dimanche 11 septembre 2011

Berlusconi pourrait être arrêté !

[MàJ - 13 sept. 2011] Les juges de Naples ont posé à Berlusconi l'ultimatum suivant : soit il se présente devant eux de son plein gré avant dimanche, soit ils le font accompagner de force...

Silvio Berlusconi a commencé sa carrière comme chanteur pour beaufs en croisière, et il pourrait bien la terminer comme "victime" des innombrables personnages interlopes qui le font chanter : putes, maquereaux, mafieux, politiques corrompus, pouvoirs maçonniques et occultes, impossible de quantifier tellement il y en a !

Mais depuis deux décennies qu'il fuit les juges comme la peste, pour la première fois nous sommes dans une situation totalement inédite, où il doit être entendu non plus comme accusé, mais comme victime d'un chantage. Or après des semaines que les juges de Naples tentent de l'interroger, ils avaient fini par obtenir, par l'intermédiaire de ses avocats, une audition pour mardi prochain, qui aurait dû se dérouler au Palais Chigi, siège du gouvernement...

Oui mais voilà, Berlusconi a une trouille monumentale de ce rendez-vous, et au dernier moment il s'est inventé une visite à Bruxelles, motivée uniquement par sa volonté de fuir à une arrestation possible.

Laissez-moi vous expliquer : en tant que simple témoin interrogé sur les faits, la présence de ses avocats n'est pas nécessaire, puisque formellement il s'agit d'une audition en garantie de la victime d'un chantage. Il serait donc seul face à l'équipe de juges venus de Naples, qui enquêtent sur une tentative d'extorsion à ses dépens, tentative dont seraient coupables, entre autres, deux soit-disants "entrepreneurs" louches, Gianpaolo Tarantini et Valter Lavitola. Le premier est en prison, le second est en cavale dans quelque pays d'Amérique du Sud ou ailleurs.

Tarantini, qui fait actuellement l'objet de 7 procédures judiciaires diverses, est celui qui portait la chair fraîche à sa Majesté Ubunga-Bunga Ier dans son royaume d'Arcore (demeure historique près de Milan que Berlusconi escroqua en son temps à une orpheline...), rebaptisé Hardcore vu la qualité des soirées, dont Patrizia D'Addario nous a laissé quelques enregistrements son et vidéo... Soirées au-dessus de tout soupçon à l'enseigne de l'élégance, selon Berlusconi, mais pour lesquelles il est "imputé" pour instigation à la prostitution de mineures, entre autres chefs d'accusation (il est vrai qu'avec lui on n'a que l'embarras du choix...), ce qui est la moindre des choses pour un chef de gouvernement qui se respecte.

Quant à Lavitola, avec qui Berlusconi parlait pratiquement tous les jours sur un mobile enregistré à Panama et avec une carte SIM dont le titulaire est un colombien inconnu, ils sont copains comme cochons :
Dans quelques mois je me casse de ce pays, j'en ai la nausée de ce pays de merde...
Ainsi parla le président du conseil italien à son interlocuteur... Mais s'il n'y avait que ça !

Le fait est que selon l'avocat même de Berlusconi, les écoutes téléphoniques porteraient sur pas moins de 1732 coups de fil en 6 mois dans lesquels Berlusconi en dit de toutes les couleurs et dont il est facile de comprendre qu'il sait parfaitement que la plupart de ces poupées sont des putes. Les deux "entrepreneurs" - Tarantini et Lavitola - en pleine conversation nous confortent sur le sujet :
il est clair que ce sont des putes, mais d'abord c'est pas un délit, et de toute façon le monde entier a compris que ce sont des putes, il n'y a pas une seule personne au monde qui pense que ce ne sont pas des putes”.

(ma che erano puttane, oramai…anzitutto non è reato e seconda cosa l’hanno capito tutto il mondo che sono puttane, non ci sta una persona al mondo che non pensa che siano puttane).
Or toute la défense de Berlusconi se base sur le fait que, selon lui, il ignorait que c'étaient des putes (tout comme il "croyait" que Ruby était la nièce de Mubarak...), parce que Tarantini les lui aurait présenté en affirmant que c'étaient des amies à lui désireuses de connaître le grand chef !

Ce doit être pour ça que Berlusconi aurait versé à Tarantini 850 000 euros en liquide, par l'intermédiaire de sa secrétaire personnelle, depuis 30 ans à son service, qui versait l'argent à Lavitola, pour que celui-ci le remette ensuite à Tarantini. Lavitola qui aurait gardé pour lui la moitié de la somme au passage, soit au moins 400 000 euros. Entre gens de bonne compagnie, ça se comprend.

Et c'est là où nous en arrivons à la thèse des juges, selon qui cet argent serait le prix du silence pour que Tarantini maintienne la version convenue entre les différents acteurs de ce drame tragicomique, selon laquelle Berlusconi ignorait qu'il avait affaire à des putes. Donc victime de maîtres-chanteurs, certes, mais victime consentante puisqu'il aurait payé pour étouffer l'affaire sans dénoncer le chantage.

Par conséquent lors de son audition comme témoin (qui n'aura plus lieu mardi et dont la date doit de nouveau être fixée), Berlusconi sera sommé de s'expliquer sur les raisons pour lesquelles il a versé cet argent à Tarantini, en plus d'un loyer mensuel de 20 000 euros (oui, vous avez bien lu : 20 000 euros, au noir, c'est clair). Donc si Berlusconi s'entête dans sa "version officielle", à savoir qu'il a voulu dépanner une famille en grandes difficultés économiques (sic!) et que la thèse des juges est une pure invention (re-sic!), il risque d'être accusé lors de l'audition pour faux témoignage, et le mensonge sous serment dans un tel cas signifie la mise en arrestation immédiate.

D'autant plus qu'il y a plus grave encore ! Car avec Berlusconi, à chaque fois qu'on croit toucher le fond, on se rend compte avec horreur que le fond est encore loin : dans une conversation téléphonique avec son compère Lavitola, conversation qui a eu lieu le 24 août dernier (il y a moins d'un mois !!!), Lavitola qui est à l'étranger déclare à Berlusconi son intention de rentrer en Italie pour donner sa version aux juges. Réponse de Berlusconi : "Reste là où tu es"...

Et depuis l'entrepreneur Lavitola est en cavale à l'étranger, sur les conseils du président du conseil, justement, qui mérite bien son nom...

Et pour cet aspect des choses, Berlusconi aura encore plus de mal à expliquer aux juges napolitains le pourquoi du comment il conseille à un citoyen italien mis en examen de fuir à la justice de son pays, que tout le pognon qu'il balance généreusement à ses amis dans le besoin, sans rien vouloir en échange, naturellement : en plus des 850 000 euros à Tarantini, dix millions d'euros à Marcello Dell'Utri, condamné en appel à 7 ans de prison pour concours externe en association mafieuse, actuellement sénateur en vertu de ses mérites, 3 millions d'euros à Lele Mora, autre apporteur de putes emprisonné, lesquelles ont globalement reçu, elles aussi, une quantité inconnue de millions d'euros...

Un vrai distributeur de billets, le Silvio. Au point qu'il risque même l'inculpation pour blanchiment d'argent illégal, vu que ces sommes énormes ne sont apparues au grand jour que grâce au travail des juges, puisqu'il n'a jamais rien déclaré, ça va de soi. J'espère donc que l'audition aura bientôt lieu (les juges lui ont donné un délai de 10 jours pour fixer une nouvelle audition, après quoi ils le convoqueront d'office), même si je n'y crois guère, vu que Berlusconi fera TOUT ce qui est en son pouvoir pour l'empêcher, et son pouvoir est encore grand, mais d'ores et déjà si tout ou partie des 1732 conversations téléphoniques qui ont Berlusconi comme l'un des deux interlocteurs devait fuiter, voici ce que Tarantini en dit lui-même à Lavitola : "leur contenu, c'est de la tuerie, une véritable bombe".

Dans ce cas, je ne vois aucune raison d'en douter. J'espère juste qu'elle explosera le plus vite possible pour que l'Italie se débarrasse enfin de cet énergumène inqualifiable qui ressemble chaque jour davantage à un sépulcre ambulant, en-dedans et en-dehors : Silvio Berlusconi !

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vendredi 19 août 2011

Les grands discours d'un grand président

I. Les grands discours d'un petit président
II. Les grands discours d'un grand président


* * *
À la suite de mon précédent billet, il m'est venu l'envie d'analyser les discours du Général de Gaulle, non pas pour comparer ce qui n'est pas comparable, mais plutôt pour faire réfléchir qui me lira sur la grandeur de la politique - et des politiques -, notion qui a disparu depuis longtemps de la scène politique mondiale (et par décence je me tairais sur l'Italie pour l'occasion)...

