mercredi 10 juin 2009

134 milliards de dollars - suite

[MàJ - 18 juin 2009] LES BON$ ÉTAIENT FAUX !!!

[MàJ - Août 2009] LES BON$ ÉTAIENT VRAIS ?

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134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXII. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - II (4 décembre 2011)
XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

* * *

Billet repris par l'Expansion, qui est pour l'instant le seul journal à citer la source (voir en P.S.) et à avoir vérifié directement l'info auprès de la Guardia di Finanza. Du vrai travail de journalistes, quoi !

* * *

Je vous ai déjà parlé de la saisie de 134 milliards de dollars à la frontière Italie - Suisse, une info tellement grosse qu'elle pourrait passer pour une intox, d'autant plus que personne n'en parle.

Oui mais voilà, lorsque la vidéo est tournée par la Guardia di Finanza, c'est tout ce qu'il y a de plus sérieux. Idem pour la photo diffusée :


Voici d'ailleurs le communiqué officiel, n° de protocole 78836 /RU !


Donc vous pouvez considérer l'info certifiée, vérifiée, authentifiée, etc.

Quant à donner une idée de l'énormité de la somme, rien de mieux qu'une image :


Le tas de billets que vous voyez représente 205 millions USD en petites coupures, séquestrés à des narcotrafiquants. Et bien pour parvenir à la somme saisie à Chiasso, il vous suffit de faire 655 autres petits tas comme ça...

Donc beaucoup de choses me troublent dans cette histoire, et notamment la coïncidence, qui ne peut être qu'un hasard, c'est clair, entre le montant de la somme saisie, 134,5 milliards USD, et les 134,6 milliards USD dont dispose actuellement le gouvernement américain pour stabiliser le système financier !

D'autant plus que ces 249 “bonds de la Federal Reserve” d'une valeur nominale de 500 millions USD l'un, et ces 10 “bonds Kennedy” d'une valeur nominale de 1 milliard USD l'un (249 x 500 + 10 = 134,5 milliards) ne peuvent certes pas être négociés par des particuliers, mais uniquement par des états !


Sans compter que selon le communiqué, les douaniers ont également saisi une importante documentation bancaire ORIGINALE. Tout au moins c'est leur évaluation.

En cherchant sur Internet, j'ai trouvé un site qui raconte une expérience similaire, toutes proportions gardées, et qui remonte à janvier 2008, où un citoyen de Singapour dépose auprès de la Federal Reserve des titres du Trésor américain d'une valeur nominale de 500 millions USD l'un, placés sur le marché suisse. La Federal Reserve reçoit donc ces deux titres, d'une valeur globale d'1 milliard USD, en émettant un reçu de dépôt (custodial safe keeping receipt) en contrepartie :
We declare that this custodial Safekeeping Receipt is an operating, fully confirmed instrument, and is governed by and to be construed in accordance with the applicable laws of the country (United States of America), the United Kingdom, the Nederland's, and Switzerland and the rules of the International Chamber of Commerce (I.C.C.) 500/600 Latest Revision, Paris France, governing Uniform Customs and Practice for Documentary Credit, and engages is in accordance with the terms thereof.

We also declare that any copy of this instrument will be valid and legal as the original.
Signé Ben S. Bernanke (Gouverneur) et Roger W. Ferguson Jr (Vice-Gouverneur).


Donc je ne sais pas ce qui se cache derrière toute cette histoire, mais comme dit le Chauffeur, c'est ÉNOOOOOOORME !!! Et même plus...

Bizarre en tout cas que personne n'en parle au-delà des Alpes. Même le FBI et les services secrets américains sont sur le coup, après que l'ambassade US à Rome ait été informée d'urgence.

Mais si les titres sont vrais, l'Italie a gagné le jackpot, avec une amende exigible dépassant 38 milliards d'euros : voilà de quoi renflouer les caisses...

Liens connexes en anglais : Concernant le premier billet listé, un commentateur renvoie à une dépêche REUTERS de 2007, en citant le passage suivant :
U.S. TIC data show that during the 12 months ending January 2007, Japanese investors bought just $18.2 billion in Treasury coupons, or approximately $1.5 billion a month, a sharp contrast from the 12 months ending January 2005 when Japanese investors purchased $134.5 billion of U.S. government debt, McCarthy noted.
Or comme on peut le voir sur le document ci-dessous, la durée de ces U.S. Treasury Checks est de 5 ans :


Du 31 mars 2006 au 31 mars 2011 sur le certificat de dépôt. Donc si les investisseurs japonais détenaient 134,5 milliards de $ de bons du trésor américain de janvier 2004 à janvier 2005, leur échéance à 5 ans serait entre janvier 2009 et janvier 2010...

Nous y sommes, non ?

* * *

Et puisque moi, j'y suis (cette affaire m'obsède, j'ai horreur de ne pas comprendre les choses), je poursuis mon raisonnement, à partir de la conclusion de ce billet, selon laquelle cette actu est extrêmement significative, en ce sens que l'une des trois propositions de cette alternative doit être vraie :
1. The Japanese are trying to secretly divest themselves of about 25% of their US debt. (They own about $600B in US debt.)

2. The Japanese are acting as Chinese or North Korean agents in trying to help them divest themselves of US debt in secret.

3. There is an enormous sum of counterfeit US debt out there and these guys are trying to sell some of it.

None of these cases bodes well for the US debt market.
Personnellement, je laisserais la troisième proposition de côté, car une contrefaçon de cette ampleur n'aurait aucune chance de marcher...

Restent les deux premières : soit les japonais cherchent à s'en débarrasser pour leur propre compte, soit pour le compte des chinois ou des nords-coréens...

