lundi 19 mai 2008

La recherche selon Google


Marissa Meyer (extrait) :
Par recherche nous entendons les images, les actus, la finance, les livres, les infos locales et géographiques autant que la recherche sur le Web. Ces types de médias font toujours plus partie intégrante de notre recherche universelle, chacun étant porteur de ses propres défis, innovations et réussites. R.J. Pittman, Directeur des Produits Recherche, m'a montré aujourd'hui certaines des prodigieuses avancées que nous avons accomplies dans la recherche d'images (nous pouvons dès à présent offrir une forme grossière de reconnaissance des visages, par exemple), de même que la façon dont les pubs peuvent améliorer l'expérience utilisateur dans ce secteur de recherche. Il m'a également fait la démonstration de technologies innovantes déployées par Google News pour proposer des citations de personnages qui font l'actu, ainsi qu'une meilleure qualité de la recherche dans les infos locales.

Carter Maslan, Directeur Qualité pour la Recherche locale, a illustré la manière dont nos produits Géographiques (Maps, Earth et les différentes fonctionnalités associées) représentent un problème considérable en termes de recherche : comment collecter toute l'information du monde physique et la rendre cherchable ? Comment étiqueter les frontières contestées ? Comment le service Street View pourra-t-il vous aider à vous rendre où vous voulez ? Google Earth a déjà aidé des archéologues à trouver ce qu'ils cherchaient depuis des années (cf. une villa romaine sur le terrain d'un particulier). Le contenu généré par l'utilisateur est actuellement très en vogue, mais ce n'est pas seulement sympa de partager ses vidéos et ses photos, les produits géographiques sont également très utiles pour nous aider à mieux comprendre le monde qui nous entoure.

Maintenant, pour en revenir à notre cœur de métier, la pertinence de la recherche, Johanna Wright, Directeur Qualité Recherche, nous met au courant des dernières mises à jour. Cela m'a permis de découvrir le formidable niveau de sophistication qu'atteint aujourd'hui la recherche sur le Web, et les progrès accomplis en peu de temps, notamment au niveau de la recherche universelle, qui nous a conduit cette année à modifier la page de résultats tant sur la forme que sur les fonctionnalités. À présent notre équipe qualité recherche se penche sur les toujours très insaisissables "intentions de l'utilisateur" ("voici ma requête, voici ce que je veux dire"). Cela nous permettra de rendre toujours plus utile la recherche universelle : vous obtiendrez des photos ou des cartographies lorsque ce sera ce que vous attendez. Une meilleure compréhension des intentions de l'utilisateur nous aidera également à surmonter les barrières linguistiques en trouvant la meilleure réponse possible indépendamment de la langue utilisée et de là où elle se trouve sur le Web.
Nous voilà prévenus ! À noter en outre que la recherche universelle est déjà localisée dans 150 pays et se décline dans une centaine de langues !

Le reste du message concerne Google Health. Google informe aussi aujourd'hui qu'il ouvre son inventaire aux annonceurs tiers (en français)...


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Microsoft - Yahoo! : une transaction partielle a-t-elle un sens ?


Pas pour Carl Icahn (qui avance déjà ses pions), c'est sûr ! Mais pour le reste ? Afin de mieux comprendre les choses, il est préférable de remonter à l'annonce du plan "10, 20, 30, 40" par Kevin Johnson :
  1. 10% des pages vues, contre 6% actuellement ;
  2. 20% du temps passé par l'internaute sur les sites de Microsoft, contre 17% actuellement ;
  3. 30% des parts de marché dans la recherche, contre moins de 10% actuellement ;
  4. 40% des parts de marché dans la publicité en ligne, contre 6% actuellement.
Ces données remontent à l'été 2007, mais elles devraient être revues à la baisse plutôt qu'à la hausse...



Donc, le plus gros morceau est évidemment le point 4., la publicité en ligne. Sur lequel Microsoft espère dégager 65 milliards de $ à l'échelle mondiale en 2010 (dans deux ans...) et qui englobe trois volets distincts :



  1. la recherche
  2. la création de contenu "informationnel" (en fait, l'ensemble du contenu présent sur les sites/blogs autres que les réseaux/médias sociaux)
  3. les réseaux sociaux
Sur 2010, à vue d'œil, la répartition serait la suivante : 50% pour la recherche, 30% pour le contenu informationnel et 20% pour les réseaux.



Chacun de ces 3 référentiels (ou ces 3 inventaires, si vous préférez) devant faire l'objet d'une stratégie à part, mais intégrée sous le chapeau "publicité en ligne".



Donc si l'on en croit les rumeurs, la nouvelle stratégie de Microsoft serait :



1. acheter uniquement le volet recherche de Yahoo! (en laissant de côté les services, ce qui aurait au moins le mérite de ne pas créer de doublons, voire de renforcer Yahoo!...)

2. acheter Facebook ensuite (même si Zuckerberg tient à affirmer son indépendance, apparemment convaincu).



