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mardi 22 décembre 2009

Quand votre e-réputation en prend un coup !


C'est probablement ce qui vient de m'arriver avec mon dernier billet, aussi ai-je été bien content de recevoir ces conseils de Xavier, ils tombent à point nommé.

Lequel a participé, avec 13 autres professionnels, dont des Explorateurs du Web (séquence nostalgie :-), à un exercice de style collaboratif sur l'e-réputation, imaginé par Camille (CaddE-Réputation) qui nous propose la synthèse suivante en cas de problèmes de ce genre :

==> Occuper l'espace : mettre en place des profils des dirigeants sur les réseaux sociaux professionnels (LinkedIn, Viadéo, etc.), diffuser des vidéos sur les plateformes adéquates (You Tube, Dailymotion, etc.), utiliser des services de republication d'articles (Bookmarking, Digg), diffuser des communiqués de presse concernant l'entreprise... En bref, partir du principe que De vous à moi n'a pas de réelle présence sur le web et que par conséquent : tout est à faire.

==> Produire du contenu : créer un site, un blog (et au passage acheter son nom de domaine) et y diffuser du contenu de qualité, contrôlé et réfléchi par l'entreprise. En effet, rien ne sert d'occuper l'espace si c'est pour diffuser un discours « plat » et sans intérêt pour l'internaute (qui plus est face au discours critique d'un blogueur).

==> Dialoguer avec les internautes en investissant les médias sociaux : création et animation d'une page Facebook dédiée à l'entreprise, création et alimentation d'un compte Twitter... Repérer des ambassadeurs potentiels de l'image de l'entreprise, en dialoguant avec les internautes et en s'appuyant notamment sur les contacts déjà existant « hors-ligne » (fournisseurs, partenaires, etc.). Si d'autres parlent de l'entreprise de manière positive, alors cela aura sûrement plus d'impact sur l'internaute cherchant des informations sur l'entreprise.

==> Mettre en place une politique de recherche d'informations et de veille afin de s'assurer que d'autres résultats comme ceux-là n'existent pas et d'être informé de la parution d'un autre article de ce genre. Et bien entendu, au final, veiller sur les résultats des actions mises en place pour en mesurer l'efficacité et l'impact.

==> Identifier précisément le blogueur : qui est-il ? Quels articles a-t-il déjà écrit ? Travaille-t-il pour un concurrent ? Définir de manière fine le profil du détracteur permet d'ajuster ses actions et surtout (dans l'hypothèse d'un dialogue) de développer un discours et un argumentaire qui aura plus de chance de le convaincre.

==> Rebondir sur le discours du blogueur et exercer un droit de réponse. Répondre au blogueur sur un espace contrôlé par l'entreprise (site, blog, etc.), et de manière humoristique qui plus est, peut permettre de désamorcer la situation, de reprendre la main sur la communication, voir d'inciter le blogueur à ouvrir le dialogue s'il ne le souhaitait pas. De plus, chacun dispose d'un droit de réponse s'il se sent attaqué, et qui plus est avec les nombreux outils présents sur le web.

==> Ne pas demander la suppression de l'article. Et qui plus est par commentaire. Une des solutions proposées plusieurs fois est d'essayer d'instaurer un dialogue hors-web (ou tout du moins invisible aux yeux des internautes) téléphonique, par mail ou encore de visu.

==> Ne pas réagir sans avoir pris le temps de réfléchir à une stratégie. Il paraît essentiel à plusieurs professionnels de ne pas se précipiter dans des actions dont on ne mesure pas les impacts. Se poser les bonnes questions (possibilités ? Cibles ? Moyens à disposition ? Risques ?) est essentiel avant d'agir. Par exemple, dans le cas présent, se demander quelles répercussions réelles le discours tenu peut avoir.

Bien entendu, sur son blog Camille renvoie aux 14 billets, et je ne saurais trop vous conseiller de tous les lire pour en tirer des conseils avisés.

Personnellement, ce que je retire de cette expérience, c'est d'essayer de ne pas perdre son objectivité, chose que me reproche en commentaires un ami référenceur :
Ces démonstrations vaseuses n'attaquent que ta réputation d'objectivité.
Pourtant, je sais que je n'ai pas rédigé mes trois billets sur la question (un sur ce blog, et deux sur mon blog italien) par manque d'objectivité mais par désir de comprendre.

Il y a quand même énormément d'éléments troublants dans cette histoire, du comportement des gardes du corps (qui font partie d'un service de surveillance privé et non pas des services secrets) au modèle de dôme qu'on nous présente entier suite à l'attentat alors que selon d'autres sources il a volé en éclats, en passant par ce bout de plexiglas "visible" sur la photo alors qu'on a également retrouvé un bout de plexiglas d'une vingtaine de centimètres dans les bagages de l'agresseur.

Et ça, je dois dire que c'est le détail qui m'a tué ! Jusqu'à ce qu'on m'explique que c'est un effet d'optique courant en photographie, mais bon, inutile de revenir sur la question.

Donc, ma conclusion, c'est que sur Internet la réputation de chacun n'est jamais à l'abri de quoi que ce soit, d'autant plus que désormais nous sommes tous des personnages publics !

Par conséquent l'important c'est de faire face avec sincérité, et de reconnaître ses erreurs quand on en commet. Car si j'ai pêché, c'est par ignorance, certes pas par mauvaise foi, et comme l'a dit quelqu'un avant moi, qui me jettera la première pierre ?

Mais bon, je vais pas non plus me lancer dans la religion après la politique, j'ai déjà donné !

Bonnes fêtes de Noël et joyeuse année 2010 à toutes et à tous, pour moi il est temps de prendre une pause. À l'année prochaine... :-)


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Du sourire 2009 ... au sourire 2010 :-)



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dimanche 18 janvier 2009

Nous sommes tous des personnages publics !

Traditionnellement, on ne faisait plus trop de distinction entre personnage public et people, célébrité, star, etc.

Cela change désormais avec Internet, dès lors que du jour au lendemain Monsieur ou Madame Tout-le-monde peut potentiellement devenir un personnage public sans être célèbre pour autant, un Marc L. ou un Fred mis à nu de son plein gré ou contre...

