mercredi 13 février 2008

Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...

Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...

À lire également :
* * *
  1. News Corp.
  2. AOL
  3. Google
  4. Bataille de procuration (proxy contest, proxy battle, proxy fight)
  5. Pilule empoisonnée (poison pill)
Depuis le refus opposé par Yahoo! à l'offre de Microsoft, les annonces et les articles se succèdent pour essayer de comprendre et d'analyser ce que seront les prochaines décisions stratégiques de Yahoo!

Aujourd'hui même, Jerry Yang a envoyé une lettre aux actionnaires pour préciser les motivations du refus, dont le contenu calque très exactement ce billet sur les actifs de Yahoo!

Voici donc un petit glossaire reprenant les différents acteurs impliqués et quelques concepts clés.
  • News Corp. : dernier arrivé dans la course, selon Techcrunch, le groupe de Rupert Murdoch pourrait scinder Fox Interactive Media (MySpace, IGN, Scout Media, Photobucket, Fox Sports, AmericanIdol.com, Flektor, Ksolo, etc.) pour le fusionner dans Yahoo en injectant du cash en collaboration avec un fonds d'investissements partenaire pour un montant d'environ 15 milliards $. Dans cette opération, Yahoo! serait évalué autour de 50 milliards $...
    Des précisions ici et en anglais, ou en français. [Début]

  • AOL : un partenariat entre Yahoo! et la filiale de Time Warner (également maison mère de DMOZ) a longtemps été envisagé, puis définitivement abandonné. Or il semble bien que les deux sociétés aient de nouveau entamé des négociations pour se rapprocher, même si les analystes penchent plutôt pour de la poudre aux yeux afin de faire monter les prix côté Microsoft. [Début]

  • Google : l'invisible présence de mes billets consacrés à cette affaire (PDF, 100 pages, 2 Mo), qui attend son heure, tapi dans son coin, prêt à bondir. Dans les deux cas ci-dessus, toute la partie recherche et monétisation publicitaire de Yahoo! serait externalisée à Google, qui doit bien sûr préférer ça à une fusion Microsoft-Yahoo!... [Début]

  • Bataille de procuration (proxy contest, proxy battle ou proxy fight) : selon Carine Girard (thèse : Une typologie de l’activisme des actionnaires minoritaires en France), technique américaine (...) « qui consiste à prendre contact individuellement avec les actionnaires afin de les convaincre de leur délivrer des pouvoirs pour voter aux assemblées en faveur de tel ou tel candidat au Conseil d’administration, ou pour tel ou tel projet de résolution. »
    L'idée pour Microsoft, ce serait bien sûr d'acquérir un poids significatif au sein du Conseil d'administration pour pouvoir peser sur ses décisions. Même si la société de Ballmer ne le fait pas encore ouvertement, il semble qu'elle ait déjà commencé à collecter des actions de Yahoo!, y compris avec l'aide de quelques dissidents...

    [MàJ - 15 février 2008] Des mouvements sur plus de 300 millions d'actions en une semaine, près d'un quart du capital de Yahoo!, serait-ce le signe d'un dénouement proche ? En tout cas, si Microsoft finit par contrôler, directement ou indirectement, une part importante de ces actions, à savoir plus que le seuil de 15% du capital, Yahoo! pourrait alors faire jouer sa clause « Poison Pill »... [Début]

  • Pilule empoisonnée (poison pill) : clause statutaire généralement destinée à empêcher une offre publique d'achat (OPA), adoptée en mars 2001 dans le cas de Yahoo!, qui permet à la société de prendre des contre-mesures au cas où plus de 15% des parts seraient réunies en une seule main sans l'accord du Conseil d'administration. Or comme on l'a vu, Microsoft ne devrait pas être loin, si ce n'est chose faite...

    Parmi les contre-mesures à disposition de Yahoo! :
    • les actionnaires auraient le droit d'acheter des actions privilégiées à 250$ l'une, qui pourraient être échangées ensuite contre 500$ de valeur nominale en actions ordinaires ;
    • la société pourrait également émettre jusqu'à 10 millions d'actions privilégiées à n'importe quel prix...
    Cependant, cela aurait un impact fortement négatif chez les actionnaires actuels, vu que leur portefeuille s'en trouverait considérablement dilué... [Début]
Voilà pour ce bref tour d'horizon. L'analyse la plus fréquente que l'on peut lire Outre-Atlantique, c'est que les négociations - réelles ou fictives - de Yahoo! n'ont qu'un but : faire monter l'offre de Microsoft, auquel cas le deal pourrait rapidement aboutir.

