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mardi 29 septembre 2009

Berlusconi lave plus blanc que blanc !


Hier matin j'ai posté un tweet qui dit ceci :
L'état italien s'apprête à lancer la plus grosse opération de blanchiment d'argent sale jamais réalisée par aucune mafia. Merci Berlusconi !
Voyons de quoi il s'agit.

[MàJ - 29 septembre 2009, 23h50'] Giulio Tremonti, ministre de l'Économie et des Finances, en estimant que les "capitaux criminels ne seront pas rapatriés", avance les "arguments" suivants :
« JE NE CROIS PAS que la criminalité se servira de cette mesure. Car soit les capitaux criminels se trouvent déjà en Italie parfaitement blanchis, soit ils continueront leurs activités à l'étranger. »
Peut-être un peu légers comme arguments face à la double garantie de l'anonymat et de l'impunité...

* * *

Le Sénat et la Chambre des Députés ayant approuvé cette semaine ce soit-disant "bouclier fiscal" (qui n'est pas le premier, et ne sera pas le dernier...), maintenant reste à voir s'il sera signé par le président de la République italienne.

Une loi adoptée par un parlement mafieux (je vous le disais...), selon Antonio Di Pietro, un gros coup de pouce au terrorisme et au blanchiment, selon le parti démocrate.

En clair, l'état dit à TOUS ceux qui ont fraudé le fisc en détournant 600 milliards € de capitaux "illégalement" détenus à l'étranger (selon les estimations), vous pouvez rapatrier tout cet argent, il ne vous en coûtera que 5% pour régulariser les 95% restants, pour lesquels nous vous garantissons une absence totale d'action en justice indépendamment de la façon dont vous aurez "gagné" vos sous : fraudes et trafics en tous genres, drogue, armes, êtres humains, etc., nous ne sommes pas regardants.

Que vous soyez des mafieux ou des criminels en col blanc, des banqueroutiers ou des dictateurs, ne vous inquiétez de rien, le dépôt de chaque dossier est ANONYME !

Profitez-en bien, notre "bouclier" est unique au monde, une amnistie a priori qui vous protège contre toutes les plaintes ou poursuites éventuelles, vous avez la parole de Silvio Berlusconi !

Sa majorité le reconnaît piteusement : nous sommes bien conscients que c'est là le point faible d'une "mesure" à laquelle il fallait donner un brin de "tax appeal" sans quoi personne n'en voudrait...

Mais c'est un "mal nécessaire", comme l'a défini Brunetta, le ministre champion de l'intégrité dans l'administration publique...

Qui en profite pour attaquer les magistrats en les accusant de trop se monter la tête ! Il est vrai qu'ils viennent de déclarer combien ils sont contraires à cette nouvelle amnistie déguisée, fiscalo-mafieuse (Fabrice Rizzoli dixit)...

Cette même majorité, qui proclamait il y a tout juste 6 mois (20 Mars 2009) : « L'Italie n'adoptera un nouveau "bouclier fiscal" que si l'Union européenne décide dans ce sens » !

Or que je sache, à ce jour l'UE n'a sûrement pas l'intention de proposer une saloperie pareille à ses citoyens. Y a qu'en Italie qu'on voit ça.

Sans oublier un tout petit détail : si vous n'êtes pas obligé de déclarer d'où vient votre argent ni comment vous vous l'êtes procuré, rien n'indique que l'argent que vous "amnistierez" était planqué "hors des frontières"...

Conclusion logique, tous les milliards d'euros dont débordent les caisses de la mafia peuvent être blanchis sans AUCUN RISQUE, en TOUTE LÉGALITÉ !

Et à la limite, si toute la criminalité du monde voulait bien se donner la main pour venir investir ses "prises de bénéfices" en Italie, en toute impunité, l'état prostitué lui en saurait fort gré.

Car tel est le seul véritable but de cette opération INDIGNE d'une démocratie : favoriser les mafias en tous genres, il n'y a pas de raison que Berlusconi ne se fasse des lois que pour lui, il faut aussi penser aux copains de temps en temps.

Ce brave homme est pire qu'une calamité naturelle force 10 à lui tout seul.

Dans un nouveau quotidien dont le premier numéro est sorti cette semaine, IL FATTO (j'y reviendrai), l'édition de samedi dernier (le 26 septembre, le jour de la marche des Agendas rouges à laquelle j'ai eu la chance de participer...) titrait : Président, ne signez pas...


