lundi 11 septembre 2006

La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute

La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute...

Rappel des événements

I. Installer le doute
II. en s'appuyant sur la peur
III. au moyen d'informations non vérifiables (incertitude)

c'est ce qu'on appelle le FUD, une technique de désinformation ... qu'utiliserait Adscriptor, tel que l'a laissé entendre Patrick Mevzek entre les lignes. Voici mon droit de réponse.


* * *

Rappel des événements

Dans mon précédent billet, intitulé Noms de domaine à la carte : vacarme et silence, je mettais en cause le réalisme de Patrick Mevzek, en me basant sur les propos qu'il avait tenus quelques jours auparavant sur le forum de PWHinfo :
Il faudrait savoir : soit on critique l'ICANN parce qu'ils dépassent leur rôle de coordinateur technique qui était leur mandat et leur discours (plus ou moins) en touchant des points clairement non techniques (comme le prix des domaines), soit on ne peut que se féliciter de laisser au «marché» s'occuper de la politique des prix (on vit dans un monde capitaliste après tout, et une société de marché ; si on accepte ce postulat, les conséquences sont logiques).

Après tout, les clients ont le choix de l'extension de leur domaine, non ?

Bref, on reproche aujourd'hui à l'ICANN le contraire de ce qu'on lui reprochait hier. Je suis loin de les défendre, mais les attaquants manquent de cohérence. Ce qui se comprend assez, les bureaux d'enregistrement n'ayant pas trop envie de rogner leurs marges, eux qui ne brillent souvent déjà pas par des politiques tarifaires transparentes.

Quant à *l'interprétation* qui circule (des prix registre différents par domaine), ce n'est que ca : une *interprétation* des contrats qui, comme tous les contrats, ne sont pas écrit en langue que n'importe quelle poire ou quiche peut comprendre, mais en langue avocat.

Dommage donc, encore une fois, que le débât tombe à côté de la plaque. Il serait, en tout cas je pense personnellement, bien plus avisé de discuter de la section 3.1 (f) aka «Traffic Data». Là, il n'y a plus grand monde...
Mise en cause à laquelle Patrick Mevzek a répondu par deux commentaires. Permettez-moi de commencer par le second :
D'accord. Puisque vous souhaitez un débat, pourquoi ne pas débattre dans un lieu propice, là d'où vous avez repris mes premiers propos (où je soulevais d'ailleurs d'autres points), à savoir Usenet, et fr.reseaux.internet.hebergement en particulier ? Pour moi un blog, aussi intéressant qu'il puisse être n'est pas un lieu de débat, et un forum regroupe tout de même plus de visiteurs...
D'emblée, je remarque une double contradiction :
  • nulle part dans son message il n'est question d' « Usenet ou de fr.reseaux.internet.hebergement en particulier », je ne sais même pas de quoil il s'agit, moi je me limite à parler de la proposition scélérate de l'ICANN ;
  • « Il serait, en tout cas je pense personnellement, bien plus avisé de discuter de la section 3.1 (f) aka «Traffic Data». Là, il n'y a plus grand monde... » OK ! Je veux bien, puisque j'en parle dans mes deux précédents billets sur le sujet, en précisant noir sur blanc qu'il s'agit d'un autre coup bas, or là encore, en dépit de ses intentions proclamées, nulle part dans sa longue réponse il n'aborde le sujet. Voici son commentaire in extenso :
« Ce que moi je trouve particulièrement irréaliste c'est :

1) reprocher aujourd'hui à l'ICANN l'exact contraire de ce qu'on lui reprochait hier (la fixation des prix par une entité qui se veut uniquement un régulateur technique)

2) avoir une *interprétation* biaisée d'un document flou par essence, de l'ériger comme vérité universelle non discutable, et de la propager de blog en blog, ce qui s'apparente ni plus ni moins qu'à du FUD

3) croire un seul instant que les registres vont s'aventurer la-dedans : augmenter les prix, globablement, oui, certains pourront être tentés (mais si la concurrence entre registres continue de s'accroitre, ce ne sera pas nécessairement une bonne idée, à part pour .COM peut-être qui peut se le permettre, en s'appuyant sur les lois US contre le cyberterrorisme blah blah blah), mais différencier j'en doute très fortement.

4) par contre, l'idée de base n'est pas si crétine qu'elle mérite d'être balayée d'un revers de la main : compte-tenu des pratiques actuelles, un domaine que tout le monde veut acquérir, génère beaucoup de tentatives de création/vérification, et donc proportionnellement une charge plus grand pour le registre qu'un autre domaine qui n'intéresse personne.
Cela est donc à repositionner sur le débat général du sort des domaines après échéances, des pre-réservations (WLS), du second marché, etc...

Bref c'est une problématique avec des enjeux et un contexte complexes, comme tout ce qui touche à l'ICANN, et les jugements à l'emporte pièce ne servent à rien.

Je rappelle que les clients ont le choix de leurs domaines et extensions, et qu'il n'y a pas que .COM dans la vie.

Basé sur ces faits, et notamment à cause du FUD, je doute qu'un *débât* soit possible. Il ne faut pas se leurrer non plus, il n'y a que les bureaux qui seraient réellement impactés par toute augmentation de prix (réduction de leur marge, car pour le reste ils répercuteront aux clients, en faisant passer les registres pour les méchants, chose facile à faire, en oubliant au passage, quand ledit méchant fait une promotion de la répercuter aux clients, ou de la répercuter en faisant croire à une largesse interne du bureau), et d'ailleurs il n'y a bien que les bureaux qu'on entende à ce sujet.

Quant au cas français, sauf erreur de ma part, aucun bureau national ne siège à l'assemblée des bureaux au sein de l'ICANN ni ne participe à l'ICANN de loin ou de près. Sauf à inclure Namebay, je sais que c'était le cas à une époque, ca doit probablement l'être encore aujourd'hui.

Et pas d'erreurs d'interprétation dans ce qui précède : je ne travaille/supporte ni l'ICANN, ni les registres, je suis plutôt à ranger dans la case bureaux s'il faut me ranger quelque part, c'est juste que je suis souvent un trublion avec des idées différentes et que je suis probablement moins hypocrite que la moyenne.

PS: question réalisme, pétionner contre l'ICANN de cette façon, n'a AUCUNE chance de servir à quoi que ce soit ! C'est déjà à peine si les commentaires reçus par l'ICANN sont lus et pris en compte. »
Donc, tout en lui laissant la responsabilité de son affirmation (Pour moi un blog, aussi intéressant qu'il puisse être n'est pas un lieu de débat, et un forum regroupe tout de même plus de visiteurs...), je voudrais utiliser mon droit de réponse pour rétorquer de façon argumentée au tissu d'incohérences qui précède. Et je le fais à dessein sur mon blog car venir « chez moi » m'accuser de « désinformation », c'est quelque chose qui dépasse le seul cadre de l'éventuel débat sur l'ICANN (j'aurais volontiers répondu sur le forum si le dialogue était resté dans les limites du débat), et surtout un propos intolérable que je n'autorise personne - je répète : personne -, à tenir sans étayer une telle accusation.

C'est en outre une injustice que je supporte d'autant plus difficilement que depuis janvier 2006, date à laquelle j'ai repris ce blog, je m'efforce de distiller une information de qualité, documentée et recoupée, en mentionnant toujours mes sources, ce qui exige beaucoup de temps et d'énergie. Donc qu'on vienne liquider d'un sigle abscons tout ce travail, en osant affirmer qu'il « s'apparente ni plus ni moins à du FUD » (concept repris par deux fois : « Basé sur ces faits, et notamment à cause du FUD, je doute qu'un *débât* soit possible. »), non, décidément, ça ne passe pas !

Mais de quoi parle-t-on ?
Un FUD (de l'anglais Fear, Uncertainty and Doubt, c'est-à-dire Peur, Incertitude et Doute) est une technique classique de désinformation basée sur le schéma suivant :
  • Installer le doute,
  • en s'appuyant sur la peur
  • au moyen d'informations non vérifiables (incertitude).
Source : Wikipedia

Exactement tout le contraire de ce que j'essaie de faire avec mon blog. Donc, que le premier venu vienne accuser Adscriptor de pratiquer la désinformation de cette manière, ça me gonfle. Pour rester poli. Ça me gonfle beaucoup, même. Comme disait Coluche, « ça se voit pas, c'est intérieur... »

Surtout venant de la part de quelqu'un qui voudrait donner des leçons en appuyant ses propos sur rien d'autre que ... ces mêmes propos. Ce qui est un peu fort, convenons-en. Être « un trublion avec des idées différentes et (...) probablement moins hypocrite que la moyenne » ne saurait empêcher le respect du labeur des autres.