Mais pourquoi ? Lisez le passage qui suit, ça laisse rêveur :
Eté 2009 : La rupture du système monétaire international se confirme

...pour LEAP/E2020, il ne fait aucun doute que Pékin cherche sans relâche désormais (3) à se débarrasser au plus vite de cette montagne d'actifs « toxiques » que sont devenus les Bons du Trésor US et la devise américaine sous laquelle la richesse de 1 milliard 300 millions de Chinois (4) est emprisonnée. Dans ce GEAB N°34, notre équipe détaille donc les « tunnels et les galeries » que Pékin creuse discrètement depuis plusieurs mois dans le système économique et financier mondial afin de s'évader du « piège Dollar » d'ici la fin de l'été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s'ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international, dans la droite ligne d'un G20 de Londres dont le communiqué final se lit comme la « chronique d'une dislocation géopolitique annoncée » ainsi que LEAP/E2020 l'analyse dans ce numéro du Global Europe Anticipation Bulletin.
Article paru le 15 avril 2009. En clair, pour Pékin, le système Dollar, c'est fini.

Peut-être bien que pour Tokyo aussi, après tout ! Le Japon étant le deuxième détenteur au monde de bons du trésor américain.


Contacté par Bloomberg, le Ministère japonais des Affaires étrangères a déclaré par un porte-parole que le consulat du Japon à Milan suivait le dossier. En attendant les deux japonais ont été relâchés...

Une relaxe étrange à plus d'un titre, puisqu'un porteur d'obligations non déclarées risque normalement la prison pour des quantités sans aucune proportion avec celles dont il est question ici.

Mais surtout parce qu'ils sont déjà en liberté alors même que les autorités japonaises continuent de prétendre qu'elles ne sont pas encore sûres de leur identité, à savoir si ce sont des citoyens japonais ou pas !

Partout sur les forums et les articles anglo-saxons que je consulte, les américains commencent à approfondir le rôle du Japon dans cette histoire, et d'aucuns n'hésitent pas à mettre en relation cette saisie, l'annonce de la disponibilité d'un même montant dans le cadre du TARP (dont j'ai signalé la coïncidence bizarre dès mon premier billet) et la toute récente lettre de démission du Ministre de l'Intérieur japonais, M. Kunio Hatoyama, selon l’agence Kyodo News (voir ici en français, les deux dépêches de l'AFP étant publiées pratiquement en même temps !) (cf. mise à jour en fin de billet)...


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P.S. À noter qu'une telle amende représenterait près de 8 fois la valeur des biens mafieux saisis par l'État italien en 2008, soit 4,9 milliards d'euros (qui était déjà le triple par rapport à l'année précédente) ! ÉNOOOOOOORME, vous dis-je...

[MàJ - 11 juin, 17h30'] Tiens, l'info commence à sortir ! Ils auraient pu citer la source...

Ils ont même converti les 134 milliards $ en "un peu moins de 100 millions d'euros" au lieu de 100 milliards €, mais c'est vrai qu'on n'est pas trop habitués à ces ordres de grandeur !


[MàJ - 11 juin, 18h20'] Ils sont vraiment très Web 2.0 sur TF1 ! Je commente en disant qu'ils se sont trompés sur la conversion, ils corrigent les millions en milliards et ils publient même pas mon commentaire (en ligne 24 heures après, va falloir changer de système :-) ! Bien, les jeunes, bien...

[MàJ - 11 juin, 19h30'] Idem pour le Nouvel Obs, qui fait un copier-coller et convertit les milliards de dollars en millions d'euros...



Repris plus tard tel quel par Challenge qui corrige le premier "millions" mais pas le deuxième...



[MàJ - 12 juin 2009, 18h] L'info vient juste d'être sortie par l'AFP ... neuf jours après que l'événement se soit produit ! Pour l'instant elle est reprise sur le mode copier-coller bête et méchant, par Le Point, Le Monde, 24Heures.ch et Les Echos (en consultation payante !!!) : chers abonnés des Échos, venez sur Adscriptor, vous en saurez 100 fois plus pour pas un rond :-)

[MàJ - 15 juin 2009, 18h40'] Et voilà qu'ils remettent ça chez le Nouvel Obs (voir plus haut) ! Après que l'AFP ait attendu 9 jours pour sortir l'info, maintenant c'est au tour de l'AP, il y a 4 heures, ils republient donc à 4 jours de distance la même info bêtement copiée-collée...


Il faudra que tôt ou tard je consacre un billet à cette manière de faire l'information...

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mardi 9 juin 2009

Google : Centre Universel de Traduction


Annoncé depuis presque un an, nous y sommes !

Sans tambours ni trompettes, Google vient d'annoncer sur son blog chinois (!) (cf. traduction automatique Google en français) la pré-ouverture de son Centre universel de traduction, que je nomme ainsi en référence à la mémoire de traduction universelle que la société va ainsi créer, ou Large-Scale Translation Memory comme ils l'appellent...


Il s'agit non pas de la 21e place de marché dédiée à la traduction, mais bien de la première place de marché du 21e siècle, une véritable révolution en perspective pour les traducteurs du monde entier. Est-ce que cette révolution sera aussi une évolution ? Nous verrons à l'usage...


En attendant, laissez-moi vous présenter le service. Baptisé Google Translator Toolkit, c'est selon moi le préalable à la véritable place de marché, qui permettra de mettre en contact clients et traducteurs sans aucun autre intermédiaire, sinon Google qui offrira gratuitement le poste de travail et les outils traductionnels au milieu. Voyons donc de plus près cette boîte à outils.



En clair, lorsque vous accédez au service :


vous arrivez de suite via votre compte Google sur la page du Centre de Traduction de Google :


puis de là à votre espace de travail, basé sur Google Docs comme nous l'expliquent fort bien (en anglais) Alex Chitu et Tony Ruscoe (via TomHtml, le chenapan ! :)


Vous pouvez alors charger un fichier de votre ordi, traduire une page Web, une page Wikipedia ou un Knol :


Or comme pour l'instant il n'est possible que de traduire de l'anglais vers les autres langues et pas vice-versa, j'ai chargé un de mes billets en anglais intitulé ... Google and the Universal Translation Memory, en nommant le projet (puisque ce sera la page du texte traduit) Centre de traduction Google :


J'arrive alors sur l'espace de travail avec les deux textes en parallèle, avec à gauche l'original (en anglais dans ce cas), et à droite la version française prétraduite automatiquement par Google :


À noter qu'on peut disposer les fenêtres verticalement ou horizontalement, et que l'espace de travail, familier à tous les traducteurs professionnels qui disposent depuis des années déjà d'environnements de traduction organisés de cette manière, se décompose de la façon suivante :


En haut à gauche, vous avez le titre du projet de traduction ; en haut à droite, le nombre de mots du texte et le pourcentage de progression de la traduction ; à gauche le segment de texte surligné en jaune qui est la partie à traduire, et à droite, en regard, une fenêtre éditable avec le texte à traduire et ce que Google appelle des placeholders, pour faire en sorte de traduire sans toucher les balises, et donc sans modifier le formatage du texte.