J'ai donc constitué un corpus de 94 discours qui comprennent, une fois nettoyés, 85 305 mots, soit une moyenne de 907,5 par discours. Comparé au corpus de Sarko (7 discours, 44 958 mots, +6 422 mots par discours en moyenne), ça donne une moyenne de 7 fois moins de mots par discours pour le Gal, mais pratiquement un corpus multiplié par 2 en taille.

Autrement dit, si j'ai 100 fois JE VEUX chez de Gaulle et 100 fois JE VEUX chez Sarko, à égalité d'occurrences c'est comme si j'avais le double chez Sarko (190 exactement, x 1,897).

En réalité, je n’ai trouvé « JE VEUX » que 11 fois (dont 9 fois « je veux … dire », 1 fois « … parler » et 1 fois « … évoquer ») dans les discours du Général, donc en proportions, c'est comme si à chaque fois que Charles de Gaulle dit "JE VEUX", Sarko le dit 30 fois !!! (177 / 11 x 1,897).

Bien sûr, ces chiffres doivent être rapportés à mon seul échantillon d’analyse, donc rien de valable dans l’absolu.

Pour autant, question pronoms, chez le Général de Gaulle, le premier pronom employé est le NOUS (918 occurrences), suivi de JE (544 = 397 JE + 147 J'), de ELLE (pas toujours la France, mais souvent), de VOUS (378) et de NOTRE (368), tandis que chez Sarko, c’est JE en premier (689 = 590 JE + 99 J'), NOUS après (447), et la France en dernier (193) : une inversion totale des valeurs, en quelque sorte !

Donc pour Charles de Gaulle, la France est première absolue, avec 604 occurrences plus quelques centaines de ELLE : 452, qui ne s'y réfèrent pas toujours, mais le plus souvent quand même, comme dans l'Appel du 18 Juin :
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis…

Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur...
À noter que "grandeur" n'est utilisé en tout et pour tout que 24 fois dans les 94 discours. Mais voici le nuage sémantique des 20 premiers termes ayant plus de 100 occurrences, pronoms compris :

Au plan du symbolisme, le discours de Charles de Gaulle dit : NOUS sommes la FRANCE et JE suis à VOTRE/SON service, tandis que SARKO, c'est JE suis la FRANCE (l'État c'est moi, et que la plèbe me suive ... si elle peut !)

Comme si la répétition obsessionnelle du JE / VEUX était censée suppléer une carence évidente au niveau de la traduction en faits des bonnes intentions...

C'est d'ailleurs une des grandes leçons que je retire de ces analyses, à savoir qu'un discours n’est pas grand par la taille, mais par le contenu ! Le communiqué du 28 avril 1969 est un grand discours, qui ne fait que 2 lignes :
Je cesse d'exercer mes fonctions de Président de la République.
Cette décision prend effet aujourd'hui à midi.
C'est l'Histoire qui donne tout leur sens à ces paroles, tandis que dans les affirmations vides autant que prolixes de Sarko, les mots ne sont que le témoignage de la vacuité d'un discours jamais concrétisé.

En somme, ce qui fait toute la différence entre un grand président, et un petit président...

Je conclurai sur le nuage sémantique des 100 premiers termes significatifs (par nombre d'occurrence et sans les pronoms) :

Mais, surtout, laissons le dernier mot au Général de Gaulle (respectivement 10 et 19 occurrences) :

Vive la République !
Vive la France !
Sans oublier son discours posthume, intéressante curiosité...


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P.S. À titre de comparaison avec le précédent corpus, voici le tableau des 40 premiers termes avec le nombre d'occurrences :

samedi 13 août 2011

Les grands discours d'un petit président

I. Les grands discours d'un petit président
II. Les grands discours d'un grand président


* * *
Dans le sillage de mon précédent billet, une longue réflexion sur les mots et sur le pouvoir qu'ils ont de changer le monde, en bien et/ou en mal, selon l'usage qu'on en fait et, surtout, selon qui les prononce, et pour quelles finalités (trop souvent bien cachées derrière des apparences trompeuses), la lecture du récent Parti pris d'Edwy Plenel contre la dictature financière, m'a ramené, presque malgré moi, au sens et à la valeur des mots :
Face à la catastrophe annoncée et confirmée par la folle journée de ce mercredi (...), nous avons rendez-vous avec l'histoire. Car la crise actuelle ne résulte pas d'une inévitable fatalité économique ou d'une éphémère folie financière. Elle est la conséquence de politiques socialement criminelles, mensongères et amorales, qui, si elles ne sont pas défaites par les peuples, entraîneront nos sociétés dans une spirale de violences. Aussi est-il temps d'imposer des solutions s'attaquant à la racine du mal : réalistes parce que radicales.

Il y aura bientôt trois ans, le 25 septembre 2008, ces solutions étaient évoquées par un orateur, indigné devant ce que révélaient, avec le scandale des subprimes, les débuts de la crise qui, aujourd'hui, s'approfondit. Ce n'était alors que refrains sur ces spéculateurs impunis, ces banques avides, ces financiers rapaces, ces Etats impuissants, ces idéologues complices, cette misère sociale, ces injustices croissantes, ces escrocs mondains – l'affaire Madoff allait bientôt éclater –, bref, cet argent fou devenu tueur en série lâché sur le monde, détruisant ses richesses humaines et naturelles, premier ennemi du genre humain et de sa terre nourricière.

C'était en France, à Toulon, et l'orateur tenait à « dire la vérité aux Français », et notamment cette vérité première : « L'idée que les marchés ont toujours raison est une idée folle. » Et il ne cessait de la marteler, en lisant son discours écrit par l'un de ses conseillers. Nos lecteurs nous pardonneront la longueur de la citation, justifiée par la gravité de l'heure tant ces mots bruyants d'hier résonnent aujourd'hui bizarrement, dans le silence feutré des conversations téléphoniques et des communiqués lénifiants qui, trois ans après, tiennent lieu de réactions officielles à une crise historique de nos économies. Informer, c'est aussi, sinon d'abord, se souvenir. Ne pas perdre la mémoire. Se rappeler les engagements pris. Ne jamais croire sur parole et, toujours, mettre en perspective. Voici donc...
Je n'ai jamais aimé les discours des politiques, car ils ne sont le plus souvent que mensonges. Mensonges au sens où il n'y a pas la moindre correspondances entre les - belles - paroles annoncées et proclamées avec convinction, ô combien !, et la triste réalité. Pire encore : 90 fois sur 100, la réalité est même exactement le contraire du sens véhiculé par les mots composant tous ces beaux discours (avec des exceptions : Berlusconi, c'est du 100%. Dès qu'il parle, il ment. On chercherait en vain dans sa vie une seule déclaration véridique. C'est du Goebbels à l'état pur : propagande mensongère et matraquage de masse quotidien sont les deux mamelles du langage berlusconien, porté par tout un appareil étatique & médiatique digne d'une démocrature en parfait état de marche). Refermons-là la parenthèse.

Je m'étais déjà penché sur le cas Sarko dans l'État, c'est moi, mais Jean Véronis avait mis un bémol à mon analyse en expliquant que d'autres faisaient bien mieux et plus fort que lui dans le maniement du "je", tout en s'interrogeant :
D'où vient alors l'impression d'égotisme qui se dégage de son discours ? Je faisais l'hypothèse, dans les billets en question, que les pronoms forment un écosystème, et qu'on les perçoit les uns par rapport aux autres. Nicolas Sarkozy n'utilise peut-être pas plus je que d'autres, mais sa marque est de ne parler que très peu de nous ou vous, contrairement à Ségolène Royal par exemple. L'autre élément qui contribue aussi à mon sens à cette perception de discours personnel, est l'association des mots je + veux, beaucoup plus fréquente chez lui que chez les autres ("je veux être le Président de la France qui...").
J'ai donc voulu vérifier cette "théorie" en prenant 7 "grands discours", dont celui de Toulon que m'a remis en mémoire Edwy Plenel, répartis de 2006 à 2011 :
  1. Discours de Périgueux (12 octobre 2006)
  2. Discours du Zénith à Paris (18 mars 2007)
  3. Discours de Dijon (23 avril 2007)
  4. Discours du Zénith à Toulon (25 septembre 2008)
  5. Discours du congrès de Versailles (22 juin 2009)
  6. Discours de Davos pour l'ouverture du 40ème Forum économique mondial (27 janvier 2010)
  7. Discours d'ouverture de la conférence du G20 (23 mai 2011)
Mon seul critère de choix a été l'importance affichée de ces discours, en les étalant sur une période temporelle significative. Une fois décortiqués, j'obtiens 44 958 mots, soit une moyenne de +6 422 mots par texte : de gros discours, donc, probablement censés être proportionnels à leur "grandeur".