Aussi m'en vais-je les décortiquer, lesdits propos, en faisant le même travail que je fais pour tous mes billets, c'est-à-dire en cherchant, en me documentant, en recoupant les infos et en citant mes sources (qui me lit aura sûrement observé que mes « articles » sont truffés de liens). Certes, je ne suis pas journaliste, je ne suis que blogueur, et ne suis très certainement pas à l'abri des erreurs. Mais j'assume. Qu'on me les montre, et qu'on me dise pourquoi, je répondrai. Le propre d'une erreur, en général, c'est qu'elle n'est pas intentionnelle. Alors qu'on me l'explique, qu'on me le prouve, j'accepterai le jugement. Pour autant, en traducteur de métier, je suis habitué à peser chaque mot, à pondérer mes formules, donc il va falloir autre chose que des paroles en l'air pour me convaincre... [Début]

* * *

I. Installer le doute

Il faudrait quand même rappeler que, dans cette histoire, l'élément déclencheur qui a contribué à « installer le doute » dans les esprits, n'est autre que la proposition de l'ICANN, que je qualifie à l'envi de « scélérate » pour plusieurs raisons. D'abord, les faits :
  1. elle introduit la tarification par paliers (tiered pricing) des noms de domaine, soit en germe « la libéralisation totale et la dérégulation sauvage de la politique de prix qui a permis jusqu'à présent à tout internaute qui le souhaite d'entregistrer son propre nom de domaine pour un coût acceptable. »
  2. elle réintroduit, sous l'appellation anodine de “Traffic Data” le concept de SiteFinder, qui a soulevé un tollé mondial lors de sa mise en place initiale par Verisign (un événement dont nous n'avons pas fini de payer les conséquences, comme je le montrerai plus loin...), en énonçant que « Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON... ».
  3. elle introduit en outre la notion de “Presumptive Renewal”, soit le renouvellement tacite des contrats ICANN-Registre, sauf cas de violations majeures qui ont tellement peu de chances de se produire que ça revient à signer un chèque en blanc aux actuels registres monopolistes de voir leur contrat renouvelé à l'infini.
Donc, s'agit-il là de TROIS changements majeurs introduits à la sauvette (cf. Procedural Concerns), en contradiction totale avec les procédures à suivre par l'ICANN pour introduire des changements dans les contrats passés avec les registres, ou est-ce moi seul qui dis ça, juste pour installer le doute ?

N'en déplaise à Patrick Mevzek, il y a plus de 900 commentaires négatifs qui sont loin de tous provenir des bureaux d'enregistrement (registreurs), une opposition que l'on peut aisément résumer par la formule suivante : « NO to variable pricing! »

Les seuls avis positifs, qu'on peut compter sur les doigts d'une main, sont ceux des Registres, Verisign en tête, et de Monsieur Mevzek en personne...

Donc, je vais reprendre en vrac les positions qu'il expose dans ses commentaires, rappelées en début de ce billet, en montrant de façon argumentée pourquoi elles sont incohérentes et assénées « à l'emporte-pièce », en contradiction totale avec ses intentions affichées : « les jugements à l'emporte pièce ne servent à rien », au moins un point sur lequel nous sommes d'accord ! [Début]

* * *

II. en s'appuyant sur la peur

Oui, la peur est bien réelle, ou la crainte, si l'on préfère, de voir que l'ICANN pourrait faire passer « en force » les trois changements majeurs évoqués au point précédent, en révolutionnant la base même de ce qu'est la présence Internet pour des centaines de millions d'utilisateurs : les noms de domaine.

Lorsque M. Mevzek proclame : « ...soit on ne peut que se féliciter de laisser au "marché" s'occuper de la politique des prix (on vit dans un monde capitaliste après tout, et une société de marché ; si on accepte ce postulat, les conséquences sont logiques) », il semble toutefois oublier un détail : faire jouer la concurrence entre les registres ne peut consister EN AUCUN CAS à donner le pouvoir aux registres d'augmenter de façon unilatérale le prix des noms de domaine, ce qui leur confère un monopole de fait, mais DEVRAIT signifier faire jouer la concurrence entre des « candidats registres » potentiels. À l'heure actuelle, au niveau registre, les noms de domaines sont loués entre 4,5 et 6$ à l'année.

Or dans un commentaire du Comité At Large, une instance qui permettait initialement aux internautes élus en ligne de siéger au conseil d'administration de l'Icann, principe très démocratiquement foulé aux pieds par l'ICANN en 2002, celui-ci affirme que, selon tous les rapports disponibles sur la question, la situation des registres est d'ores et déjà fort rentable aux prix actuels, et que même en descendant à 3$ par domaine, on aurait encore des candidats qualifiés pour s'adjuger le rôle de registre :
Registries are, by all reports, profitable at the current capped price and can and do make needed investments in infrastructure. Indeed, the experience of the .net renewal strongly suggests that even at $3 there would be multiple well qualified candidates to run these three registries.
Donc il faudrait peut-être voir à ne pas se tromper de cible, et les registres supportent très bien leur charge (point 4 du commentaire de M. Mevzek)...

Venons-en maintenant au point le plus grave, à mon avis, qui est celui dont M. Mevzek voulait apparemment parler et dont il n'a touché mot :
Dommage donc, encore une fois, que le débât tombe à côté de la plaque. Il serait, en tout cas je pense personnellement, bien plus avisé de discuter de la section 3.1 (f) aka «Traffic Data». Là, il n'y a plus grand monde...
Et bien parlons-en.

Au risque d'interpréter comme une poire ou une quiche, je n'ai pas vraiment de préférence (une *interprétation* des contrats qui, comme tous les contrats, ne sont pas écrit en langue que n'importe quelle poire ou quiche peut comprendre, mais en langue avocat), voici ce que dit le contrat, sauf erreur de traduction de ma part :
« Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON... »

(3. 1(f) Traffic Data. Nothing in this Agreement shall preclude Registry Operator from making commercial use of, or collecting, traffic data regarding domain names or nonexistent domain names...
Donc, tel que le contrat est libellé, c'est le OU NON (nonexistent domain names) qui pose problème, puisque c'est très exactement le concept de SiteFinder qui repasse par la fenêtre après avoir été chassé par la porte. Voir l'article du Journal du Net pour les détails. Il faut quand même savoir que les saisies directes qui aboutissent à des noms de domaine inexistants représentent quelque 900 millions de requêtes par mois (soit à peu près 3% du total, globalement supérieur à 300 milliards de requêtes mensuelles en 2003, ou environ 140 000 à la seconde !). Même si VeriSign ne parle vraisemblablement que des .COM et des .NET, on peut facilement imaginer les enjeux commerciaux derrière de tels chiffres, ÉNORMES, dès lors que ces requêtes arriveraient sur des landing pages optimisées pour la monétisation ou serviraient à d'autres usages commerciaux...

Et qu'on appelle ça SiteFinder, Traffic Data ou Dead Domains Handling ne change rien à l'affaire : tout ça manque tellement de transparence que faute d'une règlementation claire, informée et consensuelle, ce genre de service ne débouchera jamais sur rien d'autre que sur des critiques et des interrogations légitimes (notamment en matière de protection des données personnelles...).

Dans un rapport de 85 pages publié en juillet 2004 par le Comité consultatif de l'ICANN pour la Sécurité et la stabilité, les conclusions sur SiteFinder étaient sans équivoques et avaient abouti à des recommandations (pages 23-25, 3. Findings and Recommendations), dont j'extrais les suivantes :
Finding (1): VeriSign introduced changes to the NET and COM registries that disturbed a set of existing services that had been functioning satisfactorily. Names that were mistyped, had lapsed, had been registered but not delegated, or had never been registered in DNS were resolved as if they existed. As a consequence, certain e-mail systems, spam filters and other services failed resulting in direct and indirect costs to third parties, either in the form of increased network charges for some classes of users, a reduction in performance, or the creation of work required to compensate for the consequent failure.

Finding (2): The changes violated fundamental Internet engineering principles by blurring the well-defined boundary between architectural layers. VeriSign targeted the Site Finder service at Web browsers, using the HTTP protocol, whereas the DNS protocol, in fact, makes no assumptions – and is neutral – regarding the protocols of the queries to it. As a consequence, VeriSign directed traffic operating under many protocols to the Site Finder service for further action, and thus, more control was moved toward the center and away from the periphery, violating the long-held end-to-end design principle.