Et Robert Scoble de nous expliquer en quoi et comment ce nouveau "coup" de Microsoft pourrait changer la donne.



Certes, en regardant les 3 inventaires, la partie recherche serait couverte par l'achat du search de Yahoo!, la partie contenu par Microsoft et la partie réseaux sociaux par Facebook.



Jusque là, tout baigne ! Et vu qu'Icahn fera sûrement le pressing pour que la transaction soit totale et non partielle, la meilleure chose pour le couple Microsoft-Yahoo! serait de faire vite, voire très vite avec une annonce dès après-demain, pourquoi pas, lors de l'Advertising Leadership Forum, Advance 08 le bien nommé :





Kevin Johnson, toujours lui, motive ses troupes et promet monts et merveilles :
  1. Consolidate ad platform and win in display
  2. Innovate and disrupt in search
  3. Deliver end-to-end user experiences across PC, phone, and Web
  4. Reinvent portal and social media experiences
On ne peut être plus clair :



1. Consolider notre plateforme publicitaire et devenir leader dans l'affichage de bannières, c'est le point 4 du programme "10, 20, 30, 40" : 40% des parts de marché dans la publicité en ligne, contre 6% actuellement, en chapeautant les 3 inventaires critiques :



2. Avoir une technologie de recherche novatrice et de rupture, ce serait l'inventaire "recherche" confié à la transaction avec Yahoo!



3. Offrir une expérience utilisateur de bout en bout sur les différents supports : ordinateurs, téléphonie et Web, ce serait l'inventaire "contenu" pris en charge par Microsoft.



4. Réinventer l'expérience portails et médias sociaux, ce serait l'inventaire social réservé à Facebook.



Sur le papier, on dirait presque une stratégie gagnante. Dans la réalité, je suis plutôt de l'avis de Michael Arrington : ça ne pourra(it) pas marcher (l'analyse correspondante, ça sera pour une autre fois).



Mais bon, Ballmer, c'est pas moi, c'est l'autre :-)



Qui c'est qui a dit "tête d'œuf" ?





Via Inquisitr ;-)







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P.S. Voir cette autre note interne sur la stratégie contenu de Microsoft, signée Satya Nadella, responsable de la Recherche (via GigaOm) :



Read this doc on Scribd: satyamemo




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dimanche 18 mai 2008

Microsoft - Yahoo! : que va faire Microsoft ?

Microsoft - Yahoo! : que va faire Microsoft ?

Une réponse possible...

Depuis que Carl Icahn a mis son grain de sel dans cette affaire, tout le monde se demandait ce qu'allait faire Microsoft. J'étais moi-même en train d'écrire un billet là-dessus, mais les événéments m'obligent à revoir ma copie !

En effet, Microsoft vient de déclarer qu'ils renégociaient avec Yahoo! une transaction PARTIELLE :
Microsoft ne propose aucune nouvelle offre d'acquisition totale de Yahoo pour le moment, même si la société se réserve le droit de reconsidérer cette option...

“Microsoft is not proposing to make a new bid to acquire all of Yahoo at this time, but reserves the right to reconsider that alternative...”
Kara Swisher reprend l'intégralité du communiqué :
À la lumière des nouveaux événements survenus depuis le retrait de l'offre d'achat de Yahoo! par Microsoft, Microsoft annonce que la société continue d'explorer les alternatives possibles pour améliorer et développer ses services et la publicité en ligne. Microsoft considère donc avec Yahoo! une nouvelle option, qui impliquerait une transaction partielle mais pas d'acquisition de 100% du capital de Yahoo! Microsoft ne propose aucune nouvelle offre d'acquisition totale de Yahoo pour le moment, même si la société se réserve le droit de reconsidérer cette option selon l'évolution des événements et des discussions susceptibles d'avoir lieu avec Yahoo!, avec les actionnaires de Yahoo! ou de Microsoft ou avec d'autres tiers. Toutefois il est clair qu'aucune assurance ne peut être donnée sur le fait que ces discussions pourront déboucher sur une transaction.

“In light of developments since the withdrawal of the Microsoft proposal to acquire Yahoo! Inc., Microsoft announced that it is continuing to explore and pursue its alternatives to improve and expand its online services and advertising business. Microsoft is considering and has raised with Yahoo! an alternative that would involve a transaction with Yahoo! but not an acquisition of all of Yahoo! Microsoft is not proposing to make a new bid to acquire all of Yahoo! at this time, but reserves the right to reconsider that alternative depending on future developments and discussions that may take place with Yahoo! or discussions with shareholders of Yahoo! or Microsoft or with other third parties. There of course can be no assurance that any transaction will result from these discussions.”
À noter que cela intervient deux jours avant la réunion annuelle de Microsoft avec ses annonceurs, et que sans l'éventualité Yahoo! je ne sais vraiment pas ce que Redmond aurait pu leur proposer...

