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jeudi 29 mai 2008

Tariq Krim et Netvibes, c'est fini !

Tariq Krim et Netvibes, c'est fini !

[MàJ - 30 mai 2008] Mise en parallèle avec le départ de Franck Poisson de Webwag, qui conclut ainsi son billet : « La monétisation des réseaux sociaux est en marche ! »


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Moins de un an après le départ de Pierre Chappaz, Tariq Krim quitte les commandes de Netvibes !

Tous deux sont Tariq reste au Conseil d'administration de la société (Pierre n'y est plus depuis sa démission l'an dernier, comme il me l'a fait observer en commentaire ; par contre, il reste actionnaire).

Il travaillerait déjà sur quelque "nouveau projet" et laisse sa place à Freddy Mini... Voir le communiqué officiel.

Vu qu'il a ouvert son blog il y a quelques jours (via NetEx), je suppose qu'il nous en dira bientôt davantage. Aujourd'hui même, peut-être.

On dirait que le constat de Pierre Chappaz trouve aujourd'hui une confirmation de plus, si besoin en était : « gagner de l'argent sur Internet ce n'est pas évident. »

D'ailleurs, associer ses deux commentaires, au présent billet : « je viens de refuser d'y revenir » (au CdA de Netvibes), et à celui d'Ouriel Ohayon : « Je fais confiance à Freddy pour réussir l’impossible ! », peut donner une idée de la situation dans laquelle serait Netvibes, en dépit des discours rassurants qu'on ne manquera pas d'entendre ici ou là. Lire absolument son billet, qui dresse les forces et faiblesses actuelles de Netvibes :
Forces

Marque mondialement connue
Produit innovant et très utile pour les internautes expérimentés
Standard de développement multiplateformes UWA
Équipe de développement brillante, équipe business tres expérimentée
Bon potentiel de distribution (services personnalisés des médias, etc.)
Encore beaucoup de cash

Faiblesses

Marché du widget immature
Produit encore complexe pour le grand public
Fonctions sociales de Ginger
Revenu encore modeste (mais en croissance)
À la lumière de ces événements, relire l'interview que j'avais préparée avant mon rendez-vous avec Tariq Krim offre vraiment une nouvelle perspective aux événements actuels...

Enfin, il y aurait beaucoup à commenter, mais il est tard. Une page se tourne. Bonne nuit.



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P.S. Croyez-vous que Netvibes survivra au départ de Tariq ? Si vous voulez répondre au sondage, rendez-vous sur Scoopeo.

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jeudi 6 décembre 2007

Loic Le Meur : 10 conseils pour créer votre start-up

Loïc Le Meur : 10 conseils pour créer votre start-up

Interviewé par le Financial Times (voir son blog), voici une deuxième version de l'entreprise selon Loïc Le Meur : 10 conseils pour réussir sa création d'entreprise.

1. N'attendez pas l'idée révolutionnaire. Elle n'arrivera jamais. Concentrez-vous plutôt sur un créneau simple, passionnant, que personne n'occupe, et passez aussi vite que possible à l'exécution.

2. Partagez votre idée. Plus vous partagez, plus vous obtenez des conseils en retour, plus vous apprenez. Rencontrez vos concurrents et discutez avec eux.

3. Construisez une communauté. Utilisez les blogs et les réseaux sociaux, assurez-vous que les internautes entendent parler de vous.

4. Écoutez votre communauté. Répondez aux questions et réalisez votre produit/service en tenant compte des retours.

5. Rassemblez une équipe de choc. Sélectionnez des compétences complémentaires, différentes des vôtres. Faites appel à celles et ceux qui sont meilleurs que vous.

6. Soyez le premier à reconnaître les problèmes. Tout le monde commet des erreurs. Traitez les problèmes en public, informez-vous et apportez les corrections en conséquence.

7. Ne perdez pas votre temps à faire des études de marché. Lancez des versions de test le plus tôt possible. Continuez d'améliorer votre produit/service en bêta publique.

8. Ne soyez pas obsédés par les business plans sur le papier. Car dans tous les cas, rien ne se réalisera jamais comme prévu.

9. Ne planifiez pas de gros budgets marketing. Ce qui est beaucoup plus important, et plus porteur, c'est que votre communauté aime le produit/service.