Une histoire qui a suscité des vocations, des répliques, et des analyses.

Pour répondre à Szarah, cette affaire me rappelle celle d'Olivier Martinez. Mais a contrario.

Dans l'interview de l'internaute devenu "célèbre" malgré lui, à la question « Comptez-vous porter plainte ? », il répond :
Non, je n'ai pas grand chose à faire, toutes (c)es informations étaient accessibles.
Tout en précisant :
Toutes ces infos que j'ai publiées sur moi, elles étaient pour les gens qui m'entourent.
Or selon moi, le fait que quelqu'un collecte des données, certes accessibles, mais éparpillées, et les rassemble contre la volonté de la personne qui les a publiées, ou tout au moins sans l'informer ni obtenir son consentement au préalable, devrait être considéré comme un "traitement" de données - directement et indirectement - nominatives, à savoir des “informations qui permettent, sous quelque forme que ce soit, directement ou non, l’identification des personnes physiques auxquelles elles s’appliquent...”, qui contreviendrait ainsi aux dispositions générales de la loi n° 78-17 du 6 Janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, et ne remplirait donc pas les nécessaires "CONDITIONS DE LICÉITÉ DES TRAITEMENTS DE DONNÉES À CARACTÈRE PERSONNEL" :
Article 6

Un traitement ne peut porter que sur des données à caractère personnel qui satisfont aux conditions suivantes :
  1. Les données sont collectées et traitées de manière loyale et licite ;
  2. Elles sont collectées pour des finalités déterminées, explicites et légitimes et ne sont pas traitées ultérieurement de manière incompatible avec ces finalités. Toutefois, un traitement ultérieur de données à des fins statistiques ou à des fins de recherche scientifique ou historique est considéré comme compatible avec les finalités initiales de la collecte des données, s’il est réalisé dans le respect des principes et des procédures prévus au présent chapitre, au chapitre IV et à la section 1 du chapitre V ainsi qu’aux chapitres IX et X et s’il n’est pas utilisé pour prendre des décisions à l’égard des personnes concernées ;
  3. Elles sont adéquates, pertinentes et non excessives au regard des finalités pour lesquelles elles sont collectées et de leurs traitements ultérieurs ;
  4. Elles sont exactes, complètes et, si nécessaire, mises à jour ; les mesures appropriées doivent être prises pour que les données inexactes ou incomplètes au regard des finalités pour lesquelles elles sont collectées ou traitées soient effacées ou rectifiées ;
  5. Elles sont conservées sous une forme permettant l’identification des personnes concernées pendant une durée qui n’excède pas la durée nécessaire aux finalités pour lesquelles elles sont collectées et traitées.
Article 7

Un traitement de données à caractère personnel doit avoir reçu le consentement de la personne concernée ou satisfaire à l’une des conditions suivantes :
  1. Le respect d’une obligation légale incombant au responsable du traitement ;
  2. La sauvegarde de la vie de la personne concernée ;
  3. L’exécution d’une mission de service public dont est investi le responsable ou le destinataire du traitement ;
  4. L’exécution, soit d’un contrat auquel la personne concernée est partie, soit de mesures précontractuelles prises à la demande de celle-ci ;
  5. La réalisation de l’intérêt légitime poursuivi par le responsable du traitement ou par le destinataire, sous réserve de ne pas méconnaître l’intérêt ou les droits et libertés fondamentaux de la personne concernée.
Donc en lisant ce qui précède, il me semble bien que cette "collecte" et ce "traitement" de données à caractère personnel sans aucun consentement préalable serait de nature à porter une « atteinte aux droits de la personne résultant des fichiers ou des traitements informatiques », c'est pour le moins ce que me dicte le bon sens...

Et à qui objecterait qu'il s'agit là de "redivulgation de faits déjà licitement publiés", d'informations "anodines" ou encore de "faits publics ou faits qui ont été portés à la connaissance de tous en toute légalité", on pourrait facilement répliquer en citant le jugement prononcé dans l'affaire O. M. c/ S.N.C. Prisma Presse :
...attendu que la divulgation antérieure par le demandeur de faits relevant de sa vie privée, à supposer qu'elle soit suffisamment démontrée, ne saurait le priver de la possibilité d'agir en référé en raison d'atteintes postérieures non autorisées...
puisqu'après tout, selon la jurisprudence, « toute personne, quels que soient son rang, sa naissance, sa fortune, ses fonctions présentes ou à venir, a droit au respect de sa vie privée » (Civ. 1ère, 23 octobre 1990, Bull. n° 222), conformément à l'article 9 du Code civil.

Cela dit, le problème de l'identité numérique étant inévitable, autant s'y préparer, ce qui ne va pas de soi, contrairement aux apparences.

Donc à celles et ceux qui pensent comme les 57% de votants que la chose est sans intérêt :


je conseillerais de suivre attentivement la présentation par Me Olivier Itéanu du livre « L'identité numérique en question » :



En conclusion, cette affaire montre bien que, sur Internet, plus besoin d'être une vedette pour être livrés en pâture aux internautes, ce qui fait désormais de nous tous des personnages publics !


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dimanche 21 octobre 2007

Blogueurs : citez vos sources !

Blogueurs : citez vos sources !

ou Réflexions sur la déontologie du blogueur et proposition d'insérer un huitième point au Code de conduite des blogueurs
 :
8. Nous invitons les blogueurs à l'honnêteté intellectuelle et à toujours citer leurs sources, dans la mesure du possible.
Petit message dédié et adressé à Aziz Haddad.