Ceci dit, je continue de penser que même un deal partiel n'aurait aucun sens, sauf a contrario : extraire les activités online de Microsoft (probablement les seules qui perdent de l'argent depuis plus de 10 ans chez le géant de Redmond) pour les incorporer dans Yahoo!, quitte à faire chapeauter la nouvelle entité par Microsoft. Pour autant, ça ne m'a pas l'air d'être le genre de la maison !

Concluons sur la citation du jour, par Eric Jackson :
“A deal should get done before the Yahoo! annual meeting (otherwise known as its Shareholders' Independence Day ;-), but it should be for the entire company.”
Le feuilleton continue...


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P.S. Probable que demain l'action Yahoo! va s'envoler, Icahn aura pas perdu sa semaine ;-) (même si ce dernier coming out de Microsoft, apparemment à son insu, pourrait contrarier ses plans...)


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Le Web 2.0 par l'exemple

Le Web 2.0 par l'exemple

Dans le cadre de la série de billets que je prépare, intitulée Web 2.0, contenu et partage des revenus, je suis en train de rassembler du matériel sur les différents modèles économiques et je tombe sur ce billet récent de Kelblog où Pierre Chappaz déclare :
Réussir une startup Internet en 2008 c'est difficile. Toutes les startups auxquelles je participe (Wikio bien sûr, Photoways, Netvibes, Hellotipi, eBuzzing) se battent, mais gagner de l'argent sur Internet ce n'est pas évident. Alors on bosse dur, on y croit, et comme on dit: playing to win !
Et si c'est lui qui le dit, je pense qu'on peut le croire...

D'autre part, Narvic commente mon dernier billet en disant ceci :
Ce qui me choque, c'est la captation de ces valeurs par quelques uns à des fins commerciales, et qui imposent un modèle économique qui, si ce n'est pas carrément du vol, est au moins de l'exploitation caractérisée. J'aime bien l'expression de Laurent Bervas d'un prolétariat 2.0.

Et ce web 2.0 marchand-là exploite au même titre des bénévoles et des gens qui souhaiteraient bien pourtant vivre de leur création, de leur production ou de leur service. Mais il n'existe aucun espace de rentabilité laissé ouvert par ces géants du web. Ils se comportent réellement comme des prédateurs.

Ce qui ne peut que contribuer à tarir la source dont ils vivent. Donc ce modèle est moralement et politiquement inacceptable, mais il ne me semble pas viable à long terme non plus.
Moi au vu de ces deux déclarations, je me dis qu'il y a un hiatus énorme entre, d'un côté, la réalité d'une infinité de services Web 2.0, et, de l'autre, ce que les gens s'imaginent en pensant que tous ces acteurs seraient des "géants du Web"...

Perso, dans les déclarations de Chappaz, vraisemblablement emblématiques de nombreux acteurs du Web 2.0, je ne vois que la dure réalité de gens qui risquent, beaucoup, voire tout pour certains, et qui tentent l'aventure motivés par leur passion sans trop savoir si l'issue sera positive ou s'ils se casseront la gueule.

Mais cela n'a absolument rien à voir avec "la captation de ces valeurs par quelques uns à des fins commerciales, et qui imposent un modèle économique qui, si ce n'est pas carrément du vol, est au moins de l'exploitation caractérisée."

Car pour prendre un autre exemple, dans le cas de Netvibes, je ne vois nulle part une masse immense de prolétaires 2.0 exploités, mais plutôt le contraire ! Puisqu'en fait, en l'état actuel des choses, ce serait plutôt cette masse qui exploite un super service à l'œil. En donnant quoi en échange, je vous le demande !? Quelques données personnelles ? Mais si "dans la vraie vie" on payait tous les services dont on bénéficie avec une telle monnaie de singe, croyez bien que tous les marchands seraient submergés de données personnelles. Comme dit l'autre, ce serait pas cher payé !

Pauvres prolos 2.0. Vous allez quand même pas venir me resservir la lutte des classes sur le Web, non ?

Et faudrait surtout pas croire que tout le monde s'appelle GYM : eux ne sont que trois. (pour l'instant...)

Donc chapeau aux créateurs et aux équipes de tous ces services (Wikio, Netvibes, Fuzz, Goojet, Seesmic, Ziki, Xfruit, Zlio, Netcipia, et aux autres...), qui tentent l'aventure et vont jusqu'au bout de leur passion en risquant, là où beaucoup d'autres se contentent de critiquer sans aller bien loin derrière les apparences.

Eux non plus n'ont pas trouvé les bonnes recettes (certains oui, c'est évident, mais ce n'est sûrement pas la majorité), chose qu'avoue clairement Chappaz entre les lignes : ... gagner de l'argent sur Internet ce n'est pas évident...

Et dans une tentative de monétiser davantage son service, il vient de choisir la régie d'AOL pour Wikio. Si quelqu'un a un avis sur pourquoi AOL, ça m'intéresse vraiment !


