mardi 17 avril 2007

La verticalisation des moteurs de recherche - suite

La verticalisation des moteurs de recherche - suite

[MàJ - 25 mai 2007] : conclusion

[MàJ - 18 avril 2007]

Après ma critique de Reportlinker, je m'attendais à recevoir un message de dénégation de la part des responsables du site, en revanche j'ai eu l'heureuse surprise de recevoir le courriel suivant, que je reproduis avec l'aimable autorisation de son auteur, Nicolas Bombourg :
Bonjour Jean Marie,

Je me permets de revenir vers vous pour donner suite à votre post sur notre service Reportlinker.
Si vous le souhaitez, je vous propose de vous inscrire gratuitement sur notre outil.

Vous pourrez y accéder pendant un mois. En échange, je vous demanderai, comme à tous les Beta-testeurs, de nous faire remonter toutes les bonnes idées qui vous viendront à l’utilisation de notre outil.

Je vous ferai également si vous le souhaitez remonter quelques informations concernant notre technologie. En effet, notre moteur est basé sur une technologie sémantique, générant à la volée des clusters basés sur les contenus des études identifiées, et permettant d’affiner les résultats sur 4 dimensions (langue, industrie, date de publication et zone géographique). À ma connaissance, Google CSE n’offre pas ces fonctionnalités.

Cette technologie est le fruit de 5 ans de R&D, a reçu le soutient de l’Anvar, ses coûts de développement sont aujourd’hui estimés à 2 M€.

Enfin, je suis également à votre disposition pour vous faire remonter des informations concernant les moteurs de recherche verticaux, et le Web 3.0 puisque notre société s’inscrit dans cette tendance. Vous en trouverez quelques extraits sur notre blog.

À l’image de notre site, ouvert depuis le début Avril, il est perfectible ;-)

Je suis à votre disposition pour en discuter par ailleurs, vous trouverez mes coordonnées ci-dessous. À bientôt,

Cordialement,
Nicolas
J'aime les gens qui jouent le jeu, je trouve cette démarche positive, ça va dans le bon sens. À mon tour j'accepte donc de bêta-tester le moteur pendant un mois, dans la plus grande impartialité, en faisant remonter mes observations à leur concepteur et je vous reviendrai ensuite avec un nouveau billet circonstancié sur ce nouveau moteur de recherche verticale. Dont l'idée m'avait séduit d'emblée, mais dont les conditions d'abonnement m'avaient immédiatement refroidi. En attendant je leur propose d'étoffer le volet "communication" de leur site, car ce qui semble couler de source pour eux est manifestement moins évident pour l'internaute lambda. D'où la première rédaction de cet article :

* * *

Depuis que j'ai publié mon dernier billet sur la montée en puissance des moteurs de recherche verticalisés, ou thématiques, ou spécialisés, etc., j'ai découvert Reportlinker, autre exemple de verticalisation d'outil de recherche qui répertorie pour l'instant 1,2 million d'études sectorielles en accès illimité... mais payant (on est d'ailleurs à la limite de l'abus de langage : illimité, certes, pourvu qu'on paye et qu'on renouvelle son abonnement chaque mois, pour la modique somme de 2 748,00 € à l'année !). Malheureusement, AMHA bien trop cher ! Encore un business model à la française...


Faire payer 129,00 € pour 24 heures (sic!) ou 229,00 € par mois pour permettre de télécharger des ressources gratuites (car j'imagine que la plupart sont accessibles gratuitement sur Internet), faut pas se moucher du pied !

Exemple : j'ai saisi "traduction" dans l'onglet de recherche, et la première page de résultats semble alléchante :


Problème, dès qu'on clique on arrive sur la page du "choix" de l'abonnement (conditions au 17 avril 2007)...

J'ai donc voulu tester le troisième résultat, dont le snippet dit textuellement : « Glossaire anglais-français 1 abbreviated sector breakdown ventilation sectorielle simplifiée; nomenclature simplifiée des secteurs abnormal » (238 pages).


Je l'ai repris tel quel et l'ai collé dans "mon moteur". Résultat, ça sort de suite et c'est gratuit.


Et comme vous pouvez le voir, le document fait bien 238 pages, donc pas d'erreur possible, c'est bien le même qui vous aurait coûté au bas mot 129,00 € chez ReportLinker.



Par simple curiosité, j'ai réitéré l'expérience avec les deux premiers résultats, qui en fait n'en sont qu'un seul, pour voir si je retrouvais le document sur Google avec les indications disponibles. D'abord, le binôme TRADUCTION + "profil de l'industrie" est très fréquent dans les études de marché canadiennes, dont la plupart sont publiées dans les deux langues. Dont acte. Quatrième résultat (puisqu'il est question de musique) :


Là aussi, 149 pages, c'est bien ça. À noter quand même que l'étude date du 30 septembre 2004, ce qui n'est plus tout jeune si on calcule en temps Internet. Et dans le lot de plus d'un million d'études "disponibles" annoncées, je me demande quelle est la part vraiment de première fraîcheur...

