mercredi 15 octobre 2008

Blog Action Day 2008 : psychobourse et pauvreté

Blog Action Day 2008 : psychobourse et pauvreté

Une journée d'action des blogs contre la pauvreté. Je ne sais trop quoi dire, mais j'ai été frappé de lire ce billet intitulé Les vrais gens, par Jacques Attali, et notamment ce passage :
...on trouvera toujours aisément de l’argent par l’impôt, c'est-à-dire par les revenus des vrais gens, pour financer les pertes des institutions.
Mais, pour les autres sujets sérieux, (comme la faim, la pauvreté, le climat, la déforestation), rien. Et pourtant, cette semaine, un rapport de la commission européenne rappelle que l’économie du monde perd chaque année plus de richesses par la déforestation, (soit entre 2 et 5000 milliards de dollars), que par la crise financière. Et alors qu’on vient de trouver en un mois au moins 4000 milliards de dollars dans le monde pour les banques, il n’a jamais été possible d’en dégager seulement 20 pour lutter efficacement contre la faim dans le monde ou pour sauver la forêt brésilienne ou pour généraliser le microcrédit aux 600 millions de familles qui en ont besoin.
Les chiffres annoncés font froid dans le dos. Lisez-les et relisez-les bien.

Pendant ce temps, dans les enceintes boursières mondiales, le psychodrame - ou la tragicomédie, au choix - continue :


En clair, lorsque nos gouvernants font payer les vrais gens, les spéculateurs continuent de jouer au yoyo. De toute façon, tant les gouvernants que les spéculateurs s'en foutent : c'est pas leur argent !

« Socialiser les pertes, privatiser les bénéfices », telle est leur devise...

Tiens, ça me rappelle l'histoire du pessimiste et de l'optimiste :
Le pessimiste : - là on touche le fond, je crois difficilement qu'on pourra faire pire.
L'optimiste : - mais si, mais si
Sources de ma réflexion : Liens connexes : Il y en a beaucoup d'autres, mais j'en ai surtout trouvé en anglais, très peu en français. Allez savoir pourquoi ! Serait-ce toujours notre fameuse exception culturelle ?


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mardi 14 octobre 2008

Quand les journalistes n'écriront plus d'articles...


Réflexion inspirée de ce billet de Jeff Jarvis, dans lequel son intuition est que, désormais, l'article journalistique traditionnel n'est plus la brique servant de base à édifier l'information.

La nouvelle brique est le sujet, l'argument, le "topic", le thème de discussion.

La nouvelle brique, c'est l'actu elle-même, serais-je tenté de dire.

L'article aujourd'hui est inadéquat, trop de répétitions, trop peu d'explications. Or la connaissance n'est pas un processus d'accumulation où la vielle règle des 5W + 2H suffirait pour rendre compte de la complexité des situations.

L'article, et derrière lui le journaliste, ne peut plus prétendre "circonscrire" l'information dans le cadre rigide de son "unité rédactionnelle".

Il doit plutôt se rapprocher du palimptexte qu'est le billet de blog, ouvert à suffisance pour fournir toujours « davantage d'infos, davantage de connaissances, davantage de liens », etc.

Chaque article doit devenir un « grain d'information, de pensée ou d'opinion », un atome identifiable par un lien unique et permanent, de sorte qu'en assemblant autant d'atomes qu'il le souhaite, dans le temps et dans l'espace, le lecteur est libre de construire sa propre information.

Je suis d'ailleurs de moins en moins convaincu que l'une des valeurs ajoutées du journalisme soit la hiérarchisation de l'info à l'heure où tous les critères de "classement" explosent et s'éparpillent dans tous les sens (en interprétant "sens" dans ses différentes acceptions...).

