lundi 20 février 2012

6279 milliards de dollars et la "théorie du complot"

27e billet !

* * *

Billet de réflexion réunissant les 6000 milliards de dollars d'un côté, et les 279 milliards de dollars de l'autre (quand bien même les deux affaires n'ont peut-être rien à voir), écrit uniquement pour répondre à quelques réactions qui sont, de mon point de vue, au mieux peu avisées et au pire complètement débiles, mais surtout pour exposer une bonne fois ce que je pense de la facilité désarmante avec laquelle l'opinion publique se laisse manipuler en démocratie, à son insu de son plein gré, une manipulation qui se décline autour de deux pôles, aussi indissociables que le yin et le yang, ou, si vous préférez, que les deux faces d'une même médaille :
  1. la désinformation et la propagande scentifiquement organisées par le pouvoir et complaisamment relayées par les médias sous contrôle ;
  2. la passivité silencieuse, indifférente, égoïste, complice et coupable des masses qui ingurgitent tout ce qu'on leur fait gober sans le moindre esprit critique.
J'ai déjà eu l'occasion de dire que « la démocratie, ça se mérite », or malheureusement ces piètres réactions, aussi injustifiables au plan intellectuel que citoyen, m'induisent de plus en plus à penser que la plupart de mes concitoyens méritent la merde dans laquelle nos gouvernants nous font patauger, quand elle ne nous ensevelit pas...

Non pas que je pense être au-dessus de la masse, loin de moi cette idée, mais au moins j'essaie de me battre avec les moyens à ma disposition, qui sont les mêmes que ceux du voisin : une capacité illimitée de s'informer sur tous les sujets, grâce à Internet, pour tenter de me forger ma propre opinion sur les faits, qui n'est presque jamais celle qu'on voudrait que je me forge en me canalisant gentiment sur les rails d'une information formatée, conforme aux vues du Truman Show planétaire mis en place par tous les pouvoirs politico-économiques.

Mais arrêtons-là cette tirade lasse, après tout que chacun/e croit ce que bon lui semble, par contre ça me gonfle énormément lorsque quelqu'un pense répliquer à mes billets, en général plutôt fouillés et argumentés, par deux ou trois lieux communs laconiques et vides de sens. Du genre :
Oui, on m'a signalé ce blog pour cette série de posts. Il dit quelques trucs intéressants (...), mais le ton nettement « théorie du complot » lui fait perdre sa crédibilité.
Alors voilà ! Les intégralistes de la "théorie du complot" ont encore frappé ! J'ai écrit à ce jour plus de 25 billets sur cette histoire, en lisant pratiquement tout ce qui en a été publié en trois langues, en analysant cette masse d'infos pour en relever les incohérences, poser des questions, chercher des réponses, etc.

À noter que je n'ai jamais rien affirmé de tranché, pour la bonne et simple raison que je n'en sais rien, j'ai juste dit, et je le répète :
Au fil du temps, de tout le temps passé à faire des recherches et à écrire sur ces 134,5 milliards de $, je me suis forgé la convinction suivante : ces titres sont vrais ! 
C'est une simple théorie, étayée par de nombreux faits résumés ci-dessus, et il n'est question ni de complot ni de conspiration.
En faisant référence aux seuls 279 milliards de dollars, que ce soit clair pour l'instant, mais je ne vois pas en quoi cette conviction personnelle, s'appuyant sur de nombreuses infos et sources sérieuses, allez relire tout ce que j'ai écrit là-dessus, autorise le premier nul venu à affirmer du haut de sa suffisance que cette "simple théorie personnelle" est une "théorie du complot".

Les affirmations aussi inutilement péremptoires que basées sur du vent ont le don de m'énerver, que voulez-vous, il en serait tout autrement si quelqu'un reprenait mes arguments, un à un, en me démontrant en quoi ils sont faux, voire ridicules. Je suis tout ouïe, car contrairement aux pédants qui osent prétendre tout et le contraire de tout sans rien argumenter, je ne demande qu'à être démenti.

Mais je ne peux pas accepter ni me contenter de l'information officielle, qui tombe du haut sans jamais prouver quoi que ce soit, si ce n'est par grâce divine...

Exemple, dans cette nouvelle affaire des 6000 milliards de dollars, je ne me risquerais pas à dire d'emblée que les bons sont vrais, mais la précipitation unanime de la presse qui martelle le même refrain à l'envi sans fouiller l'info, en reprenant presque toujours les dépêches d'agence tout juste brodées par les petites mains de pigistes mal payés, m'empêche tout autant d'affirmer de prime abord, sans sourciller, qu'ils sont faux.

Il me semble d'ailleurs que sur le sujet les américains sont plus critiques que nous, puisqu'une source aussi sérieuse et reconnue que ZeroHedge ne manque pas de s'interroger, notamment sur la question des coffres (c'est moi qui graisse) :
While there is precious little in terms of detail coming out of the latest and literally greatest "fake" bond story in history, the BBC has been kind enough to release the pictures of the boxes that the supposedly fake bonds were contained in. While we reserve judgment on the authenticity of the bonds, what we wonder is whether the boxes were also fake. Because while we can understand why someone would counterfeit the Treasury paper itself, what we don't get is why someone would go the extra effort to also create a "fake" compartment in which to store it. In this case a compartment that is property of the "CHICAGO FEDERAL RESERVE SYSTEM." Perhaps Fed uberdove and Chicago Fed President Charles Evans will be kind enough to explain why Versailles Treaty Chicago Fed crates are floating around in Europe (and filled with $6 trillion in supposedly fake bearer bonds)?
En clair, si l'on admet facilement que des bons peuvent être contrefaits, on se demande pourquoi des faussaires s'embarqueraient, en plus, dans la contrefaçon de coffres qui appartiendraient au Système de la Réserve Fédérale de Chicago. Dont les autorités compétentes pourraient peut-être se donner la peine d'expliquer pourquoi de tels coffres se baladeraient dans la nature...

Mais poursuivons avec la même info, côté italien.

D'une part, après la saisie, un carabinier du Ros avait déclaré :
Le résultat de cette saisie est incroyablement surprenant, autant pour l’énormité de la valeur des faux bons que pour la facture remarquable des trois coffres... 
(Questo è un risultato incredibilmente sorprendente, sia per l’enormità del valore dei titoli di stato falsi, sia per l’accurata manifattura delle tre casse.)
Tandis qu'une autre source aurait confié à Reuters :
Les coffres étaient soigneusement contrefaits pour ressembler le plus possible à ceux de la Federal Reserve... 
("Le casse erano accuratamente contraffatte per assomigliare il più possibile a quelle della Federal Reserve", ha detto la fonte.)
Cherchez l'erreur ! Car vrais ou faux, dès lors qu'ils sont soigneusement contrefaits pour ressembler le plus possible à ceux de la Federal Reserve, cela veut bien dire ce que ça veut dire : que des VRAIS coffres existent, en tous points semblables, et qu'ils sont la propriété de la Fed.

Nous revoici donc au questionnement de départ soulevé par les américains : « Les responsables de la Fed pourraient peut-être se donner la peine d'expliquer pourquoi de tels coffres se baladeraient dans la nature... », et, ajouterais-je, se donner la peine d'expliquer aux béotiens que nous sommes quels sont l'histoire et le cheminement des vrais coffres...