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samedi 17 mai 2008

Web 2.0, contenu et partage des revenus - I

Web 2.0, contenu et partage des revenus - I

Introduction
1. Quelles valeurs porte le Web ?
2. Les réseaux sociaux
3. Les réseaux tout court
4. Les agrégateurs verticaux : de l'agrégation quantitative à l'agrégation qualitative
5. Où sont les outils qui nous aideront à prendre les chemins de traverse ?
Conclusion

Le présent billet est dédié uniquement au point 1., les autres suivront...

* * *

Suite à ma petite provocation, aux commentaires et aux réponses de Narvic et de Szarah, il y a tellement de choses à dire que ça me prendra des jours. Au moins.

Donc tout en précisant que l'idée de "toute puissance de la technologie pour régler toutes les situations" est totalement étrangère à ma pensée, pas plus que je n'aie "d'excès de confiance dans les vertus de la technologie" ou que je ne donne dans la louange acritique, servile et béate, je laisserai pour l'instant de côté les problèmes "accessoires" pour me concentrer sur la question qui fâche : les modèles économiques.

Ils sont évoqués par tous :
  • Narvic :
    ...il me semble que le poids de quelques gros intérêts dans le développement du Web 2.0 (une poignée de grosses sociétés américaines) est trop important, par rapport à celui de la grande masse des utilisateurs, mais aussi des petits "créateurs". Cette situation est déséquilibrée et recèle des risques
    Dans le cas du Web 2.0 marchand : c'est le distributeur qui rafle toute la mise. C'est ça le modèle économique et il est parfaitement en place. Je ne vois pas pourquoi Google, Yahoo! Microsfot et les autres le laisseraient remplacer par un autre (d'ailleurs lequel, où le vois-tu venir ?), puisque celui-ci est si favorable...
  • Emmanuel :
    ...rien de tel qu'un économiste pour nous dire en effet un peu brutalement que la force de travail n'est pas rémunérée. Parce que c'est un fait.
  • Szarah :
    ... cette conception ne règle en rien la question de la rémunération des auteurs.
    C'est là que le bât blesse.
  • Hubert :
    À l'inverse, la gratuité du web 2.0 finit par être un système économique, un modèle économique en soi, comme l'explique Anderson, qui, comme le dit Emmanuel, ne fonctionne pas jusqu'au bout de sa logique.
Le tout pouvant être résumé par cette question de Szarah :
Quelles valeurs porte le Web ?
À laquelle j'ajoute : et si les directions actuellement prises sur le Web ne sont pas les bonnes, ou pas suffisamment, quelles sont les "autres directions possibles" ?

En étant sûr que tôt ou tard Narvic nous donnera aussi son avis là-dessus, voici d'ores et déjà celui de Szarah :
Le Web pouvait prendre d’autres directions que l’autoroute vers l’enfer de la publicité.
Les montants gaspillés pour seulement faire de l’argent auraient pu être investis autrement.

Le Web retombera sur ses pieds, pas de souci, mais nous aurons perdu dix années à faire fonctionner les machines à sous.
Et dix ans, c’est une génération sacrifiée.
La décennie 1998 - 2008, une période que j'ai suivie de près, puisque je me suis connecté pour la première fois à cheval sur 1995-1996. Or en dix ans, je ne vois franchement aucune génération sacrifiée. Non !

Je vois un formidable passage du Web 1.0 vers le Web 2.0, je vois un ferment extraordinaire vers le Web 3.0 et le Web sémantique (d'aucuns me diront que ce devrait être un pléonasme, mais peu importe), je vois une gigantesque démocratisation des logiques et une appropriation de plus en plus grande des outils par la masse, je vois une bien meilleure compréhension des enjeux (les critiques justifiées qui fusent dans tous les sens en sont d'ailleurs l'expression), etc.

En clair, je vois une évolution, nette, plutôt qu'une régression.

Donc conclure qu'il s'agit d'une génération sacrifiée pour faire fonctionner les machines à sous, si ça n'est pas de l'amertume, ça y ressemble.

Mais qu'importe. Il ne s'agit pas de se chamailler entre le camp des ronchons Web 1.0 contre celui des simplets Web 2.0 (ne manquent plus que 5 nains pour arriver au Web 7.0 :-), une caricature facile à laquelle j'ai eu recours pour frapper les esprits, sans viser personne en particulier mais tout le monde en général. Rien de personnel, donc.

