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samedi 30 septembre 2006

Liens Adscriptor du samedi 30 septembre 2006


Encore fortement perturbé par ce qui s'est passé hier, en négatif la perte de centaines de liens internes à Adscriptor, et en positif le passage à PR5, je vais essayer de remettre un peu d'ordre dans tout ça.

Sur le premier point, mon nuage de mots est devenu totalement inutile (adieu mon cher nuage, donc), vu que l'URL dynamique http://adscriptum.blogspot.com/2000/01/category.html?etc. ne fonctionne plus ("category" ayant été remplacé par "label" dans la nouvelle version de Blogger), et de toutes façons même en remettant tous mes tags sous le parcours /label jamais ils n'iront rechercher les descriptions de delicious. Ça va faire plaisir à Sébastien, mais moi ça me déprime. :-(

Or j'avais à ce jour 348 catégories (encore visibles sur Delicious), dont seules 21 qui ont un nombre de liens égal ou supérieur à 10. Les voici par ordre décroissant : Cette fois, l'expression Liens Adscriptor est à prendre au pied de la lettre. Ceci dit, voilà une bonne photo des principaux sujets traités depuis le début de ce blog, qui ne va pas tarder à être remanié en profondeur...

* * *

Il faudra bien que je fasse honneur à mon nouveau PR5 (passé de 0 à 5 depuis janvier cette année, confirmation de ma théorie sur le référencement/positionnement par le contenu pur), qui semble donc corroborée :


À croire que j'applique mes propres recettes... :-)

* * *

Maintenant, pour en revenir à des préoccupations plus actuelles, voici une mise à jour sur l'ICANN, qui a signé hier le nouveau contrat avec le Département du commerce américain, d'une durée de 3 ans, au terme desquels l'ICANN devrait définitivement passer au privé...

Lors de la même réunion durant laquelle le Board de l'ICANN a approuvé la signature de la nouvelle convention, la discussion a également concerné les modifications proposées aux contrats avec les registres des extensions .BIZ, .INFO et .ORG.

Voici les conclusions de l'ICANN :
The Board discussed a "sense of the board" that additional information was required for the Board to fully consider the agreements, and the Board specifically expressed a desire to see communications from each of the registries responding to the public comments that had been received during the public comment period. The Board agreed that if they received the responses before October 10th, that they would discuss the pending agreements again during their next scheduled board meeting on 18 October 2006...
En bref, « le Directoire a le sentiment qu'un complément d'informations est nécessaire pour pouvoir examiner ces contrats en connaissance de cause, et demande tout spécialement aux registres de lui communiquer comment ils entendent répondre aux nombreux commentaires publics. Si les registres adressent leur dossier à l'ICANN avant le 10 octobre, le Directoire accepte de reconsidérer la question lors de sa prochaine réunion du 18 octobre. » Nous verrons bien...

Liens connexes :
  1. L'ICANN et la gouvernance d'Internet : certifiés DoC !
  2. Noms de domaine à la carte : vacarme et silence
  3. La politique de l'ICANN sur les noms de domaine : peur, incertitude et doute

P.S. Réparation d'un oubli coupable : le 30 septembre est la Journée internationale de la traduction et la fête des traducteurs, en hommage à Saint Jérôme, traducteur de la Bible, premier Livre imprimé en Europe et traduit dans le monde ! Tiens, pour commémorer ça dignement, je vais bosser tout le week-end. Pardon, le fin de semaine :-)



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vendredi 29 septembre 2006

Adscriptor bascule vers Blogger nouvelle version

Adscriptor bascule vers Blogger nouvelle version

Sous-titre : un vrai désastre, mais apparemment, il est impossible de revenir en arrière !

Voilà un mois et demi, je vous annonçais la nouvelle mouture de Blogger (toujours en bêta) en détaillant les nouveautés et en soulevant quelques points négatifs. Or ce matin en ouvrant mon interface de gestion du blog, je voyais ce message :


m'indiquant qu'aujourd'hui même je pouvais basculer vers la version plus évoluée. Ce qui fait que je retrouve maintenant Adscriptor au côté de Localizator, le blog créé pour tester les nouvelles fonctionnalités, et qui n'est encore qu'un écran de tapisserie -)


Il y a bien sûr des retouches à faire, la barre de navigation de Blogger est revenue par défaut en haut du blog, et la gestion des accents est catastrophique (et pour l'instant je ne peux plus revenir en arrière. Espérons que ça va vite s'arranger. Il semble même qu'il y ait des problèmes de gestion des URL. J'ai voulu mettre à jour le billet associé à celui-ci, intitulé : « Et si l'on parlait un peu de Blogger ! », or impossible de le publier, le système me dit que l'URL est incorrecte. Alors qu'il n'y a pas d'accent dans le titre, juste une apostrophe. Donc dans l'ancienne version, ça passait comme une lettre à la poste, il faisait juste sauter les accents, dans celle-ci, c'est blocage complet. Ça promet !


Par contre, une amélioration sympa est que dans l'interface on visualise de suite les billets commentés :


C'est peut-être un début de réponse au questionnement de Didier Durand, qui s'interroge : entre Blogger et Wordpress, « Si c'était à refaire... ».

Je dois dire que ces jours-ci je n'étais pas très satisfait de la présentation de Google Reader, autre service extrêmement utile, à tel point que je recherchais une alternative. Et bien Google a dû m'entendre puisque j'ai découvert tout juste hier la nouvelle interface, qui résout effectivement l'un de mes plus gros problèmes : le défilement des flux, pratiquement statiques dans l'ancienne version. Aujourd'hui, la chose est réglée.


Avec possibilité d'afficher à droite les billets, par titre ou par extrait, et de tout visualiser en un coup d'œil. Le détail des nouveautés ici, en anglais, avec en prime une présentation vidéo, rapide. Même si on ne comprend pas la langue de Shakespeare, il suffit de suivre les images.

Saluons donc la réactivité de Google, et j'avoue qu'en matière de flux, je ne crois pas que Netvibes ou Webwag (qui s'interroge) fassent mieux. Mais ça c'est une autre histoire. Entre parenthèses, je sais qu'il y a des adeptes de ces deux solutions personnalisées qui suivent mon blog, ils pourraient peut-être nous donner leur avis.

Donc, en attendant, bonne découverte de Blogger et Google reader.


P.S. Au moment de publier, impossible, même message d'URL incorrecte.


Je viens de comprendre pourquoi : les tags que j'inscrivais jusqu'à présent dans le champ "link" pour générer mon nuage de mots ne sont plus acceptés. Me voilà bien embêté... Ah! le progrès, c'est bien quand ça marche, mais pour une amélioration, il y a deux complications qui apparaissent ! C'est un peu la loi de Murphy, pardon, l'édit Murphy.