Car lorsque l'on voit ne serait-ce que quelques photos de coffres, coffrets, coffres-forts et tout ce que vous voulez, on se dit qu'ils ont quand même bon dos, les faussaires ! Idem pour les contrefaçons des billets Kennedy, qui n'existent pas officiellement, d'où la question totalement baroque à laquelle personne n'a encore fourni de réponse intelligente ni plausible :
Pourquoi des faussaires iraient-ils jusqu'à falsifier des bons qui n'existent pas, qui n'ont jamais existé, qui n'existeront jamais ! Le faux absolu, en quelque sorte. En déployant des moyens pour le moins extraordinaires, en enterrant des valises, des coffres et des coffrets pendant des décennies, probablement dans l'espoir que le jour où tout cela serait déterré, par le plus grand des hasards, ils seraient enfin universellement reconnus comme les plus grands et plus clairvoyants faussaires de l'humanité. 
Ou les plus nuls, au choix. Pour tenter ensuite d'aller monnayer ces "faux absolus" auprès de banques et d'établissements financiers de tout premier plan ? Car n'oubliez pas que si la saisie des 6000 milliards a eu lieu en fin d'année dernière, les coffres sont quand même restés pendant près de 5 ans aux mains d'une société fiduciaire suisse, et je doute fortement qu'ils n'aient pas été utilisés pendant tout ce temps pour réaliser quelques opérations frauduleuses. La mafia n'est pas du genre à laisser dormir une telle richesse si longtemps sans rien faire.

Il y a un précédent récent en Italie : en août 2011, dans le cadre de l’opération Artù, les magistrats Sara Ombra et Nicola Gratteri ont saisi à la 'ndrangheta un bon d'une valeur nominale de 870 millions de dollars, émis 50 ans auparavant par ce qui était alors le Crédit Suisse, le 14 août 1961, au nom du dictateur indonésien Soekarno. Soit une opération de 39 milliards de dollars, en sommant les intérêts échus. Or les magistrats italiens écrivaient dans l'ordonnance de saisie :
Même si le Crédit Suisse nous a informé que le titre était faux, nous ne pouvons considérer cette réponse authentique car la banque avait tout intérêt à empêcher qu'il soit négocié. En revanche, les preuves rassemblées durant l'enquête nous portent à croire que le titre est vrai, car, durant les écoutes téléphoniques, aucun des personnages interceptés n'a jamais mentionné qu'il était faux, pas même lorsqu'ils parlaient entre eux, en indiquant au contraire que les établissements financiers impliqués avaient montré un réel intérêt pour négocier le titre, y compris après avoir effectué leurs propres contrôles préliminaires en activant des canaux parallèles pour en vérifier la véracité.
Étonnant, non ? Mais ce n'est pas tout, car le journaliste ajoute que l'on peut lire, page 40 de l'ordonnance :
Signalons parmi les sujets concernés l'ex-Administrateur délégué du groupe Unicredit [alors premier groupe bancaire italien], M. Alessandro Profumo, qui aurait également manifesté son intérêt pour négocier le titre, ce qui tend à prouver qu'il en aurait vérifié l'authenticité et l'aurait estimé fiable.
Un autre journal, le quotidien Live Sicilia, rajoute que M. Marco Massinelli, considéré comme l'un des meilleurs experts financiers et bancaires d'Europe, vice-président du Banco di Sicilia, dans le giron du groupe Unicredit, est sur écoutes lors d'une conversation avec Salvatore Mancuso, président de ce même Banco di Sicilia, le 3 dicembre 2009 :
M. Massinelli : - je voulais vous tranquilliser sur la question "Artù". J'ai eu aujourd'hui même une nouvelle confirmation sur l’attestation d'authenticité du …
Président Mancuso : - du titre 
M. Massinelli : - oui, une véritable post-vérification a été effectuée, à savoir…
Président Mancuso : - avec la banque, avec la banque 
M. Massinelli : - oui, une réelle vérification sur l'authenticité du titre
Président Mancuso : - mais eux, il… tu m'avais pas dit qu'il avait été contacté par un avocat pour faire une transaction ?
M. Massinelli : - si, il avait été contacté par plusieurs avocats qui lui avaient proposé plusieurs transactions.
Président Mancuso : - et donc, de toute évidence, il les connaît, ces avocats… 
M. Massinelli : - oui, on pourra se faire dire quels sont les noms 
Président Mancuso : - il les a rencontrés et donc il les connaît, non ? 
M. Massinelli : - oui, ils se sont rencontrés personnellement 
Président Mancuso : - OK
M. Massinelli : - OK, d'accord? 
Président Mancuso : - Ciao
Je vous rappelle que la conversation se déroule entre le président d'une banque et son vice-président, pas entre deux ploucs bourrés qui se racontent des brèves de comptoir...

J'arrête ici mais tout cela ne veut dire qu'une seule chose : que ce genre de titres existent bel et bien, et, par conséquent, qu'un marché existe bel et bien pour ce genre de titres !!!

Car selon le premier journaliste, la bande aurait même refusé une offre évaluée à 45% de la valeur nominale en la jugeant trop basse : pourtant, 45% de 870 millions de dollars, ça fait quand même 391,5 millions $ ! Le corollaire étant que des intermédiaires financiers de tout premier plan seraient disposés à payer une telle somme ... pour un faux titre, cela va de soi. :-)

Certes, il n'est pas donné aux gens du peuple de connaître ni de comprendre ces choses-là, mais comme le dit si justement Beppe Grillo : « Dites-vous bien que tout ce que vous ignorez est vrai... »

* * *
Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, pour vous parler d'une deuxième étrangeté, bizarre de chez bizarre : successivement aux premières dépêches sur la saisie des 6000 milliards de dollars, un "petit" détail est ajouté dont personne n'avait initialement parlé. Ces escrocs de mafieux auraient tenté de monétiser les faux bons, tenez-vous bien, pour acheter du plutonium auprès d'intermédiaires nigérians !!! Bloomberg dixit.

Là encore, les américains sont les premiers à réagir en analysant ce passage :
How would Nigeria get Plutonium? Plutonium can only be created in (typically) graphite pile reactors. Nigeria has a small (31KW) commercial miniature neutron source reactor (MNSR) designed by China Institute of Atomic Energy (CIAE). 
The whole thing sounds like a Nigerian email money scam.
Et en effet, si l'on se penche un peu sur la question, le plutonium, qui a servi pour réaliser la première bombe atomique, est rarement disponible dans les drugstores d'Abuja, mais plutôt produit dans le cœur des réacteurs nucléaires. Or je ne sache pas que le Nigeria soit particulièrement riche en centrales nucléaires. À moins que, là encore, il ne s'agisse de plutonium contrefait par des faussaires fluorescents, vous savez, ces petits hommes verts...

* * *
Je pourrais développer d'autres arguments, mais je préfère conclure en revenant sur mon postulat de départ, à savoir la facilité désarmante avec laquelle l'opinion publique se laisse manipuler en démocratie, à son insu de son plein gré, une manipulation qui se décline autour de deux pôles :

1. la désinformation et la propagande scentifiquement organisées par le pouvoir et complaisamment relayées par les médias sous contrôle :

- Sans devoir remonter bien loin dans le temps, remémorez-vous l'attentat au pape "prophétisé" par un cardinal, que la presse dans son ensemble a liquidé sans le dire explicitement mais en le donnant à penser, qu'il s'agissait d'une info bidon véhiculée par un "journal de gauche" que le Vatican pouvait qualifier à bon droit de "délirante et ne correspondant à aucune réalité" !
Sauf à devoir reconnaître officiellement, dans la foulée, que pour autant qu'elle fût délirante, elle n'en était pas moins vraie...

- Ou encore en remontant un peu plus loin, mais pas trop quand même, cette interrogation prégnante :

QUESTION PRÉALABLE : MAIS QUE FAIT LA PRESSE ?

