mercredi 26 avril 2006

Le business des noms de domaine : les taste-domaines

Le business des noms de domaine : les taste-domaines

Dans la foulée du précédent billet sur les noms de domaine, je voudrais aborder un problème dont on n'a encore que peu d'échos sur le Web francophone, mais qui pourrait bien faire de plus en plus de vagues dans les semaines et les mois à venir. J'ai nommé le « Domain Tasting », un phénomène que dénonce avec force Bob Parsons, PDG du premier Registrar américain, GoDaddy.com, qu’il appelle « the Add/drop scheme ».

Voyons un peu de quoi il s'agit et quelle terminologie nous pourrions utiliser : pour ma part je choisirais « le modèle j'essaie - je prends/je jette », à savoir que j'enregistre le domaine et je le mets sur une page parking, puis si je vois que le trafic (essentiellement en saisie directe, ou type-in) peut devenir rentable je le prends, sinon je le « jette » et l'ICANN me rembourse obligeamment mes frais d'enregistrement...

Je n'ai trouvé que très peu d'infos en français, sauf deux sources vraiment dignes d'intérêt, qui expliquent assez bien le mécanisme, ici et . La première met l'accent sur la faillite du mode de gouvernance de l'ICANN, la seconde sur l’alarme lancée par le registre du .ORG (en anglais). Si vous en connaissez d'autres, merci de bien vouloir me les signaler.

La combine, assez simple, consiste à profiter du délai de grâce (Add Grace Period) de 5 jours concédé depuis 2003 par l'ICANN à toute personne qui, s'apercevant d'une erreur d'enregistrement, peut alors annuler la procédure et récupérer sa mise. Cela se passe sur le second marché des noms de domaine, une espèce de Bourse où se mêlent les noms arrivés à expiration et ceux dont leurs propriétaires veulent se débarrasser, le plus souvent en les vendant.

Or dans cette Bourse aux domaines, essentiellement fréquentée par courtiers, vendeurs, acheteurs, spéculateurs, agrégateurs, domaineurs et/ou registreurs, le volume des négociations est de plus en plus considérable : selon un document (en anglais) de l'OCDE déclassé le mois dernier (de confidentiel à public), qui reprend les sources d'un rapport publié par VeriSign en juin 2005, sur 12 mois (juin 2004-2005), près de 1 700 000 000 (1 milliard 700 millions !!!) de domaines ont été « ajoutés » (Add) au système de Registre commun (SRS - Shared Registry System) :

Chiffres en hausse, puisque Ipwalk.com situe maintenant la fourchette entre 1 000 000 et 1 400 000 domaines par jour :


On comprend d'ailleurs mieux que les spécialistes du taste-domaines aient hâte de tester ceux qui marchent le mieux au vu des enjeux économiques sous-jacents : 3 des 5 plus gros registreurs ont déclaré fin 2005 qu'ils gagnaient entre 5 et 8 millions de dollars par an grâce à la « monétisation des noms de domaine stationnés » !

Source Joi Ito :
According to Ram Mohan from Afilias, 3 of the big 5 registrars say that they make over $5m-$8m / year from parked domain monetization pages.
Mais écoutons la mise en garde de Bob Parsons, qui prédit une explosion du phénomène si rien n'est fait, et dont les infos sont de première main, parfaitement à jour et encore plus impressionnantes que ce qui précède (traduction autorisée) :
Il est crucial de bien appréhender l'énormité du problème : le 31 mars 2006, 764 672 .COM ont été enregistrés, dont seuls 61 169 ont été retenus après expiration de la période de grâce de 5 jours. Ce qui signifie que 703 503 de ces noms (soit 92%) ont été « jetés » ensuite — et remboursés par l'ICANN (c'est moi qui ajoute et souligne).

La part du lion revient aux registreurs (probablement à hauteur de 99%) qui participent à ce petit jeu.

Sur la semaine du 27 mars au 2 avril 2006, 5 822 881 .COM été enregistrés, dont 455 918 ont été retenus et 5 366 963 (soit 92,1%) jetés.

Là encore, 99% de ces domaines ont été abandonnés par les registreurs
(qui ont récupéré ensuite leur mise, c'est toujours moi qui souligne).

Et le phénomène ne va qu'en s'amplifiant : au jour d'aujourd'hui, j'estime que plus de 3 500 000 .COM sont ainsi pris/jetés chaque jour. Pour mettre ces chiffres en perspective, il suffit de penser qu'au 2 avril, le total des .COM enregistrés dans le monde était de 48 868 756.