[MàJ - 14h35'] Réponse de Aziz en commentaire :
Jean-Marie >>> Je pense qu'il y'a un grand malentendu sur le sujet ! On aurait pu en discuter avant (ce qui est dommage), j'ai effectivement vu ton article (suite au backlink que j'ai reçu) mais je ne t'ai en aucun cas pompé l'info, j'ai bien reçu celle-ci directement dans ma boite email hier par un de mes lecteurs. Quant à la capture d'écran, ecore désolé mais c'est bien moi qui l'ai effectué (et non pas rajouté la flèche comme tu le mentionnes).
La question serait plutôt: mon contact a t il l'info auprès de toi? auprès de allfacebook? je me pose désormais la question et veux bien rectifier le tir en mentionnant vos 2 posts qui précèdent le mien. Je ne peux t'empêcher de douter mais tu remarqueras en tout cas que ce n'est pas dans mes habitudes. (j'avais même publié un article à ce sujet).
Amicalement,
Aziz

Aziz, OK, le backlink que tu as reçu venait du même billet, mais je prends acte de ta réponse. Ceci dit, je laisse intacte ma proposition, car elle concerne les internautes qui bloguent et commentent en général, chose qui va bien au-delà de ce simple billet. Et si tu me donnes le lien de ton article, je le mettrai ici. J-M

[2e MàJ - 23h55'] Pour celles et ceux qui souhaitent avoir un avis contraire...

* * *

Lié à mes dernier et avant-dernier billets.

Dans la traduction de Luc Legay, mentionnée dans Droits des utilisateurs des réseaux sociaux, Luc nous rappelle le code de bonne conduite pour la blogosphère.

Ce qui m'amène directement à l'objet de ce billet.

Cette nuit (je travaille souvent la nuit pour préparer mes billets), j'ai vu qu'Aziz était passé sur mon blog, via Mybloglog, ainsi que sur celui d'AllFacebook, que je consulte régulièrement en ce moment car c'est une source intarissable d'infos sur Facebook.


Ça ne m'a pas étonné car je le cite à deux reprises, non sans lier son blog, dans mon avant-dernier billet (publié samedi après-midi) sur les données démographiques de Facebook :
Or le 6 octobre, Aziz Haddad nous communiquait que les utilisateurs de Facebook en France étaient 200 000, en arrondissant. Ils sont 429 540 aujourd'hui, soit un gain de plus de 100% 14 jours plus tard !!!

Aziz, qui nous rappelait qu'en septembre les membres du réseau France n'étaient que 89 000, pariait sur un demi-million d'utilisateurs d’ici la fin de l’année !
Et puis je lis ce titre dans mes flux, Facebook : 430.000 utilisateurs français !

Billet publié cette nuit (Sunday 21 October 2007, 02:32 — by Aziz Haddad), dans lequel il reprend, outre l'info, la même capture d'écran que dans mon blog :


Il a juste surligné en jaune et ajouté la flèche rouge.

Sans toutefois citer ses sources, ni moi ni Nick O'Neill, ce qui aurait été la moindre des choses.

Je n'ai pu m'empêcher de commenter :


Bien la déontologie du blogueur ! T’aurais peut-être pu citer la source, moi en l’occurrence. Ou tu tiens à t’assurer l’exclu ?
Encore aucune réponse à cette heure. D'où ce billet.

En conclusion, plutôt que de commettre une faute de goût, une faute de style, une faute déontologique, ou une faute tout court (tout l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire), revendiquons toujours l'honnêteté intellectuelle de bloguer et citons nos sources !

En rappelant pour mémoire le premier point du Code de conduite pour la blogosphère rédigé par Tim O’Reilly en avril dernier :
1. Nous assumons la responsabilité de nos paroles et nous nous réservons le droit de ne pas accepter dans nos blogs les commentaires qui ne sont pas conformes aux règles élémentaires de la courtoisie.
(...)
Pour une définition claire d’une juste attribution des sources et de leur usage équitable, veuillez consulter le lien : Legal Guide for Bloggers.
À imprimer, encadrer et à mettre bien en évidence pour se le remémorer en cas de besoin...


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Droits des utilisateurs des réseaux sociaux

Droits des utilisateurs des réseaux sociaux

Une heureuse découverte ce matin dans mon lecteur de flux, ce billet de Luc Legay intitulé La déclaration des droits pour les utilisateurs des réseaux sociaux, qui traduit A Bill of Rights for Users of the Social Web, charte rédigée le 4 septembre dernier par Joseph Smarr, Marc Canter, Robert Scoble et Michael Arrington, et publiée sur le blog Open Social Web, ouvert pour l'occasion.

We publicly assert that all users of the social web are entitled to certain fundamental rights, specifically:

  • Ownership of their own personal information, including:
    • their own profile data
    • the list of people they are connected to
    • the activity stream of content they create;
  • Control of whether and how such personal information is shared with others; and
  • Freedom to grant persistent access to their personal information to trusted external sites.


Sites supporting these rights shall:
  • Allow their users to syndicate their own profile data, their friends list, and the data that’s shared with them via the service, using a persistent URL or API token and open data formats;
  • Allow their users to syndicate their own stream of activity outside the site;
  • Allow their users to link from their profile pages to external identifiers in a public way; and
  • Allow their users to discover who else they know is also on their site, using the same external identifiers made available for lookup within the service.

Traduction de Luc :
Les utilisateurs des réseaux sociaux doivent bénéficier des droits fondamentaux suivants :
  1. Conserver la propriété de leurs informations personnelles : profil personnel, liste des contacts, contenus produits (ou liens vers ses contenus) ;
  2. Le contrôle du partage de ces informations personnelles ;
  3. La liberté d’autoriser un site, tiers de confiance, d’accéder durablement à ces informations personnelles.
Les sites qui adhèrent à ces droits fondamentaux doivent permettrent à leurs utilisateurs :
  1. de syndiquer leurs informations personnelles en utilisant une URL permanente ou une API utilisant un format de données ouvert ;
  2. de syndiquer leurs contenus à l’extérieur du site ;
  3. de relier leurs pages d’informations personnelles à des identifiants externes et publics ;
  4. de découvrir qui utilise le site parmi leurs contacts, à l’aide d’identifiants identiques à l’intérieur du site et en dehors du site.
Et Luc d'ajouter : « L’heure étant à la multiplication de nos identités à travers la multiplication des services de réseaux sociaux, la démarche paraît plus qu’urgente pour beaucoup d’entre nous ! »

Nous voilà prévenus...