Ou est-il normal, après qu'un procès de plus de 1 000 milliards de dollars ait été formellement intenté le 23 novembre dernier contre, notamment, un gouvernement, un ex-chef de gouvernement, un corps d'armée, l'ONU, le secrétaire général de l'ONU, deux ambassadeurs, la fondation du forum économique mondial, etc., PERSONNE N'EN PARLE dans les médias mainstream ?

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2. la passivité silencieuse, indifférente, égoïste, complice et coupable des masses qui ingurgitent tout ce qu'on leur fait gober sans le moindre esprit critique :

- à ma grande joie, quelqu'un a enfin daigné répondre à la question ci-dessus :
À mon humble avis de simple monsieur-tout-le-monde français, lisant tout ça sur le web : oui. 
On ne demande pas aux médias mainstream de relayer tous les procès engagés dans le monde, mais seulement ceux qui, pour une raison ou une autre, présentent un mimimum d'intérêt pour leurs lecteurs. En particulier, les actions "pittoresques" sont à trier avec soin.
Donc si j'en crois ce "simple monsieur-tout-le-monde français", cette affaire ne présentant aucun intérêt mimimum pour leur lectorat, les médias mainstream ont raison de rester silencieux puisque nul ne saurait leur demander de relayer les actions et les actus "pittoresques", à trier avec soin.

Ceci dit, ma soif de comprendre n'est pas épuisée pour autant, car qui décide qu'une saisie de 6000 milliards de faux bons n'est pas du tout pittoresque et digne d'être relayée sans la moindre analyse, tandis qu'un tel procès (parmi tant d'autres...) est tellement saugrenu qu'il ne vaut même pas la peine d'en parler ?

Je n'ai jamais songé entrer dans le mérite du bien-fondé de ce procès ou pas, je constate juste qu'il existe, et que le simple fait qu'il existe est une info en soi. Au moins autant que la saisie des 6000 milliards de soit-disant faux bons. Donc pourquoi claironner l'un, et taire l'autre ? Sur quels critères ? Purement numériques : 6000 milliards, oui ; 1000 milliards, non ? Décidés par qui, et pourquoi ?

Car si l'on fait abstraction un seul instant des incohérences nombreuses qui entourent ces affaires, au point de suggérer qu'il pourrait s'agir de gigantesques bidonnages, il n'en reste pas moins une demande centrale, cruciale :

De tels bons, de tels coffres existent-ils, oui ou non ?

Et tout ce qui en découle : histoire, origines, causes, implications, parcours, etc. etc.

Autant de questions que je me pose avec insistance depuis juin 2009, même si je n'ai pas encore obtenu de réponses catégoriques, sûres, transparentes, faisant autorité. Certains disent oui, certains disent non, et entre les deux des millions de personnes n'en savent foutrement rien. Moi y compris. D'après tous les éléments que j'ai pu rassembler (ceci est mon 27e billet sur le sujet), je suis fortement enclin à croire qu'ils existent, mais je n'en ai pas encore la preuve certaine, juste des indices. Un bon nombre d'indices, à vrai dire.

Pourtant ce qui me chagrine le plus, dans cette histoire, c'est moins de ne pas avoir de réponses, que de constater à mon corps défendant que la majorité de mes concitoyens ont renoncé depuis longtemps à se poser les vraies questions. Et pas seulement sur ces affaires, loin s'en faut. Ils préfèrent simplifier jusqu'à la caricature, pérorer des lieux communs, plutôt que tenter l'approfondissement, le discernement, la dialectique, la critique constructive, et ainsi de suite.

Or en démocratie, les citoyens ne doivent jamais cesser de s'interroger et de questionner le pouvoir, sur ses mensonges, ses tromperies, ses manipulations, ses corruptions, voire ses crimes, etc.

En démocratie, les citoyens ne doivent jamais cesser d'interroger les médias et leur demander des comptes pour avoir vendu leur indépendance - leur âme - au plus offrant.

Y renoncer, c'est renoncer à la démocratie.

Avec toutes les conséquences qu'on a sous les yeux aujourd'hui...


vendredi 17 février 2012

Opération "Vulcanica", saisie de 6000 milliards de dollars

26e billet !

* * *

Dans la série "279 milliards de dollars", voici du nouveau, et du lourd : il y a quelque temps (mais l'info n'a filtré qu'aujourd'hui), en collaboration avec les autorités helvétiques, et sur ordre du Parquet de Potenza, les carabiniers du ROS ont saisi en Suisse 6000 milliards de dollars en bons du Trésor de 1934 contenus dans trois caisses, qui auraient été transportées à Zurich depuis Hong Kong en janvier 2007, et détenues depuis par une société fiduciaire suisse.

Plus précisément, 5973 bons d'une valeur faciale de 1 milliard $ chacun, provenant de la Federal Reserve Bank de Chicago, Illinois.


Selon les enquêteurs, ces bons auraient été à la disposition du clan mafieux Quarantino-Martorano. Huit personnes ont été arrêtées dans le cadre de l'opération, dont une première saisie réalisée en 2010, de deux chèques tirés sur la banque HSBC de Londres, d'une valeur de 200000 livres sterling, avait conduit les enquêteurs au domicile de deux suspects où ils découvrirent les 4 premiers bons. Tout cette affaire ayant débouché sur l'actuelle saisie de ces 3 coffres.



Comme dans l'histoire de Chiasso, les autorités fédérales et bancaires américaines se sont empressées de déclarer que tout cela était faux et archi-faux... Sauf à tenter de les récupérer contre espèces sonnantes et trébuchantes pour éviter qu'il n'y en ait trop en circulation ! Ce n'est pas moi qui le dis, mais les autorités judiciaires italiennes, selon cet article de Repubblica :
Il ressort de la documentation acquise par les juges, que l'une des personnes arrêtées, Francesco Travaini, 61 ans, jugé comme un personnage majeur dans le cadre de l'enquête, avait déjà entamé des négociations « avec certaines autorités américaines qui n'ont pas été identifiées » (c'est écrit dans les actes) pour la vente des faux titres. Puisqu'il semble que les États-Unis, probablement en ayant été informés de l'existence de ces bons avant qu'ils ne soient saisis, se seraient montrés intéressés pour les récupérer afin qu'ils ne soient pas mis en circulation. Un avocat aurait servi d'intermédiaire dans cette opération, qui n'a pas été finalisée.

Dalla documentazione acquisita dai magistrati, è emerso che uno degli arrestati, Francesco Travaini, di 61 anni, ritenuto personaggio di rilievo dell'inchiesta, aveva avviato trattative "con alcune non ben individuate autorità americane" - è scritto negli atti - per la vendita dei titoli fasulli. Gli States, infatti, avendo forse saputo ancor prima del sequestro dell'esistenza dei bond taroccati, avrebbero mostrato interesse a venirne in possesso per evitare che fossero messi in circolazione. Intermediario dell'operazione, non andata in porto, sarebbe stato un avvocato di Milano.
Nous revoici donc à la case départ ! Car tous ces bons contrefaits, comme d'hab, ne sont pas seuls mais contenus dans des coffres, des sous-coffres, des armoires, etc. etc.

Et tous ces faussaires à l'imagination débordante ont vraiment fait fort, comme les coffres du même nom. Je suis en train de vous concocter une petite série de photos de ma collection, vous m'en direz des nouvelles...



Coffre qui serait "soigneusement contrefait, pour ressembler le plus possible à ceux de la Federal Reserve" ... (Le casse erano accuratamente contraffatte per assomigliare il più possibile a quelle della Federal Reserve). À comparer avec ces autres "mother boxes" (via ZeroHedge) :


ou :


dont l'histoire serait la suivante : Box History (lire également ce forum)




P.S. Commençons par la saisie relatée aujourd'hui, où l'on retrouve la fameuse série du Traité de Versailles :




Rappelez-vous, encore des valises, et des boîtes, et des coffres :


(et il y en a des valises...)