De mars 2005 à mars 2006, l'ampleur du problème a été multipliée par 15 !

En effet, en mars 2005, au total 3 243 967 .COM ont été enregistrés, dont 1 851 778 qui ont été abandonnés durant la période de grâce (la plupart dans le cadre de cette approche « je prends/je jette »).


Donc, en un an à peine, le phénomème a explosé, puisqu'en mars 2006, 29 894 290 .COM ont été enregistrés, un chiffre faramineux, dont 27 660 668 (soit 92,5%) abandonnés ensuite.

L'affaire est devenue si juteuse que chaque jour de plus en plus de sociétés réclament leur part du gâteau. Et ce qui ne concernait hier que les .COM s'étend maintenant aux .NET et .ORG.


En conclusion, si rien n'est fait, le désastre va prendre des proportions gigantesques. Une prise de conscience s'impose...
Voilà. Dans mon précédent billet, il était déjà question des abus des registreurs, cela ne fait que corroborer les faits. Quant à Bob Parsons, qui avait déjà épinglé la grande manigance autour du .EU, en disant que c'était même pire que ce qu'il croyait (ici et ), et continue de dénoncer les accords entre l'ICANN et Verisign, cette fois, on ne pourra pas dire de la source qu'elle n'est pas fiable !

Que celles et ceux qui ne connaissent pas GoDaddy.com consultent le dernier rapport de Verisign (en anglais). Sur les 465 registreurs analysés (grand absent de la liste : Google...), seuls 10 « font » plus de 1 million de domaines, .COM et . NET confondus (dans les proportions suivantes) :



Source : ICANN/VeriSign (information fournie aux termes des accords en vigueur entre VeriSign et l’ICANN, qui s’engage à garder le Rapport confidentiel avant que ne se soit écoulé un délai de 3 mois à compter du mois de publication. Donc, celui-ci concernant la situation au 31 décembre 2005, il n’a été publié que début d’avril.)

Que dire de plus ? Sinon que dans la vie réelle comme dans la vie virtuelle, on nous prend toujours pour des cons ! Là, au moins, il y a continuité...



P.S. [MàJ - 30-04-06] Suite au signalement de Patrick Mevzek en commentaire, voici une capture d'écran plus éloquente que les mots, où l'on voit en rouge le pic des suppressions des domaines avant l'expiration des 5 jours, et l'amplification du phénomène à partir d'octobre 2005 :



[MàJ 2 - 22-05-06] Après le domain tasting, voici le domain kiting.

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mardi 25 avril 2006

Google et le business des noms de domaine - II

Google et le business des noms de domaine - Du type-in au typo-in...

Chose promise, chose due : suite annoncée du billet Google et le business des noms de domaine, publié le 5 février dernier, dans lequel je tentais de décrire succinctement le service « AdSense for domains » de Google et les incursions de la firme de Mountain View dans la sémantique contextuelle.

Le billet se terminait sur le chapitre Du type-in au typo-in..., un sujet brûlant qui concerne les trois volets de la saisie directe (ou type-in, c'est-à-dire lorsque vous écrivez directement un nom de domaine dans la barre d'adresse du navigateur) :
  1. les noms de marque
  2. les coquilles
  3. les noms communs génériques
Les domaines associés aux points 1. et 2. sont habituellement qualifiés de cybersquatting et typosquatting, ce qui se comprend lorsque les noms incriminés portent atteinte aux droits d'une marque, d'une personnalité ou autre. L'AFNIC est très active sur le sujet.
Or ces concepts sont-ils aussi applicables aux noms communs génériques et aux coquilles portant sur des noms communs génériques ? Et n'y a-t-il pas là un marché légal, dès lors que les noms de marque ne sont pas touchés ? Il serait urgent de répondre à ces questions, vu que l'émergence des noms de domaine multilingues (ou accentués, ou IDN) ne va pas tarder à soulever de nombreux conflits, faute d'une législation claire en la matière.
Apparemment, comme toujours, les positions diffèrent du tout au tout des deux côtés de l'Atlantique. J'ai aussi lu quelque part (je ne me souviens plus de la source) que ce mode de recherche est davantage pratiqué par les anglo-saxons que par les francophones, autre signe des diversités nombreuses qui caractérisent les différentes « cultures Web ».

