lundi 5 janvier 2009

Un sourire pour 2009


Gratuitement offert par Paul, sept ans et (presque) toutes ses dents, et par ses deux pères, le père Noël et moi-même :-)



Et puisque petit Paul est un feu d'artifice à lui tout seul, toujours dans la série "feux d'artifice", ça m'amène à vous proposer des images du réveillon du premier de l'An, un peu avant et un peu après les 12 coups fatidiques de minuit.

C'est un reportage à la télé italienne qui m'y a fait penser, où ils proposaient des images du monde entier, et notamment des Champs Élysées, en précisant que les feux d'artifice y étaient interdits.

Chose totalement inconcevable pour les italiens, et plus on va au sud, plus c'est inconcevable. Notamment en Campanie, qui regroupe 5 provinces : Avellino, Benevento, Caserte, Naples et Salerne.

Ma belle-famille étant originaire de Cava de' Tirreni, 45 km au sud de Naples et 7 au nord de Salerne, petite ville particulièrement charmante et vivante (d'ailleurs cette nuit ils fêtent la nuit blanche, dans la plus pure tradition parisienne)...


... il faut savoir que dans la tradition campane, toute famille qui se respecte tire ses propres feux d'artifice, certains dépensant même des milliers d'euros à chaque réveillon !

Je vous propose donc un extrait de 8 minutes pour des feux qui ont duré 8 heures !!! (j'ai entendu les premiers tirs à 18h le 31 et les derniers à 2h du matin le 1er, vu qu'après j'ai fermé les yeux...) Disons que le clou dure 2 heures non stop, sans interruption de 23h à 1h, c'est au coeur de la vidéo, à partir de la 2e minute (la vidéo commence par le sourire de Paul et de ma femme, puis 1 minute d'entrée en matière et après le spectacle des feux tirés dans chaque famille, chaque cour de bâtiment, chaque village, etc.).

C'est fait avec mon caméscope, sans prétention, du balcon de chez mon beau-frère au septième étage, où l'on voit parfois se détacher dans l'ombre, sur la ligne d'horizon, le contour des Apennins, cette chaîne montagneuse qui forme la dorsale de la péninsule italienne.



Je ne vous garantis pas la qualité des images, mais vous allez voir que c'est étonnant, et c'est comme ça chaque année. Vous entendrez de temps en temps des déflagrations plus fortes, ce sont de vraies "bombes" qui font trembler tout l'immeuble quand ça pète à proximité. En général ça sert pour le réveillon, et accessoirement pour faire exploser les rideaux d'aciers des magasins de négociants récalcitrants au racket (pour les descriptions, lire Gomorra, de Robert Saviano). Du reste...

En Italie on dit souvent que Naples, ce n'est pas l'Italie, c'est Naples. C'est exact. Et la Campanie ressemble à Naples, qui en est la capitale. D'ailleurs, ce qui se passe en ce moment dans l'actualité illustre parfaitement mon propos. Voir Naples et mourir, qu'ils disaient...

Donc, comme vous pouvez le constater, malgré des centaines de blessés chaque année et de fortes résistances d'une partie de la population, la tradition ne change pas !

Remarquez, en France on n'a pas les feux d'artifice, mais on a les voitures brûlées, ça compense...


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P.S. Billet dédié à Gérard, un français parent de la famille de mon beau-frère, décédé en 2008 et qui aimait l'hospitalité qu'il recevait à Cava de' Tirreni, à tel point qu'il y venait tous les ans. On s'y était croisés une fois. Il laisse une femme et trois enfants, et pour eux l'année 2009 ne s'annonce vraiment pas sous les meilleurs auspices.

S'ils me lisent un jour, qu'ils sachent que ce tendre sourire leur est plus particulièrement adressé.

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vendredi 26 décembre 2008

Ecrire pour le Web : optimiser le contenu des infos en ligne


Lee Odden, dont j’avais déjà traduit il y a 3 ans Stratégie de liens pour les blogs, vient de publier une présentation intitulée Writing for the Web: SEO for News Content, dans laquelle il prodigue quelques conseils sur la façon d’optimiser le contenu des infos en ligne, en s’appuyant notamment sur les résultats d’une étude menée en octobre 2008 par sa société, TopRank Online Marketing, sur l’utilisation que font les journalistes de la recherche dans le cadre de leur travail.