* * *

Sur le billet de Jean-Michel Billaut, source de cette info, les commentaires sont d'ailleurs plutôt aigres... Allez, venez chez moi, on fera ça à la bonne franquette :-)


P.S. Voilà encore un domaine où les anglo-saxons pourraient nous enseigner ce qu'il faut faire ... ou pas !

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vendredi 13 avril 2007

La verticalisation des moteurs de recherche

Suite...

[MàJ - 14 avril 2007] En attendant Google se verticalise ... dans la pub ! Entre le rachat de Doucleclick pour 3,1 Mds $ cash et celui d'Internet pour 2 455,5 Mds $ cash, que choisir ? Seule certitude : Micro$oft est vraiment de plus en plus loin. Bientôt ce ne sera plus Poulidor mais la voiture balai (sans aller jusqu'au cercueil !)...

* * *

Depuis que je travaille - intensément - à la conception de Translation's 2.0, "mon" moteur de recherche thématique dédié à la traduction et la terminologie multilingue (indexant près de 34 600 [catégories de] sites), chaque jour je suis amené à réfléchir sur le potentiel inépuisable et encore inexploré de la verticalisation des moteurs de recherche.

[3 600 : mise à jour, 26 sept. 2007
4 600 : mise à jour, 25 février 2008
]

En 11 mois (23 mars 07 - 25 février 08), les chiffres sont plutôt encourageants :
  • 20 678 requêtes
  • 32 786 visiteurs
  • 60 585 pages vues
  • 1 minute 10 secondes de permanence par visiteur


* * *

Au moment où la recherche est plus que jamais destinée à devenir le véritable système d'exploitation de l'Internet (Search is the OS, j'aime bien la traduction en français, particulièrement explicite dans ce cas...), au moment où le référencement tel qu'on le connaît est appelé, non pas à disparaître, mais à évoluer et se transformer en profondeur, au moment où dans le couple intégration / synchronisation Desktop - Webtop, le premier régresse chaque jour davantage derrière le second (l'ère de l'information quitte le bureau pour passer à l'internet), et Microsoft derrière Google, par voie de conséquence (même si les deux ne sont pas forcément comparables), au moment où l'heure est venue de changer nos modes de travail, il est probable, et même certain, que la verticalisation des moteurs de recherche jouera un rôle central dans cette redistribution des cartes, aussi radicale qu'inéluctable.

La chose n'est pas nouvelle, Danny Sullivan dressait déjà un état des lieux en 2002, mais certains signes donnent à penser que le phénomène s'accélère. Et s'il est vrai que les mastodontes de l'Internet prennent de plus en plus de poids, puisque les dix premiers sites mondiaux (les métayers du Web comme les appelle Nicolas Carr) se partagent 40% des pages vues sur l'ensemble du réseau, soit une progression de 29% de novembre 2001 à novembre 2006, il n'en reste pas moins que la mise à disposition (quasi-)gratuite... de leurs outils permet à l'internaute lambda tel que ... moi, et vous, et nous, non pas de faire jeu égal, mais au moins d'en bénéficier quasiment à coût zéro.

Une verticalisation, chère à Google pour d'autres raisons, qui permet de conjuguer pertinence et rapidité, deux éléments d'importance pour affiner le rapport signal-bruit des résultats d'environ ... 400 milliards de requêtes par an ! Ajoutez-y les nouveaux moteurs de la recherche sociale et, entre autres, le nouvel algorithme mis au point par Ask, ça nous promet de profondes mutations en perspective...

Perso j'en suis presque à 3 000 requêtes (pour plus de 4 000 pages vues) en moins de 3 semaines, ce qui est déjà une manière d'apporter ma modeste pierre à l'édifice !



... qui risque de se faire de plus en plus rare sur ce blog dans les semaines à venir...

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vendredi 30 mars 2007

Utiliser Google CSE pour personnaliser son moteur de recherche

Utiliser Google CSE pour personnaliser "son" moteur de recherche

Suite...

Voici quelques jours que je travaille avec CSE à la création d'un moteur de recherche "vertical" (on pourra préférer "thématique", "spécialisé" ou autre, mais j'aime bien la notion de verticalisation qui me donne une idée de profondeur...) dédié à la traduction, et plus précisément à la terminologie appliquée quasi-exclusivement au couple linguistique anglais-français mais dans tous les domaines.

J'avais décidé de m'y consacrer dès la sortie de Google CSE, un outil mettant à disposition de l'internaute lambda toute la flexibilité et la puissance de Google, qui ne faillit décidément pas à sa réputation !

Cela a donné Translation's 2.0, pour être dans l'air du temps :

D'abord dédié à la terminologie français <--> anglais (même s'il donne aussi de bons résultats avec d'autres langues européennes), le but consiste à n'indexer que des sites très riches en terminologie, bilingues pour la plupart, afin d'atténuer le plus possible le bruit généré par Google, sans pour autant tomber dans le silence.

