Affichage des articles dont le libellé est analyse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est analyse. Afficher tous les articles

dimanche 5 septembre 2010

Adscriptor : quelques réflexions à voix haute sur le blogging !


Voici 57 mois que je publie en moyenne un billet tous les deux jours : 860 en tout, 710 sur ce blog et 150 sur d'autres blogs (dont 136 sur mon blog italien)...

Ce n'est pas affaire de quantité, mais de constance ! Depuis que j'ai commencé, en mars 2005, je n'ai pas été constant les premiers mois, avant de me rattraper par la suite, d'abord en traitant essentiellement de traduction et d'Internet, et plus récemment en mettant le cap sur l'Italie :
En revanche, à ce jour, avec seulement 17 billets tagués "Italie" sur 609, l'argument n'a représenté qu'à peine 2,8% de ma production, ...
J'en suis aujourd'hui à 90 sur 710, soit globalement 12,68%, une augmentation significative puisque cela veut dire que sur mes 101 derniers billets, j'en ai consacré 73 à l'Italie (72,3%, ou trois billets sur quatre) !

Avec une longueur de billet accrue de plus de 50% (!) par rapport à ma précédente moyenne de 900 mots par billet, puisque j'en suis à 1 373,48 avec mes billets tagués Italie (123 613 mots pour 90 billets). Mais il faut bien ça pour tenter d'expliquer un pays inconcevable et « aussi difficile à comprendre pour un étranger que l’Italie » ! En cohérence avec ce que j'annonçais dans Changement de cap :
Je n'ai encore aucune idée du rythme de publication, les sujets sont longs et complexes, ce qui est d'autant plus délicat lorsqu'on veut tenter d'expliquer les choses clairement, avec des mots simples. Et avec des mots vrais, surtout, qui savent faire le tri entre, d'une part, une propagande officielle visant à l'obscurantisme et l'abêtissement du peuple, et, de l'autre, la réalité des choses.
J'ai réalisé le nuage sémantique des 40 substantifs plus fréquents dans ces 90 billets consacrés à l'Italie :


L'importance démesurée de Berlusconi, qui conditionne négativement et gravement ce qui reste de la vie démocratique italienne, ressort de façon suffisamment éloquente par l'image et par les chiffres, sans qu'il soit besoin de mots :



Bien sûr, d'aucuns pourraient se demander pourquoi "perdre" autant de temps dans une activité aussi "inutile" que le blogging. Je ne vais pas faire dans l'originalité, ma motivation principale est le partage, comme la plupart des blogueuses et blogueurs :
Sur ces 70 billets, les principales raisons invoquées sont, à :
  • 57%, le partage au sens large (35 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 38,6%, les rencontres occasionnées, virtuelles ou réelles (17 fois le verbe, 10 fois le substantif)
  • 30%, l'écriture (16 fois le verbe, 5 fois le substantif)
  • 27,1%, l'échange (15 fois le verbe, 4 fois le substantif)
  • 22,9%, le plaisir de bloguer (16 fois le substantif)
Maintenant, si l'on donne une valeur arbitraire de 100% à ces cinq raisons, la répartition est la suivante :
  1. partage, 32,5%
  2. rencontres, 22%
  3. écriture, 17%
  4. échange, 15,5%
  5. plaisir, 13%


Et bien évidemment parce que j'aime écrire, et lire ! Ça me rappelle un billet actuellement introuvable sur Internet, que j'ai rédigé fin mai 2008 pour MoteurZine sur l'approche professionnelle au blogging, qui contient également des pistes pour bloguer au quotidien, dont voici l'essentiel :
...tenir un blog peut s'avérer une activité extrêmement sérieuse, à défaut d'être financièrement rentable.

Donc si vous rêvez de devenir un blogueur pro, ou un pro du blogging, si vous préférez, sachez d'abord quelles sont les conditions de départ minimales pour tenir un blog au quotidien, et comment se conjugue le verbe Bloguer dans la réalité. Entre autres :
  • Bloguer, c'est savoir écrire ET savoir lire, toujours s'informer de tout, avec constance et rigueur ;
  • Bloguer, c'est découvrir les trésors insondables de la blogosphère, du Top Wikio aux Skyblogs, en passant par vos domaines de prédilection : pour chaque domaine, il n'est pas rare qu'il y ait des dizaines, voire des centaines d'excellents blogs, il faut les connaître ; sans quoi, peu importe le domaine, comment amener une expertise nouvelle, un point de vue original – les vôtres – sur les choses ? C'est votre différence, votre personnalité, qui vont donner le ton ;
  • Bloguer, c'est chacun/e son style, ses spécificités : par exemple, qui blogue court et nerveux, de fréquentes séries de billets succincts, destinés à aiguillonner le lecteur, qui blogue long et par petites touches, moins d'un billet par jour sur le mois, davantage porté sur l'analyse. Seul dénominateur commun : susciter la réflexion et nouer le dialogue en créant du CONTENU. Du contenu de qualité et ouvert : des liens, encore des liens, toujours des liens. Des liens à profusion, l'hypertextualité est la richesse du Web ;
  • Bloguer, c'est considérer les autres blogueurs comme des pairs plutôt que des concurrents, c'est jouer en réseau, dans le blogging l'union fait la force, les réseaux de blogs sont courants aux Etats-Unis, en France on finira bien par y arriver… ;
  • Bloguer, c'est se fixer des étapes, des délais, raisonnables, réalisables en fonction de ses forces, ses capacités, ses idées, ça se prépare à l'avance, qu'on traite de l'événementiel ou des sujets de fond ;
  • Bloguer, c'est du rêve, de la passion, de l'enthousiasme, de la curiosité à 360°, etc., autant de facteurs indispensables pour se lancer et tenir la distance, mais ça ne suffit pas ;
  • Bloguer, c'est du travail, de la fatigue, cela demande de l'assiduité, de l'obstination, une certaine discipline de travail, il ne faut pas avoir peur de passer des nuits blanches, ne surtout pas s'attendre à des résultats faramineux du jour au lendemain, c'est pas un 100 mètres mais un marathon, une course d'endurance qui se joue sur le long terme…
En clair, bloguer c'est un état d'esprit, avec à la clé, tout au moins sur le Web francophone, davantage une reconnaissance personnelle que financière, même si l'impact sur la vie professionnelle peut être fort et rapide…