10. Ne pensez pas d'emblée à devenir riche. Concentrez-vous plutôt sur vos utilisateurs. L'argent est une conséquence de la réussite, ce n'est pas un but en soi.

Via Techcrunch, dont on appréciera l'humour au passage : bien qu'il soit français, son avis vaut la peine d'être écouté (So even though he’s French, his advice, when given, is worth listening to)...

Ah ! bien que tu sois américain, t'es trop bon, Michael ! ;-)


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dimanche 30 septembre 2007

Le circuit communicationnel de la traduction


English version / Version anglaise

Traduction = Communication
Le circuit communicationnel de la traduction
Conclusion : choisir un prestataire de service digne de ce nom

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Traduction = Communication

Je commence ce billet en me citant moi-même dans Communication : les projets d'avenir du Studio92.eu :
Et surtout, grâce à Internet, le moment est venu que la traduction devienne enfin ce qu'elle est depuis la nuit des temps : communication pure...
- Question aux entreprises : confiez-vous votre communication au premier venu ?
- Réponse : non, jamais.

- Question corollaire : confiez-vous vos traductions au premier venu ?
- Réponse : oui, souvent.

- Pourquoi ce hiatus ?
- Parce qu'une large majorité de clients pensent encore - contre toute logique, sinon la logique du portefeuille - qu'il suffit de baragouiner une langue avec plus ou moins de bonheur pour savoir traduire.

C'est ainsi qu'ils n'hésitent pas une seconde à confier leur documentation institutionnelle, voire leur correspondance commerciale, à des soi-disant traducteurs ayant pour seul mérite d'être les moins-disants, avec comme seul critère d'attribution du marché le prix le plus bas possible...

En passant outre les compétences et la qualité, et en ignorant totalement que la traduction est une opération complexe, qui suit son propre circuit communicationnel. [Début]

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Le circuit communicationnel de la traduction

Je vais donc tenter de clarifier les choses en vous proposant une explication de ce qu'est, selon moi, le véritable circuit communicationnel de la traduction, en m'inspirant à ma manière de diverses théories de la communication et en détaillant chacune des étapes. En septembre 2004, j'avais mis au point l'illustration suivante :


En bref, en mixant plusieurs modèles de communication, vous avez :

1. une source d'information (qui)
2. un message à transmettre sous forme de signal (dit quoi)
3. un émetteur qui va coder le signal (comment)
4. un canal de transmission qui va véhiculer le signal (par quel canal)
5. un récepteur qui va décoder le signal pour recomposer le message et restituer l'information qu'il contient (à qui)
6. un feedback, ou rétroaction (avec quel effet en retour)

Or lorsqu'on parle de communication interpersonnelle, on donne généralement pour acquis qu'il y a compréhension entre émetteur et récepteur parce qu'ils parlent la même langue. Un postulat faussé dès le départ lorsqu'ils parlent deux langues et que l'un ne comprend pas celle de l'autre. Soit le lot quotidien d'environ 7 milliards de terriens dans une infinité de lieux et de circonstances !

Donc si l'on met de côté les aspects techniques pour nous concentrer sur le cheminement entre l'émission d'un message en langue A par son auteur et sa réception en langue B par son destinataire - ce qui est une définition de la traduction -, nous obtenons les correspondances suivantes en termes de communication :

1. une source d'information (qui) (auteur)
2. un message à transmettre sous forme de signal (dit quoi) (message en langue A)
3. un émetteur qui va coder le signal (comment) (codage en message source)
4. un canal de transmission qui va véhiculer le signal (par quel canal) (traduction)
5. un récepteur qui va décoder le signal pour recomposer le message et restituer l'information qu'il contient (à qui) (destinataire du message cible décodé en langue B)
6. un feedback, ou rétroaction (avec quel effet en retour) (y a-t-il perte - ou gain - d'information, satisfaction ou insatisfaction sur la qualité du message traduit)

Première observation : d'aucuns pourraient s'étonner que je place la langue entre l'auteur et le message source, ou entre le message cible et le destinataire.