Recommendation (4): Changes in registry services should take place only after a substantial period of notice, comment and consensus involving both the technical community and the larger user community. This process must (i) consider issues of security and stability, (ii) afford ample time for testing and refinement and (iii) allow for adequate notice and coordination with affected and potentially affected system managers and end users. Thirty years of experience show that this strategy ensures robust engineering and engenders trust in the systems and the processes surrounding their maintenance and development.
En gros, Verisign a introduit des changements aux registres .NET et .COM qui gênent le fonctionnement, jusqu'alors satisfaisant, de services existants (point 1), des changements qui violent les principes fondamentaux qui régissent l'architecture de l'Internet (point 2), pour en arriver, entre autres, à la recommandation suivante (n° 4) :
Les changements dans les services des registres ne devront avoir lieu qu'après une période préalable suffisante d'information, de commentaires et de consensus impliquant à la fois la communauté technique et la grande communauté des utilisateurs. Un processus qui doit (i) tenir compte des problèmes liés à la sécurité et à la stabilité, (ii) accorder tout le temps nécessaire pour tester et parfaire et (iii) permettre une information et une coordination adéquates vis-à-vis des gestionnaires et des utilisateurs finaux des systèmes réellement ou potentiellement affectés. Trente ans d'expérience montrent qu'une telle stratégie garantit une architecture robuste et génère la confiance dans l'ensemble du système et dans les processus connexes de maintenance et de développement.
Que de belles paroles ! La sécurité et la stabilité, deux éléments centraux de la politique d'évaluation des services des registres (points 1.2 et 1.3), à peine réaffirmés (point ii. Ensuring stability and security in an environment of increased threats) dans un document publié par l'ICANN sur sa planification stratégique 2007-2010 il y a ... 3 jours !!!

Autant de raisons pour lesquelles Paul Twomey, président de l'ICANN, avait envoyé le 3 octobre 2003 une lettre à Verisign pour enjoindre la société de cesser le déploiement de son service. Une position de l'ICANN qui est à l'origine du procès que lui a intenté Verisign le 26 février 2004, procès qui, en dépit du fait que Verisign ait initialement perdu, fut suivi par d'autres affaires, le tout s'étant terminé le 24 octobre 2005 par un règlement « à l'amiable » qui énonce : « Whereas, the proposed settlement agreement enters ICANN and VeriSign into a new .COM Registry agreement intended to balance innovation and business certainty with the need to ensure competition, security and stability in the domain name system. »

Voilà donc comment SiteFinder est la cause indirecte du renouvellement du contrat de Verisign comme registre des .COM et .NET... Où l'on notera également que la notion de "compétition" vient s'adjoindre, sans tambour ni trompette, à celles de sécurité et de stabilité... De là à penser que les changements proposés aujourd'hui avec les registres .ORG, .INFO et .BIZ ne sont que les préalables pour faire un nouveau pont d'or à Verisign à l'échéance de l'actuel contrat (sur quels motifs en effet refuser à Verisign ce qui a été si gentiment accordé aux autres registres), il n'y a qu'un pas...

Ceci étant, c'est probablement là où l'ICANN rejoint l'avis de M. Mevzek, en positionnant la compétition ... à côté de la plaque. CQFD ! [Début]

* * *

III. au moyen d'informations non vérifiables (incertitude)

Cet article naît en réponse à cette allégation stupide de M. Mevzek : « 2) avoir une *interprétation* biaisée d'un document flou par essence, de l'ériger comme vérité universelle non discutable, et de la propager de blog en blog, ce qui s'apparente ni plus ni moins qu'à du FUD »

Comme je viens de le montrer, je l'espère, au moyen d'informations parfaitement vérifiables, je l'espère aussi, le contrat *proposé* par l'ICANN n'est pas flou du tout, il n'y a pas besoin d'être avocat pour l'interpréter, et si quelqu'un l'a érigé comme « vérité universelle non discutable » c'est moins du côté du soussigné que de l'ICANN qu'il faut chercher.

Je ne suis pas à court d'arguments (affirmer par exemple que « les clients ont le choix de l'extension de leur domaine » est tout à fait partiel et contestable) (affirmer encore « augmenter les prix, globablement, oui, certains pourront être tentés..., mais différencier j'en doute très fortement. », pourquoi le leur permettre, alors ?), mais inutile de poursuivre au risque de fatiguer davantage mon lectorat, qui se fout des querelles de chapelle. Je crois juste avoir réuni « un faisceau documentaire » suffisamment étoffé pour tracer les contours de ce qui se prépare si l'opposition à l'ICANN ne réussit ni à faire entendre sa voix ni à faire valoir ses droits. J'accepte certes qu'on me contredise, il ne manquerait plus que ça, mais sûrement pas avec des paroles en l'air qui ne s'appuient que sur ... du vent.

Quant à ma tentative de diffuser l'information, mon but n'a jamais été de « la propager de blog en blog », comme il m'en prête faussement l'intention, à moins qu'on ne puisse qualifier de blogs le Monde, l'Expansion, l'Express, le Nouvel Obs, 01.net (qui se plaint pourtant de ce que l'Europe est peu concernée par la gestion de l'Internet...), Netéco, Branchez-vous.com, le Journal du Net, etc., autant d'organes de presse que j'ai contactés directement sans recevoir la moindre réponse.

Je pense seulement qu'il s'agit d'une information cruciale, aux implications gigantesques et incalculables, en l'état actuel de la proposition, et je le répète, je trouve incompréhensible et coupable qu'elle ne trouve pas plus d'écho sur le Web francophone. Je remercie donc toutes les personnes qui l'ont relayée. Quant aux autres, loin de moi l'idée d'être plus royaliste que le roi. Après tout, chacun est assez grand pour se faire sa propre opinion. [Début]

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lundi 4 septembre 2006

Noms de domaine à la carte : vacarme et silence

Noms de domaine à la carte : vacarme et silence

Vacarme
Silence

Suite de mon article intitulé Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?, dans lequel j'explique brièvement les risques liés à la dernière proposition scélérate de l'ICANN, qui nous conduirait de facto vers « la libéralisation totale et la dérégulation sauvage de la politique de prix qui a permis jusqu'à présent à tout internaute qui le souhaite d'entregistrer son propre nom de domaine pour un coût acceptable. »

En clair, pour celles et ceux qui en ignorent encore le contenu, l'accord proposé avec les registres des extensions .BIZ, .INFO et .ORG (dans un premier temps...), abolit le contrôle des prix sur les enregistrements de domaine pour mettre en place un service à la carte. Où rien n'empêchera le registre d'augmenter les prix de tel ou tel domaine, à sa seule discrétion, sans aucun plafond ! Unique garde-fou : il devra communiquer sa décision avec un préavis de six mois au seul ... registreur !

Traduit dans les faits, juste pour faire un exemple, si Afilias décide que traducteurs.info est un excellent domaine dont le coût d'enregistrement devrait être d'au moins 10 000 (ou 100 000 ou 1 000 000 ou plus) €/$ par an, il est juste tenu à le communiquer au registreur chez qui j'ai enregistré ce domaine 6 mois avant l'échéance de l'enregistrement, registreur qui ne va pas manquer de se sucrer au passage proportionnellement à la valeur du nom fixée par le registre en y ajoutant sa marge.

Mais là où l'on touche au sublime, c'est que si le registre doit communiquer sa décision avec un préavis de 6 mois vis-à-vis du registreur, ce dernier n'est tenu à respecter aucun délai vis-à-vis de l'enregistreur !!! Donc, concrètement, pour traducteurs.info, qui arrive à expiration le 23 avril 2007, en l'état actuel des choses le registreur peut très bien m'informer le ... 22 avril qu'un domaine que j'ai enregistré pour 10 euros m'en coûtera 10 000 (ou 100 000 ou 1 000 000 ou plus) €/$ le lendemain ! Idem pour traduire.org, cvweb.biz, etc. Et ce n'est pas de la science-fiction, l'ICANN va aborder le sujet dès sa réunion du 13 septembre, c'est-à-dire dans moins de deux semaines...

En outre, n'oublions pas qu'en général, derrière votre domaine, il y a votre site ! Et qui dit site dit :
  • effort de développement, au niveau de l'architecture, du graphique et du contenu
  • investissement, parfois considérable, en temps, en énergie et en argent
  • votre activité en ligne, qui peut très bien être votre gagne-pain, puisque de plus en plus de gens ont transféré leur profession sur le Web
  • hébergement et ... données, ces mêmes données stockées dans des bases qui sont et font parfois toute la richesse de votre travail/entreprise
  • positionnement dans les moteurs, si dur et si long à conquérir, mais pour quoi et pour qui, dès lors que vous ne seriez plus en mesure de payer les droits d'enregistrement de votre domaine pour peu qu'on vous en demanderait un chiffre exhorbitant ?
  • etc.
  • et que dire pour tous les acteurs dont la présence sur Internet ne se limite pas à un site, mais qui ont des portails, des réseaux multinationaux, des marques mondialement connues ?
Vous imaginez le chantage ? Vous imaginez le bordel ? Vous imaginez les injustices ?