Ce dont il s'agit en revanche, et beaucoup plus sérieusement, c'est de répondre ensemble à cette interrogation d'Hubert Guillaud :
Où sont les outils qui nous aideront à prendre les chemins de traverse ?
après avoir constaté :
(l)es outils que nous utilisons aujourd’hui, tout “web 2.0″ qu’ils s’affirment, (...) favorisent la somme ou la moyenne des regards plutôt que leur pertinence… Mais comment faire sens ? Comment aider le regard à se déporter, quand la plupart de nos outils favorisent le sens commun ? Comment favoriser, mettre en valeur, mieux analyser la dissémination plutôt que la concentration ? La qualité ou la pertinence, plutôt que la quantité ? Trop d’outils mettent en avant le plus lié, le plus vu, le plus écouté, le plus lu. Qui est souvent aussi le plus apprécié, car on vote pour ce qu’on voit, lit, écoute, connaît et reconnaît. Le succès va au succès, fort bien, mais a-t-on besoin d’une telle débauche d’innovation pour un résultat si pauvre ?
Tout ce qui précède pour amener deux seules questions ! Existentielles sur Internet :
  • Quelles valeurs porte le Web ?
  • Où sont les outils qui nous aideront à prendre les chemins de traverse ?
* * *

1. Quelles valeurs porte le Web ?

D'abord il faudrait s'entendre ! Le Web n'est-il qu'un outil, quand bien même un outil ayant "un grand pouvoir de démultiplication des tendances", ou est-il quelque chose de plus ?

Car si l'on pose la question : Quelles valeurs porte le Web ?, c'est qu'implicitement - et encore -, on reconnaît que le Web est bien plus qu'un outil. Un outil ne porte pas de valeurs. Un outil est neutre, il peut faire le bien comme le mal. C'est l'utilisateur qui compte, et ce qu'il en fait...

Comme le dit si bien Gaël Plantin :
Un outil n'est ni bon ni mauvais, il est pratique ou pas à un moment donné, dans le cadre d'une tâche donnée, menée par un individu donné.
Si jugement moral il doit y avoir, ce n'est pas sur l'outil, mais sur les conditions de son utilisation et les conséquences qui en résultent...

Il est nécessaire de former les utilisateurs afin de permettre à chacun de bénéficier des apports potentiels sans pour autant crouler sous les contraintes.
Former. Se former. S'informer. Pour à son tour former et informer.

Voire transformer, vous diront les marchands. L'argent étant, comme toujours, le nerf de la guerre économique sur Internet. Et apparemment, le premier moyen de faire de l'argent sur le Web aujourd'hui, c'est la pub. Ou nitrométhane virtuel, selon Szarah.

Nous avons donc deux pôles qui s'attirent ou se repoussent, c'est selon, tels des aimants qui s'épousent ou s'éloignent selon qu'on veut mettre en contact deux positifs, deux négatifs ou un positif et un négatif.

La pub d'un côté ; le contenu de l'autre.

Avec en plus une nouvelle orientation : transformer la pub en contenu. Ou vice-versa. Pour que la pub se fonde mieux dans le contenu (et/ou le contenu dans la pub). Voire pour qu'elle se suffise à elle-même. Une pub non envahissante, presque amie, qui veut vous passer son message l'air de rien... À moins que ce soit le contenu qui cherche à vous faire "transformer" comme si de rien n'était.

Je vous le dis : tantôt deux positifs, tantôt deux négatifs, tantôt un positif et un négatif...

L'avis de Marc Andreessen est très éclairant là-dessus :
“The technology for ad serving and targeting is getting better and better because it is software,” he said. “This development cycle is antithetical to what media companies were built to do. Traditional media isn’t based on code, but on fixed standards. The formats for delivering most television content today was invented in the 40s.”

The innovation behind these ad serving technologies will drive the overall online ad pie from 20+ million today to about 100 million in the next five to seven years, he says. And an important piece of this puzzle will be ad networks which can benefit from a network effect as they grow — seeing exponential returns from incremental traffic and distribution.

“A big battle over the next few years will be around ad networks,” he says. “AdSense has a lead there but there has to be about 200 different ad networks out there that are targeting in different ways.”
En gros, il dit ceci :
Aujourd'hui la pub servie sur Internet est de plus en plus efficace car c'est du logiciel : des technologies qui n'ont plus rien à voir avec les codes publicitaires des médias traditionnels, normalisés, rigides (pour la télé, les formats remontent aux années 40...).

Aujourd'hui la pub c'est de l'innovation technologique, et une grosse partie du puzzle va se déplacer vers des réseaux publicitaires encore à inventer, dont l'effet de maillage se propagera au fur et à mesure qu'ils monteront en puissance (le cas de FM, par exemple) : AdSense est encore leader, mais environ 200 autres types de régies ciblent déjà les internautes de différentes façons.
Donc, côté pub, nous avons et aurons toujours davantage ce type de réseaux dédiés.

Côté contenu, que nous pourrions presque confondre avec l'actu de l'Internet au sens large, avec les notions connexes de dynamicité et de fraîcheur des infos, qui ne viennent pas uniquement de la presse, mais également des millions de sites qui ont leur propre actualité, et notamment la blogosphère mondiale et les réseaux sociaux, nous pourrions regrouper tout cela sous l'appellation de réseaux de distribution alternatifs (sur le Web, la presse en fait-elle partie ou non, qu'en pensent les professionels ?), dont Szarah nous dit :
Le challenge commencé il y a longtemps consiste à établir des réseaux de distribution alternatifs, où le producteur (auteur, éditeur) aurait un peu plus son mot à dire.
Dans la "vie réelle", les expériences n'ont pas manqué mais sans guère de succès ou alors avec l'idée sous-jacente d'être racheté.