L'explication est simple : pour le créateur, ou pour le traducteur, il n'y a jamais UNE SEULE façon de coder son message, puisque chaque langue autorise de nombreuses variantes de codage, ce qu'on appelle le registre de la langue. Entre "veuillez partir s'il vous plaît" et "casse-toi", le message est le même mais la formulation diffère quelque peu...

Le codage du message source - et cible - change donc en fonction des buts de la communication, des destinataires, des lieux, des circonstances, etc. Les critères sont multiples. Interviennent aussi le bruit (ce que j'appelle le parasitage linguistique, comme par exemple une mauvaise maîtrise de la langue, du style, de la syntaxe, de la grammaire, de l'orthographe, etc.) et les filtres (culturels, religieux, familiaux, sociaux, etc.), susceptibles de modifier ou perturber la clarté de l'information. Ainsi, chaque message est influencé par une infinité de variables, conscientes ou non.

Il n'est pas rare qu'un ingénieur, un avocat, un médecin, etc. - tout expert dans son domaine -, ne sache pas s'exprimer correctement dans sa langue. Un traducteur qui exerce le métier depuis longtemps a sans aucun doute des centaines d'exemples à sa disposition, où il finit par produire un texte d'arrivée nettement plus intelligible que le document de départ.

Quant au processus de TRADUCTION proprement dit, qui se base sur les compétences intrinsèques du traducteur ET sur les aspects techniques que représentent la localisation et/ou la traduction assistée par ordinateur (ça peut aller de la traduction automatique sur les moteurs aux environnements d'aide à la traduction, de la gestion terminologique à l'exploitation des mémoires de traduction, du bitexte ou du corpus multilingue au glossaire en ligne et au moteur spécialisé, etc.), c'est le canal qui va permettre de véhiculer le message d'une langue à l'autre.

Dans une opération de mise en équivalence du message - et non pas des termes, ou des mots (distinguo d'une importance cruciale que j'ai détaillé dans une analyse de la traduction technique professionnelle) -, qui consiste pour les traducteurs à augmenter « l'élasticité de la langue », à former « des ponts entre les peuples », dixit Victor Hugo...

Vous remarquerez enfin sur mon graphique les deux coupures qui peuvent éventuellement interrompre le message, soit en amont si l'intégrité de l'information ne passe pas entre message source et message cible pour cause d'incompréhension, de mauvaise traduction, etc., soit en aval dès lors que le destinataire du message n'est pas capable de juger l'adéquation entre source et cible, ou qu'il s'en fout complètement, ce qui n'est pas rare non plus. :-)

Ceci étant, sur le curseur qui va de la satisfaction à l'insatisfaction, il peut y avoir mille situations selon la compétence / l'incompétence des uns et des autres... [Début]

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Conclusion : choisir un prestataire de service digne de ce nom

Voilà. Donc si votre PME fait partie des entreprises européennes qui « subissent de fortes pertes commerciales, faute de disposer de compétences linguistiques suffisantes », et si par un heureux hasard, vous y êtes prescripteur de traductions et que vous avez eu le courage et la patience de lire jusqu'ici, j'ose espérer que vous confierez votre prochaine traduction ou la localisation de votre site corporate à un prestataire de service digne de ce nom.

Comme Translation 2.0, par exemple (mais c'est juste un exemple :-).

Car sachez qu'en règle générale, la qualité d'une traduction finit toujours par être proportionnelle au prix qu'on la paye - ou qu'on est disposé à la payer. La communication multilingue est un métier, et comme tout métier, ça ne s'improvise pas ! [Début]


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vendredi 6 juillet 2007

Netvibes en manque de communication (de crise)

Netvibes en manque de communication (de crise)

Suite...

Netvibes est en crise, c'est clair, Tariq le visionnaire est peut-être trop en avance sur son temps et Pierre le gestionnaire peut-être trop en retard sur son programme. Je dis peut-être car je n'en sais absolument rien. Mais comme les personnes qui savent se taisent, à l'image d'Emmanuel (qui se contente de pointer vers ce billet tout en soulignant que l'analyse est imprécise...) ou d'Ouriel (qui pour l'instant ne souffle mot de la chose), dur dur dans ces conditions de se faire une opinion sensée. Et même si l'info a été signalée par Loïc Le Meur, membre du directoire de Netvibes, si je ne m'abuse, ce n'est pas pour autant qu'il nous a proposé un semblant de début d'analyse.

