jeudi 9 octobre 2008

Marques, blogs et classements

Marques, blogs et classements

Dans un contexte où les marques doivent et s'attendent à trouver de grandes idées MMM (multimédias, multicanaux et multiplateformes), commençons par cette citation de Shelly Lazarus (numéro 1 d'Ogilvy) :
Non seulement les clients sont ouverts, mais ils ont soif de découvrir tous les possibles. Pour un peu, ils sont déçus si vous leur soumettez un plan média semblable à ce qu'ils auraient pu voir deux ans auparavant. Ils veulent des idées neuves. Ils veulent savoir comment se comporter avec la blogosphère.

(There's not just an openness, but a hunger to see what's possible. There's almost disappointment when you bring a client a media plan that looks like something they would have seen two years ago. They want new ideas. They want to know how to deal with the blogosphere.)
Des idées neuves, et savoir comment se comporter avec la blogosphère : LA blogosphère.

Mondiale, celle qui englobe toutes les blogosphères, linguistiques et sectorielles. Les marques sont mondiales. Internet aussi. Et donc même les marques qui n'étaient pas mondiales avant Internet le deviennent forcément sur le Web. Restent les barrières linguistiques et culturelles, qui s'estompent chaque jour un peu plus...

Ainsi les marques sont fortement intéressées par le phénomène des réseaux sociaux, même si elles n'ont pas encore trouvé la clé pour transformer ces plateformes en "vecteurs commerciaux".

Ce n'est d'ailleurs pas de leur faute, car en fait les utilisateurs de Facebook, MySpace & Co. ne cliquent pratiquement jamais sur les pubs. Ou si peu. D'où l'apparition des widgets...

Mais comme tout nouveau support, ça demande du temps pour être apprivoisé. Ça exige que les marques soient à l'écoute, qu'elles prennent les bonnes décisions au bon moment, etc. Or la plupart du temps elles fonctionnent sur un mode de raisonnement 1.0, c'est-à-dire avec une bonne génération de retard, quand ce n'est pas plusieurs... Voir à titre d'exemple l'incroyable gâchis de Scrabulous, où Mattel et Hasbro ont littéralement cassé une dynamique qu'elles ne pourront plus - ni ne sauront plus - recréer. Une opportunité unique ... à jamais perdue !

Donc les marques aussi, et surtout, devraient apprendre à s'optimiser pour les médias sociaux, et bien au-delà à co-brander leurs contenus avec les acteurs - blogs, sites, réseaux sociaux, forums, etc. - en place (sans toutefois prétendre une illusoire exclusivité : aucun blogueur ne s'attachera jamais à une marque sous peine de perdre son identité). C'est-à-dire avec les acteurs qui touchent déjà LEUR public. Le public des marques, j'entends.

Mais pour co-brander du contenu, encore faut-il le faire finement ! Foin de bourrinage, c'est l'intelligence qui doit parler.

Je ne veux pas dire par là que la moyenne des internautes est moins con que la moyenne des non-internautes, je veux dire par là que si l'interactivité trouve sur Internet son environnement naturel, alors les marques doivent d'abord tenir compte de cette interaction. Et y jouer une part active (ou pro-active, puisque c'est à la mode). Ce qui suppose :
  1. qu'elles soient actives sur Internet : être actif, ça veut dire être présent, être à l'écoute, être curieux de tout, dialoguer, affronter la critique plutôt que de la fuir en se mettant la tête dans le sable comme si elle n'existait pas, participer, s'impliquer, s'informer, agir, réagir, interagir, etc. Voir ici, quelques premiers pas.
  2. pour que cette présence se transforme en visibilité, il faut donc dépasser le développement du seul site institutionnel pour s'engager dans les dialectiques à l'œuvre sur le Web. Exemple.
  3. enfin, pour que cette visibilité s'épanouisse en notoriété, il faut moduler une redondance des messages et des initiatives, conjuguée à leur fréquence et leur couverture, culturelle, sectorielle et linguistique.
Un cycle en trois étapes (écouter, participer, contribuer) fort bien expliqué ici et représenté sur le graphique suivant :


Mais reprenons l'exemple frappant d'HP et ses 31 jours du Dragon. Et imaginons qu'ils ne déclinent plus cette campagne uniquement aux États-Unis, mais dans le monde entier. En lançant simultanément l'opération dans toutes les blogosphères. C'est-à-dire en touchant les internautes de toutes les langues et tous les pays. Ce n'est plus de 10% qu'augmenteraient leurs ventes globales, mais de 20, 30 et plus.