Ou d'une boîte dans un coffret ?


qui contient sous le Sceau des États-Unis


6 boîtes avec sur chaque tranche les n° de série et la composition de la boîte (généralement 250 bons, d'une valeur nominale soit de 1 milliard $ soit de 500 millions $ chacun)


avec au recto de chaque boîte l'inscription : Federal Reserve Bonds - Series of 1934 - Treaty of Versailles


Mais encore (source) :








Ce dernier me faisant penser au coffre chinois (numéros de série effacés par mes soins) :


Impressionnants, ces faussaires, non ?

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Autres photos de la saisie d'aujourd'hui :








mercredi 15 février 2012

Le Vatican, un paradis ... fiscal !?

Dans mon dernier billet, je me suis mis en colère de voir qu'à ma connaissance, pas un(e) seule(e) journaliste ne traitait sérieusement la question du Vatican, la presse se contentant de coller-copier le même refrain à l'eau de rose sans informer son lectorat.

Par conséquent, hier j'ai été heureux de lire cet article de Flora Zanichelli sur Rue89, intitulé « Au Vatican, on ne lave plus son linge sale en famille », dans lequel elle fait un peu le tour de la question et s'attaque au coeur du problème, l'argent, en citant un extrait d'article publié le 9 février dernier sur l'hebdomadaire L'Espresso :
Au mois de novembre dernier, sept inspecteurs de Moneyval, l'organisme international de contrôle des mesures antirecyclage, sont venus au Vatican. L'examen a imposé des modifications encore plus restrictives aux lois vaticanes […]. Parmi lesquelles la faculté pour l'Aif [Autorité d'information financière créée il y a un an pour permettre l'entrée du Vatican dans la “ white list ” des Etats, avec les plus hauts standards d'exactitude et de transparence dans les opérations financières, ndlr] d'inspecter chaque opération de n'importe quel institut lié au Saint-Siège, IOR et Gouvernorat compris [...].
C'est moi qui graisse. Un passage à mettre en relation avec ce que je vous disais dans mon premier billet :
« Ça fait plus de 30 ans que la banque du Vatican lave plus blanc que blanc l'argent sale de la mafia et de la corruption politique, c'est historiquement et judiciairement prouvé avec une littérature à n'en plus finir, d'abord sous la gestion Marcinkus, puis De Bonis, et jamais elle n'a collaboré avec les autorités italiennes, au point qu'Antonio Di Pietro, juge symbole de l'opération mains propres, avait laissé échappé toute son amertume à la lecture du livre de Nuzzi, en déclarant que toute l'opération s'était arrêtée lorsqu'il avait commencé à frapper aux portes du Vatican :
Si j'avais eu ces documents dans les années 1990, aujourd'hui nous aurions une autre République...

Se avessi avuto questi carteggi negli anni '90 oggi ci sarebbe un'altra Repubblica.
Aujourd'hui, c'est un autre juge, Luca Tescaroli, qui renchérit :
Le IOR a une grande responsabilité vis-à-vis de certains événements, et notamment dans le meurtre de Roberto Calvi...

Lo Ior ha un grande debito nei confronti di determinati eventi e fra questi anche l’omicidio del banchiere Roberto Calvi.
Calvi qu'il fallait d'urgence réduire au silence... »
Car tout le problème est là : l'argent !

Déjà il apparaissait clairement que le Vatican n'avait aucune intention de collaborer avec une quelconque autorité judiciaire "étrangère" pour tous les événements qui se sont produits avant avril 2011. Du reste des enquêtes sont actuellement en cours, toujours pour des questions de blanchiment dans lesquelles le IOR et nombre d'ecclésiastiques sont impliqués ! Donc le projet de loi "de réforme" actuellement en dicussion vise vraisemblablement à se protéger pour l'après avril 2011, et faire ainsi en sorte que le Saint-Siège puisse rester longtemps encore cette formidable machine à laver plus blanc que blanc (je vous le disais, les atomes crochus avec Silvio...), lavomatique si pratique pour toutes les mafias et les corrompus/corrupteurs de toute la planète, mais surtout d'Italie...

Ce que démontre parfaitement l'avis du professeur Giuseppe Dalla Torre, président du Tribunal de la Cité du Vatican, qui sera mis en ligne aujourd'hui, sur le site du quotidien Il Fatto quodiano, le journal qui a sorti l'affaire et n'est décidément pas avare de scoops en ce moment, puisqu'il nous informe aussi d'une lettre signée par le Cardinal Attilio Nicora, président de l’AIF, l’Autorité d'information financière créée par le Vatican pour lutter contre le blanchiment et tranquilliser la communauté internationale, qui lance l'alarme, une de plus ! Je vous en traduis les extraits publiés par le journal (voir l'orginal italien en P.S.) :
Observons que la nouvelle version du projet de loi réforme en totalité la structure institutionnelle du système de lutte contre le blanchiment au Vatican, en redéfinissant les rôles et des compétences de l'AIF et en modifiant ce qui avait été présenté aux inspecteurs de Moneyval en novembre dernier. Remarquons en outre que le texte de la loi actuellement en vigueur avait été convenu avec la Commission européenne au moment où il a été adopté et, en dernier lieu, qu'il a fait l'objet d'une vérification positive par la Commission mixte UE - État du Vatican, prévue par la Convention monétaire signée le 17 décembre 2009 entre l'État du Vatican et l'Union européenne. 
Donc, dans cette affaire, les aspects inhérents à l'opportunité de modifier la loi, vis-à-vis de la communauté internationale, et aux risques encourus par le Saint-Siège en termes de réputation si nous adoptons des initiatives susceptibles de s'avérer incompatibles avec l'approche précédente, déjà vérifiée dans son ensemble, ne doivent surtout pas être négligés. (...) 
Car l'intervention générale sur la loi qui se dessine à présent pourrait bien être considérée, vue de l'extérieur, et quand bien même à tort, comme un « pas en arrière » par rapport au chemin entrepris jusqu'à présent. (...) 
Par ailleurs, pour ce qui concerne de plus près l'AIF, une première lecture rapide du projet de loi met en évidence ce qui suit, tout d'abord en faisant justement ressortir le rôle prépondérant du Secrétariat d'État en tant que responsable des politiques du Saint-Siège en matière de lutte contre le blanchiment d'argent, Secrétariat avec qui l'Autorité d'information financière doit entretenir des relations s'inspirant à une transparence et une collaboration absolues, compte tenu de son rôle de coordination nécessaire.

Le Secrétariat d'État, dirigé par le cardinal Tarcisio Bertone, numéro 2 du Vatican.