La tentative de Thierry Bézier de nous présenter la fin du monde Netvibes a le mérite de fixer les choses et d'expliquer qu'indépendamment des motifs, ça tombe vraiment à un mauvais moment avec l'arrivée de Bubbletop et la percée de Frank Poisson, qui ne dit rien non plus mais « s'empare doucement de l'agrégation RSS sur mobile avec les Widget Mobile Webwag », selon AccessOWeb qui en rajoute une couche dans l'univers Netvibes part en morceaux. Et ce n'est pas Marc Thouvenin qui dira le contraire...

Donc en essayant de mettre de l'ordre dans mes idées pour tenter de dégager au moins une perspective, j'ai dû rapidement revenir en arrière pour voir la chronologie de l'affaire.

Développé par Florent Frémont, lancé mi-septembre 2005, Netvibes aurait commencé sa courbe de croissance exponentielle avec 15 000 adhésions le jour même de son lancement, 600 000 utilisateurs fin 2005, avant de passer à 4 millions en mai 2006, à 5 millions en août, en doublant à 10 millions en mai 2007, probablement près de 12 millions aujourd'hui, ... mais en recul de moitié sur les 20 millions d'utilisateurs prévus pour fin 2006 par Pierre Chappaz lorsqu'il a rejoint la société.

Donc voilà peut-être une première réponse au désenchantement. Malgré les incontestables succès de Netvibes, une croissance moins soutenue que prévu, qui s'ajoute sûrement aux divergences cruciales signalées par Pierre dans son annonce, portant sur :
  1. la stratégie de distribution et de monétisation
  2. les Univers (quelques jours après la la fête pour l'annonce du 500ème...)
  3. le modèle d'affaires
Autant dire sur tout ce qui compte ! Et de plus, il s'agit de désaccords anciens.

Or il me semble que j'ai trouvé un indice de ces désaccords dans le bout d'interview de Tariq que Thierry nous repropose :


Nous sommes face à une réinvention profonde de l'Internet, ..., la page Web a atteint ses limites, ..., ça remet en cause toute l'économie du Web, toutes les relations, ..., puisque aujourd'hui une grande partie de l'économie est basée sur le fait que ce sont les éditeurs qui contrôlent ce que tu vois, ...
En fait, sa vision consiste à dire qu'avec l'appropriation de son espace virtuel par l'internaute via sa page personnalisable, c'est désormais lui qui va contrôler l'info dont il veut disposer "chez lui", et non plus les éditeurs des sites qui pourront lui imposer leur contenu.

Une vision qui peut probablement expliquer pourquoi Tariq ne croit pas aux formes de monétisation actuelles, si j'interprète correctement la situation bien que je n'aie aucun autre élément à disposition que ce que l'on peut trouver çà et là sur le Web.

Déjà, en janvier dernier, Franck Perrier s'interrogeait sur « où sont les revenus ? » et il est clair qu'avec plus de 12 millions de fonds levés dans cette histoire, les investisseurs risquent vite de s'impatienter vu la tournure que prennent les événements. Et Tubbydev de se poser la question à 12 millions d'euros : « À qui les investisseurs de Netvibes vont-ils réussir à refiler la patate chaude ? » AccessOWeb avance une réponse...

Certes, cette affaire du business model est au cœur de tout projet solide et, de gré ou de force, Tariq va devoir préciser sa pensée non seulement aux yeux des investisseurs, mais également devant le Web mondial et devant les utilisateurs de Netvibes en premier. Il va surtout devoir s'inventer un avenir, sous peine de devenir du passé. Un peu comme Technorati, toutes proportions gardées.

C'est ça aussi le Web, tout va tellement vite que ce qui était hier un succès planétaire peut fort bien ne plus rien valoir demain (demandez à Murdoch ce qu'il pense aujourd'hui de Myspace...), même si personnellement je trouverais dommage qu'une success story telle que Netvibes finisse en eau de boudin.