En outre, pour un prix modique si on compare le coût des portables au budget publicitaire "monde" de ces colosses. Si vous calculez sur l'exemple des 31 portables, vendus de 4 à 5 000 $ pièce, quel est le prix de revient à l'unité pour HP ? 1 000$, 2 000$ ?

Faisons une moyenne et disons 1 500$. Imaginons maintenant qu'ils ne contactent pas 31 blogueurs mais 1000 ! Budget : 1 500 000$. Imaginons également qu'ils pensent aussi à rémunérer les blogueurs. Pourquoi pas, après tout ?!

Multiplions le budget par 2 (1 portable pour le blogueur, 1 portable pour le gagnant du concours) : 3 000 000$.

Ça fait beaucoup d'argent, me direz-vous ! Pour ces marques, pas tant que ça, vous répondrai-je : 3 millions $, c'est le prix d'un spot TV de 30 secondes durant le Super Bowl !

Or si vous me permettez, en termes d'impact, les résultats d'une campagne planétaire impliquant 1 000 blogueurs sur Internet et ceux d'un spot de 30" diffusé durant le Super Bowl ne seraient en rien comparables...

De cet exemple, premier dans son genre, nous pouvons tirer plusieurs enseignements : Donc impliquer 1 000 blogueurs d'un coup, imaginez le carton ! Et en plus, vous savez quoi ? La première marque qui fera ça, qui osera faire ça, rentrera de plein droit dans l'histoire d'Internet !

Ce qui démultiplierait la portée de son message, de son image. Par conséquent, les marques doivent innover en dépassant le partage traditionnel des revenus publicitaires, et faire preuve de créativité en inventant de nouveaux mix.

Car si tout le monde s'accorde sur le constat qu'il y a déjà, et qu'il y aura toujours plus dans les années à venir, transfert des budgets publicitaires "old economy" vers le Web, les marques sont également conscientes que cela implique d'avoir :
- des spécialistes, évidemment, capables de développer des volets digitaux au sein de campagnes 360°
- des solutions publicitaires crédibles (vidéos cliquables avec du placement produit, etc)
- surtout, d’avoir la possibilité de mesurer les interactions avec les publics de manière qualitative et quantitative – et de manière indiscutable ! C’est ce dont ont besoin les patrons du marketing (et de la communication) pour pouvoir justifier en interne le transfert de budgets vers du concret.
Mesurer les interactions avec les publics de manière qualitative et quantitative – et de manière indiscutable !

D'où - nous y revoilà - la nécessité de disposer de classements de blogs et d'autres indicateurs fiables...

La boucle est bouclée. Enfin, presque. :-)


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mercredi 8 octobre 2008

Linkscape : SEOmoz indexe le Web

Linkscape : SEOmoz indexe le Web !

Voici donc un nouvel acteur qui se propose d'indexer le Web. L'un jette l'éponge, les facteurs de risque l'ayant emporté sur les chances de réussite, un autre relève le défi. Avec une stratégie différente de GYM, Ask & Co. Une stratégie nouvelle. Intelligente, à mon avis. Et un modèle payant, contre l'obtention d'infos à valeur ajoutée.

Ce nouvel index du Web, qui crawle une trentaine de milliards de pages réactualisées chaque mois (fraîcheur de l'index, entre 10 et 50 jours, selon Randfish), se propose d'aider les référenceurs à en savoir plus sur l'essence du Web : les liens. En catégorisant, mesurant, ordonnant et rendant cherchables des listes de liens créées à la demande, selon différents critères choisis par l'utilisateur, pour valoriser ce minerai brut.