P.S. II - Non seulement le nuage ne fonctionne plus, mais les liens non plus ! Je suis très embêté :-(
Sans compter tous les renvois vers les liens du nuage dont sont parsemés mes billets... J'ai fait une grosse connerie, et je ne suis pas loin de partager l'avis de Didier, ah, si c'était à refaire !

[MàJ - 16h15'] En ce jour de grands bouleversements pour mon blog, enfin une bonne nouvelle ! De PR3 en mars dernier, Adscriptor serait passé à PR5 si j'en crois Live PageRank (via Zorgloob).


Un signal important, car comme l'observe justement Didier, « il y a maintenant trop d'investissements (liens, Pagerank, indexation, etc...) derrière l'URL de ce blog ! ». Enfin, tous les espoirs ne sont pas perdus, car comme vous pouvez le constater, c'est encore possible  ! Je vois donc ce qui s'est passé comme une excellente occasion de réorganiser totalement mon blog, même s'il me faudra un peu de temps. L'important, n'est-ce pas de transformer le négatif en positif ?

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jeudi 28 septembre 2006

Internet 2020 : prospective et mise en perspective

Après Internet 2010 : prospective et mise en perspective, ajoutons juste une décennie, un petit pas pour Internet, un grand pas pour les internautes (tiens, ça me rappelle quelque chose...).


Toujours dans la série des deux précédents billets...

Donc, le titre m'est inspiré par une étude publiée il y a quelques jours par Pew Internet & American Life Project Survey, pour laquelle 742 experts ont planché sur divers scénarios Internet en 2020.


Pour les courageux, le rapport fait 115 pages. Voir la source de l'info en français. Les français, qui ont préféré s'arrêter en 2010, même si certains se projettent plus avant, ou font un retour en arrière sur les prévisions de l'époque pour voir dans quelle mesure elles correspondent à la réalité actuelle...

Voir également Internet et les technologies de demain, ou, dans un registre différent, une remontée dans le temps (en anglais)...

Vous aurez remarqué que ce billet est un habillage du genre Liens Adscriptor, mais dont le fil directeur facilement identifiable m'a permis, pour une fois, de cibler un peu mieux le titre. Je manque cruellement de temps en ce moment (traductions obligent), or c'est un bon moyen de ne pas perdre le contact.

Mes prévisions perso, certes à plus court terme, sur ce qui va probablement changer en profondeur mon « expérience utilisateur » d'internaute : la possibilité de podcaster (voir ce site) et d'intégrer la télé-vidéo :


« Le blog, c'est dépassé, fais ta TV ! », dit le slogan de Gaspanik, le concept qui déchire grave en ce moment (et ça mérite) ! Voir d'autres détails.

[MàJ - 29 septembre 2006] Puisqu'il est question d'intégration de vidéo aux blogs, j'ai découvert ce modèle depuis, où il suffit de positionner le curseur sur la capture d'écran pour que la vidéo se déclenche...

C'est encore la téléphonie avec Skype et ses déclinaisons, voire monter mon propre centre d'appels pour les amis (et clients...) avec Skipi !


Ce sont encore les microformats, du genre Wiki. Or quand on se demande quelle est la différence entre un blog et un wiki, certains répondent :
Un blog est équivalent à un site perso, avec en plus la possibilité de créer des liens entre sites facilement, et la possibilité de laisser commenter les articles par des visiteurs anonymes.

Un wiki est un "tableau effaçable" prévu pour que tout le monde (y compris des anonymes) puissent ajouter du texte perso ou effacer du texte existant. C'est un "outil de travail collaboratif" (mais fragile si on le laisse à la portée de tout le monde).
Or sur Internet, ce concept de « tableau effaçable » évoque inéluctablement en moi l'idée de palimptexte. Nous y revoilà ! Mais ça aussi c'est de la prospective, et la boucle est bouclée. :-)


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mercredi 27 septembre 2006

Liens Adscriptor du mercredi 27 septembre 2006

Liens Adscriptor du mercredi 27 septembre 2006

Une étonnante moisson aujourd'hui. Dans la série « la terre vue du ciel », j'ai découvert via Philippe Martin le blog tenu depuis l'espace par Anousheh Ansari, touriste embarquée sur l'ISS, où elle retrouve toute l'attraction gravitationnelle des mots, ce qui s'appelle pondérer son expression !
Tout aussi exceptionnelles sont les photos qu'elle partage sous son compte Flickr Space Explorer. En voici une :


* * *

Tiens, puisqu'on est dans les nuages, voici un autre genre : connaissez-vous Quintura, un outil qui produit des nuages de mots co-occurrents ?


Découvert sur Moteurs News qui traduit « l'excellent article de Eric Myers sur l’utilisation des techniques d’indexation sémantique latente dans l’optimisation pour les moteurs de recherche. » Une démarche de Sergi dont je me sens particulièrement proche, et pour cause !

Il nous propose également d'autres liens pour trouver les « mots magiques », à tester d'urgence si vous souhaitez optimiser votre blog (ou autre) pour les moteurs de recherche.

* * *

Toujours en relation (enfin, plus ou moins :-) avec les voyages spatiaux, s'il vous arrive d'en faire un, n'oubliez pas votre couteau suisse multiusages, voici un 85 lames (!), signé Wenger, qui pourrait vous servir :


Et si vous pensez qu'il en manque une 86ème indispensable, comme Bruno Giussani, rassurez-vous, c'est chose faite !

* * *

Enfin, pour terminer sur une note d'humour, après le célébrissime blog de Loïc Le Meur, voici celui de Loïque Jemeur (de rire) ! Via Michel Leblanc, un pote à Loïc.

Bonne lecture.



P.S. Si vous vous posez des questions à propos des liens en vrac, ne manquez pas de lire ce billet de Sébastien et les commentaires associés.

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lundi 25 septembre 2006

Liens Adscriptor du lundi 25 septembre 2006

Liens Adscriptor du lundi 25 septembre 2006

Un jour et une nuit sur la terre :


On naît, on meurt, et entre-temps on respire, ou du moins on essaie :


Mais avec mille tonnes de CO² émises toutes les 5,4 secondes sur le seul territoire des États-Unis, toutes les 9,2 en Chine et je vous fais grâce des autres (globalement plus de 1 500 000 tonnes relâchées dans l'atmosphère toutes les 30 minutes environ), ça devient de plus en plus difficile.

Trouvé le premier lien via MCJaume, et le second via Martin Lessard, dont je vous encourage vivement à découvrir le blog. Voici par où commencer...