À suivre...
P.S. Original :
Va dunque osservato che la nuova versione della legge riforma in toto l'assetto istituzionale del sistema antiriciclaggio vaticano, ridefinendo compiti e ruoli delle Autorità e modificando l'impostazione illustrata in sede di verifica Moneyval. Si consideri, inoltre, che il testo della legge ora vigente era stato concordato con la Commissione europea all'atto della sua emanazione e, da ultimo, è stato oggetto di positiva verifica nell'ambito della Commissione mista Ue - Stato della Città del Vaticano, prevista dalla Convenzione monetaria tra lo Stato della Città del Vaticano e l'Unione europea del 17 dicembre 2009. 
Non va trascurato, in tutta questa materia, l'aspetto attinente ai profili di opportunità verso l'esterno e al rischio reputazionale a cui può andare incontro la Santa Sede adottando iniziative che potrebbero rivelarsi non coerenti con l'impostazione già apprezzata nel suo complesso.(...) 
L'intervento generale sulla legge che sarebbe ora operato potrebbe essere visto all'esterno, anche se erroneamente, come un ‘passo indietro’ rispetto al cammino sin qui percorso.(...) 
Per quanto poi riguarda specificatamente l'AIF, da una prima veloce lettura del contenuto della bozza balza evidente quanto segue: - da un lato, giustamente viene evidenziato il ruolo preminente della Segreteria di Stato quale titolare della politica antiriciclaggio della Santa Sede, con la quale questa Autorità deve rapportarsi con assoluta trasparenza e collaborazione, consideratone il necessario ruolo di coordinamento.

samedi 11 février 2012

Le journalisme sérieux existe-t-il encore ?

Ce billet est en quelque sorte une mise à jour du précédent sur l'attentat au pape "prophétisé" par un cardinal.

Tout spécialement écrit à l'intention de celles et ceux qui se prétendent journalistes et qui ne sont pas plus journalistes que je suis banquier moi-même.

Car voici maintenant ± 24 heures que le scoop a été publié, et j'avoue que les échos dans la presse donnent de sérieux indices sur la déliquescence du journalisme actuel !

Il n'est que de voir les résultats dans Google, une cinquantaine de journaux de langue française en ont parlé, mais à part quelques tièdes exceptions, seul le titre change. Sinon c'est partout la même soupe : pratiquement un copier-coller où sont mis en opposition de façon subreptice, d'un côté le "journal de gauche" qui a sorti l'info, de l'autre le Vatican qui qualifie ladite info de "délirante et ne correspondant à aucune réalité" !


Romeo lui-même a timidement tenté de démentir la teneur de ses propos (mais on ne voit pas comment il pourrait confirmer avoir prédit la mort du pape avec un an d'avance, sauf à devoir s'en expliquer devant l'opinion et, probablement, devant les juges), tout en reconnaissant dans un communiqué officiel qu'il a bien effectué un voyage privé en Chine à cette époque, d'une durée de cinq jours, et plus précisément à Pékin. Voyage qui serait probablement resté secret sans cet éclairage inattendu...

Donc avec un tel postulat de départ, il est clair que le soit-disant scoop c'est du n'importe quoi, encore un coup de complotistes-conspirationnistes à la con ! Entre de minables gauchistes et Sa Sainteté, y a pas photo messieurs-dames. Emballez, c'est pesé, à la prochaine...

Attitude commode, surtout, qui évite de devoir approfondir le sujet pour ne pas effrayer le lecteur si facilement influençable - ce à quoi ledit lecteur serait au contraire en droit de s'attendre si un zeste de déontologie journalistique animait encore ces scribouillards pisse-papier !

Car le porte-parole du Vatican a beau se gargariser avec son expression "délirante et ne correspondant à aucune réalité", il a quand même dû revenir sur ses pas dans la journée en précisant que le document était bien authentique !

Non sans ajouter dans la foulée que même si la note était vraie elle n'était pas sérieuse, et que donc elle n'avait pas été prise au sérieux : nous n'en sommes plus à une pirouette près...

Ces gens-là sont aussi menteurs que Berlusconi (ça doit d'ailleurs être pour ça que la soutane et lui ont tant d'atomes crochus).

Car si une telle note, "strictement confidentielle", est délirante et pas sérieuse, alors pourquoi la faire remettre en mains propres au pape par un cardinal ? Et le journaliste auteur du scoop, Marco Lillo (qui a reçu pas plus tard que la semaine dernière l'un des prix journalistiques plus prestigieux d'Italie...), s'interroge dans l'édition d'aujourd'hui :
Surtout pourquoi accompagner la note des annotations manuscrites suivantes :
  1. Avec qui Romeo a-t-il parlé ? (Con chi ha parlato?)
  2. Qu'a-t-il réussi à obtenir ? (Cosa è riuscito a ottenere?)
  3. Quelles informations a-t-il communiqué sur le Vatican et le gouvernement chinois ? (Che cosa ha informato con riguardo al Vaticano o al governo cinese?)
  4. Quels sont les intérêts des chinois en Sicile ? (Che interessi hanno i cinesi in Sicilia?)
  5. Où logeait-il en Chine ? (Dove ha loggiato in Cina?)
Oui pourquoi ? N'était-ce pas une note "délirante et ne correspondant à aucune réalité" ?

Et Lillo de conclure qu'il sait de source sûre que non seulement la note en question n'a pas été mise à la corbeille, mais que le mois dernier elle a été discutée en audience privée entre le pape et le cardinal Dario Castrillón Hoyos, destinataire - sinon auteur - de cette lettre "strictement confidentielle".

Donc pourquoi le lectorat francophone ne peut-il trouver ne serait-ce qu'un putain de journaliste sérieux qui s'empare de l'enquête pour essayer d'y voir plus clair ?

C'est bien gentil les faux aspirants Albert Londres de continuer à déléguer aux blogueurs la tâche d'informer sérieusement le public, comme toujours, mais pourquoi ne pas essayer de temps en temps de faire correctement votre boulot ?

Je suis persuadé que la démocratie y gagnerait, même s'il est probable que la chose ne vous touche guère. Vous me gonflez, tiens !


vendredi 10 février 2012

Le pape doit mourir !

D'ici la fin de l'année...


On le doit tous, vous me direz. Tôt ou tard. Mais le scoop publié aujourd'hui par le journal Il Fatto Quotidiano (un peu l'équivalent italien de ce que serait un Mediapart version papier, pour vous situer) est de ceux qui secouent l'actualité : un complot pour assassiner Benoît XVI serait révélé dans une note datée du 31 décembre 2011, signée par le cardinal Castrillón qui relate des confidences de l’archevêque de Palerme, Paolo Romeo, recueillies à son insu en marge de la visite effectuée par le pape en Chine, en novembre l'année dernière, et annonce même le nom du successeur : le cardinal Scola !


Cela remet immédiatement en mémoire la thèse de l'assassinat d'un pape précédent, Jean-Paul Ier, voire la tentative de meurtre sur Jean-Paul II par Mehmet Ali Ağca en mai 1981, et à celles et ceux qui taxeraient ça un peu trop superficiellement de "complotisme" sans bien comprendre le terme utilisé, je conseillerais de venir vivre une trentaine d'années en Italie, après quoi leur regard sur l'église ne sera jamais plus le même qu'auparavant...

D'ailleurs ça bouge en ce moment du côté de place Saint-Pierre, dans le droit fil de Vatican SA, si l'on en croit les récentes enquêtes de l'auteur du livre, Gianluigi Nuzzi, qui vient de consacrer deux émissions de sa série, “Les Intouchables” aux opérations peu catholiques du IOR, la banque du Vatican, après que l'actuel nonce apostolique aux États-Unis, ex-numéro 2 du Gouvernorat de la Cité du Vatican, Monseigneur Carlo Maria Viganò, ait adressé une lettre au pape en personne, dans laquelle il dénonçait des malversations et de la corruption dans la gestion du patrimoine du Saint-Siège, suite à quoi il fut immédiatement nommé à Washington fin 2011.

Or on ne peut qu'observer la coïncidence temporelle entre la note "strictement confidentielle" et la promotion-punition de Monseigneur Carlo Maria Viganò : dernier trimestre 2011.

Quant aux dénégations véhémentes du Saint-Siège, elles sont à peu près aussi convaincantes que celles d'un prêtre pédophile jurant ses grands dieux qu'il n'aime les gosses que pour leurs beaux yeux...