Le but est donc de faire gagner du temps à l'internaute en éliminant la masse des réponses hors sujet, inévitables lorsqu'un moteur indexe plusieurs milliards de pages Web, pour proposer un maximum de résultats pertinents. Et même si j'ai essentiellement restreint à deux langues le champ de recherche, j'ai voulu éviter de faire un moteur confidentiel, puisque l'ambition est de traiter tous les domaines, la terminologie étant transversale par excellence.

Cela va à l'encontre de ce que j'ai pu observer dans les CSE disponibles en français, peu à vrai dire, puisque j'en ai trouvé à peine quelques dizaines contre environ 20 000 moteurs personnalisés recensés par Google (voir également ce Guide To Custom Search Engines). Encore la frilosité française face au pragmatisme anglo-saxon ?

Profitons-en donc pour saluer quelques pionniers, qui vont des trois mousquetaires de l'information juridique au D'Artagnan de la veille, en passant par la vente, la lecture, les normes du Web, l'accessibilité, les blogs de Google, les blogs francophones, les juriblogs, et même la biblioblogosphère.

Ajoutons-y en vrac les timbres, les estampes, l'emarketing, les flux, les photos, les "signaux", le foot, Autodesk, Wordpress, Linux, Ubuntu ou les beta-tests, avec une mention spéciale pour les vins ... suisses, et pardon à celles et ceux que j'oublie (les commentaires sont ouverts pour réparer cette injustice :-).

Venons-en maintenant à l'élaboration du moteur, déjà fort bien expliquée ici, pour signaler quelques fonctionnalités que je trouve géniales.

Tout d'abord la possibilité de s'affranchir de la page fournie d'office par Google dès qu'on crée son moteur pour l'héberger dans le contexte de son choix : sobrement pour Sébastien Billard, brillamment chez Sergi, ou de manière particulièrement visuelle pour Vincent Abry avec l'interface de Surfons :


Viennent ensuite différentes fonctionnalités avancées offertes par Google pour optimiser son propre espace d'accueil du moteur CSE, notamment la possibilité de faire apparaître les résultats sur la page de son choix, en dépit d'un petit bémol, à savoir la limitation des affichages à 10 résultats par page, sans fonction cache ni signaler le nombre total de résultats d'une recherche.

Ceci étant, c'est toute la puissance de son moteur que Google met gratuitement à notre disposition, et ce serait vraiment dommage de s'en priver. Si vous ne savez pas quoi y mettre, gavez-le avec tous les liens accumulés dans vos favoris au fil des ans, vous verrez que lorsque vous vous habituerez à la recherche plein texte vous en oublierez jusqu'à l'existence de vos signets !

Je vais rédiger prochainement une FAQ pour expliquer les stratégies et les syntaxes de recherche utiles pour tirer toute la pertinence possible de l'outil, donc en attendant profitez-en pour résoudre vos problèmes terminologiques et de traduction anglais-français ou vice-versa : testez-le, j'apprécierai grandement votre expérience en retour et je reste ouvert aux conseils autant qu'aux critiques constructives. Je n'ai pas encore terminé la base d'indexation, mais il est déjà gaillard, le petit ! Pour l'essayer, c'est par là :






Google Custom Search


Bonne recherche et, surtout : n'oubliez pas, créez le vôtre !

Jean-Marie Le Ray

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samedi 24 mars 2007

Cinquante ans aujourd'hui !



Bordeaux, hôpital Pellegrin, nuit du samedi 23 au dimanche 24 mars 1957, 1 heure du matin : naissance de Jean-Marie, Vincent, Edmond Le Ray, fils de Bernard Paul Le Ray et Jacqueline Pierrette Durand.
Rome, le lendemain, signature du Traité instituant la Communauté économique européenne.
Je suis donc plus vieux que l'Europe. Le vieux continent, qu'ils l'appellent ! Vieux con..., vieux con..., vieux continent... (tant que c'est pas incontinent, ça va encore ;-)
Rome, samedi 24 mars 2007, 1 heure du matin, 50 ans plus tard, j'écris ce billet. Après tout, devenir quinqua, ça n'arrive qu'une fois dans sa vie (même si c'est parti pour 10 ans !). Entre ces deux dates, l'Europe s'est construite, paraît-il, moi aussi. Enfin, j'espère. :-)
Hugo en serait-il fier ? Comme dit Alain Decaux :
Hugo incarne son siècle mais on pourrait dire également que ce siècle-là galope derrière Hugo. L'un et l'autre croient à l'avenir, à ce radieux XX° siècle qui devait voir s'abattre les frontières, mourir la guerre, la misère, l'ignorance, naître de la fraternité universelle ce bonheur des hommes qu'annonçaient les utopistes, ces bien nommés.
À Guernesey, devant le chêne des États-Unis d'Europe qu'il planta dans la certitude que ces États seraient unis quand l'arbre serait grand, j'ai rêvé à ce qui fut de sa part illusion majeure et de la nôtre péché mortel. L'arbre est immense - et qu'avons-nous fait ?