Saviez-vous qu'au mois d'août, Internet comptait 92 615 362 sites Web (!), ça valait bien une fête. Via Francis Pisani.

Tiens, en parlant de fête, en Belgique c'est la fête à Google, qui remercie pour l'attention.

Alors, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Pas vraiment (6000 pages de prévisions) ! Ça ira mieux demain...



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dimanche 24 septembre 2006

Un billet pressé ... pour parler presse

Un billet pressé ... pour parler presse

Google mis à l'amende pour excès de copie ! Après que la justice belge ait rejeté son pourvoi en appel, même si ce n'est pas encore le jugement sur le fond, Google a été contraint d'afficher l'intégralité de la décision sur sa page d'accueil belge (Google.be) ainsi que sur Google News Belgique en bas de page, ce qui fait quand même tache, une grosse tache à la sobriété (expliquée ici de façon surprenante...) légendaire du moteur :


Vous pouvez lire l'intégralité du jugement sur Zorscoop, pardon Zorgloob (clin d'œil à TomHtml).

Même si je me doute que les choses sont moins simples qu'il n'y paraît, je suis comme Olivier Andrieu, j'ai du mal à comprendre. Emmanuel Parody observe que « question stratégie ce n'est pas brillant... », évoque un beau gâchis et parle d'une victoire à la Pyrrhus, dans un billet à lire impérativement si on veut avoir les idées plus claires sur la question.

Tout cela intervient au moment où, selon les mots de M. Hervé Bourges, président de l'Union internationale de la presse francophone, celle-ci recherche « une alternative à la logique Google ».

Une presse qui ne se porte pourtant pas trop mal, apparemment, puisque :
Avec 23 389 000 lecteurs (LNM) un jour moyen de semaine, soit une pénétration de 47.4% chez les Français âgés de 15 ans et plus, le niveau d'audience de la Presse Quotidienne en France affiche une stabilité totale vs les résultats publiés sur l'année 2005.
Maintenant, prise en étau entre les gratuits (ici on parle de Londres, mais j'imagine que c'est pareil en France et ailleurs...) d'un côté, et Internet de l'autre, il va bien falloir que la presse invente quelque chose, or, dans un article très pédagogique, Peter Gabor nous montre que les journaux électroniques, c'est possible, à l'instar du Monde, qui lance même des appels à participation, une première ! Voir également la tentative de Libération, qui vient d'introduire l'hypertexte dans le corps de ses articles. Alors, Internet libérera-t-il la presse au lieu de l'annuler ? Il est vrai qu'être un bon journaliste, et pas seulement citoyen, devient de plus en plus délicat, surtout dans certains pays.

Suite au prochain épisode...

Liens connexes : l'avis de Danny Sullivan (excellent, comme toujours), via Eric Baillargeon, qui propose également des liens vers quelques réactions vues de Belgique, dont celle-ci...


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samedi 23 septembre 2006

Palimptexte : une tentative de définition


Rappel tiré de « L'Internet aujourd'hui : de l'hypertexte au palimptexte », première partie de cet essai :
Pourquoi un néologisme ? Au-delà de ce que je vois pratiquement comme une double justification, s'agissant à la fois de la création d'un mot nouveau pour rendre compte d'un nouvel usage, et de l'emploi d'un mot quasi-préexistant dans un sens nouveau, je dirais que la réponse est un peu une lapalissade : parce qu'il désigne une réalité qui n'a jamais existé jusqu'à présent.

Positionnement étymologique

De l'écrit à l'écran

Le palimptexte par l'exemple
1. le texte
2. l'auteur
3. le lecteur

Conclusion

* * *

Positionnement étymologique

Palimptexte est un néologisme ayant une double origine :
  1. l'emprunt à un état plus ancien de la langue, le substantif palimpseste, dont il hérite à la fois la connotation du signifié (par son voisinage de sens) et du signifiant (par sa proximité phonétique) ;
  2. la formation par composition, processus qui consiste à créer un mot en assemblant plusieurs parties, puisque les éléments qui le forment sont le préfixe "palimp", dérivé de palimpseste, et la racine "texte", qui en constitue l'étymon.
Aux puristes qui seraient tentés d'objecter que mon cheminement néologique est peu orthodoxe, je conseillerais de lire et relire certains auteurs reconnus de notre chère littérature française, de Rabelais à Antonin Artaud ou Frédéric Dard, j'en passe et des meilleurs...

Non pas que je veuille me comparer à eux, loin de là, mais mieux vaut anticiper. :-)

Ceci étant posé, rentrons dans les détails de sa composition :
  • "palimp" : vient de palimpseste, qui tire lui-même son préfixe de l'adverbe grec "palin", aux sens multiples : « en revenant en arrière » (palingénésie) (palinodie, dont l'origine première du nom est celle d'un poème dans lequel l'auteur revient sur ce qu'il a dit dans un poème antérieur !), « en sens contraire » (palindrome), « de nouveau » (palimpseste, feuille de papyrus ou parchemin manuscrit « gratté de nouveau », c'est-à-dire dont on a effacé la première écriture pour pouvoir écrire dessus un nouveau texte) ;
  • "texte" : emprunté au latin textus, littéralement « ce qui est tramé, tissé », substantivation du participe passé passif de texere, « tramé, enlacé », lui-même à l'origine de texture (--> tissu, tissage, qui se dit aussi de l'agencement des parties d'un texte, d'un discours) et de tessiture (terme spécialisé en musique pour désigner l'étendue des sons qu'une voix ou un instrument peut émettre sans difficulté).
Précisions extraites du Robert historique de la langue française.

Ces explications étymologiques nous fournissent donc un nouvel éclairage sur la dimension plurielle du terme, capable de réconcilier, d'une part, la nature bidirectionnelle de l'hypertexte (la progression vers un nouveau lien d'arrivée ou de transit et le possible retour en arrière vers le lien de départ) et, de l'autre, la nouvelle forme de texte écrit/oral qu'est le palimptexte.

Ou s'il ne l'est pas encore tout à fait, il ne va pas tarder à le devenir ! Car depuis quand un « texte » est-il capable d'intégrer, non plus des images simples, mais des images en mouvement, non plus seulement des mots écrits, mais aussi des mots parlés, chantés ?