Donc, maintenant que le contexte est précisé, du moins je l'espère, je voudrais en revenir au titre de ce billet, intitulé « Noms de domaine à la carte : vacarme et silence. » [Début]

* * *

Pourquoi « vacarme et silence » ?

Vacarme, tout simplement parce que le bruit qui entoure cette info dans le monde anglo-saxon (à la seule exception notable de Bob Parsons, qui à l'improviste est devenu étonnamment frileux devant l'ICANN et ne s'est pas encore prononcé sur cette affaire...) est inversement proportionnel au silence assourdissant qui règne de ce côté-ci de l'Atlantique !

Vacarme émanant des plus hautes instances concernées, impossible de toutes les répertorier, puisque la liste des commentaires (dont le terme final du 28 août dernier avait été repoussé d'un délai supplémentaire) est une longue énumération d'avis contraires (NO to variable pricing), aussi ne citerai-je que deux sources à titre d'exemple, bien représentatives de l'état d'esprit ambiant.

Voici d'abord un extrait du commentaire de Rick Schwartz, Président & CEO de World Association of Domain Name Developers Inc., l'Association mondiale des développeurs de noms de domaines, qui s'intitule « WADND.COM Score 99.9% vs .01% SPECIAL INTEREST » :
Cher ICANN,

Votre appel à commentaires se solde par un taux de 99,9% contre et de 0,01% pour. Les TROIS commentaires en faveur de la proposition émanent d'autant de registres qui voient là une opportunité de se remplir les poches.

Que vous dire, donc ? Ignorerez-vous toutes les informations demandées que vous avez reçues ? Ferez-vous fi du bon sens ?

L'enjeu, ici, c'est l'avenir de l'ICANN. L'enjeu, ici, c'est la crédibilité de l'ICANN. Vous plierez-vous aux intérêts particuliers des quelques acteurs qui vont gagner des DIZAINES de millions ou écouterez-vous la voix de la majorité ? (...)

Je vous suggérerais de combattre d'autres batailles, car celle-ci pourrait s'avérer un échec catastrophique pour l'ICANN.

Ceci étant, en tant que simples commentateurs, nous n'avons AUCUN POUVOIR. C'est l'ICANN qui détient le POUVOIR. Donc la vraie question, c'est de savoir si l'ICANN entend abuser de ce pouvoir, c'est aussi simple que ça. L'ICANN abusera-t-il du pouvoir qui lui a été conféré pour servir l'INTÉRÊT PUBLIC ? Ce pouvoir d'aider la majorité contre la minorité qui veut se remplir les poches en profitant de NOTRE dur labeur ?

Sachez que vous êtes sous observation, tous les regards sont tournés vers vous. Si vous choisissez d'ignorer les arguments parfaitement justifiés qui ont été portés à votre attention, ou encore d'ignorer les objections soulevées en raison de votre charte et démontrant en quoi, ce faisant, vous violeriez cette même charte, alors préparez-vous à devoir affronter un avenir bien sombre.

Respectueusement,

* * *

Well ICANN,

You asked for comments and the comments ran 99.9% opposed to .01% in favor. The THREE posts in favor were all by the registries that will be lining their pockets.

So now what say you? Do you IGNORE all the info you requested? Do you IGNORE common sense?

The very future of ICANN is at stake here. The credibility of ICANN is at stake here. Do you knuckle under to the special interests of a few who could gain TENS of millions or do you listen to the grassroots? (...)

So I suggest you choose a better battle than this one. This one would be a catastrophic loser for ICANN.

But as posters we have NO POWER. ICANN holds the power. Now the question is will ICANN abuse it's power? It is really that simple. Will ICANN abuse the power it was given in the PUBLIC TRUST. The power to help many as opposed to help a few line their pockets with OUR hard work??

So we stay on the side and all eyes will watch what you do. If you choose to ignore the very valid points that have been brought to your attention. If you choose to ignore the points carefully made showing your charter and how you are going against that charter, be prepared for a very rough future.

Respectfully,
Comme vous le voyez, les opposants à l'ICANN ne mâchent pas leurs mots ni ne cachent leur volonté d'intenter des actions légales ou d'aller plus loin (Behind these posts there are discussions of even more than legal action), accusant même entre les lignes les membres de l'ICANN d'avoir reçu des dessous-de-table (Gifts that board members may have received), etc.

D'une part. De l'autre, c'est encore la voix de George Kirikos, qui commente ainsi la tentative d'Afilias d'assouplir la position du registre par les mots de son président, Michael D. Palage :
Continuez de rêver : aucun compromis n'est possible sur cette question. Les registres en demandent toujours “plus, plus et plus”, tandis que le public leur rétorque “non, non et non.” En réalité, si un registre est incité à gagner davantage d'argent sur un domaine qu'il annule, vous ne tarderez pas à voir se produire de plus en plus d'annulations “accidentelles” pour des domaines revendus ensuite au prix fort.

Le vrai “problème”, dans cette histoire, c'est que les registres ont signé des contrats pour faire une chose, et qu'ils veulent maintenant totalement les réécrire pour essayer d'en tirer plus d'argent. Chose dont les enregistreurs que nous sommes se rendent bien compte et que nous rejetons en masse. Mais la grande question, c'est pourquoi l'ICANN - y compris le directoire et les négociateurs - ne voit pas clairement la réalité des choses et cette tentative manifeste de se faire du fric. Cela démontre que les équipes chargées de négocier ces contrats doivent être soit remplacées, soit révoquées.

Au lieu de cela, les registres feraient mieux de se préparer à renouveler les contrats relatifs aux extensions qu'ils gèrent lorsqu'ils arriveront à échéance et se concentrer, dans l'attente, sur la gestion des opérations courantes selon les termes actuellement en vigueur des contrats qu'ils ont signés.

* * *

Keep dreaming—no compromises on this issue. The registries keep asking for “more, more, more”, and the public has kept saying “no, no, no.” Indeed, if there’s an incentive for a registry to earn more money from a domain if it deletes, you’ll start to see more “accidental” deletions, so it can then resell that domain for a higher price.

The real “problem” is that registry operators signed contracts to do one thing, and now want to totally rewrite their contracts in an attempt at a money grab. Registrants can clearly see this, and overwhelmingly reject it. The bigger question is why ICANN Staff and the Board do not apparently see this obvious attempt at a money grab. It demonstrates that the Staff negotiating these contracts should be replaced and/or terminated.

Registry operators should be preparing to bid again for the operation of their respective TLDs when the term of their contracts end, and concentrating on operating their TLD in the interim within the contractual terms they signed.
Signalons par souci d'honnêteté qu'aucun de ces contrats n'arrive à échéance avant plusieurs mois (en 2007 ou au-delà, je ne me souviens plus des dates exactes). Il n'y a donc pas la moindre urgence à vouloir tout chambouler sans aucune concertation.

Quant à la réponse de Vinton Cerf rapportée par M. George Kirikos, qui se veut rassurante en affirmant qu'il serait suicidaire pour les registres d'augmenter les prix de cette manière, soit elle est incroyablement naïve, soit elle est d'une mauvaise foi absolue. Or je doute que M. Cerf soit un grand naïf...
Vint said it would be “suicide” for a registry to do it, because there’d be the 6-month notice period to raise prices and the ability for registrants to renew for up to 10 years at “old prices”, that supposedly “protects” registrants. Personally, as a business, my time horizon is a lot longer than 10 years. I wonder if Vint felt introducing “SiteFinder” was suicide, too...
De plus, cette réintroduction du concept de SiteFinder, en le dissimulant sous l'appellation anodine de “Traffic Data” est un autre coup bas, puisque « Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON, à des fins, sans que la liste soit exhaustive... ».
En clair, cela signifie que chaque registre aurait la faculté de rediriger tous les noms de domaine non attribués saisis en type-in vers des pages optimisées pour les AdSenses, c'est-à-dire bourrées de liens sponsorisés...