Voici le tableau des 40 premiers termes avec le nombre d'occurrences :

Donc une première constatation, pour poursuivre l'analyse de Jean sur le sentiment perçu d'égotisme, force est de constater que même si le NOUS et le VOUS semblent remonter, le JE l'emporte haut-la-main et nous avons quand même 177 fois JE VEUX sur 7 discours, soit une moyenne supérieure à 25 fois par discours, dans le genre anaphore volontariste (ou d'enfant gâté...), ça se pose là !

Ceci étant dit, une fois évacué le JE sarkozyen (802 occurrences, quand même : 590 JE + 99 J' + 38 MOI + 33 M + 32 M' = 802 SARKO), nous nous consolerons de voir que le premier substantif est la FRANCE avec 193 occurrences (soit 4 fois moins que son chef, quand même), suivi des 49 termes significatifs ci-après :


Chacun/e pourra prendre le(s) mot(s) de son choix et aller voir comment ils sont traités dans ces discours, mais il m'a semblé important d'énumérer les 177 JE VEUX, car même si ça risque d'être long, un seul coup d'œil suffira pour comprendre si chaque JE VEUX (ou JE NE VEUX PAS) s'est transformé en réalité ! Exemple : JE VEUX moraliser l'économie...

C'est parti pour la plus grande anaphore (figure rhétorique qui consiste en une répétition des débuts de phrases) de la politique française :
  1. je veux dire très clairement que la mondialisation de l'épargne a engendré un monde où tout était donné au capital financier, tout, et presque rien au travail, où, l'entrepreneur passait après le spéculateur, où le rentier prenait le pas sur le travailleur, où les effets de levier - ... -, atteignaient des proportions déraisonnables, et tout ceci a engendré un capitalisme dans lequel il était devenu normal de jouer avec l'argent, de préférence des autres, de gagner facilement, extrêmement rapidement, sans effort et souvent sans aucune création de richesses ou d'emplois, des masses d'argent absolument considérables.
  2. j’en veux pour preuve, ..., cette dépréciation de l'avenir dans les exigences absolument exorbitantes de rendement. Ce rendement dopé par la spéculation et les effets de levier, c'était le taux d'actualisation des revenus futurs : plus ils s'élevaient, moins l'avenir comptait. Tout, tout de suite.
  3. je veux être compris ici : il ne s'agit pas de nous demander par quoi nous allons remplacer le capitalisme mais de savoir : « quel capitalisme voulons-nous ? ».
  4. je veux dire une chose : c'est bien beau de prendre des décisions, encore faut-il qu'elles soient -- ces décisions -- mises en œuvre.
  5. je veux saisir cette occasion pour affirmer que si les signes de reprise qui semblent marquer la fin de la récession mondiale sont là, cela ne doit pas nous inciter à être moins audacieux mais davantage encore.
  6. je veux dire combien je soutiens les initiatives de l'Angleterre et de Gordon BROWN.
  7. je veux rendre hommage aux entreprises, les entreprises les plus mondialisées, les banques les plus globales qui ont redécouvert avec une facilité déconcertante qu'elles avaient une nationalité.
  8. (Si vous ne rêvez pas aujourd'hui, vous serez des adultes à la "petite vie".) je ne veux pas que vous la connaissiez !
  9. je veux, si je deviens Président de la République, couper tous les liens qui vous entravent, et vous donner les moyens de cette liberté que j'appelle l'autonomie.
  10. (« Ma petite maman chérie » - parole prononcé par Guy Môquet, assassiné par la guerre à 17 ans -. Ce mot d’amour que nous portons tous en nous et que nous n’avons pas dit, quand nous le pouvions, aussi souvent que nous aurions dû. Ce mot d’amour et de tendresse prononcé au seuil de la mort), je veux vous dire une chose importante, il n’est pas ridicule.
  11. (À ceux qui ont osé dire que je n’avais pas le droit de citer Guy Môquet parce que je n’étais pas de gauche), je veux dire que je demeure stupéfait de tant de sectarisme.
  12. (Président de la République) je veux rassembler tous les Français et leur dire que j'honorerai tous ceux qui ont fait la grandeur de la France, sans me préoccuper de la couleur de leur peau, de leur appartenance politique, de leurs origines sociales.
  13. je veux dire que cette lettre de Guy Môquet, elle devrait être lue à tous les lycéens de France non comme la lettre d’un jeune communiste mais comme celle d’un jeune Français faisant à la France et à la liberté l’offrande de sa vie, comme celle d’un fils qui regarde en face sa propre mort et dit à ses parents et à son frère le dernier mot d’amour qui sera tout ce qui restera vivant de lui dans leur cœur.
  14. je veux proposer aux jeunes Français une grande ambition, parce que les petites sont médiocres.
  15. je veux faire de la France le pays de la vie, de la joie, du dynamisme, de la jeunesse retrouvée et de la création renouvelée !
  16. (Je ne suis pas né pour subir, je suis fais pour agir.) je veux mettre cette force au service de mon pays, de chaque Français, pour que chacun ait un avenir à sa mesure.
  17. je ne veux pas vous aider à rester jeunes le plus longtemps possible mais à devenir des adultes accomplissant les rêves de leur jeunesse.
  18. je veux parler à tous les Français et tous les rassembler parce que tous, à mes yeux, ont un rôle à jouer, une utilité sociale, une valeur qui leur est propre.
  19. (C’est-à-dire à une société où chacun n’aime que celui qui lui ressemble, celui qui a la même couleur de peau, la même origine, la même religion.) je veux lutter contre cette dérive.
  20. je veux rendre à chaque jeune Français la fierté d’être Français.
  21. (Cette fierté), je veux que nous l’offrions en partage à tous ceux qui veulent devenir Français, au lieu de les accueillir dans une France qui croirait si peu dans ses valeurs qu’elle ne se donnerait même plus la peine de les défendre.
  22. je veux rappeler que la France est plus forte quand elle est unie
  23. je veux remettre la fraternité au cœur de la politique.
  24. je veux remettre la fraternité au cœur du projet républicain.
  25. (La France) je ne veux pas la laisser caricaturer par une minorité qui ne lui ressemble pas, qui ne cherche qu’à attiser la violence et la haine.
  26. (Cette France) je veux lui dire que la fraternité c’est d’abord pour elle...
  27. ... que je veux la remettre au coeur de la République.
  28. je veux lui dire que la fraternité ce n’est pas seulement des allocations, ce n’est pas seulement la réhabilitation des immeubles, l’aide aux territoires.
  29. (À tous ceux qui vivent dans l’angoisse de l’exclusion, du déclassement, qui vivent avec au ventre la peur de ne plus pouvoir loger leurs enfants, de ne plus pouvoir les nourrir, les habiller), je veux leur dire que la France est leur pays, qu’elle a besoin d’eux et qu’elle ne les abandonnera pas.
  30. je ne veux pas d’une société où les travailleurs sont si pauvres qu’ils ne peuvent pas se loger.
  31. je ne veux pas d’une société qui laisse des hommes et des femmes mourir de froid sur le trottoir.
  32. je ne veux pas d’une société où la pauvreté est tolérée comme une fatalité, où le chômage est supporté comme un mal nécessaire.
  33. je veux lutter contre la pauvreté et contre le chômage par la revalorisation du travail, par l’augmentation du pouvoir d’achat, par l’incitation à travailler plus pour gagner plus, parce que c’est le travail qui crée le travail.
  34. je veux être le Président d’une France qui se sente solidaire de tous les proscrits, de tous les enfants qui souffrent, de toutes les femmes martyrisées, de tous ceux qui sont menacés de mort par les dictatures et par les fanatismes.
  35. (À tous les jeunes) je veux dire : ne vous laissez pas décourager, ne renoncez pas, ne vous avouez pas vaincus.
  36. je veux vous dire aussi que la jeunesse est un passage et pas une fin en soi.
  37. je veux dire à la jeunesse que la liberté est un bien précieux mais qu’il y a des règles à respecter sans lesquelles, précisément, il ne peut plus y avoir de liberté.
  38. je veux lui dire que si la jeunesse s’affirme en transgressant, il n’y a rien à transgresser s’il n’y a pas de règle.
  39. je veux lui dire qu’on ne lui a pas rendu service en lui laissant croire que tout était permis, que l’âge excusait tout.
  40. je veux lui dire qu’on ne lui a pas rendu service en lui laissant croire qu’elle pouvait tout avoir sans effort, sans travail et sans courage, qu’elle n’avait même pas besoin de vouloir puisque la société serait toujours là pour vouloir à sa place.
  41. je veux être un Président qui, parce qu'il aime la jeunesse, lui dira la vérité. (Parce qu’on doit toujours la vérité à ceux que l’on aime...)
  42. je veux être le Président qui avec vous accomplira une triple révolution : la révolution numérique, la révolution écologique et la révolution de l’éducation.
  43. je veux être le Président qui avec vous réconciliera la France avec elle-même et avec le monde parce qu’au XXIe siècle les nations continueront de mener le monde et parce que la France ce n’est pas fini.
  44. je veux être le Président qui avec vous refera de l’Europe un idéal de paix et de prospérité pour tous les hommes parce que sans l’Europe l’idée que nous nous faisons de l’Homme serait condamnée à disparaître.
  45. je veux être le Président qui avec vous fera l’union de la Méditerranée parce que c’est en Méditerranée que se joue l’avenir de l’Europe et de la civilisation mondiale.
