dimanche 27 août 2006

Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?

Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?

[Deuxième partie (4 septembre 2006) - Noms de domaine à la carte : vacarme et silence

Troisième partie (11 septembre 2006) - La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute...
]

J'ai découvert par hasard le concept de tarification par paliers (« tiered pricing ») des noms de domaine, avec en gros un palier par domaine :-), une proposition de l'ICANN qui pourrait, si elle est mise en œuvre, révolutionner dès 2007 le business des noms de domaine sur Internet, encore une fois au profit de l'ICANN et des Registres, et naturellement aux dépens des utilisateurs et enregistreurs que nous sommes, notamment les PME et les particuliers.

En fait, ce n'est rien de moins que la libéralisation totale et la dérégulation sauvage de la politique de prix qui a permis jusqu'à présent à tout internaute qui le souhaite d'entregistrer son propre nom de domaine pour un coût acceptable.

En bref, la proposition - initialement annoncée le 27 juin dernier et semble-t-il destinée à accorder une compensation aux registreurs des extensions .BIZ, .INFO et .ORG (dans un premier temps...), suite aux avantages concédés sans vergogne à Verisign dans le nouvel accord sur les .COM et .NET (possibilité pour le Registre d'augmenter les coûts d'enregistrement de 7% par an) - consisterait à abolir le contrôle des prix sur les enregistrements de domaine pour mettre en place un service à la carte.

Voir la proposition scélérate de l'ICANN. À noter tout d'abord que l'annonce rendue publique le 28 juillet, juste avant les vacances, avec le 28 août comme date butoir pour l'appel à commentaires, fait immédiatement penser à une tentative de passage en force. Or vu la teneur des « améliorations proposées », c'est bien compréhensible :

Abolissement du contrôle des prix sur les services du Registre :
Lifting of Price Controls on Registry Services.

Following extensive consideration and discussion, each of the proposed new .BIZ, .INFO and .ORG registry agreements provide for the lifting of price controls formerly imposed on the pricing of registry services. However, in order to protect incumbent domain name registrants and allow time for planning by those in the registry and registrar communities, the form of registry-registrar agreement proposed with each of the new registry agreements requires six months advance notice by the registry operator of any price increase in registry services. This is consistent with the notice period required under the registry-registrar agreement implemented with the 2005 .NET registry agreement, and the registry-registrar agreement included with the proposed new .COM registry agreement.
Grosso modo, suite à des discussions approfondies (avec qui, quand et où ?), ces accords prévoient l'abolissement pur et simple du contrôle des prix sur les services des Registres ! Toutefois, pour préserver les intérêts des enregisteurs de noms (!!!), le Registre devra notifier les augmentations avec un préavis de 6 mois, ça rassure.

Donc, comme le souligne cet article (en anglais), si les Registres décident de facturer 100 000 $/an pour sex.biz, ou 25 000 $/an pour movies.org, aux termes de l'accord proposé rien ne les interdit de le faire... Une interprétation confirmée par Vinton Cerf lui-même, pour le compte de l'ICANN.

Ce qui est la porte ouverte à tous les abus, sans oublier les Registreurs qui ne manqueront pas de se sucrer au passage, avec en bout de chaîne l'innombrable troupeau des petits enregistreurs, le bétail quoi !, dont je fais partie aussi. Je remercie vivement l'ICANN de bien protéger mes intérêts d'internaute lambda...

Un système de tarification des enregistrements avec un prix par domaine, un peu sur le modèle du .TV, où les noms de domaine « à forte valeur ajoutée » peuvent être loués « à des prix variables ». Et je vous dis pas pour les noms de marque... Bonjour les dégâts !

Ce qui pourrait fort bien aboutir à un truc dans ce genre :


Mais il y a plus :
3. 1(f) Traffic Data.

Nothing in this Agreement shall preclude Registry Operator from making commercial use of, or collecting, traffic data regarding domain names or nonexistent domain names for purposes such as, without limitation...
« Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON, à des fins, sans que la liste soit exhaustive... »

Pratiquement c'est le concept de SiteFinder, tant décrié et combattu à l'époque de sa mise en place par Verisign, remis au goût du jour !

Last but not least, l'ICANN n'oublie évidemment pas les droits perçus sur chaque domaine, en introduisant un réajustement des droits indexé sur le prix moyen des domaines (The per name transaction fees, however, are subject to adjustment depending on the average price of domain name registrations during each calendar quarter throughout the term of the agreement), on les comprend, les pauvres ! Et on comprend aussi pourquoi ils veulent pas lâcher la gouvernance de l'Internet (mainmise tout juste renouvelée jusqu'en 2011 par le Gouvernement américain !), l'os est trop bon...