Donc, qu'on puisse soutenir que, dans cette affaire, tout n'est qu'une question d'interprétation, comme le fait Patrick Mevzek ici :
Quant à *l'interprétation* qui circule (des prix registre différents par domaine), ce n'est que ça : une *interprétation* des contrats qui, comme tous les contrats, ne sont pas écrit en langue que n'importe quelle poire ou quiche peut comprendre, mais en langue avocat.
je trouve ça un peu léger et totalement irréaliste, même si c'est une opinion qui a au moins le mérite de faire débat, un débat malheureusement inexistant chez nous. [Début]

* * *

Voilà côté vacarme. Une énorme levée de boucliers à laquelle fait pendant, sur le Web francophone, un silence assourdissant, c'est sûr, mais aussi un silence incompréhensible, un silence coupable, grandement coupable. Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé de faire bouger le cul l'arrière-train de tous ces mammouths de l'information qui se vautrent complaisamment dans la gadoue et se goinfrent de leurs rentes de position. J'en ai interpellé une dizaine pour leur signaler l'info en leur demandant de bien vouloir la relayer : le Monde, l'Expansion, l'Express, le Nouvel Obs, 01.net, Netéco, Branchez-vous.com, le Journal du Net, ..., mais aussi, sur le versant des personnalités en vue qui bénéficient d'une large audience, Stéphane Van Gelder, Olivier Andrieu, Loïc Le Meur et d'autres. Teneur du message, avec quelques variantes en fonction du destinataire :
Bonjour,

Je voudrais vous signaler une actu, au cas où vous jugeriez bon d'approfondir ou de relayer l'information. Mon blog n'a qu'une centaine de lecteurs par jour, et à mon avis, elle mériterait une audience bien plus vaste, vu son importance et ses conséquences incalculables pour l'évolution d'Internet si elle passe. La chose fait grand bruit Outre-Atlantique alors que chez nous elle semble entourée de silence ! C'est inacceptable et coupable.
Cordialement,
Et vous croyez que j'ai reçu une réponse, vous ? Tiens, fume ! On a autre chose à faire que de relayer ces conneries - doivent-ils penser -, nous on traite l'information sérieuse, Olivier Andrieu ne s'occupe que de ses chers moteurs (quoique...), tandis que Loïc Le Meur (le seul que j'ai sollicité tois fois, tant par courriel qu'ici) s'en fout comme de sa première chemise, en préférant raconter à qui veut l'entendre comment il a vendu son premier business 139 millions de dollars (ou d'euros, je sais plus très bien) et comment il est en train de monter sa sixième affaire. Je serais bien curieux de savoir ce qu'il dira en 2012 quand Verisign décidera que loiclemeur.com vaut 139 millions de dollars ... par an. Peut-être bien que, finalement, il se sentira impliqué. Un peu tard, je vous l'accorde ;-) Bon, Loïc, tu m'as pas répondu chez toi, mais si veux le faire ici, la porte est ouverte, à toi et aux autres muets.

Une mention spéciale revient aux réseaux sociaux, envers lesquels je partage à 100% les doutes exprimés par Chris Sherman, puisque 6 jours après publication, l'info a été cliquée 1 fois sur Scoopeo (avec juste 2 réponses au sondage), et 6 fois sur Fuzz, avec un seul commentaire, provenant d'un membre justement concerné par l'importance de cette nouvelle (Cette news DEVRAIT être en top quelque chose, il est urgent de faire passer le mot. Perso cette info sera sur mon blog demain.)...

En revanche, permettez-moi de remercier ici, très sincèrement et CHALEUREUSEMENT, les seules personnes qui ont répercuté mon message : tout d'abord Emmanuel Parody, aussi bien sur son blog que sur ZDnet, Olivier Duffez, qui était en vacances lorsque j'ai envoyé le message mais qui a réagi dès son retour, celles et ceux qui ont relayé l'info sur leur blog, pardonnez-moi de ne pas tous vous citer, et enfin Stephan Ramoin, de chez Gandi, l'un des acteurs concernés au premier chef par ce chamboulement, qui n'a pas hésité un instant à dialoguer avec son public, nombreux à juste titre, en précisant sa position.

Honneur à eux et honte aux autres ! Ce n'est pas la première fois que j'ai l'occasion de mettre mon poing sur le I du PIF, mais cette fois, j'espère que ça va saigner ! L'ignorance, l'indifférence et les faux alibis ne justifient pas tout. Imaginez un instant que le 13 septembre prochain, contre vents et marées, l'ICANN fasse passer de force sa proposition : l'actualité ferait le tour du Net en moins de 24 heures, et serait reprise dans la foulée par les agences de presse et les journaux du monde entier. Y compris par les journaux français, qui ne pourraient qu'alléguer leur ignorance pour masquer leur indigence. Ah non, nous n'étions pas au courant. Et bien si vous étiez au courant, mes courriels en témoignent. Bande de nuls. Ah ! Le journalisme à la française, ou l'art d'arriver quand la bataille est terminée. Après on suit le mouvement, en bon petit troupeau, c'est grégaire et ça le sait pas... Et bien moi, je vous le dis. [Début]

[MàJ - 5 septembre 2006, 12h30'] Je viens de soumettre une synthèse de mes deux articles à AgoraVox, à peine approuvée par le comité de publication : lire Les noms de domaine à la carte, bientôt une réalité ?. C'est la première fois que je rédige un article sur ce média, mais la nécessité de diffuser ce message est à la hauteur de l'enjeu. Nous verrons bien les suites...

[MàJ II - 8 septembre 2006, 17h30'] Je signale aux lectrices et lecteurs intéressés la possibilité de signaler une pétition contre les abus de l'ICANN, tel que signalé en commentaire. Je l'ai déjà fait en anglais, je ne me souviens pas de l'URL. Une précision sur cet appel, intitulé « Non à l'augmentation des prix des domaines en fonction de leur intérêt sémantique » : je pense que l'intérêt est moins lié à la sémantique qu'au succès d'un site en termes de trafic et de notoriété, au sens où WXYWWYKGRFS.INFO/ORG/BIZ pourrait très bien ne présenter aucun intérêt sémantique mais avoir un PR 10, d'où l'augmentation de prix probable et proportionnelle...
Ce qui serait marrant pour PIR, ce serait de fixer ICANN.ORG à 12 millions $/€ par an, juste un petit million par mois, après tout ils l'auront bien cherché... :-) [Début]

La suite ici.


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mardi 29 août 2006

Danny Sullivan quitte Search Engine Watch et les conférences Search Engine Strategies

Danny Sullivan quitte Search Engine Watch (SEW) et les conférences Search Engine Strategies (SES)

Lorsqu'une institution en quitte une autre...

J'ai déjà eu l'occasion de parler de SEW, or, pour tous les observateurs du Web, Danny Sullivan personnifie largement Search Engine Watch et, dans une moindre mesure, les conférences Search Engine Strategies, au cours desquelles se rencontrent régulièrement le must des marketers et des stratèges de l'optimisation pour les moteurs de recherche.

À ce jour, j'ai produit deux comptes-rendus de ces rencontres, l'un sur les stratégies pour les moteurs de recherche, et l'autre sur l'optimisation des blogs.

Danny explique sur son blog les raisons de son départ, essentiellement dû au fait que la société qui contrôle SEW & SES ne lui a pas reconnu une participation actionnaire significative, à hauteur du rôle qu'il joue dans l'essor de ces « institutions ». Pour autant, je ne m'inquiète pas pour son avenir, c'est l'une des personnalités les plus en vue du paysage Internet mondial.

Olivier Andrieu, le Danny Sullivan du référencement français, lui avait rendu hommage en mai dernier :
Mais il est surtout pour moi l'occasion de rendre hommage à Danny Sullivan (dont la photo illustre ce post), éditeur et créateur du site Search Engine Watch, sans qui je ne serais peut-être pas présent sur le "créneau" des moteurs de recherche depuis maintenant plus de dix ans... C'est bien son site qui m'a donné envie de créer Abondance (je reviendrai d'ailleurs un jour ici sur l'amusante genèse de ce nom) et qui m'a donné l'idée d'une lettre professionnelle sur le domaine, modèle économique qui fonctionne encore aujourd'hui (la lettre "Recherche et Référencement" va bientôt fêter son 2 500ème abonné)...

Un grand merci donc à Danny pour ses bons conseils au lancement de mon activité (s'en souvient-il seulement ? ;-) ). Me voir classé devant lui dans n'importe quel "Hit parade" du Web, c'est un peu comme si Google lançait un outil sans version bêta : impensable, voire indécent... ;-)

See you soon at the next Search Engine Strategies, Danny!

Vous pouvez intervenir dans un fil de discussion, en anglais, sur le forum de Search Engine Watch, ou lire un récapitulatif plutôt exhaustif des réactions, toujours en anglais. Danny a également ouvert un groupe Yahoo pour suivre son évolution. Or je suis sûr qu'il nous réserve bien des surprises !

Juste une anecdote personnelle à son propos : bien qu'il soit l'une des personnalités les plus demandées et les plus occupées du Web, je lui avais envoyé un courriel pour savoir ce qu'il pensait de « the Ultimate Search Engine », et sa réponse ne s'est pas fait attendre. Disponible et sans avoir la grosse tête. La quantité des commentaires laissés sur son blog en témoigne.

All the best for your future, Danny.