Il m’a gentiment donné l’autorisation de l’adapter en français en me fournissant le PPT. Voici ma traduction/adaptation :


Quelques précisions sur les diapos :

N° 2

SEO signifie Search Engine Optimization, une formule englobant les stratégies de référencement et de positionnement grâce à l’optimisation du contenu pour les moteurs de recherche.

Lee Odden place donc le SEO à la confluence du contenu et des liens, qui sont désormais les deux mamelles du journalisme sur Internet.

N° 3

À présent que les interactions entre les différents acteurs de l’info se modifient en profondeur, les stratégies de push-pull doivent évoluer en conséquence.

La communication « push » du journaliste doit se faire vers l’extérieur en direction des agences de presse (traditionnelles et « web natives ») et autres réseaux à l’œuvre sur le Web. Sur le pitching, approfondir avec la lecture du chapitre « The Art of Pitching » de Guy Kawasaki, riche en indications précieuses. Quant aux différentes manières d’utiliser la syndication, ce ne devrait plus être un secret pour personne.

Dans l’approche « pull », les concepts de Newsroom et de Media Coverage – récurrents dans la présentation – ne doivent pas être pris au sens de « rédactions » et « couverture médias » traditionnels, mais respectivement comme « Espace presse d’un site Web » et « couverture rich media », à l’instar des communiqués de presse 2.0 qui prennent aussi en charge les images, les podcasts, les vidéos, les documents pdf/word/ppt, etc., les nouveaux canaux de communication comme Twitter ou Seesmic, ou encore l’optimisation via les réseaux sociaux.

N° 6 et 7

À noter que le contenu des communiqués de presse est le moins recherché, alors qu’ils pullule d’infos de première main, et que le taux de 91% accordé au mode de recherche standard peut signifier deux choses :
  1. soit que les journalistes se satisfont de la recherche standard car ils y trouvent leur bonheur ;
  2. soit qu’ils ne maîtrisent pas suffisamment les autres modes de recherche, qui sont pourtant largement complémentaires ;
à chacun sa réponse…

Pour le reste, la présentation fournit un mix de techniques SEO traditionnelles en les adaptant à la problématique infos – presse – journalisme/journalistes, qu’il vaudrait peut-être mieux d’éviter de balayer d’un revers de main en tombant dans la caricature superficielle, pour essayer d’en extraire la substantifique moëlle.

Sur ce, bonne fêtes de nouvel an, et à la revoyure en 2009, pour une année que je souhaite heureuse et fructueuse à toutes et à tous, et plus particulièrement à Pierre Chappaz.


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vendredi 19 décembre 2008

Les dinosaures, les autruches et les lézards


On va encore m'accuser de m'acharner, mais la métaphore me semble particulièrement parlante.

Les dinosaures, ce sont les journaux et les organes de presse qui croient peut-être que leurs dimensions et leurs appuis vont les protéger encore longtemps de l'extinction s'ils n'évoluent pas.

Les autruches (les lézards, c'est pour la chute...), ce sont les journalistes qui préfèrent mettre la tête dans le sable pour nier ce qui se passe autour d'elles et d'eux en faisant semblant de ne pas le voir, comme Aliocha à qui un commentateur de son blog fait observer :
Lorsque des “bloggueurs” inconnus viennent faire la leçon aux journalistes, avec un pseudo-mépris de vainqueurs virtuels, on peut en sourire ou s’énerver. Mais lorsque c’est Alain Joannes, journaliste, qui crucifie l’ “aveuglement” de la presse, son incapacité chronique à se réinventer et à évoluer, vous en pensez quoi ?
et auquel elle répond :
la même chose, comment vous expliquer, je retrouve le même ton que je n’aime pas, le même esprit négatif, la même inexplicable rage. Soit on a des idées, on monte un projet et on n’a pas le temps de taper sur les autres, soit on se désintéresse du sujet, mais je ne m’explique pas cette agitation stérile et agressive. Franchement. Cela étant, je crois que je vais purement et simplement m’en désintéresser.
C'est moi qui graisse, car cette non-réponse témoigne avec beaucoup de clarté de l'état d'esprit de nombreux journalistes, qui préfèrent se retrancher derrière une déontologie improbable, voire introuvable, plutôt que de se remonter les manches pour affronter les problèmes à bras-le-corps.