Voilà. C'est succinct comme passage en revue, mais suffisant, je pense, pour donner une idée de ce qui se trame dans notre dos, et dans le silence le plus total de tous les acteurs qui auraient voix au chapitre et se taisent, coupablement, que ce soit par omission, ignorance ou intérêt.

Je n'ai pas encore décortiqué les accords entre l'ICANN et Verisign pour les extensions .COM et .NET, annoncés le 28 février dernier, mais vu le tollé unanime qu'ils ont soulevé, il y a fort à parier qu'ils aillent toujours dans le même sens : au profit de l'ICANN et des Registres, et aux dépens des utilisateurs et enregistreurs que nous sommes. Vous en doutiez ?

Un dernier point : vous pouvez toujours commenter la proposition puisque, dans un grand élan démocratique de l'ICANN, les commentaires (.BIZ, .INFO, .ORG) sont ouverts à tout le monde. Dépêchez-vous juste, la date limite, c'est ... demain :-)

Les résultats seront discutés par le comité directeur de l'ICANN lors de sa réunion du 13 septembre prochain. Naturellement, si cette proposition devait passer, en 2012, échéance du renouvellement de l'accord ICANN - Verisign à peine mentionné, il sera difficile, pour ne pas dire impossible, de refuser les mêmes avantages au Registre des extensions .COM et .NET... On ne s'étonnera donc pas que la position de Verisign soit enthousiaste...

Et si presque tous les autres commentaires présents sont franchement négatifs, y compris celui de Go Daddy, ils me donnent un peu l'impression de crier dans un désert de solitude et d'indifférence. Sans compter la capacité de l'ICANN de baîllonner les réfractaires, même ceux dont la voix est la plus tonitruante, dont Bob Parsons !

Je vais vous livrer un scoop Adscriptor au passage : au mois d'avril dernier, dans mon premier billet consacré au domain tasting (requalifié ensuite de domain kiting), je signalais l'opposition proclamée du président de GoDaddy à ces accords :
Quant à Bob Parsons, qui avait déjà épinglé la grande manigance autour du .EU, en disant que c'était même pire que ce qu'il croyait (ici et ), et continue de dénoncer les accords entre l'ICANN et Verisign, cette fois, on ne pourra pas dire de la source qu'elle n'est pas fiable !
Or si vous cliquez sur le lien : http://www.bobparsons.com/ICANNletsusdown.html, il est tout simplement CASSÉ ! Le billet n'existe plus ! N'a jamais existé ? Croyant tout d'abord que ma mémoire me trahissait, après une petite recherche dans mon réseau (merci dtSearch), j'ai retrouvé une sauvegarde (images clicables) :


Google aussi en garde quelques traces. Date de publication du billet de Parsons : 1er mars. Or c'est tout le mois de mars qui a disparu des archives du blog, qui passent directement du mois de février au mois d'avril 2006 :


Comme quoi la fiabilité d'une source, aussi pertinente soit-elle, a toujours ses limites ! Il faut croire que ce bon vieux Vint a encore suffisamment d'influence pour imposer son bon vouloir à quelqu'un comme Bob Parsons... C'mon Bob, if you read me, please say it ain't so!

Lien connexe : la position de GANDI

La suite ici...

[MàJ - 5 septembre 2006, 12h30'] Je viens de soumettre une synthèse de mes deux articles à AgoraVox, à peine approuvée par le comité de publication : lire Les noms de domaine à la carte, bientôt une réalité ?. C'est la première fois que je rédige un article sur ce média, mais la nécessité de diffuser ce message est à la hauteur de l'enjeu. Nous verrons bien les suites...


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vendredi 25 août 2006

Google est-il oui ou non un fonds d'investissement ?

Google est-il oui ou non un fonds d'investissement ?

Une brève qui vaut son pesant d'or !

Croyez-vous qu'il s'agisse d'une plaisanterie ? Et bien pas du tout : avec une trésorerie de près de 10 milliards de dollars, Google a trop d'argent, trop de liquidités et trop de valeurs mobilières. Or une loi américaine de 1940 (Investment Company Act) établit que lorsque les valeurs mobilières d'une société dépassent 40% de ses actifs, celle-ci doit être classée comme fonds d'investissement et soumise à la législation correspondante.

Google a donc demandé le mois dernier une exemption à la Securities and Exchange Commission, comme l'avaient déjà fait - et obtenu - Microsoft (en 1988) et Yahoo (en 2000).

On savait que Google était plus qu'un moteur de recherche, voire un géant des médias, mais un fonds d'investissement, voilà qui est nouveau !

