mercredi 26 septembre 2007

Le dilemme de Microsoft : Facebook ou Yahoo !?

Le dilemme de Microsoft : Facebook ou Yahoo ?

Cornélien ! Facebook ou Yahoo ? Yahoo ou Facebook ?

Dans l'une de mes dernières analyses de GYM (Google, Yahoo, Microsoft), j'insiste sur le fait que décidément Ballmer ne digère pas la troisième place de Redmond sur Internet. Et notamment dans la publicité, ce dont témoignent les dernières initiatives de Microsoft pour contrer Google...

Comme le suggère justement Greg Sterling :
Microsoft needs traffic and reach, and you can bet that it will make some sort of big investment in the next several months or year. The only question is, what will it be?
Oui, Microsoft a absolument besoin d'une couverture et d'une audience plus larges, et vous pouvez parier que la société fera un investissement considérable dans les prochains mois ou dans l'année à venir. La question, c'est de savoir sur qui Microsoft jettera son dévolu : Facebook ou Yahoo! (ou AOL) ?

Voilà plus d'un an que je suis persuadé que Microsoft et Yahoo auraient intérêt à fusionner d'une manière quelconque (je ne parle pas ici des modalités possibles) :
  1. Microsoft pourrait faire l'acquisition de Yahoo ou d'eBay (juin 2006)
  2. Pourquoi Yahoo est-il une proie convoitable par Microsoft ? (novembre 2006)
  3. La fin de GYM se dessine, lentement mais sûrement... (mars 2007)
  4. Microsoft - Yahoo : la machine s'emballe (mai 2007)
Je pense que l'accord serait gagnant-gagnant, tant pour Microsoft que pour Yahoo!, puisque tous deux semblent vraiment avoir perdu le cap sur Internet.

Or lorsqu'il s'agit de navigation, perdre le cap n'est jamais bon... Et, surtout, tous deux semblent pour l'instant incapables de récupérer leur retard, qui ne cesse de se creuser.

Donc, pour l'instant, je conclurai par ces mots de Douglas A. McIntyre :
Microsoft is out of time in terms of getting an internet strategy to work. If not Facebook, why not Yahoo!.
Microsoft a déjà perdu le train pour mettre en place une stratégie qui marche sur Internet. Donc si ce n'est pas Facebook, pourquoi pas Yahoo! ?

[MàJ - 26 sept. 2007] Pour les sceptiques, je signale que l'article du New York Post pris en référence au début de ce billet est signé Peter Lauria, le journaliste qui avait sorti le scoop en mai dernier, avant tout le monde, avant que l'info ne soit reprise à grande échelle et fasse le tour de l'Internet...



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P.S. Rien à voir avec ce qui précède, quoique ! En cas de fusion, les deux sociétés pourraient être amenées à revoir certains éléments de branding...


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mardi 25 septembre 2007

Communication : mon premier contrat !

Ce matin, en lisant mon courrier, j'ai eu l'heureuse suprise de découvrir qu'on me passait commande pour rédiger un publirédactionnel. C'est la première fois depuis mars 2005, date d'inauguration d'Adscriptor. Presque un rêve !

Le donneur d'ordre est le Studio 92 Snc, dont je reproduis ci-après la lettre que m'a envoyée son administrateur, Jean-Marie Le Ray (encore un cas flagrant d'homographie patronymique !) :
Très cher,

Les hasards de l'Internet m'ayant conduit sur votre blog, et notamment sur la dernière phrase de ce billet, d'emblée mon attention a été capturée par la haute tenue de votre écriture Web : un style ébouriffant, un propos pertinent, un raisonnement limpide, on sent le pro !

D'ailleurs c'est gravé au frontispice d'Adscriptor : « Confiez-moi vos idées, je les traduirai en mots. C'est mon métier ! » Quelle cohérence ! Quel souffle !

C'est clair, vous réunissez là les deux plantureuses mamelles du concepteur-rédacteur !

Outre un lectorat si vaste et qualifié que les statistiques du Chauffeur de Buzz font pâle figure à côté des vôtres. ;-)

Or étant moi-même dépourvu de talent littéraire et de verve, je me permets de compter sur vous pour obvier à cette double lacune. D'où ma requête : accepteriez-vous - contre espèces sonnantes et trébuchantes, il va sans dire - de rédiger un article de fond sur ma société ?