L'occasion de revenir sur la question m'est donnée par une actu sortie hier, dont le titre traduit est « Le dispositif anti-typosquatting de Microsoft pourrait faire du tort à Google » (Microsoft's anti-typosquatting ploy could hurt Google), qui annonce peut-être de nouveaux grands chamboulements :

En bref, il s'agit d'une fonctionnalité nommée Typo-Patrol, intégrée à un logiciel développé par le centre de recherche de Microsoft : Strider URL Tracer, qui vous permet de générer des typos (ou coquilles, ou fautes de frappe, etc.) à la volée à partir d'une URL quelconque, puis de sélectionner les noms que vous voulez vérifier et de tracer ensuite les résultats qui vous intéressent en ouvrant les adresses correspondantes dans Internet Explorer.

Pour avoir une idée de ce qu'est un générateur de typos, entrez un nom quelconque (anglais de préférence) dans le champ ci-dessous :

Keyword Typo Generator Tool © SEO Chat™

Keyword
or keyterm


On trouve plusieurs outils de ce type sur Internet, en voici un autre.

Donc, toujours selon l'article mentionné plus haut, le business des noms de domaine avec coquilles (typo DNs) représenterait plus de 3 millions de sites (!), soit près de 4 % du parc mondial des domaines enregistrés, autant d'usines à monétiser : soit avec les AdSense, soit en redirigeant les visiteurs vers des sites pornos, soit pour capter les courriels à des fins de phishing ou autres...

Le journaliste, Stuart Corner (qui répète telle quelle l'info d'IpWalk), rapporte le cas de Disney, qui compterait plus de 1 500 variantes à lui seul !
For only Disney-related .com domain names, Ipwalk found over 260 typo variations of the popular "disneychannel.com", owned by DomainCar, all of them leading to ad pages. "The actual number is bound to be much higher, since the examination used a limited set of typos," it noted. "Additionally, 957 domain names contained the word 'disney', and 338 domain names contained the test set of seven 'disney' typos."
Juste pour faire un exemple avec dysney.com :

À noter la subtilité de cette page, où l'on vous prévient seulement que ce nom a été réservé, sans plus. Mais en attendant, il est fort probable qu'en ne trouvant pas ce que l'on cherche notre regard soit attiré par l'une des annonces et que notre curiosité naturelle fasse le reste...

Ce qui est intéressant aussi, c'est de noter que ce système a toutes les apparences de la légalité. On vous prévient qu'aucun pourriel ne sera expédié depuis ce domaine, mais que si c'était le cas, il faudrait les prévenir immédiatement...

Quant à Dotzup, autre acteur de ce marché, la lecture de leur manifeste nous éclaire encore plus sur ce désir de faire du business avec les typos tout en restant dans la légalité :
  • Notice the absence of Trademarks
  • Notice the absence of Pending Deletes
  • Notice the absence of gambling, adult, offensive, or obnoxious
Tout en précisant : « Notice that we do very nicely with misspells. » (en gros, Observez que nous faisons de bonnes affaires avec les coquilles, sous-entendu : légalement). D'ailleurs, quand on voit les chiffres annoncés :

on comprend bien que l'affaire est juteuse et que mieux vaut essayer de légitimiser ce business plutôt que de s'enliser dans des procès sans fin.

Autre exemple : DomainSponsor, aujourd'hui Revenue.net, qui annonce un pactole de +5 milliards de pages affichées par mois sur son réseau :

Over 5 billion impressions per month ! Pour imaginer le C.A., vous n'avez plus qu'à tenter d'appliquer la formule Google... :-)

Alors voilà, si Microsoft s'en mêle, comme le souligne l'article, c'est le commencement de la fin pour les typosquatters, en conséquence de quoi les gros fournisseurs de pub sur les pages parking de domaines vont s'en ressentir, notamment Sedo et Google :
Microsoft’s initiative could be the beginning of the end for typo-squatting, which in turn could hurt providers of ad pages such as Sedo and Google who would lose exposure of their ad pages
Dans un autre registre, Sedo semble vouloir se démarquer totalement :
As advertiser awareness of direct navigation continues to rise, value will be concentrated in domains that offer an attractive advertising platform-- namely, category-owning, commercially-oriented generic domains-- at the expense of domains where most businesses would not want to see their advertisements-- eg, typos and potential TM domains.
de même que DomainCar :

Our system finds pre-owned, usually expired and preregistered domains using computer formulas. We don't look at each domain we register. If a domain we have affects you or your trademark dont't hesitate to contact us so we can resolve the issue immediately.
* * *
Affaire à suivre, donc, que cet autre conflit potentiel entre les intérêts respectifs de Google et Microsoft, qui en a probablement marre d'être toujours à la traîne...