Dans la partie basse de l'écran, à gauche, vous pouvez charger vos propres glossaires formatés, utiliser des glossaires de traduction, les créer ou en fusionner (taille limitée à 1 Mo), utiliser des mémoires de traduction, les créer ou en fusionner (taille limitée à 50 Mo), les partager (attention : DANGER ! pour les traducteurs professionnels, interdiction ABSOLUE d'utiliser Google pour traduire le matériel confidentiel de vos clients, qui n'apprécieraient pas de retrouver leurs textes sur Internet...), etc. etc.

J'arrête ici cette présentation sommaire, mais vous comprendrez que pour ce blog, né à l'enseigne de la traduction, à laquelle j'ai consacré de nombreux billets en général, et au binôme Google + traduction en particulier (une trentaine de billets en tout dont je publierai bientôt une liste à jour), cette nouvelle est vraiment de celles qui me font l'effet d'une bombe.

Tout comme il est probable qu'elle fera le même effet à toutes les parties prenantes, concernées de près ou de loin par la traduction. J'aurai l'occasion d'y revenir...



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lundi 8 juin 2009

134 milliards de dollars

134 MILLIARDS DE DOLLARS - CHRONOLOGIE INVERSÉE

XXII. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - II (4 décembre 2011)
XXI. 134 milliards de dollars - LE PROCÈS - I (1er décembre 2011)
XX. 134 milliards de dollars - Affaire relancée (26 novembre 2011)
XIX. Exclusivité mondiale Adscriptor ! 134 milliards de dollars : procès civil n° 8500 aux US (24 novembre 2011)
XVIII. Exclu Adscriptor : Monsieur Yin & Monsieur Yang (xyz milliards de dollars) (10 avril 2011)
(Version anglaise) [Exclusive]: Mr. Yin & Mr. Yang (+200 billion dollars more...) (April 10, 2011)
XVII. 134 milliards de dollars - l'affaire évoquée dans les Statelogs de Wikileaks ! (28 novembre 2010)
XVI. 134 milliards de dollars - l'opération Lys d'Or et le Traité de Versailles ! (2 octobre 2010)
XV. 134 milliards de dollars - épilogue ... "officiel" (24 mai 2010)
XIV. xyz ... milliards de dollars : conférence de presse (22 septembre 2009)
XIII. 314,5 milliards de dollars : la piste russe ! (21 septembre 2009)
XII. 180 milliards de dollars (19 septembre 2009)
XI. 134 milliards de dollars - Autre saisie ! (18 septembre 2009)

Résumé de l'affaire (5 septembre 2009)

X. 134 milliards de dollars - Interrogation parlementaire (3 août 2009)
IX. 134 milliards de dollars - Ordre exécutif 11110 (15 juillet 2009)
VIII. 134 milliards de dollars - Dragon Family (6 juillet 2009)
VII. 134 milliards de dollars - Hal Turner (4 juillet 2009)
VI. 134 milliards de dollars - le mystère continue ! (30 juin 2009)
V. 134 milliards de dollars - les comptes ne tournent pas rond ! (24 juin 2009)
IV. 134 milliards de dollars - les mystères de l'information (16 juin 2009)
III. 134 milliards de dollars - trop gros pour être faux (14 juin 2009)
II. 134 milliards de dollars - suite (10 juin 2009)
I. 134 milliards de dollars (8 juin 2009)

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Je viens de lire une dépêche qui remonte déjà à la semaine dernière mais ne cesse de m'étonner !

Voir le communiqué officiel des douanes italiennes.

Jeudi dernier, 4 juin, à Chiasso, à la frontière Italie-Suisse, deux japonais ont été interpellés avec 134 milliards de dollars d'obligations dans le double-fond d'une valise.



Plus de 96 milliards d'euros au change ! Un chiffre tellement énorme qu'il m'est impossible d'imaginer ce que ça représente. En réalité, juste quelques bouts de papier...

Outre une documentation bancaire originale fournie, il s'agirait de 249 bonds de la "Federal Reserve" (d'une valeur nominale de 500 millions chacun) et de 10 bonds "Kennedy" (d'1 milliard $ chacun). Si les titres sont authentiques, le fisc italien pourrait infliger une sanction de 40% sur l'excédent de la franchise autorisée, de 10 000 euros. Soit 38 milliards d'euros d'amende, qui dit mieux ?

J'ai cherché sur Google "134 milliards de dollars" pour voir ce que ça donne : Et tout ça tient dans un cartable. Il doit y avoir quelque chose qui m'échappe...



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Réflexions sur la démocratie et sur le dépassement de la dichotomie droite-gauche


Sur Twitter, François m'interpelle :
je comprends pas ton assiduité à défendre la démocratie alors que c'est l'exemple vivant de sa débilité :D
Bonne question. Et bon constat. Mais la réponse est difficile. Et longue...

Pourquoi défendre la démocratie ? Personnellement, c'est juste une question de principe. Je pense en effet que la démocratie est la forme politique plus évoluée qui aurait pu permettre aux peuples de s'affranchir des différents totalitarismes, du communisme au capitalisme en passant par le nazisme ou le "socialisme de marché", etc.