Car ma hiérarchisation diffère non seulement de celle du voisin, mais aussi temporellement. Je n'ai pas les mêmes priorités informationnelles aujourd'hui que hier ou demain. Un problème qu'aucune taxonomie ni aucun vocabulaire contrôlé ne pourra jamais hiérarchiser, et encore moins cerner. C'est plutôt affaire de discernement, hic et nunc.

Lire à ce propos l'éclairant billet de Martin sur une logique traditionnelle de publication "bousculée", où « l'offre et la demande ne participent plus à la traditionnelle définition de la communication (qui ? communique quoi ? à qui ?) » :
On voit partout dans la blogosphère et la twittosphère des "émetteurs" qui publient (post) une information sans se soucier d'un "public-cible" (à qui écrit-on?, comment adapter son niveau de langage?, qu'est-ce qui les intéresse ?).

C'est au "destinataire" que revient le problème de discerner (to process) parmi les divers "chunk" d'information possibles ce qui répond à ses besoins.

On publie en premier, on voit ensuite comment traiter l'information: "post before processing".

C'est d'autant plus vrai avec Twitter. Il m'y arrive de (re)publier une information sans nécessairement la valider (j'inscris normalement "non validé"). Et généralement, mon réseau me revient avec la confirmation (où l'infirmation).

Pour les tenants de la communication traditionnelle --les journalistes en particulier, mais aussi tous ceux soucieux d'une communication de qualité-- ce processus a de quoi surprendre.
Dans cette ère nouvelle du one-to-one (ou many-to-many, ou many-to-one, ou one-to-many...), l'information ne se bâtit plus sur un modèle vertical, top-down qui plus est, mais horizontal, transverse, de liaisons (liens).

Par agrégation/associations d'idées, d'infos, de liens, de billets, de vidéos, de pages de résultats de moteurs, de micro-messages, de fils de discussion, de présentations, de documents partagés, etc. En clair : de tout ce qui peut faire sens. Indépendamment du support.

Et pour terminer sur un parallèle, de même qu'un organe de presse commet une erreur évidente et grossière en pensant que "son" site pourrait être assimilable à TOUT le Web, ainsi en va-t-il de l'article, que personne ne peut plus sérieusement considérer aujourd'hui comme un tout, qui ferait le tour de l'info.

L'heure est donc venue pour les journalistes d'écrire des articles - s'ils tiennent à conserver le terme -, qui feront sens plus par leurs connexions avec le reste de l'infosphère que par leur exhaustivité, une utopie à jamais révolue.

Dans l'infosphère, l'info n'a plus de centre.


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dimanche 12 octobre 2008

50, billet dominical

50, billet dominical

- The 50 most significant moments of Internet history

Via Émilie

- 50 marques en 50 ans

Cinquantième anniversaire de la Marketing Society.

- Nasa : 50 ans de conquête spatiale

Un dossier complet sur Futura Sciences.

- Le CELSA : 50 ans de communication, et après ?

Une question particulièrement d'actualité à l'heure des états généraux de la presse...

- 50 People, One Question

Fifty People, One Question: Restored from Benjamin Reece on Vimeo

La question : que voudriez-vous qu'il arrive, aujourd'hui ?

- An IT life after 50: Coping with the employment challenge

Un problème qui me concerne au premier chef...

- La preuve : j'ai eu 50 ans, hier !


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samedi 11 octobre 2008

Ethique des liens


Formidable discours de Jay Rosen, dont j'ai déjà eu l'occasion de traduire un billet, qui explique en quoi les liens sont consubstantiels au Web, et que le fait de lier n'a absolument rien à voir avec les droits d'auteur ou la propriété intellectuelle.

Et s'il est vrai qu'outre Atlantique 95% des journaux ont des blogs, alors chez nous chaque rédaction devrait retranscrire ce discours, le traduire, l'analyser et le discuter en mettant tous leurs journalistes / éditeurs / rédacteurs autour de la table. Ne serait-ce que pour avoir une idée de ce à quoi pourrait ressembler un journalisme de liens...