D'autant plus qu'il est étonnant de constater que les plus gros enregistreurs de noms de domaine génériques (avec ou sans coquilles) sont ... les Registrars, c'est-à-dire les centres d'enregistrement eux-mêmes ! Comme le mentionne Domaine.info :
D'autres personnes (spécialement les Registrars : bureaux d'enregistrement) ont su voir la poule aux oeufs d'or et ont enregistré massivement tous les noms possibles et imaginables en .com à partir du moment où ils pouvaient venir à l'esprit de quelqu'un, dans la bonne ou mauvaise orthographe.
(...)
Les fameux Registrars : bureaux d'enregistrements. Plus de 70% des noms les plus génériques et intéressants vont directement dans la base des bureaux d'enregistrement pour être revendus ou exploités pour leurs qualités en tant que mots-clefs. Même s'ils ne sont pas aussi génériques et intuitifs que ceux en .com ou .fr, quelques clics par an suffiraient à amortir les frais d'acquisition. Le temps du premier arrivé premier servi est bien révolu. Il faudra désormais parler de : Premier Registrar venu, Premier Registrar servi !
Enfin, sur cette orientation vers la légalité, je reprendrai un exemple que fait l'AFNIC dans son avertissement sur les noms de domaine internationalisés (IDN) (qui date quand même de février 2003, je note au passage), à propos des problèmes juridiques susceptibles de se poser :
...parce que l'ouverture des noms « IDN » pourrait entraîner une vague de dépôts portant préjudice aux détenteurs de marques - ou simplement de noms « ASCII » traditionnels qui risqueraient ensuite de souffrir des nuisances causées par ces tiers en termes de captation de trafic par exemple (café.fr venant capter les visiteurs de cafe.fr).
en concluant sur quelques questions :
  1. Depuis plus de trois ans qu'il est possible d'enregistrer des IDN pour moins de 10 euros par an, pourquoi le titulaire de cafe.fr n'a-t-il donc pas enregistré café.fr ?
  2. Si l'on suit ce raisonnement pernicieux, qu'est-ce qui empêcherait cafe.fr de poursuivre aussi cafes.fr au motif des « nuisances causées ... en termes de captation de trafic » ?
  3. Dès lors que café.fr est en mesure de développer un site différent de celui de cafe.fr, en vertu de quel fondement juridique le second pourrait-il reprocher au premier d'avoir enregistré un nom de domaine, alors que lui-même aurait largement eu le temps et l'opportunité de « se protéger » ?
  4. Etc. etc., la liste n'est pas exhaustive...




[MàJ - 30-04-06] Un article long et détaillé écrit par deux journalistes du Washington Post est paru aujourd'hui sous le titre « Typed too fast? Google profits from your typo », qui confirme les faits :
The Washington Post found hundreds of active Web sites showing Google ads at addresses that appear to be misspelled variations of well-known company names, known as "typo-domains." Their owners are known as "typosquatters."
The Post generated roughly 100 random misspellings of "www.earthlink.net" and found 38 sites using variations of the Earthlink name "parked" at a Google-owned service called Oingo.com. All 38, which includes "dearthlink.net" and "rearthlink.net," serve Google ads.
Traduction rapide :

Fautes de frappe ? Google profite de vos coquilles
Le Washington Post a trouvé des centaines de sites Web actifs qui affichent des pubs de Google sur des adresses Web jouant avec les variantes orthographiques de noms de sociétés connues, les « typo-domains » aux mains des « typosquatters ».
Après avoir généré de façon aléatoire 100 variantes avec coquilles de « www.earthlink.net », nous avons trouvé 38 sites stationnés sur des pages parking hébergées par le service Oingo.com, contrôlé par Google. Sur ces 38 sites, qui comprennent des noms comme « dearthlink.net » and « rearthlink.net », tous affichent des pubs Google.

Quant au site Oingo.com, il renvoie ici :


preuve que la sémantique contextuelle de Google est bien au point, et dont le lien signalé sur le graphique renvoie à son tour vers le service « AdSense for domains » de la société.