En deux mots, Studio92.eu est une société majeure (puisqu'elle va gaillardement vers sa 19ème année) du PIF qui traduit, conseille, optimise, localise et développe moteurs de recherche (comme Google, oui, oui) et glossaires multilingues. Entre autres projets...

Que je vous laisse donc le soin de présenter, vous trouverez ci-jointe la documentation nécessaire.

Votre dévoué,

JML
Dont acte. Le temps d'étudier les documents reçus, et je vous reviens avec un publirédactionnel tout beau tout neuf, qui s'intitulera « Communication : les projets d'avenir du Studio92.eu »...

Stay tuned ! comme on dit dans l'arrière-pays :-)


P.S. Modeste est mon deuxième prénom...

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Microsoft sur tous les fronts : Google, Facebook et al.

Microsoft sur tous les fronts : Google, Facebook et al.

Microsoft et Google
Microsoft et Facebook
Microsoft et al.

Microsoft et Yahoo!

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Microsoft et Google

Dans le sillage des 10 raisons de ne pas utiliser Google Apps, Microsoft a décidé de s'adjoindre les services de Burson-Marsteller (via TomHtml), une société spécialisée dans les actions de lobbying.

B-M aurait ainsi créé pour le compte de Microsoft l'Initiative for Competitive Online Marketplaces, un groupe dont le but est de mener des campagnes contre l'acquisition de DoubleClick par Google.

Selon Nick Mathiason :
The Observer a mis la main sur un email envoyé par un directeur de Burson-Marsteller à plusieurs entreprises UK de premier plan, où il les invite à argumenter contre la domination de Google dans la recherche auprès de politiciens, d'autorités de régulation et de différents médias.

Dans ce courriel, il leur demande d'adhérer à une nouvelle organisation - Initiative for Competitive Online Marketplaces -, qui devrait faire dans les semaines à venir une série d'annonces sur Google, sur le respect de la vie privée sur Internet et sur les droits d'auteur.

L'auteur de l'email, Jonathan Dinkeldein, un des directeurs de B-M, a également admis que la société collaborait avec Microsoft dans le cadre de cette initiative, chose reconnue par un porte-parole de Microsoft, même s'il a décliné que la société exerçait une quelconque action de lobbying pour le compte de Microsoft.

(...)

Les dirigeants contactés par The Observer ont déploré avoir été pris au dépourvu de cette manière. Les courriels comprenaient des articles de journal du Financial Times et The Economist où des managers déclaraient qu'ils étaient préoccupés par les problèmes de violation des droits d'auteur. D'autres ont suggéré qu'en ne révélant pas explicitement qui se cachait derrière Burson-Marsteller, la société ne respectait pas l'esprit du code de conduite qui anime l es entreprises actives dans le lobbying politiques.

(...)

Dinkeldein a déclaré que plus de 30 organisations provenant de 10 pays avaient signé la pétition.
Une démarche qui intervient alors que cette opération et ses implications sont très sérieusement examinées par les autorités régulatrices américaines, européennes et australiennes, et même si Google déclare :
Cet été, nous avons demandé à la Commission européenne d'étudier l'opération d'acquisition proposée. Nous croyons fortement qu'il s'agit d'une opération positive autant pour nous que pour les annonceurs, et qui stimule la concurrence.
ça ne veut pas dire pour autant que l'affaire soit réglée. Autre timide réaction, un bémol en dessous...

Surtout au moment où Google affiche sa volonté de s'affranchir des intermédiaires !

Ceci étant, la méthode choisie par Microsoft, qui utilise déjà la régie de Doubleclick, n'est pas des plus élégantes, j'y reviendrai. Après on se demande pourquoi Redmond ne jouit pas du "capital sympathie"...


Microsoft dépêchera également un de ses dirigeants pour témoigner devant l'US Federal Trade Commission, tout comme témoignera après-demain Scott Cleland, auteur d'un rapport de 35 pages publié en juillet, qui s'intitule « Googleopoly: The Google-DoubleClick Anti-Competitive Case », tout un programme !


Il n'y a pas à dire, la situation est très sensible pour Google, qui n'a pas encore gagné la partie. [Début]

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Microsoft et Facebook

D'un autre côté, toujours dans la guéguerre que se mènent Microsoft et Google, le prochain enjeu semble être Facebook. Évaluée au moins à 10 milliards $, Microsoft envisagerait une participation de 5%. Mais Google, qui semble prendre très au sérieux le phénomène Facebook, va peut-être bien faire monter les enchères ; à suivre...