Et je précise que je ne suis pas utilisateur de Netvibes. Pour conclure, si j'avais un conseil à donner à Tariq Krim, ce serait de rapidement mettre en place une communication de crise, car tout le monde veut savoir ce qui se passe, et vite. Ce qui est tout à fait naturel et légitime pour un service aussi populaire.

Donc Tariq, si tu ne veux pas perdre la main et laisser le champ libre aux rumeurs les plus insensées, explique-nous sans tarder ce qui se passe et ce à quoi nous devons nous attendre dans les jours et les semaines qui vont venir...

Ce serait aussi un bon moyen de fidéliser encore davantage des utilisateurs qui ne demandent que ça !

[MàJ - 17h45'] Tariq vient de s'exprimer sur NetEco mais je reste un peu sur ma faim. Ça me rappelle un "vieux" commentaire... On n'est pas loin de la langue de bois, tendance discours politique qui prétend rassurer sans rien dire, sauf insister sur la notion d'équipe comme pour mieux la reserrer autour de soi. Est-ce que ça suffira à mobiliser tout le monde ?

En outre, si vous souhaitez approfondir, je vous conseille de voir absolument cette vidéo sur le site de Rodrigo Sepulveda, je suis bluffé par la différence entre l'impression positive qui s'en dégage et le sentiment plutôt négatif qu'on a aujourd'hui, alors que quelques jours seulement séparent ces événements...


P.S. Et si vous voulez suivre l'actu sur Netvibes, rien de tel que de vous abonner aux flux de ... Wikio  :-)

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mercredi 30 mai 2007

L'entreprise selon Loic Le Meur : morceaux choisis

Ce matin j'ai vu et écouté ce podcast réalisé par Loïc Le Meur, qui parle de l'entrepreneuriat et des entrepreneurs. Très, très intéressant. Où j'ai appris également qu'il est en passe de déménager pour aller vivre à San Francisco, au cœur de la Silicon Valley et que, selon lui, Google est le premier média dans le monde. Ce qui peut sembler une évidence, quoique...

Donc, s'il y a des internautes qui, comme moi, préfèrent le silence de l'écrit - propice à la réflexion - à l'oralité du podcast, je vous rapporte ici les passages qui m'ont marqué, en vrac, juste avec 2-3 retouches pour adapter ça au medium blog et quelques mises en évidence [entre crochets, quelques renvois perso] :
Sauter le pas et ne pas penser aux freins...

Y’a que l’exécution qui compte, l’idée, elle, ne compte pas vraiment !

Aujourd’hui c’est plus facile qu’avant, les ressources sont sur Internet. Tous les pays sont en concurrence les uns et les autres...

Tout est à un clic, notamment avec les blogs, y’a plus de filtre, vous pouvez être directement à la source de l’info.
[cf. mon précédent billet]

L’ère du bêta, càd lancer des produits et les créer avec ses clients. Maintenant on lance, c’est pas fini, c’est pas grave, on lance et on expérimente avec les gens, on construit avec les gens, on regarde en face les critiques… en public, sur un blog ou ailleurs, et on améliore le produit.
[cf. Reportlinker...]

Si on se plante, c’est pas grave, il faut absolument changer, en France, cette culture de l’échec, moi j’arrête pas de me planter, le tout c’est de recommencer et de continuer…
[d'autres parlent d'archaïsme...]

C’est vraiment une idée pour l’instant, et je le partagerai avec tout le monde dès que ça sera un peu plus qu’une idée…

Une équipe ? J’en ai pas, y’a que moi en ce moment…et c’est super agréable, ça vous oblige à vous concentrer sur l’essentiel.

Finalement la règle a changé : plus on partage l’information et plus il y a de personnes qui risquent d’être intéressées, plus elles sont intéressées plus vous avez d’opportunités pour vos produits, pour vos services...

C’est le bouche à oreille qui fait le travail. Sans aucune pub sans aucun marketing. Oui les règles du jeu ont changé, le plus important, la différence la plus importante, c’est la transition incroyable du marketing vers le bouche à oreille
[le buzz]. Et ceux qui vont rester dans les méthodes traditionnelles pour communiquer vont continuer, mais vont aller moins vite que ceux qui utiliseront ces nouveaux moyens…

La sous-traitance est une grande tendance… Au-delà de la sous-traitance « pays pauvres, pays riches », ça va être surtout une tendance d’assembler des gens (ensemble) pour un projet, qui vont se désassembler par la suite quand le projet sera terminé, y compris au niveau des indépendants (free-lances).