Or ce que je vois se produire aujourd'hui dans deux "démocraties" telles que la France et l'Italie me pousse à être très pessimiste quant à la capacité des peuples de s'affranchir de ces totalitarismes en exerçant leur responsabilité, et leur discernement. Ou tout simplement leur esprit critique.

Dans l'article DÉMOCRATIE sur Universalis, l'auteur nous dit :
Le mot démocratie souffre d'un excès de signification.

(...)

C'est qu'en effet la démocratie n'est pas seulement une manière d'être des institutions, elle est plus encore peut-être une exigence morale. Or cette exigence n'est pas définissable dans l'abstrait, car son contenu est déterminé à la fois par l'insatisfaction que procure une situation présente et par l'image de ce que serait un ordre politico-social meilleur.

Il en résulte que le sens du mot démocratie varie selon le milieu et le moment dans lequel il est employé et selon le contexte doctrinal où il se trouve situé. Que cette ductilité du terme soit génératrice d'équivoque, c'est incontestable. Mais, à exclure l'ambiguïté pour élaborer une définition scientifique sans bavure, on risquerait de ne pas rendre compte du dynamisme qui est inclus dans l'idée démocratique et fait d'elle l'un des facteurs les plus puissants d'évolution des sociétés. Toute l'histoire prouve que la démocratie réalisée n'est jamais qu'un moment du mouvement démocratique. Un mouvement qui jamais ne s’arrête car, pour les hommes qui le suscitent, la démocratie c’est le Bien. Ainsi, elle n’est pas seulement une formule d’organisation politique ou une modalité d’aménagement des rapports sociaux ; elle est une valeur. Et c’est cette valeur, l’inaliénable vocation des hommes à prendre en charge leur destin, tant individuel que collectif, qui constitue l’unité profonde de ce que, pour la clarté de l’analyse, on appelle les différentes conceptions de la démocratie.

(...)

Dans l’évolution de l’idée démocratique à l’époque moderne, on peut schématiquement distinguer trois phases.
  1. La démocratie a d’abord été considérée comme un moyen de la liberté. C’est à ce titre qu’elle s’est introduite dans les institutions sous sa forme exclusivement politique.
  2. Elle fut ensuite tenue pour un instrument de la justice, ce qui, outre les changements que cette interprétation entraînait dans l’organisation politique, provoqua son extension aux rapports économiques et sociaux.
  3. Enfin, et c’est l’étape dans laquelle sont engagées les sociétés hautement développées, la démocratie tend à assurer le contrôle de la collectivité sur la croissance économique et, à la limite, sur le bon usage de la prospérité.
Signé Georges Burdeau et non pas Paul Vaurs, qui a pompé presque entièrement l'article dans un billet à la gloire de Sarkozy, soit dit en passant. Sans vergogne, sans y changer une virgule et sans en donner la juste attribution à son auteur respectif. Décédé qui plus est, ce qui coupe court à toute contestation de sa part. On appelle ça du plagiat, Monsieur Vaurs, et il y a pour rendre hommage des moyens certainement plus élégants que de plagier en prétendant faire croire qu'on sait écrire...

Cette pauvre parenthèse étant fermée, revenons-en à la démocratie et à pourquoi la défendre. Car « elle est une valeur. Et c’est cette valeur, l’inaliénable vocation des hommes à prendre en charge leur destin, tant individuel que collectif », que j'ai à cœur de défendre.

Car je n'arrive pas à me faire une raison de voir la facilité et la passivité avec lesquelles ces deux peuples se font manipuler à leur insu de leur plein gré !

Par deux hommes qui aimeraient faire croire qu'ils ont une stature de chefs d'état alors qu'en fait ce ne sont que de piètres candidats despotes en culottes courtes, petits moins par leur taille que par la mesquinerie de leur vision, au service exclusif de leurs intérêts et de ceux de leurs clans plutôt que des intérêts de ceux qu'ils gouvernent.

Deux hommes qui aiment à se copier l'un l'autre, qui ont vraiment beaucoup - trop - de points communs, et dont la mainmise sur les médias n'est certes pas le moindre.

Disons pour simplifier que l'un les possède, l'autre les contrôle, et tous deux les occupent en terrain conquis, les vampirisent avec un objectif commun : parvenir à aliéner « l’inaliénable vocation des hommes à prendre en charge leur destin, tant individuel que collectif » ; or au vu des résultats, ils y parviennent très bien.

En confisquant chaque jour un peu plus cette soi-disant démocratie dans des institutions ne représentant plus qu'elles-mêmes et les "élites" familières des CdA (comme l'observe fort justement Nicolas Voisin, « Nous ne sommes plus représentés »...), en contaminant quotidiennement les esprits par une propagande de régime qui mélange les mots dans tous les sens jusqu'à le leur faire perdre, une désinformation permanente visant à caresser la majorité des peuples dans le sens du poil, et les peuples suivent en bons petits troupeaux ! Du bétail, vous dis-je, voici ce que nous sommes aux yeux de nos gouvernants. Voire moins que ça, mais sûrement pas plus...

Or l'un des premiers - et derniers - moyens d'expression d'une démocratie serait le vote. Oui, mais voilà, « le vote est un truc bien trop sérieux pour être laissé au peuple », qu'il convient donc de confiner dans une ignorance béate en l'entretenant de tout et de rien, de panem et circenses mais surtout pas des choses qui comptent, histoire d'éviter qu'il réfléchisse par lui-même, des fois que ses femmes et ses hommes seraient tentés d'exercer leur « inaliénable vocation (...) à prendre en charge leur destin, tant individuel que collectif »...

Risque désastreux qu'il vaut mieux éviter à tout prix. Et quoi de mieux pour l'éviter que de fausser le cadre d'ensemble ? Par exemple en continuant contre vents et marées à proposer la dichotomie manichéenne éculée droite-gauche, impertinente et politiquement incorrecte, dont chacune des composantes n'existerait pas plus sans l'autre...

Pour développer ma réflexion, je voudrais vous proposer la pensée de deux intellectuels italiens de premier plan, Norberto Bobbio et Giovanni Sartori.