Sur le Web, ce modèle a été copié servilement : on crée des réseaux destinés à être rachetés par les majors.
Et elle ajoute :
Ce contenu créé par la collectivité est exploité par ceux qui gèrent l’outil.
La collectivité est d’accord et ne se sent pas exploitée : heu-reu-se.

Les bavardages des forums et des plateformes communautaires ne suffiront pas éternellement, comme “contenu”.
Il faut autre chose : du texte, des images, des vidéos, de la musique, des logiciels.
Et il faut financer cette production.
Les internautes, avides de s’exhiber et d’obtenir un billet retour de reconnaissance, partagent volontiers leurs œuvres.

Il arrivera bien un moment où ils se rendront compte qu’ils sont exploités.
Que ce qu’ils reçoivent du partage de la publicité, c’est seulement des miettes.
Qu’eux-mêmes, les internautes, constituent une sorte de matière première...
Or en lisant tout ça, je ne peux m'empêcher de me poser la question : est-ce que tous les auteurs créateurs de contenus qui adhèrent à Federated Media (ce n'est qu'un exemple), se sentent exploités ? Juste pour en citer un, allez demander à Michael Arrington s'il se sent exploité !

Personnellement, je ne suis pas Michael Arrington mais je ne me sens pas exploité non plus. Et je n'ai même pas d'Adsense sur mon blog !

Par contre j'aimerais exploiter mieux le contenu que je crée. Ou plutôt, les contenus que je crée. Ce que lui a réussi à faire. Et c'est là où le fait d'être isolé et sans grands moyens économiques devient une limite. Forte.

Donc pour reprendre la question : Quelles valeurs porte le Web ?, je ne crois pas une seconde qu'on puisse répondre que ces valeurs seraient potentiellement négatives dès lors que la question de la rémunération des auteurs ne serait pas réglée (selon quelles règles ?), et positives dans le cas contraire.

Car approuver ou désapprouver le "Web marchand" uniquement sur cette base me semblerait énormément réducteur, sans refléter en aucun cas toute la richesse dont le Web est porteur.

D'autant plus que le Web marchand, ou la commercialisation du Web, si vous préférez est un élément déterminant de l'essor du Web depuis sa création. Dans leur essai, intitulé THINKING ON THE WEB (Berners-Lee, Gödel, and Turing), (Copyright © 2006 by John Wiley & Sons, Inc.), H. Peter Alesso et Craig F. Smith nous disent, dans le chapitre dédié à Tim Berners-Lee :
En 1991, trois événements majeurs et convergents ont permis d’accélérer la percée de la Révolution informationnelle. Ces trois événements furent :

1. l’apparition du World Wide Web,
2. la disponibilité à grande échelle d’une interface de navigation graphique, et
3. la commercialisation galopante sur Internet.
Donc si l'on met de côté le point 2, métaphore de toutes les technologies passées, présentes et à venir qui ont permis, permettent et permettront d'utiliser le Web, nous voyons déjà dans les points 1. et 3. toute l'ambiguïté que l'on retrouve aujourd'hui dans les discussions sans fin sur le paradoxe gratuit-payant : D'où un premier constat, évident : l'essor du Web est soutenu par de nouveaux modèles économiques, inconnus et probablement aussi inapplicables AVANT le Web, qui mixent gratuit et payant selon différents dosages, différents moments. Dont beaucoup sont encore à inventer...

Voyez cette présentation sur les modèles économiques du Web, c'est très instructif et montre bien que si les choses ne sont pas simples, les changements introduits par rapport aux modèles économiques pré-Web n'en sont pas moins inéluctables.



Read this doc on Scribd: Business models on the Web


Donc pour moi il ne sert plus à rien de vouloir reproposer encore et toujours ces mêmes modèles de protection des droits d'auteur et de propriété intellectuelle qui ont souvent fini par aboutir à des rentes de privilèges mais sont en train d'être balayés par l'histoire.

Nous sommes face à une rupture, qui a déjà eu lieu (pour autant, revenir en arrière est d'ores et déjà impossible), et insister dans cette voie à outrance est un combat rétrograde et perdu d'avance (sur le court terme peut-être pas, à moyen terme, ça reste à voir, mais sur le long terme, cela ne fait aucun doute) (de même certains pays sont en avance - les États-Unis -, d'autres en retard - la France). Ce qu'il faut maintenant, c'est trouver de nouvelles formules, adaptées à la réalité d'aujourd'hui en général, et d'Internet en particulier. Qui abolit les frontières, ne l'oublions pas...

Et même si je suis bien conscient qu'en disant ça je vais m'attirer les foudres de tous les tenants de l'orthodoxie, c'est mon avis.


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P.S. Pour l'instant je n'ai absolument aucune idée sur quand est-ce que je rédigerai le ou les billets à suivre (voici déjà le premier)...