  46. je veux redonner à la politique plus de sincérité, plus d’humanité, plus de morale, plus de courage. (La sincérité, je la mettrai au service de la vérité...)
  47. je veux aussi rappeler que des objectifs de plein emploi figurent dans les textes fondateurs du FMI et de l'OMC.
  48. je veux dire par là qu'un socle de protection sociale peut être un élément du développement économique et je voudrais défendre cette idée.
  49. je veux souligner le pas important qui a été franchi au niveau européen, ... , avec le pacte pour l'euro.
  50. je ne veux pas rouvrir le débat sur le terme de discrimination positive dont j’ai conscience qu’il renvoie à des histoires, à des traditions différentes des nôtres.
  51. (Mais) je veux dire que pour atteindre l’égalité il faut savoir donner plus à ceux qui ont moins, il faut savoir compenser les handicaps de ceux auxquels la vie a donné d’emblée moins de chance de réussir qu’à tous les autres.
  52. je veux parler avec eux (les citoyens) des moyens par lesquels la République pourra tenir ses engagements.
  53. je veux parler avec eux des moyens juridiques et matériels qui sont nécessaires pour y parvenir.
  54. je veux le dire solennellement, la burka n’est pas la bienvenue en France.
  55. je veux dire à ceux qui s’étonnent que l’on puisse s’endetter pour doter le Fonds Stratégique d’Investissement que ce fonds nous aide à créer des emplois, à préserver des avancées technologiques et que de surcroît il va rapporter de l’argent à l’Etat parce que les actifs qu’il achète vont se valoriser.
  56. je veux dire à ceux qui trouvaient que le Grenelle de l’environnement coûtait trop cher, que c’est la dépense la plus rentable que l’on puisse imaginer. (Elle va créer 600 000 emplois...)
  57. je veux que l’on propose une solution à tous les adolescents qui sortent du système scolaire à 16 ans sans rien.
  58. je veux revaloriser l’apprentissage, la filière professionnelle, la filière technologique, la filière littéraire.
  59. je veux que l’on mette les moyens nécessaires pour en faire des filières d’excellence au même titre que la filière scientifique, avec des passerelles, avec des diplômes de haut niveau. (Nous serons au rendez-vous des réformes...)
  60. je veux que l’on mette les moyens pour que dans notre pays les jeunes puissent conquérir leur autonomie par leur travail, par leur mérite. (Je pense ainsi à la croissance de demain...)
  61. je veux poser la question de la fiscalité : allons-nous continuer à taxer la production et à taxer le travail alors que nous savons bien qu’en faisant peser des charges fixes trop lourdes sur le travail et la production nous détruisons nos emplois et nos industries ? (Le but est-il que toutes nos usines s’en aillent ? Le but est-il qu’il n’y ait plus d’ouvriers dans notre pays ?)
  62. je ne veux pas m’y résigner.
  63. je veux l'unité. (Je suis le garant de l'unité. Et s'il le faut je serai unitaire pour tous les autres...)
  64. (Alors que le monde se met à douter de la France, et que les Français eux-mêmes s'interrogent, voilà qu'une fois de plus, des tréfonds du pays je sens monter cette volonté de renouveau) que je veux incarner et par laquelle ...
  65. ... je veux vaincre la fatalité. (Cette force que j'imagine, elle est en vous. Elle est dans cette foule immense rassemblée ce soir à Périgueux.)
  66. je veux dire que la République n'est pas un modèle figé pour l'éternité mais un projet toujours inachevé, un élan du coeur et de l'esprit, un idéal de civilisation et d'humanisme, un rêve d'universalité et de fraternité.
  67. je veux dire que la République, depuis 200 ans, c'est une continuité de principes, de valeurs, d'objectifs et une variété de moyens, de procédures et de priorités en fonction des circonstances.
  68. je veux dire que la République de Jules Ferry et de Gambetta n'était pas celle de Danton pas davantage celle de Robespierre, que celle de Clémenceau n'était pas celle de Lamartine et pas non plus celle du Général De Gaulle.
  69. je veux construire une nouvelle relation avec les Français, faite de vérité, de respect de la parole donnée, de confiance.
  70. je veux un nouvel État, une nouvelle nation, une nouvelle République.
  71. (À tous), je veux dire : la nation n'est pas un obstacle à la démocratie, elle en est la condition.
  72. je veux un État respecté.
  73. je veux un État que les fonctionnaires soient heureux de servir et dont les Français soient fiers.
  74. je veux un État exemplaire sur le plan de la diversité et de la lutte contre les discriminations.
  75. je veux un État qui domine les intérêts catégoriels au lieu d'être dominé par eux.
  76. je veux un État qui ne soit pas fragilisé par le laxisme et par la fraude.
  77. je ne veux pas que ceux qui ne veulent rien faire, que ceux qui ne veulent pas travailler vivent sur le dos de ceux qui se lèvent tôt et qui travaillent dur.
  78. je ne veux pas que ceux qui fraudent l'assurance chômage, l'assurance maladie, les allocations familiales, ceux qui escroquent le fisc ou les ASSEDIC, ceux qui détournent de l'argent public par copinage ou par favoritisme, continuent à mettre en péril la solidarité nationale.
  79. je veux le dire ce soir : je n'aime pas la façon dont on parle des fonctionnaires dans notre pays.
  80. je ne veux pas que la seule voie de réussite soit celle des concours et des examens. L'expérience, cela compte aussi.
  81. (À l'infirmière qui veut progresser je dis que) je veux lui donner la possibilité d'acquérir une formation complémentaire qui lui permette de devenir médecin par la promotion interne si elle en a l'aptitude et la motivation.
  82. je veux par dessus tout qu'elle gagne plus parce qu'elle le mérite.
  83. je veux dire aux juges que ...
  84. ... je veux une justice respectée.
  85. je veux dire aux juges que je sais à quel point leurs conditions de travail sont difficiles, à quel point leurs moyens matériels et humains sont insuffisants.
  86. je veux leur dire combien la justice à mes yeux est une institution essentielle de la République.
  87. (Mais) je veux leur dire aussi que dans la République nul ne peut prétendre se soustraire à la critique.
  88. je veux leur dire que l'indépendance de la justice ne peut les exonérer d'avoir à rendre compte au peuple de la manière dont la justice est rendue en son nom.
  89. je veux rappeler qu'ils ont mission d'appliquer la loi, non de la faire.
  90. je veux rappeler qu'ils ont à juger en fonction du droit et non d'une idéologie.
  91. je veux rappeler qu'ils ont pour fonction de rendre justice aux victimes.
  92. je veux leur dire que je serai toujours à leurs côtés pour défendre l'indépendance de la justice et l'accroissement de ses moyens.
  93. je veux l'égalité des chances pour tous.
  94. je veux la culture pour chacun, parce la culture c'est la clé de l'égalité des chances.
  95. (D'autres comme d'habitude m'ont dit que c'était impossible). (...) je veux leur dire : la différence entre vous et moi c'est que ...
  96. ... je veux faire en sorte que tout ce qui est nécessaire et qui est juste devienne possible et vous ne le voulez pas !
  97. je veux l'égalité des territoires devant le service public.
  98. je veux que les services publics reviennent dans les quartiers en difficulté.
  99. je veux que les services publics restent présents dans les zones rurales.
  100. je veux la mutualisation des risques par le moyen d'un cautionnement public pour que le malade puisse emprunter, pour que l'enfant de famille modeste ait le même droit à l'emprunt que l'enfant de riche, pour que celui qui n'a pas les moyens d'apporter une garantie puisse quand même louer ou emprunter pour financer ses projets.
  101. je veux que grâce à la mutualisation des risques il y ait plus d'investissement immobilier, plus d'opportunités d'entreprendre, plus de création, plus d'invention, plus de consommation et donc plus d'égalité de chances et plus de croissance.
  102. je veux qu'il y ait plus d'égalité et de justice dans les retraites.
  103. je veux un État exemplaire en matière d'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes et on est encore bien loin du compte.
  104. je veux que dans les conseils d'administration des entreprises publiques il y ait au moins 50% de femmes.
  105. je veux que le principe de la parité tel qu'il s'applique à la politique s'applique aussi aux représentants du personnel dans les entreprises.
  106. je veux que le temps passé à l'éducation des enfants soit intégralement pris en compte pour le calcul des retraites, que les femmes aient continué de travailler en les élevant ou qu'elles aient cessé de travailler pour les élever.
  107. je veux que les femmes qui ont cessé longtemps de travailler pour élever leurs enfant et qui se séparent de leur mari soient davantage aidées pour retrouver un emploi.
  108. je veux que les femmes au chômage qui cherchent un emploi aient le droit de faire garder leurs enfants comme les femmes qui travaillent.
  109. je veux que la violence conjugale soit plus durement réprimée et que les femmes qui en sont victimes soient mieux accompagnées.
  110. je veux répéter qu'aucune coutume, aucune culture d'origine, aucune pratique religieuse ne saurait en France autoriser quiconque à proclamer l'infériorité intrinsèque de la femme.