* * *

Point commun entre ces deux événements, Rome, où je vis maintenant depuis plus de 20 ans (qui l'aurait dit ?). J'aime Rome, pas la Rome des guides touristiques mais celle des romains, les vrais, ceux de Trastevere ou Campo de' Fiori, j'aime leur générosité, leur accent, leur exubérance.
Un épisode pour les situer : une ruelle étroite, dans les parages de Via Panisperna, bordée de façades hautes des deux côtés, avec un peu partout des forêts d'antennes de télé sur les toits et ce linge aux fenêtres qui font tant sourire les français...
Je marche sur le trottoir de gauche et, une dizaine de mètres devant, je vois une dame d'un certain âge penchée au quatrième ou cinquième étage qui fait descendre un panier au bout d'une corde. Comme je continue d'avancer, une autre dame en vis-à-vis se livre à la même opération, et alors que j'arrive près du panier la première m'interpelle :
- « Garçon, ça te dérangerait pas de prendre ce qu'il y a dans mon panier pour le mettre dans celui d'en face ? »
- « Mais pas du tout ! », dis-je en m'exécutant volontiers. Or qu'y avait-il dans le panier ? Je vous laisse deviner, réponse en fin de billet...

* * *

C'était à mes débuts dans la capitale italienne, et il me revient à l'esprit un concours organisé par la Procure pour fêter ... les 50 ans de la librairie française, intitulé « Dernières nouvelles de Rome », auquel j'ai participé il y a deux ans (très exactement à l'époque où j'ai entrepris ce blog, en mars 2005). Je n'ai certes pas gagné le prix de Rome, mais je suis heureux que cela m'ait donné l'occasion d'écrire ce texte, dédié à mes beaux-parents et à Paul Bernard, mon fils, petit romain dans toute sa splendeur. Rien à voir avec Google, Internet & Co., mais il faut bien varier les plaisirs. Je vous le livre tel quel, en l'agrémentant de quelques liens. Bonne balade. Peut-être un peu longue, mais hautement charmante et recommandable...

Rome antique, Rome nouvelle

1983
Voilà déjà un an que je vis en Italie.
Première visite à Rome, dont j’ignore tout.
Dans un itinéraire suivant l’impulsion du moment, sans projet ni science, une errance m’ayant conduit de la Rome baroque à la Place de Venise, je quitte celle-ci en longeant l’Autel de la Patrie vers la Via dei Fori Imperiali, grande avenue qui mène droit au Colisée.
Après avoir parcouru quelques mètres j’avise à droite une montée, mais préfère garder le cap, d’instinct, mes jambes fatiguées se refusant à escalader le fort dénivelé.
Une dizaine de mètres supplémentaires et une deuxième ruelle annonce Via del Tulliano.
Je m’y engage sans trop savoir pourquoi, sinon qu’elle est plane et m’assure une marche plus reposante ; n’ai aucune idée de ce qui m’attend…
Encore quelques pas et une vaste façade en point de fuite attire mon attention. Je saurai plus tard que c’est la paroi latérale de l’église Saint-Joseph-des-Charpentiers, bâtie sur les deux niveaux du Carcer Tullianum, probablement le plus vieux monument de Rome, qui donne son nom à la rue homonyme : ce cachot noir et humide fut, entre autres, le terrible tombeau de Jugurtha, roi de Numidie, et de Vercingétorix, défait au siège d’Alésia, grand chef des braves et grand vaincu de la guerre des Gaules. Tandis que les Césars jubilaient de leur Triomphe
Pour l’heure, je n’aperçois au bas de l’édifice que de grosses barres grisâtres, peu avenantes, encadrées d’une corniche robuste en marbre blanc qui tranche avec la couleur brique des hauts murs, tout comme contrastent avec le ciel ensoleillé la froideur et la semi-obscurité caverneuses filtrant des interstices. Une inscription au fronton me fait lever la tête :
MAMERTINUM
Prigione dei SS. Apostoli Pietro e Paolo

Je ne connais pas la ville mais je sais l’italien : Prison des Saints Apôtres Pierre et Paul !


Quae dicitur custodia in qua incarcerati fuerunt beati Petrus et Paulus

Deux colonnes de lumière sombrées au fond d’un puits de nuit.
Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Ma vue s’accoutumant à la pénombre, il me semble percevoir un trou dans le sol, par où s’échappent prières et gémissements, mêlés à l’eau jaillissante d’une source miraculeuse…
* * *

Absorbé dans mes réflexions, abîmé devrais-je dire, sous le choc considérable de cette découverte inopinée, difficile de refaire surface.
Finalement, je vais pour reprendre mon chemin, et tourne le dos aux tristes barreaux.
Or en faisant volte-face, la vision que saisit mon regard dans l’instant m’immobilise.
Stupéfait, j’en reste planté sur place, le souffle coupé par l’émotion, bouleversé par ce second choc, plus formidable encore que le premier ! À moins que ce ne soit la superposition violente et rapprochée des deux ?
Contact aussi soudain qu’est inouïe la beauté du spectacle déployé devant mes yeux ébahis…

