond ».
Nous avons donc là deux visions totalement opposées, avec une réaffirmation forte de la souveraineté nationale pour la France, face à une Italie à souveraineté limitée sans véritable géopolitique, à noter d'ailleurs que le pays accueille encore aujourd'hui, 65 ans après la fin de la guerre, plus d'une centaine de bases américaines sur son sol...

Or comme l'observait en 2008 Dominique Vidal : « Quatre décennies plus tard, comment ne pas être frappé par l’étonnante actualité de ces débats, mais aussi par la cohérence, sur la longue durée, de la pensée stratégique du général de Gaulle ? »

Et de conclure :
L’échappée belle n’aura qu’un temps. Après la démission, puis la disparition du général, ses successeurs – de Georges Pompidou à François Mitterrand – referont progressivement le chemin à l’envers. Et, comme pour préparer le trentième anniversaire de la lettre à Johnson, la France réintègrera, le 5 décembre 1995, le conseil des ministres et le comité militaire de l’OTAN. Héritier déclaré du général de Gaulle, le président Jacques Chirac ouvrira ainsi la porte à une réintégration de la France dans l’OTAN, que M. Nicolas Sarkozy cherche à parachever.
Une parenthèse gaulliste de 43 ans finalement refermée par Nicolas Sarkozy, qui a réintégré la France dans l’OTAN en 2009 : un "acte historique" n'ayant pas fait que des heureux, voir ici ou , par exemple...

J'ai été très frappé de lire un jour l'opération Sarkozy, écrit par Thierry Meyssan, article qui n'a pourtant pas fait l'objet, sauf erreur de ma part, d'une plainte en diffamation de la part de Sarkozy. Étonnant !

Or je ne connais pas Thierry Meyssan, je vois seulement qu'il fait l'objet d'attaques très violentes sur le Web, personnellement je n'ai aucune information le concernant qui pourrait m'induire à penser dans un sens ou dans l'autre, donc pour l'instant je préfère me baser uniquement sur les faits que je peux vérifier. Et les faits me disent que beaucoup des choses qu'il a écrites, notamment sur Stay-Behind et sur la situation du Japon au sortir de la guerre, sont entièrement recoupées par mes propres recherches sur l'histoire de l'Italie. Je ferai donc miens les mots de ce commentaire de Nelly : « C’est un article intéressant. S’il nous vient des doutes on peut toujours se renseigner, les informations ne manquent pas sur la toile. »

Article dans lequel il est également question de Frank Wisner Jr. - je note au passage -, actuel émissaire de Barack Obama auprès de Mubarak ("the exact wrong person to send", selon certains à Washington, et ailleurs) (du reste, cet ex-collaborateur de Kissinger, plus récemment lobbyiste en Égypte pour le compte de la firme Patton Boggs, membre du Directoire de la Banque Commerciale Internationale d'Égypte, a été rappelé dans la foulée !)...

Donc quand on met ensemble différents éléments, évidemment on se pose des questions. Mais ce n'est pas interdit, que je sache, et cela fait même partie de la normale dialectique démocratique. Alors que chacun se fasse son propre avis, du reste le discernement individuel devrait être ce qui distingue tout citoyen responsable...

Je vous encourage par conséquent à lire le réseau Voltaire sur la situation actuelle, cela devrait donner à chacun des arguments pour approfondir la situation. En tout cas, j'espère que le présent billet pourra fournir son apport et contribuer ainsi au débat général, vu que l'évolution de ce qui se passe ces jours-ci aura forcément un impact dans nos vies quotidiennes.

OTAN se faire une idée :-) [Début]

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mardi 23 juin 2009

Nuages sémantiques


Je découvre sur le blog de Nicolas Vanbremeersch une analyse rapide du discours de Sarkozy qui s’est exprimé hier, pour la première fois depuis 1873, devant les deux chambres du Parlement réunies en Congrès à Versailles.

Or Versac (si j'écris Nicolas, on saura plus duquel je parle :-) nous propose une bonne analyse mais un nuage sémantique confus :


et donc peu expressif du fait qu'il contient tous les mots vides du discours, d'où un sens noyé dans le flux.

De ce point de vue, le nuage proposé par Vincent en se basant sur le même discours me semble un peu plus pertinent, même s'il reste bruyant :


Moi qui me sens l'âme d'un népho-sémanticien (néologisme modeste combinant néphologie et sémantique), voire de faux sémanticien tout court, je ne pouvais résister à l'envie d'y ajouter mon grain de sel, surtout depuis que je maîtrise à la perfection le binôme Quensis (sémantique) et Wordle (néphologie)...

En intégrant quelques différences dans le classement des mots par rapport au tableau utilisé par Versac, puisque lui ne prend pas en compte les pronoms personnels.

Or lorsqu'on parle de Sarkozy, l'analyse des pronoms est toujours très significative. J'en veux pour preuve le nuage issu de ma précédente analyse, où le JE est omniprésent et le NOUS totalement absent :


alors que dans le discours d'hier le NOUS (135 occurrences sur 6266 mots) est presque deux fois plus représenté que le JE (76 occurrences, dont 62 fois JE et 14 J'), une nouveauté absolue pour Sarkozy !


Un discours assez proche de celui tenu par Obama au Caire, tout au moins au plan de la répartition de NOUS, NOTRE, JE, MONDE, etc.

En tout cas un recentrage total par rapport à tous les précédents discours de Sarko, qui devient encore plus évident si l'on n'examine que les 21 termes significatifs ayant plus de 10 occurrences :


Certes, il n'y a aucune spontanéité là-dedans, c'est de la pure ingénierie linguistique, où l'on commence par booster la densité des mots clés autour desquels le discours sera bâti, phrase par phrase, en jouant sur les répétitions, les figures de style, etc. etc.

Voici donc les 14 substantifs plus représentatifs du texte (en réunissant singuliers et pluriels) :


et en étendant le nuage aux 100 substantifs plus représentatifs :


J'emprunterai ma conclusion à Versac :
Au final, on est dans un habillage assez peu inspiré, ou par de grands creux, d’un message simple et basique : on continue, parce que notre voie est la bonne, et que ne rien faire serait criminel.
Voilà qui est dit ! Bravo Nicolas !

Je vous laisse choisir lequel :-)


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