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dimanche 20 mai 2007

Google, the serial Profiler

Introduction
Le brevet qui fait peur
Sur Internet, la gratuité est-elle gratuite ?

* * *

Introduction

Je suis toujours très étonné de voir que les gens s'étonnent des implications infinies qu'a et qu'aura de plus en plus Internet sur nos vies privées. Et de voir des levées de bouclier plus ou moins étendues, plus ou moins consensuelles, contre l'espionnage et le profilage comportemental qui menacent le respect de nos libertés individuelles, de nos choix personnels et professionnels, de notre aptitude à décider, etc.

De même que l'identité numérique est inévitable, le profilage qui en est le pendant naturel l'est tout autant pour les marchands. Car dès que nous nous connectons à Internet, nos faits et gestes sont traqués, pesés, soupesés, analysés, décortiqués, etc. Sachons-le !

Et ne soyons pas surpris : inutile de faire semblant de croire qu'on pourrait y échapper, inutile de s'indigner (attention, je ne dis pas que s'indigner n'est pas légitime, je dis que c'est inutile, nuance, même si je vais vous paraître désabusé...), les intérêts et les puissances en jeu - économiques et autres - sont trop considérables pour prendre en compte les attentes de l'internaute lambda, dont l'opinion a environ la même densité que la goutte d'eau dans l'océan...

Pour faire une métaphore, l'information aujourd'hui, c'est comme le pétrole il y a un siècle et demi, un gisement brut dont l'humanité se nourrira longtemps encore, et les effets collatéraux tels que le réchauffement climatique n'ont jamais empêché les marchands d'imposer l'or noir au monde entier, ni de le rendre indispensable et irremplaçable alors même qu'il pourrait être remplacé. Substituez juste "réchauffement climatique" avec "respect de la vie privée" pour aller jusqu'au bout de l'analogie...

Fini le marketing de masse indifférencié, les techniques de pointe sont depuis longtemps déjà au ciblage socio-démographique, au profilage psychologique et comportemental (qui n'est plus l'apanage des seuls criminels), au géomarketing, etc. Et qu’on le craigne ou s’en offusque n’y changera rien. Depuis longtemps le cynisme et le pragmatisme des publicitaires ont pris le pas sur les bonnes vieilles valeurs d’antan, il faut en être conscients. Sous peine d’immenses et d’intenses désillusions, cruelles certes, mais qui ne changeront pas le cours de l’histoire pour autant.

Déjà, pour les gourous de l’Internet qui décident où, quand et comment placer leur pub pour qu’elle ait l’impact le plus fort et le taux de transformation le plus élevé, il y a longtemps qu’une somme d’individus ne fait plus une collectivité mais un marché, ou plutôt des marchés, autre abstraction bien commode par les temps qui courent. Et qu’on appelle ces individus internautes, utilisateurs, journalistes citoyens ou autres ne fait aucune différence.

Désormais, la segmentation sur Internet se fait tellement efficace que la plus petite unité de découpage est l’individu, qui se trouve ainsi pratiquement dépecé, analysé sous toutes ses coutures et composantes, physiques, mentales, sociales, culturelles, économiques, publiques, privées, familiales, professionnelles, voire sexuelles, raciales et religieuses, etc., au point que chacun est un marché à lui tout seul, chacune un marché à elle seule. Le graal des marketers depuis la nuit des temps…

Qui ne vont pas se priver de continuer à archiver, trier, répertorier, géoréférencer, etc., une masse de données considérable, dont la croissance exponentielle fait passer la loi de Moore pour de la roupie de sansonnet.

Sans oublier que dans un avenir très proche la montée en puissance de la téléphonie mobile, le déploiement mondial de la biométrie et de certaines FET (technologies futures et émergentes), mais aussi de l’Internet des choses, tout cela permettra aux entreprises d’anticiper toujours davantage, voire d’inventer – au plus près (dimension géospatiale) et au plus tôt (dimension temporelle) – nos attentes, nos désirs, nos goûts, etc., avec une exactitude quasi-satellitaire, un niveau de précision jamais égalé à ce jour, et aujourd’hui encore bien moins que demain.

S'il ne fallait citer qu'un chiffre :


[MàJ - 3 juin 2007 : l'adaptation française de cette vidéo est maintenant disponible]

A fortiori, il n'y a pas que les entreprises. Faites confiance aux gouvernements et aux institutions de tous bords pour en faire autant. Avec notre accord ou sans. Du genre « ennemis de l'État ». Les enjeux sont trops gigantesques pour qu'ils s'arrêtent à des détails aussi insignifiants que l'avis des personnes.

Pour employer un néologisme parlant, nous serons vivisséqués et surveillés en permanence. Tout au long de notre existence, du berceau au tombeau. Qu’on le veuille ou non.

Donc si ce préambule est clair, nous pouvons entrer dans le vif du sujet. [Début]

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Le brevet qui fait peur

Cet article couvait en moi depuis quelques mois déjà, mais c'est la lecture du billet de François Grisoni sur l'excellent Googlinside qui en a été le déclencheur. Intitulé « Le brevet qui fait peur », l'auteur s'inquiète de ce qu' « il serait possible d'établir le profil psychologique d'un joueur sans interférer avec l'expérience de ce dernier... », offrant ainsi la possibilité « effectivement très simple et sans doute particulièrement tentant(e) de croiser les données recueillies à l'aide de cette technologie aux informations déposées par le joueur lors de son inscription, rompant ainsi l'anonymat des statistiques. »