  111. je veux que partout en France les femmes soient libres de se promener en jupe, libres de vivre comme elles l'entendent, libres de se marier à leur guise.
  112. je veux que la République s'attaque aux nouvelles inégalités. Depuis des années, au nom de la morale républicaine, on proclame des droits qui ne sont pas suivis d'effet.
  113. je ne veux pas faire une discrimination positive sur des critères ethniques qui serait la négation de la République.
  114. (Mais) je veux que sur la base de critères économiques, sociaux, éducatifs, on mette tous les moyens nécessaires pour combler des écarts qui sont devenus insupportables et qui mettent en péril la cohésion nationale.
  115. je veux qu'on n'aide pas seulement les territoires ou les quartiers mais aussi les personnes.
  116. (À ceux qui pensent que cela coûtera trop cher), je veux dire que ne pas faire assez pour restaurer le sentiment de l'égalité et de la justice coûterait infiniment plus cher.
  117. (À ceux qui pensent que la pureté idéologique de la République pourrait en souffrir), je veux dire que la République souffrira bien davantage de la persistance d'injustices intolérables.
  118. (À ceux qui pensent que les bénéficiaires de la discrimination positive prendront les places des autres), je veux dire qu'il n'en sera rien car des places supplémentaires seront créées à cette fin.
  119. je veux le dire aux Français : l'anticapitalisme n'offre aucune solution à la crise actuelle.
  120. je veux poser une question grave : si ce qui s'est passé aux États-Unis s'était passé en Europe, avec quelle rapidité, avec quelle force, avec quelle détermination l'Europe, avec les institutions actuelles, les principes actuels, aurait-elle fait face à la crise ? (nous allons pas tarder à le savoir...)
  121. je veux dire aux Français qu'il n'existe aucune solution miracle qui permettrait à notre pays de se dispenser des efforts nécessaires pour surmonter la crise.
  122. je veux prendre mes responsabilités devant vous, j'assume donc la décision de financer le RSA en taxant légèrement les revenus financiers qui depuis des années augmentent plus vite que les revenus du travail.
  123. je veux le dire aux Français, il va falloir payer plus cher le pétrole, plus cher le gaz, plus cher les matières premières.
  124. je veux dire à quel point je crois que le système du bonus-malus est un bon système.
  125. je veux que soit mis à l'étude un grand plan de rénovation des infrastructures des transports collectifs dans les grandes villes où la situation est devenue souvent critique.
  126. je veux m'adresser aux 11 millions de Français qui m'ont apporté leurs suffrages.
  127. je veux leur dire que je ne les trahirai pas, que tous les engagements que j'ai pris, je les tiendrai scrupuleusement.
  128. je veux leur dire que si j'ai voulu mettre la morale au cœur du débat politique, ...
  129. ... je veux aussi la mettre dans le comportement politique.
  130. je veux la vérité, je refuse le mensonge.
  131. (Aux 11 millions de Français qui m'ont fait confiance dès le premier tour), je veux dire que mon souhait de moraliser la politique et de remédier à la crise de confiance commence pour moi par la volonté de ne pas les décevoir.
  132. je veux leur dire que c'est autour d'eux que je compte faire le rassemblement du peuple français le plus large possible.
  133. je veux dire qu'ils ont toute leur place dans ce rassemblement dès lors qu'eux aussi partagent les valeurs de l'identité nationale et de l'amour de la France, du travail et de son respect, du mérite et de sa récompense, du civisme et de ses devoirs, de la justice républicaine.
  134. (La République), je la veux fraternelle et rassemblée.
  135. (la France, moi), je veux la renforcer, pas l'affaiblir.
  136. je veux être le candidat de l'ouverture parce que ...
  137. ... je veux être le président de l'ouverture, mais d'une ouverture qui n'a rien à voir avec la politique politicienne, d'une ouverture qui n'est pas l'ouverture vers les appareils.
  138. (L'ouverture dont) je veux être le candidat, c'est l'ouverture d'esprit.
  139. (L'ouverture dont) je veux être le candidat, c'est l'ouverture vers les autres, vers ceux qui ne pensent pas la même chose que moi, qui n'ont pas le même parcours, pas la même expérience de la vie, pas la même histoire, vers ceux qui n'ont pas voté pour moi, vers ceux qui parfois m'ont combattu.
  140. je veux être le président de tous les Français, qui parlera en leur nom à tous, qui les respectera et qui les aimera tous, qui les unira.
  141. (La majorité présidentielle que) je veux rassembler, c'est une majorité dans laquelle tous les Français, quelles que soient leurs croyances, quelle que soit leur sensibilité, quelles que soient leurs origines, doivent pouvoir se reconnaître, doivent pouvoir retrouver cette part d'eux-mêmes, cette part de leur identité qui leur donne le sentiment qu'ils appartiennent à la même République et que ce qui les unit est plus fort que ce qui les sépare.
  142. (La France est une synthèse, sans cesse recommencée.) je veux faire la synthèse de l'ordre et du mouvement, de l'autorité et de la fraternité, de la liberté et de la justice.
  143. je ne veux pas que la France donne le visage de l'extrémisme. Voilà ce que je dis, voilà ce que je ferai.
  144. je ne veux pas qu'on demande aux enfants d'expier les fautes supposées de leurs pères ?
  145. (C'est la vérité), je ne veux pas de la repentance. (Pourquoi tant de haine ?...)
  146. (C'est cela la France et) je veux que l'on parle de cela. (Pourquoi tant de haine ?...)
  147. je veux tourner définitivement la page de mai 68.
  148. je veux en finir avec cet héritage, avec ce relativisme moral et intellectuel.
  149. je veux dire la vérité sur l'école. (Lorsqu'elle n'arrive plus à remplir son rôle ce n'est pas la question des enseignants, c'est la question de la politique...)
  150. je veux l'école de l'excellence qui tire les enfants vers le haut.
  151. je veux l'école qui tourne le dos à l'égalitarisme, qui permet aux enfants des milieux modestes d'accéder à la promotion sociale, qui aide les enfants à devenir des adultes et non à demeurer de grands enfants. Voilà l'école de la République.
  152. je veux une école qui donne aux enfants le goût de l'effort intellectuel et du travail. Mais si l'enfant n'apprend pas le sens de l'effort à l'école, où l'apprendra-t-il ? (Pourquoi tant de haine ?...)
  153. (Peut-être cette haine vient-elle du fait que) je veux que la police fasse son métier ?
  154. je veux redonner le moral à la France qui travaille.
  155. je veux augmenter le pouvoir d'achat des salaires, parce que ...
  156. ... je ne veux plus qu'il y ait de travailleurs pauvres.
  157. je veux prendre à bras-le-corps le problème des conditions de travail qui amènent tant de travailleurs à la dépression ou au suicide.
  158. (Ce ne sont pas des mots qui me font peur), je veux les affronter parce que derrière, il y a de la souffrance.
  159. je veux protéger les travailleurs contre les délocalisations.
  160. (Je l'affirme), je veux une préférence communautaire.
  161. je veux lutter contre les dumpings et contre la concurrence déloyale.
  162. je veux que l'entreprise qui délocalise rembourse les aides publiques qu'elle a reçues.
  163. je veux que l'impôt sur les sociétés soit plus élevé pour les entreprises qui détruisent des emplois et qui délocalisent, que pour les entreprises qui créent des emplois et qui investissent.
  164. (Ces dernières paieront moins d'impôts sur les bénéfices des sociétés car) je veux redonner la priorité au travail, à l'investissement et à la création d'emploi.
  165. je veux poser ce diagnostic juste.
  166. (Pourquoi tant de haine ? Parce que) je veux moraliser le capitalisme.
  167. je veux en finir avec la pratique détestable des parachutes dorés.
  168. je veux autant de sévérité à l'encontre des patrons voyous qu'à l'encontre des petits voyous.
  169. je veux que les stocks options soient pour tout le monde et pas seulement pour quelques-uns, parce que tous les salariés contribuent à la réussite de l'entreprise
  170. (Oui, j'ai compris pourquoi tant de haine ? Parce que) je veux que chacun puisse transmettre à ses enfants sans droit de succession le fruit d'une vie de travail et d'épargne.
  171. (Parce que) je ne veux pas que l'impôt puisse prendre plus de 50% du revenu.
  172. (Pourquoi tant de haine ? Parce que) je veux instaurer le service minimum dans les transports.
  173. (Parce que) je ne veux plus qu'une minorité puisse prendre la majorité des citoyens en otage.
  174. (Parce que) je veux faire respecter le principe fondamental de la continuité du service public.
  175. je ne veux pas la confiance de ceux qui ne comprennent pas qu'en France le temporel et le spirituel sont séparés. C'est cela la France.
  176. je veux que les pauvres puissent gagner leur vie. C'est toute la différence entre eux et nous.
  177. je ne veux me consacrer qu'à une seule chose : rassembler le peuple français autour d'un nouveau rêve français, celui d'une République fraternelle où chacun trouvera sa place, où personne n'a plus peur de l'autre, où la diversité sera vécue non comme une menace mais comme une richesse.
Bien, rassurez-vous, je vous fais grâce des 625 autres occurrences où Ego Sarko manie le moi, le me, le m', le j', le je dis, je fais, je truc, je machin-chouette, etc.