  1. Mamertinum
  2. Belvedere d'où l'on a une vue panoramique sur le forum
  3. Capitole (actuellement, mairie de Rome, où fut signé le traité instituant la CEE)
  4. Place du Capitole
  5. Vittoriano (Altare della Patria, Tomba del Milite Ignoto)
  6. Via dei Fori Imperiali
  7. Centre du Forum

* * *

– « Connaissez-vous le Forum romain ?
– Une atmosphère unique au monde ! Une immensité d’anciens témoignages qui s’érigent et s’amoncellent sur quelque 4 km², décor d’une profondeur extraordinaire que nous donne à découvrir ce lieu de mémoire tel qu’il existait il y a plus de 2000 ans (si ce n’étaient les cohortes de visiteurs), un lieu public d’échanges et de rencontres où les romains se retrouvaient pour vaquer à leurs affaires, centre de la vie civile, religieuse, cœur de la ville où se concentraient les pouvoirs politique, législatif, exécutif, judiciaire et administratif de l’Empire.
Ce somptueux musée à ciel ouvert offre l’insigne avantage de pouvoir aller s’y perdre tôt le matin (quand les touristes dorment encore...), précisément « le genre de beauté auquel on se trouve sensible en se levant » disait le Sieur Beyle, pour s’abstraire dans la poésie omniprésente.
Le sol que l’on foule gît une bonne dizaine de mètres en contrebas de la Voie des Forums Impériaux, la ville moderne étant rehaussée par rapport à la cité antique, comme si chaque siècle avait tenu à dissimuler les traces des précédents – ont-ils autant honte les uns des autres ? –, à l’abri des furieux quadriges d’aujourd’hui, aux cent chevaux et aux quatre roues motrices…
Et dire que le Forum est resté à l’abandon pendant des siècles, jusqu’à l’époque où plusieurs campagnes de fouilles destinées à lui redonner sa splendeur oubliée furent ordonnées par … Napoléon : encore une histoire d’empereur, une fois n’est pas coutume !
Jadis marché aux bœufs ou champ des vaches (Campo Vaccino) paissant au pied du mont aux chèvres (Monte Caprino) – le Capitole, lui-même à l’origine champ d’huile (Campidoglio) –, cet espace n’était plus depuis le VIIIe siècle qu’un amas de décombres situé hors des murs de la cité, avec quelques monuments méconnaissables entourés çà et là d’hétéroclites bâtisses surgies du Moyen Âge. Jusqu’en 1811, année où commencèrent à être rasés greniers, maisons et granges à foin construits au milieu du Forum, voici le paysage que virent les contemporains de Stendhal,

Perspective vue du Colisée, avec en premier plan l’Arc de Constantin - G.B. Piranesi

qui nous rapporte dans ses Promenades romaines : – « D’où sont venus ces dix à douze pieds de terre répandus sur le sol de la Rome antique ? Cette terre couvre en partie la plupart des monuments, même ceux qui sont placés dans des lieux élevés. Ce ne sont point des débris de briques et de mortier, c’est de la belle et bonne terre végétale. »
De nos jours, toute cette belle et bonne terre a été déblayée depuis longtemps : partout ce sont des pierres blanches, des blocs énormes, comme erratiques (j’y ai vu des aïeux !), d’innombrables fragments de marbre, de travertin, de pépérin, tuf volcanique ainsi nommé par les romains à cause de sa ressemblance avec les grains de poivre pétris, ce sont des profusions de colonnes, des vestales riant dans l’eau argentine de vasques profondes et larges (une des richesses de Rome, les fontaines...), ce sont des basiliques prodigieusement hautes, le Sénat où siégeaient des félonies, et la tribune des rostres, « Tombeau de Cicéron », d’où les orateurs fendaient la houle plébéienne de harangues brutales, ce sont des arcs de triomphe annonçant la grandeur du Palatin, édifié sur des nécropoles étrusques (qui sait ?), avec la fosse adjacente d’un stade ostrogoth, que les barbares chevaux des armées d’Attila ne piétinèrent cependant pas (il est tout recouvert d’herbe grasse !) ; c’est encore, au sud, le Circus maximus – réminiscence des fameuses paroles « panem et circenses » –, c’est enfin, traversant l’Histoire, cheminant d’ouest en est, de la prison Mamertine et Tullienne jusqu’au Colisée, colosse de chrétienté, sous le regard calme des verts cyprès et des magnifiques pins parasols, l’étroite voie sacrée, au pavage qui retentit encore du roulement fracassant des chars de généraux ensanglantés et dont chaque dalle pourrait bien raconter à nos oreilles horrifiées pléthore de folies, de conspirations, de mensonges et d’assassinats inouïs... »
Perdu en contemplation devant ce sauvage spectacle, mon imaginaire encore empli de fières légions, toutes cuirassées, harnachées, caparaçonnées et bruyantes, rangées de soldats batailleurs et cruels défilant par centuries (sûrement le symbolisme des péplums), je me dis qu’heureusement, par chance ou par miséricorde, l’oubli et le pardon ont reconquis ces vestiges, laissant même au promeneur la chimère d’un passé heureux, en tout cas un panorama grandiose, un étonnement face auquel je songe une vérité d’évidence troublante :

La poésie demeure et relève le défi d’un monde en ruine !