Donc, dans un premier temps j'ai voulu en savoir plus sur le dépôt (par BALUJA, Shumeet aux U.S. et par Google hors U.S.) du brevet n° 20070072676, intitulé « Using information from user-video game interactions to target advertisements, such as advertisements to be served in video games for example » (traduction officielle : utilisation d'informations issues d'interactions de jeux vidéo utilisateur pour cibler des publicités telles que des publicités pouvant servir dans des jeux vidéo par exemple), qui décrit de manière assez détaillée un échantillon possible des emplois multiples que l'on peut faire des saisies/actions de l'utilisateur. Exemple avec le point 47 de la description :
User input may include user selections, user dialog, user play, etc. User selections may include, for example, one or more of characters, vehicles (e.g., a specific make of an automobile, car color, engine modifications, car modifications, etc.), tracks, courses or fields (e.g., a specific racetrack, a specific stadium, etc.), teams, players, attire, physical attributes, etc. There are many customizations a user may select from depending on the genre of the game. These selections may reflect the user's fondness, preferences, and/or interests. User dialog (e.g., from role playing games, simulation games, etc.) may be used to characterize the user (e.g., literate or illiterate, profane, blunt, or polite, quiet or chatty, etc.). Also, user play may be used to characterize the user (e.g., cautious, strategic, risk-taker, aggressive, non-confrontational, stealthy, honest, dishonest, cooperative, uncooperative, etc.).
François Grisoni nous fournit une traduction partielle (la partie en gras ci-dessus), qui donne une bonne idée de l'ambiance :
Les dialogues (par exemple dans les RPG, les simulations, etc.) peuvent être utilisés pour caractériser l’utilisateur (par exemple éduqué, profane, franc, poli, calme, etc.). De la même façon, la façon de jouer de d’utilisateur peut être analysée (par exemple courageux, agressif, évite les confrontations, discret, honnête, coopératif, indépendant, etc.).
Par conséquent, s'il est clair qu'on peut légitimement s'en inquiéter, il est tout aussi clair de voir que la stratégie globale des firmes va inexorablement dans ce sens, et que les quantités de plus en plus faramineuses de données qu'elles récoltent tous azimuts à notre sujet seront peu ou prou utilisées pour influer sur nos choix, nos actions, nos comportements, etc., la liste n'est limitée que par l'imagination.

Et même si les sociétés telles que Google cherchent constamment à nous rassurer, il est évident qu'emmagasiner autant de données sans les exploiter serait suicidaire pour une entreprise. La mise à disposition "gracieuse" de plus en plus de services destinés aux internautes n'a d'ailleurs pas d'autre but que de collecter et d'amasser nos données à des fins de traitement, de ciblage, etc. Ce qui nous amène à nous poser la question suivante... [Début]

[MàJ - 29 mai 2007] À propos de Googlinside , voir la vidéo qu'ils ont réalisée. Même muet, il est parlant, ce GMan...



* * *

Sur Internet, la gratuité est-elle gratuite ?

La réponse est évidente : NON ! La seule justification de l'apparente gratuité sur Internet est qu'elle permet d'obtenir un avantage en retour, que ce soit en termes économiques, d'analyse, de positionnement, de pénétration, etc. Ce que les auteurs du rapport sur l'économie de l'immatériel (PDF, 700 ko) appellent « Le paradoxe de la "valeur gratuite" ».

Et au final de mieux capturer l' "utilisateur" dans les rets du filet, le Net, de la toile, le Web, du réseau, le Network, du réseau des réseaux, Internet ! Pour mieux le faire confluer, converger, consommer, etc. Seul point commun, le préfixe con...

Le jour de mon 49e anniversaire, il y a plus d'un an déjà, je sais :-(, dans un billet intitulé Google : the Portal Strategy!, qui tentait de dresser un panorama détaillé de la galaxie de services grâce auxquels Google centralise de plus en plus de données précises sur les internautes, j'envisageais explicitement le rôle de profileur de Google en ces termes :
Par conséquent dans cette logique, à terme plus ou moins rapproché, la prochaine étape consistera très probablement à s’éloigner de la catégorisation des annonces pour passer à leur individualisation. En bref :

fini les AdSenses ciblés, vive les AdSenses personnalisés !

Une (r)évolution qui me semble inéluctable, vu les ambitions affichées par Google : à partir du moment où la firme possède une énorme quantité d’informations sur vous et peut en extraire un profilage systématique et significatif, qu’est-ce qui l'empêchera de vous proposer des AdSenses en fonction de vos préférences ?

Concrètement, cela signifie que deux internautes faisant la même recherche sur le même Data Center de Google, à un instant donné, se verront proposer des AdSenses distincts dans les résultats, ciblés sur leurs centres d’intérêts, tous les produits et services destinés a priori à améliorer votre « expérience de navigation », dans le discours bien rodé de Google, servant naturellement à personnaliser les annonces à votre intention, évidemment différentes de celles du voisin.

Avec à plus ou moins long terme aussi, le risque danger que les résultats fournis deviennent de moins en moins neutres, objectifs, et de plus en plus orientés, pilotés, en fonction des intérêts des parties prenantes (voir les résultats de Google Base qui font déjà de l'ombre aux liens sponsorisés...). Car jusqu'à preuve du contraire, nous devons bien comprendre (et donc, ne pas confondre) qu’un moteur de recherches n’est pas un service public mais une entreprise privée, et commerciale, d’où les inévitables pressions pour « monétiser » ses produits et services et constamment améliorer le fameux ROI… Ça semble couler de source, mais le rappel n’est pas inutile  !
Attention, je ne parle ici que des Adsense (sans évoquer la myriade d'autres usages possibles), non pas de leur personnalisation côté éditeur, au sens d’intégration et d’optimisation des messages de pub dans votre site, mais bien de leur personnalisation côté Google, c’est-à-dire au niveau des Adsense servis par le moteur. Dont je considère qu'avec sa nouvelle accroche subliminale, Universal Search, Ads & Apps, tout est dit.

Ainsi je ne peux que confirmer la conclusion que je tenais dès mars 2006 :

Le client est ROI, certes, mais roi de quoi ?...