Beaucoup de choses m'ont frappé, mais surtout celle-ci : en 1996, lorsque le Washington Post a mis en place son premier site, l'une des règles était de retenir l'utilisateur captif, l'idée sous-jacente étant qu'il pouvait TOUT trouver sur le site, donc à quoi bon l'envoyer ailleurs :
- don't send people away from your domain
- don't link out from the Washington Post to the rest of the Web
- why would we send you anywhere else ?
Jay Rosen concluant avec un sourire qu'en suivant cette logique cela revenait à dire que le site du Washington Post était TOUT le Web !

On voit bien là l'absurdité du raisonnement des journaux qui continuent à se comporter de cette manière.

J'ai déjà eu l'occasion de dénoncer cette pratique, aussi mauvaise que courante, de l'autoréférentialité à 100% de la presse dans Pourquoi je lie encore les journaux en ligne..., mais je conseille vivement à celles et ceux qui comprennent l'anglais d'écouter ce discours :



Toute la seconde partie sur les blogueurs mériterait un billet à part entière. Je le ferai sûrement un jour ou l'autre.

L'idée étant qu'un blogueur doit toujours en donner plus à son lectorat que ce à quoi celui-ci pourrait s'attendre en venant sur le blog : davantage d'infos, davantage de connaissances, davantage de liens, etc.

En un mot, éduquer mieux et plus que ce qu'on pourrait imaginer en cliquant sur un lien. Essayez juste avec celui-ci, pour voir (vidéo ici)...

Une leçon magistrale pour les blogueurs et ... les journalistes ! Qui auraient également grand profit à lire les billets de Média Chroniques et de ses contributeurs.

Avec en toile de fond cette question lancinante : Qu'attendre des États généraux de la presse ?


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jeudi 9 octobre 2008

Marques, blogs et classements

Marques, blogs et classements

Dans un contexte où les marques doivent et s'attendent à trouver de grandes idées MMM (multimédias, multicanaux et multiplateformes), commençons par cette citation de Shelly Lazarus (numéro 1 d'Ogilvy) :
Non seulement les clients sont ouverts, mais ils ont soif de découvrir tous les possibles. Pour un peu, ils sont déçus si vous leur soumettez un plan média semblable à ce qu'ils auraient pu voir deux ans auparavant. Ils veulent des idées neuves. Ils veulent savoir comment se comporter avec la blogosphère.

(There's not just an openness, but a hunger to see what's possible. There's almost disappointment when you bring a client a media plan that looks like something they would have seen two years ago. They want new ideas. They want to know how to deal with the blogosphere.)
Des idées neuves, et savoir comment se comporter avec la blogosphère : LA blogosphère.

Mondiale, celle qui englobe toutes les blogosphères, linguistiques et sectorielles. Les marques sont mondiales. Internet aussi. Et donc même les marques qui n'étaient pas mondiales avant Internet le deviennent forcément sur le Web. Restent les barrières linguistiques et culturelles, qui s'estompent chaque jour un peu plus...

Ainsi les marques sont fortement intéressées par le phénomène des réseaux sociaux, même si elles n'ont pas encore trouvé la clé pour transformer ces plateformes en "vecteurs commerciaux".

Ce n'est d'ailleurs pas de leur faute, car en fait les utilisateurs de Facebook, MySpace & Co. ne cliquent pratiquement jamais sur les pubs. Ou si peu. D'où l'apparition des widgets...

Mais comme tout nouveau support, ça demande du temps pour être apprivoisé. Ça exige que les marques soient à l'écoute, qu'elles prennent les bonnes décisions au bon moment, etc. Or la plupart du temps elles fonctionnent sur un mode de raisonnement 1.0, c'est-à-dire avec une bonne génération de retard, quand ce n'est pas plusieurs... Voir à titre d'exemple l'incroyable gâchis de Scrabulous, où Mattel et Hasbro ont littéralement cassé une dynamique qu'elles ne pourront plus - ni ne sauront plus - recréer. Une opportunité unique ... à jamais perdue !