Je commencerai donc par un extrait des leçons que le second tirait du premier, en ne définissant pas la démocratie comme un système politique mais en retenant la définition procédurale a minima qu'en donnait Bobbio : « Un ensemble de règles (primaires et fondamentales) établissant qui est autorisé à prendre les décisions collectives contraignantes et selon quelles procédures », pour mieux caractériser la démocratie en termes d'idéaux, d'idées et d'opinions :
En ces termes, nous pouvons déclarer que la démocratie est :
  1. un gouvernement d'idéaux, alimenté et enrichi par des idéaux ;
  2. un gouvernement d'idées (idéocratie) pour expliquer que la démocratie doit être raisonnée et comprise ;
  3. un gouvernement d'opinions, fondé sur le consensus et les opinions des citoyens.
Attention : seule la démocratie (démocratie libérale) peut être caractérisée de cette manière. Pas les autocraties. Car seule la démocratie se pose le problème de construire une « cité bonne », les tyrans n'ayant pour objectif que de construire une « cité forte », gouvernée par la force. D'où l'on peut en déduire que si les autocraties sont des régimes « élémentaires », la démocratie est un régime compliqué, « difficile » à concevoir et difficile à gérer. La question est donc de savoir si nos démocraties affrontent bien ou mal, avec succès ou non, les difficultés qui les caractérisent. Selon moi, mal ou, pour le moins, pas bien.
  1. Le gouvernement des idéaux a été extrémisé par une vision perfectionniste de la démocratie, trop maximaliste et prescriptive, qui finit par buter sur les dangers opposés.
  2. Le gouvernement des idées, et, donc, de la force des idées et de la raison, est profondément érodé par l'avènement de l'homo videns, qui atrophie notre capacité d'abstraction et, partant, notre compréhension.
  3. Le gouvernement des opinions est de plus en plus confisqué par le gouvernement qu'exercent les médias, et notamment la télévision, sur l'opinion.
Donc on ne va pas bien. Suis-je un pessimiste pour autant ? Norberto Bobbio a écrit de lui-même que « l'attitude pessimiste convient mieux à l'homme de raison que l'attitude optimiste », ce qui revient presque à dire que le réel n'est jamais rationnel, et qu'il est donc négativement interprété par l'homme de raison. Nous connaissons par ailleurs sa prédilection pour la formule selon laquelle le pessimisme de la raison doit être combattu par l'optimisme de la volonté. D'accord. Cependant, il y a pessimisme et pessimisme. Face au verre à moitié plein de l'optimiste et à moitié vide du pessimiste tous deux ont raison, mais si le verre est presque vide et que l'optimiste refuse de l'admettre, il a tort, un point c'est tout. Donc au-delà du pessimisme comme inclinaison, le problème est de savoir si un diagnostic est vrai ou faux (en tout ou en partie), et un pronostic fondé (crédible, probable) ou dénué de fondement. Or mon diagnostic est que la démocratie s'étend provisoirement dans l'espace mais n'avance pas sur le fond, et mon pronostic que sur le long terme son avenir est à risque.

Entendons-nous bien : sa grande force est que dans le monde moderne (qui ne peut accepter le droit divin, la théocratie), la démocratie comme principe de légitimité n'a pas d'alternative. Toutefois ce principe de légitimité ne pourrait être qu'une coquille, une coquille vide, vidée de sa substance et dans sa substance. Et mon analyse craint avant tout cet évidement. J'ai dit plus haut que si un pessimiste a raison, il a raison : inutile alors de tenter de le disqualifier en le taxant de pessimiste. Toutefois l'autre travers consiste à être trop pessimiste, à excéder dans le pessimisme. Il se peut donc (l'optimisme de la volonté me conduit à l'espérer) que j'exagère. Or même si c'était le cas, pourquoi pas ? Dans l'univers théorique, il arrive que de fausses prophéties s'autoréalisent (ce fut le cas du marxisme), et que de vraies prophéties s'autodétruisent. Je propose donc pour ma prophétie (permettez-moi de l'appeler ainsi) l'autodestruction. Et dans ce but, exagérer ne nuit pas. Car si les gens commencent à craindre de perdre la démocratie, ils réagiront pour la sauver. Sinon ils resteront assis en passant leur temps à se plaindre. Le pessimisme n'est dangereux que s'il induit à se rendre, tandis que vouloir l'optimisme ou tranquilliser à tout prix en induisant les gens à ne pas réagir fait plus de mal que de bien. En conclusion, ..., (p)armi les trois points faibles que j'ai mentionnés, quel est le plus faible ?

Je dirais le second, à savoir l'affaiblissement des idées, la chute verticale du savoir à tous les niveaux. Le fait est que ne pas comprendre ce qu'est la démocratie implique qu'elle est bêtement et mal critiquée d'un côté, mal défendue et mal promue de l'autre. Et le fait est que depuis une trentaine d'années j'assiste avec horreur (oui, horreur) et terreur au déclin et à l'appauvrissement de la théorie de la démocratie, théorie qui n'est autre que le savoir qui explique ce qu'est la démocratie. Bobbio et moi sommes parmi les rares intellectuels qui ont cru et croient encore à la transmission des connaissances (qui est selon moi la première mission du docte), et qui lisent avant d'écrire ce qu'ont écrit leurs prédécesseurs. En revanche les nouvelles vagues de jeunes auteurs écrivent de plus en plus de livres sans bibliographies, puisés aux sources de leur génie. À quelques exceptions près, leurs (trop rares) lectures remontent à vingt ans auparavant, et ils ne font que citer des pairs et des compagnons de route aussi inexpérimentés qu'eux-mêmes.
Faites comme moi, lisez et relisez ce passage, vous verrez comme il est lourd d'implications...

Gouverner (dans son sens premier, qui veut dire "diriger", "conduire", "mener", etc.) des idéaux, des idées, des opinions, en voici une déclaration programmatique de mise en œuvre de la démocratie !