À raison Olivier Ertzscheid inclut dans sa thèse l'hypermédia dans l'hypertexte, en précisant que le premier « s’inscrit dans le cadre d’analyse offert par » le second, et non le contraire. [Début]

* * *

De l'écrit à l'écran

Cette nouvelle richesse de l'ancien texte est permise par les facteurs suivants, considérés dans leur ordre d'apparition :
  • le passage de l'écrit sur support écran
  • l'avènement de l'hypertexte
  • l'internettisation des STIC
Une transition qui ne va pas sans paradoxe, comme le note fort justement Laurent Jenny, puisque le support écran « offre à la fois moins qu'un texte (par les contraintes spatiales de l'écran) et plus qu'une bibliothèque (par le réseau virtuellement infini des liens qu'il propose). »

Au risque d'énoncer un truisme, je dirais que la nature du texte sur Internet est fondamentalement différente de celle du texte tel que notre culture l'a assimilé durant le dernier millénaire.

Si chronologiquement l’hypertexte a pu naître comme un hyponyme du texte, aujourd’hui je ne crois pas qu’on puisse sérieusement soutenir que le texte est l’hyperonyme de l’hypertexte : texte et hypertexte englobent chacun des notions qui ne se recoupent que partiellement, le texte actuellement défini dans nos dictionnaires n’ayant plus grand chose à voir avec le texte internettisé, que l’on ne peut plus se contenter de qualifier d'hypertexte par défaut, en fourrant tout et davantage dans ce mot-valise sans qu’on comprenne vraiment ce dont il retourne.

Ce billet n’est pas le lieu où analyser dans le détail les différences entre « ancien texte » et « nouveau texte », aussi me limiterai-je à signaler que la dimension littéraire presque toujours explicite ou implicite lorsqu’il est question d’ « ancien texte » est a contrario très marginale pour le « nouveau texte », plus proche du message, puisque « la technologie de l’hypertexte encourage une lecture ergative, tournée vers l’action et la recherche de réponses brèves et rapides… », selon Christian Vandendorpe.

Il y a donc nécessité, ne serait-ce que pour mieux comprendre de quoi on parle, et urgence à nommer ce « nouveau texte » : palimptexte est sa traduction étymologique. [Début]

* * *

Le palimptexte par l'exemple

Prenons un billet de blog. Ce n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, mais que je trouve significatif et représentatif de ce qui différencie le palimptexte du texte traditionnel. Au cœur de cette différenciation est l'interactivité, qui va bien au-delà de l'hypertexte (celui-ci n'étant qu'un moyen de celle-là), une interactivité qui est « le mode principal et la condition première » du principe d’organisation de l’hypertextualité, certes « pas réductible à l’hypertexte », toujours selon Olivier.

Lequel précise que les trois entités qui fondent la notion d'hypertextualité sont :
  1. le texte
  2. l'auteur
  3. le lecteur
organisées selon « un schéma pyramidal classique, à deux dimensions (avec le texte comme sommet et le lecteur et l’auteur comme base). » Permettez-moi d'y inclure une représentation graphique :


Et d'ajouter :
Ce qui change, ce n’est pas la perception que nous avons des fonctions dévolues à chacune d’elles, mais la perception des rapports organisationnels qui les lient. (...) [Où] l’hypertexte marque le passage vers un espace multidimensionnel dont ces trois entités sont autant de formes possibles et mouvantes.
Or si je suis d'accord avec la deuxième partie de l'énoncé, j'ai des difficultés à saisir les implications de la première. Je crois en effet que les fonctions traditionnelles du texte, de l'auteur et du lecteur sont profondément modifiées sur, pour et par Internet. [Début]

1. Le texte

Le nouveau texte réconcilie l'oralité et la scripturalité, à tel point qu'on ne sait plus très bien si l'écrit est médiatisé par l'oralité ou si c'est le contraire. Les deux probablement, dans une oscillation et une tension qui dépendent autant des goûts et de l'humeur du moment de l'auteur que des dispositions personnelles de ses lecteurs. À quand la possibilité de podcaster les commentaires ?

Outre les nouvelles formes d'expressivité qu'il permet (smileys, ponctuation expressive, autoportraits, capitales, citation automatique, etc.), le nouveau texte peut être catégorisé, noté, syndicalisé, socialisé, hyperlié à toutes les sauces : trackbacks, pingbacks, refbacks, etc., autant de feedbacks répercutés à l'initiateur du message.

Et prendre en exemple les billets de blog n'est pas anodin, puisque c'est sûrement la forme qui se prête le mieux à un dialogue asynchrone (même si on pourrait en dire autant des courriels, des forums, etc.), qui laisse à chacun/e le choix de son rythme et du moment de sa communication. Pour reprendre un slogan cher à Loïc Le Meur : « Les blogs démarrent des conversations ». A priori sans frontières, sinon celles de qui préfère se taire, ne pas répondre, ne pas se dévoiler...

Une situation de « co-présence » où « L’auteur d’un message se voit dépris de son autorité sur celui-ci. Son texte s’engage dans une dynamique provoquée par l’ajout d’autres messages. », induisant « une co-construction du sens dans l’interaction », selon les mots de Philippe Hert, cité par Olivier.

C'est sur ce point que je suis en désaccord. Je ne vois pas en quoi les ajouts faits à mes textes, en positif ou en négatif, me priveraient de mon autorité sur ces mêmes textes ! Probablement parce que, pour moi, être auteur fait partie de ma nature, et non pas de ma fonction. [Début]

2. L'auteur

Pour Olivier, le « rôle en même temps que le statut de l’auteur tel que nous les connaissons, semblent voués à une prompte disparition », au point qu'il est désormais nécessaire de « repérer les nouveaux espaces où demeure en permanence tangible la présence et l’influence de la fonction-auteur », en faisant passer la fonction devant la nature.

Un postulat envers lequel je m'inscris en faux, non pas par esprit de vaine polémique, mais simplement parce que ça ne correspond pas à mon expérience personnelle, qui sort totalement des limites de cette discussion. La position d'Olivier est longuement et scientifiquement argumentée, la mienne est totalement subjective et intuitive, quand bien même basée sur mon vécu.