Je suis pas pour une entreprise sans salariés, mais je crois que la grande grande tendance c’est 1 entreprise = 1 personne. L’entreprise, c’est vous, et votre blog comme direction de la communication.

La notion de « contrat de travail » et d’exploitation, comme on en entend encore parler, est complètement ringarde à mon avis. eBay, c’est 1 million d’emplois, les gens créent leur emploi.

Finalement une entreprise c’est un projet et rien de plus, et les gens s’assemblent à nouveau et vont se désassembler en fonction des besoins, c’est la flexibilité totale… il faut de la flexibilité dans le travail.

Il y a bien sûr des limites à tout ce que je dis, je veux pas rentrer dans les détails ici, bien sûr ça concerne pas tout le monde, tout le monde peut pas être un entrepreneur, bien sûr beaucoup de gens ont besoin de protection(s)…

Je veux simplement insister sur les tendances de l’évolution en ce moment. À nouveau, pour moi, une société c’est plus la conception de mon père et de mon grand-père, qui avait transmis la société à son fils, et c’était l’entreprise pour la vie et ainsi de suite, moi je pense que c’est une autre ère qui démarre à nouveau, ce sont des projets, finalement… même si ça s’applique surtout à Internet (où tout est dématérialisé…) et pas à toute l’industrie…

Je me fous complètement de la hiérarchie… une notion assez dépassée. Je me vois plus comme animateur d’un groupe que comme un dirigeant.

Probablement un conseil, c’est que si vous créez une entreprise en ayant à l’esprit le fait de vouloir absolument gagner de l’argent, c’est une énorme erreur. Je crois qu’il faut d’abord faire quelque chose qui vous plaît, qui vous passionne, qui vous empêche de dormir la nuit, et le reste c’est un résultat et ça peut pas être une fin. Si ça marche, les résultats financiers seront probablement là, mais pas l’inverse.
Voilà. Je concluerai en insistant sur les deux citations qui me touchent le plus, respectivement en début et en fin de message :
  1. Y’a que l’exécution qui compte, l’idée, elle, ne compte pas vraiment...
  2. Je crois qu’il faut d’abord faire quelque chose qui vous plaît, qui vous passionne, qui vous empêche de dormir la nuit,...
L'idée, car comme je le montre dans ma lettre ouverte à Michel-Édouard Leclerc, si l'on n'a pas les moyens de ses ambitions, les idées restent mort-nées.

Quant à ma réponse à la question : « Qu'est-ce qui m'empêche de dormir la nuit ? », hic et nunc : Internet...

Et pour finir, si les extraits qui précèdent vous donnent envie d'en savoir plus, voici l'intégralité de la vidéo (suffit juste de passer la pub :-).




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vendredi 11 août 2006

Entreprises 2.0 et blogs : mythes et réalités...

Entreprises 2.0 et blogs : mythes et réalités...

Suite de mon précédent billet, intitulé Blogs et entreprises : pour une communication de rupture. Comme le commentait justement Sylvain, le sujet est vaste et anime pas mal de discussions sur le Net. C'est ainsi qu'au cours de mes recherches j'ai exploré de nombreuses ressources, qui ne font certes pas le tour de la question mais ont le mérite de nous proposer un nouvel éclairage.

Passage en revue.

Tout d'abord c'est la découverte d'un rapport de 47 pages d'Avenue A / Razorfish sur les Meilleures Pratiques de l’Intranet, via le blog de Bertrand Duperrin, qui nous en fournit un excellent compte-rendu. À lire l'un et l'autre. Inutile donc de répéter ce qu'explique si bien Bertrand, je préfère m'attarder sur quelques graphiques où il est question des blogs (en Intranet).

Bien que l'année 2005 soit considérée par l'étude comme l'année du blogging, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'entreprise (2005 was most certainly the year for blogging, both outside and inside the enterprise), sur 274 cadres interrogés, seuls 32 incluraient les blogs comme un élément important d'une suite technologique idéale, tandis que 19 les utiliseraient au travail et 36 en dehors !