Les quelques statistiques fournies ont déjà été reprises par Sébastien, mais surtout, ce qui m'intéresse c'est l'approche initialement retenue au niveau des paramètres d'indexation :
  • préférer la quantité des domaines indexés plutôt que la profondeur d'indexation
  • se concentrer sur le cœur du réseau selon la fameuse théorie du nœud papillon
  • une taille d'index représentant entre 1/3 et 1/5 des ressources indexées par les principaux moteurs
  • une portion de résultats légèrement différents de ceux des autres moteurs, souvent victimes du cloaking
Or pour mieux comprendre cette "philosophie", arrêtons-nous un instant sur cette théorie du nœud papillon, plusieurs fois commentée sur Adscriptor. En reprenant les explications de ma série sur la mise en place de stratégies de liens (on s'y retrouve) :
L’importance des liens a été mise en exergue dans une recherche menée en 2000 par Altavista, Compaq et IBM, d’où il résulte que les sites peuvent être classifiés de la façon suivante :

* le cœur du réseau : environ 30% des sites les plus interconnectés qui se partagent et où convergent un maximum de liens et de trafic ;
* les sites d’origine : environ 20% des sites d’où les internautes sont dirigés vers le cœur du réseau, avec très peu de liens qui pointent en sens inverse ;
* les sites de destination : environ 20% de pages accessibles depuis le cœur mais n’y renvoyant que très peu ;
* les sites déconnectés : environ 30% d’îlots épars n’ayant que peu de liens et générant peu de trafic.

La topographie d’Internet qui s’en dégage a été dénommée la Théorie du nœud papillon :
INTERNET ET LA THÉORIE DU NŒUD PAPILLON


Source : Altavista, Compaq et IBM, 2000
Image © www.linkingmatters.com, 2003

Pour donner un élément de comparaison, l'étude Graph structure in the web, publiée par AltaVista, IBM et Compaq en mai 2000, analysait 200 millions de pages et 1,5 milliard de liens, alors que le graphe des liens selon Linkscape étudie l'architecture de 30 milliards de pages/sites et 200 milliards de liens. Soit, en huit ans, des facteurs respectifs de 150 et 133 !

Donc, ce que nous dit cette approche, c'est que pour l'instant l'indexation va se concentrer en général sur 70% des pages/sites Web (hormis les ressources déconnectées), mais surtout, plus particulièrement sur le cœur du réseau, outre favoriser le nombre plutôt que la profondeur des domaines indexés.

Exemple : si vous prenez le domaine de premier niveau gouv.fr, il est probablement composé de centaines de milliers de pages. Une indexation en profondeur supposerait d'indexer toutes ces pages. Ce que fera Google, à la limite, mais pas Linkscape, qui se contentera vraisemblablement d'indexer l'essentiel, selon des critères propres à l'algorithme.

Ce compromis quali-quantitatif permet cependant à Rand Fishkin d'affirmer que son outil ne passe pas à côté des principales ressources :
it appears that nearly universally, the SEOmoz index contains the more important, well-linked-to pages and sites, so the missing portions in a comparison are unlikely to be popular, valuable resources.
L'important c'est de presser le "link juice" ou, pour mieux dire, en reprenant la terminologie des métriques utilisées par Linkscape, le "domain juice".

De plus, l'outil vous propose non seulement l'analyse quantitative des liens, mais aussi de la distribution de leurs ancres et de leurs attributs (nofollow, Image Link, Same IP Address, Meta NoIndex, Noscript Tag, redirections 301 / 302, etc.). Exemples :


En s'inspirant du lancement de Chrome, une BD est disponible ici.

Des améliorations devraient prochainement être apportées, dont une toolbar livrable avant la fin de l'année, et un projet lié dès le premier trimestre 2009.


Voir également les premières remontées des utilisateurs, c'est instructif.

Voici donc une initiative ambitieuse, innovante, derrière laquelle transparaissent une longue réflexion, beaucoup de travail et une exécution remarquable, à laquelle je souhaite personnellement tous mes vœux de réussite. Bravo à Randfish et à toute l'équipe de SEOmoz !


SEOmoz Linkscape Education - Link Attributes from Scott Willoughby on Vimeo.