Pour reprendre la question que pose James Hale : Microsoft a-t-elle les moyens de NE PAS finaliser le deal avec Facebook ? (The real question is: Can Microsoft afford NOT to win a deal with Facebook?)

Facebook a par ailleurs de gros problèmes de sécurité, ce qui pourrait lui valoir une action en justice... [Début]

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Microsoft et al.

Microsoft, enfin, doit également affronter un autre doubleclick double revers !

On dirait que les choses bougent. Vite. Comme toujours sur Internet. [Début]


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Liens connexes :
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samedi 22 septembre 2007

Les secrets de Ferrari sur Internet

Les secrets de Ferrari sur Internet

Ça y est ! Officiellement, depuis hier 17h, l'écurie Ferrari est championne du monde 2007 des constructeurs pour « la quinzième fois, dont sept fois au cours des neuf dernières années ».


Le communiqué officiel poursuit :
Vodafone McLaren Mercedes a décidé de ne pas faire appel de la décision du Conseil Mondial de la FIA, rendue le 13 septembre dernier, et accepte donc sa condamnattion au motif de la violation de l'article 151c du code sportif international.

Ferrari va maintenant concentrer tous ses efforts durant les trois dernièrers courses du championnat, dans l'espoir de remporter également le championnat du monde des pilotes.
Donc, McLaren laisse tomber. La décision du CMSA (Conseil Mondial du Sport Automobile) énonce textuellement  :
Le CMSA a retiré à Vodafone McLaren Mercedes tous ses points constructeurs au Championnat du Monde de Formule Un de la FIA 2007 et l'équipe ne pourra marquer aucun point pour le restant de la saison.

En outre, l'équipe paiera une amende s'élevant à 100 millions de dollars, dont seront déduites les recettes FOM perdues suite au retrait des points.

Toutefois, eu égard aux circonstances exceptionnelles dans lesquelles la FIA a accordé une immunité aux pilotes de l'équipe pour avoir fourni des éléments de preuve, les pilotes conserveront leurs points au classement.

Le CMSA recevra un rapport technique complet sur la voiture McLaren 2008 et prendra une décision lors de sa réunion de décembre 2007 quant à une éventuelle sanction à infliger à l'équipe pour la saison 2008.

L'entière motivation de cette décision sera publiée le 14 septembre 2007.
Effectivement, le 14, le CMSA a publié l'intégralité de sa décision, en ajoutant ces « informations à l'usage des médias (sans valeur réglementaire) » :
Les transcriptions complètes des auditions du 26 juillet et du 13 septembre seront publiées la semaine prochaine sur le site Web de la FIA après que les équipes McLaren et Ferrari auront eu toutes deux la possibilité de masquer toute information technique confidentielle avant la publication.
Ces transcriptions, publiées le 19, sont disponibles ici.

Or si la première version des PDF publiés masquait effectivement les passages jugés "confidentiels" par Ferrari :


le problème est qu'un simple copier-coller suffisait à restituer le texte en version intégrale !


C'est ainsi que toutes les infos "confidentielles" de Ferrari circulent maintenant sur Internet !

Où l'on apprend que le principal secret de Maranello concerne un « double-rear master cylinder with a spring, which initially delayed rear braking, then increased it gradually. »

Phrase que j'aurais tendance à traduire par « un maître-cylindre tandem avec ressort placé à l'arrière qui commence par retarder le freinage arrière avant de l'augmenter progressivement », mais bon, je suis pas particulièrement porté sur la F1 !

L'intégralité du texte masqué ici (sur le site de la RAI !).

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Ceci dit, que la FIA ne culpabilise pas trop, elle a d'illustres précédesseurs dans ce genre de situation grotesque, de Google (oubli des notes d'une version PPT) au Gourvenement américain dans une affaire infiniment plus grave : celle du décès de Nicola Calipari.