Un appel ayant déjà reçu plus de 50 000 adhésions et un article signé Bruno Tinti, dans lequel l'ex-responsable du pôle de criminalité économique et financière du Parquet de Turin, spécialiste en la matière, rappelle au Président, entre autres, qu'avec l'amendement Fleres (celui qui garantit l'impunité totale), une loi déjà odieuse devient un instrument d'illégalité :
Car ceux qui seront protégés par le "bouclier" ne pourront plus être poursuivis pour fraudes fiscales, comptables et faux en écritures, qui sont les moyens par lesquels les "bénéficiaires" auront produit les capitaux que l'État amnistie ; de même que les intermédiaires et les professionnels qui s'occuperont du rapatriement des fonds ne seront pas tenus de se conformer à l'obligation de déclarer qu'il s'agit d'opérations de blanchiment : on légalise ainsi l'omertà et la complicité.
Je vous fais grâce des explications techniques qui suivent...

Pour conclure, si cette loi passe, l'Italie est en passe (entre une passe et l'autre...) de devenir le premier pays off-shore de la planète par ordre d'importance. Et tout ça à l'heure où le G8 de l'Aquila, sous l'impulsion de ... Berlusconi, se proposait de fixer de nouvelles règles pour la finance mondiale, une "ambition" reprise par le G20 ces jours-ci, mais avec quels résultats :
  • Les paradis fiscaux seront-ils démantelés ?

    Non, ils sont blanchis...

  • Les marchés de gré à gré et les hedge funds seront-ils interdits, et les produits dérivés et la titrisation fortement encadrés ?
    Les banques de dépôts et les banques d’affaires seront-elles séparées ?


    Non, tous les mécanismes financiers pratiquement incontrôlables sont maintenus...

  • Les transactions financières seront-elles taxées ?

    Non, ...
En clair, continuons à payer nos impôts en cons bontribuables, pardon, en bons contribuables, car si nous ne savons pas pourquoi, eux le savent...

Et merci de tout cœur, Mesdames et Messieurs les chefs de gouvernement, de nous guider avec tant de dévouement et d'abnégation dans la voie de la démocratie et du bien-être, où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !


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P.S. C'est aujourd'hui que notre Guide fête ses 73 ans, bon et joyeux anniversaire, petit père du peuple. Les vœux, je les garde pour moi, mais sois sûr que je te les fais du plus profond...

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jeudi 24 septembre 2009

xyz ... milliards de dollars : 251 saisis, combien dans la nature ?


La conférence de presse annoncée avant-hier a eu lieu ce matin.


Il s'agit donc d'une saisie de 116,5 milliards de faux titres (233 bons de 500 millions $ l'un) ... expédiés par FedEx !!!

Ce qui porte le total des deux saisies à 251 milliards $. Je vous proposerai mes considérations plus tard...

* * *

1. Contrairement à ce qu'on pouvait penser de prime abord, cette affaire n'a apparemment rien à voir avec celle des 134,5 milliards de dollars saisis à Chiasso ! Pour laquelle la piste russe garde donc encore toute sa validité, jusqu'à preuve du contraire.

2. Les titres, présentés comme étant identiques, ne le sont pas. Semblables, mais ce ne sont pas les mêmes : la différence se voit nettement dans le coin inférieur droit, où le signe du dollar est à gauche du chiffre et de la même taille dans cette deuxième saisie, centré et de taille nettement supérieure dans la première.


En outre, sous toutes réserves, la date d'émission ne correspondrait pas.

3. Les modalités sont totalement différentes dans les deux cas : des courriers avec des connexions à très haut niveau dans la première affaire (dès le début, il était question d'un troisième accompagnateur, vietnamien, qui aurait été en possession d'un passeport diplomatique, et dont les traces se sont complètement perdues par la suite...), un frère et une sœur qui se font envoyer les titres par messagerie internationale (!) dans celle-ci.

4. On apprend aujourd'hui que cette saisie a été effectuée le 19 août, et que la contrefaçon des titres a été identifiée dès le début, puisque c'est à partir de là que les agents de la Finance italienne ont décidé de mettre les philippins sur écoute. Or dans la saisie des 134,5 milliards, nous n'avons encore aucune déclaration officielle depuis bientôt 4 mois ! Sans oublier les billets Kennedy...

5. En conclusion, qui - comme moi - espérait en apprendre plus avec cette conférence annoncée, reste sur sa faim. À suivre !


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P.S. 134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE

I. 134 milliards de dollars (8 juin)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet)
X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août)

Résumé de l'affaire (5 septembre)

XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre)
XII. Nouvelle série : 180 milliards de dollars (19 septembre)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre)

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mardi 22 septembre 2009

xyz ... milliards de dollars : conférence de presse

[MàJ - 24 septembre 2009, 13h - En plus des 103,5 milliards $, les enquêteurs auraient trouvé 13 milliards supplémentaires de faux titres chez les deux philippins, à Gênes.

Voir mon avis sur la conférence...]
Il règne vraiment une confusion incroyable autour de cette histoire !