Donc les marques aussi, et surtout, devraient apprendre à s'optimiser pour les médias sociaux, et bien au-delà à co-brander leurs contenus avec les acteurs - blogs, sites, réseaux sociaux, forums, etc. - en place (sans toutefois prétendre une illusoire exclusivité : aucun blogueur ne s'attachera jamais à une marque sous peine de perdre son identité). C'est-à-dire avec les acteurs qui touchent déjà LEUR public. Le public des marques, j'entends.

Mais pour co-brander du contenu, encore faut-il le faire finement ! Foin de bourrinage, c'est l'intelligence qui doit parler.

Je ne veux pas dire par là que la moyenne des internautes est moins con que la moyenne des non-internautes, je veux dire par là que si l'interactivité trouve sur Internet son environnement naturel, alors les marques doivent d'abord tenir compte de cette interaction. Et y jouer une part active (ou pro-active, puisque c'est à la mode). Ce qui suppose :
  1. qu'elles soient actives sur Internet : être actif, ça veut dire être présent, être à l'écoute, être curieux de tout, dialoguer, affronter la critique plutôt que de la fuir en se mettant la tête dans le sable comme si elle n'existait pas, participer, s'impliquer, s'informer, agir, réagir, interagir, etc. Voir ici, quelques premiers pas.
  2. pour que cette présence se transforme en visibilité, il faut donc dépasser le développement du seul site institutionnel pour s'engager dans les dialectiques à l'œuvre sur le Web. Exemple.
  3. enfin, pour que cette visibilité s'épanouisse en notoriété, il faut moduler une redondance des messages et des initiatives, conjuguée à leur fréquence et leur couverture, culturelle, sectorielle et linguistique.
Un cycle en trois étapes (écouter, participer, contribuer) fort bien expliqué ici et représenté sur le graphique suivant :


Mais reprenons l'exemple frappant d'HP et ses 31 jours du Dragon. Et imaginons qu'ils ne déclinent plus cette campagne uniquement aux États-Unis, mais dans le monde entier. En lançant simultanément l'opération dans toutes les blogosphères. C'est-à-dire en touchant les internautes de toutes les langues et tous les pays. Ce n'est plus de 10% qu'augmenteraient leurs ventes globales, mais de 20, 30 et plus.

En outre, pour un prix modique si on compare le coût des portables au budget publicitaire "monde" de ces colosses. Si vous calculez sur l'exemple des 31 portables, vendus de 4 à 5 000 $ pièce, quel est le prix de revient à l'unité pour HP ? 1 000$, 2 000$ ?

Faisons une moyenne et disons 1 500$. Imaginons maintenant qu'ils ne contactent pas 31 blogueurs mais 1000 ! Budget : 1 500 000$. Imaginons également qu'ils pensent aussi à rémunérer les blogueurs. Pourquoi pas, après tout ?!

Multiplions le budget par 2 (1 portable pour le blogueur, 1 portable pour le gagnant du concours) : 3 000 000$.

Ça fait beaucoup d'argent, me direz-vous ! Pour ces marques, pas tant que ça, vous répondrai-je : 3 millions $, c'est le prix d'un spot TV de 30 secondes durant le Super Bowl !

Or si vous me permettez, en termes d'impact, les résultats d'une campagne planétaire impliquant 1 000 blogueurs sur Internet et ceux d'un spot de 30" diffusé durant le Super Bowl ne seraient en rien comparables...

De cet exemple, premier dans son genre, nous pouvons tirer plusieurs enseignements : Donc impliquer 1 000 blogueurs d'un coup, imaginez le carton ! Et en plus, vous savez quoi ? La première marque qui fera ça, qui osera faire ça, rentrera de plein droit dans l'histoire d'Internet !