Si vous ne craignez pas l'indigestion, vous pouvez toujours aller explorer la base de plus de 630 (!) discours du chef rassemblés par Jean Véronis, ou bien vous la jouer institutionnel et aller puiser à la source...

Quoi qu'il en soit, Jean avait parfaitement cerné le problème...


Perso, tous ces JE VEUX qui ne veulent plus rien dire me donnent la nausée, et JE VEUX vous dire, Monsieur le président des français, que vous devriez surtout arrêter de nous prendre pour des cons en alignant tous ces mots, certes avec énormément de conviction, mais dont le seul - gros - défaut est qu'ils ne sont que des coquilles vides.

Et si j'ai titré "grands discours" pour un "petit président", ce n'est certes pas en rapport avec votre taille mais du seul fait qu'à l'évidence vous êtes un président qui veut beaucoup mais qui peut peu ! Car à part le burqa, je ne vois pas trop ce que vous avez réellement réalisé de vos mille promesses fumeuses...

J'imagine que lorsque Edwy Plenel lit des déclarations telles que "je veux redonner à la politique plus de sincérité, plus d’humanité, plus de morale, plus de courage. (La sincérité, je la mettrai au service de la vérité...)", ou "je veux dire (aux français) que si j'ai voulu mettre la morale au cœur du débat politique, je veux aussi la mettre dans le comportement politique.", "je veux la vérité, je refuse le mensonge", il doit s'étrangler (de rire, d'indignation ou des deux).

Et vous qui vous targuez d'être un président moderne (je veux être le Président qui avec vous accomplira une triple révolution ... dont la révolution numérique), sachez que le temps où les politiques pouvaient faire gober ce qu'ils voulaient à la plèbe crédule est révolu, nous sommes désormais au cœur de la société transparente. Et que la transparence s'apparente justement avec le devoir qu'ont nos gouvernants de nous rendre des comptes, aussi bien de ce qu'ils font que de ce qu'ils disent, dès lors qu'ils disent ce qu'ils ne font pas et surtout qu'ils font ce qu'ils ne disent pas. Les anglo-saxons appellent ça l'accountability :
The government continues to increase its ability to look in on citizens, creating an Orwellian-like society that people may find alarming. According to Brin, reciprocal accountability, which is the ability for people to look back at the government and hold it accountable, is key to minimizing undesirable effects and behaviors.
Donc ne vous étonnez pas, Monsieur Sarkozy, si de temps en temps quelqu'un vous demande compte d'autant de promesses jamais tenues ! Du reste vous le dites vous-même : « Comment faire espérer dans une République qui continuerait à tenir si peu ses promesses ? Je ne me résigne pas à ce qui serait un désastre. »

Je ne m'y résigne pas moins que vous, Monsieur Nicolas Sarkozy. Mais le désastre est bien réel, hélas !


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dimanche 3 juillet 2011

Welcome to the Word Century

[MàJ - 4 avril 2016] Le palimptexte terminologique

Suite de Welcome in the World Century, publié le 3 juillet 2007, il y a très exactement 4 ans aujourd'hui !

Cette première partie, titrée Utopie ou réalité terminologique ?, qui se voulait une « (r)éflexion quasi-philosophique poétique sur la terminologie et son évolution souhaitable : d’une terminologie normalisatrice, conceptuelle et prescriptive, vers une terminologie d’usage, lexicale et descriptive... », annonçait une seconde partie à venir, que j'intitulais déjà :

II. La terminologie, ou la quadrature du triangle sémantique : pour la création d’une fiche terminologique « Web 2.0 »

Tout d'abord, quelques précisions sur cette « quadrature du triangle sémantique » (en référence à l'impossible « quadrature du triangle » qui est le lot quotidien des traducteurs...), censée traduire l’absurde utopie terminologique selon laquelle les termes seraient univoques : 1 terme = 1 concept/1 notion, avec 1 définition !

la notion (le concept), serait une « unité de pensée constituée par abstraction à partir des propriétés communes à un ensemble d'objets. », et où "Concept / notion, objet, terme" sont les trois sommets du triangle sémiotique :

Une représentation simplifiant le modèle quadripartite d'Eugen Wüster :

dont Renata Stela Valente nous dit :
Wüster avait des raisons pour vouloir faire de la terminologie une théorie des concepts : il voulait que le terme ait le comportement d’un symbole, comme un symbole chimique NaCl, ou une icône (une disquette) qui représente directement un concept, fonctionnant ainsi dans l’extra-linguistique. La langue n’est qu’un véhicule d’expression du concept que le terme représente. De toute évidence, Wüster concevait une terminologie prescriptive où il n’y aurait pas de variations lexicales d’une même notion.
Dans cette "utopie terminologique", chaque terme contiendrait donc son propre tout, et réciproquement !

Le parallèle me vient naturellement avec l'utopie enclycopédique de Diderot et D'Alembert, tentative de rassembler en un seul contenant « les connaissances éparses sur la surface de la terre », pour reprendre les mots de Diderot lui-même. Un ouvrage qui aura demandé plus de 25 ans de travail.

Plus proche de nous, la Grande Encyclopédie (près de 49 millions de mots écrits entre 1885 et 1902, à laquelle je consacrerai bientôt un billet...) (à comparer avec 5 milliards de mots échangés sur Twitter ... par jour !), aura été la dernière tentative de ce genre, et ses auteurs plus conscients de « la tâche à la fois difficile et modeste à laquelle les collaborateurs de la Grande Encyclopédie ont consacré plusieurs années de leur vie, sans avoir l’illusion de penser qu’ils font une oeuvre définitive.
(...)
Penser faire une encyclopédie qui ne doive jamais disparaître serait une espérance chimérique.

Dans un quart de siècle, la science humaine aura marché. Des faits anciennement connus se seront modifiés ou seront mieux appréciés, des faits nouveaux se seront révélés, des théories anciennes seront mortes, des théories nouvelles seront nées. Les mêmes mots peuvent à vingt ou trente ans d’intervalle n’avoir plus la même valeur. Et à ce changement dans la nature des choses, il faudra bien que corresponde un changement dans la manière de les exposer ; - c’est-à-dire qu’à un ensemble de faits nouveaux, d’idées nouvelles, il faut une encyclopédie nouvelle.
Que l’on ne s’émeuve pas, d’ailleurs, de cette vie éphémère d’une encyclopédie. L’oeuvre n’en aura pas moins eu son jour et son utilité.

Les encyclopédies ne tombent pas comme les feuilles, et leurs printemps durent de longues années. Il faut au grand public un espace de temps assez étendu pour apprécier les lacunes d’une telle oeuvre et éprouver le besoin d’en voir faire une nouvelle édition. Entre deux encyclopédies successives marquant chacune une étape de l’humanité, il y a une période intermédiaire ; celle qui est née peut continuer à vivre, celle qui doit venir n’est pas encore à terme.

Puissions-nous marquer cette constatation du travail humain, ce tableau de notre temps, de traits qui en fassent vivre le souvenir, comme vit encore de nos jours le souvenir de l’oeuvre de Diderot et de d’Alembert !
 »

Il en va des termes comme des encyclopédies : jamais achevés, en mouvement perpétuel autant que la connaissance qu'ils sont censés décrire (dénoter, définir, etc.), toujours en marche. Chaque langue est vivante, en évolution continue : le jour où elle se fige, elle meurt !

Donc vouloir figer les termes dans un corset de sens, les enserrer dans un modèle de « fiche terminologique » rigoureux et inamovible, n'en a plus ... de sens, à supposer que cela en ait jamais eu...