C'est également une veille permanente et une activité sociale qui ne se limite pas à la seule blogosphère mais investit les réseaux sociaux dans leur ensemble : Twitter, Flickr, Delicious, YouTube, Slideshare, Facebook, forums et listes de discussion, newsletters, alertes, etc.

N'attendez pas simplement que les lecteurs viennent à vous, allez vers eux. Faites-vous connaître, intervenez, commentez, participez à la conversation générale,
join the conversation disent les anglo-saxons…
En mars 2005, lorsque j'écrivis mes premiers billets, je me posais beaucoup de questions sur l'utilité du geste... Aujourd'hui, si ça peut aider à la réflexion de quelqu'un qui souhaite se lancer dans le blogging, j'ai trouvé la ma réponse : si c'était à refaire, je le referais !

Au fond, il n'est jamais trop tard pour bien faire... Si vous n'avez pas encore de blog, pensez-y :-)


Partager sur Facebook

, , , , , ,

mardi 27 janvier 2009

Adscriptor en nuages

Dans les commentaires de mon précédent billet, je réponds la chose suivante à Szarah :
À la question « Je me demande s'il serait possible de dégager la thématique véritable du discours au départ des mots », pour moi la réponse est évidente : OUI !
Je fantasme sur les nuages sémantiques depuis longtemps, et maintenant que je dispose d'outils pertinents pour en faire (binôme Quensis + Wordle), je souhaite vraiment approfondir ce filon d'une extrême richesse.
Si je devais faire un parallèle, je dirais que ça me fait penser à la graphologie.
L'écriture en dit toujours beaucoup plus qu'on ne croit sur le scripteur.
Dans les fréquences signifiantes autant que dans les hapax...
Dès le début de ma réflexion et du feedback à Exalead, l'idée était de créer un nuage de mots clés à partir de l'univers lexical d'un blog ou d'un site.

Je ne parlais pas de tags, qui sont plus ou moins ponctuels, mais d'une fonctionnalité qui indexerait l'intégralité d'un site ou d'un blog à un instant donné pour l'analyser et restituer les (co)occurrences plus significatives du blog ou site considéré. Ce type d'analyse intégrale serait censé faire ressortir des centres d'intérêt dont l'auteur n'est qu'à moitié conscient, c'est un peu le même principe que ce que font les chercheurs ou les universitaires lorsqu'ils analysent la sémantique d'une oeuvre, d'un livre.

Un peu comme si les tags étaient la partie consciente, délibérément choisis, alors qu'en revanche le principe du nuage sémantique serait de faire ressortir l' « inconscient », toujours très riche en enseignements.

Donc aujourd'hui que j'ai la possibilité de réaliser moi-même cette analyse en prenant Adscriptor comme cobaye, je ne vais pas m'en priver. J'ai ainsi réalisé trois nuages, les deux premiers à partir de mes tags pris à différents moments de l'évolution du blog :

- 21 tags sur 348 ayant une fréquence d'occurrences égale ou supérieure à 10 en septembre 2006 :


- 123 tags sur 800, dans la lignée de mes précédentes statistiques, ayant une fréquence d'occurrences égale ou supérieure à 7 en janvier 2009 :


et le troisième en analysant l'intégralité du contenu texte (sans les tags), soit 587 billets en 37 mois de blogging, pour un total de 522 944 mots avant traitement et 532 905 occurrences après traitement (apostrophes changées en retour chariot, etc). D'où une moyenne globale de 14 403 mots/mois et 908 mots/billet, soit pour arrondir 16 billets de 900 mots chacun par mois :


Donc si l'on enlève le tag "Actualités", qui représente la moitié du total des billets mais dont il est évident que le terme est absent de leur contenu, on voit bien qu'il y a une très forte corrélation entre les tags et les thèmes majeurs qui ressortent de l'analyse de plus de 530 000 mots !

Ainsi mon idée d'automatisation d'un système de nuages sémantiques prévoyait ce genre d'analyse, soit sur tout le contenu d'un blog/site, soit sur des thèmes donnés : analyser uniquement les billets tagués Google ou Facebook, par exemple. Cela permettrait une granularité encore plus fine, avec en sortie des nuages clicables (vers les billets où sont mentionnés les termes) et widgétisables. Mais Exalead n'en a pas voulu, dommage...

Ils ont pourtant lancé CloudViewTM, comme le rapporte François Bourdoncle dans cette interview.

Pour en revenir à mon blog, j'ai été fort étonné de la prépondérance absolue de GOOGLE (2447 fois), qui représente plus du double des deux occurrences significatives suivantes : INTERNET (1174 fois) et WEB (1074 fois, dont 154 fois pour Web 2.0). Ainsi, contrairement à ce que laissent supposer les tags, Google est beaucoup plus présent dans mes billets que je n'imaginais (avec une moyenne supérieure à 4 occurrences par billet !), Yahoo est traité davantage que Microsoft, et j'observe un déplacement progressif des questions techniques (référencement, monétisation, écriture Web, etc.) vers une vision plus large du Web et de l'Internet. Globalement, il y a cependant cohérence entre les tags et les thèmes qui se dégagent de l'analyse.