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Google Apps for Your Domain : la suite logicielle de Google arrive !

Google Apps for Your Domain : la suite logicielle de Google arrive !

Le pack logiciel gratuit de Google à destination des particuliers / petites entreprises / organisations à but non lucratif, c'est parti ! Depuis le temps qu'on parle de Google Office, voici enfin le lancement prévu cette semaine. Version de base, certes. Gratuite et financée par la publicité, certes. En attendant les applications plus sérieuses et la ou les déclinaisons payantes...

Nom du service, Google Apps for Your Domain, qu'on pourrait traduire par Applis Google pour votre domaine, qui sont, pour commencer : GMail et GTalk, Google Page Creator et Google Calendar.


Une parenthèse, il est bizarre de constater que dans le code source de la page, les attributs ALT des balises IMG associent "Checkout" à Gmail, "AdSense" à Gtalk, "Analytics" à Gcalendar et "Search for your website" à Gpagecreator, ce qui est pour le moins curieux. À mon avis plutôt une erreur qu'une option délibérée. Étrange quand même.

Donc, vu qu'aucune version française de la page d'explication n'est encore en ligne, voici une brève traduction libre de l'offre :
Par où commencer ?

Google Apps for Your Domain
met à la disposition de votre organisation nos outils de communication et de collaboration, totalement personnalisables en y intégrant votre marque, votre charte graphique et votre contenu depuis le panneau d'administration, sans aucune préoccupation d'installation ou de maintenance matérielle ni logicielle.

Pour commencer, cliquez sur le bouton ci-dessous et donnez-nous quelques infos sur votre organisation (voir en images). Une fois que nous aurons approuvé votre nom, vous pourrez accéder au panneau de contrôle de Google Apps dédié à votre domaine.

Dans la première phase, vous nous direz quels sont les utilisateurs qui auront accès à votre compte (utilisateurs que vous pouvez ajouter, enlever, suspendre ou supprimer à tout moment). Vous déciderez ensuite quels sont les services que vous souhaitez activer (en sélectionnant un ou plusieurs des services énumérés à droite ; là encore, vous restez libre d'en ajouter ou d'en enlever à tout moment). Une fois vos services choisis, nous vous aiderons à les activer, ce qui implique habituellement l'ajustement de certains paramétrages liés à votre domaine.

C'est tout ! C'est pas compliqué, aucun souci matériel ou logiciel. Vos utilisateurs n'ont plus qu'à se connecter en ligne pour bénéficier de vos services hébergés chez nous.

* * *

En bref

Coûts


Les organisations acceptées par Google pendant la période d'utilisation en bêta de Google Apps for Your Domain sont éligibles pour bénéficier d'un service gratuit, y compris au-delà de la période bêta, tel que décrit dans les conditions générales (Terms of Service).

Langues

Le panneau de contrôle et d'administration n'est disponible actuellement qu'en anglais. Concernant les services Gmail, Talk, Calendar & Page Creator, ça varie d'un produit à l'autre.

Navigateurs supportés :
  • Microsoft IE 5.5+ (Windows)
  • Mozilla Firefox 0.8+ (Windows/Mac/Linux)
  • Safari 1.2.1+ (Mac)
  • Netscape 7.1+ (Windows/Mac/Linux)
Dans tous les cas, le JavaScript et les cookies doivent être activés.

* * *

Questions fréquemment posées

Comment s'inscrire ?

Donnez-nous juste quelques renseignements sur votre organisation, et nous examinerons votre demande pour déterminer si elle satisfait nos critères de base.

Quand est-ce que Google répondra à ma demande de participation à ce service bêta ?

Nous acceptons les domaines du monde entier, et même si nous ne serons probablement pas en mesure de répondre immédiatement à toutes les demandes, vous ne devriez pas tarder à avoir de nos nouvelles.

Mon organisation doit-elle avoir son propre nom de domaine pour utiliser
Google Apps for Your Domain ?

Oui, ce service n'est disponible qu'à ceux qui ont leur propre domaine. Si vous n'en avez pas encore, la première étape est d'en enregistrer un.
Si vous n'avez pas de pouvoir décisionnel au sein de votre organisation pour les questions liées aux TIC, veillez à nous faire contacter par un responsable.

Existe-t-il à l'heure actuelle une version premium de ce service ?

Non, pas pour l'instant. Toutefois, si votre organisation a des besoins plus sophistiqués que ne satisfont pas ces services gratuits, n'hésitez pas à nous en informer et nous vous contacterons lorsqu'un service premium sera disponible.

Qu'en est-il du respect de la vie privée ? Google transmettra-t-il les informations sur mon organisation à des parties tierces ?

Google prend très au sérieux le respect de la vie privée de ses utilisateurs. Nous ne transmettrons vos informations à personne, sauf dans des circonstances bien précises décrites dans notre charte de confidentialité (voir en particulier la section « partage d'informations » pour plus de détails).

Les écoles et les universités peuvent-elles utiliser Google Apps ?

Tout à fait, et nous aimerions vous en faire savoir davantage ici.

J'ai d'autres questions sur l'utilisation de Google Apps for my domain. Que dois-je faire ?

Visitez notre support Google Apps, nous ferons de notre mieux pour vous fournir l'information que vous cherchez.
Voilà donc une nouvelle étape dans la petite guéguerre entre Google et Microsoft. Dans laquelle Page & Brin ont quand même quelques longueurs d'avance. Notamment au niveau du profilage des internautes, et la collecte de nombre de nouvelles informations avec Google Apps for my domain va aussi dans ce sens...

Comme toujours, donc, ça bouge beaucoup à Moutain View, puisque la société vient juste d'annoncer, dans la foulée de l'accord avec MySpace, un nouveau partenariat avec eBay, notamment destiné à booster le click-to-call. Allez savoir ce qu'ils nous feront la semaine prochaine ? Une acquisition majeure, et pourquoi pas !

Davantage de commentaires ici.


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dimanche 27 août 2006

Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?

Noms de domaine : vers un tarif à la carte ?

[Deuxième partie (4 septembre 2006) - Noms de domaine à la carte : vacarme et silence

Troisième partie (11 septembre 2006) - La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute...
]

J'ai découvert par hasard le concept de tarification par paliers (« tiered pricing ») des noms de domaine, avec en gros un palier par domaine :-), une proposition de l'ICANN qui pourrait, si elle est mise en œuvre, révolutionner dès 2007 le business des noms de domaine sur Internet, encore une fois au profit de l'ICANN et des Registres, et naturellement aux dépens des utilisateurs et enregistreurs que nous sommes, notamment les PME et les particuliers.

En fait, ce n'est rien de moins que la libéralisation totale et la dérégulation sauvage de la politique de prix qui a permis jusqu'à présent à tout internaute qui le souhaite d'entregistrer son propre nom de domaine pour un coût acceptable.

En bref, la proposition - initialement annoncée le 27 juin dernier et semble-t-il destinée à accorder une compensation aux registreurs des extensions .BIZ, .INFO et .ORG (dans un premier temps...), suite aux avantages concédés sans vergogne à Verisign dans le nouvel accord sur les .COM et .NET (possibilité pour le Registre d'augmenter les coûts d'enregistrement de 7% par an) - consisterait à abolir le contrôle des prix sur les enregistrements de domaine pour mettre en place un service à la carte.

Voir la proposition scélérate de l'ICANN. À noter tout d'abord que l'annonce rendue publique le 28 juillet, juste avant les vacances, avec le 28 août comme date butoir pour l'appel à commentaires, fait immédiatement penser à une tentative de passage en force. Or vu la teneur des « améliorations proposées », c'est bien compréhensible :

Abolissement du contrôle des prix sur les services du Registre :
Lifting of Price Controls on Registry Services.

Following extensive consideration and discussion, each of the proposed new .BIZ, .INFO and .ORG registry agreements provide for the lifting of price controls formerly imposed on the pricing of registry services. However, in order to protect incumbent domain name registrants and allow time for planning by those in the registry and registrar communities, the form of registry-registrar agreement proposed with each of the new registry agreements requires six months advance notice by the registry operator of any price increase in registry services. This is consistent with the notice period required under the registry-registrar agreement implemented with the 2005 .NET registry agreement, and the registry-registrar agreement included with the proposed new .COM registry agreement.
Grosso modo, suite à des discussions approfondies (avec qui, quand et où ?), ces accords prévoient l'abolissement pur et simple du contrôle des prix sur les services des Registres ! Toutefois, pour préserver les intérêts des enregisteurs de noms (!!!), le Registre devra notifier les augmentations avec un préavis de 6 mois, ça rassure.