Or quand l'on sait que ce rapport analyse les applications Web 2.0 axées sur les nécessités de l'utilisateur (comme indiqué en sous-titre : “A User-Driven Web 2.0 perspective”), ces pourcentages ridiculement bas donnent une idée claire de la distance qu'il reste à parcourir pour faire évoluer les mentalités...


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Passons maintenant au blog de Charlene Li, analyste chez Forrester, qui s'est penchée sur les solutions techniques mises à la disposition des entreprises, où l'on constate que quelques acteurs spécialisés se taillent la part du lion, dont Six Apart (société chère à Loïc Le Meur, avec Movable Type et Typepad), Wordpress et iUpload.


Ignorant tout de cette dernière, j'ai visité le site où une image en page d'accueil n'a pas manqué d'attirer mon regard :


Il s'agit d'un rapport librement téléchargeable (il suffit de remplir 5 lignes de formulaire), intitulé « Bloguer en entreprise : mythes et réalités ». Une étude commandée par iUpload et réalisée par Guidewire Group en octobre 2005, une vraie mine d'or ! Où l’on apprend entre autres que ce sont surtout les PME qui ont intégré les blogs à leur stratégie de communication, et que le phénomène va en s’amplifiant : 57% des entreprises qui bloguaient déjà envisageaient d’étendre leurs activités, et 70% de celles qui ne bloguaient pas encore prévoyaient de le faire à brève échéance.

Sans m’attarder sur ces données, collectées il y a presque un an, une éternité sur Internet et la Blogosphère en particulier (sur les presque 20 millions de nouveaux blogs créés depuis, combien de blogs d’entreprise ?), je préfère m’intéresser aux cinq mythes et réalités décortiqués par le rapport. Je les ai donc contactés pour obtenir l'autorisation d'en traduire une synthèse, autorisation gentiment accordée.

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Mythe n° 1 : Les lignes directrices sont la panacée pour réduire les risques liés au blogging d’entreprise

L’un des dangers potentiels étant que les blogs corporate puissent révéler des informations confidentielles, beaucoup d’efforts ont été déployés pour développer des lignes directrices destinées aux blogueurs de l’entreprise. De bonnes intentions qui n’ont concrètement débouché sur aucun effet significatif.

Réalité n° 1 : Pour limiter les risques, les entreprises doivent mettre en place des procédures administratives de contrôle

Les lignes directrices n’ont pas eu les résultats positifs escomptés car elles se basent sur un postulat erroné : les appliquer permettrait de conserver la « pureté » des blogs, tout en réduisant les risques inhérents à la nature ouverte et informelle du support blog. Selon Robin Hopper, PDG d’iUpload, «les directives sont une composante utile d'une stratégie de blogging, mais nos recherches et notre expérience nous prouvent qu’à ce jour les initiatives réussies implémentent des outils et des procédures administratives de contrôle », un moyen d’empêcher que les blogueurs puissent laisser filtrer par inadvertance du contenu inapproprié, non destiné au public.

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Mythe n° 2 : Pour réussir un blog corporate, les entreprises doivent identifier les ressources humaines ad hoc

Dans beaucoup de blogs d'entreprise, les blogueurs sont triés sur le volet pour représenter au mieux la compagnie. Il s’agit soit de salariés de la société, soit de consultants marketing externes.
Pour autant, le message est trop souvent calqué sur le discours institutionnel et destiné à promouvoir les produits et initiatives que l’entreprise veut mettre en avant. À l’opposé, les salariés experts impliqués dans le développement de ces produits sont tenus à l’écart.

Réalité n° 2 : Les blogs peuvent et doivent être largement distribués, sous forme de catalyseurs des connaissances personnelles, et obéir à des règles visant à libérer le meilleur contenu au bon moment et aux bons destinataires…

D’après Robin Hopper, « l’une des erreurs plus répandues consiste pour les entreprises à vouloir contrôler le pourquoi et le comment du contenu généré », d’où un manque d’authenticité manifeste. Et d’ajouter que choisir «un ou plusieurs blogueurs pour leur demander de produire leur ration quotidienne de contenu de qualité est la recette idéale pour aller droit dans le mur. »