Ça fait plus de 30 ans que la banque du Vatican lave plus blanc que blanc l'argent sale de la mafia et de la corruption politique, c'est historiquement et judiciairement prouvé avec une littérature à n'en plus finir, d'abord sous la gestion Marcinkus, puis De Bonis, et jamais elle n'a collaboré avec les autorités italiennes, au point qu'Antonio Di Pietro, juge symbole de l'opération mains propres, avait laissé échappé toute son amertume à la lecture du livre de Nuzzi, en déclarant que toute l'opération s'était arrêtée lorsqu'il avait commencé à frapper aux portes du Vatican :
Si j'avais eu ces documents dans les années 1990, aujourd'hui nous aurions une autre République...

Se avessi avuto questi carteggi negli anni '90 oggi ci sarebbe un'altra Repubblica.
Aujourd'hui, c'est un autre juge, Luca Tescaroli, qui renchérit :
Le IOR a une grande responsabilité vis-à-vis de certains événements, et notamment dans le meurtre de Roberto Calvi...

Lo Ior ha un grande debito nei confronti di determinati eventi e fra questi anche l’omicidio del banchiere Roberto Calvi.
Calvi qu'il fallait d'urgence réduire au silence...

Avec au centre de ces nouvelles affaires, en point de mire, l'actuel Secrétaire d'État, le cardinal Tarcisio Bertone, dont la relation avec le pape est jugée "conflictuelle" : sous le sceau de la confidentialité, le cardinal Romeo aurait avoué que Benoît XVI "hait littéralement" l'ami Tarcisio et qu'il le virerait volontiers...

Ambiance à Saint-Pierre !

Crédit photo : mon fils :-)

P.S. Je pense que j'aurai l'occasion de revenir sur cette histoire...

samedi 31 décembre 2011

2012

À la veille d'entrer dans l'année 2012, qui marquera ma trentième année de permanence en Italie, j'avoue que je suis las, extrêmement las, de ce pays. Un malaise qui a commencé à se faire vraiment sentir en 2008, lorsque j'ai dû prendre douloureusement acte que les italiens avaient ENCORE voté pour un quatrième gouvernement Berlusconi, un vote totalement débile exprimé par une majorité totalement débile. Débile au sens où un pays qui se veut démocrate NE PEUT PAS voter pour quelqu'un qui personnifie la fin de la démocratie, qui est la négation de la démocratie, chose que j'ai commencé à dénoncer cette même année, en italien, et sur le Web italien.

Et je n'ai pas cessé depuis, avec près de 200 billets signés Straniero, en même temps que j'en commettais plus d'une centaine en français pour tenter d'expliquer l'Italie à un lectorat francophone.

Personnellement, je considère d'une gravité unique la facilité avec laquelle l'opinion publique italienne se laisse mener en bâteau depuis près de 20 ans par ce charlatan, qui n'est que mensonge, manipulation, propagande, trahison, corruption, etc. etc. Et qui n'a pas encore dit son dernier mot, si les italiens continuent à le laisser faire. Je ne sais pas si j'aurai l'occasion de vous en reparler, franchement j'en ai ma claque de causer de cet énergumène et de ce pays qui me déçoit chaque jour davantage.

Je me trouve donc face à un cruel dilemme, cornélien, car si j'ai quitté la France en 1982 parce que je ne voulais plus y vivre, déçu que j'étais de mon pays comme je le suis aujourd'hui par l'Italie, trois décennies plus tard je finis par me retrouver dans la même situation, mais avec quelques différences majeures !

D'abord j'ai trente ans de plus dans les baskets : j'en aurai 55 dans trois mois et quoi qu'on en dise, l'âge se fait quand même sentir. En 1982 j'étais tout seul, orphelin et sans racines, en 2012 j'ai une famille heureuse avec une femme profondément attachée à sa terre, et un gosse merveilleux de 10 ans plus italien que français, au point que même s'il est aussi français par le droit du sang, il ne sait pas encore s'exprimer correctement dans la langue de son père.

Donc en tout état de cause le choix de revenir en France n'incombe plus à moi seul, d'autant plus que je ne suis pas encore totalement convaincu que ce choix serait fondé ! Car on ne peut pas dire que la politique franco-française m'enthousiasme, loin de là, et les nombreux parallèles négatifs que je constate avec l'Italie me dérangent autant d'un côté des Alpes que de l'autre...

Et puis pour tout dire, au-delà de la France et de l'Italie, c'est l'idée même de démocratie qui est remise en question par les événements actuels, un point de vue que j'ai cherché à développer dans de précédentes réflexions sur la démocratie et sur le dépassement de la dichotomie droite-gauche, plus que jamais à l'ordre du jour.

Car selon moi nos démocraties manquent profondément de réflexion(s) sur ce qu'elles sont, ou ne sont pas, sur pourquoi elles sont nées, quand, comment, sous quels cieux, avec quelles réussites, quelles impasses, quelles erreurs, quelles lacunes, sur ce qu'elles pourraient - devraient - être, etc. etc., tout comme elles manquent de dialectique et de critique, dont l'étendard n'est plus guère porté par personne : ni la presse, ni les médias mainstream, ni les intellectuels, ni la culture, l'art, etc.

Au-delà d'un conformisme mondialisé et marchandisé, réifié, ne vois-tu rien venir, sœur Âne ?

À lire la presse italienne depuis des semaines, les maîtres mots sont "spread", "rating", du sang et des larmes (à propos des plans d'austérité à répétition qui ne sont pas sans rappeler un antique diction mafieux...), et autres joyeusetés du même acabit...

Un vide qui n'est comblé que très partiellement sur Internet, où là encore chaque info est chassée par la successive dans un flux constant, où le seul but de toute communication semble être celui d'atteindre la vitesse de la lumière :
Pourtant, à l'aune de l'évolution humaine et des temps biologiques et physiologiques, les progrès technologiques font que la communication


« s’accélère follement et passe d’une ancestrale lenteur de l’histoire humaine, habituée hier encore à compter en millions d’années, à la célérité de la lumière qui distingue aujourd’hui et caractérisera toujours plus demain l’Ère Internet, cyber-galaxie tridimensionnelle ayant l’espace pour largeur, le temps pour longueur et l’information pour hauteur (sans aller jusqu’à parler de profondeur…) », comme je l'ai écrit dans Welcome in the World Century, en reprenant des citations de Paul Virilio :
« Bienvenue dans le siècle-monde », où le temps et l’espace finissent par se rejoindre à la surface de l’écran, l’interface, donnés « à voir dans l’immédiateté d’une transmission instantanée », dans « cet emplacement sans emplacement » où « l’épuisement du relief naturel et des distances de temps télescope toute localisation, toute position », où « Comme les événements retransmis en direct, les lieux deviennent interchangeables à volonté », où « L’INFORMATION est le seul ‘relief’ de la réalité, son unique ‘volume’. (…) Désormais, tout arrive sans qu’il soit nécessaire de partir, mais ce qui ‘arrive’, ce n’est déjà plus l’étape ou le but du voyage, mais seulement l’information, l’information-monde, que dis-je, l’information-univers ! »…
Et que dire du contre-pouvoir informationnel ? Un point que j'avais soulevé en 2008, funeste année, décidément, or si le blogueur tentait alors de relayer la presse, on ne peut pas dire aujourd'hui que la presse rende la monnaie en relayant le blogueur :

QUESTION PRÉALABLE : MAIS QUE FAIT LA PRESSE ?