Vous n'en avez probablement pas trop entendu parler en France, mais cela a fait énormément de bruit ici et a jeté un grand froid dans les relations diplomatiques, pourtant fort "amicales", entre les États-Unis et l'Italie. Il s'agit du rapport d'enquête de l'armée américaine sur les circonstances de la mort de Nicola Calipari, officier de haut rang des services secrets italiens tué le 4 mars 2005 par des tirs de l'armée américaine, sur la route de l'aéroport de Bagdad, alors qu'il avait été dépêché en Irak par le gouvernement Berlusconi pour négocier la libération d'une journaliste italienne, Giuliana Sgrena, retenue en otage par un groupe armé irakien. Résumé en français.

Or le rapport américain - dont les conclusions avaient été formellement rejetées par un contre-rapport italien - avait été publié sur Internet de la même manière :


Les deux versions, avec et sans surlignage, sont encore disponibles ici.

Et vous savez quoi ? Cette affaire avait été mise à jour par un blogueur !

Décidément, avec Internet, mieux vaut faire attention à ce qu'on publie, et comment !


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mercredi 19 septembre 2007

Skyrock, premier réseau social de France, deuxième d'Europe !

Skyrock, premier réseau social de France, deuxième d'Europe !

Pierre Bellanger, président-fondateur de Skyrock, sur les réseaux sociaux

Les chiffres de comScore sont formels : en juillet, les réseaux sociaux ont totalisé 13 millions 185 mille visiteurs uniques (VU), soit 50% de la population française des internautes, et Skyrock occupe sans conteste la première place avec + 9 millions VU, loin devant le second, Myspace, qui en compte moins de 3 millions.


En Europe, avec une hausse de 22% depuis le début de l'année, Skyrock Network se retrouve entre MySpace et Bebo, talonnés par Facebook qui enregistre quand même une progression de 422% (!) et dépasse 10 millions de VU, sans toutefois réussir à percer en France, où ses parts de marché ne dépassent pas 3% !


Voilà peut-être une bonne raison d'envisager une optimisation pour les médias sociaux... [Début]

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Et puisque j'en parle, j'en profite pour signaler à votre attention cet article de Pierre Bellanger, intitulé « Le réseau social  : avenir des télécoms » (trouvé via Loïc Le Meur).

Car si le président et fondateur du premier réseau social de France (et deuxième d'Europe) s'exprime sur ... les réseaux sociaux, son discours vaut peut-être qu'on s'y arrête, qu'en pensez-vous ?

Voici donc quelques extraits pour nourrir la réflexion.

Sur Internet :
La première étape d'une révolution technologique consiste à employer le nouveau moyen mis à notre disposition pour accomplir ce que l'on faisait déjà. Paradoxalement, le changement est d'abord le support ultime de la continuité. C'est ensuite qu'apparaissent, souvent à la marge, ou issus du public, des usages nouveaux qui expriment la modernité et les possibilités propres de la nouvelle technologie.

L'Internet a d'abord été considéré par beaucoup comme un nouveau moyen de diffusion, simple extension, diversification exotique ou département futuriste des entreprises de presse, de radio, d'édition, de disques ou de cinéma.

C'est ensuite que sont apparues les vraies forces du réseau.

  • L'Internet crée une nouvelle ressource : l'intelligence collective de ses utilisateurs
  • L'Internet crée une nouvelle forme de distribution : le réseau de pairs
  • L'Internet, multiplicateur d'émancipation individuelle
  • Avec Internet le code devient un média
  • Avec Internet la publicité se démassifie
  • Avec Internet la publicité interruptive est remplacée par la publicité intégrée ou périphérique à la source
  • Avec Internet ce qui n'est pas local est mondial

Sur les réseaux sociaux :
Cette vision du réseau social comme prolongement du mail et de l'identité numérique intégrée au réseau social comme centre de gravité de tous les échanges électroniques d'un individu conduit à l'affirmation suivante : le réseau social est l'avenir des télécoms.

Des propos (certes parfois techniques, mais accessibles) qui me rappellent ces mots du sénateur René Trégouët sur la mutation numérique :
Il ne fait aucun doute que cette mutation numérique mondiale va continuer à s’accélérer et va conduire, d’ici 10 ans, à l’émergence d’un monde radicalement nouveau, multidimensionnel, polycentrique et profondément déstabilisant, sur le plan psychologique, culturel et social, pour tous ceux qui n’auront pas pu ou pas voulu s’y préparer. Le grand défi de cette prochaine décennie va donc être de donner un sens social, culturel, cognitif et éthique à cette prodigieuse révolution technologique afin de l’humaniser et de la mettre au service du plus grand nombre...