En outre, Christian Vandendorpe, auteur de l'essai intitulé Du papyrus à l'hypertexte, remarque justement « le fait que l'écriture hypertextuelle destinée à la publication entraîne des contraintes qui excèdent de loin celles de l'écriture traditionnelle. Pour faciliter la tâche du lecteur et lui donner un certain contrôle sur la gestion de l'information qui lui est présentée, le producteur du texte devra consacrer un temps considérable à la mise en forme de la matière textuelle, en la segmentant et en établissant des liens d'un fragment à un autre. »

Car comme je le disais dans une interview en réponse à la question « Que t'a amené ton blog jusqu'à présent ? » :
Le double de travail ! Beaucoup de nuits blanches (un lien de parenté secrète avec Armand Robin…) et de disponibilité soustraite à ma famille, parfois les réprimandes justifiées de ma femme et les demandes non moins justifiées de Paul, mon petit garçon de 4 ans et demi qui voudrait tout le temps de son papa pour lui – comment le lui reprocher ?
Sur l’autre plateau de la balance, de nombreuses rencontres inattendues et enrichissantes. Outre une certaine intelligence des moteurs (dont Google, primus inter pares), et une visibilité certaine : en termes d’image et de réputation, j’ai obtenu plus en 6 mois avec Adscriptor qu’en 2 ans avec mon site pro, désormais moins fréquenté que mon blog !
Mais en aucun cas je le fais parce que je me sens investi d'une fonction quelconque. Je le fais d'abord pour moi, parce que ça correspond à ma nature et à mon besoin impératif de communiquer. Si on me répond, je suis heureux, c'est le but, mais même si personne ne me répond, ça ne m'empêche pas pour autant de dire... [Début]

3. Le lecteur

Je partage davantage les positions exprimées par Olivier dans sa thèse sur le lecteur, points 4.2 (Les nouveaux visages du lecteur) et 4.3. (De l’auteur au lecteur) (pages 56 à 62), ce dernier point se terminant sur le chapitre 4.3.2. (De l’identité aux nouvelles organisations mémorielles), duquel j'extrais cette citation, en réponse (à peine ébauchée, il est vrai) au commentaire de Sylvain :
...il est une chose qui ne peut être renégociée au plan individuel sans entraîner de profonds bouleversements au plan collectif : il s’agit de la mémoire. Pour l’auteur comme pour le lecteur, du fait d’une part de la richesse et de la puissance des outils de création/navigation dont ils disposent, et du fait d’autre part, de ces nouveaux rôles et fonctions qu’il leur faut souvent simultanément découvrir et maîtriser, la part essentielle de ce rapport à l’œuvre habituellement dévolue à l’activité mémorielle se délite au profit d’une simple engrammation vers des mémoires de plus en plus externalisées.
Et qu'en sera-t-il « (l)orsque le procédé de l'encre électronique sera commercialisé sous la forme d’un codex numérique plastifié offrant une parfaite lisibilité en lumière réfléchie, comparable à celle du papier - ce qui devrait être courant vers 2010 ou 2015 -, il ne fait guère de doute que la part du papier dans nos activités de lecture quotidienne descendra à une fraction de ce qu'elle était hier. En effet, ce nouveau support portera à un sommet l'idéal de portabilité qui est à la base même du concept de livre. Tout comme le codex avait déplacé le rouleau de papyrus, qui avait lui-même déplacé la tablette d'argile, le codex numérique déplacera le codex papier, même si ce dernier continuera à survivre pendant quelques décennies, grâce notamment au procédé d'impression sur demande qui sera bientôt accessible dans des librairies spécialisées. Avec sa matrice de quelques douzaines de pages susceptibles de permettre l'affichage de millions de livres, de journaux ou de revues, le codex numérique offrira en effet au lecteur un accès permanent à la bibliothèque universelle. En plus de cette ubiquité et de cette instantanéité, qui répondent à un rêve très ancien, le lecteur ne pourra plus se passer de l'indexabilité totale du texte électronique, qui permet de faire des recherches plein texte et de trouver immédiatement le passage qui l'intéresse. Enfin, le codex numérique permettra la fusion des notes personnelles et de la bibliothèque et accélérera la mutation d'une culture de la réception vers une culture de l'expression personnelle et de l'interaction. » (Christian Vandendorpe) [Début]

* * *

Conclusion

En 2010-2015 et au-delà, il est probable que l'organisation hypertextuelle dont parle Olivier aura fait place à la désorganisation hypertextuelle la plus totale parmi les 200 milliards et plus de pages Web indexées par GYM et les autres, et que les milliards de nœuds du réseau qui composent l'Hypertexte planétaire seront moins formés par des liens que par des ordinateurs au contenu indexé des internautes.

Ce jour-là, qu'en sera-t-il du texte et des antiques pouvoirs du papier ? Même si pour moi l'avantage du livre sur Internet restera toujours que le réseau des réseaux ne satisfait que la vue et l'ouïe, là où le livre y ajoute le toucher et l'odorat du papier. Mais ça reste une question de goût personnel :-)

Et quid de mon pauvre palimptexte ? Passera-t-il à la trappe des oubliettes du Web ou mettra-t-il racines dans le terreau de l'implantation terminologique ? En pleine symbiose rhizomatique... Qui sait :-) [Début]


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mardi 19 septembre 2006

L'Internet aujourd'hui : de l'hypertexte au palimptexte


Suite : Palimptexte, une tentative de définition

Préambule
L'hypertexte
Le palimpseste
Le palimptexte

* * *

Préambule

Billet éminemment subjectif auquel je pense depuis des mois, exactement depuis que j'ai lu Ipertesto. Il futuro della scrittura (Bologna, Baskerville 1993), traduction italienne de l'essai de George P.Landow, intitulé Hypertext. The Convergence of Contemporary Critical Theory and Technology (Baltimore, The Johns Hopkins University Press 1992), dont le titre littéral serait Hypertexte. Convergence de la théorie critique contemporaine et de la technologie, malheureusement non traduit en français, à ma connaissance. Ce qui est quand même dommage.

Un livre passionnant, dans lequel je n'ai pourtant trouvé aucune définition de l'hypertexte me convenant, c'est-à-dire qui correspondrait, ou, pour le moins, cernerait au plus près l'idée que je m'en fais d'après mon expérience presque quotidienne d'internaute.

Pour moi Internet a 10 ans, puisque je me suis connecté pour la première fois au réseau des réseaux début 1996. J'aurais pu le faire en 1995, or j'y ai pensé pendant des mois avant de me lancer. Ça va sûrement vous faire sourire, mais j'envisageais cette première connexion comme un saut dans l'inconnu d'Internet tel que je l'imaginais, à savoir un gigantesque trou noir engloutissant à la fois le temps, l'espace et la perception spatio-temporelle qui avait accompagné les 40 premières années de ma vie.