Ce qui démultiplierait la portée de son message, de son image. Par conséquent, les marques doivent innover en dépassant le partage traditionnel des revenus publicitaires, et faire preuve de créativité en inventant de nouveaux mix.

Car si tout le monde s'accorde sur le constat qu'il y a déjà, et qu'il y aura toujours plus dans les années à venir, transfert des budgets publicitaires "old economy" vers le Web, les marques sont également conscientes que cela implique d'avoir :
- des spécialistes, évidemment, capables de développer des volets digitaux au sein de campagnes 360°
- des solutions publicitaires crédibles (vidéos cliquables avec du placement produit, etc)
- surtout, d’avoir la possibilité de mesurer les interactions avec les publics de manière qualitative et quantitative – et de manière indiscutable ! C’est ce dont ont besoin les patrons du marketing (et de la communication) pour pouvoir justifier en interne le transfert de budgets vers du concret.
Mesurer les interactions avec les publics de manière qualitative et quantitative – et de manière indiscutable !

D'où - nous y revoilà - la nécessité de disposer de classements de blogs et d'autres indicateurs fiables...

La boucle est bouclée. Enfin, presque. :-)


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mercredi 8 octobre 2008

Linkscape : SEOmoz indexe le Web

Linkscape : SEOmoz indexe le Web !

Voici donc un nouvel acteur qui se propose d'indexer le Web. L'un jette l'éponge, les facteurs de risque l'ayant emporté sur les chances de réussite, un autre relève le défi. Avec une stratégie différente de GYM, Ask & Co. Une stratégie nouvelle. Intelligente, à mon avis. Et un modèle payant, contre l'obtention d'infos à valeur ajoutée.

Ce nouvel index du Web, qui crawle une trentaine de milliards de pages réactualisées chaque mois (fraîcheur de l'index, entre 10 et 50 jours, selon Randfish), se propose d'aider les référenceurs à en savoir plus sur l'essence du Web : les liens. En catégorisant, mesurant, ordonnant et rendant cherchables des listes de liens créées à la demande, selon différents critères choisis par l'utilisateur, pour valoriser ce minerai brut.

Les quelques statistiques fournies ont déjà été reprises par Sébastien, mais surtout, ce qui m'intéresse c'est l'approche initialement retenue au niveau des paramètres d'indexation :
  • préférer la quantité des domaines indexés plutôt que la profondeur d'indexation
  • se concentrer sur le cœur du réseau selon la fameuse théorie du nœud papillon
  • une taille d'index représentant entre 1/3 et 1/5 des ressources indexées par les principaux moteurs
  • une portion de résultats légèrement différents de ceux des autres moteurs, souvent victimes du cloaking
Or pour mieux comprendre cette "philosophie", arrêtons-nous un instant sur cette théorie du nœud papillon, plusieurs fois commentée sur Adscriptor. En reprenant les explications de ma série sur la mise en place de stratégies de liens (on s'y retrouve) :
L’importance des liens a été mise en exergue dans une recherche menée en 2000 par Altavista, Compaq et IBM, d’où il résulte que les sites peuvent être classifiés de la façon suivante :

* le cœur du réseau : environ 30% des sites les plus interconnectés qui se partagent et où convergent un maximum de liens et de trafic ;
* les sites d’origine : environ 20% des sites d’où les internautes sont dirigés vers le cœur du réseau, avec très peu de liens qui pointent en sens inverse ;
* les sites de destination : environ 20% de pages accessibles depuis le cœur mais n’y renvoyant que très peu ;
* les sites déconnectés : environ 30% d’îlots épars n’ayant que peu de liens et générant peu de trafic.

La topographie d’Internet qui s’en dégage a été dénommée la Théorie du nœud papillon :
INTERNET ET LA THÉORIE DU NŒUD PAPILLON


Source : Altavista, Compaq et IBM, 2000
Image © www.linkingmatters.com, 2003

Pour donner un élément de comparaison, l'étude Graph structure in the web, publiée par AltaVista, IBM et Compaq en mai 2000, analysait 200 millions de pages et 1,5 milliard de liens, alors que le graphe des liens selon Linkscape étudie l'architecture de 30 milliards de pages/sites et 200 milliards de liens. Soit, en huit ans, des facteurs respectifs de 150 et 133 !