Car mettre en avant des truismes factieux (le même ton que je n’aime pas, le même esprit négatif, la même inexplicable rage) évite surtout d'aller voir ce qu'il y a derrière : où elle pourrait découvrir, par exemple, que le soi-disant "ton qu'elle n'aime pas" ou les mêmes "esprit négatif" et "inexplicable rage" peuvent dissimuler l'amour d'un journaliste pour son métier ou d'un simple citoyen pour le sens et la valeur des mots, et que l'un se désespère de constater « L'aveuglement "radical et persistant" » de sa profession (si la presse n'aime pas Google, qu'elle fasse sans...), l'autre étant las de voir que ceux-là même qui brandissent l'écu de la déontologie à tout-va sont souvent aussi ceux qui prennent les gens pour des cons.

Et si je poursuis le raisonnement d'Aliocha, pour peu qu'elle en ait un qui se tienne, en quels termes faudrait-il lui présenter la situation désastreuse de la presse aujourd'hui pour que ses chastes oreilles ne soient point trop troublées par un ton qui dérange ou par un esprit négatif inexplicablement rageur ? Je m'interroge !

En Italie, 68% des gens pensent que les journalistes sont des menteurs ! Outre 60% qu'ils sont peu ou pas du tout informés, 55% qu'ils ne sont pas préparés à l'information (très mal préparés pour 32% et mal préparés pour 23%), 52% qu'ils ne sont pas indépendants, 48% qu'ils sont partiaux, 40% qu'ils sont corrompus, etc.

C'est la faute aux blogueurs, peut-être ? Et bien non, c'est une étude de journalistes ! Réalisée par des journalistes, pour des journalistes. Vous ne manquerez pas de me rétorquer que ce n'est pas en France, non, c'est clair, en France on en est loin, et pourtant c'est quand même en Europe, vous savez, l'Europe, là où ça va bien, pas comme aux États-Unis...

C'est pourtant aux États-Unis que je vois le plus de réactions, où des rapports nous disent que les rédactions doivent s'activer et les journaux américains tenter de s'adapter aux nouveaux usages induits par Internet (via Techcrunch) :
  • De plus en plus de journaux expérimentent le contenu généré par l'utilisateur : 58% autorisent les utilisateurs à publier des photos, 18% des vidéos et 15% des articles.
  • En 2008, 75% des sites de presse ont permis aux utilisateurs de commenter les articles, soit plus du double par rapport à l’année précédente.
  • 10% des sites de presse ont des fonctionnalités de réseaux sociaux : profils d'utilisateurs, possibilité de lier ses "amis", etc. Il est d’ailleurs surprenant que ce taux ne soit pas plus élevé.
  • 76% des journaux en ligne mettent en avant les contenus plus populaires sous une forme ou une autre (articles plus partagés par courriel, plus blogués, plus commentés, etc.). Contre 51% en 2007 et 33% en 2006.
  • Sans surprise, tous les journaux en ligne affichent des pubs : 100% ont des publicités contextuelles et 43% des annonces interstitielles.
  • Depuis deux ans, presque tous les sites de presse ont des liens d’intégration avec les sites de social bookmarking tels que Digg ou Delicious : 92% des journaux en ligne vs. 7% en 2006 !
  • Parmi les nouvelles fonctionnalités examinées cette année, l’étude constate que 57% des journaux en ligne ont une édition PDF, 20% des options de chat, 96% fournissent des infos sur la météo locale, 40% utilisent les alertes par SMS et 70% les calendriers événementiels communautaires.
  • Le nombre de sites qui exigent une inscription pour voir davantage de contenus (gratuits ou payants) a diminué depuis 2007.
  • Sur 100 journaux, tous ont une forme ou une autre de flux RSS. Ils étaient trois en 2007 !
Or donc, tendre et douce Aliocha, rendre compte de ça, est-ce faire preuve d' "agitation stérile et agressive" ? De même que proposer un modèle d'évolution aux dinosaures et aux autruches ?