* * *

L’endroit où je me trouve est une enclave : au propre avec, d’un côté, les 32 mètres d’aplomb de la Roche Tarpéienne qui domine l’imposante forteresse du Palais Sénatorial, dressé sur les ruines du Tabularium, et, de l’autre, l’austérité hautaine de la Curie ; au figuré, c’est un éclair de poésie tonnant pour se faire entendre – assourdi entre les cris de fureur du peuple acclamant les triomphateurs, et les cris de souffrance transformés en scories de colère pétrifiée que nous ont transmis les prisonniers gravissant les Scalæ gemoniæ pour être conduits au supplice –, une enclave étant aussi un fragment de roche étrangère à la masse où elle est englobée…
Cette pensée me ramène aux blocs épars qui jonchent le sol au pied du Tabularium, pont jeté entre les sommets de l’Arx et de l’antique Capitole. Le temps nous a restitué quelques indices : il abritait les archives de l’État Romain, et l’on y pratiquait la glyptique, dont le nom, pris étymologiquement, signifie la gravure dans toutes ses variétés – du grec γλύπτω, je grave –, puisque les lois et traités de Rome y étaient inscrits sur des tables de bronze (tabulae).


Toutefois, les mots célèbres de l’empereur Auguste : « J’ai trouvé Rome de briques, je l’ai laissée de marbre » permettent de supposer qu’ils y gravaient également ce noble matériau, les plaques de rue le confirment, aussi mes yeux avides de découvertes scrutent-ils chaque pouce de terrain en quête d’un signe du passé…

* * *

Las ! Je n’ai rien vu ce jour-là.
Alors j’y suis retourné. Souvent. Longtemps. Dans les semaines, les mois et les ans qui suivirent. Encore et encore.
Irrésistiblement attiré par tout ce marbre dans la blancheur duquel ancrer durablement les mots du poète.

Ut sculptura poesis !

J’ai recueilli patiemment mille et un glyphes éparpillés pour en recomposer le puzzle, non pas la roche primitive, certes, mais seuls trois morceaux d’un triptyque idéal, en m’efforçant de garder trace des intentions premières de son auteur.
Puis un peu à la manière de Champollion, tout déchiffreur étant aussi traducteur par nécessité, dans une herméneutique créative j’ai appliqué mon art et ma science à reconstituer l’originel message.
Cet effort a donné naissance à trois poèmes, retranscrits en français moderne sous forme de sonnets respectivement intitulés Volonté, Pureté, Unité, trois mots qui semblent faire pendant à une devise bien connue : Liberté, Égalité, Fraternité, plus que jamais d’actualité…

[blanc...]

* * *


2005
Romantique Rome Antique.
Ville capitale où l’Histoire – du dallage irrégulier des augustes voies consulaires aux mosaïques de sanpietrini poussiéreux ou luisants, ces petits cubes de basalte extraits des carrières pontificales qui pavent rues et ruelles – affleure toujours et partout.
Ville Poésie. Éternellement.
Jamais remis de ce double impact initial, je ne l’ai plus quittée depuis.


P.S. Qu'y avait-il dans le panier ? un rouleau de p-cul :-)

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jeudi 15 mars 2007

Le top 50 des sites US et ... Wikipedia

Le top 50 des sites US et ... Wikipedia

Comscore vient de publier son compte-rendu des sites les plus visités aux États-Unis le mois dernier. Yahoo occupe la première place avec près de 130 millions de visiteurs (et une moyenne de 28,6 visites/internaute sur le mois), suivi par Time Warner (118 millions), puis, au coude à coude, Google et Microsoft (+114 millions).


Wikipedia arrive en 9ème position avec près de 44 millions de visites. Même classement que le mois dernier, un succès qui doit largement à Google.

Et un succès qui enchante même Michel Serres :
« Je suis un enthousiaste de Wikipédia pour plusieurs raisons.

La première raison, c'est sa gratuité et je crois que j'ai consacré ma vie à la connaissance, d'une certaine manière parce qu'elle est gratuite. Comme elle est gratuite, elle est productrice.

(...)

Deuxièmement, c'est libre.

(...)

C'est une entreprise qui m'enchante parce que, pour une fois, c'est une entreprise qui n'est pas gouvernée par des experts. (...) et il y a là dans cette entreprise de liberté, de communauté, de vérification mutuelle, quelque chose qui, dans la gratuité, la liberté, m'enchante complètement et me donne une sorte de confiance dans ce que peut être un groupement humain.