Liens connexes (en anglais) :


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mardi 7 octobre 2008

Internet : partage des revenus publicitaires

Internet : partage des revenus publicitaires

L'Interactive Advertising Bureau et PricewaterhouseCoopers (PwC) viennent de publier un rapport sur la pub Internet aux États-Unis pour les six premiers mois de 2008 : 11,5 milliards $ de revenus, soit +15,2% par rapport à la même période de l'année dernière.

Je me suis surtout intéressé au découpage des revenus publicitaires :


De 2007 à 2008, le segment qui connaît la plus forte hausse est la recherche (44%), suivie par les affichages (33%) (bannières, rich media, etc.), tandis que les annonces (14%), la génération de prospects (7%) et le mailing (2%) stagnent.

Voici la progression des différents segments sur le quinquennat 2004-2008 :


Les deux types de monétisation qui se taillent la part du lion sont le CPM et les modèles basés sur la performance :


Deux autres rapports sont également disponibles :
  1. les tendances des dépenses publicitaires cross-media en ligne (Nielsen)
  2. l'état de la vente au détail sur le Web américain (comScore)
Enfin, n'oublions pas un dernier segment que ce rapport ne mentionne pas, mais qui n'en est pas moins actif pour autant : le spam !

Selon Symantec, voici la répartition des secteurs les plus touchés :


Les 17 millions de sites parking et plus jouent d'ailleurs un rôle considérable dans la pollution du Web et le partage des revenus. Mais faute de disposer de statistiques fiables, nous nous contenterons d'imaginer...


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Classement Wikio : le Top 70 !

Classement Wikio : le Top 70 !

La discussion autour des classements de blogs par Wikio fait rage sur la blogosphère, autant chez ses partisans que chez ses détracteurs, mais qu'on en parle en bien ou en mal, l'important c'est qu'on en parle !

Je ne dis pas ça d'un ton ironique, mais juste parce que je suis convaincu que la "mesure" du Web (indépendamment des critères retenus) est une nécessité pour de nombreux acteurs, et il ne sert à rien de dire ... que ça ne sert à rien, puisqu'en fait ces classements sont toujours utiles à quelqu'un, à un moment ou à un autre, pour une raison ou pour une autre.

Donc classer des blogs, ça peut servir... et ce n'est pas seulement un impératif économique. En effet, cela correspond assez bien à notre manière de raisonner, où nous avons toujours besoin de classer, ordonner, cartographier, conceptualiser, etc., histoire d'y voir un peu plus clair dans nos univers personnels.

J'ai fortement été frappé par la série de billets de Vincent Vicnent, que j'ai eu le plaisir de rencontrer lors du Wikio Lab...ouffe, et notamment par son dernier (ça y est, j'ai casé les trois ;-), pour moi indéchiffrable :


Mais dont la conclusion en forme de métaphore est la suivante : « nous saurons désormais calculer la vitesse moyenne d'un blog, et son accélération... »

Ce qui m'a fait penser à regarder de plus près les principales hausses et baisses de cette nouvelle mouture. Ce n'est pas un jugement de valeur sur la qualité des blogs liés, que je ne connais pas tous mais que je vais m'empresser de découvrir, c'est plutôt un clin d'œil à celles et ceux qui ont marqué les plus fortes amplitudes (avec entre parenthèses les gains et les pertes de place d'un mois sur l'autre) :

[MàJ - 23h15'] Mention spéciale à Thierry, qui me signale en commentaire avoir battu tous les records : passé de 21 426 à 113 en top, et de 1 737 à 56 en high-tech, soit respectivement 21 313 et 1 681 places en plus ! Mais à ce niveau-là, c'est du hors-concours !!!