Voici le début du tableau :


Anecdote : le décompte me donne 4705 JE (3046 JE + 1659 J’) sur 532 905 occurrences, soit une moyenne d'utilisation de 9 sur 1000 (mais après tout ce blog est rédigé à la première personne), à peu près moitié moins que Sarkozy (17 fois sur 1000), dont le score est pourtant plus modeste qu'on ne pourrait le croire !


Partager sur Facebook

P.S. Une curiosité pour finir : ce billet est le 16e du mois et il fait environ 900 mots...

, , , , , ,

jeudi 8 mai 2008

La plus-value d'Adscriptor

La plus-value d'Adscriptor

Francis Pisani titre deux billets récents Nous ne lisons pas et Quand l’actu ne vaut rien.

Dans le premier, il reprend une thèse de Jakob Nielsen selon laquelle les lecteurs se contentent de balayer les textes, en nous fournissant les chiffres suivants :
  • on ne lit que 20% du texte d’une page moyenne (page testée de 600 mots) ;
  • nous n’avons pas le temps de lire plus de 30% des mots qui s’affichent sur l’écran ;
  • on ne lit 50% de l’information que si le nombre de mots est inférieur à 111 ;
  • plus l’auteur ajoute de mots, moins nous avons de temps à leur consacrer : 4 secondes pour chaque paquet de 100 mots en plus.
Dans le second, il remarque qu'en 3 jours Google News a indexé près de 3 000 articles sur la rupture des négociations entre Microsoft et Yahoo, 3 000 articles « sur la même chose », sans compter les blogs.

Et de citer la « commoditization of news », « le fait que la valeur des articles d’actualités, plus encore que celle des produits de consommation courante, tend vers zéro. »

En ajoutant :
Conscient de ne rien avoir à dire «de plus» ou «de mieux» je n’ai rien écrit sur le sujet.
(...)
Traiter des sujets que tout le monde traite revient, pour les médias d’information, à assécher la source qu’ils exploitent.
En corrélant son discours, je suppose, au titre du billet : Quand l’actu ne vaut rien.

Donc, je partage en partie la position de Francis. Ou mieux : je partage en partie son constat. Mais je ne partage pas sa généralisation. Sans quoi je renierais tout le travail que j'essaie de faire sur ce blog.

Dont les statistiques de fréquentation tendent, d'un côté, à prouver les assertions de Francis ; et à démontrer le contraire de l'autre.

Je m'explique. Pour appuyer son hypothèse : Quand l'actu ne vaut rien, Francis prend l'exemple de la rupture des négociations (ont-elles jamais eu lieu ?) entre Microsoft et Yahoo!

Or selon moi, dans l'absolu, il y a incompatibilité entre le titre et l'exemple, puisque tout rapprochement potentiel entre Microsoft et Yahoo! serait en réalité l'une des infos les plus importantes pour le Web depuis l'arrivée de Google, un tournant décisif pour Internet.

Lorsque l'on voit la puissance d'un Google et l'impact économique démesuré que prendra probablement Internet dans les années à venir, la naissance d'un compétiteur à la hauteur est une actu de tout premier plan.

Au passage, sur ce coup, je ne suis pas d'accord avec Didier, autre blogueur qui n'est pas avare en analyses : je ne vois aujourd'hui aucune pluralité sur Internet, pas même un semblant, mais uniquement l'hégémonie toujours plus puissante et envahissante de Google.

Donc, oui, un rachat du dauphin par son suivant pourrait conduire au cartel ou à l'oligopole, mais ce serait déjà un plus par rapport au monopole actuel. On a encore très présent dans l'informatique de bureau et les suites bureautiques ce que le monopole Microsoft signifie : des dizaines centaines de millions d'utilisateurs captifs...

Et encore, avant qu'il y ait duopole, encore faudrait-il qu'il y ait une intégration digne de ce nom entre M$ et Y!, ce qui serait loin d'être acquis...

Une actu de tout premier plan, donc. Alors comment peut-on en arriver au constat que cette actu ne vaut rien ?

Je n'ai qu'une réponse : ce n'est pas l'actu en elle-même qui ne vaut rien, mais la façon dont elle est traitée. Ce qui fait une grande différence...

Car si vous prenez les 3 000 news, il est faux et simplificateur, voire caricatural, de dire que toutes ne valent rien parce que toutes répètent la même chose. Ce n'est pas vrai. Et si vous posez comme hypothèse - vraisemblable - qu'il y en a au moins 5% qui tentent de sortir du lot dans leur manière de traiter l'info, ça fait déjà 150 articles et billets (Google News n'indexe pas que les journaux, mais aussi certains blogs, ... pas Adscriptor, c'est dommage ;-) dont l'on peut aisément supposer qu'ils donnent un plus à leur lecteur.

Et je peux vous dire, moi qui passe une bonne partie de mon temps à éplucher les infos auprès des meilleures sources qu'elles existent, et de plus qu'elles sont assez faciles à repérer.

Donc il est normal qu'une actu comme un mariage Microsoft-Yahoo! fasse couler de l'encre, ce n'est pas pour rien que j'y ai déjà consacré plus d'une trentaine d'analyses - et je n'ai pas fini... -, ou, pour le moins, j'espère que mes billets seront considérés comme tels : des analyses.

C'est là où j'en arrive à la partie des stats : la fréquentation d'Adscriptor oscille entre 200 et 300 visiteurs par jour, très exactement 287 sur les 7 jours écoulés, avec un temps moyen de permanence - et donc de lecture - de 2 minutes 03''.