Cela présage-t-il une série d'acquisitions par la firme de Moutain View, qui sera ainsi contrainte de dépenser son argent ? Comme IBM, par exemple, qui vient juste de faire ses emplettes : 4 sociétés, pour un montant de 3,6 milliards de dollars. Un problème que beaucoup aimeraient avoir...

Moi, si ! Pas vous ?


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mercredi 23 août 2006

Optimisation pour les médias sociaux



Ce mois-ci on assiste à un grand brassage d'idées autour d'un nouveau concept, celui du Social Media Optimization (SMO), né à partir d'un article intitulé 5 Rules of Social Media Optimization (SMO) (5 règles d'optimisation pour les médias sociaux), signé Rohit Bhargava, Vice-Président Marketing Interactif de la division Relations publiques d'Ogilvy. Évolution à suivre sur ce wiki.

Rohit a largement été suivi dans son idée par d'autres blogueurs influents qui ont ajouté d'autres règles : Jeremiah Owyang, règles 6 et 7 ; Cameron Olthuis, règles 8, 9, 10 et 11 ; Loren Baker, règles 12 et 13 ; Lee Odden, règles 14, 15 et 16.

Pour l'instant, nous en sommes donc à 16 règles d'optimisation, qui sont les suivantes :
  1. Travaillez votre capital Liens
    (Increase your linkability)
  2. Rendez convivial l’ajout de tags ou de signets
    (Make tagging and bookmarking easy)
  3. Récompensez les liens entrants
    (Reward inbound links)
  4. Favorisez la diffusion de votre contenu
    (Help your content travel)
  5. Encouragez les applications composites
    (Encourage the mashup)
  6. Soyez une ressource pour les internautes, sans rechercher aucun retour immédiat
    (Be a User Resource, even if it doesn’t help you)
  7. Récompensez les internautes serviables et de qualité
    (Reward helpful and valuable users)
  8. Participez
    (Participate)
  9. Sachez cibler votre audience
    (Know how to target your audience)
  10. Soyez créateur de contenu
    (Create content)
  11. Soyez vous-même
    (Be real)
  12. N'oubliez pas vos racines, restez humble
    (Don’t forget your roots, be humble)
  13. N'ayez pas peur d'expérimenter des choses nouvelles, gardez votre fraîcheur
    (Don’t be afraid to try new things, stay fresh)
  14. Développez une stratégie d'optimisation pour les médias sociaux
    (Develop a SMO strategy)
  15. Choisissez soigneusement vos tactiques d'optimisation
    (Choose your SMO tactics wisely)
  16. Intégrez à votre processus de création et vos meilleures pratiques l'optimisation pour les médias sociaux
    (Make SMO part of your process and best practices)
[Début]

* * *

Je vais donc reprendre ces points un par un, en essayant de vous donner un aperçu des concepts que leurs auteurs respectifs ont mis derrière la notion d'optimisation pour les médias sociaux.

Et s'il est vrai que l'avenir est aux médias sociaux, voyons d'abord de quoi il s'agit.


Essentiellement, c'est une notion proche du Web 2.0 qui a également des implications en termes de recherche sociale. En gros, ça permet à quiconque de publier et/ou de partager du contenu et des expériences utilisateur sur le Web. Que ce soit son espace Web, des photos, des vidéos, des signets, des tags, des dessins, du texte, de la voix, de la musique, etc. etc.

Mais ce sont aussi les annuaires collaboratifs (Dmoz), les encyclopédies (Wikipedia), les réseaux sociaux (6nergies), les interfaces personnalisées (Webwag), et ainsi de suite, on pourrait allonger la liste à l'infini, que ce soit pour les débutants ou les experts, la France ou les autres pays, etc.

Un petit panel pourrait ressembler à ça (via Christophe) :


PopUrls s'attelle à la tâche impossible de tout présenter sur une seule page, et pour davantage de détails, je vous renvoie à l'article de Chris Sherman dont je parlais dans un précédent billet. Mais d'autres spécialistes français du Web 2.0, tels que Frédéric Cavazza, Jean-Baptiste Boisseau ou Jean-François Ruiz (dont le blog et les activités sont à mon avis un excellent exemple d'optimisation pour les médias sociaux...), pour ne citer qu'eux, en parleraient bien mieux que moi.