Je sais bien en disant cela que les jeunes qui me liront penseront immanquablement « c'est qui ce vieux schnock ? », mais peu importe, telle est mon expérience. Je me rappelle d'ailleurs ma première connexion et ma première recherche, une recherche de traducteur, toujours en quête de glossaires pour l'aider dans son métier. Mot saisi dans le moteur (Google n'existait pas) : « glossary ». Résultat : 300 000 occurrences en moins d'une seconde. J'ai tout éteint ! Énorme ! J'avais besoin d'y penser. J'ai largement dépassé depuis 1 Téraoctet de données stockées, dont des dizaines de milliers de glossaires, tandis qu'aujourd'hui sur Google j'obtiens ... 248 millions d'occurrences sur la requête « glossary », soit près de 1000 fois plus qu'il y a dix ans. Sans commentaires :-)


Donc après une décennie de navigation intensive, quasiment always on, mon travail aidant, voici que je me risque à proposer « une » définition, suggérée par « mon expérience utilisateur ». [Début]

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L'hypertexte

Il est clair que le socle d'Internet grand public est l'hypertexte, tel qu'il a été défini par Tim Berners-Lee et Robert Cailliau dans le document fondateur WorldWideWeb: Proposal for a HyperText Project.

Il est tout aussi clair qu'au-delà de cette définition purement technique, il en est une multitude d'autres possibles, inutile de tenter d'en faire le tour, ce serait aussi vain qu'illusoire. Je vous renvoie donc à la consultation de la thèse de doctorat d'Olivier Ertzscheid, intitulée « Les enjeux cognitifs et stylistiques de l'organisation hypertextuelle : le Lieu, Le Lien, Le Livre », un Monument, au propre et au figuré, 467 pages de pur savoir, un travail hautement admirable que devrait étudier tout internaute soucieux de naviguer moins bête.

On en apprend à toutes les pages. Notamment que la première occurrence d'hypertexte remonte à 1965, sous la plume de Théodore Nelson (p. 20), à l'origine du projet Xanadu dès 1960. Avant de retrouver une autre idée de l'hypertexte 17 ans plus tard chez Gérard Genette (p. 22) :
J’appelle donc hypertexte tout texte dérivé d’un texte antérieur par transformation simple (nous dirons désormais transformation tout court) ou par transformation indirecte (nous dirons imitation).
Citation extraite de Palimpsestes. La littérature au second degré (Paris, Seuil 1982), dans lequel la notion d'hypertextualité est ainsi définie par l'auteur :
J'entends par là toute relation unissant un texte B (que j'appellerai hypertexte) à un texte antérieur A (que j'appellerai, bien sûr, hypotexte) sur lequel il se greffe d'une manière qui n'est pas celle du commentaire.
« La relation de coprésence de deux ou plusieurs textes » caractérisant l'intertextualité, d'après Genette, souvent confondue ou assimilée à tort à l’hypertexte, selon Olivier Ertzscheid, pour qui, « à l’inverse, l’intertextualité est un épiphénomène d’une organisation hypertextuelle des textes. » (p. 5), l'épiphénomène étant un phénomène accessoire, secondaire, « qui accompagne le phénomène essentiel sans être pour rien dans son apparition ou son développement » (Petit Robert). [Début]

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Le palimpseste

Palimpsestes. Le mot est lancé. Souvent associé à certaines caractéristiques d'Internet, c'est ainsi qu'en mars 2005 Martin Lessard a pu définir le Wiki comme un palimpseste technologique, malgré les différences judicieusement observées par Jean Véronis. C'est encore l'effet palimpseste décrit par Luc Legay :
...le principe de fonctionnement des wiki, comme celui des CVS, est un principe de palimpseste. Les contributions s'empilent jusqu'à atteindre un certain seuil d'utilisabilité, au-delà duquel un effet palimpseste d'effaçage et de réécriture permet de retrouver une certaine lisibilité.
Autant de contributions qui s'écoulent dans le flot de l'histoire [« outil » mis au point par la recherche IBM pour une « visualisation dynamique de l'évolutivité des documents, des interactions et du travail collaboratif d'auteurs multiples » (visualizing dynamic, evolving documents and the interactions of multiple collaborating authors)] du versioning, qu'Olivier Ertzscheid désigne par « l’ensemble des manières de gérer, indépendamment de tout niveau d’échelle (d’un hypertexte local à l’hypertexte planétaire), les procédures permettant de rattacher différentes versions d’un même document à un (des) auteur(s), tout en permettant à chacun de s’approprier tout ou partie des documents produits par d’autres ou par eux-mêmes, et en assurant un suivi des différentes modifications apportées. » (p. 7), en l'identifiant comme un problème central (p. 99) et en citant André Heck :
« Nous sommes entrés dans une nouvelle ère : celle de l’information fluide. (...) Ce nouveau concept en implique d’autres tels que la stabilité ou l’instabilité des documents, ainsi que la génétique de document : au-delà de son éventuelle évolution propre permanente, un document peut donner le jour à d’autres (...) d’abord liés à lui-même ; la pertinence de ceux-ci peut (...) supplanter celle du document géniteur qui ‘meurt’ virtuellement. »
Lire tout le point 4.6.4 (pages 203-206), qui se termine sur une « vue synoptique des problématiques du lien » :


et introduit le point 4.7, Transclusion, concept que Ted Nelson a étendu ensuite à celui de Transpublishing :


puis de Transquotation et Transcopyright.

Un « recyclage » planétaire né avec le Web, où l’hypertextualité n'y est en aucun cas l' « indice d’un renoncement de l’auteur à son identité individuelle comme à son accomplissement personnel » mais bien la possibilité nouvelle et extraordinaire, jamais expérimentée à une telle échelle depuis l'aube de l'humanité, « de diffuser, contrôler, créer, mixer et remixer du contenu sur Internet », pour reprendre les mots de Martin Lessard qui m'ont fait défaut pendant des mois.

À phénomène nouveau, nouvelle désignination, bien avant d'en connaître la définition, j'avais nommé PALIMPTEXTE mon intuition. [Début]

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Le palimptexte

Pourquoi un néologisme ? Au-delà de ce que je vois pratiquement comme une double justification, s'agissant à la fois de la création d'un mot nouveau pour rendre compte d'un nouvel usage, et de l'emploi d'un mot quasi-préexistant dans un sens nouveau, je dirais que la réponse est un peu une lapalissade : parce qu'il désigne une réalité qui n'a jamais existé jusqu'à présent.

Il y a certes des alchimies secrètes qui traversent les siècles comme une prémonition, une précognition. Ce sont les mains de Gargas qui font pleurer Dominique Autié et dire à l'un des visiteurs qu'il accompagne :
Vous m’avez fait comprendre, à l’instant, en quelques mots devant les empreintes de la grotte, comment fonctionne mon ordinateur et comment fonctionne Internet !

Ce sont encore les liens (d)écrits en 1591 dans le Traité des liens (De vinculis in genere) par Giordano Bruno, lui qui était doté d'une mémoire prodigieuse et fut l'auteur de deux ouvrages sur la mnémotechnique. Or qu'est-ce qu'un hyperlien sinon un ancrage mnémotechnique ?