Les 35 plus fortes progressions

  1. Lily et ses livres (+100)
  2. Jeremie Berrebi (+99)
  3. Le Journal du Gamer (+98)
  4. PoCarles.com (+93)
  5. Chez Gawou la libraire (+93)
  6. Partageons mes âneries (+92)
  7. Centre de Ressources des Espaces Publics... (+91)
  8. Les écrits d'Antigone (+91)
  9. Guillaume Bizet (+90)
  10. Journal d'une lectrice (+90)
  11. Sylire (+89)
  12. Le blog de Cédric Deniaud (+87)
  13. Padawan.info/fr (+86)
  14. Jean-Marie Gall.com (+82)
  15. rMen's blog (+78)
  16. chatperlipopette (+76)
  17. Abadinte (+76)
  18. Mes lectures (+74)
  19. Akihabara (+70)
  20. VincentAbry.com (+70)
  21. Le blog du modérateur (+70)
  22. Gaduman (+70)
  23. Des Livres et des Champs (+69)
  24. ZERO SECONDE (+68)
  25. Happy Few (+67)
  26. Tubbydev (+67)
  27. Le blog iPhone (+64)
  28. Homo Sapiens Internetus (+62)
  29. Saveur Passion (+61)
  30. Des Jeunes libres de s'engager (+60)
  31. Chez Clarabel (+59)
  32. Blogeek (+53)
  33. Ulrich Jambrin-Rozier (+50)
  34. Buzz and People (+50)
  35. Pensées d'outre-politique (+47)

Les 35 plus fortes régressions

  1. Netvibes.com Blog (-150)
  2. cuisine guylaine (-150)
  3. Tendance High-Tech (-142)
  4. Chez Inoule (-127)
  5. Thomas Clément (-126)
  6. Radical chic (-120)
  7. Damdam's World (-118)
  8. Vincent Jauvert (-113)
  9. Le Blog Auto (-111)
  10. Aeiou (-99)
  11. Bozarblog (-99)
  12. Le Blog du Marketing 2.0 (-99)
  13. Biologeek (-96)
  14. mrboo.fr (-94)
  15. Christian Fauré (-88)
  16. Hebi Flash Blog (-88)
  17. Le Monolecte (-83)
  18. Culture-buzz (-82)
  19. SAVOIRS EN RESEAU (-80) (à suivre...)
  20. Kick & Blog (-77)
  21. Loïc le Meur (-76)
  22. Cuisine plurielle (-76)
  23. Capitaine Commerce (-75)
  24. Michel de Guilhermier (-73)
  25. Outils Froids (-73)
  26. Référencement, design et Cie (-72)
  27. Libertes et Internets (-70)
  28. Une poule à petits pas (-70)
  29. Passion...Gourmandise ! (-68)
  30. TrendsNow (-66)
  31. Jacques Froissant (-66)
  32. Commentaires & vaticinations (-65)
  33. Les Zed (-61)
  34. Vinvin (-57)
  35. Roycod.com (-56)
Et bon vent à toutes et à tous pour la suite...


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P.S. Jean ou Pierre, si vous me lisez, on aimerait bien connaître les stats de cette page entre le 30 septembre et aujourd'hui, ça doit être impressionnant...

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samedi 4 octobre 2008

Influence des blogueurs

L'influence des blogueurs

Suite : Marques, blogs et classements

P.S. Je suis franchement étonné...

J'ai découvert cette semaine un billet intitulé Bloggers Increase HP Laptop Sales 85%. Impressionnant !

L'histoire : en 2007, HP a sorti le Dragon, un portable "lourd" (7 kg) dont les ventes n'ont pas franchement décollé.

HP s'est donc adressé à Buzz Corps, société spécialisée dans le marketing via les réseaux sociaux.

C'est ainsi qu'est née la campagne Les 31 jours du Dragon, organisée du 9 mai au 8 juin derniers.

Buzz Corps a contacté 31 blogueurs high-tech influents (influence calculée selon le nombre de liens, le ranking Google et les recommandations des autres blogueurs), chacun disposant d'un Dragon à faire gagner à son lectorat, tout en étant libre d'organiser son propre concours, d'une durée de 7 jours.

Une promotion croisée était également prévue entre les blogs participants.