Par conséquent, en donnant pour acquise la ligne de démarcation entre AVANT et APRÈS Internet, je voudrais tracer l'esquisse d’une fiche terminologique « Web 2.0 » en faisant référence à la pratique du métier de traducteur, que j'illusterai d'une métaphore :

If a Word leads to the World!

La différence entre "fiche terminologique 1.0" et "fiche terminologique 2.0" étant essentiellement spatiale :
  1. la première tient dans l'espace plan du papier, forcé de se faire palimpseste où se succèdent les polysémies temporelles créées par "la science humaine en marche" ;
  2. la seconde a pour univers l'espace virtuel, palimptexte qui contextualise à l'infini chaque terme : on part d'un mot et on arrive au monde...
Croyez-vous que je plaisante ? Voyons cela par l'exemple !

Avec un simple sigle : LTE. Dont Google indexe pas moins de 101 millions de résultats !

Juste 3 lettres, 101 millions de résultats !!! Juste inconcevable ! Avec une multiplication des sources :

Pour n'en citer que quelques-unes : glossaires, dictionnaires, images, vidéos, blogs, actus, temps réel, etc.

Un flux ininterrompu de sources, une profusion impossible à limiter, qui plus est multipliée par la quantité de langues et de traductions éventuelles... Autrement dit le rêve fou de l'univocité terminologique (1 terme = 1 définition) est définitivement dépassé, de même que la lexicologie (1 terme = n définitions) doit laisser désormais la place à la polysémie universelle : 1 mot = 1 monde !

Où la "fiche terminologique 2.0" devient palimptexte terminologique modelable à volonté et à l'infini...

* * *
En parallèle à ma réflexion sur cette babélisation du sens et des valeurs, où chacun/e donne désormais son propre sens et ses propres valeurs aux mots de la tribu, je ne peux qu'évoquer ce billet d'avril 2007 sur le sens et la valeur des mots :
Des mots qu'on utilise tous les jours et dont je me dis qu'on ne sait plus très bien le sens dont ils
sontdevraient être porteurs et les valeurs qu'ils sont censés véhiculer.

Une grande confusion règne autour des mots, et les publicitaires et politiques de tous bords - hommes et femmes - ont une immense responsabilité dans cet état de chose. Car pour le traducteur-poète (ou poète-traducteur...) que je suis, tant par vocation personnelle que professionnelle, qui réfléchit au sens des mots à longueur de journée, cela me crève le cœur de voir qu'il sont employés sans égard, fourvoyés dans une approximation scientifiquement entretenue, de sorte qu'on puisse aisément leur faire dire blanc ou noir en fonction du contexte, des opportunités, des intérêts du moment. Cela permet de mieux déstructurer la culture et l'esprit des populations, tout en les désinformant par une propagande habile, qu'elle soit marchande ou politique, je le répète.

Or il en va des mots comme de la nature. On n'en abuse pas sans générer de grandes catastrophes, et lorsque vous vous y attendez le moins ils se retournent contre vous. Dans son travail intitulé LTI - Lingua Tertii Imperii (La langue du IIIe Reich), Victor Klemperer, qui mène une réflexion approfondie et sans concession sur les mécanismes du langage totalitaire, cite en exergue ces mots de Franz Rosenzweig : « La langue est plus que le sang. »

Dès le premier recueil que j'ai écrit (il y a une vingtaine d'années), non publié, comme tous mes ouvrages poétiques, qui s'intitule « L'Écorché vif » :


réminiscences de ma vie aventureuse et vagabonde, je tentais de redonner un sens - le leur ou le mien - aux mots, à ceux que l'on parle, que l'on écrit, à ceux que l'on reçoit, aux mots, en somme, à travers lesquels on s'efforce de communiquer, les fameux "mots de la tribu"
en poursuivant délibérément le rêve de la perfection
l'utopie réalisée d'un texte qu'il n'y aura plus à reprendre - jamais !
Comme le petit Prince de sa rose, je me sentais de nouveau responsable pour chaque mot, pour l'usage propre de chaque mot..., responsable pour
enchâsser chaque parole dans son acception profonde - on n'y saurait en changer une seule sans briser l'équilibre subtil du recueil -, tantôt première tantôt plus actuelle

(combattre l'inadéquation du parler en redécouvrant la ligne de partage entre les antiques beautés de la "vieillerie langagière" et les nouveaux trésors de la langue moderne, davantage ouverte et "démocratique")

inventer une signification plus proche par quelques néologismes, contextuels ou non (plasmer)

masculiniser des substantifs injustement féminins depuis des millénaires (prostitué ou parturient...)

utiliser les vocables les plus humbles en leur rendant le discernement qu'ils ont désappris, leur native splendeur fanée d'avoir été trop longtemps prononcés, galvaudés
vulgariser la poésie, enfin

faire de la langue poétique
une langue charnelle
une langue humaine !
* * *
Dans ce laboratoire de désinformation, de censure et de manipulation permanente du langage qu'est devenue l'Italie berlusconienne, véritable cloaque, il est trop facile de constater que les mots ont perdu toute valeur commune, tout sens commun, nous en avons des exemples éclatants tous les jours, hier encore, Angelino Alfano, actuel ministre de la "Justice" intronisé Secrétaire du parti de Berlusconi, a déclaré sans honte et sans crainte de se couvrir de ridicule qu'il voulait faire du PDL (Peuple des Libertés...) le "parti des gens honnêtes" !

Après "Parti de l'Amour", voici donc le parti de Berlusconi, indubitablement le chef de gouvernement le plus menteur, indécent, corrompu, subversif et délinquant du monde démocratique, réintitulé "Parti de l'honnêteté" !!! Le comble dans un pays où le crime a été patiemment institutionnalisé - parlementarisé même - par nos gouvernants depuis la fin de la IIe Guerre mondiale, toutes couleurs confondues, et où les mafias prospèrent en toute "légalité"...

Oui, le pouvoir des mots a bien le pouvoir de changer le monde (hélas !), comme le montre cette vidéo découverte hier via @randfish :

The Power of Words



qui se conclut ainsi : « Change your words. Change your world. »

En bien ou en mal...

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vendredi 24 juin 2011

Yahoo! No mission, no vision!

Updated / 2015, July 31 - Yahoo's Mission

* * *
Updated / 2012, August 9 - Will Marissa Mayer be able to fix Yahoo!?

* * *
Updated / 2011, June 24 - (first version was posted on 2010, March 1st)

«Most importantly, Yahoo hasn’t been able to create growth or articulate a clear vision for substantive growth

Ben Parr, The Battle for Yahoo’s Future (Mashable)

* * *
Generally, ONE Company has got ONE core mission :
But things sound a little bit different when it comes to Yahoo!


Since 1996, Yahoo! seems to never agree with ... Yahoo! Let's see what Yahoo! said about Yahoo!

1996, Dec.
Yahoo! Inc. (NASDAQ: YHOO), offers a globally-branded Internet navigational service to information and entertainment on the Web. As the first online guide to the Web, Yahoo! is one of the most visible and recognizable names associated with the Internet. Yahoo! provides a context-based directory structure for Internet resources, as well as integrated AltaVista Web-wide search capabilities. The Company is continuing to develop a global family of Yahoo!-branded media properties for targeted geographic areas (Yahoo! Japan, UK, France, Germany, Canada, San Francisco Bay Area, Los Angeles, New York, Chicago, Washington DC, Boston); interests (Yahoo! Internet Life magazine and website and MTV/Yahoo!'s online music guide); and demographic audiences (Yahooligans!, a Web guide for kids and a women's-oriented service with Women's Wire). Yahoo! can be found on the web at www.yahoo.com. Yahoo! Inc. headquarters are in Santa Clara, California.

1997, Dec.
Yahoo! Inc. (NASDAQ:YHOO) is a global Internet media company that offers a network of branded Web programming that serves millions of users daily. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is the single largest guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach, and is one of the most recognized brands associated with the Internet. Yahoo! Inc. provides targeted Internet resources and communications services for a broad range of audiences, based on demographic, key-subject and geographic interests. Yahoo! is headquartered in Santa Clara, Calif.

1998, Dec.
Yahoo! Inc. is a global Internet media company that offers a branded network of comprehensive information, communication and shopping services to millions of users daily. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is a leading guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach, and is one of the most recognized brands associated with the Internet. The company has 15 international Web properties outside the United States. Yahoo! has offices in Europe, the Asia Pacific and Canada and is headquartered in Santa Clara, Calif.

1999, Dec.
Yahoo! Inc. (Nasdaq: YHOO) is a global Internet media company that offers a branded network of media, commerce, and communication services to more than 100 million users worldwide. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is the leading guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach, and is one of the most recognized brands associated with the Internet. The company also provides online business services designed to enhance Yahoo!'s clients' Web services, including audio and video streaming, store hosting and management, and Web site tools and services. The company's global Web network includes 21 World properties. Yahoo! has offices in Europe, the Asia Pacific, Latin America, Canada and the United States, and is headquartered in Santa Clara, Calif.