Une dépêche vient de sortir, indiquant qu'il s'agit de 103,5 milliards $ (et non pas de 180), à savoir 207 titres de la Federal Reserve d'une valeur nominale de 500 millions l'un (ce qui se rapproche de l'annonce de Bloomberg).

Donc le total entre les deux saisies serait "seulement" de 238 251 milliards de dollars (au lieu de 314,5...), mais même en donnant pour acquis que tous les titres seraient faux, ça ne nous dit rien sur les billets Kennedy.

Cela est d'autant plus inquiétant que si l'on a deux saisies en moins de trois mois, ça laisse planer un doute sur combien de titres semblables ont pu passer à travers les mailles du filet...

Car si l'on fait le même rapport que "saisies de drogue" / "quantités écoulées", cela voudrait dire que le marché va se retrouver inondé de faux titres. Pourquoi, là encore...


Une conférence de presse est annoncée pour jeudi, 11h.

Reste à savoir aussi si cette conférence concernera uniquement la deuxième saisie, ou toutes les deux, vu que les enquêtes en cours depuis juin (et donc la "piste russe") concernent surtout la première, de même que les deux questions parlementaires actuellement sans réponse....

Nous en saurons plus jeudi midi, même si je doute fortement que la conférence puisse résoudre tous les mystères qui entourent cette histoire. À suivre !


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P.S. 134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

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lundi 21 septembre 2009

314,5 milliards de dollars : la piste russe !

134,5 + 180 = 314,5.

Milliards de dollars.
Plus ou moins l'équivalent du 30e PIB dans le monde.

Vrais et/ou faux !?

Saisis dans deux valises, en moins de trois mois (du 3 juin à la semaine suivant le 15 août) dans le nord de l'Italie. Où ils transitaient en direction de la Suisse, probablement Genève.

Sur le premier épisode, deux interrogations questions parlementaires ont été posées par le Parti Démocrate au Ministre italien de l'Économie et des Finances, sans réponse à ce jour...

Voyons maintenant, dans un autre genre :

1e question : si la destination finale était Genève, pourquoi passer par l'Italie ?

- La réponse pourrait s'appeler Alessandro Santi, comme l'a révélé le quotidien du frère de Silvio Berlusconi, le premier journal à parler d'un italien impliqué dans cette histoire.

Ex-président du Consortium International des Transports de Rome, son nom figurait dans les contacts d'Akihiko Yamaguchi et Mitsuyoshi Wanatabe, les deux japonais arrêtés à Chiasso puis relâchés...

Or aujourd'hui, après des semaines d'enquête et de perquisitions, les choses semblent se préciser, avec une surprise énorme : l'apparition d'une piste russe !

Selon cet article, les deux japonais auraient dû rencontrer des russes en Suisse, des diplomates, semble-t-il. Tout est à confirmer, bien sûr, mais le rôle d'intermédiaire d'Alessandro Santi résulterait dans des actes notariés, où des pourcentages sont associés à son nom, vraisemblablement le montant des commissions.

Or dans cette "piste russe", s'il s'agit vraiment de diplomates, et vu les liens de "proximité" présumés des japonais avec la banque Centrale du Japon, entre autres, cela pourrait orienter l'enquête vers une implication directe de Tokyo et de Moscou. D'autant plus que lors des perquisitions, les enquêteurs ont trouvé trace de nombreux contacts entre Alessandro Santi et plusieurs "gouvernements étrangers".

Quant à l'authenticité probable des billets d'1 milliard $, elle ne fait qu'ajouter un peu de piment à l'affaire ! Je reprends ma démonstration pour celles et ceux qui n'ont pas suivi jusqu'à présent :
..., selon Luigi Grimaldi, le journaliste de Liberazione qui a publié son article hier, en 1998, date d'émission de ces « billets des États-Unis » à l'effigie de Kennedy par le Trésor US et non par la Federal Reserve (qui ne ment donc pas en affirmant qu'elle n'a jamais émis de billets de cette valeur...), « 99% des billets en circulation étaient des billets de la Federal Reserve, et 1% des billets des États-Unis »...

Ces derniers se distinguent des précédents en portant la mention « billet des États-Unis » (United States Note) et en ayant des numéros de série ROUGES (vs. VERTS pour les autres, Federal Reserve Notes) :

Or on voit parfaitement que les numéros de série des billets "Kennedy" sont rouges :

En outre, si on examine les billets de plus près, on voit autre chose : sur les billets de la Federal Reserve, le montant est en chiffres (100 sur le billet de 100 $), alors qu'il est en lettre sur les billets des États-Unis (one hundred). Or on distingue très bien le BILLION en toutes lettres sur le billet Kennedy, avec à gauche la mention

THE
UNITED STATES
OF AMERICA

Le détail qui tue : pourquoi un faussaire devrait-il faire un faux d'un billet qui n'existe pas ? Et de plus, un billet d'1 milliard $ !!! C'est pas un truc que vous changez au supermarché du coin, ça ne tient pas debout...