Si vous connaissez des listes ou des ressources clés, merci de bien vouloir nous les signaler en commentaire. [Début]

* * *

Les 16 règles d'optimisation pour les médias sociaux

(Ce qui suit est une libre adaptation. NdT)

Rohit Bhargava - règles 1-5

1. Travaillez votre capital Liens (Increase your linkability)
C'est la première des priorités pour les sites, qui ont la fâcheuse tendance à être trop statiques. Optimisez les possibilités de lier et faire lier son contenu : les blogs excellent à ce jeu-là, même s'il y a de nombreuses autres solutions, comme créer des livres blancs ou simplement agréger du contenu de différentes sources et le mettre à disposition sous un format convivial. [Début]
2. Rendez convivial l’ajout de tags ou de signets (Make tagging and bookmarking easy)
Faites en sorte qu'il soit facile pour les internautes d'étiqueter ou d'ajouter votre site à leurs favoris, utilisez des icônes et des chicklets, catégorisez vos billets et vos pages, inscrivez vos sites dans les principaux agrégateurs et réseaux sociaux, etc. [Début]
3. Récompensez les liens entrants (Reward inbound links)
Souvent utilisés comme un baromètre de la réussite d'un blog/site, les liens entrants ont une importance fondamentale pour augmenter le positionnement dans les moteurs de recherche. Une forme d'encouragement consiste à mettre bien en évidence les billets récents qui pointent vers votre blog pour en promouvoir la visibilité. Un exemple sur Affordance, qui utilise Referer.org. [Début]
4. Favorisez la diffusion de votre contenu (Help your content travel)
Comme dans l'optimisation pour les moteurs de recherche, facilitez la diffusion de votre contenu notamment en multipliant les supports (fichiers PDF, fichiers audio, fichiers vidéo, etc.). Cet essaimage n'étant jamais à sens unique, vous ne tarderez pas à obtenir des liens en retour, souvent de là où vous ne les attendez pas. [Début]
5. Encouragez les applications composites (Encourage the mashup)
Dans cet univers de co-création, il peut être bon de laisser les autres réutiliser votre contenu (mashup), avec discernement. Par exemple, l'idée de YouTube, qui a permis aux internautes d'intégrer les vidéos à leur sites/blogs grâce à un simple bout de code a beaucoup fait pour sa réussite. Les flux de syndication de contenu sont une autre manière pour canaliser du trafic supplémentaire ou augmenter de façon significative le contenu que vous mettez à disposition de vos visiteurs. [Début]

Jeremiah Owyang - règles 6-7

6. Soyez une ressource pour les internautes, sans rechercher aucun retour immédiat (Be a User Resource, even if it doesn’t help you)
Fournissez de la valeur ajoutée aux internautes, y compris des liens sortants vers des ressources significatives. Liez également vos concurrents, cela contribuera à vous créer une réputation de source d'information pertinente, avec la multiplication de liens qui s'en suivra et, donc, l'amélioration de votre positionnement dans les résultats des moteurs de recherche. [Début]
7. Récompensez les internautes serviables et de qualité (Reward helpful and valuable users)
Les internautes efficaces ou populaires étant souvent influents dans votre sphère sociale, efforcez-vous de promouvoir leurs activités ou de développer un système de classement. Envoyez-leur des courriels privés pour leur signaler que vous appréciez leur contenu. Le seul prérequis est la sincérité. Ce conseil sort un peu du cadre de l'optimisation pour les médias sociaux, mais ça permet de resserrer les liens avec les membres de qualité qui gravitent autour de votre blog/site/communauté. [Début]

Cameron Olthuis - règles 8-11

8. Participez (Participate)
Participez aux échanges, en n'oubliant jamais que les médias sociaux sont bidirectionnels. Donc en dialoguant avec les autres, vous vous faites connaître et par un effet boule de neige on finira par parler de vous, ce qui vous permettra de diffuser votre message, plus fort, plus loin et plus vite. [Début]
9. Sachez cibler votre audience (Know how to target your audience)
Sachez cibler votre public, il faut être réaliste et ne pas vouloir s'adresser à tous en même temps, l'important c'est d'identifier son audience et ses interlocuteurs. [Début]
10. Soyez créateur de contenu (Create content)
Certaines formes de contenu semblent avoir été créées pour les réseaux sociaux, indépendamment du secteur où vous évoluez ou des produits/services que vous vendez. Il y a toujours du contenu connexe à produire, ce qui compte c'est de l'identifier et de le créer. [Début]
11. Soyez vous-même (Be real)
Inutile de tricher, ça se remarque de suite et ça finirait par se retourner contre vous. [Début]

Loren Baker - règles 12-13

12. N'oubliez pas vos racines, restez humble (Don’t forget your roots, be humble)
Si vous êtes devenu une personnalité de la blogosphère, ne prenez pas la grosse tête, mais rappelez-vous toujours de celles et ceux qui vous ont aidé le long du chemin, sachez les respecter si vous voulez l'être à votre tour. [Début]
13. N'ayez pas peur d'expérimenter des choses nouvelles, gardez votre fraîcheur (Don’t be afraid to try new things, stay fresh)
Les médias sociaux évoluant à la vitesse de la lumière, ne perdez pas le fil et tenez-vous toujours au courant des nouveaux outils, produits et enjeux proches de votre (blogo)sphère sociale. [Début]

Lee Odden - règles 14-16.