Comme les lézards de la famille Podarcis sicula, dont l'on pourrait résumer la devise par l'adage suivant : s'adapter ou mourir. Extrait :
Cependant pour retourner à nos propres capacités d’adaptation, (...) j’en viens à me demander si la brillante intelligence dont l’homme est pourvu ne serait pas un simple ornement ne jouant aucun rôle dans sa capacité à s’adapter à un nouvel environnement. Car à voir l’entêtement que nous mettons à ne pas voir les changements (...), on est bien obligé de constater que notre belle intelligence et notre gigantesque culture, n’est qu’un ornement.
S'adapter, évoluer ou mourir :


Et puisqu'il faut bien conclure, la seule chose sur laquelle je suis d'accord avec vous (comme quoi...), c'est que si les journaux et les journalistes qui les font disparaissent, cela ne signifiera jamais que les blogueurs auront gagné, mais que « tout le monde sera perdant ». Triste, non ?


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P.S. En parlant de vivre ou mourir...



Via Martin Lessard, interview vidéo de Jean-Claude Guillebaud. De même que celle-ci, d'un journaliste, Dominique de Montvalon, qui n'a pas peur des mots...



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jeudi 18 décembre 2008

Spam : rapport Cisco 2008


Selon Cisco, le spam en un chiffre : 200 milliards de messages/jour, soit environ 90% des échanges de courriels dans le monde !

Outre une progression de 90% des menaces de spam, les attaques sont de plus en plus sophistiquées, croisées, ciblées, et toujours plus difficiles à détecter.

À noter que le premier pays pourvoyeur de spam, ce sont les États-Unis !


Vue d'ensemble du rapport :



Les botnets :



L'usurpation de réputation :



Pour télécharger le rapport, c'est ici, après enregistrement.

Via CircleID.




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mercredi 17 décembre 2008

Noms de domaine : nouvelles extensions en 2009 - II

I. Coûts des nouvelles extensions
II. Combien de candidatures ?

Nous l'avons vu, l'ICANN prévoit de renflouer ses caisses à hauteur de 92,5 millions $, en tablant au minimum sur 500 candidatures (500 x 185 000 $), même si d'autres prévisions font état de 10 fois plus...

Or nous avons vu aussi, compte tenu des coûts "accessoires", qu'un ticket d'entrée aurait probablement une fourchette basse comprise entre 300 et 350 000 $, si tout se passe bien, avec ensuite, en étant très optimistes, des frais de gestion autour de 100 000 $ par an (les coûts de registre sont renouvelables chaque année), ce qui représente des sommes importantes. Pas pour tout le monde, certes, mais quand même !

Sans compter les aléas stratégiques pour les marques, dont le plus rédhibitoire est sans aucun doute que cette nouvelle extension ne se substituerait pas aux autres mais s'y ajouterait. Une nuance de taille, au sens où cela ne résoudra en rien les problèmes traditionnels de propriété intellectuelle (typosquatting & co.), et que toutes les marques devront continuer de se protéger comme si de rien n'était sur toutes les autres extensions (globalement, pas loin de 300).

À ce compte-là, le budget "noms de domaine" des marques risque vite de prendre des proportions considérables. Au point que seules certaines multinationales pourront se permettre un tel luxe !

Donc, pour en revenir à l'ICANN, si l'on fait le compte des candidatures actuellement déclarées, elles n'atteignent pas même la cinquantaine, et ce sont essentiellement des GeoTLDs, c'est-à-dire des extensions villes, régions, cultures, langues...


En France, nous avons par exemple les candidatures du .Paris et du .bzh pour la Bretagne.