2e question : si les deux premiers courtiers se sont fait prendre, pourquoi recommencer deux mois plus tard, avec le même résultat ?

- La réponse, s'il y en a une, ce sera pour les épisodes suivants, mais franchement, un hasard à 314,5 milliards $, j'adhère difficilement, et si les philippins comme les japonais se sont fait prendre, je ne vois qu'une explication : c'est délibéré.

Peut-être pas qu'ils se soient fait prendre, mais qu'on les ait pris, oui...

Pourquoi ?


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P.S. 134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

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samedi 19 septembre 2009

180 milliards de dollars

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

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Vu ce qui se passe, et qui va se passer, mieux vaut commencer une autre série. D'autant plus que si on ajoute ces 180 aux 134,5 milliards $ précédents, ça nous donne un total de 314,5 milliards de dollars saisis dans le nord de l'Italie en trois mois !!!

Dont on ne sait pas encore vraiment s'ils sont totalement faux, totalement vrais, ou partiellement vrais et partiellement faux ! Qui dit mieux ?

Pour reprendre la dernière mise à jour, ces 180 milliards $ (et non pas 100 comme annoncé par Bloomberg) ont été saisis il y a environ un mois, dans la semaine suivant le 15 août, à l'aéroport de Malpensa (Milan).

Mais l'info n'est sortie qu'hier, pour laisser le temps aux enquêteurs de faire leur boulot dans la plus grande discrétion. Parce que maintenant, ça risque de faire du bruit !

Les trafiquants seraient deux philippins, dont on ne connaît pas - encore - l'identité. Ce serait quand même curieux qu'il s'agisse de Yohannes Riyadi (alias Wilfredo Saurin) et Joseph Daraman, déjà bien connus et dont les noms avaient été évoqués dans la première affaire...

Ceci dit, selon le lieutenant-colonel Emilio Fiora, l'enquête devrait être bouclée d'ici peu :
L'enquête est bien plus complexe que ce qu'on pourrait croire au premier abord, mais nous en sommes à la phase finale...

L'indagine è molto più complessa di quanto non si possa pensare e siamo alle ultime battute...
À suivre...

[MàJ - 12h40'] Dans l'article paru hier sur Libero, on apprend deux choses intéressantes, dont l'une est en rapport avec la première affaire :
  1. en plus des deux japonais arrêtés puis relâchés, il y aurait eu une troisième personne, un vietnamien, en possession d'un passeport diplomatique ;
  2. l'un des deux philippins aurait des liens étroits avec un évêque de Manille, qui lui aurait signé un laisser-passer saisi en plus des titres...


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P.S. Une petite curiosité au passage : dans la première histoire, la somme correspondait exactement aux fonds encore disponibles pour le TARP...

Dans celle-ci, les 180 milliards $ correspondent exactement à la somme utilisée pour sauver AIG (mais pas Lehmann), et permettre à son PDG, Robert Benmosche, de s'acheter une somptueuse demeure sur la Mer Adriatique, avec 12 salles de bains, dont chacune est une œuvre d'art, a-t-il eu le courage de préciser à Reuters !

Le nombre des pièces n'est pas précisé, bien le bonjour aux contribuables...

(Et ça aussi, c'est bizarre)

Et ça encore :
Cela s'est aussi passé un 18 septembre:

2008 -- Les grandes banques centrales de la planète volent au secours des marchés en injectant jusqu'à 180 milliards de dollars pour lutter contre la crise qui ébranle le monde de la finance.
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vendredi 18 septembre 2009

134 milliards de dollars - Autre saisie !

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

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[MàJ - 23h45'] Cette fois il s'agirait de 180 milliards $ (et non pas 100 comme annoncé par Bloomberg), et les trafiquants seraient deux philippins, dont on ne connaît pas - encore - l'identité.

Ce serait quand même curieux qu'il s'agisse de Yohannes Riyadi (alias Wilfredo Saurin) et Joseph Daraman, déjà bien connus et dont les noms avaient été évoqués dans la première affaire...

Ceci dit, selon le lieutenant-colonel Emilio Fiora, l'enquête devrait être bouclée d'ici peu !

* * *

L'info a été publiée ce matin sur les quotidiens Milano Finanza et Libero : il y a environ un mois, dans la semaine suivant le 15 août, une autre saisie de titres a eu lieu à l'aéroport de Malpensa (Milan), là encore pour une valeur énorme, on parle de dizaines de milliards d'euros, exactement comme à Chiasso début juin !