Les réseaux sociaux sont indubitablement l'une des grandes forces - encore largement méconnues et sous-estimées - de l'Internet. Autant essayer de les mettre de son côté... [Début]



Liens connexes

Skyblogscope : Observation du Phénomène Skyblog
Skyrock.com lance sa V4 : nouvelle orientation communautaire
Mon réseau social c'est mon blog (ce billet n'aborde pas explicitement Skyrock mais élargit le débat sur la question des réseaux sociaux et exprime une réalité dont je me sens très proche)


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lundi 17 septembre 2007

Liens Adscriptor sur ... Microsoft

Liens Adscriptor sur ... Microsoft

Même si je n'aime pas M$, c'est pas une bonne raison de n'en pas parler. Surtout lorsqu'il s'agit d'infos si importantes !

L'amende de près de 500 millions de dollars infligée par la Commission européenne pour pratiques anticoncurrentielles vient d'être confirmée en Appel, outre les frais de procédure (via Alexandre Defossez)

... Par ces motifs,

LE TRIBUNAL (grande chambre)

déclare et arrête :

1) L’article 7 de la décision 2007/53/CE de la Commission, du 24 mars 2004, relative à une procédure d’application de l’article 82 [CE] et de l’article 54 de l’accord EEE engagée contre Microsoft Corp. (Affaire COMP/C-3/37.792 – Microsoft) est annulé dans la mesure où :

– il ordonne à Microsoft de présenter une proposition portant sur la mise en place d’un mécanisme qui doit comprendre la désignation d’un mandataire indépendant doté des pouvoirs d’accéder, indépendamment de la Commission, à l’assistance, aux informations, aux documents, aux locaux et aux employés de Microsoft ainsi qu’au « code source » des produits pertinents de Microsoft ;

– il exige que la proposition portant sur la mise en place de ce mécanisme prévoie que l’ensemble des coûts liés à la désignation du mandataire, en ce compris la rémunération de celui-ci, seront à la charge de Microsoft ;

– il réserve à la Commission le droit d’imposer par voie de décision un mécanisme tel que visé aux premier et deuxième tirets ci-dessus.

2) Le recours est rejeté pour le surplus.

3) Microsoft supportera 80 % de ses propres dépens et 80 % des dépens de la Commission, à l’exception des dépens de cette dernière liés aux interventions de The Computing Technology Industry Association, Inc., de l’Association for Competitive Technology, Inc., de TeamSystem SpA, de Mamut ASA, de DMDsecure.com BV, de MPS Broadband AB, de Pace Micro Technology plc, de Quantel Ltd, de Tandberg Television Ltd et d’Exor AB.

4) Microsoft supportera ses propres dépens et les dépens de la Commission afférents à la procédure de référé dans l’affaire T‑201/04 R, à l’exception des dépens de la Commission liés aux interventions de The Computing Technology Industry Association, de l’Association for Competitive Technology, de TeamSystem, de Mamut, de DMDsecure.com, de MPS Broadband, de Pace Micro Technology, de Quantel, de Tandberg Television et d’Exor.

5) Microsoft supportera les dépens de la Software & Information Industry Association, de la Free Software Foundation Europe, d’Audiobanner.com et de l’European Committee for Interoperable Systems (ECIS), en ce compris ceux afférents à la procédure de référé.

6) La Commission supportera 20 % de ses propres dépens et 20 % des dépens de Microsoft, à l’exception des dépens de cette dernière liés aux interventions de la Software & Information Industry Association, de la Free Software Foundation Europe, d’Audiobanner.com et de l’ECIS.

7) The Computing Technology Industry l’Association, l’Association for Competitive Technology, TeamSystem, Mamut, DMDsecure.com, MPS Broadband, Pace Micro Technology, Quantel, Tandberg Television et Exor supporteront chacune leurs propres dépens, en ce compris ceux afférents à la procédure de référé.
Microsoft va s'exprimer aujourd'hui sur la question dans une conférence de presse (communiqué).

Pour finir, 4 autres infos :

1. Pour arroser la nouvelle, j'ai découvert sur Techcrunch UK (rené de ses cendres) que Microsoft a son propre vin, la cuvée Blue Monster avec groupe annexe sur Facebook. Je viens de m'y joindre, histoire de trinquer. :-)


Le slogan, change the world or go home, plairait sûrement à Guy Kawasaki.