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vendredi 16 mai 2008

Microsoft - Yahoo! : Jerry Yang répond à Carl Icahn

Nous avons vu en détail la lettre de Carl Icahn à Yahoo!, qui a immédiatement répliqué.

Voici maintenant la réponse indirecte de Jerry Yang, adressée aux Yahoos, les salariés de l'entreprise dans le monde. Cette lettre est également suivie d'une FAQ qui nous explique en termes simples quels sont les enjeux de cette bataille de procuration.

À noter que Jerry Yang écrit sans majuscules, ce qui donne plutôt l'impression de lire un texto qu'une lettre, une "coquetterie" qui fait bien rigoler outre Atlantique... Traduction rapide :

To : all-worldwide@yahoo-inc.com
From: Jerry


Objet : les nouvelles d'aujourd'hui

Yahoos,

Aujourd'hui, Carl Icahn nous a informé de son intention de désigner une liste de dix administrateurs pour prendre le contrôle de notre Conseil d'administration lors de la prochaine assemblée générale des actionnaires (le 3 juillet). Nous lui avons envoyé une lettre en réponse, que nous avons rendue publique via un communiqué de presse. Vous en trouverez une copie jointe à la présente, que je vous conseille de lire attentivement.

Nous souhaitons toujours écouter l'avis de nos actionnaires, mais vous devez savoir que la lettre de M. Icahn reflète une incompréhension significative des faits, tant sur la proposition de Microsoft que sur la diligence avec laquelle notre CdA a évalué et répondu à cette proposition. Nous croyons que l'actuel CdA de Yahoo! a l'indépendance, les connaissances, l'expérience et le niveau d'implication nécessaires afin de maximiser la valeur de Yahoo! pour tous nos actionnnaires.

Yahoo! est une grande entreprise, qui dispose d'un patrimoine unique et d'actifs précieux, rentable et en pleine croissance, cohérente dans l'exécution de sa planification stratégique, le tout en vue de renforcer sa position de leader dans la publicité en ligne. Les résultats solides que nous avons présentés au premier trimestre 2008 en témoignent.

Les événements d'aujourd'hui vont sans nul doute focaliser l'attention des médias et susciter quantités de spéculations sur ce qui va se passer pour Yahoo!

Je demande donc à chacun d'entre vous de mettre de côté ces rumeurs et ces spéculations pour rester concentrés sur vos tâches de tous les jours et pour continuer à faire ce que nous faisons le mieux : transformer le niveau d'expérience en ligne des utilisateurs, des annonceurs, des éditeurs et des développeurs.

Sachant que vous vous posez tous beaucoup de questions, j'ai joint à la présente une FAQ pour répondre à certaines de ces questions. Et, comme nous l'avons déjà dit, nous ferons de notre mieux pour continuer à vous informer au fur et à mesure que de nouvelles informations deviendront disponibles. Merci encore à tous pour votre travail acharné, et soyez assurés que nous travaillons ensemble pour renforcer la position de leader de Yahoo! sur le Web et pour en faire une entreprise toujours meilleure.

Jerry

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FOIRE AUX QUESTIONS

Les actionnaires peuvent-ils désigner des administrateurs pour siéger au CdA ?

Oui ... pourvu qu'ils respectent les termes indiqués dans nos statuts, en vertu desquels, aujourd'hui était le dernier jour pour qu'un actionnaire puisse désigner un membre candidat au CdA.

Combien de temps prendra l'ensemble de la procédure ?

Nous ne pouvons pas en l'état actuel des choses spéculer sur la tournure que prendront les événements, mais nous prévoyons de tenir notre assemblée générale dans environ deux mois.

Je vous demande donc de rester concentrés sur vos tâches quotidiennes pour continuer à faire ce que nous faisons le mieux...

Quelle sera la prochaine étape ?

Nous allons déposer tous les documents préliminaires sur les procurations auprès de la SEC, qui décrivent toutes les questions qui seront à l'ordre du jour, y compris la liste des administrateurs éligibles et les recommandations de l'actuel CdA.

Une fois ces documents agréés par la SEC, nous les ferons parvenir à nos actionnaires.

Entre-temps, nous devons rester concentrés pour continuer à faire ce que nous faisons le mieux ... tris repetita !

Que peuvent faire les employés de Yahoo! d'ici là ?

Nous vous demandons de continuer à ne faire cas ni des rumeurs ni des spéculations que vous entendrez autour de vous. Aucun d'entre nous ne devrait permettre à ces distractions extérieures de faire dévier notre attention de ce que nous faisons le mieux ... et de quatre !
Ça devient limite radotage, mon Jerry :-)

* * *

Il a également adressé un message au management de Yahoo!, qui répète plus ou moins les mêmes choses...


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jeudi 15 mai 2008

Microsoft - Yahoo! : lettre de Carl Icahn à Yahoo!

Microsoft - Yahoo! : lettre de Carl Icahn à Yahoo!