Donc, comme le souligne cet article (en anglais), si les Registres décident de facturer 100 000 $/an pour sex.biz, ou 25 000 $/an pour movies.org, aux termes de l'accord proposé rien ne les interdit de le faire... Une interprétation confirmée par Vinton Cerf lui-même, pour le compte de l'ICANN.

Ce qui est la porte ouverte à tous les abus, sans oublier les Registreurs qui ne manqueront pas de se sucrer au passage, avec en bout de chaîne l'innombrable troupeau des petits enregistreurs, le bétail quoi !, dont je fais partie aussi. Je remercie vivement l'ICANN de bien protéger mes intérêts d'internaute lambda...

Un système de tarification des enregistrements avec un prix par domaine, un peu sur le modèle du .TV, où les noms de domaine « à forte valeur ajoutée » peuvent être loués « à des prix variables ». Et je vous dis pas pour les noms de marque... Bonjour les dégâts !

Ce qui pourrait fort bien aboutir à un truc dans ce genre :


Mais il y a plus :
3. 1(f) Traffic Data.

Nothing in this Agreement shall preclude Registry Operator from making commercial use of, or collecting, traffic data regarding domain names or nonexistent domain names for purposes such as, without limitation...
« Rien dans cet accord n'empêche le Registre de collecter ou d'exploiter commercialement les données statistiques concernant le trafic des noms de domaine existants OU NON, à des fins, sans que la liste soit exhaustive... »

Pratiquement c'est le concept de SiteFinder, tant décrié et combattu à l'époque de sa mise en place par Verisign, remis au goût du jour !

Last but not least, l'ICANN n'oublie évidemment pas les droits perçus sur chaque domaine, en introduisant un réajustement des droits indexé sur le prix moyen des domaines (The per name transaction fees, however, are subject to adjustment depending on the average price of domain name registrations during each calendar quarter throughout the term of the agreement), on les comprend, les pauvres ! Et on comprend aussi pourquoi ils veulent pas lâcher la gouvernance de l'Internet (mainmise tout juste renouvelée jusqu'en 2011 par le Gouvernement américain !), l'os est trop bon...

Voilà. C'est succinct comme passage en revue, mais suffisant, je pense, pour donner une idée de ce qui se trame dans notre dos, et dans le silence le plus total de tous les acteurs qui auraient voix au chapitre et se taisent, coupablement, que ce soit par omission, ignorance ou intérêt.

Je n'ai pas encore décortiqué les accords entre l'ICANN et Verisign pour les extensions .COM et .NET, annoncés le 28 février dernier, mais vu le tollé unanime qu'ils ont soulevé, il y a fort à parier qu'ils aillent toujours dans le même sens : au profit de l'ICANN et des Registres, et aux dépens des utilisateurs et enregistreurs que nous sommes. Vous en doutiez ?

Un dernier point : vous pouvez toujours commenter la proposition puisque, dans un grand élan démocratique de l'ICANN, les commentaires (.BIZ, .INFO, .ORG) sont ouverts à tout le monde. Dépêchez-vous juste, la date limite, c'est ... demain :-)

Les résultats seront discutés par le comité directeur de l'ICANN lors de sa réunion du 13 septembre prochain. Naturellement, si cette proposition devait passer, en 2012, échéance du renouvellement de l'accord ICANN - Verisign à peine mentionné, il sera difficile, pour ne pas dire impossible, de refuser les mêmes avantages au Registre des extensions .COM et .NET... On ne s'étonnera donc pas que la position de Verisign soit enthousiaste...

Et si presque tous les autres commentaires présents sont franchement négatifs, y compris celui de Go Daddy, ils me donnent un peu l'impression de crier dans un désert de solitude et d'indifférence. Sans compter la capacité de l'ICANN de baîllonner les réfractaires, même ceux dont la voix est la plus tonitruante, dont Bob Parsons !

Je vais vous livrer un scoop Adscriptor au passage : au mois d'avril dernier, dans mon premier billet consacré au domain tasting (requalifié ensuite de domain kiting), je signalais l'opposition proclamée du président de GoDaddy à ces accords :
Quant à Bob Parsons, qui avait déjà épinglé la grande manigance autour du .EU, en disant que c'était même pire que ce qu'il croyait (ici et ), et continue de dénoncer les accords entre l'ICANN et Verisign, cette fois, on ne pourra pas dire de la source qu'elle n'est pas fiable !
Or si vous cliquez sur le lien : http://www.bobparsons.com/ICANNletsusdown.html, il est tout simplement CASSÉ ! Le billet n'existe plus ! N'a jamais existé ? Croyant tout d'abord que ma mémoire me trahissait, après une petite recherche dans mon réseau (merci dtSearch), j'ai retrouvé une sauvegarde (images clicables) :


Google aussi en garde quelques traces. Date de publication du billet de Parsons : 1er mars. Or c'est tout le mois de mars qui a disparu des archives du blog, qui passent directement du mois de février au mois d'avril 2006 :


Comme quoi la fiabilité d'une source, aussi pertinente soit-elle, a toujours ses limites ! Il faut croire que ce bon vieux Vint a encore suffisamment d'influence pour imposer son bon vouloir à quelqu'un comme Bob Parsons... C'mon Bob, if you read me, please say it ain't so!

Lien connexe : la position de GANDI

La suite ici...

[MàJ - 5 septembre 2006, 12h30'] Je viens de soumettre une synthèse de mes deux articles à AgoraVox, à peine approuvée par le comité de publication : lire Les noms de domaine à la carte, bientôt une réalité ?. C'est la première fois que je rédige un article sur ce média, mais la nécessité de diffuser ce message est à la hauteur de l'enjeu. Nous verrons bien les suites...


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vendredi 25 août 2006

Google est-il oui ou non un fonds d'investissement ?

Google est-il oui ou non un fonds d'investissement ?

Une brève qui vaut son pesant d'or !

Croyez-vous qu'il s'agisse d'une plaisanterie ? Et bien pas du tout : avec une trésorerie de près de 10 milliards de dollars, Google a trop d'argent, trop de liquidités et trop de valeurs mobilières. Or une loi américaine de 1940 (Investment Company Act) établit que lorsque les valeurs mobilières d'une société dépassent 40% de ses actifs, celle-ci doit être classée comme fonds d'investissement et soumise à la législation correspondante.

Google a donc demandé le mois dernier une exemption à la Securities and Exchange Commission, comme l'avaient déjà fait - et obtenu - Microsoft (en 1988) et Yahoo (en 2000).

On savait que Google était plus qu'un moteur de recherche, voire un géant des médias, mais un fonds d'investissement, voilà qui est nouveau !

Cela présage-t-il une série d'acquisitions par la firme de Moutain View, qui sera ainsi contrainte de dépenser son argent ? Comme IBM, par exemple, qui vient juste de faire ses emplettes : 4 sociétés, pour un montant de 3,6 milliards de dollars. Un problème que beaucoup aimeraient avoir...

Moi, si ! Pas vous ?


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mercredi 23 août 2006

Optimisation pour les médias sociaux



Ce mois-ci on assiste à un grand brassage d'idées autour d'un nouveau concept, celui du Social Media Optimization (SMO), né à partir d'un article intitulé 5 Rules of Social Media Optimization (SMO) (5 règles d'optimisation pour les médias sociaux), signé Rohit Bhargava, Vice-Président Marketing Interactif de la division Relations publiques d'Ogilvy. Évolution à suivre sur ce wiki.

Rohit a largement été suivi dans son idée par d'autres blogueurs influents qui ont ajouté d'autres règles : Jeremiah Owyang, règles 6 et 7 ; Cameron Olthuis, règles 8, 9, 10 et 11 ; Loren Baker, règles 12 et 13 ; Lee Odden, règles 14, 15 et 16.

Pour l'instant, nous en sommes donc à 16 règles d'optimisation, qui sont les suivantes :
  1. Travaillez votre capital Liens
    (Increase your linkability)
  2. Rendez convivial l’ajout de tags ou de signets
    (Make tagging and bookmarking easy)
  3. Récompensez les liens entrants
    (Reward inbound links)
  4. Favorisez la diffusion de votre contenu
    (Help your content travel)
  5. Encouragez les applications composites
    (Encourage the mashup)
  6. Soyez une ressource pour les internautes, sans rechercher aucun retour immédiat
    (Be a User Resource, even if it doesn’t help you)
  7. Récompensez les internautes serviables et de qualité
    (Reward helpful and valuable users)
  8. Participez
    (Participate)
  9. Sachez cibler votre audience
    (Know how to target your audience)
  10. Soyez créateur de contenu
    (Create content)
  11. Soyez vous-même
    (Be real)
  12. N'oubliez pas vos racines, restez humble
    (Don’t forget your roots, be humble)
  13. N'ayez pas peur d'expérimenter des choses nouvelles, gardez votre fraîcheur
    (Don’t be afraid to try new things, stay fresh)
  14. Développez une stratégie d'optimisation pour les médias sociaux
    (Develop a SMO strategy)
  15. Choisissez soigneusement vos tactiques d'optimisation
    (Choose your SMO tactics wisely)
  16. Intégrez à votre processus de création et vos meilleures pratiques l'optimisation pour les médias sociaux
    (Make SMO part of your process and best practices)
[Début]

* * *

Je vais donc reprendre ces points un par un, en essayant de vous donner un aperçu des concepts que leurs auteurs respectifs ont mis derrière la notion d'optimisation pour les médias sociaux.