En revanche, les meilleures pratiques enseignent que les blogs doivent catalyser librement les connaissances des employés, pour produire du contenu proche des activités de tous les jours et commenter les problèmes industriels ou sectoriels en fournissant un éclairage original au bon moment et aux justes destinataires…

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Mythe n° 3 : Les blogs sont aussi efficaces que des outils marketing ou de relations publiques

Dans l’étude commandée par iUpload et réalisée par Guidewire Group, plus de 60% des répondants ont indiqué qu'ils utilisent les blogs à des fins marketing ou de relations publiques.
Il y a là une absence de vision quant à la valeur intrinsèque que les blogs peuvent apporter à l'entreprise, et un manque de clairvoyance quant à l’utilisation défaillante des énormes quantités de contenu et d'informations qui alimentent les fonctions clés de l’entreprise (ventes, R&D, services client, etc.).

Réalité n° 3 : Les blogs devraient servir à améliorer les métiers fondamentaux de l’entreprise et les processus de communication transversaux à l'organisation

Nombre de réussites en matière de blogs vont au-delà des relations publiques et nouent le dialogue avec des groupes externes à la société, partenaires et clients, grâce à ce canal de communication fortement interactif et novateur. Les participants deviennent ainsi des vecteurs des valeurs véhiculées par l’entreprise.

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Mythe n° 4 : Créer des blogueurs renommés est un élément clé du blogging

Robert Scoble et Jonathan Schwartz sont probablement deux des blogueurs corporate les plus connus d’Amérique, avec une audience quotidienne de milliers de visiteurs.
Des exemples d’ « évangélistes » de classe qui donnent l'impression erronée que chaque entreprise devrait générer un ou plusieurs porte-parole aussi célèbres.

Réalité n° 4 : Les blogs devraient exploiter au mieux des contenus en phase avec les initiatives de l'entreprise

Les blogs tels que nous les connaissons aujourd’hui sont un canal de communication en évolution profonde et constante. Au fur et à mesure que s’améliorent les technologies de blogging sous-jacentes et leur intégration aux autres formes de production de contenu des entreprises, les blogs individuels deviennent de moins en moins pertinents et s’effacent derrière la valeur du contenu, qui revêt une importance toujours plus cruciale.

Exemple d’impact de ces formes innovantes de blogging : le billet particulièrement réussi d’un employé de l’entreprise peut faire converger les clients vers d’autres ressources et/ou produits de celle-ci. Autre cas : un article digne d’intérêt peut être agrégé au service client sur le site institutionnel de l’entreprise ou sur l'Intranet.

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Mythe n° 5 : Permettre de bloguer à tous les employés stimule le succès du programme de blogging de l'entreprise

Dernièrement, de grands groupes ont lancé des programmes de blogs corporate en fournissant des blogs individuels à leurs employés pour qu’ils y écrivent leurs expériences personnelles, leurs intérêts, leur pensées sur tout et n’importe quoi, etc. Une infobésité qui ne fait qu’ajouter à la confusion et finit par obtenir des résultats diamétralement opposés aux objectifs initiaux.

Réalité n° 5 : Une initiative réussie de blogging corporate exige dès le début la mise en place d’une infrastructure technologique robuste de backend

Pour réussir une stratégie de blogging corporate sur le long terme, un facteur clé de succès réside dans l’implémentation d’une infrastructure technologique de backend tenant compte à la fois des exigences de l’utilisateur final et de l’administrateur du système.
Pour l’entreprise, cela signifie pouvoir exploiter le contenu en phase avec ses finalités, et agréger les catégories et divisions transversales dans un blog centralisé.
Pour les visiteurs, c’est la possibilité de chercher comme sur Internet, par blogs, par catégories, par billets, par flux, etc.
Autre élément important : utiliser des modèles de blog intégrant la charte graphique de la marque, ainsi que des niveaux hiérarchiques de collaboration et de permission.
Le tout intégré à l'infrastructure technique existante : authentifications, abonnements, systèmes CRM, portails personnalisés, fonctionnalités de reporting et d'archivage, etc., afin de respecter la conformité aux normes juridiques ou législatives et aux règlements de l’organisation.

Lien connexe : Le blogging d’entreprise : entre mythes et réalités

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