Même si selon le scoop de Techcrunch sur News Corp., en donnant pour acquis que l'info est vraie, la finalisation d'une telle alternative pourrait bien changer la donne.

En attendant, reste à savoir si et de combien Microsoft serait disposé à relever le prix ! Avec à l'heure actuelle un capital constitué de 1 336 444 000 actions ordinaires, chaque fois que l’offre augmente de 1 $, ça signifie automatiquement 1 336 444 000 $ de plus à débourser...


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mardi 12 février 2008

Microsoft - Yahoo! sur Twitter et ... Adscriptor

Microsoft - Yahoo! sur Twitter et ... Adscriptor

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo, et Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...)

Je viens de découvrir Twittermeter (via MaestroAlberto) qui permet de tracer le graphique des occurrences d'un ou de plusieurs termes sur le flux public de Twitter.

Voici ce que ça donne pour le "couple" Microsoft-Yahoo! avec un pic évident le 31 janvier, jour de l'annonce de l'OPA (ce jour-là Yahoo! revient 3560 fois dans les conversations publiques sur Twitter, et Microsoft 2425 fois).


Le graphique remonte jusqu'en novembre 2007.

En revanche, à ce jour, le "couple" Microsoft-Yahoo! sur Adscriptor donne ... un PDF de 100 pages (2 Mo) !

Liste des billets ici et .

À comparer avec l'article le plus pertinent actuellement indexé sur Wikio, ce que j'ai appelé en son temps l'asymétrie de crédibilité dans l'information...


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lundi 11 février 2008

Microsoft - Yahoo! : la fin de Yahoo!

Microsoft - Yahoo! : la fin de Yahoo!

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo, et Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...)

C'est mon quatrième billet sur Yahoo! aujourd'hui, mais le moment est historique et à mon avis le sujet vaut plus qu'une brève chez Techcrunch !

Yang a beau vouloir mobiliser ses troupes, ce qui se passe ressemble fort à une débandade, et je serais curieux de voir comment il va arrêter l'hémorragie.

Donc, je vous ai dit que certains actionnaires contestaient l'autorité morale du Conseil d'administration de Yahoo! et souhaitaient vendre leurs actions.

Par ailleurs plus de 70% des actions de Yahoo! sont détenus par des investisseurs externes, dont des zinzins et des hedge funds.

Dont l'un, Capital Research, était en pourparlers avec Microsoft...

Et bien c'est fait, ils viennent de transférer la propriété de 11,6% des 1 336 444 000 actions ordinaires de Yahoo!, soit 85 106 000 actions (6,4%) pour Capital Research Global Investors, et 69 647 000 actions (5,2%) pour Capital World Investors, dont probablement (je ne suis pas particulièrement compétent dans ce genre de documents) 54 millions d'actions auxquelles est rattaché un droit de vote au Conseil d'administration.

Les documents ne disent pas qui est (sont) le(s) destinataire(s), mais juste que Capital Research and Management Company (CRMC) (the reporting person) « has ceased to be the beneficial owner of more than five percent of the class of securities »...

Toutefois, on pourrait peut-être avancer un nom sans grand risque de se tromper...

Microsoft, par exemple. Qui avait averti depuis le début :
Microsoft se réserve le droit d'entreprendre toutes les actions nécessaires afin de garantir aux actionnaires de Yahoo! qu'ils pourront saisir l'opportunité de notre offre pour réaliser la valeur de leurs actions.

Microsoft reserves the right to pursue all necessary steps to ensure that Yahoo's shareholders are provided with the opportunity to realize the value inherent in our proposal.
La réponse officielle au refus de Yahoo! répète d'ailleurs ce passage, mot pour mot :
The Yahoo! response does not change our belief in the strategic and financial merits of our proposal. As we have said previously, Microsoft reserves the right to pursue all necessary steps to ensure that Yahoo!’s shareholders are provided with the opportunity to realize the value inherent in our proposal.
En ajoutant simplement : « La réponse de Yahoo! ne modifie en rien notre conviction sur les mérites stratégiques et financiers de notre offre ».