À la bonne vôtre !

2. Gatineau, l'outil de mesure d'audience de Microsoft, serait bientôt disponible en bêta test.

3. Jonathan Schwartz met les points sur les i à propos du partenariat Sun Microsoft (j'ai pas le temps d'approfondir, mais à lire absolument...).

En attendant, je viens de découvrir que son blog est consultable en plusieurs langues, dont le français ! L'article n'est pas encore traduit, probablement une question de jours, à suivre...


4. On dirait que Google a décidé de répondre à la dernière attaque de Microsoft sur le ton de l'humour, en faisant sa pub pour Google Apps ! En gros, le message dit ceci :
Vous n’avez pas étudié les sciences informatiques pour résoudre les problèmes logiciels des autres (suivez mon regard...). Alors pourquoi ne pas passer à Google Apps ?
Version officielle : « On ne devient pas ingénieur en informatique pour corriger les logiciels d'un autre. » Ou comment répondre à la mesquinerie avec un Brin d'humour, bien joué Google !


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dimanche 16 septembre 2007

L'incroyable scoop de Rue 89 : l'affaire Alexis Debat

L'incroyable scoop de Rue 89 : l'affaire Alexis Debat

Rue 89 mérite bien son slogan : votre révolution de l'info. Et en fait, si cette histoire m'intéresse, c'est parce qu'elle illustre bien le formidable impact du binôme journalisme de qualité / Internet. J'en tirerai mes propres conclusions dans un prochain billet.

L'affaire commence le mercredi 5 septembre, lorsque Pascal Riché, rédacteur en chef du journal, publie un article intitulé Une fausse interview d'Obama dans Politique internationale, où il démonte la supercherie, chose confirmée par le porte-parole de Barack Obama, candidat à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle américaine.


Aujourd'hui, inutile de chercher l'interview sur le site de Politique Internationale, la plus influente revue francophone du monde consacrée aux questions internationales dans laquelle s'expriment les Chefs d'Etat et de gouvernement, les leaders politiques et les experts de renom, tout a été viré (on trouve encore quelque chose dans le cache de Google, mais ça ne devrait pas durer...), et la liste est impressionnante (à gauche, la liste il y a quelques jours encore, à droite la liste aujourd'hui...) :


N'en restent plus que deux (on se demande pourquoi ) :

La Maison-Blanche face au défi Iranien et Entretien avec Arnold Schwarzenegger, tout le reste ayant probablement été jugé faux, et quel reste :

Pour une amérique sans entraves, entretien avec John Bolton (N° 109 - AUTOMNE 2005)
MON ANNEE A BAGDAD, entretien avec PAUL BREMER (N° 111 - PRINTEMPS 2006)
Le Pakistan à la table des grands, entretien avec Pervez Musharraf (N° 109 - AUTOMNE 2005)
CIA, FBI: UN MONDE PRESQUE PARFAIT..., entretien avec John MACGAFFIN (N° 102 - HIVER 2004)
La Maison-Blanche face au défi Iranien, article (N° 107 - PRINTEMPS 2005)
LA PLANETE RENSEIGNEMENT, article (N° 102 - HIVER 2004)
L'homme qui faisait trembler Saddam Hussein..., entretien avec Paul Wolfowitz (N° 107 - PRINTEMPS 2005)
LE MAGICIEN TIRE SA REVERANCE, entretien avec Allan GREENSPAN (N° 112 - ÉTÉ 2006)
Rendez-vous en 2008, entretien avec Hillary Rodham Clinton (N° 106 - HIVER 2005)
MA GUERRE D'IRAK, entretien avec Colin POWELL (N° 112 - ÉTÉ 2006)
Rebâtir l'Irak, entretien avec Iyad Allaoui (N° 106 - HIVER 2005)
Un rêve américain, entretien avec Arnold Schwarzenegger (N° 105 - AUTOMNE 2004)
Terrorisme : les années noires de la maison blanche, entretien avec Richard Clarke (N° 104 - ÉTÉ 2004)
GEORGE BUSH ET L'IRAK : UNE PREMIÈRE ÉTAPE ?, entretien avec William Kristol (N° 101 - AUTOMNE 2003)
VOL AU-DESSUS D'UN NID DE FAUCONS, article (N° 99 - PRINTEMPS 2003)
EUROPE/ÉTATS-UNIS : LE GRAND ÉCART, entretien avec Charles Kupchan (N° 99 - PRINTEMPS 2003)
VOYAGE AU COEUR DU RENSEIGNEMENT AMERICAIN, article (N° 95 - PRINTEMPS 2002)
NEW YORK, NEW YORK !, entretien avec MICHAEL BLOOMBERG (N° 110 - HIVER 2006)
Y A-T-IL UNE VIE APRÈS LA MAISON-BLANCHE ?, entretien avec BILL CLINTON (N° 110 - HIVER 2006)
RIYAD-WASHINGTON : UNE ALLIANCE TROUBLÉE, entretien avec Donald DE MARINO (N° 94 - HIVER 2002)
LA CROISADE DE L'HOMME LE PLUS RICHE DU MONDE, entretien avec BILL GATES (N° 111 - PRINTEMPS 2006)