2000, Dec.
Yahoo! Inc. is a global Internet communications, commerce and media company that offers a comprehensive branded network of services to more than 166 million individuals each month worldwide. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is the leading guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach, and is one of the most recognized brands associated with the Internet. The company also provides online business services designed to enhance the Web presence of Yahoo!'s clients, including audio and video streaming, store hosting and management, and Web site tools and services. The company's global Web network includes 25 local World properties outside the United States. Yahoo! has offices in Europe, the Asia Pacific, Latin America, Canada and the United States, and is headquartered in Santa Clara, Calif.

2001, Dec.
Yahoo! Inc. is a leading global Internet communications, commerce and media company that offers a comprehensive branded network of services to more than 218 million individuals each month worldwide. As the first online navigational guide to the Web, www.yahoo.com is the leading guide in terms of traffic, advertising, household and business user reach. Yahoo! is the No. 1 Internet brand globally and reaches the largest audience worldwide. Through the Yahoo! Enterprise Solutions division, the company also provides online business and enterprise services designed to enhance the productivity and Web presence of Yahoo!'s clients. The company's global Web network includes 24 World properties. Headquartered in Sunnyvale, Yahoo! has offices in Europe, Asia, Latin America, Australia, Canada and the United States.

2002, Nov.
Yahoo! Inc. is a leading provider of comprehensive online products and services to consumers and businesses worldwide. Yahoo! reaches more than 237 million individuals worldwide each month, and is the No. 1 Internet brand globally. Headquartered in Sunnyvale, Calif., Yahoo!'s global network includes 25 World properties and is available in 13 languages.

2002, Dec.
Yahoo! Inc. is a leading provider of comprehensive online products and services to consumers and businesses worldwide and is the No. 1 Internet brand globally. Headquartered in Sunnyvale, Calif., Yahoo!'s global network includes 25 World properties and is available in 13 languages.

2003, Dec. / 2004, Dec.
Yahoo! Inc. is a leading provider of comprehensive online products and services to consumers and businesses worldwide. Yahoo! is the No. 1 Internet brand globally and the most trafficked Internet destination worldwide. Headquartered in Sunnyvale, Calif., Yahoo!'s global network includes 25 world properties and is available in 13 languages.

2005, Dec. / till 2006, Dec. 14
Yahoo! Inc. is a leading global Internet brand and one of the most trafficked Internet destinations worldwide. Yahoo! seeks to provide online products and services essential to users' lives, and offers a full range of tools and marketing solutions for businesses to connect with Internet users around the world. Yahoo! is headquartered in Sunnyvale, California.

2006, Dec. 18 / For the first time in the Yahoo! history appears the word "MISSION":
Yahoo! Inc. is a leading global Internet brand and one of the most trafficked Internet destinations worldwide. Yahoo!'s mission is to connect people to their passions, their communities, and the world's knowledge. Yahoo! is headquartered in Sunnyvale, California.
Ten years after the beginning, Yahoo! is to consider Mission as a strategy, with a long blog post by Jeff Weiner!

Less than a year later, five month after the breaking news, no mission anymore!

2007, Oct. 16

Yahoo! Inc. is a leading global Internet brand and one of the most trafficked Internet destinations worldwide. Yahoo! is focused on powering its communities of users, advertisers, publishers, and developers by creating indispensable experiences built on trust. Yahoo! is headquartered in Sunnyvale, California. For more information, visit pressroom.yahoo.com or the company's blog, Yodel Anecdotal.

2008, Dec. / till 2009, July 7
Yahoo! Inc. is a leading global Internet brand and one of the most trafficked Internet destinations worldwide. Yahoo! is focused on powering its communities of users, advertisers, publishers, and developers by creating indispensable experiences built on trust. Yahoo! is headquartered in Sunnyvale, California. For more information, visit pressroom.yahoo.com.

2009, July 21
Yahoo! Inc. is a leading global consumer brand and one of the most trafficked Internet destinations worldwide. Yahoo! is where millions of people go every day to see what is happening with the people and things that matter to them most. Yahoo! helps marketers reach that audience with its unique and compelling advertiser proposition. Yahoo! is headquartered in Sunnyvale, California. For more information, visit http://pressroom.yahoo.com or the company's blog, Yodel Anecdotal (http://yodel.yahoo.com).

2009, Sept. 22, change again: for the first time in the Yahoo! history appears the word "VISION"!
Yahoo! attracts hundreds of millions of users every month through its innovative technology and engaging content and services, making it one of the most trafficked Internet destinations and a world class online media company. Yahoo!'s vision is to be the center of people's online lives by delivering personally relevant, meaningful Internet experiences. Yahoo! is headquartered in Sunnyvale, California. For more information, visithttp://pressroom.yahoo.com or the company's blog, Yodel Anecdotal (http://yodel.yahoo.com).

2009, Dec. / The Vision first!
Yahoo!'s vision is to be the center of people's online lives by delivering personally relevant, meaningful Internet experiences. Yahoo! attracts hundreds of millions of users every month through its engaging content and services and innovative technology, making it one of the most trafficked Internet destinations and a world-class online media company. Yahoo! is headquartered in Sunnyvale, California. For more information, visitpressroom.yahoo.com or the company's blog, Yodel Anecdotal (yodel.yahoo.com).

2010, Feb. 24 / Another change!
Yahoo! attracts hundreds of millions of users every month through its innovative technology and engaging content and services, making it one of the most trafficked Internet destinations and a world class online media company. Yahoo!'s vision is to be the center of people's online lives by delivering personally relevant, meaningful Internet experiences. Yahoo! is headquartered in Sunnyvale, California. For more information, visithttp://pressroom.yahoo.com or the company's blog, Yodel Anecdotal (http://yodel.yahoo.com).

One year later: 2011, Feb. 23 / Change again!
Yahoo! (NASDAQ:YHOO) is the premier digital media company, creating deeply personal digital experiences that keep more than half a billion people connected to what matters most to them, across devices and around the globe. That's how we deliver your world, your way. And Yahoo!'s unique combination of Science + Art + Scale connects advertisers to the consumers who build their businesses. For more information, visit the pressroom (pressroom.yahoo.com) or the company's blog, Yodel Anecdotal (http://ycorpblog.com/).

Two months later: 2011, April 25 / Yet another change:
Yahoo! (NASDAQ:YHOO) is the premier digital media company, creating deeply personal digital experiences that keep more than half a billion people connected to what matters most to them, across devices and around the globe.

That's how we deliver your world, your way
. And Yahoo!'s unique combination of Science + Art + Scale connects advertisers to the consumers who build their businesses. Yahoo! is headquartered in Sunnyvale, California. For more information, visit the pressroom (pressroom.yahoo.com) or the company's blog, Yodel Anecdotal (http://ycorpblog.com/).

Next to come will be ... the twentieth!

During all these years, they changed more than once a year, but mission was cited only one time, and vision three times (see white arrows):


Just one conclusion, written by David Berkowitz two years ago:
It's hard figuring out exactly what Yahoo's mission is, but it uses the word community on its site a lot...

Facebook also got an evolution of his mission statement, but in case of Yahoo! I can see only a big confusion...

Too much missions & visions just means no mission, no vision at all...

Even if Yahoo! himself doesn't agree with my conclusion:


- “Does Yahoo! have a mission or vision statement?”

- “Yahoo! is the premier digital media company.

Yahoo! creates deeply personal digital experiences that keep more than half a billion people connected to what matters most to them, across devices and around the globe. That's how we deliver your world, your way. And Yahoo!'s unique combination of Science + Art + Scale connects advertisers to the consumers who build their businesses.”
A statement which differs from what we can read on last press releases, or going back in time & space:

- “Does Yahoo! have a mission or vision statement?”

- “Yahoo! Powers and delights our communities of users, advertisers, and publishers, -- all of us united in creating indispensible experiences and fueled by trust.”
Why not, To be the most useful service on Earth?

Indeed, what a mess, Yahoo!


Would it change something if Yahoo buy AOL for his 15th Birthday?



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P.S. It's quite strange - or not? - to read in the Mashable's post by Ben Parr that (a)lmost half of its market value is derived from its 40% stake in Alibaba, the China Internet giant with a market cap of approximately $8 billion.

But why is't so strange? Simply because Alibaba's CEO, Jack Ma, invests most of his time in three areas: vision/ mission/strategy, customers, and employees... (b)y clearly articulating and constantly communicating the vision and mission of the company, he creates the most important foundation in attracting outstanding talent:

Probably Jack Ma should run Yahoo!...

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