Or regardons autour de nous : quels sont aujourd'hui les idéaux de nos "gouvernants", quel est le pouvoir des idées (selon l'acception première d'idéocratie, qui tire son étymologie du grec ίδεα « idée » et κράτος « pouvoir », mais certes pas dans le sens d'une pensée unique érigée en idéologie), où va la soit-disant "opinion publique" ?

Des corps aux esprits, des êtres aux pensées, tout est réifié, marchandisé, uniformisé (par le bas, et non pas par le haut), lobbyisé (même racine étymologique que "lobotomisé" ?), écrasé, broyé sous le protéiforme pouvoir d'imposition des États-Nations, tout est récupéré au profit des puissants, qui monétisent ensuite en transformant le tout en prises de bénéfices...

Et quand je dis "tout est récupéré", il est clair que ça commence par les mots. Des mots qui finissent par n'avoir plus de signification tellement ils en ont, pratiquement une par locuteur, que les gens utilisent dans la vie de tous les jours sans plus aucune référence à un sens commun ! Demandez au citoyen lambda quelle différence y a-t-il, selon lui, entre une idée et une opinion ? Dans une dérive quotidienne qui va du révisionnisme au négationnisme purs et durs des enseignements de l'histoire. Je n'en donnerai qu'un exemple, ô combien parlant.

En Italie, le 25 avril est la fête de la libération. Où l'on entend par libération l'Italie libérée du régime fasciste et des nazistes. Qui fut en grande partie le fait de la résistance communiste. Ce qui explique aussi pourquoi pendant plus d'un demi siècle la présence des héritiers politiques du fascisme aux commémorations annuelles n'a jamais trop été à l'ordre du jour. Jusqu'au 25 avril dernier où Berlusconi a décidé de s'inviter (rappelons que le PDL est une espèce de foutoir qui intègre, entre autres, des "post-fascistes" de tous horizons), dans un souci de "réunification nationale"...

Il l'a fait à Onna, en plein cœur des Abruzzes sinistrées par un tremblement de terre, ajoutant symboles sur symboles (Onna, détruite par le séisme, avait déjà été le théâtre de représailles nazies en juin 1944, lorsque les allemands fusillèrent 17 villageois), où il prononça un discours d' « unité nationale renouvelée » que j'ai analysé ici (en italien). Je vous ferai grâce des "détails", en insistant juste sur le glissement sémantique que propose Berlusconi dans son discours, qu'il conclut ainsi :
Viva il 25 Aprile la festa della riconquistata libertà!

Vive le 25 avril, la fête de la liberté reconquise !
C'est très habile : sur le fond, aucune différence entre « libération » et « liberté reconquise » ; sur la forme, « reconquise » ne dure que le temps du discours et dès les premiers commentaires dans les médias, la « Fête de la Libération » devient la « Fête de la Liberté », dans un élan révisionniste et négationniste qui n'a heureusement trompé personne...

Voilà donc un exemple lumineux de la façon dont la politique et les politiques de tous bords récupèrent les mots pour en contourner et en récupérer le sens, ce en quoi ils sont d'une extrême habilité, entourés par des armées de conseillers en com et en pub, pour mieux nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Comme on dit en italien, ils nous pissent dessus et ils disent qu'il pleut...

Voici maintenant un autre exemple de la façon dont Berlusconi en particulier, et les politiques en général, pratique(nt) et insuffle(nt) subrepticement la haine. Lors de son discours pour la création du PDL, il a osé affirmer :
N'oublions jamais qu'il y a eu dans notre pays des millions d'adorateurs de tyrans sanguinaires comme Staline, Mao ou Pol Pot.

"Non dimentichiamoci mai che nel nostro Paese ci sono stati milioni di adoratori di tiranni sanguinari come Stalin, come Mao, come Pol Pot".
Des mots injustifiables en 2009, des mots qui incitent à la haine, indignes d'un chef d'état ou de gouvernement. Mais surtout des mots qui proposent et reproposent à outrance la dichotomie gauche-droite, comme si nos sociétés n'avaient pas évolué depuis la IIe Guerre Mondiale, ou pour le moins depuis une vingtaine d'années avec la chute du Mur de Berlin et la fin de la guerre froide.

Selon moi c'est criminel de continuer à insister comme il le fait depuis 15 ans, depuis son arrivée en politique, sur cette opposition gauche-droite, pour monter les uns contre les autres, et en tout état de cause, comme toujours, il fait très exactement le contraire de ce qu'il dit. D'ailleurs, de Silvio l'Imposteur, Norberto Bobbio nous avertissait déjà :
L'une des raisons de la force (et, selon moi, de la dangerosité) de Berlusconi est qu'il s'est présenté comme le fondateur d'un nouveau parti, en opposition directe aux partis traditionnels, considérés décadents, de même que les fascistes s'étaient présentés en opposition vis-à-vis des partis politiques de l'Italie libérale". (de 1860 jusqu'à l'arrivée du fascisme)

"Una delle ragioni della forza (e per me anche della pericolosità) di Berlusconi consiste nel presentarsi come fondatore di un partito nuovo in contrapposizione ai vecchi partiti considerati decadenti, come i fascisti si presentavano nei confronti dei vecchi partiti dell'Italia liberale".
Il y a deux jours encore, dans son marathon télévisé à la veille des élections, il continuait à se présenter en entrepreneur forcé de lutter contre tous les professionnels de la politique, comme si lui-même n'était pas le premier et le parangon de ces politicards professionnels !

Qui n'existent que CONTRE mais jamais AVEC ! Or il est clair que la politique aujourd'hui ne doit plus se faire CONTRE tous ceux qui pensent autrement, mais AVEC toutes les forces vives de la société. Dans une pluralité gage de diversité, une complémentarité gage de richesse.

Car de fait, l'insistance obstinée de la politique politicienne sur cette distinction droite-gauche conduit forcément à une impasse, un "vicolo cieco" comme on dit en italien, une destination "aveugle". Aucune vision derrière, aucune perspective, aucun horizon.