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samedi 22 avril 2006

Adscriptor, recherche d'identité

Toujours en quête de sens, j'ai réfléchi à l'identité de ce blog, différente de celle-ci ou celle-là, même s'il s'agit d'autant de fragments qui composent le puzzle de ma présence sur Internet, dont j'ignore encore beaucoup de facettes mais dont je sais le dénominateur commun, qui se résume en un mot :

COMMUNICATION

Pour citer les auteurs du Mercator, j'entends par communication « l'ensemble des signaux émis en direction » de clients (existants ou potentiels), de prospects, de prescripteurs ou de toute autre « cible », voire de vous qui me lisez :-)

De même que pour un produit ou une marque, définis « comme étant l’idée que s'(en) font toutes les parties concernées », plus mon blog aura une identité claire, plus il sera aisément reconnaissable et « identifiable ».

La visibilité est notamment une question d'image, un adage qui vaut sur Internet encore plus qu'ailleurs, et elle doit se traduire par une signalétique cohérente : identité visuelle (logo, charte graphique, etc.) et signature (slogan, accroche, etc.).

Je me suis donc appliqué à inventer l'une et l'autre, en utilisant un petit programme sympa (Logo Creator) pour la première, et mon imagination pour la seconde. Après quelques tentatives et un peu de réflexion, voilà ce que ça donne :

Adscriptor - le Web à la loupe
N'étant pas graphiste (et n'ayant jamais su dessiner), j'ai juste fait appel à mon goût et mon intuition, qui me suggère cette analyse sommaire :

Logo :
La symbolique du A a toujours été forte, et la mienne (diamétralement opposée à celle de Rimbaud) représente le commencement, l'Alpha des grecs, dans une vision totalisante, puisque l'Alpha implique naturellement l'Omega (sous-entendu mais pas moins présent), le principe et la fin, un concept vraiment très proche de la nature et l'essence de l'Internet, au sens anthropologique.

Slogan :
Ads & Marketing Translator initialement, une accroche désormais trop restreinte puisque mon approche souhaite embrasser la Toile lato sensu, sous la lentille grossissante (l'aspect de verre qui éclaire le A, au centre d'un globe) de ma curiosité sans confins, d'où « le Web à la loupe »...

Quant à l'impression d'ensemble qui s'en dégage, je l'ai voulue empreinte de sobriété, discrète et non envahissante, en laissant une part prépondérante à l'écriture. Ai-je réussi ?

En espérant que des gens plus compétents que moi pourront me donner leur avis, je reste ouvert à toutes critiques et suggestions.


P.S. À propos de cette fameuse quête de sens qui m'obsède depuis qu'est apparue la révolution Internet, je viens de lire une phrase qui éclaire tout à fait mon questionnement :
Dans les sciences humaines enfin, le cyberespace et les NTIC bouleversent la compréhension de la place de l’homme au sein de ce nouveau système.
Elle est extraite d'un livre qui paraît ces jours-ci, intitulé « Le Nouveau pouvoir des internautes », téléchargeable et dont je vous recommande vivement la lecture. Les auteurs en sont François-Xavier et Cécile Hussherr, Marie-Estelle Carrasco, voir le dossier de presse ici.

Oui, telle est bien la question : « Quelle est ma place au sein de ce nouveau système, quel est le sens de ma présence sur Internet ? »
  • Vous êtes-vous déjà posé la ou les même(s) question(s) ?
  • Y avez-vous apporté une ou des réponse(s) ?
  • Pourriez-vous la ou les partager ?

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Microsoft, le Poulidor du Web

Où l'on reparle de GDrive grâce à ... Microsoft !

Par la voix de Ray Ozzie, qui dévoile dans une interview à la CNN la prochaine mise en service de Live Drive :

Microsoft is planning to use its server farms to offer anyone huge amounts of online storage of digital data. It even has a name for that future service: Live Drive. With Live Drive, all your information - movies, music, tax information, a high-definition videoconference you had with your grandmother, whatever - could be accessible from anywhere, on any device.

« Microsoft prévoit d'utiliser ses fermes de serveurs pour mettre à la disposition de tous d'énormes capacités de stockage en ligne des données numériques. Nom de baptême du futur service : Live Drive, grâce auquel toutes vos informations - films, musiques, données fiscales, la dernière vidéoconférence à haute définition que vous avez eue avec votre grand-mère ou tout ce que vous voudrez - pourront être accessibles de partout et depuis toutes les plateformes. »

Et d'ajouter :
Google apparently has similar plans. An internal memo accidentally posted online in March spoke of company efforts to "store 100 percent of user data" and mentions an unannounced Net-storage system called GDrive.
(Google is rumored to have a million servers around the world and, according to a knowledgeable source, is already the top electricity user in at least one large U.S. state. Google would not comment.)