Donc c'est bien parti pour que Microsoft bypasse le Conseil d'administration de Yahoo! et que la société change de main avec ou sans la volonté de Jerry Yang & Co.

À mon avis une grosse erreur stratégique de la part de Yang, qui va finir par obtenir ce qu'il affirme vouloir éviter : l'éparpillement - et la fin - de sa société...


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P.S. Devinette du jour : qui est-ce qui détient le nom de domaine Microsoft-Yahoo.com  ?

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Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang liste les actifs de Yahoo!

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo, et Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...)

Dans une note adressée à ses employés pour expliquer la décision stratégique de refuser l'offre de Microsoft, Jerry Yang dresse l'inventaire des actifs de Yahoo! Or qui mieux que lui pouvait le faire.

Il est donc intéressant de reprendre les différents points qu'il souligne dans sa note. Je résume et j'adapte.
Avec un marché mondial de la publicité en ligne évalué à 75 milliards de dollars en 2010 (vs. 45 milliards $ en 2007, dont plus de la moitié aux États-Unis, supérieur à de précédentes prévisions), Yahoo! a toutes les cartes en main pour profiter de cette "fenêtre de croissance" et se positionner comme passage obligé sur un double axe :
  1. starting point pour les utilisateurs
  2. must buy pour les annonceurs
Tout en augmentant ses parts de marché et en créant de la valeur pour ses actionnaires, il va sans dire.

Yahoo!, qui compte environ 500 millions d'utilisateurs (environ 1 internaute sur 2 dans le monde, selon Yang), est numéro 1 aux États-Unis dans :
  • les pages d'accueil personnalisées
  • le courriel
  • la musique
  • les actus
  • le sport
  • le shopping
  • les voyages
C'est également sur les "propriétés" de Yahoo! que les internautes passent en moyenne le plus de temps, une donnée toujours plus prisés par les annonceurs.

En outre, la trésorerie de l'entreprise se porte bien, avec une croissance à deux chiffres prévue en 2009, d'où la flexibilité financière nécessaire pour mener à bien les plans de développement de la société.

Passons sur chapitre Panama... Viennent enfin les deux chevaux de bataille :


1. Yahoo! starting point pour les utilisateurs

Yahoo! comme point de départ sur Internet, cela signifie accroître le nombre de visites d'environ 15% par an au cours des prochaines années.

Yahoo! est d'ores et déjà le site le plus visité aux États-Unis, avec en 2007 un taux de progression à deux chiffres sur sa page d'accueil. L'essor de la plateforme ouverte devrait permettre d'accélérer sensiblement cette croissance.

Côté téléphonie mobile, qui devient le principal point d'accès à Internet dans le monde (avec deux fois plus d'utilisateurs mobiles que d'utilisateurs de PC et des projections de croissance substantielle dans la publicité pour mobiles), Yahoo! a un avantage concurrentiel important (première destination des téléphonautes aux U.S.) et s'apprête à renforcer cet atout en développant une meilleure expérience utilisateur dans ce domaine.

2. Yahoo! must buy pour les annonceurs

Nous développons une plateforme publicitaire de plus en plus efficace et facile à utiliser pour les annonceurs, pour leur permettre de mieux toucher les consommateurs. Également grâce à une simplification des transactions sur notre inventaire d'annonces pour les acheteurs et les vendeurs. (je passe sur les acquisitions...)
Notre objectif est d'accroître nos parts de marché sur la publicité en ligne, pour passer d'environ 15% en 2007 à 20% au cours des prochaines années.

Notre consortium de presse est un excellent exemple de cette stratégie, puisque nous sommes passés à plus de 600 journaux partenaires, contre tout juste 264 il y a sept mois seulement. En association avec ebay, comcast, at & t et d'autres, nous créons ainsi un réseau unique de sites de premier plan à l'intention de nos annonceurs.

Nous allons en outre renforcer nos stratégies clés avec l'adoption de plateformes ouvertes aux développeurs tiers, afin d'encourager le développement d'applications nouvelles pour une expérience utilisateur toujours plus riche.