Globalement, après un mois de concours, voici les résultats :
  • Sur les requêtes HP et HP Dragon, les cinq premières pages de résultats de Google pratiquement trustées par les billets des blogueurs participant au concours !
  • Selon Buzz Corps, les 31 blogs ayant organisé les concours ont généré plus de 380 000 liens (sur la requête “31 Days of the Dragon”) !
  • Pour les blogueurs participants, plus de 25 000 occurrences dans les moteurs et un trafic augmenté en moyenne de 150% !
  • Pour HP, une hausse des ventes de 85% sur un produit lancé presque un an auparavant...
  • Mais plus impressionnant encore, des ventes globales en progression de 10% et plus 15% de visites sur HP.com !
Énorme ! Tout ça pour le prix modique de ... 31 portables !

En outre, les blogueurs, qui n'ont pas été payés pour cette campagne, auraient touché une audience estimée dépassant 49 millions d'internautes ! Impressionnant, vous dis-je.


Comme quoi le marketing via les blogs ou les réseaux sociaux a de l'avenir...

Cela pourrait-il se produire chez nous ? En tout cas à méditer par les annonceurs : avec la France au premier rang mondial en nombre de blogs par internaute, je vous dis pas le carton. :-)



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P.S. Je suis franchement étonné que cette histoire ne soit pas davantage relayée dans la blogosphère française ! En effet, je la trouve surprenante à tous points de vue, et porteuse d'enseignements variés :
  • Voilà des années que tout le monde glose et s'interroge sur la soi-disant "influence des blogueurs". Or pour une fois que nous avons des résultats tangibles de cette "influence", presque personne n'en parle ! Cherchez l'erreur...
  • Des résultats, et quels résultats ! Si les chiffres parlent d'eux-mêmes et racontent une histoire, alors pourquoi les marketers ne s'en emparent-ils pas pour nous raconter cette même histoire de leur point de vue ?
  • J'ai le sentiment que cette aventure est une première, mais qu'elle sera suivie, enrichie et déclinée partout sur le Web, sous de nombreuses formes et de nombreux formats. Le binôme blogosphère-réseaux sociaux est encore loin d'avoir donné sa pleine mesure...
[Début]

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jeudi 2 octobre 2008

Sites parking et pollution

Sites parking et pollution

Dans le sillage de mon précédent billet sur les 17 millions de sites parking (calcul vraisemblable, mais calcul par défaut...), je voudrais continuer ma réflexion sur le système du parking tel qu'il est pratiqué aujourd'hui et sur son absence quasi-totale de valeur ajoutée pour l'internaute. Sauf pour celui qui met ses sites en parking, bien sûr. Et les régies publicitaires, il va sans dire (suivez mon regard ;-)...

Juste une parenthèse avant de commencer : je ne suis pas anti-parking a priori, j'ai moi-même un portefeuille d'environ 400 domaines mais ce sont tous des redirections. Et s'ils ne sont pas en parking, c'est juste parce que je n'ai pas trouvé de parking satisfaisant. Non pas que je sois difficile, mais tout simplement parce qu'il n'en existe pas, aujourd'hui.

Une situation dont j'espère qu'elle changera ... demain. :-) Fermer la parenthèse.

Donc, en reprenant ma liste des 226 domaines en .COM qui contiennent tous OBAMA + MCCAIN dans le nom, j'ai matché cette liste sur la base des parkings de Quensis, et j'en ai trouvé 122, soit 54% du total, dont 86 sont servis par Godaddy (70% des parkings à lui tout seul) !

Les 36 autres sites parking se partagent entre une quinzaine de « prestataires » divers, dont Yahoo!

Pour le reste, nous avons essentiellement : des pages blanches, des liens corrompus, quelques pages en chantier, d’autres inaccessibles, des redirections vers des sites qui font leur pub, des ventes de t-shirts, des pages de flux (actus, encore de la pub) : 68 sites, soit 30%.

Et enfin, la catégorie "homogène" la plus représentée, hormis les parkings : des pages sondages, y compris un comics, et des pages politiques (blogs, minisites, encarts). Il y a même un site en chinois !

Ces 36 sites (16%), seuls à avoir un « contenu » pertinent par rapport à la thématique, se répartissent ainsi : 21 pages ou encarts simples, 3 pages de sondage, 6 blogs et 6 minisites.