« Apparemment, les plans de Google sont identiques. Une fuite interne mise en ligne par inadvertance au mois de mars mentionnait déjà les efforts déployés par Google pour « stocker 100 % des données utilisateur » ainsi que GDrive, un nouveau système de stockage sur Internet dont personne ne savait encore rien.
(Il paraît que Google a des millions de serveurs un peu partout sur la planète. Selon une source bien informée, la firme serait le plus gros consommateur d'énergie électrique dans au moins l'un des plus grands États d'Amérique. Aucun commentaire de Google à ce sujet.)
 »

Certes, quand Microsoft dit « à la disposition de tous », il est clair qu'il faut sous-entendre « de tous ceux qui paieront », mais il est probable que le service de Google sera payant aussi. À moins que...

En conclusion, ce qui me frappe dans cette histoire, c'est que Microsoft a toujours l'air d'avoir un coup de retard, et dans la gigantesque partie d'échec économique et pas seulement qui est en train de se jouer (voir les efforts actuels d'EBay pour s'associer avec MSN ou Yahoo), un coup de retard ça peut vite être fatal.

Cette annonce suit de peu la création de Live Academic pour tenter de concurrencer Google Scholar, mais comme l'observe justement Olivier Andrieu :
MSN devrait quand même faire attention. Lorsqu'on s'appelle "Microsoft", qu'on le veuille ou non, on part auprès de certaines personnes avec un certain handicap au niveau du capital sympathie, notamment auprès des utilisateurs du Mac et des logiciels "open source". (...) On a l'impression que MSN va parfois à l'encontre de cette voie et c'est vraiment dommage lorsqu'on désire s'attaquer à un concurrent dont l'hégémonie sera difficile (mais certainement pas impossible) à contrer...

Que l'hégémonie de Google ne soit pas impossible à contrer, passe encore, mais que le challenger soit Microsoft, ce serait fort étonnant : efficacité et souplesse pour le premier, plantages à répétition et usine à gaz pour le second, y a pas photo ! Ça m'étonne pas que Ballmer s'énerve (cliquez sur le lien, puis en bas à gauche de l'écran, 1'14'' de pur plaisir. Garanti !)...

Bah, autrefois, sur les routes du Tour de France, les supporters lançaient des « vas-y PouPou », aujourd'hui ceux qui aiment MSN pourront toujours crier « vas-y Bilou », je crois pas que ça suffise pour qu'il gagne.


P.S. D'aucuns s'étonneront peut-être que je ne mentionne pratiquement jamais Yahoo, c'est juste que je trouve Yahoo ennuyeux !

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mercredi 19 avril 2006

Adscriptor, c'est quoi ?


Maintenant que mon blog grandit lentement mais sûrement vers l'âge de la maturité, avant de poursuivre j'ai besoin de faire le point sur sa genèse, sa nature et ses perspectives (d'autant que ma dernière petite mise à jour remonte à plus d'un an) !

Initialement né comme laboratoire de traduction pour joindre l'utile (mettre en avant mon savoir-faire dans ce métier) à l'agréable (rendre accessible aux internautes francophones des ressources anglo-saxonnes sur Internet et le marketing), il s'est transformé incidemment en laboratoire de réflexion, au gré de mes nombreux questionnements sur le sens et l'essence de ma présence sur Internet.

Dans mon cas,
  1. un blog, c'est :

    • une porte d'entrée sur ma cybergalaxie
    • un lieu de rencontre
    • un point d'accès à mes nombreux centres d'intérêt, professionnels et personnels :
      • au plan professionnel : prestation de services conseil sur le positionnement et le référencement par la qualité du contenu, c'est-à-dire l'optimisation linguistique, qui comprend en amont l'audit linguistique et en aval le contenu rédactionnel (à ne pas confondre avec le contenu éditorial, qui inclut notamment la charte graphique, les fichiers audio, vidéo, ...)
      • au plan personnel : instaurer le dialogue, animer un espace d'interactivité, me remettre en question à chaque billet, aborder la traduction comme pure communication, d'une manière générale travailler et retravailler les mots, le texte et l’hypertexte, l'impact des messages, etc.