Donc plus que jamais il est temps de contester cette distinction, pour faire en sorte que les notions de “droite” et “gauche” ne soient plus exclusives l'une de l'autre, ni ne rendent compte à elles seules de la totalité du champ politique, ce qu'elles sont et font depuis plus de deux siècles :
8. Droite et gauche sont rigoureusement dépendantes l'une de l'autre : que l'une vienne à disparaître et l'autre perd du même coup sa raison d'être. C'est ce qui s'est passé en Italie après la chute du fascisme : la droite était alors si décrédibilisée et marginalisée que la seule façon pour les tenants de cette position de s'affirmer dans le champ politique fut de nier la validité des notions de gauche et de droite, à la fois pour occulter leur propre faiblesse et pour dévaluer l'adversaire.

9. Or, la chute du Mur reproduit ce mouvement, mais cette fois aux dépens de la gauche. Certains sont tentés d'y voir une obsolescence des notions de droite et gauche, puisque cette dernière aurait disparu avec le communisme. (...)

10. Enfin, le dernier argument en faveur de la disparition de la dyade est apporté par ceux qui, constatant que les partis politiques mettent en avant des programmes électoraux de plus en plus semblables, en viennent à considérer l'opposition entre droite et gauche comme mensongère...
C'est ainsi que dans sa réflexion très poussée sur la démocratie et sur la participation active et non manipulée des citoyens à sa mise en œuvre, Norberto Bobbio nous invite à tenir haut le flambeau des idéaux de liberté politique & justice sociale.

Or que font nos politiques aujourd'hui ? Ils ont confisqué la liberté politique pour leur usage personnel et clanique et, surtout, ont transformé la justice sociale, attente légitime des peuples, en injustice sociale, condition illégitime des peuples.

Qui n'ont pas su ni voulu, ou les deux, en bref qui n'ont pas été capables d'exercer leur « inaliénable vocation (...) à prendre en charge leur destin ».

Quel dommage !

Est-ce que ça changera ?


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jeudi 4 juin 2009

Discours d'Obama au Caire


Après les pantins, passons aux personnes sérieuses. Barack Obama a prononcé aujourd'hui un discours très attendu au Caire, qui se veut de paix et de rassemblement entre les États-Unis et l'Islam, destiné en particulier à 1,5 milliard de musulmans, soit environ 1 être humain sur 4...

Autant dire qu'il a dû peser ses mots. J'ai donc passé son discours à la moulinette Quensis pour une analyse statistique succincte, dont je vous propose le nuage sémantique suivant grâce à Wordle :


Ce nuage représente les 50 termes que j'ai jugés plus représentatifs parmi les 132 qui ont plus de 7 occurrences dans le texte, sur un total de 5848 mots en comptant les apostrophes. Je vous traduis donc les 30 premiers mots par nombre d'occurrences :
  1. NOUS (96)
  2. NOS/NOTRE (65)
  3. JE (54)
  4. PEUPLES / GENS (43)
  5. AMÉRIQUE (33)
  6. POUVOIR (verbe décliné) (31)
  7. MONDE (26)
  8. ÉTATS (18)
  9. MUSULMANS (18)
  10. MUSULMAN (18)
  11. ISLAM (18)
  12. PAIX (17)
  13. PAYS (pluriel) (16)
  14. UNIS (15)
  15. COMMUNAUTÉS (14)
  16. FEMMES (13)
  17. NOUVEAU (décliné) (13)
  18. PAYS (singulier) (13)
  19. ENTRE (13)
  20. DROITS (12)
  21. NATIONS (12)
  22. ISRAEL (12)
  23. IRAQ (12)
  24. ENSEMBLE (11)
  25. VIVRE (11)
  26. SAVOIR / CONNAÎTRE (11)
  27. VIOLENCE (10)
  28. PROGRÈS (10)
  29. PALESTINIEN(NE)S (10)
  30. PALESTINIEN(NE) (10)
Les 20 suivants (en anglais) sont en P.S., ainsi que le détail du tableau si ça intéresse quelqu'un (pour recevoir le fichier avec la totalité du décompte, m'envoyer un mail). Vous ne m'en voudrez pas si je n'approfondis pas l'analyse, mais je suis toujours fasciné par le pouvoir qu'ont les mots d'exprimer un sens, d'imprimer une orientation, et en voyant cette liste, je crois que le plus gros est dit...




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P.S. Les 20 derniers :

OWN:10
NUCLEAR:10
HUMAN:10
YEARS:9
TIME:9
ISRAELIS:9
HISTORY:9
EXTREMISTS:9
SHARE:8
RELIGION:8
RECOGNIZE:8
POWER:8
FAITH:8
CHILDREN:8
AMERICAN:8
TENSION:7
PEACEFUL:7
NATION:7
GOVERNMENT:7
CHOOSE:7

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mercredi 3 juin 2009

Berlusconi ridiculise l'Italie ... et la démocratie !


Hier, 2 juin, fête de la République italienne. Parade militaire sur la Via dei Fori Imperiali, à Rome, qui va de place de Venise au Colisée.

À la tribune d'honneur, Berlusconi salue les militaires qui défilent. Instantané :


Toutes les photos ici.

Et pourtant ! Cette image représente très exactement ce qu'est aujourd'hui la démocratie en Italie : une pantomime, un spectacle théâtral destiné à amuser la galerie, sans aucun contenu derrière, aucune profondeur, aucun projet, et encore moins de réflexion. Il n'empêche qu'une majorité d'italiennes et d'italiens applaudissent. Encore.

Dans ce pays la démocratie n'existe plus, tout est mascarade, dans ce pays le mégalomnipotent sultan B. peut faire tout ce qu'il veut, dire et faire dire tout ce qu'il veut, faire de la Constitution italienne une coquille vide en la dénaturant morceau par morceau, utiliser les avions aux couleurs de l'état italien pour transporter son harem et sa cour dans ses villas pour de somptueuses fêtes, compter sur une armée de lèche-cul, de journaleux complices, de politicards véreux, d'hommes et femmes prostitués qui se sont vendus corps et âmes au prince, etc. etc.