Alors, Google profileur en série, oui ou non ? Qu'en pensez-vous ? [Début]


P.S. L'appellation de "profileur en série" dont j'affuble Google vaut tout autant pour les acteurs majeurs du Web, mais pas seulement, d'AOL à Microsoft, de Verisign à Yahoo!, en passant par GoDaddy ou qui vous voulez, il est important de le préciser... [Début]

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vendredi 15 décembre 2006

Digital Life : la mutation numérique

Digital Life : la mutation numérique

Digital.life est le huitième rapport que l'UIT consacre à Internet, présenté lors de la conférence ITU TELECOM WORLD 2006, intitulée "LIVING THE DIGITAL WORLD" (Vivre dans un monde numérique), qui s'est tenue du 4 au 8 décembre dernier en Chine, à Hong Kong.
Le rapport commence par examiner les facteurs technologiques sous-jacents qui impulsent les nouveaux styles de vie numériques, notamment les technologies mobiles, les réseaux haut débit, le contenu généré par l'utilisateur (UGC), la TV sur IP et ainsi de suite (chapitre II). Puis il analyse la façon dont l'économie s'adapte aux innovations rapides et constantes en matière numérique, comment l'accès numérique pourrait être étendu à toutes les zones qui ne sont pas encore desservies, et comment les décideurs politiques devraient tenir compte de la convergence accélérée entre les médias (chapitre III). Il explore enfin la nature évolutive et le rôle de l'individu et de l'identité numériques (tant au point de vue théorique que pratique), au fur et à mesure que la médiation technologique envahit toujours plus nos vies quotidiennes (chapitre IV). Le rapport conclut en tentant d'imaginer ce que sera le déroulement d'une journée dans nos vies numériques de demain (chapitre V).
Comme le remarque le Sénateur René Trégouët, dont l'excellente lettre mensuelle m'a fourni la source de cette info :
Ce rapport souligne que deux milliards de personnes dans le monde ont à présent un téléphone portable et révèle que les technologies numériques personnelles se développent à une vitesse croissante, bouleversant les structures économiques, sociales et culturelles.

Et d'ajouter :
L’UIT souligne également que les lignes de téléphone fixes ont mis 125 ans pour dépasser le milliard d’unités, en 2001, et que la radio, la télévision et l’ordinateur ont mis presque 50 ans à se généraliser dans nos foyers alors qu’il n’a fallu que 21 ans au téléphone portable et qu’il faudra moins de 20 ans à l’Internet pour atteindre le même niveau. Depuis, les connexions fixes ont évolué à un taux beaucoup plus lent pour atteindre 1,2 milliard d’utilisateurs, tandis que le téléphone portable a poursuivi son expansion rapide.

Maintenant je comprends mieux les prévisions de Google qui anticipe depuis un an déjà son prochain milliard d'utilisateurs dans la téléphonie mobile... Car si le marché des TIC pèse dès à présent 3 130 milliards de dollars (soit près d'un tiers de plus que le PIB français), imaginez l'explosion lorsque la téléphonie mobile haut débit arrivera à maturité !


René Trégouët reprend également les propos de Lara Srivastava, co-auteure, selon qui « la montée en puissance des nouveaux modes d’expression et de communication numériques, "chats", blogs, forums, est en train de brouiller les frontières entre la vie publique et privée, temps de travail et temps personnel, monde réel et monde virtuel, comme le montre l’incroyable succès du "Monde 2", un univers virtuel si attractif que certains y passent plus de 80 heures par semaine ! »

C'est moi qui souligne, mais cela explique aussi pourquoi le rapport fait une distinction et met en évidence la transition nette entre identité humaine et identité numérique :


Identité numérique inévitable, même si apparamment une majorité d'inconscients trouve encore ça totalement inintéressant !!!

Et le sénateur de conclure :
Il ne fait aucun doute que cette mutation numérique mondiale va continuer à s’accélérer et va conduire, d’ici 10 ans, à l’émergence d’un monde radicalement nouveau, multidimensionnel, polycentrique et profondément déstabilisant, sur le plan psychologique, culturel et social, pour tous ceux qui n’auront pas pu ou pas voulu s’y préparer. Le grand défi de cette prochaine décennie va donc être de donner un sens social, culturel, cognitif et éthique à cette prodigieuse révolution technologique afin de l’humaniser et de la mettre au service du plus grand nombre. Si nous ne parvenons pas à relever ce défi de civilisation, nous risquons d’avoir à faire face à des fragmentations et des replis communautaires et culturels de plus en plus dangereux et un accroissement des inégalités sociales et cognitives qui ne pourront qu’alimenter la violence et l’instabilité du monde.
Je ne peux que souscrire à ce point de vue et engager qui me lit à toujours s'interroger sur le sens et les modalités de sa présence sur Internet. D'autant plus que dans dix ans l'Internet des choses (ou Internet des objets, si vous préférez) sera bel et bien réalité, ce qui risque d'ajouter grandement à la confusion (ce n'est pas un hasard si le rapport 2005 de l'UIT était consacré à l'Internet of Things)...


[MàJ - 17 décembre 2006] Jean-Michel Salaün relaie l'information, billet dans lequel j'apprends que l'intégralité du rapport de l'UIT est librement téléchargeable (PDF, 3 Mo, merci à Jean-Michel et Nicolas).

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jeudi 30 novembre 2006

Zoom sur images et autres vues

Zoom sur images et autres vues

Découvert à deux jours d'intervalle la possibilité de zoomer sur les images, je trouve ça fascinant. D'autant que les exemples sont exceptionnels :

1. Commençons par le Google's Master Plan, le grand tableau blanc récemment effacé où les employés de Google inscrivaient pêle-mêle toutes leurs idées de développement de nouvelles fonctionnalités :

et où l'on trouve notamment mention du fameux Google OS, l'hypothétique système d'exploitation selon Google (essentiellement par opposition à Microsoft) qui fait couler tant d'encre et mobilise tant de commentateurs...

So click and drill-down the Google's Master Plan! (via Blogoscoped)

2. Passons de cette fresque moderne à une autre, d'une richesse iconographique inouïe, réalisée il y a ... près de cinq siècles ! Une paroi entière peinte par Gaudenzio Ferrari en l'église Santa Maria delle Grazie.

Attendez la fin de la présentation flash puis cliquez le lien juste sous l'image (de 8,6 Go, quand même !), votre patience sera récompensée (via Docteur Web) :
Rapport secret entre ces deux images ? Juste une coïncidence...

* * *

Toujours dans le domaine des images, deux nouveautés étonnantes.