14. Développez une stratégie d'optimisation pour les médias sociaux (Develop a SMO strategy)
Définissez vos objectifs et donnez-vous les moyens de vos ambitions, selon vos objectifs : réputation, ventes, influence, crédibilité, bonnes causes, augmentation du trafic, etc. [Début]
15. Choisissez soigneusement vos tactiques d'optimisation (Choose your SMO tactics wisely)
Sachez identifier les actions susceptibles d'avoir le plus d'influence et d'impact. [Début]
16. Intégrez à votre processus de création et vos meilleures pratiques l'optimisation pour les médias sociaux (Make SMO part of your process and best practices)
L'optimisation pour les médias sociaux doit faire partie intégrante de votre organisation. Trouvez le moyen d'incorporer ces tactiques au niveau du modèle de création de vos documents et de distribution de l'information. Des pratiques telles que le partage des favoris et la promotion des liens entrants doivent devenir durablement des standards de votre présence sur Internet. [Début]
Voilà. Selon Gartner, l'apogée du Web 2.0 est prévu dans deux ans (via Loïc Le Meur et Cédric Giorgi), nous n'avons plus qu'à nous y préparer ! Quant aux business models connexes à toutes ces applications, c'est la grande inconnue, mais comme dit Google, les services d'abord, la monétisation viendra ensuite...


Woouuuiiiw ! Le Web 2.0, c'est hype !


Liens connexes :

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samedi 19 août 2006

Les enjeux d’une stratégie de liens : liens sortants, liens entrants, demandes de liens

Les enjeux d’une stratégie de liens : liens sortants, liens entrants, demandes de liens

Chapitre V

Les trois étapes de la mise en œuvre d'une stratégie de liens : Troisième étape


Avertissement : ce billet continue la série Stratégie de liens, qui est la traduction française du rapport « Linking Matters ». Pour ceux qui préfèrent, voir le chapitre original ; à noter qu'il peut y avoir quelques différences entre la version anglaise HTML, légèrement réaménagée par son auteur pour la mise en ligne, et la présente version française, qui traduit l'intégralité du rapport au format PDF.

VI. Liens sortants, liens entrants, demandes de liens

7. Liens que vous pourriez publier sur votre site
8. Demandes de liens entrants
9. Suivi des résultats
Commentaires


Pour véritablement vous positionner sur le marché virtuel connexe à votre secteur d’activité, vous devez mettre au point une double stratégie, de liens sortants et de liens entrants. Vous devez envisager en outré l’envoi de demandes de liens individualisées.

7. Liens que vous pourriez publier sur votre site (liens sortants)

Proposer à vos utilisateurs des liens vers des ressources externes est une partie essentielle d’une stratégie de liens, pourvu que ce soient des liens dont ils retireront des avantages réels. La logique veut que si vous fournissez des liens de qualité, votre site sera connu et reconnu comme une ressource de qualité : les internautes vous marqueront dans leurs signets et reviendront volontiers vous rendre visite.

Ceci étant, de nombreux sites sont plutôt parcimonieux avec les liens sortants, car ils craignent qu’en envoyant leurs visiteurs voir ailleurs ce qui s’y passe, ceux-ci ne les oublient et ne soient captivés par des ressources plus intéressantes.

C’est une attitude compréhensible, certes, mais qui sous-estime l’intelligence des utilisateurs, toujours en quête de bonnes rencontres sur la Toile. Donc, si vous les aidez dans leur tâche, ce sera autant de temps de gagné qu’ils ne passeront pas à interroger les moteurs de recherche, où il est plus facile de se perdre dans les méandres des résultats. Par conséquent, en les orientant vers des ressources pertinentes, vous leur permettez de rester concentrés sur leurs objectifs, et au lieu de minimiser l’importance de votre site à leurs yeux, vous la maximisez !

Vous pouvez faire pointer des liens vers :
  • des documents donnés ;
  • des magazines en ligne ;
  • des communautés virtuelles ;
  • des fonctionnalités spécifiques, telles que convertisseur de devises ou autres ;
  • etc.
Quant à placer des liens réciproques, ne pratiquez l’échange de liens que lorsqu’il s’agit d’une opération significative : évitez d’avoir des liens juste parce qu’il faut en avoir ! [Début]

8. Demandes de liens entrants

À ce stade, vous avez identifié entre 50 et 100 sites cibles, susceptibles de faire pointer des liens vers le vôtre. Le moment est donc venu de leur adresser une demande de lien.