Et s'il est vrai que l'avenir est aux médias sociaux, voyons d'abord de quoi il s'agit.


Essentiellement, c'est une notion proche du Web 2.0 qui a également des implications en termes de recherche sociale. En gros, ça permet à quiconque de publier et/ou de partager du contenu et des expériences utilisateur sur le Web. Que ce soit son espace Web, des photos, des vidéos, des signets, des tags, des dessins, du texte, de la voix, de la musique, etc. etc.

Mais ce sont aussi les annuaires collaboratifs (Dmoz), les encyclopédies (Wikipedia), les réseaux sociaux (6nergies), les interfaces personnalisées (Webwag), et ainsi de suite, on pourrait allonger la liste à l'infini, que ce soit pour les débutants ou les experts, la France ou les autres pays, etc.

Un petit panel pourrait ressembler à ça (via Christophe) :


PopUrls s'attelle à la tâche impossible de tout présenter sur une seule page, et pour davantage de détails, je vous renvoie à l'article de Chris Sherman dont je parlais dans un précédent billet. Mais d'autres spécialistes français du Web 2.0, tels que Frédéric Cavazza, Jean-Baptiste Boisseau ou Jean-François Ruiz (dont le blog et les activités sont à mon avis un excellent exemple d'optimisation pour les médias sociaux...), pour ne citer qu'eux, en parleraient bien mieux que moi.

Si vous connaissez des listes ou des ressources clés, merci de bien vouloir nous les signaler en commentaire. [Début]

* * *

Les 16 règles d'optimisation pour les médias sociaux

(Ce qui suit est une libre adaptation. NdT)

Rohit Bhargava - règles 1-5

1. Travaillez votre capital Liens (Increase your linkability)
C'est la première des priorités pour les sites, qui ont la fâcheuse tendance à être trop statiques. Optimisez les possibilités de lier et faire lier son contenu : les blogs excellent à ce jeu-là, même s'il y a de nombreuses autres solutions, comme créer des livres blancs ou simplement agréger du contenu de différentes sources et le mettre à disposition sous un format convivial. [Début]
2. Rendez convivial l’ajout de tags ou de signets (Make tagging and bookmarking easy)
Faites en sorte qu'il soit facile pour les internautes d'étiqueter ou d'ajouter votre site à leurs favoris, utilisez des icônes et des chicklets, catégorisez vos billets et vos pages, inscrivez vos sites dans les principaux agrégateurs et réseaux sociaux, etc. [Début]
3. Récompensez les liens entrants (Reward inbound links)
Souvent utilisés comme un baromètre de la réussite d'un blog/site, les liens entrants ont une importance fondamentale pour augmenter le positionnement dans les moteurs de recherche. Une forme d'encouragement consiste à mettre bien en évidence les billets récents qui pointent vers votre blog pour en promouvoir la visibilité. Un exemple sur Affordance, qui utilise Referer.org. [Début]
4. Favorisez la diffusion de votre contenu (Help your content travel)
Comme dans l'optimisation pour les moteurs de recherche, facilitez la diffusion de votre contenu notamment en multipliant les supports (fichiers PDF, fichiers audio, fichiers vidéo, etc.). Cet essaimage n'étant jamais à sens unique, vous ne tarderez pas à obtenir des liens en retour, souvent de là où vous ne les attendez pas. [Début]
5. Encouragez les applications composites (Encourage the mashup)
Dans cet univers de co-création, il peut être bon de laisser les autres réutiliser votre contenu (mashup), avec discernement. Par exemple, l'idée de YouTube, qui a permis aux internautes d'intégrer les vidéos à leur sites/blogs grâce à un simple bout de code a beaucoup fait pour sa réussite. Les flux de syndication de contenu sont une autre manière pour canaliser du trafic supplémentaire ou augmenter de façon significative le contenu que vous mettez à disposition de vos visiteurs. [Début]

Jeremiah Owyang - règles 6-7

6. Soyez une ressource pour les internautes, sans rechercher aucun retour immédiat (Be a User Resource, even if it doesn’t help you)
Fournissez de la valeur ajoutée aux internautes, y compris des liens sortants vers des ressources significatives. Liez également vos concurrents, cela contribuera à vous créer une réputation de source d'information pertinente, avec la multiplication de liens qui s'en suivra et, donc, l'amélioration de votre positionnement dans les résultats des moteurs de recherche. [Début]
7. Récompensez les internautes serviables et de qualité (Reward helpful and valuable users)
Les internautes efficaces ou populaires étant souvent influents dans votre sphère sociale, efforcez-vous de promouvoir leurs activités ou de développer un système de classement. Envoyez-leur des courriels privés pour leur signaler que vous appréciez leur contenu. Le seul prérequis est la sincérité. Ce conseil sort un peu du cadre de l'optimisation pour les médias sociaux, mais ça permet de resserrer les liens avec les membres de qualité qui gravitent autour de votre blog/site/communauté. [Début]

Cameron Olthuis - règles 8-11

8. Participez (Participate)
Participez aux échanges, en n'oubliant jamais que les médias sociaux sont bidirectionnels. Donc en dialoguant avec les autres, vous vous faites connaître et par un effet boule de neige on finira par parler de vous, ce qui vous permettra de diffuser votre message, plus fort, plus loin et plus vite. [Début]
9. Sachez cibler votre audience (Know how to target your audience)
Sachez cibler votre public, il faut être réaliste et ne pas vouloir s'adresser à tous en même temps, l'important c'est d'identifier son audience et ses interlocuteurs. [Début]
10. Soyez créateur de contenu (Create content)
Certaines formes de contenu semblent avoir été créées pour les réseaux sociaux, indépendamment du secteur où vous évoluez ou des produits/services que vous vendez. Il y a toujours du contenu connexe à produire, ce qui compte c'est de l'identifier et de le créer. [Début]
11. Soyez vous-même (Be real)
Inutile de tricher, ça se remarque de suite et ça finirait par se retourner contre vous. [Début]

Loren Baker - règles 12-13

12. N'oubliez pas vos racines, restez humble (Don’t forget your roots, be humble)
Si vous êtes devenu une personnalité de la blogosphère, ne prenez pas la grosse tête, mais rappelez-vous toujours de celles et ceux qui vous ont aidé le long du chemin, sachez les respecter si vous voulez l'être à votre tour. [Début]
13. N'ayez pas peur d'expérimenter des choses nouvelles, gardez votre fraîcheur (Don’t be afraid to try new things, stay fresh)
Les médias sociaux évoluant à la vitesse de la lumière, ne perdez pas le fil et tenez-vous toujours au courant des nouveaux outils, produits et enjeux proches de votre (blogo)sphère sociale. [Début]

Lee Odden - règles 14-16.

14. Développez une stratégie d'optimisation pour les médias sociaux (Develop a SMO strategy)
Définissez vos objectifs et donnez-vous les moyens de vos ambitions, selon vos objectifs : réputation, ventes, influence, crédibilité, bonnes causes, augmentation du trafic, etc. [Début]
15. Choisissez soigneusement vos tactiques d'optimisation (Choose your SMO tactics wisely)
Sachez identifier les actions susceptibles d'avoir le plus d'influence et d'impact. [Début]
16. Intégrez à votre processus de création et vos meilleures pratiques l'optimisation pour les médias sociaux (Make SMO part of your process and best practices)
L'optimisation pour les médias sociaux doit faire partie intégrante de votre organisation. Trouvez le moyen d'incorporer ces tactiques au niveau du modèle de création de vos documents et de distribution de l'information. Des pratiques telles que le partage des favoris et la promotion des liens entrants doivent devenir durablement des standards de votre présence sur Internet. [Début]
Voilà. Selon Gartner, l'apogée du Web 2.0 est prévu dans deux ans (via Loïc Le Meur et Cédric Giorgi), nous n'avons plus qu'à nous y préparer ! Quant aux business models connexes à toutes ces applications, c'est la grande inconnue, mais comme dit Google, les services d'abord, la monétisation viendra ensuite...


Woouuuiiiw ! Le Web 2.0, c'est hype !


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