Ou est-il normal, après qu'un procès de plus de 1 000 milliards de dollars ait été formellement intenté le 23 novembre dernier contre, notamment, un gouvernement, un ex-chef de gouvernement, un corps d'armée, l'ONU, le secrétaire général de l'ONU, deux ambassadeurs, la fondation du forum économique mondial, etc., PERSONNE N'EN PARLE dans les médias mainstream ?
Un silence véritablement assourdissant, qui me convainc toujours davantage de l'authenticité de cette affaire ! Sinon pourquoi un blackout total et mondial de l'info ?

Si quelqu'un a une explication sensée à proposer, je suis tout ouïe, mais 2012 devrait pourtant nous fournir quelques éléments de réponse sur ce point...

J'arrête ici, non sans souhaiter une bonne et heureuse année 2012 à toutes et à tous. Personnellement, vous l'aurez compris, je ne suis pas franchement optimiste, même si je ne demande qu'à changer d'avis !

lundi 5 décembre 2011

279 milliards de dollars - LE PROCÈS - III

[MàJ - 17 février 2012] 6000 milliards de dollars...

QUESTION PRÉALABLE : MAIS QUE FAIT LA PRESSE ?

Ou est-il normal, après qu'un procès de plus de 1 000 milliards de dollars ait été formellement intenté le 23 novembre dernier contre, notamment, un gouvernement, un ex-chef de gouvernement, un corps d'armée, l'ONU, le secrétaire général de l'ONU, deux ambassadeurs, la fondation du forum économique mondial, etc., PERSONNE N'EN PARLE dans les médias mainstream ?

Suite du précédent billet (où j'explique pourquoi le passage de 134 à 279 milliards $) : maintenant que toute hypothèse de hoax peut être définitivement écartée, que les défendeurs ont été notifiés, nous allons pouvoir rentrer dans les détails, mais avant de commencer à examiner de plus près ce que dit l'acte d'assignation, voyons qui sont, selon moi, les principaux acteurs de cette histoire :

1. La Dragon Family
2. Akihiko Yamaguchi
3. Neil F. Keenan
4. Daniele Dal Bosco et les défendeurs


* * *
3. Neil F. Keenan

Le 23 octobre 2011, Neil Keenan m'a contacté via mail, en commençant ainsi son message :
Mr. Le Ray what you have written about the Chiasso case and bonds is almost entirely correct but it needs some tightening up before complete. You see I am filing in Manhattan a huge action against many for stealing notes similar and we know they are real seeing we have tied the gold into the Green Hilton Agreement (Kennedy Bonds) and much more...
(c'est moi qui graisse...)

Jusque là, j'avais dû lire son nom à quelques reprises durant mes recherches, mais à vrai dire je ne l'avais jamais associé à l'un des principaux acteurs de cette histoire.

Autant vous dire qu'après une telle entrée en matière, il a attiré mon attention. Pourtant, face à mon énorme suprise pour cette prise de contact, je n'ai pas répondu immédiatement ! J'avais besoin de me donner le temps de la réflexion.

Il m'a donc relancé le lendemain, et je vous cite uniquement le passage qui m'a décidé à lui répondre :
I know the Chiasso incident very well seeing I was almost there at Alessandro's home in Carimate. He is a fantastic person and as honorable as can be.
Et qui donc pouvait parler ainsi d'Alessandro Santi (sur lequel pratiquement personne n'avait d'infos en Italie, si ce n'est Berlusconi...), sinon quelqu'un qui connaissait l'histoire suffisamment de près !?

Ma réponse, deux jours après son premier contact :
Mister Keenan,

I've read your mail yesterday but I needed to think thoroughly about it before to give you an answer.
I don't know you, I don't know absolutely nothing about you and the matter is so sensitive...
Anyway I'm just a blogger and everything I wrote I found it on the Web. To me this story is a very mysterious story, and the only thing I'm sure is that everything we have been told in the media about this case is wrong!
If you want to tell me more because you know more, ok, but personally I haven't got any other information different from what I wrote.
Et nous n'avons guère échangé plus de messages pendant un mois, jusqu'au 23 novembre où il m'a envoyé le fichier de l'assignation !

* * *
Voici ce que dit l'assignation, en résumé (§ 10 - 11 - 12) :
Keenan a été mis en contact avec Yamaguchi et la Dragon Family en août 2008, lors de l'une des opérations visant à placer des obligations japonaises et des bons Kennedy dans un PPP (Private Placement Program), dans laquelle il a servi d'intermédiaire auprès d'une banque chypriote, grâce à ses relations, notamment politiques, à la grande satisfaction de Yamaguchi. Celui-ci a donc insisté pour que Keenan aussi représente la Dragon Family dans diverses transactions impliquant finance privée, banques et sphères gouvernementales.

Suite à la saisie de Chiasso et aux louches manœuvres qui ont conduit Keenan à intenter cette action en justice, le 28 octobre 2010, Yamaguchi a désigné ce dernier comme fondé de pouvoir spécial, avec l'approbation du général Haan (qui serait le chef de la Dragon family), pour l'autoriser à agir en son nom et en celui de la Dragon Family, soit pour les placer dans un programme humanitaire, soit pour récupérer les fonds qui lui ont été volés (par Daniele Dal Bosco et les autres défendeurs...), également en vue de faire reconnaître que la Dragon Family est bien le possesseur légal de ces fonds.

La procuration spéciale d'octobre 2010 remplaçait et étendait tous les précédents pouvoirs qu'avait Keenan en tant que mandataire (en vertu desquels il était chargé de coordonner les investissements en projets humanitaires aux États-Unis, en Asie et en Europe, avec les fonds en garantie), et précisait explicitement que Keenan, "et seulement" lui, avait autorité pour décider quel type d'action entreprendre, comment financer ces actions et quantifier les préjudices en découlant. Lui seul pouvait donc coordonner tous les aspects inhérents au litige, et déterminer quoi faire à l'issue de ces actions entreprises pour le compte de la Dragon Family (seul détenteur légal des titres), puisque c'était à lui que les actions avaient été volées, et c'était à lui de voir comment les récupérer en assumant tous les risques connexes.
Sur les titres eux-mêmes, Keenan nous dit à propos des bons de la Fed (§ 2) qu'il n'a pas personnellement connaissance des circonstances dans lesquelles ces bons ont été émis, et qu'il tient ce qu'il en sait des déclarations que lui a faites M. Yamaguchi. Donc, selon ses informations et ses convictions :
(b) entre 1927 et 1938, en conséquence des accords passés entre la Chine et les États-Unis, ces derniers ont acheté quelque 50 millions d'onces d'argent et pris en location d'énormes quantités d'or auprès du Parti nationaliste chinois, autrement connu sous le nom de Kuomintang. À cette époque, une partie de la Chine était occupée par les troupes japonaises, la peur étant que le Japon aurait pu envahir tout le pays.
Une déclaration qui me ramène à deux précédents extraits de mes billets :

1. Sur l'opération Lys d'or :
Dix-huit années d'enquête minutieuse pour reconstituer plus d'un siècle de l'histoire du Japon ont conduit les auteurs à découvrir comment le fameux miracle économique nippon a été, en grande partie, financé par le pillage systématique de l'Asie pendant la Seconde Guerre mondiale. Une mise en coupe réglée des pays conquis (Formose, Mandchourie, Corée, Chine, Philippines, Vietnam) dont "la dimension, soulignent les auteurs, éclipse celle des nazis, en termes de chiffres, même si l'existence des pillages est toujours officiellement niée". Cette razzia, organisée par l'armée impériale, est placée sous l'autorité occulte du prince Chichibu, le frère de l'empereur Hirohito. Baptisée du nom de "Lys d'or", l'opération aurait rapporté au japon 100 milliards de dollars en or, pierres précieuses, objets d'art et de culte. Quand les armées japonaises envahissent la Chine en 1937 et étendent leur emprise vers le Sud, "Lys d'or" fonctionne comme une campagne financière parallèle. Le butin est acheminé en camions vers la Mandchourie et la Corée, puis expédié par bateau au japon. Des documents prouvent également qu'une partie du trésor de guerre, caché aux Philippines, aurait été récupérée dans les années 1945-1948 par des agents de la CIA. L'argent déposé sur 176 comptes bancaires de 42 pays aurait servi à financer des réseaux anticommunistes de la centrale de renseignements américaine...
Source : Opération Lys d'or, par Sterling et Peggy Seagrave (Éditions Michalon, 2002).