Que des grands noms, du Maire de New York, Michael Bloomberg, à la famille Clinton au complet, de l'ex-Président de la Banque Mondiale, Paul Wolfowitz (L'homme qui faisait trembler Saddam Hussein...), à l'ex-président de la FED, Alan Greenspan, de l'actuelle présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi (La femme la plus puissante du monde) au président de Microsoft, Bill Gates (la croisade de l'homme le plus riche du monde), etc.

Vraiment, Alexis Debat ne manque pas d’air, ni de titres, ni de qualifications, mais à l'instar de Greenspan, il va bientôt devoir tirer sa révérance (sic !)


(Mais que faisait le correcteur ? Voilà de la matière pour Retourne au CM1 !)

Il attaquait pourtant fort dans son interview : « Je vous préviens, j'ai l'intention de comprendre tout ce que vous me direz... »

Certes, on ne pouvait s'attendre à moins d'un consultant du prestigieux Nixon Center, où il exerçait comme expert en terrorisme (il en est parti la semaine dernière pour "raisons personnelles"), collaborateur de la revue National Interest (publiée par le Nixon Center, où il a publié plusieurs articles) et consultant d'ABC News (d'où il a dû démissioner en catastrophe suite à ces révélations...)



Le seul problème étant que vraisemblablement tout est faux et inventé :
Former President Bill Clinton, Speaker of the House Nancy Pelosi, former Federal Reserve Chairman Alan Greenspan, New York Mayor Michael Bloomberg, Microsoft founder Bill Gates and former U.N. Secretary-General Kofi Annan have added their names to the list of people who say they were the subjects of fake interviews published in a French foreign affairs journal under the name of Alexis Debat, a former ABC News consultant.
Voir ici en français. Debat a bien tenté de répondre mollement qu'il faisait l'objet d'une désinformation (doit-on le croire, puisqu'apparemment il est passsé maître dans cet art ?), mais la mythomanie de l'homme commence à se révéler chaque jour un peu plus, des manipulations de son CV à ses faux diplômes universitaires. Pour en savoir davantage...

Les médias français commencent à réagir, un peu tardivement par rapport aux américains mais ils ne peuvent plus faire autrement, comme en témoignent cette dépêche du Monde ou ce billet sur le blog de Jean-Marc Morandini.

Mais le pire c'est que toutes ces mauvaises fables auraient été utilisées pour étayer bien d'autres documentations (!), il est également cité dans un document intitulé La politique canadienne de sécurité nationale, et on retrouve ses faux articles dans la bibliothèque du Parlement Suisse ou du Ministère italien de la Défense !


Personnellement, je trouve cette histoire incroyable, une mystification à un tel niveau et depuis tant d'années, que je reste sans mots !

Bravo encore à Pascal Riché et Rue 89, un bien bel exemple du nouveau journalisme à l'heure du Web. J'y reviendrai...


P.S. Une chose m'étonne dans cette affaire, sortie le 5 septembre avec le scoop de Rue 89. Deux jours plus tôt, sur le blog de Nikolas K. Gvosdev, éditeur de la revue National Interest à laquelle collabore Debat (comme nous l'avons vu plus haut), un commentateur de cet article a laissé les mot suivants :
Debat is either engaged in misinformation or is being duped. This is more smoke and mirrors and is irresponsible to boot.
Soit Debat fait de la désinformation, soit il s'est fait rouler dans la farine...

La réponse semble claire aujourd'hui !

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