Et faire avaler au peuple que tout ça est un complot de la gauche sinistre et des communistes !

Tout cela est d'une tristesse infinie.


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P.S. Imaginez un seul instant, un 14 juillet, à la tribune d'honneur des Champs, Sarko faisant cette tronche... que se passerait-il le lendemain ? Ici, rien. Normal de chez normal !

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lundi 1 juin 2009

Vatican SA


En Italie vient d'être publié un livre intitulé Vaticano SpA, où SpA signifie Società per Azioni, qui est la forme statutaire équivalente de la SA, la Société anonyme en France.

Ce livre, écrit par un journaliste, Gianluigi Nuzzi, se base sur les archives gardées secrètes de Monseigneur Renato Dardozzi, soit environ 4 000 documents collectés sur un quart de siècle, tous plus confidentiels les uns que les autres (relevés de compte, fiches d'ouverture de comptes chiffrés avec les signatures autorisées, correspondance réservée avec le pape Jean-Paul II et les plus hauts dignitaires de l'époque, de 1974 à la fin des années 90), qu'il a voulu rendre publics après sa mort, "pour que tout le monde puisse savoir ce qui s'est passé", selon ses dispositions testamentaires.

C'est ainsi que l'on découvre, de chapitre en chapitre, les innombrables méfaits de son Excellence Révérendissime Monseigneur Donato De Bonis, Chapelain Grand Croix Conventuel ‘ad honorem’, Prélat de l’Ordre de Malte, décédé le 23 avril 2001, qui a fait ce qu'il a voulu au sein de la Banque du Vatican, l’IOR (l’Institut des Œuvres de Religion), en réussissant pratiquement à créer un IOR parallèle, une banque dans la banque, grâce à laquelle il a pu "gérer", de 1989 à 1993, 17 comptes principaux sur lesquels ont transité presque 300 millions d'euros...

Où l'on comprend que les enseignements de Marcinkus, dont il était le second, n'ont pas été vains, puisqu'il a pu ainsi créer un véritable "paradis fiscal", c'est le cas de dire !

Je peux pas vous raconter dans le détail toutes les opérations (il faudrait traduire le livre dans son intégralité), mais juste vous donner une idée...

La principale activité de De Bonis a constitué à mettre en place un réseau de comptes clandestins, la plupart au nom de fondations charitables inexistantes, dont la principale, intitulée à une soit-disant Fondation Cardinal Francis Spellman, n'était qu'un compte chiffré (n° 001-3-14774-C) avec deux signatures autorisées : celle de De Bonis et celle de Giulio Andreotti. Non formellement déposée, au cas où, puis effacée dans un deuxième temps....



Ce qui n'a pas empêché De Bonis d'indiquer dès l'ouverture du compte, dans des dispositions testamentaires, qu'à sa mort le solde devait être mis à la disposition de Giulio Andreotti... "pour des œuvres de charité et de bienfaisance, à sa discrétion", il va de soi.


C'est ainsi que sur ce compte et d'autres, établis par Carlo Sama, Sergio Cusani et Luigi Bisignani, a transité la presque totalité du plus gros pot-de-vin de tous les temps, la "maxitangente Enimont", surnommée la "madre di tutte le tangenti", ou "mère de toutes les malversations", soit un peu plus de 90 milliards de lires sur un total de 130, près de 0,5 milliard de FF de l'époque...

Dont la plupart ont fini leur course dans les poches de Bettino Craxi, Claudio Martelli, Arnaldo Forlani, Paolo Cirino Pomicino, etc.

Entre parenthèses, à noter que ce dernier, qui fête ses 70 ans cette année, est encore en vogue puisque, après avoir subi une condamnation définitive, il est présent sur les listes européennes de Berlusconi pour le vote de la semaine prochaine, aux cotés de Mastella ! Autant dire entre gens de bonne compagnie...

Et comme quoi en Italie on ne recycle pas que l'argent des pots-de-vin et de la mafia :-)

Le récit de la réaction des autorités ecclésiales aux commissions rogatoires italiennes vaut également son pesant d'or. On comprend mieux ces mots d'Antonio Di Pietro, juge symbole de l'opération mains propres, qui a déclaré il y a quelques jours que toute l'opération s'était arrêtée lorsqu'il avait commencé à frapper aux portes du Vatican, en concluant ainsi :
Si j'avais eu ces documents dans les années 1990, aujourd'hui nous aurions une autre République...

Se avessi avuto questi carteggi negli anni '90 oggi ci sarebbe un'altra Repubblica.
Je vous passe le détail des différents mouvements, mais j'ai été intrigué par les deux seules opérations que mentionne le livre où les terminaux sont des banques françaises :
  1. un demi milliard de lires arrivent le 19 novembre 1990 de la banque Indosuez, référence "cop.ns.tlx dir. dd 6.11.91 Ad Meliora"
  2. un virement d'un million de FF destiné à Eva Sereny, sur le compte n° 751032-C ouvert par l'IOR dans une agence parisienne du Crédit Lyonnais (rue du 4 septembre)
En précisant que sur le document correspondant, Monseigneur Dardozzi avait indiqué "P. Giulio", qui correspond au nom de baptême d'Andreotti.

N'ayant jamais entendu parler d'Eva Sereny avant aujourd'hui, j'ai fait quelques recherches sur Internet : photographe britannique très connue dès les années 70, ayant vécu à Rome, où elle a photographié Romy Schneider, notamment, elle a porté à l'écran un roman de Philippe Labro, L'étudiant étranger, adaptation cinématographique distribuée par Pathé et coproduite en 1994 par Silvio Berlusconi, Tarak Ben Ammar et Peter Hoffman.

Je n'ai pas d'autres renseignements. Mystère, mystère.

Le livre se termine sur un chapitre dédié au recyclage de l'argent de la mafia, quelques pages qui feraient une excellente introduction à une histoire ... encore à écrire !



Interview de l'auteur (en italien) :



Retranscription intégrale, et un extrait en anglais.



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P.S. Aussi, pour celles et ceux qui comprennent l'italien :



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