  2. faire vivre un blog, c'est tenter de :
    • garder l’esprit en éveil et possiblement susciter l’attention de mes lectrices et lecteurs
    • mêler humour, infos et insolite, analyses et découvertes
    • rester libre et spontané tout en ayant de la tenue
    • avoir l’air sérieux sans trop me prendre la tête
    • être en alerte constante pour réagir aux tendances et aux évolutions, un état de veille et d'anticipation qui m'a conduit à m'occuper de Google, chose qui n'était absolument pas prévue au départ, etc.

Enfin, parmi les pôles d'intérêt encore à développer, j'en citerai deux qui me sont particulièrement chers :
  • l'Italie, ma deuxième patrie, où je vis désormais depuis près de 25 ans, la France restant ma patrie de sang, l'Italie ma patrie de cœur, un pays et une culture que j'aime profondément, même si j'ai parfois la nostalgie de la terre - et de la langue - où je suis né...
  • la poésie, puisque j'ai déjà écrit plusieurs centaines de poèmes rassemblés en différents recueils, dont aucun à ce jour n'a connu ni le bonheur ni les honneurs de la publication, un obstacle autrefois infranchissable qu'Internet me permet désormais de contourner allègrement : autopublier mes œuvres poétiques
    aux éditions de moi-même, c'est pour bientôt !
À suivre...


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jeudi 13 avril 2006

Google : le calendrier est-il au rendez-vous ?

Google Calendar enfin disponible


Depuis le temps qu'on l'attendait, ce fameux CL2, le voici enfin ! C'est comme ça depuis ce matin. En attendant Godot...

Maintenant que le calendrier est en ligne, vous serez impardonnable la prochaine fois que vous louperez vos rendez-vous ;-)

Pour approfondir : en anglais (mieux vaut le savoir), et en français, dans le détail.



P.S. Compte Gmail nécessaire pour s'inscrire. Si vous voulez, j'ai quelques invitations disponibles ... après Pâques. Ciao, J-M

Google et le chant des moissons

Google et le chant des moissons


Je ne résiste pas à l'envie de vous communiquer cette dernière info : Google vient de dévoiler son rebranding en Chine, où le moteur s'appellera désormais Gu Ge, qui signifie « harvest song », le chant des moissons...

Crédit : EyePress / AP

Sûr qu'avec plus de 110 millions de sino-surfers la récolte risque d'être fructueuse. Sans oublier les futures générations, et elles arrivent vite, là-bas...

Or pour l'instant, il est tard, je suis fatigué, et la question est trop vaste pour me lancer dans une analyse hasardeuse. Je me limiterai donc à vous fournir quelques liens relatifs à la présence de Gu Ge en Chine, pour le meilleur et pour le pire...

Google en Chine
Google renforce la grande muraille de Chine
Censure de Google en Chine, réaction officielle de RSF (Reporters Sans Frontières)

Quant à la censure chinoise qui n'existe que dans l'esprit des mal-pensants et dans la bouche des mauvaises langues (à croire qu'on vit pas tous sur la même planète), voici juste quelques indices :

Sur les mots interdits :

- vérité, compassion, tolérance
- sites Web Occidentaux, publications et groupes de dissidents
- Forum sur la démocratie et la liberté
- Forum sur la voix du peuple
- Indépendance du Tibet
- Massacre de Tiananmen

et, toujours à propos de TienAnMen, les photos interdites :

- L'histoire, telle que la voient les occidentaux, des tanks, des tanks et encore des tanks


- L'histoire, telle que la voient les chinois, des cartes postales, des cartes postales et encore des cartes postales


Source : Yazerty.net

À propos, si vous voyez apparaître les résultats de la première photo en cliquant sur la deuxième, c'est pas grave, vous êtes juste géolocalisés et Gu Ge vous renvoie automatiquement à Google... Souriez, on vous surveille :-)


P.S. Il est vrai que Google n'est pas le seul géant d'Internet à s'implanter en Chine, mais enfin, comme l'observe si justement Nate Anderson, quand on a comme devise quasi-officielle « Don't be Evil », on s'expose peut-être plus que les autres aux critiques...

Et pour finir, une véritable carte postale (clicable) !



P.S. Mise à jour : 24 avril 2006

Aux dernières nouvelles, les chinois eux-mêmes semblent contester Google et son choix de changer le nom du moteur en Gu Ge, puisqu'ils ont mis une pétition en ligne pour demander à la société de Mountain View de faire marche arrière :