Ce qui veut dire, d'une part, que les analyses n'intéressent pas grand monde, en tout cas moins que certaines "actus" de grande consommation...

De l'autre, que les gens qui veulent s'informer sont prêts à prendre le temps de le faire, et par conséquent que les chiffres de Jakob Nielsen ne sont pas généralisables.

Car j'ai la faiblesse de croire que cette moyenne de temps de lecture, qui n'est jamais descendue en dessous d'une minute depuis le début de ce blog, pour autant que je m'en souvienne, est une reconnaissance implicite de la plus-value d'Adscriptor : ne pas faire du réchauffé en essayant de fournir des analyses et des infos utiles à mieux comprendre les évolutions du Web.

Analyses subjectives, certes, que certains pourront trouver mauvaises, voire nulles à chier, mais analyses quand même. Sinon ça sert à quoi, que Dugros il se décarcasse ?

Je vous le demande !


Partager sur Facebook

, , , , , , , , ,

vendredi 19 octobre 2007

Google vs. Yahoo!

Google vs. Yahoo!

Récapitulatif

Puisque c'est le calme plat au sommet du Web 2.0 (aucune info véritablement digne d'être relayée aujourd'hui, sauf ça, je ferai un billet conclusif pour résumer), je voudrais comparer brièvement les résultats trimestriels de Google et Yahoo!, à la lumière d'une précédente analyse de GYM, où Google avait un avantage évident sur Yahoo et Microsoft pour tous les indicateurs étudiés.

Aujourd'hui je commencerai avec le résultat net par action dilué (Net income per share - diluted), qui est de 0,32 $ pour Yahoo et de 9,50 $ pour Google, soit 30 fois plus que Yahoo!

En bref, conformément aux principes IFRS, on obtient le résultat net par action (calculé sur une base diluée) en divisant le résultat net de la période par le nombre moyen d'actions en circulation, et je vous fais grâce des explications sur la dilution.

Pourtant, ce simple indicateur, identique pour les deux sociétés, confirme qu'un actionnaire de Google a trente fois plus de raisons d'être satisfait qu'un actionnaire de Yahoo! Outre une action d'une valeur 20 fois supérieure et une capitalisation de Google (200 milliards $) qui fait 5 fois celle de Yahoo! (40 milliards $).

Mais pourquoi je vous dis tout ça ? Simplement parce que Yahoo a davantage de visiteurs mensuels que Google ! Et même, au mois de septembre 2007, + 6 millions de visiteurs uniques en plus : -130 millions pour Google, +135 millions pour Yahoo!


Sur une base 100, ça veut dire que Google a 96 visiteurs uniques là où Yahoo! en a 100. Or la société communique qu'elle a totalisé 477 millions de VU sur le troisième trimestre 2007 :


ce qui donnerait 458 millions de visiteurs pour Google (96%) sur la même période.

Par ailleurs Yahoo calcule un revenu de 0,91 $ par utilisateur,


soit 434 millions de dollars (vs. 466 millions annoncés par les résultats Q3, mais Yahoo nous dit que les visiteurs de Yahoo! Japon et Yahoo! Chine ne sont pas pris en compte).

Prenons maintenant le revenu trimestriel de Google, en croissance de 57% d'une année sur l'autre :


et divisons-le par notre approximation de 458 millions de visiteurs sur le trimestre, ça nous donne une rentabilité de 9,24 $ par visiteur, 10 fois plus que Yahoo! [Début]

* * *

Tableau récapitulatif :

Capitalisation Google = Yahoo! x 5
Rentabilité Google par VU = Yahoo! x 10
Valeur action Google = Yahoo! x 20
Résultat net par action Google (dilué) = Yahoo! x 30


Impressionnant, non ? Correction, analyse...

Quant à Microsoft, dont la publication des résultats trimestriels est annoncée le 25 octobre, nous verrons bien, même si la comparaison est plus difficile, vu la variété des services/produits de la société de Redmond, dont le binôme Internet/pub n'est certainement pas la branche dominante. Alors qu'il représente 99% de la raison d'être de Google, une constante dans le temps !


Certains parlent d'une soit-disant fragilité de Google à cause de ça, pemettez-moi d'être sceptique ! [Début]


Partager sur Facebook

, , , , , , ,

samedi 13 octobre 2007

Google - Facebook vs. Microsoft - Yahoo : bloc contre bloc !

Google - Facebook vs. Microsoft - Yahoo : bloc contre bloc !

Va-t-on assister à la naissance d'un duopole, avec Google et Facebook d'un côté, Microsoft et Yahoo de l'autre ?

Sur l'échiquier du Web, les tactiques se déploient, et à défaut de toute autre considération économique, la valeur de Facebook est éminemment stratégique pour chacun des trois autres acteurs en présence. Dans les coulisses, une gigantesque partie est en train de se jouer, et j'ai la furieuse impression que tout peut encore arriver. Tandis que vous et moi, qui n'avons pas la fortune d'être dans le secret des dieux, en sommes réduits aux supputations. Voire aux délires...

Je suis tombé il y a peu sur ce billet de Kara Swisher évoquant la possibilité très proche d'un deal entre Facebook et Google, qui raflerait ainsi la mise, une fois de plus, sous le nez des deux autres grands perdants que seraient, dans cette affaire, Microsoft et Yahoo.

Auxquels il ne resterait plus qu'à s'associer, soit dit en passant (ils y arriveront bien tôt ou tard si Microsoft ne conclut rien sur ce coup...).

Hic et nunc, nous ne sommes que dans le domaine des rumeurs, des petits signes, il faut tenter vaille que vaille d'affiner le rapport signal-bruit, mais après tant de vacarme autour d'un accord possible entre Facebook et la société de Redmond, si Google coiffait son concurrent sur la ligne d'arrivée, ce serait un véritable camouflet pour Microsoft (un de plus...), qui perdrait totalement la main ... et la face !