Le savoir absolu n'existe pas pour la bonne raison que dès qu'on est un peu dans le savoir, on voit à quel point il évolue à toute vitesse. J'ai dit dans une autre émission qu'aujourd'hui, les professeurs de sciences n'enseignent que la moitié de ce qu'ils ont eux même appris. Le savoir est dans une progression exponentielle. Comment voulez-vous qu'il soit un jour absolu ? Il y a une telle grande différence entre le savoir et la connaissance, ou l'entendement et l'intelligence, que la marge de progrès est infinie.

(...)

Il n'y a que des bénévoles et cela donne vraiment tort à tous nos prophètes de malheur. Il y a aujourd'hui une encyclopédie libre, gratuite à la disposition de tout le monde et qui est le plus souvent vraie.

Il y a des vandales partout mais ce que je trouve d'extraordinaire dans l'organisation de Wikipédia, c'est qu'elle est auto-organisée pour lutter contre les vandales. D'une certaine manière, c'est un miracle d'auto-organisation, d'auto-gestion. On a l'impression qu'en matière de liberté et de vérité, l'honnêteté l'a emporté sur le vandalisme ce qui est rare dans notre monde moderne. »
Via Affordance, qui nous renvoie également vers un article passionnant, intitulé « What open access research can do for Wikipedia », merci Olivier. :-)

Toujours en anglais, je signale cette étude qui analyse la valeur de la collaboration pour l'encyclopédie libre : Assessing the value of cooperation in Wikipedia. Les chiffres parlent d'eux-mêmes :
« Since its inception six years ago, the online encyclopedia Wikipedia has accumulated 6.40 million articles and 250 million edits, contributed in a predominantly undirected and haphazard fashion by 5.77 million unvetted volunteers. Despite the apparent lack of order, (...) (w)e also demonstrate a crucial correlation between article quality and number of edits, which validates Wikipedia as a successful collaborative effort.

Depuis ses débuts, il y a six ans, Wikipedia accumule 6,4 millions d'articles, édités 250 millions de fois, grâce à 5,77 millions de volontaires dont les contributions libres ne sont généralement pas validées. En dépit de ce désordre apparent, (...) notre étude montre qu'il y a une corrélation fondamentale entre la qualité des articles et le nombre de fois où ils ont été édités, ce qui valide la réussite de l'effort collaboratif de Wikipedia. »
Des chiffres (voir la liste et la taille des projets) qui semblent également battre en brèche la fameuse règle des 1%...

Quant à Jimmy Wales, son fondateur, il est bon cinquième parmi les 50 personnalités jugées les plus influentes sur Internet.


Décidément, Wikipédia, une réussite sur toute la ligne. Tiens, j'ai pas fait exprès !


P.S. Et pour faire le lien avec mon article précédent sur les IDN, wikipédia.com est en vente sur Sedo :


Dans ce cas, je suis évidemment d'accord avec Tom, c'est bien de cybersquatting qu'il s'agit, puisque Wikipedia est une marque forte, totalement distinctive. Ce qui n'est pas le cas de cafe/café, comme je le mentionnais en conclusion de ce billet... :-)

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mercredi 14 mars 2007

L'ICANN teste les IDN : issue positive sur toute la ligne

Une actu de première importance pour l'avenir d'Internet ! Selon le rapport de l'ICANN, annoncé la semaine dernière, le processus de test des IDN (noms de domaine multilingues) lancé en octobre dernier s'est conclu par une réussite totale.

À l'origine, les buts essentiels de cette procédure visaient :
  • à démontrer que l'insertion de chaînes IDN dans le système du serveur racine A (géré par Verisign) n'a aucun impact négatif sur la résolution des noms de domaine ;
  • à obtenir l'agrément du Département américain du commerce, pour qu'en quelque sorte les IDN soient certifiés DoC ;
  • à dégager un consensus entre le comité consultatif du système DNS (RSSAC) et les différents opérateurs des serveurs racines sur l'introduction des IDN dans le système.
C'est maintenant chose faite, l'important étant de prouver que l'introduction des IDN ne menace pas la sécurité et la stabilité du DNS, dont la garantie est au cœur des mandats de l'ICANN.

Grosso modo, les essais, menés par la société Autonomica AB, ont consisté à tester plusieurs labels IDN et à enregistrer les réactions et temps de réponse de l'ensemble du système. Or toutes les réponses ont été conformes aux attentes, sans qu'aucun retard imprévu n'ait été détecté (Results: All answers were consistent with expected behaviour, and no unexpected delays were discovered).

Donc, avec la prise en charge des IDN par Internet Explorer 7 (chose que ne faisait pas IE6, contrairement à Firefox), qui a déjà contribué à populariser les IDN, surtout en Asie, mais aussi en Allemagne (pour l'Europe, je ne parle pas de la France, où il me semble qu'il y a encore beaucoup de réticences, selon moi inexplicables) ou en Amérique Latine, maintenant que l'ICANN connaît ces résultats positifs, j'espère que la prochaine réunion au cours de laquelle il en sera question, qui aura lieu à Lisbonne dans quelques jours (du 26 au 30 mars), pourra être le prélude au déploiement définitif des noms de domaine internationalisés.