Comme Stendhal, lequel, pour pallier les défaillances de sa mémoire, (...) avait pris l’habitude de noter ses pensées dans les marges des livres, d’une écriture souvent chiffrée ou iconique, qui jouait ainsi le rôle d’un « ancrage » de lien mnémonique. (Selon Jean-Louis Lebrave, repris par Jean Clément, qu'Olivier Ertzscheid cite dans sa thèse, note n° 106, p. 97).

Or en essayant de tracer les contours de cette réalité « qui n'a jamais existé jusqu'à présent », je me rends compte qu'il ne me faudra pas moins que l'espace d'un nouveau billet (inutile d'alourdir excessivement celui-ci) pour accorder toute la place qui lui est due à ce nouvel « écrit en gestation », dont je ne connais hic et nunc que le titre : Palimptexte, une tentative de définition.

Si entre-temps vous souhaitez me proposer vos remarques/critiques sur ce qui précède, je m'efforcerai d'en tenir compte au cours de ma rédaction. [Début]


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dimanche 17 septembre 2006

Liens Adscriptor du 17 septembre 2006

Liens Adscriptor du 17 septembre 2006

Une trouvaille pour les jours de grisaille : le débilitron, qui passe vos textes à la moulinette du non-sens. Exemple sur une citation de mon dernier billet (pourtant très sérieux) « débilitré » :
Il est essentiel que l'Union européenne participe pleinement aux implants capillaires qui détermineront l'avenir de la clé a molette internationale d'Internet, sur la boule de pétanque des chiens de traîneau généraux fixés dans les relaxations propositions de la Commission pour incinérer la chambre à air internationale sur les sonnettes d'alarme mondiales des pénétrations...
Plus qu'essentiel, j'oserais dire existentiel. Via Jean Véronis. Dans la série des pourrisseurs de texte et autres générateurs de langue de bois (famille des OUtils LIttéraires Pas Onéreux pour les aficionados du kit « comment saloper tout seul ses textes ou ceux des autres »).

Ce qui est probablement assez proche de la réalité et nous permettra d'envisager plus sereinement à quoi pourrait ressembler Internet dans 10 ans...

Rien à voir avec la choucroute, mais avec les nouilles, que pensez-vous de la spaghettisation des blogs ?

Tiens, après toutes ces émotions, rien de tel que la fréquentation exceptionnelle d'un lieu de paix pour nous remettre, j'ai nommé la bibliothèque. Chemin fléché par Olivier Ertzscheid.

Bonne lecture :-)



P.S. Ce billet étant le 150ème, il fallait bien marquer le coup !

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vendredi 15 septembre 2006

L'ICANN et la gouvernance d'Internet : certifiés DoC!


[MàJ - 4 août 2008] DoC-NTIA - ICANN : rien ne va plus !

* * *

Commençons par une citation d'actualité :
L'enjeu majeur d'aujourd'hui pour la gouvernance de l'Internet est de savoir si l'on veut que le réseau des réseaux soit utilisé comme un instrument exceptionnel de partage des connaissances, ou comme une arme géopolitique détenue par une superpuissance qui n'envisage guère d'en partager le contrôle, se réservant le droit de maintenir ou de renvoyer ses adversaires dans l'âge pré-Internet, c'est-à-dire la préhistoire de la Société de l'information.
Signé : Loïc Damilaville
Daté : Vendredi 20 septembre 2002 !

Dans deux semaines, le 30 septembre pour être précis, le Department of Commerce (DoC) des États-Unis va très probablement faire jouer le « droit de préemption » qu'il s'était réservé et renouveler le protocole d'entente (Memorandum of Understanding - MoU) pour conserver sa tutelle sur l'ICANN et sa mainmise sur le contrôle d'Internet.

Comme l'explique si bien quelqu'un sachant de quoi il parle, Stephan Ramoin (Gandi) :
Le système qui gère les noms de domaine est clairement identifé :

- Le Department of Commerce (DoC) américain est l'organe décideur des choix stratégiques via une de ses émanations, la NTIA,
- La NTIA délègue à L'ICANN (une association) la gestion administrative des noms de domaines,
- L'ICANN choisit les prestataires techniques pour la gestion au jour le jour et l'exploitation des extensions générales (Verisign pour le .com et le .net, PIR pour le .org, Affilias pour le .info etc ...), et les pays font leur choix sur leur extension nationale. Mais toujours sous l'influence américaine, puisque les 13 serveurs racines sont gérés là bas. Ce qui pose des problèmes de gouvernance, mais Loïc (Damilaville) en parle mieux que moi...
Donc ne pas confondre ce protocole avec l'accord IANA (Internet Assigned Numbers Authority), qui consiste à « préserver les fonctions de coordination centrale de l'internet dans l'intérêt de la communauté », avec en tête, les missions de zonage du monde avec attribution d’adresses IP à des organismes locaux (Apnic, Arin, Lacnic, ou pour l’Europe, Ripe Ncc), pour lequel l'ICANN a été reconduit jusqu'en 2011, le 15 août dernier.

Un droit détenu par l’Icann depuis 1998. Depuis sa création, en réalité. Que l'on pourrait virtuellement faire remonter au 1er juillet 1997, lorsque Bill Clinton chargea le Secrétariat d'État au Commerce de privatiser le DNS (Domain Name System) afin d'accroîte la compétition et de faciliter la participation internationale à la gestion du système. Un Livre vert fut publié le 20 février 1998 (cf. background), et l'ICANN créé, suite à ces événements.

Chose étrange, le jour même de la sortie du Livre vert, la Commission européenne publiait une communication intitulée « INTERNATIONAL POLICY ISSUES RELATED TO INTERNET GOVERNANCE - COMMUNICATION TO THE COUNCIL FROM THE COMMISSION » (Problèmes de politique internationale liés à la gouvernance d'Internet - Communication de la Commission au Conseil), dans laquelle l'approche retenue allait sûrement dans le bon sens :
It is essential for the European Union to participate fully in the decisions which will determine the future international governance of the Internet on the basis of the general objectives set out in the recent Commission proposals for increased international co-operation on global communications policy...

Il est essentiel que l'Union européenne participe pleinement aux décisions qui détermineront l'avenir de la gouvernance internationale d'Internet, sur la base des objectifs généraux fixés dans les récentes propositions de la Commission pour intensifier la coopération internationale sur les politiques mondiales des communications...
Certes, en 8 ans, beaucoup de chemin a été parcouru ... à rebours !