Sans compter l'impact incalculable aujourd'hui, à la fois psychologique et ... sur les marchés. Pour le coup l'action de Google, déjà très florissante, s'envolerait vers des cimes.

Il faut dire que comme à son habitude, Ballmer y met du sien. Il pourrait toujours se consoler en annonçant un accord avec Yahoo!

Nous aurions alors un duopole contrôlant presque en totalité le triptyque royal sur Internet - Recherche / Pub / Plateformes sociales -, avec Google et Facebook en vainqueurs d'un côté, Microsoft et Yahoo en loosers de l'autre.

Attention ! Je ne dis pas que ce serait un bien pour l'Internet, au contraire. Mais malheureusement je le vois comme un scénario très possible, et même probable. Un scénario catastrophe ? J'espère que les faits me feront mentir...

Tout ça est au conditionnel, c'est clair, mais j'imagine que nous en saurons davantage dans les jours - voire les heures - qui viennent. Il se peut d'ailleurs que ce soit une question de jours, mais certainement pas de semaines. Trop d'enjeux, et trop énormes. Une annonce à la veille du big sommet sur le Web 2.0 ferait l'effet d'une bombe. Virtuelle, certes, mais quand même.

Alors, est-ce bientôt la fin de GYM ? Moi, je crois que oui. Et vous ?


Partager sur Facebook

Lien connexe : un rapprochement intéressant.

, , , , , , , ,

Facebook : anatomie d'un article fragile

Facebook : anatomie d'un article fragile

Attention, ça va tanguer. Coup de gueule. Motivé par la lecture d'une "analyse" intitulée Facebook : anatomie d'un succès fragile, signée PIERRE DE GASQUET, journaliste au service Enquête des « Echos ».

On va encore me reprocher de mélanger les torchons et les serviettes (ou journalistes et blogueurs, si vous préférez), comme quoi il n'est peut-être pas pertinent (ou serait-ce juste impertinent ?) de mettre en parallèle blogueurs et journalistes (je dis cela sans ironie aucune pour Narvic, dont les analyses sont des analyses, et les réflexions des réflexions sérieuses), mais moi, à la lecture du texte incriminé (peut-on qualifier ça d'article journalistique ?), je me demande vraiment quelle est la différence entre Pierre de Gasquet, qui publie ses enquêtes sur un journal comme Les Echos, et Jean-Marie Le Ray, qui poste ses pauvres billets sur son blog, avec 200 lecteurs dans ses bons jours !

Et ça m'énerve ! Il y a des moments où je ne supporte plus cette asymétrie de crédibilité dans l'information. Un texte que je n'oserais pas même publier bourré ! Bourré de clichés jusqu'au ridicule, qui entasse les stéréotypes les uns sur les autres sans la moindre vergogne, juste pour donner ça en pâture au peuple parce que c'est ce qu'il aurait envie d'entendre, je suppose. Quelle honte !

Moi j'appelle ça prendre les gens pour des cons. J'appelle ça être assez sot, ou imbu, pour croire que les internautes sont incapables de faire la part des choses et discerner par eux-mêmes une véritable analyse d'un véritable torchon.

Faudra quand même qu'un journaliste, un vrai, m'explique un jour ce qu'est - ou ce que devrait être - un journaliste. En 2007. À l'heure d'Internet. À l'heure où les règles ont changé.

* * *

Mais fi de déverser ma bile, venons-en au "succès fragile" de Facebook et citons sur pièces :
Dix milliards de dollars pour Facebook. Qui dit mieux ? Et bla bla et bla bla. Toute la question reste de savoir si, quelques années après l'éclatement de la première bulle Internet en 2001, nous ne sommes pas encore à la veille de l'explosion d'une nouvelle « bulle Web 2.0 », dont la tendance à la survalorisation de Facebook serait un des signes prémonitoires.
Selon certaines rumeurs persistantes, Microsoft et Google seraient prêts à se disputer une participation de 5 % à 10 % dans Facebook pour un montant estimé entre 300 et 500 millions de dollars, soit une valorisation du site communautaire comprise entre 6 et 10 milliards de dollars.
Voilà. Terminé le volet financier de l'analyse. C'est assené clair et net, bulle, signes prémonitoires, rumeurs, survalorisation, avec ça on est fixés. Quand je pense que de son côté le pauvre blogueur s'est fendu d'une longue élucubration sur la valeur de Facebook, je me dis "à quoi ça sert que Ducon il se décarcasse" ! (Ducon, c'est moi dans le cas présent, je précise pour qu'on confonde pas...)

Et ça continue :
Avec 15,7 millions (sic!) de pages vues en août, Facebook est devenu le troisième site communautaire le plus visité aux Etats-Unis, derrière MySpace et YouTube.
On voit là toute l'expertise de l'analyste, qui aurait pourtant pu - et dû - rectifier de lui-même qu'il s'agit de milliards de pages vues, et non de millions : sans trouver bizarre un instant que 42 millions d'utilisateurs actifs (Avec ses 42 millions d'utilisateurs actifs, il est encore loin des 100 millions d'adeptes réguliers revendiqués par le réseau My- Space de Murdoch) (admirez au passage : My - trait d'union - espace - Space, c'est nouveau) ne consultent que 15,7 millions de pages, soit en gros une page vue par mois pour ... 3 utilisateurs "actifs" : avec un tel taux d'activité, il y a survalorisation, c'est clair !