De même, vous devriez avoir les idées claires sur les raisons pour lesquelles chacun de ces sites voudrait « pointer » vers vous, et sur quelle page vous souhaiteriez placer le lien. Vous allez maintenant devoir traiter individuellement vos cibles : envoyer un courriel passe-partout ne produirait aucun effet.

Rédigez une brève demande de lien mentionnant :
  • le nom de la personne à contacter, si vous l’avez trouvé ;
  • l’adresse de la page sur laquelle vous souhaitez placer le lien ;
  • un résumé des avantages que les utilisateurs du site en retireront ;
  • un code simple servant à placer le lien ;
  • une demande de réponse.
La teneur de votre courriel, personnalisé, différera bien sûr selon le site cible, mais voici un exemple de message :

################ DÉBUT DE MESSAGE

OBJET : Ressources sur les aliments végétariens pour chiens

DE : Healthy Foods for Dogs, Inc. www.healtyfoodfordogs.com

Madame, Monsieur,

Compliments pour votre site, qui présente des informations approfondies et utiles sur la question, et plus particulièrement votre section sur les avantages pour la santé. Healty Foods for Dogs, Inc. propose une gamme de produits alimentaires pour chiens, disponibles partout dans le monde. Nous fournissons également des conseils diététiques à l’intention des propriétaires de chiens.

Les aliments sains pour chiens étant une denrée plutôt difficile à trouver, nous sommes persuadés que vos visiteurs seraient heureux de découvrir notre offre.

Pourriez-vous placer un lien vers notre site sur votre page www.vegetariandogfood.com/health.htm, traitant des avantages pour la santé ? Dans l’affirmative, soit vous pouvez télécharger notre logo et copier–coller le code que vous trouverez sur www.healthyfoodfordogs.com/linktous.htm, soit créer votre propre lien si vous le préférez.

Nous avons déjà mis un lien vers vous dans notre page de ressources, disponible ici : www.healthyfoodfordogs.com/resources.htm.

Si notre demande trouve un accueil favorable, merci de bien vouloir nous retourner un courriel de confirmation.

Nous vous remercions pour votre disponibilité. Cordialement,

Ken McGaffin


################# FIN DE MESSAGE

Gardez évidemment un enregistrement de toutes les demandes que vous enverrez. Ayez soin de remercier un par un les sites qui vous fourniront le lien voulu, et répondez rapidement à toute demande d’éclaircissement. [Début]

9. Suivi des résultats

Assurer un suivi des résultats est une partie importante de toute stratégie, et qu’il s’agisse d’une stratégie de liens ne change rien à l’affaire. En règle générale, vous devez mesurer :
  • toute augmentation de votre indice de popularité ;
  • les performances réalisées par rapport à vos concurrents ;
  • le pourcentage de sites cibles qui ont décidé de faire pointer un lien vers le vôtre ;
  • tout nouveau site qui place spontanément un lien vers vous ;
  • l’impact des nouveaux liens sur le trafic de votre site, et plus particulièrement de ceux qui proviennent des sites concernés.
Essayez de surveiller vos résultats au jour le jour, et faites une analyse formelle au moins une fois par mois. Modifiez et développez votre stratégie en conséquence. [Début]

Progrès réalisés

À la fin de cette étape, vous aurez terminé les exercices 7, 8 et 9, et vous devriez donc avoir une idée précise de la meilleure façon de rédiger et de transmettre une demande de lien. Nous verrons la prochaine fois comment calculer votre retour sur investissement.

Le fascicule d’exercices peut être téléchargé ici. [Début]

À venir : VII. Calcul du retour sur investissement (ROI).


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P.S. Quelques commentaires au passage. Le rapport « Linking Matters » ayant été écrit il y a trois ans, il pourrait être tenu pour dépassé, ce qui serait une grossière erreur :
  • Ces derniers jours, sur le forum de Search Engine Watch, à la question « Quels sont d'après vous les 5 critères ayant le plus d'influence dans l'optimisation pour les moteurs de recherche ? », les réponses sont unanimes pour souligner la primauté des liens entrants, outre la qualité du contenu et l'importance des mots clés, des titres, des textes d'ancrage, de la structure interne et externe des sites, de la structure des liens entrants et sortants, etc.
  • Une étude récente de SEMLogic visant à analyser les différences compétitives de GYM prend en compte les critères suivants :
    1. Qualité des liens entrants
    2. Pertinence des liens entrants
    3. Densité des mots clés dans l'intitulé des liens entrants
    4. Densité des mots clés dans les textes d'ancrage des liens entrants
    5. Quantité des liens entrants (en accordant résolument moins d'importance à leur quantité qu'à leur qualité...)
    6. Densité des mots clés dans les titres
  • À propos des liens sortants, un document paru en octobre 2004, intitulé Combating Web Spam with TrustRank, détaille le PageRank inverse (point 5.1) en nous expliquant comment et pourquoi il pondère davantage les liens sortants que les liens entrants...
Une seule conclusion : les liens, qu'ils soient entrants ou sortants, sont toujours promis à un bel avenir sur le Web, pour longtemps, et il n'est jamais trop tard pour mettre en œuvre une stratégie, y compris pour les blogs ! [Début]