Sans oublier tout le potentiel de nos investissements en Asie, avec Alibaba qui est fortement positionné en Chine, et Yahoo! Japon, leader sur son marché, avec un potentiel de croissance énorme dans la région.

Nous avons donc beaucoup progressé en peu de temps...

J'espère donc que vous serez aussi fiers de Yahoo! que je le suis, une société que nous avons bâtie et que nous bâtirons encore. Merci pour votre travail acharné.
Dommage que tout le monde ne soit pas d'accord. Sans compter ceux qui s'en foutent complètement...


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Microsoft - Yahoo! : NON !

Microsoft - Yahoo! : NON !

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo, et Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...)

Voilà, préparez-vous, ça va chauffer ! Et vous n'avez pas fini d'en entendre parler...

C'est officiel ! Yahoo! a rejeté l'offre d'achat de Microsoft, qui sous-évalue "substantiellement" les actifs de l'entreprise...


Actifs mentionnés dans le communiqué de presse :
Après une évaluation approfondie, le Bureau est d'avis que la proposition de Microsoft sous-estime considérablement l'entreprise, y compris notre marque et notre audience mondiales, les gros investissements récemment opérés dans notre plateforme de publicité, les perspectives de croissance, la trésorerie disponible et les bénéfices potentiels, ainsi les retours substantiels sur des investissements qui ne sont pas encore consolidés (tels qu'Alibaba et Yahoo! Japan.
Avant de répéter sur le fond ce que Yang disait déjà il y a cinq jours :
Le Conseil d'administration étudie un large éventail d'alternatives stratégiques, dans un contexte complexe et en pleine évolution. Nous avons également fait appel à des consultants de premier plan pour nous accompagner dans ce processus.
Le tout en vue d'entreprendre des initiatives visant à « maximiser la valeur pour les actionnaires », c'est évident.

Consultants mentionnés :
  • Goldman, Sachs & Co., Lehman Brothers and Moelis & Company pour le volet financier ;
  • Skadden, Arps, Slate, Meagher & Flom LLP pour le volet juridique ;
  • Munger Tolles & Olson LLP pour les directeurs de Yahoo! non membres du Conseil d'administration.
Sur l'aspect juridique, voir également ce billet.

* * *
Mes articles sur l'affaire Microsoft - Yahoo! (du plus récent au plus "ancien") :
  1. Microsoft - Yahoo! : la fin de Yahoo!
  2. Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang liste les actifs de Yahoo!
  3. Microsoft - Yahoo! : NON !
  4. Microsoft - Yahoo! : les dissidents s'organisent... ;
  5. Google, Yahoo!, Microsoft redessinent la carte du Web... ;
  6. Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang prend son temps ! ;
  7. Microsoft - Yahoo! : l'OPA hostile ;
  8. Microsoft - Yahoo!, mon analyse ;
  9. Microsoft veut Yahoo !
Ce dernier reprenant la liste de neuf autres billets consacrés à la fusion Microsoft - Yahoo! depuis ... mai 2006 !

Bonne lecture...


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Microsoft - Yahoo! : les dissidents s'organisent...

Microsoft - Yahoo! : les dissidents s'organisent...

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo, et Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...)

... et Microsoft se prépare (tout en continuant ses emplettes...) !

Avant même que Yahoo! ait officiellement exprimé son refus (c'est fait !) sur l'offre de Microsoft, les premiers signes de résistance commencent à se faire fortement entendre, notamment par la voix d'Eric Jackson, bien connu du Conseil d'administration de Yahoo! pour leur avoir dit leur quatre vérités à plusieurs reprises...

J'apprends d'ailleurs que le première offre de Microsoft prévoyait une action à 35$, ramenés à 31$ suite à l'énième publication de résultats décevants par Yahoo!