Mais bon, on n'en est pas à ça près dans l'approximation ! De toute façon, ça passe comme un lettre à la poste auprès du lectorat ignare.
A la base du succès des « réseaux sociaux », bla bla, l'engouement des adolescents et « post-ados » (15-24 ans) pour ces sites fédérateurs qui permettent de se regrouper par affinités. Une forme de résurgence de compagnonnage virtuel. Mais le succès de Facebook commence à se propager à certains milieux professionnels où la « cool attitude » est de rigueur (high-tech, publicité...) et où la limite d'âge théorique ne tient plus. Au point que les employeurs australiens ont récemment estimé à 5 milliards de dollars son impact négatif sur la productivité des salariés. « Mon boss veut devenir mon ami sur Facebook ! », s'alarmait récemment une jeune publicitaire de vingt-six ans dans les colonnes du « Financial Times » du 3 octobre, en s'inquiétant du brouillage entre les sphères privée et professionnelle. Ne dites pas à mon boss que je suis sur Facebook, il y est déjà !
Ici aussi, nous avons une belle brochette d'idées reçues : engouement des adolescents et post-ados, la résurgence du compagnonnage virtuel (bien trouvée, celle-là, je plussoie, et apparemment je ne suis pas le seul...), la « cool attitude » de rigueur chez les high-tech et dans la pub (ça tombe à pic, Adscriptor est très connoté high-tech), tout ça nous amène à l'argument imparable, le coup de massue : « Au point que les employeurs australiens ont récemment estimé à 5 milliards de dollars son impact négatif sur la productivité des salariés. »

Alors là, attention, l'affirmation vaut son pesant de moutarde qu'on s'y attarde. 5 milliards de dollars, nous y revoilà avec les gros chiffres. Et puis c'est pas des millions, comme pour les pages vues, c'est des milliards. En dollars australiens, nettement plus appréciés, techniquement parlant, que les dollars américains, qui font figure de parents pauvres. C'est vrai que quand on parle de milliards, de suite ça fait plus sérieux. C'est du lourd. Et sur un continent où il y a à peu près autant d'australiens que de franciliens en Île de France ! Donc sur 15,7 millions de PV, et en calculant le nombre de pages vues au prorata du pourcentage des utilisateurs "australiens" de Facebook, on comprend bien comment on en arrive à 5 milliards de dollars de pertes.

Et puis je vous dis pas dans le reste du monde... À ce compte, on comprend mieux que Facebook soit survalorisé, vu le paquet de pognon qu'il fait perdre aux employeurs. Va falloir enquêter auprès du Medef, que ça arrive pas en France, ces choses-là.

Bla bla.
Le rythme de croissance du bébé de Mark Zuckerberg fait rêver. Le modèle est simple : on consolide d'abord l'audience, et on « monétise » après à travers la publicité. Aujourd'hui, les sites communautaires sont encore valorisés sur la base d'un « acte de foi »...

Bla bla. La valorisation de Facebook est donc basée sur la double espérance de l'essor parallèle du nombre de ses utilisateurs et de ses recettes publicitaires.
C'est clair, être valorisé à « l'acte de foi » et sur une « double espérance », ne manque plus que la charité pour avoir les trois vertus théologales... Ça fait rêver. Vraiment.
Compte tenu de son profil très « aspirationnel », avec une forte audience de départ dans les universités élitistes et les écoles de commerce du type HEC ou Essec, Facebook est devenu un phénomène de mode particulièrement prisé dans des milieux à fort pouvoir d'achat. Selon Henri de Bodinat (Arthur D. Little), « Facebook est un peu vis-à-vis de MySpace ce que Prada est par rapport à Zara » dans la mode.
Ouh la la ! « profil aspirationnel », universités élitistes, phénomène de mode particulièrement prisé dans des milieux à fort pouvoir d'achat, ça frappe fort ! Pour finir avec la comparaison qui tue : Selon Henri de Bodinat (de chez Arthur D. Little, S.V.P.), « Facebook est un peu vis-à-vis de MySpace ce que Prada est par rapport à Zara » dans la mode.

Le poids des mots, le choc des images. Maintenant, je comprends mieux, tout est limpide, c'est Henri qui vous a dit ça ? Ce que Prada est à Zara, c'est bluffant ! (c'est qui Zara ?) Et d'ailleurs je suis bluffé. Je kiffe, même (je suis plus tout à fait adolescent, mais bon, avec la « cool attitude » de rigueur, y a plus de limite d'âge théorique qui tienne). Je kiffe grave, donc.

Poursuivons :
Le premier qui arrive à conquérir une telle communauté aurait déjà gagné. C'est pourquoi le potentiel de croissance de Facebook serait sans commune mesure avec celui d'un Dailymotion, pâle copie du site de partage de vidéo YouTube. Le seul risque serait le « syndrome Starbucks », où les premiers aficionados se sentent trahis par une banalisation du concept.
J'aime bien au passage le "Dailymotion, pâle copie de YouTube", justifié par quoi en fait ? Parce que Google s'est offert YouTube et pas Dailymotion, probablement. D'où pâle copie. Comme votre "article", mon cher. Et puis le « syndrome Starbucks », les aficionados, certes on est dans la banalisation banalité la plus totale. Affligeant !

Et ça continue :
Tous les experts ne sont pas, pour autant, aussi confiants dans la validité du modèle de « développement viral » de Facebook. Le critère de valorisation du « visiteur unique » reste fragile pour un site dont la valeur ajoutée est nettement moins tangible que celle de plates-formes tels qu'eBay ou Amazon. A la différence de LinkedIn ou itLinkz, Facebook est loin d'être perçu comme un outil professionnel (« au-dessus de 30 ans, être sur Facebook, c'est ridicule », estime un expert).
Bon, et bien j'espère que votre expert il fait également le psy, parce qu'il va falloir que je consulte, moi. Remarquez, si c'est un problème viral, un bon généraliste suffira peut-être.