Et encore, ce noyau dur des 12 ressources ayant le plus de contenu est-il imputable à de l’événementiel, mais ne présente rien de très approfondi. Disons juste que c’est la partie moins superficielle de l’ensemble.

CONCLUSION

Sur les 226 sites examinés :
  • 122 sites parking = 54% (dont 70% pour Godaddy et ... Google ;-)
  • 68 sites à écarter = 30%
  • 36 sites "pertinents" = 16% (dont seuls 12 ont un contenu un peu plus étoffé)
C'est tout juste si, par le plus grand des hasards, quelque visiteur pourra trouver ce qu'il cherche parmi les 12 sites plus "sérieux" (5,3% du total, un dixième des parkings), mais disons que la valeur ajoutée de l'ensemble pour l'internaute est pratiquement négligeable, pour ne pas dire nulle.

Une dernière projection : si vous appliquez ces pourcentages aux 21 330 noms de domaines (14 622 .COM contenant OBAMA + 6 708 .COM contenant MCCAIN) créés de toute évidence à l'occasion des élections, le résultat n'est pas reluisant.

Quoique : 16% de "pertinence" donnerait un peu plus de 3 400 sites, voilà sûrement de quoi y trouver son bonheur ! Et même si l'on restreint au "noyau dur" de 5,3%, cela fait plus de 1 100 sites, enfin de quoi satisfaire les plus exigeants.

Quant à les trouver dans cette gigantesque cacophonie, ça reste un autre problème !


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P.S. Ce billet fait partie d'une réflexion plus approfondie sur les sites parkings, un thème sur lequel j'aurai l'occasion de revenir...

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mercredi 1 octobre 2008

Les journalistes italiens selon leur lectorat

Les journalistes italiens selon leur lectorat

Pour 68% des italiens, ce sont des menteurs ! Contre "seulement" 60% en 1997.

Une pathologie dont le président du Conseil est immune, par définition !

Une opinion que ne semble pas partager son principal opposant, Walter Veltroni, ex-maire de Rome, qui a déclaré hier que Silvio Berlusconi ne savait dire que des conneries et lancer des injures, outre avoir une certaine propension aux mensonges...

Mais revenons-en aux journalistes, la digression m'emporterait trop loin. Voici les autres résultats :
  • 60% des sondés les jugent peu ou pas du tout informés (contre 48% en 97)
  • pour 52% des gens, ils ne sont pas indépendants
  • 48% les trouvent partiaux, et 40% corrompus
  • pour 55% des personnes, ils ne sont pas préparés à l'information (très mal préparés pour 32% et mal préparés pour 23%, contre 15% qui trouvent leur préparation excellente, 20% bonne et 10% suffisante)
L'étude AstraRicerche, réalisée par téléphone auprès d'un échantillon de 2 000 personnes, a également identifié les "douze commandements" des journalistes proportionnellement aux exigences de leur lectorat :
  1. la compétence thématique ou sectorielle, nécessaire pour 90% des sondés
  2. le professionnalisme et une juste utilisation de leur savoir-faire (79% des sondés)
  3. la clarté (77%)
  4. la capacité d'impliquer émotionnellement leur lectorat (73%)
  5. l'efficacité de la communication (65%)
  6. l'éthique (64%)
  7. la mesure, pour éviter de transmettre agressivité ou anxiété (62%)
  8. le respect des autres (53%)
  9. aider leur lectorat à mieux comprendre (50%)
  10. fournir une information utile (47%)
  11. savoir éduquer le lectorat pour qu'il améliore ses capacités au fil du temps et apprenne à approfondir les arguments qui l'intéresse (37%)
  12. enfin, savoir faire son métier permet à la limite d'être antipathiques, puisque seuls 36% des interviewés considèrent la sympathie une condition sine qua non pour être journalistes
Mais c'est bien la seule concession que font les italiens aux détenteurs d'une carte de presse !

Cette recherche a été commandée il y a 6 mois par l'Ordre des journalistes de Lombardie, afin de tracer un cadre d'ensemble de l'évolution du métier et de son avenir. Selon Enrico Finzi, responsable de l'étude :
Le jugement de la société sur les journalistes ne cesse d'empirer.
Et en France ?


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