1. Sans commentaires, pour la première, regardez :
(via Webware)

2. Affichage e-paper sur le mobilier urbain :
Via le blog papier électronique, qui nous annonce la sortie du Motorola Motofone F3, « le premier téléphone au monde à intégrer du papier électronique », grâce à son écran EPD (ElectroPhoretic Display, ou affichage à électrophorèse).

Un e-paper également destiné à révolutionner l'enseignement si l'on en croit Jean Hughes Lauret, encore un autre usage du papier...

* * *

Pour conclure, il ne sera plus question d'image, mais de vision. Suite à mon dernier billet sur l'identité 2.0, un peu déçu de l'absence presque totale de commentaires (merci Leafar), j'ai décidé de publier un article sur Agoravox, qui a quand même une autre audience qu'Adscriptor, pour susciter davantage de réactions sur ce qui va devenir selon moi un phénomène de société majeur : l'identité numérique et la gestion de sa réputation sur Internet.


Résultats des courses, sur 20 votants, 70% juge l'info totalement inintéressante. De quoi se demander si c'est moi qui suis con, ou les autres ? Parfois j'ai des doutes...


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lundi 27 novembre 2006

Identity 2.0 is inevitable

L'identité 2.0 est inévitable, titre tiré d'une présentation phare, qui pourrait bien devenir culte :-), véritablement exceptionnelle par sa clarté, son humour et sa pertinence, œuvre de Dick Hardt, créateur de Sxip Identity.

Il y a maintenant plusieurs semaines que je réfléchis à un billet sur l'identité 2.0, ou identité numérique, ou identité virtuelle, ou Webidentité, etc., comme on voudra bien l'appeler, et que l'on pense ou non qu'il s'agit uniquement d'une déclinaison 2.0 de plus, il n'en reste pas moins que la réalité est là.

Même si on est encore bien loin d'en saisir les tenants, les aboutissants et les implications pour les internautes.

J'ai donc commencé par nourrir ma réflexion avec d'excellents articles qui essaient d'aborder le problème, dont la complexité rend difficile la tâche de l'appréhender dans sa globalité.

Je commencerai par citer l'approche puzzle de Leafar et Fred Cavazza, une approche que j'aime bien car nos "moi virtuels" (dixit Carlos Diaz) sont effectivement des puzzles dont les tesselles sont éparpillées un peu partout sur Internet, des « petits cailloux que nous semons derrière nous sans bien le réaliser, mais qui sont autant de traces conservées par la mémoire du Net (ou les services de renseignement, au choix), les moteurs de recherche. », comme l'observe très finement Laurent Campagnolle.


Sources : Fred Cavazza - Leafar

Pour Frédéric Cavazza, « ces petits bouts d’identité fonctionnent comme des gènes : ils composent l'ADN numérique d'un individu. »

Nous voilà donc ramenés à notre intimité identitaire la plus profonde, celle que l'on expose plus ou moins sur Internet, mais, disons-le franchement, plutôt plus que moins, et que ce soit volontaire ou non.

Comme tout traducteur qui se respecte, voyons les définitions traditionnelles du terme IDENTITÉ selon le dictionnaire, le Petit Robert dans ce cas :
  1. Caractère de deux objets de pensée identiques (similitude)
  2. Caractère de ce qui est un (unité)
  3. Identité personnelle, caractère de ce qui demeure identique à soi-même. - Identité culturelle, ensemble de traits culturels propres à un groupe ethnique (langue, religion, art, etc.) qui lui confèrent son individualité ; sentiment d'appartenance d'un individu à ce groupe. * Le fait pour une personne d'être tel individu et de pouvoir être légalement reconnue pour tel sans nulle confusion grâce aux éléments (état civil, signalement) qui l'individualisent... * Usurpation d'identité. Pièce d'identité, pièce officielle prouvant l'identité d'une personne. Relevé d'identité bancaire. Identité judiciaire : service de la police judiciaire chargé spécialement de la recherche et de l'établissement de l'identité des (personnes)...
Le sens des mots est vraiment fascinant !

* * *

Donc, remarquons d'emblée que l'identité 2.0 n'est autre qu'une extension de l'identité 1.0 appliquée à Internet, avec les problématiques et les spécificités propres à ce média (les facettes fort bien analysées par Fred Cavazza ici et ).

Or mon but n'étant pas de répéter ce qui a déjà été dit, je vais m'aventurer dans une analyse tout à fait personnelle de ce que représente d'après moi l'identité 2.0, l'identité numérique, l'identité virtuelle, la Webidentité, etc., comme vous voudrez bien la nommer.

En observant tout d'abord que la question fondamentale qui caractérise l'identité, Qui suis-je ?, est plus que jamais duale sur Internet. En effet, de même que lorsque vous vous la posez face à la glace, la question que vous renvoie le miroir n'est plus Qui suis-je ?, mais Qui es-tu ?, sur le Web c'est le Qui êtes-vous ? qu'on retrouve en permanence dans le regard des autres, l'une faisant pendant à l'autre.

Deux dimensions, les autres (Qui êtes-vous ?) et moi (Qui suis-je ?), qui reprennent à la perfection les deux premières acceptions du terme : la similitude (le moi - qui est par excellence identique à moi-même - vu dans le regard des autres) et l'unité (le moi vu par moi-même). Un distinguo fondamental qui me permet de séparer clairement la réputation (le moi vu dans le regard des autres) de l'identité (le moi vu par moi-même). Avec un concept tout aussi fondamental qui fait la navette entre les deux : la crédibilité.

Le concept identitaire en 3D, si vous préférez :

Identité - (Crédibilité) - Réputation

Le graphisme n'est pas mon fort, c'est clair, mais l'idée y est :-)

La réputation, qui fait d'ores et déjà l'objet de dépôt de brevets, et il y a fort à parier que l'identité suivra bientôt le même chemin, si ce n'est déjà fait...