Et bla bla, bla bla, bla bla... Tout y passe. Et ça insiste, ça se répète : la vogue des réseaux communautaires bat son plein, l'engouement ... symptôme d'une nouvelle bulle Web 2.0, moins disproportionnée que la précédente, mais dont les effets peuvent être brutaux, indices de survalorisation palpables depuis plusieurs mois, d'où il n'est pas exclu que l'engouement croissant pour la nouvelle génération de réseaux communautaires ... alimente une nouvelle bulle spéculative (Steve Ballmer, a lui-même qualifié de « lubie » l'engouement pour les réseaux sociaux en rappelant le déclin de Geocities) (Geocities, Facebook, même combat...), le contenu inepte généré par des utilisateurs qui serait impubliable par toute source professionnelle (certes, compte tenu de vos standards de qualité...), les vieux médias ne mènent plus la danse, la parabole du « visiteur unique » a supplanté la mesure d'audience traditionnelle, l'acte de foi (nous y revoilà, parabole, acte de foi, on est en pleine "évangélisation"), bulle, bulle, bulle, engouement, engouement, engouement, Steve a bien raison !

Et de conclure brillamment (titres qui accrochent et conclusions imparables sont les deux mamelles du journalisme bien compris) :
Même si Facebook n'est pas Google, le succès de la monétisation de son audience sera un test majeur pour la valorisation du Web 2.0.
Point final. Nous en reparlerons donc...

* * *

Bon. Pour résumer, perso j'appelle pas ça un papier, pas même une serviette, mais bien un torchon. C'est mou, ça n'a aucune tenue, aucun relief. Un ramassis de lieux communs. Qui s'appuient sur du vent. Du solide, quoi. Le lectorat ressortira de ce texte plus avancé et plus intelligent qu'il ne l'était en y pénétrant. C'est fou ce qu'on apprend sur le sujet "traité". À proprement parler, un vrai truc de ouf !

Pourtant que ce soit bien clair : sur le fond, je n'affirme pas que c'est moi qui ai raison et vous qui avez tort, qu'on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas. Toutes les opinions sont défendables. Mais qu'on les défende. Qu'on les étaie. Qu'on cite des sources.

En Australie les patrons perdent 5 milliards de dollars à cause de Facebook. Très bien. Depuis quand ? Avec quelle fréquence ? À la semaine, au mois, à l'année, voire à la journée ? Quel est le panel de l'étude qui parvient à cette conclusion. Quelle méthodologie d'enquête. On aimerait en savoir plus. Ça ferait partie de la pertinence et du sérieux d'un journaliste d'investigation, me semble-t-il. Quelle est la source de cette étude ? Reportlinker ? Plus d'études ?

Je ne crois pas qu'en publiant des trucs comme ça vous apportiez beaucoup à l'image de votre profession. Qui n'en sort pas grandie. Au contraire.

Si j'enseignais dans une école de journalisme (mais avec quelles compétences ? je m'interroge !), je ferais de ce texte un cas d'école. En demandant aux aspirants journalistes de le prendre comme base pour rédiger un article, un vrai, qui parviendrait aux mêmes conclusions mais en les justifiant, en recoupant les références, en mettant des liens d'approfondissement, que chaque lecteur/lectrice puisse se faire sa propre opinion en fouillant le sujet, aujourd'hui un article sur Internet se doit d'être ouvert, de renvoyer son lectorat vers des analyses plus pointues, etc.

Ce que s'efforce de faire Adscriptor à longueur de billets, en somme. Pensez qu'il y a encore deux ou trois semaines, jamais je ne m'étais intéressé à Facebook !

Sachez enfin, Mesdames et Messieurs les Journalistes, les vrais, pas les blogueurs de pacotille comme le soussigné, que lorsque vous publiez sur Internet avec au bas de votre prose un lien clicable dont l'encre ancre est "Réagir à cet article", il se trouvera toujours un allumé tel que moi pour réagir. Donc désormais faites bien attention à ce que vous dites, vous êtes surveillés. Et si vous n'êtes pas capables de faire votre métier, changez-en. Boulot, boulot. On n'est pas sur Facebook, quand même !

Tiens, ça me donne envie de conclure en paraphrasant Coluche, qui donnait fort justement à un journaliste le conseil suivant, frappé au coin du bon sens : quand on n'en sait pas plus que ça sur un argument, on n'a qu'à fermer sa gueule !

Je m'excuse pour la citation de mémoire, ni fidèle ni recoupée, mais à chacun sa spécialisation, merde ! Je m'excuse...

Sans rancune,


Partager sur Facebook

P.S. Si vous lisez mon commentaire au bas de l'article en objet, il dit simplement :
Bonjour,

Je ne pense pas que le succès de Facebook soit fragile, et à vrai dire, ce serait même exactement le contraire.
Cordialement,
Jean-Marie Le Ray

Lien proposé : Facebook à la loupe
Il faut dire que je l'ai posté d'impulsion, juste pour donner l'envie à celles et ceux qui passeraient par là d'en savoir plus.

Après quoi, plus j'ai lu et relu la "chose", plus je me suis dit que le meilleur moyen de combattre la désinformation, c'était d'informer. D'où ce billet. CQFD !

P.S. 2 : @ Pierre de Gasquet, si vous me répondez, ce que j'espère, juste une question supplémentaire. Votre contribution a-t-elle été publiée aussi sur la version papier de votre journal ?

, , , , , , , , , , ,

mercredi 30 mai 2007

Journalistes vs. blogueurs, quelles distinctions ?