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jeudi 17 août 2006

La recherche sociale vue par Chris Sherman

La recherche sociale vue par Chris Sherman

Chris Sherman, éditeur associé de Search Engine Watch vient de publier deux articles analysant la recherche sociale, particulièrement intéressants à l'heure actuelle, où la recherche est de plus en plus considérée comme le cœur de l'Internet :
  1. What's the Big Deal With Social Search?
  2. Who's Who in Social Search
Avec son autorisation, je vous propose une libre traduction du premier, auquel j'ajoute une brève introduction au second, paru après avoir reçu son accord :

1. Les tenants et les aboutissants de la recherche sociale

Bref historique de la recherche sociale
Plusieurs raisons à cela

La recherche sociale fait de plus en plus parler d'elle, mais en dépit de cet engouement elle n'est pas prête à remplacer la recherche algorithmique traditionnelle.

Or de quoi parle-t-on ? Il n'y a pas vraiment de bonne définition de ce qu'est la recherche sociale, puisque les acteurs qui s'y intéressent à un titre ou un autre ont tous une approche différente. En termes simples, les outils de recherche sociale sont des services permettant de trouver sur Internet les parcours à l'information, services "informés" par le jugement humain.

Parcours à l'information, car ce ne sont pas des moteurs de recherche au sens strict, tels que la plupart des gens les connaissent. Jugement humain, pour signifier qu'une personne ou plus, probablement des dizaines et des centaines, ont « consommé » un contenu donné et décidé qu'il avait suffisamment de valeur pour le recommander à d'autres.

Pour autant le terme "informés" a plusieurs significations. Lato sensu, "informés" veut dire "influencés", et dans le meilleur des mondes cette influence est positive, utile, salutaire. Or malheureusement, dans les résultats à nos recherches, certaines influences "informées" proviennent de gens largement non-informés, quand ce ne sont pas de parfaits idiots.

La recherche sociale revêt des formes variées, du simple partage de favoris ou de contenus catégorisés par des tags descriptifs à des approches plus sophistiquées mêlant intelligence humaine et algorithmes informatiques. Mais en dépit de toute l'attention récemment accordée au sujet, ce n'est pas réellement un phénomène nouveau. Donc pourquoi rencontre-t-il autant de succès ? Pour le comprendre, il est bon de faire un retour en arrière sur la recherche médiée par l'humain. [Début]

Bref historique de la recherche sociale

La recherche sociale existe depuis le tout début d'Internet. Avant même l'apparition des premiers moteurs, en 1993 ou dans ces eaux-là, les gens hyperliaient leurs sites favoris. L'une des premières listes fut créée par l'inventeur du Web, Tim Berners-Lee, et elle est encore en ligne, même si la plupart des liens de la page sont cassés depuis longtemps.

Yahoo, l'un des premiers répertoires de sites Web, a été créé par une équipe d'éditeurs humains surfant sur Internet et rédigeant de courts descriptifs des sites qu'ils trouvaient. D'autres exemples de cette nature sont l'Open Directory Project, le Librarians' Index of the Internet, et, au Royaume Uni, le Resource Discovery Network, tous présents depuis les débuts du Web.

On pourrait objecter que les moteurs et leurs algorithmes sont aussi, dans une certaine mesure, des systèmes de recherche sociale...

En réalité, le célèbre PageRank de Google, qui analyse les structures de liens du Web et attribue plus ou moins d'importance aux pages ayant de nombreux liens "hautement qualitatifs" pointant vers elles, est à la base une forme de recherche sociale. Pourquoi donc ? Parce que le PageRank s'appuie sur le jugement collectif des webmasters liant différents contenus du Web. En bref, les liens seraient des votes positifs exprimés par la communauté des webmasters pour leurs sites favoris.

Or aujourd'hui la recherche sociale évolue en intégrant des agents automatisés aux jugements humains sur la nature du contenu. C'est d'ailleurs ce qui la rend à la fois fascinante et fondamentalement imparfaite, tout au moins en l'état actuel des choses. [Début]

Plusieurs raisons à cela

Indépendamment du nombre de personnes impliquées dans les différentes activités de "socialisation" de la recherche, l'ampleur et la portée du Web sont telles qu'une quantité significative de contenu ne sera pas prise en compte par ces activités. Tout simplement parce qu'Internet évolue trop vite pour que les gens puissent suivre.