Avec le DoC qui continue de souffler le chaud et le froid, puisqu'après avoir laissé croire à une trêve ou qu'il lâchait du lest, d'aucuns ont pu penser que le débat sur la gouvernance d'Internet était relancé, pas plus tard qu'en juillet dernier :
Contre toute attente, lors d'une réunion publique organisée mercredi à Washington, le Département US du commerce a indiqué que les États-Unis pourraient céder une partie de leur contrôle 'historique' d'Internet. Rien n'est fait. Il faudra attendre le 30 septembre 2006 pour savoir quels pouvoirs les Etats-Unis entendent "céder" et sous quelles conditions.
Or il est clair maintenant qu'il n'en sera rien, et ce ne sont pas les illusoires et velléitaires impulsions de Bruxelles qui pourront y changer quelque chose :
La Commission européenne est bien décidée à ne pas relâcher la pression sur la question de la gouvernance de l'internet. Elle prépare activement le premier Forum consacré au sujet, qui devrait avoir lieu à Athènes du 30 octobre au 2 novembre prochain.
Dommage que le partenariat public-privé U.S. DoC-ICANN aura déjà été dûment signé... un mois plus tôt, et pour cinq ans !

Mais vu les progrès accomplis de 1998 à 2006, tant du côté américain (le « faciliter la participation internationale... » du Gouvernement Clinton) que chez nous (« Il est essentiel que l'Union européenne participe pleinement aux décisions qui détermineront l'avenir de la gouvernance internationale d'Internet... »), un petit lustre ne sera pas de trop pour éclairer nos négociateurs, actuellement réduits à formuler des vœux pieux, comme en témoigne cette déclaration de la Commissaire européenne pour la société de l’information et les médias, Viviane Reding :
- Pour l'instant, l'ICANN est sous domination des États-Unis. Le Département américain du commerce a un droit de regard, qui devrait être renouvelé à la fin du mois. Nous avons beaucoup discuté avec eux : idéalement, on préférerait qu'il n'y ait pas de mainmise du tout, mais espérons au moins qu'elle soit la plus légère possible, que ce droit de regard ne comprenne plus de mesures d'intervention...
En attendant, dès le 1er octobre, lendemain de la signature de l'accord, vous verrez se déchaîner nos organes de presse et autres intervenants chargés de relayer les infos auprès de l'opinion publique, quand bien même avec quelques jours, voire semaines, de retard.

Un peu comme Stéphane VAN GELDER, à qui je reconnaîs volontiers d'avoir ENFIN réagi, même si la façon dont il traite le sujet ne manque pas de me laisser perplexe : un article gentillet, très "politically correct", mais sans aucun approfondissement, aucune véritable analyse, aucune ouverture vers l'extérieur (pas un seul lien dans son article), et une conclusion à la Doctor Watson qui frise le ridicule :
Contacté par la rédaction de Domaines.info, le président de l'ICANN Paul Twomey n'a pas répondu à nos demandes d'information complémentaires. Officieusement, un membre du conseil nous a cependant indiqué que certaines modifications seraient certainement prochainement apportées aux propositions de contrat.
Je ne connais aucun des membres du conseil de l'ICANN, ni officiellement ni officieusement, et pourtant j'en étais arrivé aux mêmes conclusions. Je suis doué, quand même !

Ceci étant, après tout ce qui précède, même la question pourtant brûlante des prix variables et des contrats avec les registres des extensions .COM, .BIZ, .INFO et .ORG passe un instant au second plan. Ce qui n'empêche pas les américains de veiller, et je ne suis pas ironique en disant cela : à l'initiative de Netwok Solutions, ils viennent juste d'adresser un nouveau rapport sur les lacunes de la gestion du DNS par l'ICANN, et elles sont graves et nombreuses ! Ce serait même un modèle sclérosé, selon Louis Pouzin, l'homme qui n'a pas inventé Internet, président du conseil d'administration du Native Language Internet Consortium (NLIC), dont l'objectif est de promouvoir des technologies de gestion multilingue du Réseau...

L'internationalisation, puisqu'on en parle, première priorité inscrite dans la planification stratégique de l'ICANN sur la période 2007-2010, les IDN et le multilinguisme sur le réseau des réseaux, un sujet dont l'ICANN a déjà repoussé l'examen en 2005, probablement - pure intuition de ma part - parce que sa mise en place s'accompagnera obligatoirement d'une perte d'influence de l'ICANN, dès lors que l'anglais deviendra minoritaire sur le Net (voir du côté de l'Asie...). Comme le résume Louis Pouzin :
« Aujourd'hui, très concrètement, l'internet appartient à ceux qui comprennent l'anglais, et dans une moindre mesure, à ceux qui appartiennent à l'ensemble des langues vécues dans l'alphabet latin. Pour 80 % de l'humanité, l'alphabet latin ne produit aucun sens. Si l'on veut inclure à l'échelle mondiale les sociétés dans leur diversité, il faut bien que les infrastructures soient capables de transporter des langues dans leur alphabet propre. Un équipement, des logiciels, des services, des usages qui utilisent en toute transparence l'ensemble des langues disponibles. La langue se base sur une communauté, 80 % des échanges linguistiques se font au sein de mêmes communautés indépendamment de leurs dispositions spatiales. Exclure des usagers de l'internet parce que leur langue n'est pas accessible, c'est les exclure de l'ensemble des échanges communicationnels. »
Mais j'aborderai la gestion multilingue d'Internet et les IDN dans de futurs billets...

Pendant ce temps, en Europe et ailleurs, le Forum sur la Gouvernance d'Internet discute, discute... Est-ce un jeu de dupes, d'après vous ? Moi, je crois bien que oui ! L'ICANN et la gouvernance d'Internet : certifiés d'origine contrôlée !

Finalement, c'est toujours la même histoire qui se répète : Internet, 15 jours pour convaincre ou 30 ans à subir...


Liens connexes (les 2 premiers sont en anglais, les autres en français) :
  1. OECD input to the United Nations Working Group on Internet Governance
  2. Domain Name Handbook

  3. L'ICANN en 10 leçons
  4. Les Organismes de la Gouvernance de l’Internet
  5. GOUVERNANCE : Les principaux acteurs de l'Internet...
  6. Quelle gouvernance par l’Internet et pour l’Internet ? (fichier PPT, 8 Mo)
  7. Gouvernance de l'Internet
  8. Gouvernance de l’internet : L’ÉTAT DE FAIT ET L’ÉTAT DE DROIT
  9. GOUVERNANCE D'INTERNET : LE PARTENARIAT PUBLIC - PRIVÉ
  10. ICANN et la gouvernance d'Internet (par Heins Klein)

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