Ce seraient encore des asiatiques (philippins ou japonais, ce n'est pas très clair), leur identité est top secret, mais les titres seraient identiques à ceux des japonais.

Cette fois ils n'ont pas été relaxés et seraient encore incarcérés, ce que prévoit la loi en cas de faux titres. Voici exactement ce que dit l'article :
La raison est que les fonctionnaires des services secrets américains et les experts de la FED venus en Italie pour vérifier l'authenticité des titres saisis la première fois auraient déclaré, définitivement, qu'il s'agit de faux. Auquel cas la loi prévoit l'emprisonnement.

Il motivo sarebbe anche che gli 007 americani e gli esperti della Fed arrivati in Italia per valutare l'autenticità dei bond di Chiasso, avrebbero definitivamente dichiarato la falsità dei titoli. Caso per il quale, la legge prevede l'arresto.
Dans une synthèse de cette affaire que j'ai écrite pour le portail Italopolis, je terminais ainsi :
En conclusion, trois mois plus tard, il n'y a encore aucune version "officielle" indiquant clairement si ces titres sont vrais ou faux !

Moins parce que les autorités compétentes, italiennes et américaines, l'ignorent (aux experts il ne faut pas trois mois pour déterminer si des titres sont faux, mais trois minutes, à la rigueur), que parce qu'elles ne veulent pas le dire !
Aujourd'hui il est clair que ces deux enquêtes sont étroitement liées, et que le silence qui entoure la deuxième explique le silence qui entoure la première.

Tôt ou tard, on finira bien par en savoir plus !

* * *

Et comme l'autre fois, ce qui sort en Italie sort aussi aux US !!!

Il s'agirait donc de 100 milliards $, ce qui porte le total à 234 milliards $ en trois mois, quand même !


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P.S. Je signale pour être précis que c'est ma femme qui a entendu passer une brève sur Canale 5, la principale chaîne de Berlusconi, et qui m'en a parlé en sachant que je m'intéresse à cette histoire. Selon elle, le journaliste aurait évoqué de faux titres, mélangés à des vrais...

Ou de vrais mélangés à des faux, comme vous préférez :-)

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La démocratie italienne vaut moins qu'une valise vide

Je vais vous raconter une histoire terrible, l'histoire d'un coup d'état annoncé, qui pourrait encore se produire. En 2009, ou en 2010, en Italie, en plein cœur de l'Europe !

Mais un coup d'état d'un genre un peu particulier, puisque ce serait un COUP D'ÉTAT LÉGAL, une grande première dans l'histoire de l'humanité.

Laissez-moi donc vous expliquer pourquoi ce titre : La démocratie italienne vaut moins qu'une valise vide...

Formellement, l'Italie est une démocratie, c'est écrit à l'Article 1 de sa Constitution :
L'Italie est une République démocratique, fondée sur le travail. La souveraineté appartient au peuple, qui l'exerce dans les formes et dans les limites de la Constitution.
Même si jusqu'à présent, l'Italie n'a jamais été une véritable démocratie, mais c'est une autre histoire, un peu plus compliquée !

J'aimerais bien la raconter, mais ce serait plutôt long et complexe, quand bien même passionnant et sûrement très instructif, or il me manque un éditeur...

Par contre ce qui a sauvé l'Italie jusqu'à aujourd'hui, c'est sa Constitution. Un modèle du genre. Un modèle d'équilibre entre les pouvoirs et d'arbitrage entre la séparation des pouvoirs, ce qui a au moins permis d'éviter les débordements, jusqu'à aujourd'hui... Et même si l'Italie a trop souvent été au bord de basculer dans la dictature. Au début sous la supervision des américains, et puis petit à petit une infinité de pouvoirs occultes ont pris le dessus.

On cite souvent la P2, mais c'est juste la pointe de l'iceberg. En tout cas c'est de la P2 qu'est sorti ce vice originel, absolu, dont j'ai déjà parlé dans Berlusconi et l'assaut final à la justice, à savoir le "plan de renaissance démocratique" de la P2, qui consiste non pas à abolir la démocratie dans ses formes, mais à la vider totalement de sa substance pour n'en laisser qu'une belle coquille présentable.

C'est écrit en toutes lettres dès les premiers articles :
l'adjectif "démocratique" signifie que sont exclus de ce plan tous les mobiles et toutes les intentions, y compris occultes, de renverser le système, en le "revitalisant" via la sollicitation de toutes les institutions que la Constitution prévoit et réglemente, des organes de l'État aux partis politiques, de la presse aux syndicats en passant par les électeurs, etc.

1. L'aggettivo democratico sta a significare che sono esclusi dal presente piano ogni movente od intenzione anche occulta di rovesciamento del sistema.
En clair, on "revitalise" le système à la lumière du jour, et surtout, sans violence...