[MàJ - 16 mai 2008] La réponse de Yahoo! (cf. en français, le message de Jerry Yang aux salariés de Yahoo!)

Juste le mot de la fin :
Nous continuons de croire que l'actuel CdA de Yahoo! a l'indépendance, les connaissances et le niveau d'implication nécessaires afin de guider l'entreprise dans l'environnement constamment changeant d'Internet, et de valoriser Yahoo! tant pour l'entreprise elle-même que pour ses actionnnaires.

We continue to believe that Yahoo!'s current board has the independence, the knowledge, and the commitment to navigate the Company through the rapidly changing Internet environment and to deliver value for Yahoo! and its stockholders.
Ça promet...

* * *

Traduction à la volée de la lettre officielle adressée par Carl Icahn au CdA de Yahoo! :
Pour moi, il est clair que le Conseil d'administration de Yahoo! a agi de façon irrationnelle, en perdant la confiance de ses actionnaires et de Microsoft. Il est évident que l’offre de Microsoft à 33 $ par action est une alternative bien meilleure que les perspectives de Yahoo en tant qu'acteur indépendant. Je reste donc perplexe face aux décisions prises par le CdA, qui est irresponsable de se cacher derrière des prévisions financières exagérément optimistes. Tout comme il est inconcevable que vous n'ayez pas laissé à vos actionnaires le choix d'accepter une offre d'achat représentant une prime de 72% par rapport au cours de l'action de Yahoo!, clôturée à 19,18 $ la veille de l'offre initiale de Microsoft. Beaucoup de vos actionnaires et moi-même croyons fermement qu'une fusion de Yahoo! avec Microsoft donnerait le jour à une entreprise dynamique, et, chose plus importante encore, qu'elle deviendrait une entité assez forte pour rivaliser avec Google sur Internet.

La semaine dernière, un certain nombre d'actionnaires m'ont demandé de mener une bataille de procuration afin de remplacer les membres actuels du CdA par de nouveaux administrateurs, pour tenter de négocier et de finaliser une fusion réussie avec Microsoft, chose que le Conseil d'administration actuel a totalement bâclé, à mon avis. Je crois également qu'une combinaison entre Microsoft et Yahoo! serait de loin la voie la plus raisonnable pour les deux sociétés. J'ai donc entrepris les actions suivantes :
  1. ces 10 derniers jours, j'ai acquis environ 59 millions d'actions et d'options d'achats équivalentes de Yahoo! (59 003 120)
  2. j'ai nommé un comité alternatif de 10 personnes qui se présenteront lors de la prochaine assemblée générale pour être élues à votre place
  3. j'ai demandé l'autorisation à la Federal Trade Commission d'acquérir jusqu'à hauteur de 2,5 milliards d'actions de Yahoo! (env. 6,74% du capital)
Les biographies des membres désignés sont jointes à la présente. Une notification formelle sera transmise aujourd'hui même par pli séparé à Yahoo!

Même si je crois comprendre que vous n'avez pas l'intention de vous lancer dans des transactions qui pourraient entraver une fusion Microsoft-Yahoo!, je reste préoccupé par certaines de vos déclarations, dans plusieurs communiqués de presse récents, selon lesquelles vous auriez l'intention de poursuivre certaines "alternatives stratégiques". J'espère donc et je crois que s'il subsiste quelques possibilités que telles "alternatives stratégiques" puissent d'une manière ou d'une autre constituer un obstacle à une éventuelle prochaine fusion avec Microsoft, vous permettrez pour le moins à vos actionnaires de donner leur avis sur la question avant de vous lancer dans de telles opérations.

J'espère sincèrement que vous tiendrez compte des souhaits de vos actionnaires et que vous agirez rapidement pour négocier une fusion avec Microsoft, ce qui rendrait inutile toute bataille de procuration.

Sincèrement vôtre,

CARL C. ICAHN
À suivre la biographie des 10 membres désignés :

Lucian A. Bebchuk
Frank J. Biondi, Jr.
John H. Chapple
Mark Cuban
(via Kara Swisher) (devenu riche en 1999 en vendant Broadcoast.com à ... Yahoo!, et qui rêve de battre ... Google, ce qui s'annonce difficile !)
Adam Dell
(frère de Michael Dell)
Carl C. Icahn
Keith A. Meister
Edward H. Meyer
Brian S. Posner
Robert K. Shaye


Les deux soulignés, respectivement ex-CEO de Nextel Communications et de Grey Global Group, avaient déjà été désignés par Microsoft.

En tout cas, ce qui est sûr à la lecture de cette lettre, c'est qu'il ne s'agit pas d'une initiative personnelle. Ce qui change tout !

Ce soir, l'action Yahoo! est en route vers le niveau qu'elle avait le 2 mai, juste avant la douche froide de Ballmer.

Icahn n'est d'ailleurs pas seul à détenir 50 millions d'actions, sans compter les enthousiastes et les dissidents, aussi les spéculations ne sont-elles pas prêtes de se terminer...



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