Journalistes vs. blogueurs, quelles distinctions complémentarités ?

Il me semble que ce débat, plutôt vif sur Internet, revient régulièrement sur le tapis. Qui voudrait que les blogueurs aient plus ou moins un statut de journalistes, qui souligne que les deux choses n'ont rien à voir, qui affirme sa différence, qui les met sur un pied d'égalité, sans parler de la question du "journalisme citoyen", du "sur un blog on peut dire n'importe quoi", des questions de rémunération, etc.

Signalons tout d'abord que cette réflexion naît d'un commentaire raté. En effet, à la lecture de ce billet de Pointblog, qui nous indique que le journal Le Monde, aussi bien dans son éditorial d'hier que dans un article, « n'est pas tendre avec Google », j'ai voulu faire le commentaire suivant :
Bonjour,

Oui, enfin, ce qui me désole, dans ces articles à l'emporte-pièce, c'est qu'on peut y retrouver tous les arguments bateaux écrits à destination du grand public juste parce que c'est ce genre de discours qu'il veut entendre. Or qu'on puisse lire à l'envi les mêmes poncifs à droite et à gauche ou comme là, plus grave encore, signés Le Monde, ça devrait vraiment faire réfléchir sur la capacité de certains journalistes d'analyser comme il se doit le phénomène Internet.
Donc je renverrais vos lecteurs à deux analyses "sérieuses", une en anglais, et l'autre en français (excusez-moi de me citer). Cordialement,

Jean-Marie Le Ray
Or le système n'accepte pas le commentaire, apparemment pour un problème technique (MàJ : bon, maintenant le commentaire y est, mais entre-temps j'ai commis ce billet...). Quoi qu'il en soit, l'essentiel de ma pensée est résumé dans ce passage : « ce qui me désole, dans ces articles à l'emporte-pièce, c'est qu'on peut y retrouver tous les arguments bateaux écrits à destination du grand public juste parce que c'est ce genre de discours qu'il veut entendre... »

J'en ai fréquemment des exemples, tant dans la presse qu'à la radio (lire mon commentaire, je trouve d'ailleurs Catherine Nivez beaucoup plus juste et pertinente lorsqu'elle s'exprime par écrit) ou la télé. Pas plus tard qu'en début de semaine, j'ai suivi un semblant de reportage aux infos de 13h sur la première chaîne italienne, RAI 1, où l'on ne pouvait s'empêcher de s'interroger sur le sens ultime de ce flux de paroles qui ne conduisait nulle part, sauf à créer toujours plus de confusion dans les esprits des auditeurs. Argument "traité" : Google...

D'où mes perplexités sur « le processus de sélection ex-ante des producteurs de connaissance » que suivraient les journalistes dans les médias traditionnels, tel que le mentionne M. Bouba-Olga dans son analyse intitulée « Journalistes contre blogueurs », qui devrait consister à respecter des canons précis, même transposés à Internet, comme nous le précise Emmanuel Parody : « ...on établit au départ des règles de professionnalisme et des exigences qui sont celles des journalistes. Ceux qui maitrisent ces règles sont naturellement ceux qui s'approprient peu à peu le média. »

Monsieur Bouba-Olga nous soumet par ailleurs le découpage suivant :
Une première façon de traiter le problème est de regarder la qualité de la production des journalistes, et celle des blogueurs. On arrive vite au constat que 4 configurations existent : bons journalistes / mauvais journalistes ; bons blogueurs / mauvais blogueurs.
À rapprocher du découpage que j'ai proposé l'année dernière dans L'asymétrie de crédibilité dans l'information :

Il y a asymétrie lorsque :
  • la source objectivement crédible est subjectivement perçue comme non crédible
  • la source objectivement non crédible est subjectivement perçue comme crédible
auquel s’ajoute cet autre double problème, propre à Internet et aux médias de masse :
  • la source objectivement crédible est largement ignorée (il y a crédibilité sans notoriété / visibilité)
  • la source objectivement non crédible est largement suivie (notoriété / visibilité sans crédibilité)
C'est ainsi qu'en mélangeant les différentes configurations, poursuit M. Bouba-Olga : « C'est aux lecteurs de faire le tri ». Et d'ajouter, sur les blogs, ... on peut trouver des analyses plus fines de problèmes que les médias traditionnels ne peuvent que survoler. On a quelque chose qui ressemble à une opposition entre généralistes (médias traditionnels) et spécialistes (blogueurs experts).

Quelle implication? Globalement, la qualité moyenne des deux types de média peut être la même, ils diffèrent en revanche certainement par la dispersion de la qualité
 :


Une représentation qu'il explique ainsi :
Sur le graphique, la qualité moyenne peut être supposée supérieure dans la presse traditionnelle (Qp) comparativement à la qualité moyenne des blogs (Qb). La courbe de densité des journalistes est plus "petite" afin de prendre en compte le fait que le nombre de journalistes sévissant dans les médias traditionnels est significativement inférieur au nombre de blogueurs. Compte tenu de ce qui a été dit plus haut, on suppose qu'il y a moins de mauvais articles dans la presse traditionnelle en raison du processus de sélection ex-ante, mais aussi moins de très bons articles, en raison de la moins grande spécialisation des journalistes.
Voilà. J'espère que Monsieur Bouba-Olga m'excusera de le citer si longuement, je vous invite d'ailleurs à lire son analyse intégrale.

Personnellement, tout ça me donne beaucoup à réfléchir, et je me demande souvent si la relation entre journalistes et blogueurs se caractérise davantage par les distinctions qui les séparent plutôt que par les complémentarités qui les unissent. C'est selon, probablement. Qu'en pensez-vous ?


P.S. Pour continuer la conversation...

, , , , , , ,