Je vous traduis en partie son dernier opus (c'est moi qui souligne) : les actionnaires de Yahoo! veulent vendre...
Yahoo! est une excellente entreprise et une grande marque. L'année dernière, lorsque nous avons formé notre base d'actionnaires, nous préconisions une intervention rapide pour que l'entreprise puisse rester forte et indépendante. Or, bien que certains changements aient eu lieu depuis, notamment avec l'arrivée en juin dernier de Jerry Yang comme CEO, cela n'a pas suffi. Au fur et à mesure que Wall Street a perdu confiance en Yahoo, vu le manque de résultats et l'absence d'orientation stratégique, l'action a chuté en deçà de 20$. Or maintenant que Microsoft fait une offre à 31 $, le Conseil d'administration a délibéré de la rejeter, au motif qu'elle sous-évalue "massivement" la société. Le Conseil pense Yahoo! ferait mieux de faire cavalier en refusant l'offre - même au risque que le cours dégringole au-dessous de 17 $ ou davantage.

Nous pensons que le Conseil d'administration de Yahoo! n'a pas l'autorité morale pour représenter le point de vue de ses actionnaires dans les discussions avec Microsoft ou avec toute autre société qui voudrait acheter Yahoo! Lors de l'assemblée annuelle en juin dernier, tous les membres du Conseil se sont trouvés confrontés à une opposition "historique" de la part des actionnaires, avec un nombre significatif de voix "contre" : 36% des voix exprimées étaient contre la réélection de l'actuel Président du Conseil d'administration. Or aujourd'hui, à l'exception de Terry Semel, tous les membres du Conseil sont encore en place.

Nous croyons qu'il y a mieux à faire pour représenter nos propres intérêts en tant qu'actionnaires que de faire confiance à l'actuel Conseil d'administration de Yahoo! Nous n'avons aucune envie de voir Yahoo! continuer de façon autonome avec l'équipe en place. Ce serait là le meilleur moyen pour faire descendre l'action en dessous du seuil de 17 $.

Par conséquent, nous allons constituer un groupe pour vendre nos actions Yahoo! au plus offrant. Il y a actuellement sur la table une offre de Microsoft pour 29 $ (valeur actuelle de l'action Microsoft). Nous considérons cela comme un prix plancher. Nous allons mettre nos actions aux enchères, soit à Microsoft soit à tout autre intervenant (par exemple, AT & T, NBC, News Corp, Comcast, etc.) capable de faire la meilleure offre.

Si nous restons isolés et sans droits de vote (que ce soit comme actionnaire individuel possédant une seule action ou comme investisseur institutionnel en possédant des milliers), nous sommes sans aucun pouvoir de contrôle sur la façon dont le Conseil de Yahoo! pourrait obtenir le meilleur résultat possible à notre avantage. Unis, nous pouvons contrôler notre destin.

Si vous acceptez, vous pouvez nantir les actions Yahoo! que vous possédez en faveur du Groupe "Yahoo! Plan B", afin que nous puissions négocier leur valeur au plus haut. Il s'agit d'un nantissement informel (aucun document légal à signer), mais vous devez garantir que vous êtes bien les détenteurs des actions que vous affirmez posséder et être prêts à ce que l'on vous contacte pour vérifier. Moi ou quelqu'un d'autre au nom du Groupe "Yahoo! Plan B" vous contacterons plus tard pour vous informer du meilleur prix que nous pouvons négocier avec un acheteur.
Le tout accompagné d'un widget pouvant être installé sur un site, un blog, etc. (j'observe en passant que c'est là une utilisation très insolite et innovante d'un widget...)


Toutes les conditions de la viralité sont réunies... Si vous préférez écouter son message :



Billet connexe : Microsoft - Yahoo! : la fin de Yahoo!


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dimanche 10 février 2008

Google, Yahoo, Microsoft redessinent la carte du Web

Google, Yahoo!, Microsoft redessinent la carte du Web...

(cf. Dossier Adscriptor sur Microsoft-Yahoo! en un PDF, 100 pages, 2Mo)

[MàJ - 11-02-08] Comme alternative à l'OPA, Yahoo tenterait de fusionner avec AOL...

Voir également : Microsoft - Yahoo! : petit glossaire pour mieux comprendre ce qui se passe...

Google, Yahoo, Microsoft - GYM pour quelques temps encore - sont en train de redessiner la carte du Web sous nos yeux. À l'heure actuelle, la situation ressemble à peu près à ça :


Via François Goube.