Sous l'impulsion du .CAT catalan (24 000 noms de domaine enregistrés en un an), plusieurs extensions régionales ont décidé de se regrouper.

Mais l'histoire du .SCO, à l'heure où 59 % des écossais préféreraient un .SCOT, illustre bien les problèmes de trésorerie de toutes les villes et régions autres que Paris, Berlin ou New York...

Dans un message adressé à l'ICANN, SCO soulève plusieurs points, et notamment la question des coûts, en demandant un ajustement (de 185 000 $ à 50 000 $) et en proposant un plafond de 10 000 $ pour les coûts d'exploitation annuels de registre :
The draft guidebook states that the estimated application fee for a new gTLD will be (US)$185,000. We continue to work to ensure that a Scots community will be able to adequately meet this cost – but we are extremely concerned that this fee is very high for bidders for community/city TLDs.

In short, a community TLD will operate on a model which is considerably more restrictive than any open TLD and will have the overriding aim of serving their respective communities interest – not necessarily sell huge volumes of domains. We would propose that the application fee should be reduced (or at very least be reduced significantly for applications for community TLDs) in order to recognise their purpose as servants of their communities. To reflect this, an application fee for community applications that was closer to (US) $50,000 would be welcome.

dotSCO contends that application fee reduction is necessary if ICANN is to meet its aspirations for online communities to have a more democratic, global, multicultural and multilingual Internet.

The annual Registry ICANN fee of (US)$75,000 is a huge cost to a not-for-profit community registry that dotSCO is seeking to establish. A variable registry operation fee may be a more equitable way to operate the annual ICANN fee. Our proposal would be that community TLDs pay a small percentage of their annual surplus/profit to ICANN – up to a maximum ceiling of (US) $10,000 per year. Should a community TLD be taken up in large volumes (on a par with strings such as BIZ) then there may be a case for a revision of the annual fee beyond the (US) $10,000.
Comme quoi le problème des coûts reste sensible pour de nombreux candidats, et en ces temps de récessionite aiguë, l'ICANN ferait peut-être bien de ne pas avoir les yeux plus gros que le ventre.

Car avec moins d'une cinquantaine de dossiers prévisibles, il ne lui reste plus qu'à trouver et motiver les 9/10e des candidatures manquantes... Pour ce faire, une opération de communication massive est prévue courant deuxième trimestre 2009, mais cela suffira-t-il ? Et en direction de qui ?

De fait, les extensions géographiques font partie de ce que j'appelle les extensions communautaires (“community-based”), l'un des deux types de nouvelles extensions génériques (gTLDs) définies par l'ICANN. Les autres étant les extensions ouvertes (“open”).

Dans le premier cas, seules des communautés clairement identifiées, établies et organisées pourront gérer ces domaines. Plusieurs types sont possibles, outre les communautés géographiques :

- des communautés industrielles (.car, .pharma, .sport, .bank, .hotel, etc.)
- des sociétés (Corporate ou Brand TLDs)

Dans le second cas, celui des communautés ouvertes, les extensions pourront être gérées par tout type de candidat. Exemple : .blog, .kids, etc.

Et dans les génériques, pourra-t-il y avoir des concurrents proches, du genre .kid et .kids (singulier, pluriel, masculin, féminin, IDNs, ...) ?

Apparemment, oui :


Perso, je trouve que la distinction n'est pas toujours évidente, voyez les .sport ou .hotel, par exemple, comment déterminer s'il s'agit d'une communauté ouverte ou précisément définie ? Et comment réagiraient les détenteurs de marques dont "sport" ou "hotel" est l'une des composantes de leur marque ?

On peut d'ores et déjà se poser d'autres questions : que se passera-t-il avec les extensions .xxx, .sex ou .porn, compte tenu des antécédents de l'ICANN, dont l'on peut gager qu'elles seront parmi les premières applications ?...