2. Sur l’origine et l’histoire de ces bons, écoutons Monsieur Yang :
Une descendante d’un haut dignitaire chinois de l’époque m’a confié que les américains avaient amené en Chine une dizaine de machines pour l’impression des bons, et que les machines ont tourné de 1928 à 1936. Selon elle, Song Meiling, la veuve de Tchang Kaï-chek s'est même fait rembourser ce type de bons, qui appartiennent à des descendants du Kuomintang et de la famille impériale chinoise.
Ce à quoi j'ajoutais :
N'y aurait-il pas là une quelconque connexion entre la "famille impériale chinoise" et la fort mystérieuse Dragon Family...

Quant aux machines qui ont tourné de 1928 à 1936 en imprimant les fameuses Séries de 1934, il est à noter que ces bons avaient une maturité de 30 ans et qu'ils arrivaient donc à échéance à partir de 1964. Or comme nous l'avons vu plus haut, le Trésor US a officiellement émis ce genre de bons de février 1955 à octobre 1969, d'où une compatibilité parfaite entre les dates !
Donc, selon Keenan, la période à laquelle remonte l'origine de ces bons se situe entre 1927 et 1938, et entre 1928 et 1936 pour Monsieur Yang...

Deux sources totalement indépendantes, qui ne se connaissent pas, mais se confirment réciproquement !

Un autre point sur lequel je voudrais revenir est celui des quelque 50 millions d'onces d'argent et des énormes quantités d'or, en mentionnant ce billet de Menthalo, qui précise :
Il y a un point que tu oublies de soulever, c’est que les Treasury notes de Kennedy étaient garanties par des pièces ou lingots d’argent-métal.

“President Kennedy’s Executive Order 11110 gave the Treasury Department the explicit authority: “to issue silver certificates against any silver bullion, silver, or standard silver dollars in the Treasury.”

Ces 134 B$ exprimés en onces d’argent représentent aujourd’hui 4 Milliards d’onces, soit près de 6 années de la production minière mondiale. Quand on sait qu’il reste environ 15 années de production de Silver, ces 134 Milliards de $ échangeables contre de l’argent-métal pèsent autrement lourd que le papier-toilettes émis par les imprimantes de la Fed. De quoi mettre les Etats-Unis en faillite et/ou faire s’envoler l’argent à des sommets totalement délirants.

Pourrait-il y avoir un quelconque rapport entre ces 134 Milliards et les 144 Milliards de $ de Dérivés Over The Counter Silver (other precious metals) dans les statistiques de la B.I.S. ?
Car si j'actualise les valeurs données par Menthalo aux 279 milliards $ dont il est question ici, ça nous donnerait plus de 8 milliards d’onces, soit une douzaine d'années de la production minière mondiale (sur environ 15 années de production restantes). Sans même mentionner les quelque 1 000 milliards de $ d'intérêts...

Je poursuis :
(c) En contrepartie des métaux précieux fournis par les chinois, des certificats obligataires ont été émis en vertu d'un accord passé entre la Chine et les États-Unis, qui ont servi comme sous-jacents pour financer le Kuomintang.

(d) Suite à la promulgation de la Loi sur les réserves d'or (Gold Reserve Act) en 1934, tous les lingots et pièces d'or détenus par les particuliers durent être remis à la Réserve fédérale, une organisation privée qui est de fait la Banque Centrale des États-Unis et l'émetteur du dollar des États-Unis.

(e) L'or détenu au niveau national aurait été acheté par la Fed, tandis que l'or "étranger" aux mains du Trésor aurait été pris en location par la Fed, contre l'émission obligataire des bons série 1934. Les bons appartenant à la Dragon Family n'ayant jamais été remboursés, pour payer les intérêts rattachés d'autres bons série 1934 ont été émis pendant la guerre civile chinoise (afin d'aider les opérations du Kuomintang en Chine et plus tard en Birmanie), ainsi que des bons Kennedy série 1968 par la suite.

(f) L'existence de cet or est documentée dans des comptes de l'Union de Banques Suisses, sous la protection du procureur général de la Confédération, et enregistrée via la Banque nationale suisse dans des comptes groupés de garanties internationales (International Collateral Combined Accounts) de la Banque des règlements internationaux (BRI), qui les a bloqués ensuite pour constituer les soi-disants "Institutional Parent Registration Accounts" (IPRA) du Système de la Réserve fédérale américaine (Federal Reserve System, ou Fedsystem).

(g) Selon les procédures à suivre lorsque un porteur de ces obligations souhaite se les faire racheter, il doit d'abord communiquer le numéro des bons à la Fed et accompagner son dossier d'un grand projet ou d'une liste de projets à approuver. Ce n'est qu'une fois ce ou ces projets approuvé(s) que le bon est reconnu et que le "Fedsystem" prend des accords pour les bons dans une banque qui ouvrira une ligne de crédit ad hoc en finançant entre 30% et 80% de la valeur nominale des bons. Le Fedsystem fournit alors l'immunité nécessaire au porteur pour qu'il présente ses titres à la Banque qui a été choisie. Toute tentative de monétiser ces bons en dehors de ces procédures déboucherait sur un refus arbitraire de reconnaître les bons et sur une incarcération du porteur jugé "illégal".

(h) Pour permettre le refus des bons dans de telles circonstances, ceux-ci ont été imprimés dès l'origine de façon à faire apparaître certaines imperfections évidentes, afin de justifier les contestations. Toutefois, lorsque les bonnes procédures sont suivies, les bons peuvent facilement être vérifiés et authentifiés à travers les procédures de contrôle du Fedsystem...
Monsieur Yang ajouterait :
J'ai vu plusieurs types de bons, ils sont véritablement anciens, de très bonne facture, avec des filigranes, et, pour certains, des points secrets qui ne sont visibles qu'avec des lampes ultra-violet.
En revanche, sur les bons Kennedy, Keenan rapporte les mots suivants de Yamaguchi :
We, the Dragon Family, requested some interest to the US Government on 1998 by use of some securities/certificates got expired as same as the 57th Series Japanese Government Bonds. And, we have received the Kennedy Bonds, issued in 1998, as one of the interest payments from the US Government. I recognize as my position that the Kennedy Bonds were issued by the US Government as the interest only for the Dragon Family.
Donc, en clair, cette série de bons aurait bien été émise en 1998 (voir ici), mais uniquement au profit de la Dragon Family en paiement d'intérêts échus ; 1998 qui fut également l'année du sauvetage du yen...

J'arrête là ce billet, mais non sans m'interroger une fois encore sur le silence de la grande presse et de tous les médias mainstream qui font complètement l'impasse sur cette affaire, tellement énorme que soit elle fait peur, soit il est plus rassurant de ne pas la prendre au sérieux.

Jusqu'au jour où une agence de presse publiera une timide dépêche et tous suivront à la traîne, comme des moutons... On en attendrait davantage d'un journalisme digne de ce nom !