Or même si l'info du Wall Street Journal (vieille histoire...), reprise en boucle ce week-end un peu partout dans le monde, donne à penser que Yahoo voudrait refuser l'offre de Microsoft, je doute fortement que Jerry Yang ait les moyens de ses ambitions.

Car comme le souligne justement Paul Kedrosky, Yahoo est une société cotée où plus de 70% du capital est détenu par des zinzins (les compères Yang et Filo n'en détenant qu'environ 10%), dont une bonne part sont des hedge funds, qui ne sont pas à proprement parler des altruistes intéressés par l'indépendance de la société, par sa culture d'entreprise et autres considérations émotionnelles. Business is business, money is money...

Et de l'argent, ils en perdent depuis trop longtemps avec Yahoo! Donc Yang a beau vouloir donner l'impression qu'il souhaite prendre son temps, le voilà au pied du mur.

Ce qu'exprime le Financial Times sans ambiguïté :
The internet company’s performance under Terry Semel, and now Jerry Yang, had eroded investor confidence so deeply that the shares fell to levels not seen since 2003.
Par conséquent, plus qu'un refus, j'ai l'impression que le baroud d'honneur du conseil d'administration de Yahoo n'a d'autre but que de presser le citron jusqu'à la dernière goutte (toute ressemblance avec des presse-agrumes existants serait purement fortuite), en espérant juste que Ballmer & Co. ne leur claque pas la porte au nez (money, au nez, ça rime, encore mon côté poète qui ressort, chassez le naturel, il revient au galop) et que le marché suive, ce qui est loin d'être acquis d'avance.

En attendant, Ballmer fourbit ses armes et la résistance s'organise par la voix d'Eric Jackson, qui prépare un "plan B" : faire bloc en rassemblant un maximum d'actions auprès d'actionnaires voulant vendre... Il en aurait déjà collecté plus de 2 millions et a même développé un widget ad hoc...


Ceci dit, même en admettant que Microsoft augmente son offre et que l'opération se fasse sur la base d'une fourchette de 35-38$ par action, l'acquisition n'est qu'une première étape, le plus dur reste à suivre...

Et si l'acquisition se transforme en utopique fusion dans les faits, sans véritable intégration de services-produits gagnants sous une nouvelle marque capable d'emporter l'enthousiasme des utilisateurs autour d'une offre unitaire, cohérente plutôt que pléthorique, qualitative plutôt que quantitative (où les duplications ne se comptent plus tellement elles sont nombreuses...), alors le seul vainqueur de cette triste histoire sera ... Google !

Suffira-t-il à Ballmer d'y croire ?
Quels sont les enjeux ? Nous avons chez Yahoo un peu plus de 13 000 personnes qui ont leurs propres objectifs, leurs ambitions, leurs désirs et leurs attentes, leurs logiciels et tout ce que vous voulez, auxquels nous devons ajouter nos propres objectifs, nos désirs et nos ambitions, ce qu'on définit généralement par "processus d'intégration". Si nous le faisons bien... ce sera une très bonne chose pour nos clients, nos actionnaires, etc., et si nous le faisons mal, alors il aurait mieux valu que nous ne tentions pas cette acquisition ; donc mener cette intégration à bien fait partie de nos priorités majeures, et nous ferons ce qu'il faut pour y parvenir - à condition bien sûr que Yahoo accepte notre offre, qui n'est pas encore le cas...

What are the challenges? There's a group of 13,000-plus people who work at Yahoo, and they have their goals and their ambitions and their desires and their thoughts and their software and their everything else, and we have to kind of mate up their goals, desires and ambitions with the goals, desires and ambitions of people here, and that's generally referred to as the integration process. If we do that well ... that will be a very good thing for customers, our shareholders, etc., and if we do that poorly, we probably shouldn't have tried this acquisition, so really doing that well is a high priority, and we're really focused in on it -- assuming that Yahoo accepts our bid, which has yet to happen.
Car au final, plutôt que d'avoir un duopole (Microsoft aurait beau être second, selon ses ambitions déclarées, il y a des deuxièmes qui comptent et d'autres non), une mauvaise intégration donnerait carte blanche au monopole de Google, dont l'hégémonie deviendrait de plus en plus impossible difficile à détrôner.

Avec à l'avenir un paysage qui pourrait ressembler à ça...



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