En outre, chaque candidat devrait être son propre registre (je mets ça au conditionnel car ça reste à voir, et j'imagine déjà que les registres et registrars actuels se frottent les mains pour sous-traiter leurs compétences techniques à des candidats qui ne sauront même pas par où commencer...), et il y aura des registres ouverts et fermés. Ouverts lorsque le domaine sera disponible à l'enregistrement des déposants lambda, fermés lorsque le domaine ne sera réservé qu'à la communauté de référence.

Vous le voyez, le pari de l'ICANN est très très ambitieux, trop peut-être. Personnellement, je pense qu'ils ont placé la barre trop haut et que le gros du marché "naturel" de l'ICANN dans les nouvelles extensions, à savoir les entreprises, pourraient ne pas suivre. À moins que l'ICANN ne cherche vraiment à mettre en place une politique raisonnable, où les nouvelles extensions ne s'ajouteraient plus, mais remplaceraient les extensions existantes.

Faute de quoi toute cette histoire pourrait bien n'être qu'un coup dans l'eau. À moins que l'ICANN ne réduise ses prétentions...



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Aliocha, pourquoi tant de bêtise !?

Aliocha, pourquoi tant de bêtise !?

Réponse à un texte idiot d'Aliocha intitulé "pourquoi tant de haine ?" qui rentre bille en tête et plume au vent dans une poignée de blogueurs, dont moi, qui attendraient impatiemment, selon elle, la mort de la presse écrite et du journalisme, pour des raisons que Madame ou Mademoiselle peine encore à s’expliquer, laquelle poignée « s’agite » (normal, avec les plumes) pour démontrer elle ne sait trop quoi.

Ce qui nous a énervés ? Que la presse observe avec circonspection notre idole, Madame, ou Mademoiselle, a nommé St Google, le Grand, l’Unique, le Seul maître-étalon du web. La référence absolue, celui devant qui il convient de s’incliner et dont les règles sont les nouvelles tables de la loi. Voui.

Et de reprendre quelques-uns de "nos" arguments :
  • Internet va tuer la presse écrite
  • les éditeurs de presse se braquent contre Internet
  • les éditeurs de presse n’ont pas trouvé de modèle économique viable sur Internet
  • Internet a permis l’accès gratuit à des nouveaux canaux d’information plus riches et plus intéressants que les groupes de presse traditionnels : vaste fumisterie
  • Il faut supprimer la presse
en saupoudrant son tissu d'âneries de réflexions du genre :
- Pourquoi tant de rage ? Entre nous, je n’ai guère d’estime pour les gens qui tirent sur les ambulances.

- En réalité, ces gens ont une fâcheuse tendance à tout mélanger : le journalisme et les vecteurs de diffusion de celui-ci, leurs rêves et la réalité. Que cela vous plaise ou non le journalisme est un métier. Il consiste à se colleter aux événements et aux gens sur le terrain, pas à tripatouiller le mulot bien assis dans son fauteuil en se prenant pour Albert Londres.

- Au fond, je vais vous dire quelle est la logique qui soutend ce combat, à mon avis. Ces gens observent les difficultés de la presse et se disent “nous ferions de bien meilleurs journalistes, à nous le pouvoir”. L’information circule désormais en partie sur le web, nous écrivons sur le web, donc nous sommes journalistes. J’ai connu des syllogismes plus convaincants.

- Amis blogueurs, vos rêves de voir mourir la presse sont aberrants et je dirais même dangereux pour notre société. Je vais vous confier au fond ce qui me choque le plus : la manière dont vous niez absolument et totalement le rôle démocratique de la presse pour limiter vos analyses à des questions de plomberie. Parlons-nous de déontologie, vous hurlez au corporatisme, de fiabilité de l’information, et là vous ricanez. Entre nous, il faut être vachement gonflé pour s’opposer le plus sérieusement du monde aux tentatives actuelles d’imposer une déontologie dans l’information. Voilà qui me laisse rêveuse quant à la nature de vos motivations.
(...)
Conclusion, nous n’avons jamais eu autant besoin de professionnels de l’information et de déontologie. Ne vous en déplaise.
Je m'arrête là pour l'instant, mais il y a d'autres perles.