Donc, ce que nous dit cette approche, c'est que pour l'instant l'indexation va se concentrer en général sur 70% des pages/sites Web (hormis les ressources déconnectées), mais surtout, plus particulièrement sur le cœur du réseau, outre favoriser le nombre plutôt que la profondeur des domaines indexés.

Exemple : si vous prenez le domaine de premier niveau gouv.fr, il est probablement composé de centaines de milliers de pages. Une indexation en profondeur supposerait d'indexer toutes ces pages. Ce que fera Google, à la limite, mais pas Linkscape, qui se contentera vraisemblablement d'indexer l'essentiel, selon des critères propres à l'algorithme.

Ce compromis quali-quantitatif permet cependant à Rand Fishkin d'affirmer que son outil ne passe pas à côté des principales ressources :
it appears that nearly universally, the SEOmoz index contains the more important, well-linked-to pages and sites, so the missing portions in a comparison are unlikely to be popular, valuable resources.
L'important c'est de presser le "link juice" ou, pour mieux dire, en reprenant la terminologie des métriques utilisées par Linkscape, le "domain juice".

De plus, l'outil vous propose non seulement l'analyse quantitative des liens, mais aussi de la distribution de leurs ancres et de leurs attributs (nofollow, Image Link, Same IP Address, Meta NoIndex, Noscript Tag, redirections 301 / 302, etc.). Exemples :


En s'inspirant du lancement de Chrome, une BD est disponible ici.

Des améliorations devraient prochainement être apportées, dont une toolbar livrable avant la fin de l'année, et un projet lié dès le premier trimestre 2009.


Voir également les premières remontées des utilisateurs, c'est instructif.

Voici donc une initiative ambitieuse, innovante, derrière laquelle transparaissent une longue réflexion, beaucoup de travail et une exécution remarquable, à laquelle je souhaite personnellement tous mes vœux de réussite. Bravo à Randfish et à toute l'équipe de SEOmoz !


SEOmoz Linkscape Education - Link Attributes from Scott Willoughby on Vimeo.

Liens connexes (en anglais) :


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mardi 7 octobre 2008

Internet : partage des revenus publicitaires

Internet : partage des revenus publicitaires

L'Interactive Advertising Bureau et PricewaterhouseCoopers (PwC) viennent de publier un rapport sur la pub Internet aux États-Unis pour les six premiers mois de 2008 : 11,5 milliards $ de revenus, soit +15,2% par rapport à la même période de l'année dernière.

Je me suis surtout intéressé au découpage des revenus publicitaires :


De 2007 à 2008, le segment qui connaît la plus forte hausse est la recherche (44%), suivie par les affichages (33%) (bannières, rich media, etc.), tandis que les annonces (14%), la génération de prospects (7%) et le mailing (2%) stagnent.

Voici la progression des différents segments sur le quinquennat 2004-2008 :


Les deux types de monétisation qui se taillent la part du lion sont le CPM et les modèles basés sur la performance :


Deux autres rapports sont également disponibles :
  1. les tendances des dépenses publicitaires cross-media en ligne (Nielsen)
  2. l'état de la vente au détail sur le Web américain (comScore)
Enfin, n'oublions pas un dernier segment que ce rapport ne mentionne pas, mais qui n'en est pas moins actif pour autant : le spam !

Selon Symantec, voici la répartition des secteurs les plus touchés :


Les 17 millions de sites parking et plus jouent d'ailleurs un rôle considérable dans la pollution du Web et le partage des revenus. Mais faute de disposer de statistiques fiables, nous nous contenterons d'imaginer...


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