* * *

Durant la XVIe législature, sous le gouvernement Berlusconi III, le parlement sous contrôle berlusconien a modifié le code pénal, juste trois mois avant de tomber, avec la Loi du 24 février 2006, n° 85, publiée au Journal Officiel de la République Italienne n° 60 du 13 mars 2006, intitulée "Modifications au code pénal en matière de délits d'opinion" !

Cette loi amende donc plusieurs articles du code pénal italien, dont l'article 283 (le seul que j'analyse ici, pour les autres je vous renvoie à cette page, en italien), intitulé : "Attentat à la Constitution de l'État". Voyons donc ce que disent l'ancienne version (1), et la nouvelle (2) :
  1. Quiconque commet un acte visant à modifier la Constitution de l'État ou la forme du Gouvernement par des moyens non autorisés par le régime constitutionnel de l'État, est passible d'une peine d'emprisonnement non inférieure à douze ans.

    Chiunque commette un fatto diretto a mutare la costituzione dello Stato, o la forma del Governo, con mezzi non consentiti dall'ordinamento costituzionale dello Stato, è punito con la reclusione non inferiore a dodici anni.

  2. Quiconque, par la violence, commet un acte visant ou apte à modifier la Constitution de l'État ou la forme du Gouvernement est passible d'une peine d'emprisonnement non inférieure à cinq ans.

    Chiunque, con atti violenti, commette un fatto diretto e idoneo a mutare la Costituzione dello Stato o la forma di Governo, è punito con la reclusione non inferiore a cinque anni.
Cette modification est triplement vicieuse et dangereuse :
  • Introduire "par la violence" signifie que tous les actes susceptibles de modifier la Constitution de l'État ou la forme du Gouvernement sans recours à la violence sont désormais parfaitement légaux ;
  • Éliminer "par des moyens non autorisés par le régime constitutionnel de l'État" signifie étendre pratiquement à l'infini la catégorie d'actes, pourvu qu'ils soient "sans violence"...
  • Réduire de 12 à 5 ans la peine minimale signifie de facto, dans le système juridique italien actuel, garantir l'impunité totale à quiconque attentera à la Constitution dès lors que, par extraordinaire, il se ferait prendre...
Maintenant si quelqu'un vole une valise, même vide, dans un aéroport, il risque d'en prendre pour six ans !

Dans l'Italie d'aujourd'hui, la démocratie vaut moins qu'une valise vide...

Ce billet m'a été inspiré par cette intervention de Solange Manfredi :




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P.S. À noter que si la gauche au pouvoir de 2006 à 2008 n'a pas pris la peine de réamender l'amendement, là non plus ce n'est pas une erreur...

Quant aux rapports entre l'attentat à la Constitution et les délits d'opinion, si quelqu'un a une explication, je suis preneur !

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jeudi 17 septembre 2009

Marcello Dell'Utri, éminence noire de Berlusconi



[MàJ - 29 septembre 2009] Récentes déclarations de Dell'Utri sur Mussolini : un "philantrope", sa seule erreur, sa seule malchance, ç'a été de perdre la guerre...

* * *

Je vous ai précédemment raconté l'histoire du Papello et du pacte entre l'état italien et la mafia, où je mentionnais ceci :
Suite au témoignage de Michele Riccio devant les juges Nino Di Matteo et Antonio Ingroia, qui a dévoilé que Marcello Dell'Utri était le personnage politique que lui avait indiqué Ilardo comme étant le "référent" de la mafia (circonstance qu'il n'avait jamais précisé dans ses rapports parce qu'il n'avait aucune confiance en ses supérieurs, dont Mario Mori), Dell'Utri est à présent officiellement inculpé dans le cadre de cette affaire. Rappelons que l'actuel sénateur Dell'Utri est déjà condamné à 9 ans de prison pour concours extérieur à une association mafieuse, et en attente de son jugement d'appel, dont les juges décideront, le 17 septembre, s'ils versent aussi au dossier les nouveaux éléments apportés par Massimo Ciancimino.
Le 17 septembre, c'est aujourd'hui, et les juges viennent effectivement de décider de ne pas verser de nouvel élément au dossier (une belle occasion manquée, une de plus...), dont cette lettre, saisie en 2005 à Palerme (mais officiellement remise au tribunal le 16 juillet 2009, 4 ans plus tard !), où l'on peut lire :
...posizione politica intendo portare il mio contributo (che non sarà di poco) perché questo triste evento non ne abbia a verificarsi. Sono convinto che questo evento onorevole Berlusconi vorrà mettere a disposizione una delle sue reti televisive.