Donc pour résumer, la solide argumentation qui précède est écrite par une journaliste, Madame ou Mademoiselle, mais journaliste quand même, probablement habituée « à se colleter aux événements et aux gens sur le terrain, pas à tripatouiller le mulot » (elle, ce serait plutôt la plume, nous l'avions compris), et qui en connaît probablement aussi un rayon question "déontologie". D'ailleurs, ça se voit tout de suite à la manière dont elle traite un sujet.

Elle semble toutefois oublier quelques détails en chemin :

- Le déclin annoncé de la presse n'est pas un constat de blogueurs mais de la profession elle-même, ainsi que de tous les analystes qui se penchent à son chevet. Et de tous les rapports sénatoriaux, députoriaux (ça se dit pas ? ah bon !) et gouvernementaux dont j'ai tenté de dresser une liste probablement loin d'être exhaustive.

- Qu'il faille supprimer la presse, je me demande où elle a lu ça, la pauvre, là où je ne parle que d'adaptation et d'évolution. Encore une qui lit à l'emporte-pièce, convaincue de son bon droit autant que de sa mauvaise foi et pas le moins du monde intéressée par répondre aux arguments.

« Amis blogueurs, vos rêves de voir mourir la presse sont aberrants », amis, amis, c'est vite dit ! C'est quoi, ces privautés. Mes amis, je les choisis, et nous ne devons pas appartenir aux mêmes cercles.

Moi j'aime qu'on réponde à ce que je dis, pas à côté de la plaque. Ainsi lorsque vous affirmez :
Au fond, je vais vous dire quelle est la logique qui soutend ce combat, à mon avis. Ces gens observent les difficultés de la presse et se disent “nous ferions de bien meilleurs journalistes, à nous le pouvoir”
vous me faites pensez à votre confrère outre Atlantique qui invente un peu n'importe quoi (vous vous connaissez peut-être, qui sait ?) et voudrait suggérer aux blogueurs des règles sans "aucune valeur coercitive" mais interdisant par exemple « la publicité trompeuse, la diffamation, le vol du droit d’auteur, la fraude… » et l'adoption d’un guide de déontologie imposant :

- de s’assurer de la véracité des faits
- de ne pas induire en erreur avec des titres trompeurs
- de départager clairement l’opinion des faits
- de ne pas publier de rumeur
- de ne pas plagier
- de rendre compte des réalités sans préjugé
- de ne pas harceler les sources qui viennent de vivre un drame personnel
- etc.


Ah, ces blogueurs, ils font tout le contraire ! Et, de fait, je m'en rends bien compte en lisant votre texte, qui illustre la plupart de ces principes à la perfection, puisque vous les pratiquez vous-même avec tant de bonheur.

Ah que j'aurais aimé être journaliste, chère Aliocha, et comme je vous envie de n'avoir absolument rien, personnellement, « contre une redéfinition du journalisme intégrant les blogueurs au sein d’une déontologie et de règles de traitement de l’information communes. »

Oh, douce Aliocha, vous osez l'avouez : « Je l’ai déjà proposé, ça n’a interessé personne. Dont acte. », c'est tout à votre honneur, et croyez bien que je compatis, moi qui ne suis qu'un vil "harangueur de foule", "qui ricane quand les journalistes réfléchissent à leur avenir et qui se délecte des malheurs de la presse en croyant préparer mon prochain triomphe", moi, pauvre erre dont "l’inconséquence du discours le dispute à la sottise", incapable de dissimuler "la joie sadique avec laquelle j'observe le phénomène en tentant de démontrer que mon modèle non rémunérateur est drôlement plus malin que le modèle en difficultés de la presse", inapte à saisir "la nuance du problème" et tellement ignare et impardonnable de n'avoir pas encore compris que "si ça va mal aux US, ça va bien dans nombre de pays européens" !

Ô Aliocha, merci de m'avoir ouvert les yeux sur la grandeur du journalisme, vous voyez, finalement, même les blogueurs les plus crasses sont capables de faire amende honorable. Allez, sans rancune...