Alors, les IDN : arnaque ou opportunité ? Perso, j'ai choisi mon camp : formidable opportunité !

D'accord, pas d'accord ?


P.S. Je voulais titrer « L'ICANN teste les IDN : résultats positifs à 100% », et puis avec ce problème des caractères accentués qui ne sont pris en charge ni dans les URL générés par Blogger ni dans les flux, j'ai préféré modifier mon titre, moins incisif, certes, mais sans accent. Ah ! vivement que ça change ... grâce aux IDN (car il est clair que cette évolution majeure ne concernera pas uniquement les noms de domaine, mais toute la « grammaire » de l'Internet) !

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lundi 12 mars 2007

RegisterFly : erreur 404, Registreur introuvable

RegisterFly : erreur 404, Registreur introuvable

RegisterFly, vous connaissez ? Non ? Jamais entendu parler ? Bon, ben ça va vite changer. Voici la brève chronique d'un désastre annoncé.

* * *

[MàJ - 16 mars 2007] Voilà, c'est fait, le registreur n'est plus agréé par l'ICANN.

[MàJ - 15 avril 2007] Bien que RegisterFly ait été radié par l'ICANN, ils continuent à enregistrer des noms (et à se faire payer) comme si de rien n'était. Une « class action » (recours collectif) a été entreprise, à la fois contre le registreur, l'ICANN et eNom.

* * *

Il y a déjà plus d'un an que nos bons amis de l'ICANN reçoivent des plaintes de clients mécontents (c'est un euphémisme) de cette société, actuellement 20ème au classement des principaux registreurs.


Pendant des mois et des mois, l'ICANN a semblé impuissant et incapable d'entreprendre quoi que ce soit pour protéger les intérêts de tous ceux qui avaient eu la mauvaise idée d'enregistrer leur(s) nom(s) de domaine sous l'enseigne du registreur volant (ou voleur, pour la rime :-).

Et puis il y a un mois la situation a commencé à précipiter. Le 12 février dernier, l'un des deux associés fondateurs d'Unifiednames, Inc., la société mère de RegisterFly, John Naruszewicz, envoie d'urgence une lettre de licenciement à son co-associé / co-fondateur, Kevin Medina, en le mettant en demeure de restituer tout ce qui appartient à la société, des ordinateurs portables aux codes sources, de la liste des clients à l'accès aux comptes bancaires, etc.

Y a de l'eau dans le gaz...

Lettre accompagnée d'une action en justice pour conduite illicite, datée du même jour, dans laquelle la société précise que sur les 200 000 clients qu'elle comptait en décembre 2006, elle en a perdu ... 75 000 en janvier 2007 (points 18 et 19)  !

Le point 23 est intéressant, puisqu'il accuse M. Medina d'avoir dilapidé les actifs de la société, en se servant dans la caisse pour se payer les services de modèles, pour se faire liposucer (y a-t-il rapport de cause à effet ?), ou encore pour régler les 10 000 $ de loyer mensuel de son modeste pied-à-terre à Miami Beach plus tout un tas d'autres dépenses via ses cartes de crédit. Une info reprise par Bob Parsons en personne, qui a sûrement senti la bonne affaire.

Dans un même temps, les journaux commençant à se saisir de la question, l'ICANN décide d'agir en adressant à RegisterFly une lettre de 10 pages pour violation de contrat, et en donnant à la société 15 jours pour remettre les choses en ordre.

Quant à l'accusé, il réfute naturellement toutes les accusations dans sa réponse, et se justifie en disant que le seul but de son ex-associé est de s'accaparer la société. Chose que croit volontiers le juge, puisqu'à la surprise de tout le monde, il donne totalement raison à Medina !

John Naruszewicz, qui s'était déjà excusé auprès de ses clients (lettre encore en ligne sur le site, pour l'instant...), jette l'éponge, écœuré, et déclare qu'il ne fera pas appel :
"We lost and it's all over," he says. "The company will implode in days and 1 million domain names are going to be lost. It's a damned shame."

Nous avons perdu, et c'est terminé. La société va exploser d'un jour à l'autre, 1 million de domaines vont être perdus, c'est une putain de honte.
Des propos repris par Bob Parsons, et devant le tollé général, l'ICANN s'empresse de préciser qu'elle a déjà contacté M. Medina, à qui il reste deux jours pour rétablir la situation, et que le jugement rendu ne change rien.

En tous cas, il suffit de lire les commentaires des clients pour comprendre que plus personne ne se fait d'illusion (à comparer avec les témoignages "officiels"). Voir ici un exemple en vidéo...

Enfin, s'il y en a parmi vous qui ont des réclamations, voici l'adresse :

RegisterFly.com, inc.
404 Main Street
Boonton, NJ, 07005
US

404, ça vous rappelle rien ?


Liens connexes : IcannFly et Registerflies (sites réalisés par les clients escroqués), et en français.

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