Un morceau de phrase à la syntaxe décousue, où le scripteur dit qu'il aurait apporté son appui, important sans aucun doute, pour que le triste événement n'ait pas lieu (menaces de rapt ou de mort sur le fils aîné de Berlusconi), à condition que celui-ci laisse à la mafia le contrôle d'une de ses chaînes télévisées.

Entre parenthèses, observons que la mention "Onorevole" signifie que Berlusconi était déjà entré en politique, puisque le titre "Honorable" est réservé aux parlementaires (dont pour beaucoup, la moralité est inversement proportionnelle à l'honorabilité qu'on leur prête un peu trop facilement - et coupablement)...

La lettre originale, qui était entière, aurait été écrite par un lieutenant de Riina et aurait passé de main en main selon Ciancimino Junior : de Totò Riina à Bernardo Provenzano, de Provenzano à Vito Ciancimino, de Ciancimino père à Marcello Dell’Utri, de Dell’Utri à Berlusconi.

Donc pas de nouvelles révélations, retenues trop contradictoires, pour les juges qui instruisent actuellement le procès d'appel contre Dell’Utri, condamné à plus de 9 ans de prison pour concours mafieux en première instance, à l'issue d'un jugement qui a duré plus de 7 ans, et c'est pas fini... (près de 1800 pages, témoignant de plus de 900 épisodes où Dell'Utri est pris en train de magouiller avec des mafieux...) :

sentenza dellutri sentenza dellutri cicciofrigo sentenza dellutri

Ce même Marcello Dell'Utri, à l'origine de Forza Italia dans le cadre du très secret "projet Botticelli", fort des conseils éclairés de Vittorio Mangano, un chef mafieux défini un héros par les compères Berlusconi & Dell'Utri (alors même qu'ils s'acharnent à délégitimer tous les gens courageux qui combattent VRAIMENT la mafia), encore sénateur à l'heure où j'écris et membre du conseil municipal de Turin, vient d'ailleurs de demander l'ouverture d'une commission parlementaire pour enquêter sur les massacres perpétrés par la mafia en 1992-1993 !!!

Un peu comme si Mesrine avait demandé en son temps une commission parlementaire sur le grand banditisme...

À ce stade de mon raisonnement, je suis obligé d'ouvrir une parenthèse sur la partie immergée de l'iceberg Silvio Berlusconi, puisque par deux fois, lui et Dell'Utri ont été mis en examen comme commanditaires externes de ces massacres, en plus des circonstances aggravantes de mafia et terrorisme, par les Parquets de Florence et de Caltanissetta :
  1. Le 14 novembre 1998, le juge d'instruction de Florence, Giuseppe Soresina, observait que Berlusconi et Dell'Utri « avaient entretenu des relations pas seulement épisodiques avec les entités criminelles à qui les massacres étaient imputables ». À savoir le clan des Corléonais de Riina et Provenzano, chefs indiscutables de Cosa Nostra pendant plus de vingt ans.

    Et le Tribunal de préciser : « Il y a une convergence objective entre les intérêts politiques de Cosa Nostra et quelques-unes des orientations programmatiques de la nouvelle formation politique [Forza Italia] : sur l'article 41-bis, sur la législation des collaborateurs de justice et sur le "garantisme" dans les procès, trop négligé dans la législation du début des années 90 ».

    Et de conclure, dans sa demande d'archivage due à l'impossibilité d'avoir pu recueillir davantage d'éléments dans le délai de deux ans que la loi impose pour les enquêtes préliminaires, que non seulement l'hypothèse initiale (de l'implication de Berlusconi et Dell'Utri dans les massacres) avait conservé toute sa validité, mais qu'elle avait en outre « augmenté sa plausibilité » !

  2. Quant au juge d'instruction de Caltanissetta, Giovanni Battista Tona, il écrivait dans l'acte d'archivage, en 2002 : « Les documents versés au dossier ont amplement démontré l'existence de nombreuses possibilités de contact entre les mafieux et des représentants ou des sociétés contrôlées d'une manière ou d'une autre par Berlusconi et Dell'Utri. Une circonstance qui légitime l'hypothèse selon laquelle, compte tenu du prestige des deux comparants, la mafia pouvait les avoir identifiés comme de nouveaux interlocuteurs ».

    Toutefois, l'actuelle « friabilité des indices dont nous disposons impose l'archivage », car, bien qu'ils soient nombreux, ils résultent incertains et fragmentaires, et par conséquent inaptes à légitimer l'action pénale ou à exiger des approfondissements ultérieurs... (gli spunti indiziari a sostegno dell’ipotesi accusatoria, per quanto numerosi, risultano incerti e frammentari, pertanto inidonei a legittimare l’esercizio dell’azione penale e insuscettibili di ulteriore approfondimento.).