Deuxième constatation, qu'elle soit 1.0 ou 2.0, l'identité ça se construit, ça se forge, autre similitude entre vie réelle et virtuelle, et c'est étroitement lié au sens que chacun/e donne à sa présence sur Internet et aux propres réponses qu'il ou elle apporte à ces deux interrogations, spéculaires : « pourquoi et comment être sur Internet ? » : « pourquoi » renvoyant au sens de ma présence, « comment » évoquant autant le contenant (volet technique) que le contenu (volet qualité) de ma présence.

Idem pour l'identité 2.0, donc, où le volet technique est indissociable du volet contenu, la forme indissociable du fond.

* * *

Une dualité - moi et les autres - que l'on retrouve à tout instant sur Internet, exactement comme les deux faces de la même médaille.

Avec à chaque fois le va-et-vient entre la sphère personnelle (ce que je fais/dis de moi, ce que je montre / cache [essaie de cacher] de moi) et la sphère collective (ce que les autres font/disent de moi, ce que les autres savent de moi [ce que je sais qu’ils savent - ce que j’ignore qu’ils savent]) et l'arbitrage, voire le compromis, de la crédibilité, avec une échelle à curseur prenant les différents degrés entre le vrai et le faux suivant les moments, les circonstances, les personnes, etc.

Ça peut aller du mensonge caractérisé à l'asymétrie de crédibilité, de la rumeur construite ou carrément fausse à la désinformation, en passant selon les situations dans lesquelles se trouve un même individu par le choix du pseudonymat (utilisation d’un pseudo, qui peut-être reconnaissable ou non), de l’anonymat (utilisation d’un nom de fantaisie pour anonymiser son passage) ou du patronymat (utilisation de son nom de famille), sans oublier les profils laissés un peu partout, la géolocalisation, les commentaires, les confessions, les articles, etc. etc., avec tous les problèmes que ça soulève au niveau de la confidentialité et du droit au respect de la vie privée, outre l'écosystème technique existant et à mettre place, mais ce n'est pas le propos de cet article, d'ailleurs je suis techniquement incompétent pour en parler. D'autres le font et le feront bien mieux que moi, ici, ou , et encore :


Vous noterez enfin que j'ai apparemment fait l'impasse sur l'identité professionnelle, mais dans mon esprit c'est étroitement lié au sens de ma présence et à mon identité personnelle sur Internet, l'une n'allant pas sans l'autre. Comme le remarque avec pertinence Brigitte Roujol :
Nous voyons sur les blogs et sur certains sites, la volonté de leurs auteurs de se laisser découvrir dans leurs différents aspects, là où la sphère personnelle et la sphère professionnelle se rencontrent et s'enrichissent l'une l'autre...

C'est l'Identité version 2.0 qui apparaît peu à peu... Lentement mais sûrement.
Non, décidément, gérer son identité numérique, ce n'est pas simple, et ça le sera de moins en moins. Or comme dit l'autre, mieux vaut prévenir que guérir. Donc autant y réfléchir le plus tôt possible ! Qu'en dites-vous ?

* * *

Liens connexes (en anglais) :

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vendredi 17 novembre 2006

Une nouvelle carte de visite pour Adscriptor

Une nouvelle carte de visite pour Adscriptor

Billet graphique :-)

Alors voilà, une nouvelle année s'annonce, et j'avais dans l'idée de renouveler mon stock de cartes de visite pour 2007.

Mais la carte de visite 2.0 (ce qui est la moindre des choses à l'époque où l'on vit), j'avoue que je n'y avais pas pensé, jusqu'à ce que je découvre ce signalement de Mickou, qui a déclenché un acte d'achat impulsif, les marketers apprécieront :-)

Voici donc ce que donne la version 2.0.0.7 :


Mon nom est Le Ray, Jean-Marie Le Ray (à prononcer avec l'intonation mâle de James...).

Image clicable pour vous composer la vôtre, pub totalement gratuite pour Ooprint. J'ai gardé le modèle par défaut parce que je suis nul en graphisme et que je ne sais assembler ni les formes ni les couleurs. Donc même si je préférerais avoir d'autres couleurs, sans trop savoir lesquelles (j'aime bien le bleu et le jaune), ce qui me branchait sur ce type de carte, ce sont les tags, très tendance.

Si je compare avec ma précédente carte :


on voit nettement que mon évolution est en phase avec celle d'Internet, puisque je suis passé de l'arobase aux tags, en même temps que ma carrière a progressé, dans une autopromotion éhontée, je vous l'accorde, d'auditeur linguistique à consultant en contenu et optimisation linguistique, ça fait plus sérieux !

À noter aussi que les numéros de téléphone traditionnels sont remplacés par mon identifiant Skype, ah ma pauv' madame Michu, on arrête pas le progrès, j'espère que ça fera réfléchir les opérateurs monopolistes, sans trop me faire d'illusions...

Enfin, le plus marrant, dans tout ça, c'est que si je distribue 2 cartes de visite dans l'année, ça fait déjà beaucoup, mais c'est pas la question, bon 2007 à tout le monde :-) (je suis en avance, ah bon, vous croyez ?)

[MàJ - 18 novembre 2006] Pour en revenir à la carte de visite Web 2.0, je viens juste de découvrir (un peu tard, j'ai déjà commandé) qu'il y a d'autres modèles disponibles, avec un tirage de 100 cartes gratuites si vous utilisez le modèle par défaut ! Profitez-en (image clicable).





P.S. Tiens, puisque je parle de graphisme, je voudrais signaler deux choses aux graphistes qui me lisent, s'il y en a : un concours et une offre d'emploi. Qui sait, si quelqu'un décroche l'une ou l'autre, peut-être qu'il ou elle me sera reconnaissant et me refera le look à l'œil :-)

La première initiative est due à Stéphane Brossard, qui lance un concours sur la couverture de son prochain livre, ouvert jusqu'au 30 novembre.


Quant à l'offre d'emploi, elle émane du groupe Reflect, un groupe sérieux qui a le vent en poupe, à la recherche d'un Webdesigner, si ça peut faire un heureux (ou une).


Je n'ai encore jamais relayé d'offre d'emploi à ce jour, mais bon, l'occasion fait le larron ! J'espère que Groupe Reflect ne m'en voudra pas.

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