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mardi 16 décembre 2008

Noms de domaine : nouvelles extensions en 2009

I. Coûts des nouvelles extensions
II. Combien de candidatures ?

En juin dernier à Paris, l'ICANN annonçait le lancement de nouvelles extensions, en prenant par surprise les internautes du monde entier. Car si les observateurs s'attendaient grosso modo à un millier d'extensions, l'ouverture potentielle à un nombre "infini" de suffixes avait de quoi surprendre. Sans oublier que les IDN étaient inclus.

L'ICANN précisait le jour même qu'elle prévoyait de recevoir les premiers dépôts de candidature au second trimestre 2009.

Des lignes directrices étaient publiées en octobre, accompagnées de "notes explicatives" sur les différentes étapes et les coûts probables. Ces notes ont ensuite été soumises aux commentaires du public, jusqu'à hier.

Commence donc maintenant la phase de rédaction de la version définitive du guide d'application des candidatures, censé tenir compte des différents commentaires.

Concernant les coûts prévisibles des nouvelles extensions, dans un premier temps, l'ICANN a arbitrairement fixé à 185 000$ le seul coût d'évaluation de chaque candidature, ainsi réparti :
Le processus d’évaluation a ainsi été divisé en 6 phases, 24 étapes principales et 75 tâches distinctes. Vingt-sept résultats possibles différents ont été identifiés dans le processus de candidature ; ont également été évalués les probabilités d’atteindre chacun de ces résultats, ainsi que leurs coûts associés. Il est vraisemblable que ce type d’estimations détaillées fournisse un degré d’exactitude supérieur aux estimations générales résumées.

L'ICANN s'attend à recevoir 500 candidatures dans un premier temps :
Cette hypothèse de volume se base sur plusieurs sources, notamment le rapport d’un économiste consultant, des estimations publiques disponibles sur le Web, des commentaires oraux formulés lors de réunions publiques ainsi que des commentaires confidentiels émanant d’acteurs du secteur.
Tout en précisant :
Si le nombre réel de candidatures s’avère nettement inférieur à 500, il existe un risque financier pour l’ICANN de ne pas recouvrer les coûts de développement du programme ou les dépenses prévues pour la première session. Une prévision de dépenses plus élevées pourrait entraîner par ailleurs un coût par candidature supérieur au coût estimé.
Donc, approximativement 185 000 $...

Décomposés de la manière suivante : 25 000 $ au titre des frais déjà supportés par l'ICANN dans cette affaire, 100 000 $ pour les frais fixes d'évaluation, et 60 000 $ pour les frais variables.

Si tout va bien. Pour 80% des dossiers selon l'ICANN, qui prévoit aussi que 20% des candidatures devront faire l'objet de vérifications approfondies, auquel cas la note s'alourdira.


Parmi ces 20%, 40% pourraient être soumises à des litiges :


ou des objections techniques :


Différents coûts seraient donc à prendre en considération : 50 000 $ pour la revue des services de registre, 5 000 $ par résolution de litige, entre 40 000 et $130 000 $ en cas de mise aux enchères, etc.

Et enfin, cerise sur le gâteau, il y aura les coûts annuels de registre : 75 000 $ au bas mot, et plus si 5% du volume des enregistrements générés avec la nouvelle extension dépasse ce chiffre. Coûts renouvelables chaque année...
Donc si tout va bien, sans objections ni problèmes d'aucune sorte, un candidat aux nouvelles extensions paiera 260 000 $ sur la première année.
Mais comme il est difficile qu'un candidat réunisse en son sein toutes les compétences nécessaires, il pourrait être obligé de faire appel à des consultants externes qualifiés : par exemple, TLD Managers propose ses services pour 10% du montant du dossier. Calculez vous-mêmes...

Ainsi, en incluant les petits à-côtés, nous pouvons vraisemblablement avancer une fourchette basse comprise entre 300 et 350 000 $ pour la mise en place d'une nouvelle extension et son exploitation durant la première année. Si tout se passe bien, répétons-le !

Combien de candidatures ?

Nous l'avons vu, l'ICANN table sur 500 candidatures, j'y reviendrai dans un deuxième billet...



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