Cela ne veut pas dire que la recherche sociale est vaine - dans nombre de cas elle est même très utile -, ça signifie simplement que la recherche médiée par les gens ne sera jamais aussi exhaustive que la recherche "motorisée" par les algorithmes.

Une autre difficulté est liée à la catégorisation, puisque malgré la popularité des tags, surtout dans la mouvance un peu cacophonique du Web 2.0, ceux-ci ne sont pas la panacée pour catégoriser et organiser le Web. Toutefois, bien employés, ils sont utiles pour mieux décrire le contenu.

Les problèmes naissent autant avec l'ambiguïté inhérente aux mots de la langue courante, qui ont diverses acceptions, qu'avec les interprétations multiples que se font les gens d'un même mot.

Une lacune du Web est l'absence de ce que les bibliothécaires appellent un « vocabulaire contrôlé », un ensemble de termes qui ont une signification précise, sans ambiguïté, pouvant être utilisés de façon uniforme et cohérente par celles et ceux qui veulent étiqueter le contenu du Web. Mais sans vocabulaire contrôlé, la catégorisation par les tags restera toujours chaotique et embrouillée.

Un autre facteur est la tendance naturelle à la paresse chez les humains. Même en disposant d'un vocabulaire contrôlé, nombreux sont ceux qui ne s'en serviront pas. La possibilité d'ajouter des tags ou autres métadonnées existe depuis longtemps sur les logiciels de la suite Office de Microsoft, or combien les utilisent ?

Enfin, n'oublions pas les nuls et les spammeurs. Beaucoup de gens, en dépit de leurs bonnes intentions, feront vraisemblablement n'importe quoi, et d'autres tenteront délibérément de tromper les moteurs. Or dans les deux cas, il sera difficile aux agents logiciels de reconnaître le contenu mal catégorisé. Dans la recherche sociale, il est difficile de bien filtrer le rapport signal/bruit.

Malgré les questions évoquées ci-dessus, la recherche sociale reste prometteuse pour améliorer nos recherches d'informations et toutes nos activités chronophages sur le Web. Au final, il est probable que c'est un mix de recherche algorithmique et des différentes formes de recherche sociale qui nous donnera un système hybride, capable de véritablement satisfaire une large gamme d'exigences informationnelles.

Nous n'en sommes pas encore là, mais je m'attends à voir des progrès significatifs dans les deux ans à venir. [Début]

* * *

2. Le Who's Who de la recherche sociale

Dans son deuxième billet, Chris identifie six catégories d'acteurs de la recherche sociale, en donnant une brève description de chacune et des liens vers les sociétés les plus significatives. Je vous y renvoie pour découvrir et visiter ces sites.

« De nombreux acteurs évoluent dans le monde de la recherche sociale... Ça va des majors du Web aux petites entreprises, qui créent des outils de recherche sociale pour en faire leur cœur de métier et se distinguent par une technologie ou une approche spécifique. Ce qui suit n'est pas un panorama exhaustif de l'existant, mais plutôt un échantillon de quelques-uns de ces acteurs.

À noter que la plupart des services énumérés ici couvrent pas mal de contenu intéressant, mais tendent à refléter les penchants de leurs utilisateurs plus actifs. Et de même que les gens qui ont beaucoup en commun gardent nombre d'intérêts largement divergents, on enregistre souvent un certain taux de bruit, avec des résultats non pertinents.
  1. Partage de favoris et de pages Web
  2. Annuaires collaboratifs
  3. Agrégateurs/moteurs de tags
  4. Outils verticaux personnalisables
  5. Sites sociaux de Questions/Réponses
  6. Fédérateurs collaboratifs
[Juste un éclairage sur les points 4. et 6., un peu moins connus que les autres.]

Les outils verticaux personnalisables représentent une approche relativement nouvelle à la recherche sociale. Ils permettent à chacun(e) de se créer son propre moteur de recherche spécialisé dans un argument bien défini. Une fois le domaine choisi, le moteur construit un index pertinent et vous n'avez plus qu'à l'affiner en faisant les dernières mises au point.

Vous pouvez également inclure vos propres pubs dans les résultats de "votre" moteur, ce qui vous permet de monétiser votre travail et de concurrencer, à votre niveau, les grands moteurs généralistes.

(...)

Quant aux fédérateurs collaboratifs (point 6., Chris utilise
"harvesters", littéralement "moissonneurs"), ce sont de nouveaux outils faisant appel au concept de sagesse des foules. Lorsqu'un utilisateur trouve un service intéressant, il le soumet aux autres et la communauté vote ou note le contenu, après quoi celui qui est le plus voté (ou le mieux noté) est proprosé comme source recommandée au reste de la communauté. » [Début]


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