Ajoutons à cela qu'en 2001, la cour d'Appel de la cour d'Assises de Caltanissetta a consacré un chapitre entier à la question, le chapitre 14, intitulé : « Contacts entre Salvatore Riina, Marcello Dell'Utri et Silvio Berlusconi », dans lequel il résulte "prouvé" que la mafia avait noué avec eux « des rapports d'affaires fructueux, tout au moins en termes économiques ».

Tellement fructueux qu'en 1992, « le projet politique de Cosa Nostra au plan institutionnel a tenté de parvenir à de nouveaux équilibres et de nouvelles alliances avec de nouveaux référents du monde politique et économique », ce qui a conduit la mafia à « amener l'État à négocier pour permettre des changements politiques capables, grâce à de nouveaux contacts, d'assurer à Cosa Nostra des complicités semblables à celles dont elle avait pu bénéficier dans le passé ».

Par conséquent, ces gens-là doivent être pris très, TRÈS au sérieux ! Car comme Dell'Utri l'avait annoncé dès le mois d'août, il a formellement demandé l'ouverture d'une commission parlementaire, immédiatement appuyé par des membres de son camp (mais pas trop...), dans la tentative évidente de mettre son nez dans les enquêtes ultra-secrètes qui le concernent au premier chef, puisque la commission aurait forcément accès au travail des juges...

Car un nouveau repenti (Spatuzza) désigne nommément Dell'Utri, et ça les rend forcément nerveux (pour ne pas dire qu'ils ont carrément peur, très peur...) : même les dossiers archivés peuvent être rouverts à n'importe quel moment en présence de nouveaux éléments...

Moins d'une semaine avant, Berlusconi avait déclaré sur ces nouvelles instructions : « C'est de la folie pure. Je sais qu'il y a de nouveaux ferments, dans les parquets de Palerme et de Milan, qui ont repris les enquêtes sur les événements de 1992, 1993 et 1994. Ça me fait mal de voir que ces personnes, payées avec l'argent des contribuables, conspirent contre nous qui travaillons pour le bien du pays »...


Donc juste pour voir la manière dont ce couple infernal œuvre pour le bien du pays, il convient de s'arrêter un instant sur le jugement de première instance qui a condamné Dell'Utri à plus de 9 ans de prison, avec interdiction à vie d'exercer une charge publique...

Ça vaut le détour !

Dans sa dernière intervention hebdomadaire du lundi, Marco Travaglio consacre une section intitulée Nous avons les preuves qu'il commence en disant, quand bien même les nouvelles enquêtes feraient surgir de nouveaux éléments : « Je doute que les juges puissent découvrir quelque chose de plus grave que ce qui est déjà écrit dans le jugement de première instance ! ».

Un jugement qui parcourt quand même plus de trois décennies de contacts entre la mafia, Dell'Utri (au point d'avoir valu à Dell'Utri le titre d'ambassadeur de la mafia) et Berlusconi (comme durant la rencontre qui eut lieu à Milan à la fin des années 70, que les juges ont considéré "prouvée", réunissant autour d'une même table Stefano Bontate, Mimmo Teresi, Silvio Berlusconi et Marcello Dell'Utri, entre autres).

À noter qu'à l'époque, Bontate (ou Bontade) était pratiquement le chef des chefs de la mafia, fortement impliqué dans la maçonnerie secrète, un personnage terrible qui n'a franchement rien à envier à Liggio, Riina ou Provenzano.

Inutile de lire l'intégralité du jugement original, il suffit de consulter les pages 2 à 6 du document ci-dessus (je vous les traduirai probablement un jour, mais je pense que ça peut suffire pour aujourd'hui :-), où sont énumérés les chefs d'accusation de A) à D) dont Dell'Utri et Cinà ont été reconnus coupables.


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P.S. J'oubliais : Dell'Utri a déjà été définitivement condamné pour extorsion, transformée en appel en "menace grave", d'où l'inévitable prescription...

Le brave homme, à l'époque président de Publitalia '80, la régie publicitaire de l'empire Berlusconi, avait exigé d'un sénateur, Vincenzo Garraffa, qui présidait une association sportive, 800 millions de lires (environ 400 000 euros) pour la sponsorisation d'une marque de bière, soit 50% de la valeur du contrat. Au noir, bien sûr. Face au refus de Garraffa, Dell'Utri l'avait menacé : « Je te conseille de revoir ta position. Nous avons les hommes et les moyens pour te forcer à changer d'avis ». Après quoi il lui avait envoyé la visite d'un chef de la mafia, Vincenzo Virga, lieutenant de Provenzano.

Preuve supplémentaire, si besoin était, des excellentes et durables relations entre Marcello et Cosa Nostra...

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